Archives par mot-clé : Jacques Lacan

Le coronavirus et le Père Noël

1° Je lis certains des commentaires ici (et je suis sûr que c’est encore pire ailleurs – il y a quand même une auto-sélection…) : « comme le dit le professeur Raoult le virus est sûrement en train de muter », « une sorte d’auto vaccination bio et naturelle », « le nombre de cas dépistés ne veut rien dire », « le professeur X précise qu’il n’y a pas de 2ème vague et il évoque les effets délétères de certaines mesures barrières », etc.

2° Je constate que ces commentateurs mettent entre parenthèses sans broncher le principe quand même largement admis que les mêmes causes produisent les mêmes effets et qui si l’on remet en place les mêmes causes (par le déconfinement, par la négligence des gestes barrières) on retrouvera les mêmes effets (contaminations et décès à la clé).

3° Je ne peux m’empêcher de repenser au « principe du Père Noël » que rappelait un autre de mes maîtres :

Les journaux disent tous les jours que les progrès de la science, Dieu sait si c’est dangereux, etc., mais cela ne nous fait ni chaud ni froid. Pourquoi ? Parce que vous êtes tous, et moi-même avec vous, insérés dans le signifiant majeur qui s’appelle le Père Noël. Avec le Père Noël, cela s’arrange toujours, et je dirai plus, ça s’arrange bien !

Jacques Lacan, Le séminaire 1955-1956. Les psychoses, pp. 361-362

4° Je me pose la question : quand atteindrons-nous l’âge où nous cesserons de prendre avec un enthousiasme mal dissimulé, des vessies pour des lanternes ?

5° Le temps presse malheureusement.

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Lille : École Psychanalytique des Hauts-de-France, « Les robots appellent ‘capteurs’ leur inconscient », le 23 novembre 2019 – Retranscription

Retranscription de« Les robots appellent ‘capteurs’ leur inconscient », le 23 novembre 2019. Ouvert aux commentaires. Paul JORION : C’est moi qui commence ?…

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Lille, École Psychanalytique des Hauts-de-France, « Les robots appellent ‘capteurs’ leur inconscient », le 23 novembre 2019 – Retranscription

Ouvert aux commentaires. https://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/Inconscient-Robot-PJorion.mp3 N.B. Je cite un Scolastique en disant « Grégoire de Rimini », au lieu de « Guillaume de Sherwood ».

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Si vous n’avez pas l’occasion de venir m’écouter à Fleurance samedi…

Si vous n’avez pas l’occasion de venir m’écouter à Fleurance samedi, ce que je vais dire, je l’ai déjà dit en gros dans une vidéo le 2 novembre de l’année dernière : La post-vérité est une fake news !

Je voudrais attirer votre attention sur cette notion de vérité. J’ai écrit deux ouvrages. Le premier a un titre qui ne l’évoque peut-être pas nécessairement, Principes des systèmes intelligents (1989), où j’expliquais comment on allait reconnaître qu’un système, c’est-à-dire un ordinateur, est intelligent. Dans ce livre qui date de 1989, il y a deux chapitres. Le premier s’appelle La vérité I : l’« adéquation (du mot) à la chose » : dire ce qui est vrai, c’est dire qu’une chose est telle qu’elle est. Et dans un autre chapitre qui suit, La vérité II : Le produit de la négociation, je dis que la vérité est le produit d’une négociation : nous nous mettons d’accord sur le fait qu’une chose est une vérité.

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Gloire à nos grands maîtres !

À la conclusion d’une séance de psychanalyse ce matin, je me suis dit : « Qu’aurais-je pu entendre sans les réflexions de Lacan sur le nom ? » Comme m’est revenue avant-hier l’observation de Pouillon sur le côté « approximatif » des cultures humaines. Comme l’illustration des « hypothèses saturantes » par Lévi-Strauss m’a permis de comprendre la grille de lecture d’un de mes contemporains. Comme l’aimable reproche que me fit un jour Meyer Fortes sur le pouvoir déformant de l’espérance. Comme la taquinerie de Leach sur la généalogie des poissons. Comme la remarque  de Jakobson sur la Scolastique qui me montra par quel bout prendre l’Intelligence Artificielle. Comme les observations de Guilbaud sur le peu de rapport entre les nombres et le monde. Comme…

Et puis, d’aller les trouver là où ils étaient, ces grands maîtres, ça m’a fait voir du pays !

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 2 FÉVRIER 2018 – Retranscription

Retranscription de Le temps qu’il fait le 2 février 2018. Merci à Marianne Oppitz et Catherine Cappuyns.

Bonjour, nous sommes le vendredi 2 février 2018 et je ne sais pas si c’est la même chose chez vous, mais ici en Bretagne, à Vannes, eh bien, il a gelé cette nuit. Alors, un beau démenti à la face des gens qui vous parlent de réchauffement climatique puisqu’il a gelé dans la région du Morbihan cette nuit.

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« De l’anthropologie à la guerre civile numérique » – X. L’homme est un robot sentant

Suite et fin de l’entretien du 5 mai 2016 avec Franck Cormerais et Jacques-Athanase Gilbert de la revue Études digitales, en complément de l’entretien intitulé De l’anthropologie à la guerre civile numérique.

X. L’homme est un robot sentant

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique, entretien réalisé le 21 mars 2016 (texte complet)

Ouvert aux commentaires.

I- La « mentalité primitive »

Jacques Athanase GILBERT

Votre parcours est particulièrement atypique, marqué en particulier par cette étonnante transition du chercheur au blogueur. Au-delà, votre pensée s’enracine dans le champ de la transdisciplinarité, empruntant à la fois à la philosophie, à l’anthropologie, à la sociologie et à l’économie. Comment appréhendez-vous cet itinéraire ?

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique (III), La transmission des savoirs, entretien réalisé le 21 mars 2016

Jacques Athanase GILBERT

L’approche anthropologique vous permet de développer un travail critique des catégories philosophiques et économiques. La taxinomie ne recoupe pas les formalisations abstraites aussi bien en termes de science du langage que de science économique.

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Qu’est-ce que la beauté ?

Pour Hegel, ni le temps ni l’espace n’existent en tant que tels : nous sommes plongés dans un flux qui est celui du devenir, dont la caractéristique est de ne jamais rester pareil à lui-même. C’est seulement pour nous y retrouver un peu que nous avons jugé utile de distinguer au sein du devenir, le temps et l’espace. Le seul point fixe dans le flot tumultueux du devenir, c’est le maintenant qui lui ne bouge pas : nous sommes à tout moment dedans, il sépare un passé dont nous savons de quelle manière il s’est déroulé grâce au souvenir, et un avenir dont nous ne savons pas encore la forme qu’il prendra et qui suscite chez nous la crainte ou l’espérance (Hegel [1818] : 145).

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100 millions de dollars pour le projet « Maman ! Vite ! Au secours ! »

Sigmund Freud écrit dans « Deuil et mélancolie » (1917) : « Il est […] remarquable qu’il ne nous vienne jamais à l’idée de considérer le deuil comme un état pathologique et d’en confier le traitement à un médecin, bien qu’il s’écarte sérieusement du comportement normal. Nous comptons bien qu’il sera surmonté après un certain laps de temps, et nous considérons qu’il serait inopportun et même nuisible de le perturber. »

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« Je serai triste comme un saule… »

Je rédige ma prochaine chronique pour Trends-Tendances et je vérifie consciencieusement : Joseph Schumpeter ? 1883 – 1950, bien sûr !, Adam Smith ? 1723 – 1790, pardi !

… quand une petite musique envahit en commentaire impromptu les coulisses de ma conscience :

Est-il encore debout le chêne ou le sapin de mon cercueil ?

Et en effet : Paul Jorion ? 1946 – … Eh bien, que faut-il donc écrire ?

Bonne question ! qui sera – heureusement, comme le dit Lacan – résolue un jour !

Commentaire à mon billet d’un lecteur doué pour le dessin :
Aux dernières nouvelles il est encore debout 🙂

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Le temps qu’il fait le 5 décembre 2014

Sur Dailymotion, c’est ici.

La vidéo : Le travail disparaît, et c’est ce que nous avons voulu

Il y a des gens qui s’amusent régulièrement à enlever cette vidéo, heureusement il y en a d’autres qui s’amusent à la remettre.

Paul Jorion, Principes des systèmes intelligents

Le projet DeepMind

Portrait de Demis Hassabis dans Technology Review : Google’s Intelligence Designer, le 2 décembre 2014
Alex Graves, Greg Wayne, Ivo Danihelka : Neural Turing Machines, le 20 octobre 2014

Wikipedia en anglais : Paul Jorion

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L’emprise : pris en tenaille, du dehors et du dedans

Communication faite le 4 octobre à Strasbourg, lors des Journées Nationales de l’Association française des psychiatres d’exercice privé – AFPEP.

J’appelle, pour aller vite, « Moi », le point d’ancrage que suppose la conscience à la volonté subjective, qui serait le mode d’action dont elle dispose sur le monde. Des modifications interviennent effectivement dans le Réel du fait des actes posés et constatés par la conscience ; celle-ci en attribue l’origine à la volonté, dont le siège supposé est le Moi.

À propos du Moi, Freud écrit en 1929 dans Malaise dans la Civilisation : « À l’origine le Moi inclut tout, plus tard il exclut de lui le monde extérieur » ([1929] 1970 : 12). Il avait déjà expliqué quelques lignes plus haut que

« La pathologie nous fait connaître une multitude d’états où la délimitation du Moi d’avec le monde extérieur devient incertaine, fait l’objet d’un tracé réellement inexact : dans certains cas, des parties de notre propre vie psychique, perceptions, pensées, sentiments, apparaissent comme étrangers, semblent ne plus faire partie du Moi ; dans d’autres cas, on attribue au monde extérieur ce qui visiblement a pris naissance dans le Moi et devrait être reconnu par lui. Ainsi donc le sentiment du Moi est lui-même soumis à des altérations, et ses limites ne sont pas constantes » (ibid. 11).

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Réparation

Lacan mourut sous un faux nom, le 9 septembre 1981, à la clinique Hartmann des suites d’un cancer du colon qu’il n’avait jamais voulu soigner. Bien qu’il eût émis le voeu de finir ses jours en Italie, à Rome ou à Venise, et qu’il eût souhaité des funérailles catholiques, il fut enterré sans cérémonie et dans l’intimité au cimetière de Guitrancourt.

Elisabeth Roudinesco, Lacan, envers et contre tout, Le Seuil 2011

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