QUAND ON SE SOUVIENT DE L’OUVERTURE À TOKYO

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Qu’est-ce qui se passe quand le serpent Ourobouros a fini de dévorer sa queue, et qu’il doit commencer à manger sa tête ? Ça devient très dur, parce qu’il n’a que sa tête pour le faire.

Tant qu’il mangeait sa queue, tout allait bien : il y en avait plein et on croyait que ça allait durer toujours. Or, M. Draghi, le patron de la Banque centrale européenne, a justement dit hier que la planche à billets, ça ne peut pas durer toujours. Quel rabat-joie, quel pisse-froid ! L’euro en a immédiatement pris un coup. Il a dit que la planche à billets, ça créait de l’inflation. Les marchés boursiers qui n’étaient pas au courant, se sont aussitôt mis à éternuer. Il avait dit aussi, il n’y a pas si longtemps, que l’austérité, il ne faut pas exagérer, que ça crée de la déflation, ce qui fait qu’on tombe alors – c’est bien connu – dans des dépressions, ce qui n’est pas une bonne idée non plus. Seuls sont contents ce matin ceux qui croient qu’on peut stabiliser les prix en compensant une demi-livre de déflation par une demi-livre d’inflation.

C’est vrai qu’on s’était habitué à ce que les banques centrales impriment de l’argent à la tonne : deux mille milliards de dollars en tout si on ajoute aux États-Unis Quantitative Easing 2 à QE1, et un peu plus de mille milliards d’euros pour nos propres LTROs (Long-term refinancing operations), de décembre et de février. Alors quand elles cessent de le faire…

Avec quoi les banques commerciales d’un pays vont-elles maintenant pouvoir acheter de la dette souveraine de leur propre pays ? Non pas que ce soit en général une si bonne idée, puisque que quand l’un tombe, il emmène joyeusement l’autre dans sa chute, mais des bonnes idées, de toute façon, cela fait cinq ans qu’on en a plus.

Regardez ce qui s’est passé hier en Espagne, où les banques du pays détiennent maintenant 25% de la dette du pays (6% seulement il y a 7 ans) : demande molle à l’adjudication de dette souveraine, taux en hausse pour toutes les maturités offertes, de 3 à 8 ans.

Vous avez noté qu’on commence à entendre sur l’Espagne ce qu’on entendait dire il y a un an sur la Grèce ? Ça aussi, ça crée un climat !

Qu’est-ce qu’on fait dans ces cas-là ? Eh bien on reprend les bonnes habitudes : on guette avec inquiétude l’ouverture du Nikkei à la Bourse de Tokyo !

(Ça ne s’est pas trop mal passé : – 0,53 % pour le Nikkei, à 9h00, heure de Paris. Et le Shanghai Composite a pris lui 1,74 %. On en viendrait même à penser que tout va bien !)

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Partager :

51 réflexions sur « QUAND ON SE SOUVIENT DE L’OUVERTURE À TOKYO »

  1. Les économistes à gages sur la sellette

    Editoriaux, matinales radiophoniques, plateaux de télévision : en pleine campagne présidentielle, une poignée d’économistes quadrillent l’espace médiatique et bornent celui des possibles. Présentés comme universitaires, ils incarneraient la rigueur technique au cœur de la mêlée idéologique. Mais leurs diagnostics seraient-ils aussi crédibles si ces « experts » rendaient publiques leurs autres activités ?

    http://www.monde-diplomatique.fr/2012/03/LAMBERT/47476

    1. Pour tous ceux qui sont intéressés par le thème » dérapages des économistes », peuvent consulter le site http://www.mem-wirtschaftsethik.de (en allemand)
      Ce nouveau mouvement, composé d’économistes, s’inscrit dans le New Economic Thinking.
      Il accuse notamment le rôle excessif des mathématiques en économie, l’exclusion d’autres disciplines en dehors de l’économie, le dogme du « toujours plus »,…….Bref, il semble que ces gens ont pris conscience du fait qu’ils ont été les idiots utiles au service des lobbys néolibéraux et d’une classe politique versatile.

    2. Non seulement ils sont incompétents , mais en plus ils sont d’une suffisance pathologique .
      Mais ils ne sont pas les seuls , dans le journalisme aussi .
      Un exemple , comment se fait-il que le seul correspondant de la presse italienne invité dans les médias , soit monsieur Toscano , qui passe son temps à nous rabâcher que tous ceux qui ne pensent pas « bien  » sont au mieux des ringards .
      Et que dire de l’émission dominicale de France culture  » l’esprit public  » recyclant les 3 ou 4 mêmes depuis des lustres ( à part Jean Marc Lech ) ,notamment l’inénarrable Max Gallo.

    3. Le déchaînement actuel contre le programme économique du Front de Gauche est à l’aune de cet article assez révélateur…Il semblerait que pour ces messieurs, le seul chiffrage valable soit celui des dépenses (que l’on doit réduire bien évidemment) alors que les recettes sont toujours si aléatoires vous comprenez (c’est vrai qu’avec l’austérité, les rentrées fiscales plongent). Quant à la précisions des mesures, on jugera en comparant avec la navigation à vue qui a été la caractéristique du dernier gouvernement. Rappelez vous : la crise est derrière nous, l’année prochaine x % de croissance etc. On ne leur demande pas de précisions à eux qui ont pourtant à l’Ump aussi bien qu’au Ps, des bilans assez parlants.

  2. belle analogie avec le serpent monétaire cette devise imprimée par Ourobouros. Les chinois ne veulent plus de QE, ni la BCE, ni la Fed… rangeons nos brouettes, on ira au marché avec un porte monnaie.

  3. S’enrichir en spéculant sur la mort, « Quelques 10 000 investisseurs, principalement des petits porteurs en Allemagne, ont placé environ 200 millions d’euros via ce produit financier très particulier. Certains petits porteurs ont fini par se plaindre… non pas pour des raisons morales, mais parce que le fonds ne leur rapportait pas assez, avec un rendement de 3 % par an entre 2009 et 2011 ».
    Tout va bien ; « Les gens adorent les grandes tours, d’où l’idée d’en bâtir une dans l’espace. Nos experts en construction, climat, vitesse et effets des vents, disent que c’est possible »
    Dominique Cerruti, directeur général adjoint de la Bourse NYSE Euronext, en clôture d’un débat à l’université Parls-Dauphine, le 16 Février;
    “marchés rongés par une opacité galopante (…) gouvernés à 60% aux États-Unis par le trading haute fréquence et hyper fragmentés en Europe entre 132 places d’exécution pour les actions (…) Je n’ai rien contre les acteurs du marché, qui font tous individuellement leur travail, a précisé le patron de la Bourse, mais les « hedge funds » c’est comme les bisons.’ Quand un bison passe, ça va… Quand il y en a 9000, à ta tête de 2000 milliards de dollars de capitaux, qui chargent tous en même temps – par exemple en « shortant » tes banques françaises -, ça peut faire beaucoup de dégâts! »
    bon, l’agonie scandaleuse commence à nous abêtir salement Hecker – Speculative Solution 2

    1. le bestiaire s agrandit, apres le veau d or et le moloch, le serpent Ouroboros, et les vautours se deplument avant l arrivée du troupeau de bisons.
      des solutions , des solutions…peut etre, apres , plus tard
      je sais , je n apporte pas grand chose, j observe depuis quelques années, et le processus s accelere et nous n en sommes qu au debut.

    2. mais les « hedge funds » c’est comme les bisons.’ Quand un bison passe, ça va… Quand il y en a 9000, à ta tête de 2000 milliards de dollars de capitaux, qui chargent tous en même temps – par exemple en « shortant » les banques françaises -, ça peut faire beaucoup de dégâts.

      L’est très classieux notre Cerruti de NYSE Euronext là, mais sont un peu comme les loups les vilains hedge-funds… z’ont bon dos non ? C’est vrai qu’un troupeau d’épaulards, de killer whales, du genre fonds de pension à 30 000 milliards de dollars c’est beaucoup moins inamical, beaucoup plus civilisé, ça s’apprivoise sans soucis… voyez-vous..
      La Crise ? Bah.. c’est Sauvez Willy 1, 2, 3,…

      1. Les méchants retraités anglos-saxons, les bons retraités français avec la retraite par répartition.
        ( mettre ou ne pas mettre un petit bonhomme qui se marre, telle est la question).

      2. Arnaud, ah bon ? C’est la CNAV qui pèserait sur les marchés financiers ou politiques ? Tiens donc… mais, mais… on m’aura pas tout dit ?
        Pour le reste les gaulois sont pas en reste justement sur les fonds de pension ricains, rosbeefs, bataves ou autres; les 1 800 à 1 900 milliards de $ sur les ass-vie c’est tout comme mon lapin… en pire p’têt bien.

    3. il faut trouver un nouveau Buffalo Bill (William Frederick Cody) . Sinon cela risque d’être dramatique.

  4. J’ai eu cette nuit une question qui m’est venu et que je souhaitais vous poser Paul :
    Est-il possible de démocratiser la finance ?

    J’entend par la que lors des assemblées d’actionnaires, le poid des votes soient en fonction du nombre d’individus physiques représentés et non pas en fonction du nombre d’actions détenues.
    Cela aurait pour implication d’obliger les différents fonds de tenir une liste publique des investisseurs présents dans leur capital et donc faire une peu de lumiere dans le secteur obscur de la finance.

    1. Cela existe: dans le système de la coopérative ouvrière (1 porteur de parts = 1 voix). 51% des parts doivent être détenues par les salariés, 49% peuvent être détenues par une (ou des) personne(s) – physiques ou morales -, extérieures.

  5. « Qu’est-ce qui se passe quand le serpent Ourobouros a fini de dévorer sa queue, et qu’il doit commencer à manger sa tête ? »
    L’assertion de caractère translogique « Le prédateur est sa propre proie » est, selon René Thom, à la base de l’embryologie animale.
    Pour moi un message d’espoir.
    « Ici Londres. Thom, Thom, Thom, Thom ».

    1. http://de.wikipedia.org/wiki/Ewige_Wiederkunft

      « Allem Zukünftigen beißt das Vergangene in den Schwanz“ notierte Nietzsche. Mit dem Ouroboros und ähnlichen Symbolen ist die Ewige Wiederkunft illustriert worden.

      Tout futur est « happé » par le passé, mordu à la queue par le passé.

      Mais le prédateur est sa propre proie, exactement ! Car il raréfie les proies pour sa propre espèce, il se limite donc lui-même et c’est la même chose pour la finance, qui à force de tout rafler assèche son propre environnement économique permettant sa survie.

      1. Est-il besoin de passer par Nietzche pour enfoncer ce qui est une porte ouverte depuis quelque temps ?
        ou
        Qu’est-ce que Nietzche (ou un autre barbu) apporte de plus à l’évidence?
        ou
        Auriez-vous oser dire cette évidence sans le soutien de Nietzche (ou un autre etc…) ?
        ou
        A-t-on besoin, l’humanité a-t-elle besoin, de prouver que Nietzche (ou un autre etc…) est « applicable » à la période actuelle?

        Ce doit être l’ allemand qui m’irrite., excusez-moi.
        Mais la finance actuelle -et ses dévôts FMI, BM, …- est une gangrène, un cancer sans barbu pour authentifier cette observation.

      2. Daniel : Nietzsche c’est le type à grosse moustache, pas un barbu (bon c’est sans rapport avec le fond, mais barbe ne fait pas moustache! nom d’une rouflaquette!)

      3. Mes excuse pour les puristes, ils ont raison.
        Une remise à niveau culturelle s’imposerait en effet, et urgente en plus.
        Contempler leurs binettes, pas bien envie.
        ( et apprendre copier-coller, moins fatiguant que l’ortho des noms propres…)

        Système pileux extériorisé, ça vous va?
        Un monde sans rasoir, ou à rasoir sélectif…
        Le 19 ième était plus barbu, semble-t-il.
        Et avant, Montesquieu, Voltaire , Rousseau … barbus ?
        Remarquez que la révolution industrielle était passé par là.
        Un bon acier était plus commun, donc moins désirable.
        La rareté et la valeur…

    2. Le serpent a plutôt la tête dans le fion. C’est ce qui arrive les lendemains de cuite. D’où l’expression de sagesse populaire « parle à mon fion, ma tête est malade » ou bien « tomber cul par dessus tête ».

      1. Fnu’rrr, « cul par dessus tête » n’a rien de particulièrement populaire, plutôt soutenu grand siècle même, Mme de Sévigné déjà…

      2. « En 1793, sa tombe fut violée par « la société populaire de Grignan ». Le notaire préleva une côte, le maçon s’empara d’une mèche de cheveux qu’il enferma dans un médaillon, et le juge lui prit une dent dont il fit une bague. » Le bon la brute et le truand. Populaire certainement pas mais Fouquet rage quand même. Cul par dessus tête? Une bonne patate, simplement.

  6. Attention au lendemain qui déchante, entre l’immédiateté des échanges boursiers à très haute fréquence et l’inter-dépendance des économies, la fragilité de la finance et de l’économie mondiale n’a jamais été aussi criante.

    Lien sur le survivalisme (plein de points de vue et d’idées) :
    http://www.survivalisme-attitude.com/

    Citation de l’article :

    « les banques centrales impriment de l’argent à la tonne : deux mille milliards de dollars en tout si on ajoute aux États-Unis Quantitative Easing 2 à QE1, et un peu plus de mille milliards d’euros pour nos propres LTROs (Long-term refinancing operations), de décembre et de février. »

    Trop de masse monétaire et c’est l’hyperinflation. Du fait de l’inter-dépendance des économies, on peut parler d’une hyperinflation mondiale, d’où la résurgence du survivalisme.

    1. Bon eh bien nous aurons l’hyper-inflation alors, puisque vous le répétez pour la troisième fois. J’achète un brouette dés ce soir pour transporter les billets.

  7. Drôle de « rêve » en effet…
    S’en tenir au « statut social.. » ??? Fondé sur
    -la force physique ,(volume ***dans l’espace i.e…)
    ***NB = c’est mon unique « bien » quantifiable..!
    -éthique
    -morale
    -intellectuelle
    -spirituelle
    -métaphysique..
    etc…?
    -le nombre d’ « actions » …? = Pfff … = Du papier à cette heure funeste.

    Clé possible de cette question -rêve : faire exploser la « finance » tout en démocratisant,vraiment,la Société des Humains.

    1. Jean louis sénior.

      Votre remarque est essentielle.
      Mais il ne me semble pas que Jorion fasse du rapport de force
      la clé de voute de la société. Bien au contraire.
      Si je le lis correctement la clé de voute c’est l’ensemble constitué par la philia (la solidarité impliquée dans toute vie collective), des représentations intellectuelles et des institutions. Ces trois composantes ressortissent aux dimensions qualitatives que vous avez justement relevées.

      Il n’en demeure pas moins que notre vie quotidienne dépend d’un certain nombres d’opérations qui relèvent du dénombrable, dénombrable qui transparaît notamment dans les prix.
      Non pas qu’il faille attribuer un prix à tout, le but de la démarche est seulement d’avoir une connaissance pertinente des mécanismes de la formation des prix, « dans nos sociétés », précise Jorion, pour bien nous indiquer que ces mécanismes ne sont pas des lois de la nature, immuables, mais qu’à l’inverse il est en notre pouvoir de les transformer dans le sens d’une plus grande justice sociale.
      .
      Les prix expriment l’état d’un rapport de force entre des acteurs sociaux qui sont conditionnés par la structure globale de la société. Il s’agit donc d’agir sur la dimension qualitative que sont les représentations et les institutions qui font la structure, pour modifier l’incidence sociale du quantitatif exprimé par les prix. Aujourd’hui faute d’une analyse adéquate des mécanismes sociaux à l’origine des prix, nous prenons pour « argent comptant » des choses qui relèvent en réalité d’une construction intellectuelle, relayée et matérialisée par des institutions.

      A un certain niveau d’analyse, les prix reposent sur ce qui n’a pas de prix. Mais de cela nous n’en avons pas la compréhension spontanée, car la plupart du temps, notre raison pratique fait que nous n’avons à faire qu’à du quantifiable, un prix renvoie à un salaire, à un pouvoir d’achat, le prix d’une chose au prix d’une autre, etc… Bref, nous n’examinons alors les choses que sous un angle qui ne nous en expose qu’une seule dimension, perdant de vue les dimensions phénoménologique, intellectuelle, voire religieuse du substrat social à l’origine de la formation des prix.

      1. L’ex Pasteur Frankl ,devenu psychothérapeute a fondé la logothèrapie,non sans succès :
        Faire reconnaître à tout un chacun
        LE Sens de Sa Vie…
        Nous en sommes loin…encore que moult Etres Humains contemporains cherchent ,même très souvent à tâtons , dans l’obscurité sinon l’obscurantisme ravageur.
        Mais Tout Espoir demeure…Et même dans ce registre notre auteur préféré de ce Blog ne démentirait pas.(Je suppose ! )

  8. Il y a longtemps que la bourse n’a plus de lien avec la réalité, elle se soucie très peu de long terme, elle varie parce qu’elle est conçue pour ça. Les news ne l’influencent pas, c’est l’estimation de l’impact de ces news sur le public qui compte, impact modulé par la caisse de résonance des médias dont les dirigeants savent certainement ce qu’ils font, or il n’y a presque plus de public depuis qu’il n’y a plus de bulle.
    Comme la Vérité ou la main régulatrice invisible, l’investissement devant se diriger vers une activité productrice est une chimère, surtout depuis que les zones potentiellement productrices ayant besoin de capitaux ont fermé l’accès, littéralement étouffées par ces capitaux.
    Ne reste à ces malheureux riches investisseurs que les hedges funds dont les dirigeants se font un devoir professionnel d’être des prédateurs psychopathes.
    La propriété privée n’est pas le problème, c’est l’excès de propriété privée qui le devient.

  9. Il faut voir en toutes choses le bon coté de l affaire : la fréquentation du site va repartir a la hausse !!
    Avec tous ces nantis paniqués qui viennent humer l air en jouant les progressistes….

  10. Rien de nouveau donc, le rendez-vous à l’entrée du cimetière tient toujours.

    Ni fleurs ni couronnes, bien entendu.

  11. Qu’est-ce qui se passe quand le serpent Ourobouros a fini de dévorer sa queue, et qu’il doit commencer à manger sa tête ?

    Une histoire sans queue ni tête.

  12. Inflation , depression , mais vous n’y etes plus…c’est du depassé.!
    25% d’augmentation des suicides en Grece.
    On ne propose plus du sang et des larmes , c’est beaucoup plus simple C’est La mort que l’on propose
    merci les politiques …… et autres decisionaires, vous etes responsable de la mort des personnes !!!

  13. Entendu dans l’emission « Sévice Public » sur France Cul ce week end
    dans la bouche d’une éditorialiste du Monde: « les entreprises du CAC40 sont florissantes ». Ce fait evoqué comme preuve irréfutable de la bonne santé economique du pays, en regard du pessimisme des français, ces rabat-joie.

  14. Le système ne tiendrait donc que par des emprunts à l’infini, remboursés partiellement comme pour la Grèce , un peu valant mieux que rien, jusqu’à n’être plus remboursés du tout .

    Aux USA, après celle des prêts subprime et Alt-A non remboursés, une troisième bombe à retardement serait celle des prêts étudiants non remboursés faute d’emplois, ou du moins d’emplois dont la rémunération correspondrait au coût des études entreprises. Les petits jobs précaires ne le permettent pas . Pour les étudiants pauvres, il ne leur suffirait donc plus de s’engager parmi les Peace Corps pour rembourser leurs études . Pendant les années 70, au Maroc, j’avais quelques jeunes collègues américains Peace Corps qui remboursaient ainsi leur prêt d’étudiant . Sans doute sont-ils devenus trop nombreux .

    http://www.washingtonpost.com/business/student-loans-seen-as-potential-next-debt-bomb-for-us-economy/2012/03/05/gIQAM0iF4R_story.html

    Cela devrait donner à réfléchir aux hommes politiques français qui veulent endetter nos étudiants pour …275 ans par la création d’une banque de la jeunesse qui leur accorderait des prêts sans caution et censée, promis juré, ne leur prélever que 7€ de remboursement par mois si leur futur salaire est inférieur à 1SMIC 1/3 .

  15. « Savoir pour comprendre, choisir, agir », cette devise s’impose de plus en plus à moi.
    Combien sommes nous à disposer des info essentielles pour pouvoir effectuer nos choix de vie ? L’intuition est elle suffisante, le pilotage au doigt mouillé ou aux spasmes éphémères et fugitifs de la société certainement pas.
    Cette semaine, en sus de ce blog, je retiens 2 sources pertinentes.

    1. En tête, le petit livre de Pierre Larrouturou sorti en mars, j’en ai eu connaissance au travers d’une brève communication faite sur une radio, pour l’acquérir il a fallu que je sollicite le vendeur par 2 fois, le bouquin était enterré parmi d’autres, pour le prix modique de 3 euros et vu la richesse de son contenu cela me semble un très bon rapport qualité/prix et devrait figurer en tête de gondole, même à Venise.
    Je retiens 3 citations de celles qui débutent le livre :
    « Nous sommes face au risque d’un effondrement de l’ensemble du système économique mondial. » Jean-Pierre Jouyet (un homme de terrain crédible).
    « Comme des somnambules, nous marchons vers la catastrophe. » Edgar Morin (un philosophe engagé et visionnaire).
    « C’est pour les enfants qu’il faut faire de la politique……. » Vàclav Havel (ex-dirigeant remarquable).
    Introduction :
    « Crise sociale, crise financière, crise écologique, crise démocratique….. »
    Question empruntée au collectif : « Mais jusqu’à quand cette fuite en avant est-elle possible ? » ===> il faut choisir entre la métamorphose ou la mort

    « Les 15 mesures radicales de « Roosevelt 2012″ pour sortir de la crise » titrait déjà la Tribune en février.
    http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20120224trib000684740/les-15-mesures-radicales-de-roosevelt-2012-pour-sortir-de-la-crise.html
    « Ce collectif, où l’on retrouve des sensibilités de gauche très différentes, comprend des personnalités comme Stéphane Hessel, Edgar Morin, Susan George, Michel Rocard, Lilian Thuram, ou encore Pierre Larrouturou, propose 15 mesures radicales réparties en 3 vastes chantiers :

    – Eviter l’effondrement
    – Contre le chômage, construire une nouvelle société
    – Construire enfin une Europe démocratique »

    2. En second lieu, une analyse de Jean-Marc Ferry qui en connaît un rayon sur l’Europe.
    « Les candidats face au défi européen »
    « Devant les enjeux de la crise de la zone euro, il faut sortir du chacun pour soi. Afin de satisfaire peuples et marchés, inventons la RIGUEUR sans l’AUSTERITE ».
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/04/02/les-candidats-face-au-defi-europeen_1679097_3232.html?xtmc=defi_europeen&xtcr=3

    Brève synthèse :
    . Diagnostic, 3 problèmes majeurs : légitimer le projet Europe, gouvernance de la zone euro, organiser les pouvoirs publics de la zone euro,
    . NORD/SUD : Histoire de sudistes et nordistes, excédents/déficits, relance/déflation
    . Choix : chacun pour soi ou solidarité, offre ou demande, relance ou restriction
    . Solutions proposées par les belligérants: PS statut quo, Modem +, rigueur, FDG réformer les orientations, FN -, souverainisme, nationalisme, Sarkozy ? merkozy & assez idem PS
    . austérité sans croissance : mauvais
    « D’où la question cruciale : comment engager une politique de rigueur sans une cure d’austérité ? Quelle gouvernance économique européenne pourrait bien rencontrer à la fois les attentes des marchés et les aspirations des peuples, en sachant concilier rigueur et croissance ? »
    . Pistes de JM Ferry : + démocratie, consommer – pour exporter +, tours de rôle keynésiens !, le Nord relance l’activité et le Sud honore les disciplines, rigueur sans austérité
    Gouvernance de l’Europe : « Le problème n’est pas simple » : il faut surtout + de démocratie.

    Le papier comporte 2 dessins qui valent mieux que bien des discours :
    une cartographie de l’endettement et du déficit commercial en Europe
    les soldes des balances commerciales en 2011 (carton rouge à la France et la GB !)

    Alors la crise est elle derrière nous ?

  16. Est-il besoin de le redire mais dans ce blog on a des informations et analyses qui émergent longtemps après dans la presse !
    Deux exemples récents tirés du Monde : un article (2 pages!) sur la décision anti-démocratique la Cour Suprême des USA, qui autorise sans plafond les financements des campagnes électorales par fonds privés et donc permet une ploutocratie censitaire : dès cette décision obscène c’était commenté ici! Dans le supplément économie un article sur les économistes stipendiés par l’oligarchie(suite au livre de Mauduit) et l’exploit de ne jamais citer un de leurs chroniqueurs (P.Jorion toujours) qui a depuis longtemps dénoncé ce blocage universitaire. Même pas parmi les quelques rarissimes économistes ayant vu venir la crise. Pitoyable journaliste du Monde.
    Sur le fait que le néo-libéralisme initié au Mont-Pélerin est une forme de totalitarisme qui tue là, aussi Paul a déjà donné les clés pour comprendre et réagir avant que nous ne soyons aspirés vers le fond avec eux (sauf ceux qui ont acheté des îles privés). Hier un retraité grec se suicide : nos démocraties européennes sont en danger, les peuples soufrent.
    Sur la suspension apparente de la Crise qui recommence avec l’Espagne… etc… (pauvre Lorenzi qui va encore être ridicule)
    La bourse rebaisse = le blog va revoir sa fréquentation augmenter… un peu idiot non? et si on continuait tout simplement à faire connaître « notre » blog par ces analyses de si grande qualité et pertinence!

  17. Oui, j’ai noté cela : Le Monde présentait il y a quelques jours comme une « nouvelle », un fait dont j’ai parlé il y a deux ans déjà : la transformation aux États-Unis du suffrage universel en suffrage censitaire, en raison d’une décision de la Cour Suprême. Ceci dit, avant de critiquer Le Monde, il s’agit d’un quotidien qui m’a offert dès 2008 d’être l’un de ses chroniqueurs (BFM Radio me l’a offert à la même époque, et Le Vif/L’Express, il y a quelques semaines).

    Le 16 mai 2010 :

    On a permis en particulier aux entreprises de l’économie réelle de se transformer en entreprises quasi virtuelles. Elles distribuent leur chaîne de création de richesse sur un grand nombre de pays, et bénéficient de la concurrence mondiale existant entre eux pour les derniers emplois restants. On permet à la richesse socialement produite de se réfugier dans un espace virtuel et quasi transnational. Il ne faut pas négliger non plus l’influence de l’argent sur la politique. Il est plus aisé de se faire élire à un poste politique quand on appartient à un parti soutenu par l’industrie financière. Cela a conduit aux États-Unis à un système qui se rapproche de l’ancien système électoral censitaire. La cour suprême des États-Unis a récemment suspendu pour les entreprises toute limitation des dons politiques. Et ce en invoquant le principe de la libre expression ! Naturellement, les entreprises ont des ressources financières d’un tout autre ordre que l’individu moyen. Avec de l’argent, on s’achète de l’influence sociale. Un coup d’état n’est donc pas nécessaire, pas besoin d’envoi de troupes. Une fois encore : l’argent procure le même type de service.

    Le 20 avril 2011 :

    Il faut rebâtir des nations de citoyens, il faut reconstruire une Europe des citoyens. Il faut s’assurer que les marchands, à qui l’on déroule aujourd’hui le tapis rouge, cessent d’écrire les lois à la place du législateur. Il faut que le vote cesse d’être censitaire. Dans sa version avancée, aux États-Unis, une Cour Suprême hayekienne a décidé que le vote des citoyens interviendrait après celui des compagnies : « À chacun selon son magot ! »

    Rétablir des républiques de citoyens, une Europe des citoyens, est une bataille difficile. Son principal atout cependant : la déroute de la république des marchands, déjà visible à nos yeux.

    1. pour ce qui de BFM je me demande si finalement ils ne se sont pas aperçu que vous étiez très légèrement subversif par rapport à la ligne dominante 🙂

      1. Arrêtez le délire Tolosolainen (trop long, on va dire Toto ok? ). C’est BFM qui est allée le chercher et c’est Jorion qui a stoppé, point.

      2. je ne savais pas Vivi ! (Vigneron trop long?) : hors officielle explication, stupide supputation de ma part !
        !

  18. Vous lisez un texte, vous essayez de suivre les traces
    de celui qui l’écrit, vous essayez de vous mettre dans son
    état d’esprit. La compréhension n’est pas facile, trop lente à relier l’ensemble,
    vous êtes fatigué, le tête en roue libre et tout-à-coup vous tombez en arrêt devant cette phrase:

    « mais des bonnes idées, de toute façon, cela fait cinq ans qu’on en a plus. »

    Une perle, l’ acuité du diamant brut.
    Une justesse… inimaginable.
    Une petite phrase, et ce qui restait latent , informulé, indicible, vient crever la surface de la conscience.
    C’est exactement « ça ».
    Nous souffrons de leur médiocrité.
    Rappelons-nous que nous ne leur devons rien; pas même la cohérence ou la stabilité.
    Il faut qu' »ils » disparaissent. « ils » ?, ces culs de plomb, bien sûr.
    Merci, Paul.

  19. à lisztfr

    Une brouette en effet, achetez-en une autre de côté si les salaires sont versés 2 fois dans le même jour, ce sera la meilleure organisation en cas d’hyperinflation.

    Et attention pas de bougie près de la brouette, ça réchauffe seulement pendant un cours instant.

    Le brouette est aussi une forme de survivalisme.

  20. « Bourette  » chez nos Grands Anciens léonards (clan du Nord-Finistère)
    Et ipso facto cela fait penser à Weimar…
    Au fait qui (facile) déversait des tombereaux de DM sur feu les Prussiens…???
    Oui,les mêmes ou du moins leurs Aïeux…!!!
    Alors ,l’ « Histoire » recommencerait-elle,partant de chez nos « amis » anglo-saxons,relayés en vieille Europe par nos cousins Germains …En douce…(Ou presque si on en croit la génuflexion des non moins cousins gaulois …ou plutôt leurs représentants du..moment ) ???
    A voir
    Suite avant l’été , sinon avant encore…!!!

Les commentaires sont fermés.