Archives par mot-clé : Laurence Parisot

Le Credit-default Swap (V) Ce qu’a à en dire la « science » économique

Le Credit-default Swap (I) Définition
Le Credit-default Swap (II) Positions de « couverture » et positions « nues »
Le Credit-default Swap (III) La crise grecque
Le Credit-default Swap (IV) La formation du prix de la prime

J’ai évoqué les rehausseurs de crédit et le Credit-default Swap comme deux exemples d’interprétations fautives de la formation du prix d’un produit financier, pour attirer l’attention ensuite sur les catastrophes qui peuvent en découler. C’est en raison de préjugés d’ordre idéologique dans son élaboration que la « science » économique s’est montrée incapable de fournir les outils analytiques qui auraient permis de comprendre le comportement de certains instruments financiers et d’interpréter alors correctement la formation de leur prix.

Dans un saisissant contraste avec l’économie politique qui prévalut jusqu’au dernier quart du XIXe siècle et dont la prétention à la scientificité, dans le cadre d’une science « morale », était dans son cas justifiée, la « science » économique s’est épanouie sous la houlette du milieu financier qui lui a prodigué son soutien et l’a encouragée à générer un « savoir » qui serve ses intérêts et ignore les sujets et les approches susceptibles de le fâcher. La production de la théorie économique se faisait à l’origine dans le cadre des départements d’économie universitaires, elle s’est déplacée ensuite – tout particulièrement aux États-Unis – vers les écoles de commerce, qui se trouvent davantage encore dans la sphère d’influence des milieux financiers.

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Le Credit-default Swap (IV) La formation du prix de la prime

Le Credit-default Swap (I) Définition
Le Credit-default Swap (II) Positions de « couverture » et positions « nues »
Le Credit-default Swap (III) La crise grecque

Dans le cas du Credit-default Swap se combinent deux modes distincts de la détermination du montant de la prime : d’une part, une évaluation objective de type « actuariel » de la probabilité de sinistre et de la perte subie et d’autre part, une détermination par l’offre et la demande portant sur le contrat CDS, c’est-à-dire l’influence sur ce montant de la concurrence interne jouant, d’un côté entre acheteurs et, de l’autre, entre vendeurs de ce type de contrat.

Mis en accusation durant la crise grecque, les spéculateurs sur CDS répondirent avec un bel ensemble aux accusations que la spéculation envenimait et précipitait la crise, que les positions sur CDS ne représentaient qu’un très faible volant par rapport au montant total de la dette souveraine grecque, et ne pouvaient donc pas avoir d’impact sur son marché. Certains politiques opinèrent gravement du bonnet. Or, comme on a pu le noter, ni le volume des CDS en tant que tel, ni le volume total de la dette souveraine sur laquelle ils portent n’interviennent dans la formation du prix de la prime et ceci aussi bien dans le cas du second mécanisme où c’est la concurrence entre les acheteurs face aux vendeurs qui est déterminante, que dans le premier mécanisme, de type actuariel, et pour lequel seule est pertinente la situation objective de la Grèce face à ses créances, telle qu’évaluée par exemple par les notateurs. La réponse des spéculateurs laissait cependant muets leurs critiques, le plus souvent peu familiers de la finance.

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SÉMANTIQUE COMPARÉE

Paris, 8 juillet 2012 (AFP) :

« La présidente du Medef, Laurence Parisot va demander lundi à François Hollande lors de la conférence sociale d’inscrire la « liberté d’entreprendre dans la Constitution », de mettre « la compétitivité » au centre des débats, estimant aussi qu’il faut « pacifier » la question des licenciements. »

Pacification de l’Algérie (Wikipédia en anglais) :

« À la suite de la conquête de la Régence d’Alger, la Pacification de l’Algérie consista en une série d’opérations militaires en vue de mettre fin à diverses rébellions, razzias et massacres de colons français, qui éclatèrent sporadiquement dans les campagnes algériennes. La Pacification de l’Algérie constitue l’un des premiers exemples de guerre non-conventionnelle ».

Je sais que nous sommes en période de vacances, mais si une station de radio ou une chaîne de télévision est intéressée par un exercice de sémantique comparée où Mme Parisot et moi-même confronterions le sens que nous attribuons à différents mots et expressions, je suis partant.

(Je rappelle, à titre d’exemple, que ma définition de « compétitivité » est : « alignement des salaires européens sur ceux du Bangladesh ».)

 

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L’actualité de la crise : DERNIERES BETISES A NE PAS DIRE, par François Leclerc

Billet invité

Jean-Claude Trichet s’est dernièrement fait remarquer en déclarant qu’augmenter les salaires en Europe « était la dernière bêtise à ne pas faire ». Il se joint ainsi à ceux qui depuis quelque temps osent dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas, pensant le moment venu pour relever la tête et reprendre la main pour réaffirmer leur vision du monde et de leurs intérêts.

Ainsi, Laurence Parisot, la présidente du Medef, n’a pas hésité à qualifier de « vue de l’esprit » l’idée du partage des profits en trois tiers entre les actionnaires, les salariés et l’entreprise elle-même (pour investir). Une idée sans suite de Nicolas Sarkozy, parmi d’autres.

« Il y a des moments où il faut distribuer un tiers, d’autres deux tiers, des moments, il ne faut pas distribuer du tout, chaque année ce sont des circonstances ou des enjeux différents », vient-elle d’expliquer, forte de son expérience de chef d’entreprise. Sans préciser qui pourrait bénéficier des deux tiers des bénéfices dans l’exemple donné !

Rendons-lui cependant cette justice qu’elle n’est pas d’accord avec Jean-Claude Trichet, car « il y a eu ces dernières années un ralentissement de la politique salariale », reconnaît-elle. Sa conclusion est donc imparable : « Ce qui pénalise le salaire net, ce sont les cotisations sociales ».

Jean-Pascal Tricoire, président du directoire du groupe Schneider Electric, vient de tenter sa chance dans ce nouveau concours. « Notre taxation du travail est une offense au bon sens. Il va falloir la réformer pour rester compétitif ». Il poursuit non sans logique, mais sur un air très connu : « Nous avons un énorme défi d’adaptabilité et de flexibilité à relever ». Qui peut dire le contraire ? Pour en tirer la conclusion qui s’impose : « Nous vivons dans un univers de relations de travail extrêmement rigide, totalement inadapté au temps économique », évoquant un nouveau concept de la science économique, « le risque recrutement ».

Les paroles de patrons valent de l’or. Le « temps économique » est désormais l’étalon mesurant notre existence. Mais quelle est donc sa définition ?

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