Archives par mot-clé : Jacques Lacan

Si vous n’avez pas l’occasion de venir m’écouter à Fleurance samedi…

Si vous n’avez pas l’occasion de venir m’écouter à Fleurance samedi, ce que je vais dire, je l’ai déjà dit en gros dans une vidéo le 2 novembre de l’année dernière : La post-vérité est une fake news !

Je voudrais attirer votre attention sur cette notion de vérité. J’ai écrit deux ouvrages. Le premier a un titre qui ne l’évoque peut-être pas nécessairement, Principes des systèmes intelligents (1989), où j’expliquais comment on allait reconnaître qu’un système, c’est-à-dire un ordinateur, est intelligent. Dans ce livre qui date de 1989, il y a deux chapitres. Le premier s’appelle La vérité I : l’« adéquation (du mot) à la chose » : dire ce qui est vrai, c’est dire qu’une chose est telle qu’elle est. Et dans un autre chapitre qui suit, La vérité II : Le produit de la négociation, je dis que la vérité est le produit d’une négociation : nous nous mettons d’accord sur le fait qu’une chose est une vérité.

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Gloire à nos grands maîtres !

À la conclusion d’une séance de psychanalyse ce matin, je me suis dit : « Qu’aurais-je pu entendre sans les réflexions de Lacan sur le nom ? » Comme m’est revenue avant-hier l’observation de Pouillon sur le côté « approximatif » des cultures humaines. Comme l’illustration des « hypothèses saturantes » par Lévi-Strauss m’a permis de comprendre la grille de lecture d’un de mes contemporains. Comme l’aimable reproche que me fit un jour Meyer Fortes sur le pouvoir déformant de l’espérance. Comme la taquinerie de Leach sur la généalogie des poissons. Comme la remarque  de Jakobson sur la Scolastique qui me montra par quel bout prendre l’Intelligence Artificielle. Comme les observations de Guilbaud sur le peu de rapport entre les nombres et le monde. Comme…

Et puis, d’aller les trouver là où ils étaient, ces grands maîtres, ça m’a fait voir du pays !

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 2 FÉVRIER 2018 – Retranscription

Retranscription de Le temps qu’il fait le 2 février 2018. Merci à Marianne Oppitz et Catherine Cappuyns.

Bonjour, nous sommes le vendredi 2 février 2018 et je ne sais pas si c’est la même chose chez vous, mais ici en Bretagne, à Vannes, eh bien, il a gelé cette nuit. Alors, un beau démenti à la face des gens qui vous parlent de réchauffement climatique puisqu’il a gelé dans la région du Morbihan cette nuit.

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« De l’anthropologie à la guerre civile numérique » – X. L’homme est un robot sentant

Suite et fin de l’entretien du 5 mai 2016 avec Franck Cormerais et Jacques-Athanase Gilbert de la revue Études digitales, en complément de l’entretien intitulé De l’anthropologie à la guerre civile numérique.

X. L’homme est un robot sentant

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique, entretien réalisé le 21 mars 2016 (texte complet)

Ouvert aux commentaires.

I- La « mentalité primitive »

Jacques Athanase GILBERT

Votre parcours est particulièrement atypique, marqué en particulier par cette étonnante transition du chercheur au blogueur. Au-delà, votre pensée s’enracine dans le champ de la transdisciplinarité, empruntant à la fois à la philosophie, à l’anthropologie, à la sociologie et à l’économie. Comment appréhendez-vous cet itinéraire ?

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique (III), La transmission des savoirs, entretien réalisé le 21 mars 2016

Jacques Athanase GILBERT

L’approche anthropologique vous permet de développer un travail critique des catégories philosophiques et économiques. La taxinomie ne recoupe pas les formalisations abstraites aussi bien en termes de science du langage que de science économique.

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Qu’est-ce que la beauté ?

Pour Hegel, ni le temps ni l’espace n’existent en tant que tels : nous sommes plongés dans un flux qui est celui du devenir, dont la caractéristique est de ne jamais rester pareil à lui-même. C’est seulement pour nous y retrouver un peu que nous avons jugé utile de distinguer au sein du devenir, le temps et l’espace. Le seul point fixe dans le flot tumultueux du devenir, c’est le maintenant qui lui ne bouge pas : nous sommes à tout moment dedans, il sépare un passé dont nous savons de quelle manière il s’est déroulé grâce au souvenir, et un avenir dont nous ne savons pas encore la forme qu’il prendra et qui suscite chez nous la crainte ou l’espérance (Hegel [1818] : 145).

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100 millions de dollars pour le projet « Maman ! Vite ! Au secours ! »

Sigmund Freud écrit dans « Deuil et mélancolie » (1917) : « Il est […] remarquable qu’il ne nous vienne jamais à l’idée de considérer le deuil comme un état pathologique et d’en confier le traitement à un médecin, bien qu’il s’écarte sérieusement du comportement normal. Nous comptons bien qu’il sera surmonté après un certain laps de temps, et nous considérons qu’il serait inopportun et même nuisible de le perturber. »

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« Je serai triste comme un saule… »

Je rédige ma prochaine chronique pour Trends-Tendances et je vérifie consciencieusement : Joseph Schumpeter ? 1883 – 1950, bien sûr !, Adam Smith ? 1723 – 1790, pardi !

… quand une petite musique envahit en commentaire impromptu les coulisses de ma conscience :

Est-il encore debout le chêne ou le sapin de mon cercueil ?

Et en effet : Paul Jorion ? 1946 – … Eh bien, que faut-il donc écrire ?

Bonne question ! qui sera – heureusement, comme le dit Lacan – résolue un jour !

Commentaire à mon billet d’un lecteur doué pour le dessin :
Aux dernières nouvelles il est encore debout 🙂

tronc_populaire

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Le temps qu’il fait le 5 décembre 2014

Sur Dailymotion, c’est ici.

La vidéo : Le travail disparaît, et c’est ce que nous avons voulu

Il y a des gens qui s’amusent régulièrement à enlever cette vidéo, heureusement il y en a d’autres qui s’amusent à la remettre.

Paul Jorion, Principes des systèmes intelligents

Le projet DeepMind

Portrait de Demis Hassabis dans Technology Review : Google’s Intelligence Designer, le 2 décembre 2014
Alex Graves, Greg Wayne, Ivo Danihelka : Neural Turing Machines, le 20 octobre 2014

Wikipedia en anglais : Paul Jorion

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L’emprise : pris en tenaille, du dehors et du dedans

Communication faite le 4 octobre à Strasbourg, lors des Journées Nationales de l’Association française des psychiatres d’exercice privé – AFPEP.

J’appelle, pour aller vite, « Moi », le point d’ancrage que suppose la conscience à la volonté subjective, qui serait le mode d’action dont elle dispose sur le monde. Des modifications interviennent effectivement dans le Réel du fait des actes posés et constatés par la conscience ; celle-ci en attribue l’origine à la volonté, dont le siège supposé est le Moi.

À propos du Moi, Freud écrit en 1929 dans Malaise dans la Civilisation : « À l’origine le Moi inclut tout, plus tard il exclut de lui le monde extérieur » ([1929] 1970 : 12). Il avait déjà expliqué quelques lignes plus haut que

« La pathologie nous fait connaître une multitude d’états où la délimitation du Moi d’avec le monde extérieur devient incertaine, fait l’objet d’un tracé réellement inexact : dans certains cas, des parties de notre propre vie psychique, perceptions, pensées, sentiments, apparaissent comme étrangers, semblent ne plus faire partie du Moi ; dans d’autres cas, on attribue au monde extérieur ce qui visiblement a pris naissance dans le Moi et devrait être reconnu par lui. Ainsi donc le sentiment du Moi est lui-même soumis à des altérations, et ses limites ne sont pas constantes » (ibid. 11).

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Réparation

Lacan mourut sous un faux nom, le 9 septembre 1981, à la clinique Hartmann des suites d’un cancer du colon qu’il n’avait jamais voulu soigner. Bien qu’il eût émis le voeu de finir ses jours en Italie, à Rome ou à Venise, et qu’il eût souhaité des funérailles catholiques, il fut enterré sans cérémonie et dans l’intimité au cimetière de Guitrancourt.

Elisabeth Roudinesco, Lacan, envers et contre tout, Le Seuil 2011

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Le temps qu’il fait le 15 août 2014 : Le Grand Décentrement (retranscription)

Olivier Brouwer a eu l’amabilité de retranscrire ma vidéo produite hier.

Bonjour, nous sommes le vendredi 15 août 2014, et dans le pays où j’habite, eh bien ça s’appelle l’Assomption, c’est une fête : c’est la montée au ciel de la vierge Marie qui est la mère de Jésus-Christ. C’est le genre de choses qu’il faut répéter à des époques comme la nôtre où les religions font à nouveau énormément de dégâts… J’y faisais allusion hier dans une petite note à propos de robots : c’est qu’à partir du moment où nous nous rendons compte que nous allons mourir comme individus, quand nous nous en rendons compte au niveau de notre espèce, sans doute parce que nous commençons à parler et que nous échangeons des propos [comme quoi] nous allons mourir individuellement, on invente cette chose merveilleuse qui est de dire « non ce n’est pas vrai, nous allons vivre éternellement », et alors, dès qu’il y a des voisins qui présentent la même histoire, la même fadaise, sous une forme un tout petit peu différente, nous commençons à nous taper sur la figure. Donc voilà, il fallait dire ça.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 11 AVRIL 2014

Sur DailyMotion, c’est ici. Meilleur son que sur YouTube, mais risque de pub !

Le curé chantant

Les bisons galopant

BFM Business, L’invité d’Hedwige Chevrillon, le 9 avril 2014

Soylent Green (Soleil vert) de Richard Fleischer, 1973

La petite lumière sur Mars

Le principe anthropique

Comprendre les temps qui sont les nôtres, Odile Jacob 2014

Claude Lévi-Strauss et Jacques Lacan

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La passe chez les paludiers

Là où Freud évoquait une psychanalyse personnelle « interminable », Lacan a placé « la passe » : le constat fait devant deux témoins que l’anamnèse, la remémoration, a parcouru en tous sens le champ de la mémoire et a fait sauter au passage les mines dont il était truffé et qui faisaient d’une vie potentiellement sereine, une névrose. La passe met en pleine lumière, la « fin de l’histoire » pour un sujet humain qui bascule, pour reprendre les termes de Jean-Jacques Rousseau, d’une chronologie du « complément » à une chronologie du « supplément » : chaque nouveau jour n’est pas le complément d’une histoire de vie qui n’a pas encore trouvé sa signification globale (ce que les Scolastiques appelaient le complexe significabile : le sens global de la phrase, qui ne peut pas coaguler avant que n’intervienne in fine la chute de la voix ou le point final dans la phrase écrite), chaque nouveau jour est, une fois l’analyse terminée (ou presque), un supplément à une histoire et à un destin dont le sens global s’est lui déjà trouvé.

J’ai appelé « La passe chez les paludiers », cinq pages extraites de La transmission des savoirs, rédigé par Geneviève Delbos et moi-même et publié en 1984 aux Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, où est décrit ce même processus dans l’apprentissage d’un savoir empirique, et ici, dans le cas du paludier et du métier du sel.

N. B. : Dans ce qui suit « la mère », c’est le sol en argile de l’« oeillet » où le sel cristallisera du fait de l’évaporation. Il est sacrilège d’y poser le pied.

La passe chez les paludiers
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