Archives par mot-clé : LTRO

L’actualité de demain : LA GUÉRISON IMAGINAIRE, par François Leclerc

Billet invité.

Comment les banques se portent-elles réellement ? La BCE ouvrant le guichet du remboursement de sa première opération de prêt à trois ans (LTRO), le montant qui un an après allait être remboursé par anticipation faisait l’objet de spéculations. La BCE a aujourd’hui révélé que 278 banques vont rembourser 137 milliards sur les 486 milliards d’euros empruntés en décembre 2011. Mais l’on ne sait toujours pas qui a emprunté et qui a remboursé parmi les 800 banques qui ont bénéficié du LTRO, sauf quand elles l’annoncent elles-mêmes.

Comment l’interpréter ? Certains y voient la manifestation de l’amélioration de la situation des banques, bien que seulement plus d’un gros quart des fonds empruntés soit remboursé, d’autres s’inquiètent de la stigmatisation qui pourrait en résulter pour toutes celles qui ne s’y engagent pas. En tout état de cause, cela met en évidence que le secteur n’est pas homogène – ce qui n’est pas une nouveauté – et que seules les banques réputées les plus solides ont retrouvé un accès au marché interbancaire à de meilleures conditions, en raison des nouvelles initiatives prises par la BCE entre-temps. Vu l’étroite dépendance des banques entre elles, cela ne donne pas l’image d’un système bancaire en sortant renforcé…

Continuer la lecture de L’actualité de demain : LA GUÉRISON IMAGINAIRE, par François Leclerc

Partager :

L’ENA HORS LES MURS, « 2012 : après la crise, la crise », décembre 2012

Le courage n’a peut-être pas entièrement disparu de nos sociétés post-modernes, mais si une chose fut claire entre toutes en 2012 : il avait en tout cas déserté le niveau de responsabilité où se décident la politique des États. Atermoiements et attentisme constituèrent la politique de ces nations dans la cordée zone euro qui n’avaient pas encore dévissé et dont la seule préoccupation était de ne pas rejoindre celles qui pendaient déjà dans le vide.

Tous les efforts étaient consacrés à cela. Tout le sang s’étant concentré dans les muscles, le cerveau s’en était manifestement vidé : de l’austérité au « choc de compétitivité », pas une seule des formules ayant prouvé leur inanité au fil des âges, qui n’ait été promue alors comme la panacée qui mettrait fin aux tourments de l’heure.

Une interprétation charitable du processus était qu’il s’agissait d’hystérèse : adopter pour un problème la solution qui lui convenait plusieurs dizaines d’années auparavant mais aujourd’hui surannée. En réalité, ces prétendues solutions n’en avaient jamais été : elles n’étaient rien d’autre que des a priori idéologiques, trouvant leur justification dans le meilleur de cas dans ce discours apologétique auquel les financiers recourent quand il s’agit pour eux de s’adresser aux politiques, qui a pour nom : « science » économique.

Continuer la lecture de L’ENA HORS LES MURS, « 2012 : après la crise, la crise », décembre 2012

Partager :

L’actualité de la crise : IL FAUDRAIT QUE LE BOUCHON SAUTE ! par François Leclerc

Billet invité

« Y penser toujours, en parler jamais », la formule est usée, mais elle peut encore servir. De quoi s’agit-il cette fois-ci, si ce n’est de l’intervention de la BCE, attendue comme le Messie ?

Il y a des signes qui ne trompent pas, des accalmies boursières qui reposent sur une déclaration, ou bien une attente qui se manifeste par de tout petits riens. Aux anticipations de Mario Draghi, le président de la BCE, qui annonçait en fin de semaine dernière dans Le Monde qu’il n’avait pas de tabou ; ou bien à l’entretien accordé à Bloomberg qui a permis à Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE et gouverneur de la banque centrale autrichienne, de glisser qu’il y a « des arguments favorables » à ce que le MES se voit octroyé une licence bancaire lui permettant d’emprunter auprès de la banque centrale européenne. On se raccroche à ce qu’on peut.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : IL FAUDRAIT QUE LE BOUCHON SAUTE ! par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise : LA MORPHINE MONÉTAIRE, par François Leclerc

Billet invité

Deux doses massives d’analgésique ont été injectées dans le système bancaire par la BCE, fin décembre puis fin février, avec quel résultat aujourd’hui ? Devant un mur qu’elles ne pouvaient franchir, les banques ont passé une bonne nuit et se sont grâce à elles refinancées à moindre frais. Un peu rassurés, constatant que la BCE ne laissait pas tomber ses ouailles, les investisseurs sont ensuite prudemment revenus sur le marché. Un cercle vertueux a semblé s’enclencher, les Bourses reprenant leurs couleurs et les taux de la dette souveraine perdant de leur rigidité.

Nous sommes début avril et déjà le temps se gâte. Les Bourses à nouveau piquent du nez, de nouvelles tensions sont enregistrées sur le marché de la dette, qu’elle soit publique ou privée, des États ou des banques. Décidément, cela ne passe pas !

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : LA MORPHINE MONÉTAIRE, par François Leclerc

Partager :

QUAND ON SE SOUVIENT DE L’OUVERTURE À TOKYO

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Qu’est-ce qui se passe quand le serpent Ourobouros a fini de dévorer sa queue, et qu’il doit commencer à manger sa tête ? Ça devient très dur, parce qu’il n’a que sa tête pour le faire.

Tant qu’il mangeait sa queue, tout allait bien : il y en avait plein et on croyait que ça allait durer toujours. Or, M. Draghi, le patron de la Banque centrale européenne, a justement dit hier que la planche à billets, ça ne peut pas durer toujours. Quel rabat-joie, quel pisse-froid ! L’euro en a immédiatement pris un coup. Il a dit que la planche à billets, ça créait de l’inflation. Les marchés boursiers qui n’étaient pas au courant, se sont aussitôt mis à éternuer. Il avait dit aussi, il n’y a pas si longtemps, que l’austérité, il ne faut pas exagérer, que ça crée de la déflation, ce qui fait qu’on tombe alors – c’est bien connu – dans des dépressions, ce qui n’est pas une bonne idée non plus. Seuls sont contents ce matin ceux qui croient qu’on peut stabiliser les prix en compensant une demi-livre de déflation par une demi-livre d’inflation.

C’est vrai qu’on s’était habitué à ce que les banques centrales impriment de l’argent à la tonne : deux mille milliards de dollars en tout si on ajoute aux États-Unis Quantitative Easing 2 à QE1, et un peu plus de mille milliards d’euros pour nos propres LTROs (Long-term refinancing operations), de décembre et de février. Alors quand elles cessent de le faire…

Avec quoi les banques commerciales d’un pays vont-elles maintenant pouvoir acheter de la dette souveraine de leur propre pays ? Non pas que ce soit en général une si bonne idée, puisque que quand l’un tombe, il emmène joyeusement l’autre dans sa chute, mais des bonnes idées, de toute façon, cela fait cinq ans qu’on en a plus.

Regardez ce qui s’est passé hier en Espagne, où les banques du pays détiennent maintenant 25% de la dette du pays (6% seulement il y a 7 ans) : demande molle à l’adjudication de dette souveraine, taux en hausse pour toutes les maturités offertes, de 3 à 8 ans.

Vous avez noté qu’on commence à entendre sur l’Espagne ce qu’on entendait dire il y a un an sur la Grèce ? Ça aussi, ça crée un climat !

Qu’est-ce qu’on fait dans ces cas-là ? Eh bien on reprend les bonnes habitudes : on guette avec inquiétude l’ouverture du Nikkei à la Bourse de Tokyo !

(Ça ne s’est pas trop mal passé : – 0,53 % pour le Nikkei, à 9h00, heure de Paris. Et le Shanghai Composite a pris lui 1,74 %. On en viendrait même à penser que tout va bien !)

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Partager :

« LA SOURCE, LA CASCADE ET LE SAHEL » – Un conte européen, par zébu

Billet invité

Dans son dernier billet, François Leclerc définit très clairement les enjeux des dernières manœuvres financières de la BCE :

« Il est en effet aimablement conseillé aux banques de développer le crédit à l’économie réelle au sein de l’Eurozone, et plus particulièrement aux petites et moyennes entreprises qui n’ont pas accès au marché directement, préférant ne pas entendre la voix de Mervyn King, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, qui vient de déclarer à une commission du parlement britannique que « l’idée que les LTRO facilitent le financement des PME est un mythe ». Les banques, en effet, poursuivent en priorité un autre lièvre et consacrent d’abord les liquidités qu’elles empruntent au financement du roulement de leurs propres dettes.  »

Continuer la lecture de « LA SOURCE, LA CASCADE ET LE SAHEL » – Un conte européen, par zébu

Partager :