SÉMANTIQUE COMPARÉE

Paris, 8 juillet 2012 (AFP) :

« La présidente du Medef, Laurence Parisot va demander lundi à François Hollande lors de la conférence sociale d’inscrire la « liberté d’entreprendre dans la Constitution », de mettre « la compétitivité » au centre des débats, estimant aussi qu’il faut « pacifier » la question des licenciements. »

Pacification de l’Algérie (Wikipédia en anglais) :

« À la suite de la conquête de la Régence d’Alger, la Pacification de l’Algérie consista en une série d’opérations militaires en vue de mettre fin à diverses rébellions, razzias et massacres de colons français, qui éclatèrent sporadiquement dans les campagnes algériennes. La Pacification de l’Algérie constitue l’un des premiers exemples de guerre non-conventionnelle ».

Je sais que nous sommes en période de vacances, mais si une station de radio ou une chaîne de télévision est intéressée par un exercice de sémantique comparée où Mme Parisot et moi-même confronterions le sens que nous attribuons à différents mots et expressions, je suis partant.

(Je rappelle, à titre d’exemple, que ma définition de « compétitivité » est : « alignement des salaires européens sur ceux du Bangladesh ».)

 

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98 réflexions sur « SÉMANTIQUE COMPARÉE »

  1. Si je bien compris l’esprit du Medef et ses finalités, le patronat souhaite démanteler peu à peu le satut salarié pour le remplacer par une sorte de « self employed », très nombreux déjà en Angleterre qui se résume au chômage déguisé ou à une existence durable en tant que précarisé. En d’autres termes: un déplacement des risques vers ceux qui doivent vivre de leur travail.

    1. Compris la même chose, sécurisation des rentes, et précarisation du travail,
      Avec une telle position de départ de la part de MEDEF, il ne reste plus aux syndicats de travailleurs qu’a demander, en entrée de négo, la nationalisation immédiate et totale de toutes les entreprises de plus de 1000 salariés.
      Si nous avons des syndicats un tant soit peu virulent, la discussion de lundi et mardi devrait être assez « Rock & Roll »,… mais je fais le pari que dans notre belle république pacifiée, normale…, où tout va aussi bien que possible, tout ce monde finira par s’entendre.

      1. @hema
        Thibault étant sur une fin de mandat peu glorieuse, peut-être va-t-il pour une fois taper sur la table manière de montrer qu’il n’est pas si couché que ça…^^
        Evidemment Chérèque va lâcher la rampe au moindre froncement de sourcil du patronat, et Mailly va proposer autre chose, qui n’a rien à voir avec le coeur du sujet.
        Ceci dit, le ras-le-bol de ce qui comptent toutes les fins de mois est beaucoup plus profond que ne le perçoivent les élites et le moindre appel à manif pourrait embrayer, d’autant que jusqu’à présent la gôche a pris uniquement des mesures de droite et ne nullement intéressé au vrais sujets, chômage et prix, si ce n’est avec des mesures dilatoires.

  2. Je rappelle, à titre d’exemple, que ma définition de « compétitivité » est :
    « alignement des salaires européens sur ceux du Bangladesh ».
    (Paul)

    Dura lex sed lex , Il en faut du courage pour la défendre.
    On ne dira jamais trop que les défenseurs du libre échange ont besoin d’un coeur
    gros comme ça pour s’infliger la peine de défendre cette évolution.
    Mais la loi des avantages comparatifs est formelle:
    dans quelques siècles , les échanges seront équilibrés à la satisfaction de tous.
    Ce que nous connaissons actuellement, en particulier la désindustrialisation
    massive, n’est qu’un phénomène transitoire, hors équilibre.
    Courage , et haut les coeurs !
    Un avenir serein récompensera les plus déterminés.

  3. Je retiens la phrase en bout d’article : « ma définition de « compétitivité » est : « alignement des salaires européens sur ceux du Bangladesh « . Question : et si on refusait les produits du Bangladesh – et d’autres pays aussi ‘compétitifs’ que le Bangladesh – pour privilégier les produits identiques, fabriqués chez nous (dans l’UE) ?
    Il est vrai qu’il faut être – l’UE – souverain, autosuffisant pour une part très importante, capable de produire tous les biens et services, même les plus pointus et grâce à tout cela être en mesure de négocier les produits que nous nous ne possédons pas. Qu’en pensez-vous ?
    C’est ‘simpliste’, fort bien objectez alors. Il est vrai que cela suppose quelques changements politiques et … culturels
    Jérôme Grynpas

    1. Cher Jérôme,

      Faire cela, c’est continuer de se placer sous le paradigme de la compétitivité. Ne faut-il pas se demander plutôt comment faire pour que les pays dits « compétitifs » ne soient pas dépendants de leurs exportations au point de devoir sacrifier leurs populations locales ?

      1. Cher Alexandre, c’est façon de dire. Si nous refusons la prétendue compétivité, ce n’est pas seulement pour éviter l’effondrement de notre capacité de production de biens et de services, c’est pour permettre aux travailleurs explotés de ces poays émergents de secouer peu à peu le joug de l’exploitation qu’ils subissent. En effet, au fur et à mesure que nous reprenons nos capacités productives, leurs patrons (tant nationaux qu’internationaux) auront le choix ne rien gagner du tout (façon de dire) ou – comme l’a fait Ford après la première guerre mondiale – élargir leur marché intérieur. Donc; plus de prospérité pour les travailleurs de ces pays et … plus de démocratie. C’est gagnant-gagnant. La globalisation actuelle est strictement pan-capitaliste. Opposons-lui des entités autosuffisantes de plus en plus démocratiques pour atteindre le seul gouvernement mondial qui vaille : celui d’une démocratie toujours grandissante. Dans cette voie, l’Europe, si elle est SOUVERAINE, est potentiellement capable de s’engager.
        C’est cette problématique que je tene d’exposer dans le livre que j’écris..
        Amicalemen
        Jérôme

  4. http://www.lacan.com/badwagnertwo.htm

    Il serait nécessaire que l’on tente un effort pour construire une pensée de sortie de crise qui évite d’avoir à se poser la question plus tard s’il est encore possible de faire de la poésie après la nouvelle catastrophe. Une pensée post-Auschwitz, selon la minerve qui arrive après la bataille, n’exclut pas une pensée pré-quelque chose d’encore plus inconnu et inquiétant, sans vouloir comparer ce qui ne saurait l’être. Dans les deux cas, on a affaire à ce qui ne peut entrer dans la philosophie, d’une part parce que c’est souffrance du vivant, passivité radicale ou identité meurtrière, d’autre part parce que cela dépasse nos capacités d’imagination conceptuelles et d’anticipation du futur (économique et politique). Et ce n’est pas parce qu’Auschwitz est arrivé que ce qui est devant nous est moins inquiétant, le danger n’est pas définitivement derrière nous pour la seule raison qu’il est situé dans le passé.

    « …ce qui veut dire que sa tâche revient à construire une philosophie de la non-identité, c’est-à-dire une philosophie qui admette qu’elle a affaire à ce qui est absolument autre qu’elle, qui se propose de ne pas rendre semblable à elle-même ce qui est dissemblable, c’est-à-dire de ne pas rendre identique à elle-même le non-identique. »

    Exactement la pensée économique doit s’atteler à ce qui est dissemblable.

    Actuellement aucun effort de penser le non-identique n’est fait puisqu’on persiste lourdement dans le même, sans aucune remise en cause des dogmes. Par parenthèse, le Penseur de Rodin signifie une secrété perfidie, car sa position croisée suggère une aporie ou une contradiction interne. Le croisement des membres apparemment naturel et obéissant à des critères formels interroge…

  5. Je vous trouve très dur envers madame parisot car en tant qu’entrepreneure, elle est le prototype de la femme qui créé et de la valeur et des emplois.

    ah pardon on me dit dans l’oreillette que c’est papa qui lui a payé sa boite ……………………….

    1. Et merde tout fout le camp !!!
      V’la ti pas que les pauvres ont des exigences !!!

      Mais qui cé qui va fabriquer nos bibelots et notre fameux âne en plastique qui cague une cigarette quand on lui tire l’oreille, fleuron de la créativité et du bon goût occidental?
      A quand les anarcho-autonomes de l’ultra gauche au pouvoir et les chars nord coréens sur les champs Élysée ?

  6. Jolie rappel que les mots ont un sens, en effet…

    Mais quand à aligner les salaires européens sur ceux du Bangladesh, pensez-vous vraiment que ce soit longtemps évitable?
    Et avec quelle justification d’ailleurs, celui d’un droit seigneurial des populations aryennes à être payées 20 fois plus pour le même travail?

    La question véritable est bien plutôt de savoir dans quel sens doit se faire cet alignement, et c’est là que les combats les plus durs mais aussi les plus fructueux sont peut-être à mener.

  7. Heureuse référence que celle de la pacification de l’Algérie. A noter qu’autant Abdelkader que les jeunes généraux français auxquels il s’est vu confronté, furent considérés des traîtres à leurs respectives patries. Le premier par les fanatiques des théocraties islamiques tandis que les derniers par les obsédés de la grandeur impériale française.
    En effet, ces mêmes généraux, qui sauvèrent la mise de la bourgeoisie en évitant de massacrer le peuple de Paris en 1848, seront enfermés par l’usurpateur napoléonien de service lors de son coup d’état de décembre 1851. Lors de la commune, le massacre aura lieu.
    Quant à l’émir soufi Abdelkader, et malgré qu’il soit considéré comme le fondateur de l’Algérie moderne par la majorité des algériens, son héroïque défense des chrétiens de Damas, les différents traités signés avec les français ou son initiation à la maçonnerie par exemple, sont autant de sources d’inspiration pour ses, de plus en plus nombreux, détracteurs.

  8. Parisot est sur la défensive et ne peut s’avancer que masquée : c’est pourquoi elle tend un piège grossier, cousu de fils blancs, dans lequel Hollande ne tombera pas (ni même un libéral, disons « classique » ; pour ceux qui ne le savent pas encore, Parisot est une libertarienne pur jus).

    Le postulat – qu’elle n’énonce évidemment pas- est que la liberté d’entreprendre n’existe pas en France : ce qui est, bien sûr, archi-faux ; n’importe quel(le) français(e) peut créer son entreprise si cela lui chante.

    Alors où veut-elle en venir avec sa préconisation ? A ceci : en faisant inscrire la liberté d’entreprendre dans la Constitution (loi fondamentale intangible ou, du moins, difficilement modifiable, par exemple moyennant une majorité qualifiée), passer à la moulinette tout le droit du travail, le droit social etc… sans (voilà le piège et aussi l’hypocrisie) avoir à (faire) déposer au Parlement des propositions ou des projets de lois abrogatives. Il suffirait à Parisot et ses semblables de décréter que telle ou telle disposition légale de protection des travailleurs viole la sacro-sainte liberté naturelle et imprescriptible d’entreprendre (avec tous ses attributs), pour rejeter l’application de cette disposition, sans autre forme de procès, si ce n’est une saisine de la Cour Constitutionnelle.

  9. Sémantique déclinée (ou comment décoder le message parisotin).
    Pacifier. O pacifier. Fo pas s’y fier.

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