L’actualité de la crise : LA MORPHINE MONÉTAIRE, par François Leclerc

Billet invité

Deux doses massives d’analgésique ont été injectées dans le système bancaire par la BCE, fin décembre puis fin février, avec quel résultat aujourd’hui ? Devant un mur qu’elles ne pouvaient franchir, les banques ont passé une bonne nuit et se sont grâce à elles refinancées à moindre frais. Un peu rassurés, constatant que la BCE ne laissait pas tomber ses ouailles, les investisseurs sont ensuite prudemment revenus sur le marché. Un cercle vertueux a semblé s’enclencher, les Bourses reprenant leurs couleurs et les taux de la dette souveraine perdant de leur rigidité.

Nous sommes début avril et déjà le temps se gâte. Les Bourses à nouveau piquent du nez, de nouvelles tensions sont enregistrées sur le marché de la dette, qu’elle soit publique ou privée, des États ou des banques. Décidément, cela ne passe pas !

Les établissements bancaires sont devant un nouvel obstacle à franchir d’ici fin juin : l’Autorité bancaire européenne (EBA) leur a enjoint en octobre de présenter à cette date un ratio de fonds propres de 9%, ce qui ne va pas de soi pour tous. Les conduisant ces derniers mois à privilégier les ventes d’actifs et à diminuer l’en-cours de leurs crédits plutôt que de renforcer leur capital ; les entraînant dans une logique contradictoire avec celle que la BCE entendait impulser. Celle-ci avait d’abord prétendu que ses prêts massifs allaient bénéficier à la relance de l’économie, avant de se faire plus modeste sur le sujet.

La Banque des règlements internationaux (BRI), qui chapeaute les banques centrales et sous l’égide de qui la réglementation Bâle III est progressivement mise en place, n’a pas tardé à réagir à la mi-mars. Elle a regretté l’initiative de l’EBA, qui a selon elle contribué à « déstabiliser » le système financier en exacerbant les inquiétudes à propos de sa santé. Habituel dilemme des financiers : prendre des mesures signale le mal et peut l’aggraver, dissimuler celui-ci est donc tentant mais bien risqué… Avançons ! on verra ! est généralement ce qui en résulte.

S’agit-il encore une fois d’une affaire européenne, dont les banques Nord-américaines seraient prémunies ? Pas vraiment : il est relevé outre-Atlantique que la dépendances des banques à l’argent facile de la Fed y est très grande. Dans les trois dernières années, la banque centrale a maintenu le taux de refinancement, son principal taux directeur, proche de zéro, a procédé à deux reprises à des émissions monétaires d’ampleur, puis à l’opération « Twist », qui consiste à échanger des titres de la dette publique à court terme en sa possession contre d’autres à long terme, afin de faire baisser les taux longs.

Cela s’apparente à une manipulation du marché de la dette, destinée à faciliter son refinancement. Conséquence : le taux de la dette US à 10 ans est à ce jour inférieur à 2% et supérieur à une inflation actuellement chiffrée à 2,9%, ce qui signifie que les investisseurs perdent de l’argent en investissant dans celle-ci. Faible incitation qui explique que les grands investisseurs américains sur la dette de leur pays estiment inévitable une troisième opération de création monétaire massive (QE3), avec pour objectif déclaré de favoriser la relance et de lutter contre le chômage, et pour objectif réel de financer une dette américaine qui ne trouve plus preneur comme aux plus beaux jours.

A ce propos, une déclaration du ministre allemand Wolfgang Schäuble au quotidien régional Neue Osnabrücker Zeitung, a été à tort largement ignorée. « Nous empruntons à l’heure actuelle à des taux qui sont tellement bas qu’ils ne peuvent décemment pas être bons à long terme, car ils sont simplement le signe de l’incertitude ». Comme un train peut en cacher un autre, l’effet d’aubaine à court terme peut aussi annoncer un refinancement ultérieur beaucoup plus onéreux, quand les taux remonteront. En attendant, on gagne du temps, l’essentiel est là.

Les banques centrales utilisent au mieux les instruments monétaires qui sont les leurs. Elles créent ainsi une situation nouvelle, une addiction aux liquidités à bas prix dont elles inondent le système bancaire.

Les marchés s’interrogent sur ce que va décider la Fed à propos d’un QE3 toujours en suspens, enclins à attendre que l’échéance de l’élection présidentielle de novembre prochain soit passée pour que la question soit clarifiée. En Europe, à peine les prêts de la BCE étaient-ils engagés qu’une autre interrogation se faisait discrètement jour : seront-ils remboursés ou partiellement renouvelés ? Le capitalisme financier est pour le moins entré dans une nouvelle phase, où il s’installe, dans laquelle il est pleinement assisté. Au moment même où est assignée à l’État la poursuite de sa cure d’amaigrissement, impliquant de sévères coupes budgétaires dans les programmes d’aide sociale…

Sur le papier, les dirigeants européens disposent d’un autre instrument de gestion de la crise, celui-ci destiné à la maitrise de la crise de la dette publique proprement dite : les fonds de stabilisation financière successifs qu’ils ont tant de difficultés à mettre en place. Devant celles-ci, la BCE a dû se résoudre à prendre l’initiative, finançant entre autre l’intervention des banques espagnoles et italiennes sur le marché obligataire, afin de susciter sur celui-ci une baisse des taux que les États ne parvenaient pas à obtenir. Ce qui a été qualifié à juste titre de quasi création monétaire, contournant allègrement les traités en vigueur et suscitant la réaction de la Bundesbank. Celle-ci ayant voté l’opération mais exigeant que l’on n’y revienne plus. Jusqu’à quand ?

Le bouclier du MES n’est pas encore mis en place que l’on considère déjà, au vu des développements espagnols qui s’accélèrent, qu’il n’a pas été taillé une fois de plus à la bonne dimension. Renvoyant d’un côté la balle au FMI, c’est à dire aux Américains et aux Chinois, et à la BCE en dernier ressort. Le rendez-vous de printemps du FMI s’approche à la mi-avril, annonçant son cortège de déclarations et, sauf surprise bien dissimulée, son inaction dans l’immédiat.

Les banques centrales sont toutes l’arme au pied mais sur le qui-vive, depuis la Fed et la Banque du Japon jusqu’à la Banque d’Angleterre et la BCE. L’Europe s’enfonce dans la récession et se prépare – mal – à de nouvelles convulsions, le Japon reste toujours au fond de sa trappe à liquidité et dans la déflation qui l’accompagne, le Royaume-Uni fonde tous ses espoirs dans la contribution de la City à la croissance de son PIB, les États-Unis attendent que soit passé le cap de novembre prochain.

Comment qualifier ce nouveau stade du capitalisme financier tributaire de ses injections renouvelées de morphine monétaire ? Le capitalisme dépendant ?

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61 réflexions sur « L’actualité de la crise : LA MORPHINE MONÉTAIRE, par François Leclerc »

  1. Ce qui serait déja dans les cartons pour réduire la dette…
    Toute ressemblance avec d’autres plans mis en oeuvre en europe serait purement fortuite.
    Le principal étant de rembourser les intérêts, ce à quoi est allouée la plus grande part des prêts consentis à nos voisins.

     » Guerre aux pauvres.
    Et c’est tout l’intérêt de ces informations dont a eu connaissance Mediapart sur les scénarios confidentiels sur lesquels travaillent dès à présent les services du ministère des finances, dans un secteur particulier, celui du logement. Elles permettent, dans un domaine au moins, de prendre une mesure très concrète de ce qui est dès à présent dans les tuyaux.

    Il faut bien mesurer l’importance qu’a le système français de l’aide au logement pour les foyers modestes. Près de 15,9 milliards d’euros de prestations d’aides personnelles au logement ont ainsi été versées en 2010 à environ 6 310 000 ménages, dans le domaine du locatif aussi bien que de l’accession à la propriété. Ces aides, qui sont dégressives en fonction du revenu (elles varient d’environ 40 euros à un peu moins de 400 euros, selon la taille du foyer et selon les régions), profitent donc aux Français les plus démunis. Selon le rapport sur ces crédits présenté à l’automne dernier à l’Assemblée nationale (il est ici, voir en particulier page 20), « 76 % des ménages locataires bénéficiant d’aides au logement ont des revenus inférieurs au Smic et 99 % à deux fois le Smic ». En clair, ces aides, précise le rapport, « figurent parmi les aides sociales les plus redistributives », ou si l’on préfère, parmi les aides qui sont les plus indispensables aux foyers modestes. Plus on est pauvre, plus on est aidé…

    Le rapport apporte ces autres précisions : « Les aides touchent en majorité des “petits ménages” : 3,7 millions de ménages sont composés d’une personne seule ou d’un couple sans enfant (…) Les personnes âgées de plus de 65 ans constituent une part importante de ces effectifs (environ 19,5 % des bénéficiaires). Les jeunes de moins de 25 ans non étudiants sont environ 410 000. »

    CQFD ! Si 30 % de ces crédits étaient supprimés, ce serait bel et bien une guerre aux pauvres qui serait alors engagée.

    En outre, des instructions ont été données pour raboter violemment d’autres crédits, notamment ceux du programme dit 135, qui concerne les aides à la pierre, et ceux du programme dit 177, qui profite à l’hébergement et à l’accompagnement des personnes en grandes difficultés.

    Au total, sur ces deux programmes, il s’agirait donc de 600 millions d’euros d’économies qui seraient recherchés sur des crédits qui au total avoisinent 1,7 milliard d’euros. Et dans ce cas-là, ce serait une déclaration de guerre non plus aux pauvres. Non ! Aux super pauvres…

    Cela donne-t-il un avant-goût du tour de vis budgétaire que Nicolas Sarkozy engagerait s’il était rééelu ? Si c’est le cas, mieux vaudrait que cela soit clairement annoncé et détaillé avant l’élection… »

    http://www.mediapart.fr/journal/economie/070412/logement-un-violent-plan-d-austerite-en-preparation

      1. Une compilation des articles en version intégrale de Mediapart est disponible sur le P2P, il suffit de chercher un peu…Les pauvres sachant se servir du Net ont encore accès à l’information… jusqu’à ce que CISPA soit voté aux US. Signez la pétition d’Avaaz.org pour que cela soit encore possible.

    1. Discours à l’Assemblée nationale législative

      Victor Hugo

      9 juillet 1849

      Je ne suis pas, messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde ; la souffrance est une loi divine ; mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère

      ……………………………………………………………………………………………………….
      …Vous n’avez rien fait, rien fait, tant que dans cette œuvre de destruction et de ténèbres, qui se continue souterrainement, l’homme méchant a pour collaborateur fatal l’homme malheureux !

      http://fr.wikisource.org/wiki/D%C3%A9truire_la_mis%C3%A8re,_Discours_%C3%A0_l%27Assembl%C3%A9e_nationale_l%C3%A9gislative_9_juillet_1849

    2. le lobby immobilier est vraiment partout ça sent la chute.

      ps : plus d’aide = re-solvabiliter des comme ils disent  » pauvres  » car les prix chutes, aide = lobby et générations (j’me comprend) qui sent fou pleins les poches. cqfd

    1. Ola Hola ,

      interessant ton article .
      Pour qq’un qui disait vouloir assénir la finance , Sarko lui met « des sucres dans son café » , Sarko et ses promesses ,pffff !!

      En gros , il va permettre à des investisseurs/petits porteurs/ fonds d’investissements de speculer sur la dette Française , à la baisse comme à la hausse.
      Comme bcp de fonds possede des CDS ( produit boursier à levier indexé sur la faillite d’un etat , sorte « d’assurance » en qq sorte), ces memes fonds vont bien sur speculer sur la France à la baisse pour faire monter le prix de leurs CDS.

      Merci pour l’info , bonne fin de journée à toi

  2. Petit HS, encore une foi, en attendant le billet libre, sur le blog de Paul Jorion, dans le quel nous pourrons poster nos HS.

    merci de voter.

    Cordialement.

  3. « Comment qualifier ce nouveau stade du capitalisme financier tributaire de ses injections renouvelées de morphine monétaire ? »
    le capitalisme à l’agonie 🙂

    1. Absolument. Il ne faut pas demander à la BCE ,
      comme le font les réformistes keynésiens avec une crise en retard,
      de prêter l’argent pour rembourser aux ploutocrates l’argent qu’ils ont volé depuis des lustres.
      Il faut annuler la dette illégitime, conséquence du vol capitaliste.

      A ce propos,
      Bonne nouvelle : deux députées belges rejoignent le CADTM et ATTAC
      dans la bataille contre les garanties accordées aux créanciers du groupe Dexia
      http://www.cadtm.org/Bonne-nouvelle-deux-deputees

  4. François, il me semble ne pas avoir vu passer ici, ni ailleurs, une petite info pas tout à fait anodine. Depuis mi-janvier 2012 le taux des réserves obligatoires déposées par les banques à la BCE a été baissé. Oh pas grand chose, 1%. Soit une baisse de moitié, 2% auparavant. Soit tous simplement un supplément de cash absolument gratuit pour les banques européennes de 104 milliards € immédiatement disponibles…
    Bah ! la Banque de Chine a fait pire : 2% en moins pour ce taux de réserves obligatoires. Ouais. Sauf qu’il était à plus de 20% ce taux…
    Résultat pour la BCE : avant la deuxième tranche de LTRO la masse monétaire émise avait déjà augmenté de 34,7% en un an, dont 7% pour cette mesure de pure création monétaire par le taux de réserves. Un chouïa de plus que la base monétaire de la Fed sur cette même année (34%) et trois fois et demi plus que celle de la BoE (10%)…

    1. Vous avez raison de le rappeler, je n’avais fait que l’évoquer en passant, puis oublié. D’une main on demande aux banques de renforcer leur ratios (et non pas leur fonds propres), de l’autre on diminue les réserves obligatoires à la BCE, Dieu que la vie des banques est pleine de contradictions et de curiosités…

  5. Conséquence : le taux de la dette US a 10 ans est à ce jour nférieur à 2% et supérieur à une inflation actuellement chiffrée à 2,9%, ce qu signifie que les investisseurs perdent de l’argent en investissant dans celle-ci.

    Pas tout à fait. Sur le rendement ok, sur la rentabilité globale pour l’année 2011 en tenant compte de l’augmentation du prix pas du tout. (Source : indice Iboxx Markitt au 31.12.11)
    Gain sur du T Bonds ≥ 10 ans en 2011 : + 30%…
    Et sont pas les seules obligs souveraines 10 ans et plus à avoir bien rendu en 2011…
    Royaume-Uni : 25%
    Allemagne : 20%
    France : 6,6
    Toutes échéances :
    Hollande : 8,9%
    Espagne : 8,4%
    Irlande : 12,4%…
    Ah ! Restait du pognon à faire là :
    Italie : – 5,6%

  6. En général lorsqu’on commence à parler d’une plus grosse dose de morphine, c’est que c’est vraiment pas bon du tout au-delà des seuls propos officiels de surface.

    Oui je sais bien que cela a déjà été dit, mais c’est toujours bon de leur rappeler.

    Deux doses massives d’analgésique ont été injectées dans le système bancaire par la BCE, fin décembre puis fin février, avec quel résultat aujourd’hui ?

    Soyez patient dans votre malheur, car vous n’avez pas encore tout vu, condamnant forcément progressivement le monde à la plus grave crise spirituelle de l’histoire humaine. sans doute pour plus de solution finale dans la si bête concurrence infernale des choses sur terre.

    Devant un mur qu’elles ne pouvaient franchir, les banques ont passé une bonne nuit et se sont grâce à elles refinancées à moindre frais.

    Non ce n’est pas vraiment un mur à franchir, mais bien la révélation progressive d’un plus grand trou noir gravitationnel pour tout le monde, petits et grands, riches ou pauvres.

    C’est pourquoi la seule fortune matérielle n’apporte pas toujours bon sommeil.

    Un cercle vertueux a semblé s’enclencher, les Bourses reprenant leurs couleurs
    et les taux de la dette souveraine perdant de leur rigidité.

    Pour qu’un cercle vertueux puisse réellement s’enclencher il faudrait déjà un réel repentir et là aujourd’hui est-ce vraiment bien le cas de la part des plus fous de l’argent sur la planète ?

    Nous sommes début avril et déjà le temps se gâte.

    C’est normal, plus on recherchera à pourrir et à s’en prendre d’abord à la vie du juste, et plus cela retombera tôt ou tard sur la tête des méchants.

    Les Bourses à nouveau piquent du nez, de nouvelles tensions sont enregistrées sur le marché de la dette, qu’elle soit publique ou privée, des États ou des banques.

    Ca me rappelle bien encore vol au dessus d’un nid de coucou, en général lorsqu’on se trompe de carburant sur certains modèles cela se voit toute de suite.

    une dette américaine qui ne trouve plus preneur comme aux plus beaux jours.

    Qu’en sera-t-il alors lorsqu’ils auront plus mauvais temps.

    En attendant, on gagne du temps, l’essentiel est là.

    Non l’essentiel de la vie humaine n’est pas du tout là, ni même dans le tout socialiste terrestre.

    Elles créent ainsi une situation nouvelle, une addiction aux liquidités à bas prix dont elles inondent le système bancaire.

    N’y-at-il pas déjà sufisamment d’accrocs et d’accrochages comme ça dans le monde ?

    Au moment même où est assignée à l’État la poursuite de sa cure d’amaigrissement, impliquant de sévères coupes budgétaires dans les programmes d’aide sociale…

    Dans un tel monde de marchands il ne peut y avoir réellement de bonté et charité humaine, car lorsqu’on n’aime pas vraiment donner on préfère davantage causer de tort moral aux êtres.

    Les fonds de stabilisation financière successifs qu’ils ont tant de difficultés à mettre en place.

    Bizarrement plus ils recherchent à sauver le Titanic, et plus le Titanic semble entraîner plus de petits et d’ames vers le fond, remarque c’est pas trop grave vu que le monde contemporain a toujours bien préféré se moquer des premiers et derniers prophètes de l’histoire humaine.

    Décidément, cela ne passe pas !

    Hum certainement pour bien plus de gens écoeurés demain sur toute la terre.

  7. Un petit texte :

    Nous voulons une génération indignée
    qui laboure les horizons
    déterre les racines de l’histoire

    Nous voulons une génération future
    qui n’absout pas les fautes
    ne pardonne pas
    ne s’incline pas
    ne connaît pas la duplicité

    Nous voulons une génération

    pionnière

    prodigieuse

    Nizar Qabbani (1967)

    1. Je désire plus trop suivre les premiers coureurs,
      Pourquoi faudrait toujours labourer dans le vide,
      On gratte déjà un peu tous la terre comme ça,

      Je veux plus trop aller dans le monde futur qu’ils veulent plutôt me mettre,
      Un monde qui ne rechercherait plus trop à voir les fautes dans l’autre,
      Qui ne rechercherait plus trop à courir après la chose,
      Qui ne s’inclinerait pas trop devant la tendance,
      Qui chercherait pas plus à me doubler,

      Je voudrais plus du tout avoir des yeux,
      Ni des oreilles, ni mains et pieds,
      Manchot ou cul-de-jatte,
      Pionnier de rien du tout,
      Plus d’idôles sur terre,

      jj ( 2012 )

  8. « Comment qualifier ce nouveau stade du capitalisme financier tributaire de ses injections renouvelées de morphine monétaire ? Le capitalisme dépendant ? »
    Ben…En général, qu’on on vous administre la morphine, c’est le ‘stade terminal’…!?

  9. Peut-être une illustration ? (hypothèse) Le cerveau cognitif lent serait conscient du langage, enfin, ce qu’en dit l’apparence de sa structure, alors qu’une partie du sens se trouverait dans le cerveau analogique rapide (mais qui serait le « vous » de la phrase « le cerveau peut vous envoyer toute une histoire en un rien de temps »?).

    « Le rêve ne peut survenir qu’au moment où vous vous réveillez (Jean-Pol Tassin). Pourquoi vous réveillez-vous ? Parce que vos neurones modulateurs se sont remis à fonctionner, ne serait-ce qu’une fraction de seconde (ils font ça pour assurer leur survie, car n’oublions pas qu’un neurone qui ne fonctionne pas meurt rapidement, notre sommeil est ainsi constellé de micro-réveils neuronaux). Que se passe-t-il alors ? Le cerveau cognitif lent se réveille, même très brièvement, et en une fraction de seconde, il fabrique une histoire – à raison d’une image par cinq centième de seconde, le cerveau peut vous envoyer toute une histoire en un rien de temps ».

    http://www.cles.com/bonnes-feuilles/article/votre-cerveau-n-a-pas-fini-de-vous-2429

  10. Et la morphine est éliminée par le foie, les reins, etc.

    De même que les pommes. Trop de pommes, on les brûle. Trop d’argent, rien n’empêche de le faire disparaître en douce.

    Les marchés sont déjà truqués…

  11. L’agonie du systeme capitaliste financier se prolonge… Des soins palliatifs sont a present prodigués au patient, les protocoles successifs se révélant sans effet ou si peu. Alors on le bourre de morphine monétaire pour le faire planer et lui donner l’illusion que ça va mieux. Vaine démarche, on le prolonge, on grappille un peu de temps, car ça ne peut pas se terminer comme ça!

  12. C’était mieux avant (hors sujet) !

    http://www.youtube.com/watch?v=kTB1jVoCPAo

    Parce qu’en ce temps-la on n’osait pas amuser le peuple avec des miettes, comme le permis de conduire ! On a atteint le fond inimaginable de la bassesse aujourd’hui.

    Et pourquoi pas légiférer sur la baguette abaisser le prix de 10cts ?

    Je pense que notre campagne est indigne de l’Humanité entière. Il n’y a pas d’époque dans toute l’histoire de l’humanité, et il n’y a pas de peuple aussi arriéré soit-il dans tout l’univers à qui on a osé parler viande et de permis de conduire pour une élection présidentielle.

  13. Taux des obligations italiennes à 10 ans :
    19 mars : 4,84 %.
    20 mars : 4,90 %.
    21 mars : 5,00 %.
    26 mars : 5,03 %.
    27 mars : 5,12 %.
    30 mars : 5,12 %.
    3 avril : 5,16 %.
    4 avril : 5,37 %.
    5 avril : 5,45 %.

    Taux des obligations espagnoles à 10 ans :
    5 mars : 4,97 %.
    9 mars : 5,00 %.
    12 mars : 5,06 %.
    13 mars : 5,13 %.
    14 mars : 5,17 %.
    15 mars : 5,18 %.
    16 mars : 5,20 %.
    20 mars : 5,23 %.
    28 mars : 5,33 %.
    30 mars : 5,35 %.
    3 avril : 5,45 %.
    4 avril : 5,69 %.
    5 avril : 5,75 %.

    Le Titanic « ZONE EURO » prend l’eau de toutes parts.

    http://www.youtube.com/watch?v=Vxz8p3QdD3Q

  14. Bonjour à tous,

    je me pose actuellement une question : la crise de la dette est un sujet particulièrement prégnant avec les présidentielles qui arrivent, et on entend partout qu’elle a été précipitée par le plan de sauvetage des banques en 2008. Pourtant, sur le portail du gouvernent, on peut lire un communiqué datant de Décembre 2008 affirmant que « les milliards d’euros de ce plan ne sont en aucun cas des dépenses budgétaires » et que « l’Etat va prêter plus cher qu’il n’emprunte lui-même : la société de financement des banques va dégager des bénéfices ».

    Qu’en est-il réellement ? l’Etat ayant prêté au taux de 8 %, ne devrait-il pas faire de substantiels bénéfices, même en tenant compte des intérêts qu’il doit lui-même rembourser dans la mesure où les fonds ont été levés sur les marchés ? Pourquoi alors la situation reste tellement critique par rapport à il y a 5 ans ?

    Je ne trouve la réponse nulle part, pour moi le plus judicieux reste alors de poser la question sur ces pages. Merci d’avance pour vos éclaircissements, et pardon si la question a déjà été abordée sur ce blog.

    1. Le plongeon que la dette publique a effectué ne résulte pas des aides et garanties aux banques, mais de l’ensemble des mesures prises pour faire face aux effets sur l’économie de la crise financière.

    2. Autrement dit, la crise financière,
      dont l’origine est une crise classique de suracumulation de capital,
      seulement retardée par la financiarisation, a fait chuter la croissance,
      alors que l’Etat poursuivait ses cadeaux fiscaux,
      dans le cadre du Grand Dumping au bénéfice du capital,
      d’où creusement des déficits budgétaires,
      d’où spéculation sur la dette faisant monter les taux.

    3. François, quelles «mesures prises pour faire face aux effets sur l’économie de la crise financière» ?
      Je rappelle qu’en France selon la Cour des comptes le total des plans de relance post Lehmann Bros se serait élevé au maximum à 34 milliards € sur 2009/2010, soit maxi 1,7% du pib… Même en y ajoutant les 35 milliards du « grand emprunt », on est loin des près de 500 milliards €, soit 25% du pib de gonflement de la dette depuis fin 2007… Ça tombe bien, près de 500 milliards, ben c’est sensiblement le montant des nouveaux placements financiers effectués par les ménages français depuis 2007 selon la BdF…

      1. On est d’accord, sauf que ça c’est pas des mesures prises mais, au mieux, des effets subis; en fait, au pire et en grande partie, les effets d’autres mesures maintenues…

      2.  » ben c’est sensiblement le montant des nouveaux placements financiers effectués par les ménages français depuis 2007 selon la BdF… »

        merci de bien vouloir développer.

      3. Vanishing, nouveaux placements financiers des ménages français, source BdF :
        2007 : 146 millards €
        2008 : 93
        2009 : 107
        2010 : 133
        2011 : 105 (prévision)
        2012 : 100 (prévision )

        Bref, ça tourne grosso-modo autour de 8 % du Revenu Brut Disponible, un mois de revenu par an. Et autour de 40% des revenus financiers annuels de ces mêmes ménages, revenus fi qui représentent eux-mêmes plus ou moins 20% du RBD…

    4. nous sommes passé pour la dette de 56% du PIB à 85,8 et les prévisions ne sont pas à la baisse, il serait intéressant de détailler chaque pourcent d’augmentation…et de « blâmer » les bonnes personnes.

  15. @ François Leclerc

    Dites-nous, M. Leclerc, si les 2 LTRO de la BCE et les injections de la FED sont de la morphine, que serait pour les « marchés » la cocaïne, le LSD, le crack, la méta-amphétamine? L’ultra-rigueur? la planche à billets illimitée? la dérégulation totale?

    1. @ François Leclerc

      Les identifier les uns après les autres, c’est un travail de romain!
      Ils s’en créé tous les mois des produits structurés dans la Finance, du CPPI au Warrant en passant par les ETF et les options en tout genre.

      En gros si j’ai bien compris, tous les produits structurés destinés à doper les performances sont de la dope, de la chnouf, de la came, de la horse, bref de la drogue financière en puissance.
      Ah, c’est beau comme résultat!

      Et comment on fait pour décrocher?

    1. Excellent article que je diffuse auprès de mes amis. Bravo pour cet excellent travail, comme toujours.

      Une remarque :

      Conséquence : le taux de la dette US a 10 ans est à ce jour inférieur à 2% et supérieur à une inflation actuellement chiffrée à 2,9%, …

      Il me semble que la phrase serait plus logique ainsi : Conséquence : le taux de la dette US a 10 ans est à ce jour inférieur à 2% et inférieur à une inflation actuellement chiffrée à 2,9%, …

      1. Ben oui… pourquoi j’l’ai pas vu, moi…?

        D’ailleurs, on pourrait même mettre « et donc,… » … histoire d’appuyer sur le paradoxe…
        « … le taux de la dette US a 10 ans est à ce jour inférieur à 2% et donc, inférieur à une inflation actuellement chiffrée à 2,9%, …

        … et puis un petit accent sur le « a » de « à 10 ans… »… sinon, ça fait anniversaire… « La dette US a Dix ans… youpi!!!

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