Archives par mot-clé : Manuel Valls

Syriza en France, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Alexis Tsipras a donc pris donc ses responsabilités, face à l’Europe et face à ses électeurs mais en Europe, il faudra bien aussi que des responsabilités soient prises.

C’est notamment le cas en France puisque des élections cruciales arrivent bientôt, avec les cantonales en mars 2015. Cela peut ainsi paraître étrange de donner à ces élections une valeur majeure mais celles-ci sont de fait essentielles au parti au pouvoir, le Parti Socialiste, lequel est structurellement dépendant de ses élus locaux. Si comme cela pourrait se confirmer des effets d’éviction des candidats du PS par un fractionnement des alliances, notamment des Verts s’alliant dans des centaines de cantons à la gauche de la gauche, devaient se produire, un nombre important d’élus locaux PS se verraient distancés au premier tour, soit par des candidats de gauche ‘alternatifs’, soit par le FN.

La résultante serait politiquement catastrophique pour le PS et le pouvoir exécutif car les opposants au sein du PS verraient ainsi confirmer leurs propres positions lors du prochain congrès en juin 2015.

Continuer la lecture de Syriza en France, par Zébu

Partager :

ILS JOUENT SUR LES MOTS ! par François Leclerc

Billet invité

L’inflation sous-jacente en France au mois d’octobre a été négative selon l’Insee. Cet indice permet de dégager les tendances de fond de l’évolution des prix, excluant de son calcul les produits dont les prix sont soumis à l’intervention de l’État, ceux qui sont volatils en raison de facteurs climatiques ou de tensions sur les marchés mondiaux, et il corrige les effets des mesures fiscales.

Lorsqu’un indice devient négatif, ce n’est pas très bon signe. Alors pour ne pas mettre les points sur les « i », ne pas parler de décroissance quand c’est le cas, ou de déflation comme cela se présente, on parle de croissance ou d’inflation négative. Le passage d’un état à l’autre n’a d’ailleurs qu’une faible portée, lorsque la croissance plafonne et l’inflation n’atteint pas – et de loin – le niveau fixé comme objectif, c’est tout juste une question de conventions. Mais il est des mots dont la charge est trop forte pour être prononcés dans ce monde où l’influence est un trafic comme un autre, et où l’action politique se conçoit comme un effet de tribune.

À ce propos, un nouveau mot vient de faire son apparition : la prédistribution. Il a pour principale raison d’être d’escamoter la redistribution fiscale, qui passe au second rang pour ne pas être accomplie. Le premier ministre français vient d’importer le concept des États-Unis, depuis qu’il fait fureur dans les rangs des socialistes européens cherchant à retrouver un ancrage progressiste et se refaire une virginité.

L’idée est simple : il faut prioritairement intervenir en amont, et non pas en aval, pour que l’égalité soit instaurée. Chiche, on attend des actes !

Partager :

VA-TOUT EN GRÈCE, par François Leclerc

Billet invité

Antonis Samaras joue son va-tout en Grèce, à la suite de la décision prise par les ministres des finances de l’Eurogroupe de n’accorder finalement qu’une prolongation de deux mois au plan de sauvetage qui se termine fin décembre. L’élection présidentielle au Parlement aura lieu de manière anticipée la semaine prochaine, a-t-il annoncé hier sans préavis, cherchant à chaud une issue favorable qu’il ne peut plus trouver autrement. Dix mille personnes avaient une nouvelle fois manifesté dimanche à Athènes, afin de s’opposer au vote d’un budget 2015 de rigueur qui a été finalement adopté le soir même, sans apporter de solution aux discussions sans fin avec la Troïka qui ont eu ces délais comme conséquence.

La coalition gouvernementale divisée et à bout de souffle, un accord toujours impossible à trouver avec la Troïka afin de financer un trou financier, et le paiement de la dernière tranche de 1,8 milliard d’euros suspendue en conséquence, le premier ministre n’avait pas le choix, soutenu en cela par les autorités européennes qui ont précipité la décision en n’accordant qu’une courte prolongation. Il fallait en finir et ne pas laisser pourrir.

Continuer la lecture de VA-TOUT EN GRÈCE, par François Leclerc

Partager :

Chérie, j’ai rétréci les gosses, par Jeanne Favret-Saada

Billet invité

Une fois retombé le brouhaha qui entourait hier le vote de la question de confiance, il suffit de faire le compte des voix restant à Manuel Valls pour comprendre que la grande politique des réformes libérales, c’est déjà fini : il nous distille déjà quantité de petites annonces social-démocrates sur les euros qui vont tomber dans les escarcelles des pauvres, ou qui vont cesser de sortir de leurs poches (suppression de la tranche inférieure de l’impôt) ; et d’heure en heure, il s’ingénie à vider la réforme territoriale de toute substance (17 voix de députés radicaux, cela se respecte).

Hypothèse à trois balles : la seule manière de durer jusqu’à la fin du quinquennat, c’est de conserver sa majorité parlementaire. Au-delà…, eh bien ce sera le déluge, mais Hollande préfère en laisser le plaisir à Sarkozy ou à Juppé.

Partager :

M. Valls et l’euro, par Jean-Michel Naulot

Billet invité.

Tout en déplorant la situation déflationniste de la zone euro, le Premier Ministre a souligné dans sa déclaration de politique générale que depuis quelques mois la parité de l’euro avait évolué dans le bon sens « grâce à l’action de la France », laissant entendre qu’elle avait pesé sur les décisions de la BCE et provoqué « une baisse de l’euro de 10 centimes ». Cette déclaration comporte deux petites inexactitudes.

Imaginer qu’un gouvernement, quel qu’il soit, puisse avoir la moindre influence sur la BCE est une curieuse illusion tant l’histoire de la BCE a démontré le contraire depuis l’origine. Il n’y a pas une banque centrale dans le monde qui ait autant d’indépendance que la banque centrale européenne. C’est très regrettable mais c’est ainsi. Au point que, dans le cadre de la Troïka et de l’hypothétique OMT, la BCE prévoit de conditionner ses interventions à la mise en place de réformes structurelles par les Etats. Inimaginable dans d’autres pays !

Continuer la lecture de M. Valls et l’euro, par Jean-Michel Naulot

Partager :

Quémander ou définir son pouvoir ?, par Zébu

Billet invité. Au cas où ce billet recevrait une réponse sous forme d’un nouveau billet, la discussion se prolongerait là.

Si l’on tient compte du fait que le vote de confiance qui s’en viendra être sollicité par le gouvernement Valls 2 face aux députés le 16 septembre ne pourra, sauf incident extraordinaire, qu’être acquis, même avec une très faible majorité (une seule voix suffit), cela signifiera donc ce même jour à la fois la confirmation qu’une seule et unique politique est non seulement possible mais aussi légitimée politiquement par la représentation nationale, et que cette même représentation continuera à prouver de nouveau son abdication face au pouvoir exécutif dans ce système politique qui est le nôtre.

Dès lors, et comme Valls aime à le proclamer sans fard, ce sera Lui (la légitimité, la représentation, la politique) ou le Chaos, puisque le FN est aux portes du pouvoir, déclaration on ne peut plus cynique, comme chantage sur sa gauche et comme potentialité de destruction du champ politique en faisant artificiellement monter le FN pour s’assurer d’une duel au soleil en 2017.

L’idée d’une affirmation du pouvoir politique des citoyens français à se constituer en Assemblée viendrait contrebalancer (contrecarrer ?) l’affirmation politique inverse de Valls que le pouvoir réside essentiellement dans l’exécutif, afin de nous protéger du chaos qui nous guette.

Continuer la lecture de Quémander ou définir son pouvoir ?, par Zébu

Partager :

Apocalypse now ou Apocalypse trop tard ?, par Zébu

Billet invité.

Manuel Valls ayant ‘démissionné son gouvernement’ [1] pour éteindre le feu de la contestation, avec le plein appui de l’Elysée, l’accord tacite qui liait Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et le Premier Ministre actuel pour s’assurer de l’existence d’une primaire entre les différents outsiders du PS face au Président de la République pour l’élection présidentielle de 2017 vole en éclats.

Arnaud Montebourg et Benoît Hamon sortent donc de ce ‘jeu’, suivis probablement par quelques autres, dont l’ex-ministre de la Culture Aurélie Filippetti qui pose ouvertement la question de savoir ce qu’est être de gauche et corrélativement, ce que sera le gouvernement Valls II.

Dans ce Grand Jeu politicien, les dorénavant dissidents pensaient pouvoir en pesant de tout leur poids politique (Ministre de l’éducation Nationale et Ministre de l’économie, courants minoritaires respectivement au PS mais  difficilement négligeables) soit influer, a minima, sur la direction définie par l’exécutif en pariant sur l’économie d’une crise qui, si elle clarifie le Jeu, comporte des risques non négligeables pour tous, soit un ‘win-win’ collectif pour tous les acteurs concernés : un exécutif renforcé par des positions raffermies, des dissidents ayant pris date pour les primaires de 2016, chacun prenant ensuite la direction qu’il devait prendre pour se retrouver face aux militants pour un choix clair et sans ambiguïté lors de ces primaires.

Continuer la lecture de Apocalypse now ou Apocalypse trop tard ?, par Zébu

Partager :

Le changement en trompe-l’oeil, par L’homme au front

Billet invité, dont l’auteur – on le devine sans peine à la lecture – est une « source proche du gouvernement » comme l’on dit dans le jargon journalistique

Je vous écris du front. Ce qui se passe ici est hallucinant, d’une violence symbolique inouïe, d’un mépris de classe très puissant.

En fait, il ne s’agit pas de cohabitation, mais d’un changement de cheval pour le même cavalier. Le premier était trop usé, et il commençait à être évident pour tout le monde qu’il ne ferait pas le sale boulot sans renâcler. Et il était un peu amateur. Le nouveau a un avantage, c’est qu’il assume un discours républicain sécuritaire dont le pouvoir sent bien qu’il permet de maintenir l’ordre public nécessaire au maintien de la politique économique.

Toute le monde sait que la France va basculer dans la récession aux second et troisième trimestres. Tout le monde sait que le financement de l’économie n’est pas assuré par un système bancaire gangréné, que la déflation nous guette. Personne ne sait comment les 50 milliards vont être trouvés, parce qu’il n’y pas 50 milliards à soustraire à l’économie tout en faisant des transferts massifs des entreprises vers les ménages et en finançant de manière supplémentaire les efforts structurels du déficit déjà actés. Tout le monde sait que seule une réforme fiscale d’ampleur pourrait contenir les inégalités et assurer la pérennité du système mais il y aurait trop de « risque », celui de trop taxer les plus riches, celui de donner la vérité des prix, celui d’être juste et cohérent.

Continuer la lecture de Le changement en trompe-l’oeil, par L’homme au front

Partager :

UN PLAN « PLEINEMENT CONFORME AVEC LES VALEURS DE LA GAUCHE », par François Leclerc

Billet invité.

Après avoir précipitamment abandonné leur projet de négociation du calendrier de réduction du déficit (non sans voir obtenu « un rythme un peu moins rapide » d’après Michel Sapin, comprenne qui pourra), les socialistes français cherchent à présenter sous le meilleur jour possible le plan d’économie de 50 milliards d’euros sur trois ans de Manuel Valls, le premier ministre français. Dénommé « pacte de responsabilité », celui-ci représente un important transfert des revenus des particuliers vers les entreprises, en application de leur « politique de l’offre ».

Le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, juge le plan gouvernemental « pleinement conforme aux valeurs de la gauche », tandis que Marisol Touraine, la ministre des affaires sociales, s’abritait derrière une formule : « des efforts oui, des sacrifices non ! ». Dès hier soir, Arnaud Montebourg réclamait des « contreparties » aux économies annoncées par Manuel Valls (dont les effets précis sur les finances des collectivités locales sont encore à venir) sous forme d’un changement de cap « tant sur la politique monétaire que sur le plan de relance par les investissements ». Il appelait en particulier la BCE à passer à l’acte afin de contrer l’appréciation de l’euro en lui donnant comme modèle la politique monétaire de la Fed. Toujours le fantasme de la planche à billet !

Continuer la lecture de UN PLAN « PLEINEMENT CONFORME AVEC LES VALEURS DE LA GAUCHE », par François Leclerc

Partager :

Le discours de Manuel Valls, Premier Ministre, devant l’Assemblée nationale

Un discours dans le style des années trente… dans une atmosphère des années trente… y compris les quolibets en sens divers qui l’ont accompagné… Ce qui, paradoxalement, n’est peut-être pas une mauvaise chose, car on a vu ces années récentes les dégâts que peut causer le discours du « business as usual » auprès d’une population convaincue que tout ne va précisément pas comme sur des roulettes.

Un peu hésitant au départ, Manuel Valls a pris de l’assurance à mesure qu’il parlait, pour finir, il faut bien le dire, avec panache.

Discours « populiste » dans l’excellent sens que peut avoir le terme : celui d’un souci du peuple entendu comme la nation dans son ensemble, et non confondue avec ses seules prétendues « élites ». Questions environnementales, prises en tout cas au sérieux. Réformes territoriales, sources probables d’économies significatives, dont l’énoncé a dû faire tinter les oreilles de Jacques Attali. Fierté nationale aussi, et pourquoi pas, puisque ce n’est pas au sens d’un patriotisme « franchouillard » où l’on ignore ce qui en vaut la peine pour s’extasier sur ce qui frise le ridicule. Un Belge peut lui aussi se reconnaître là, dans ce qu’affirme avec justesse un Catalan.

Qui était-ce encore qui disait « Pourvou que ça doure ! » ?

Partager :

Petite chronique des siècles de plomb : France, élections municipales, 2014, par Jacques Seignan

Billet invité.

De la Patagonie à la Sibérie, de la Californie à la Somalie, dans le monde entier, tout était suspendu à la décision que prendrait le deuxième Président socialiste, élu par la patrie des Droits de l’Homme et le pays de la Révolution de 1789 – et, en 2014, c’était une nation très riche, 5ème puissance mondiale par son PIB.

La situation était grave. Les forces obscures montaient. Le désarroi frappait tous les Français : il devenait terriblement difficile pour les jeunes de trouver du travail ou pour les vieux d’en retrouver ; pour tous, l’avenir s’assombrissait. Nul, à part quelques-uns dans leurs univers protégés – qui donnaient heureusement du travail aux artisanats de luxe ou à des agences de voyages spéciales (1) –, n’était à l’abri. Les inégalités augmentaient inexorablement. En un mot, l’activité économique était atone et risquait de s’enfoncer davantage par l’euthanasie programmée du consommateur, conséquence d’une politique d’austérité inflexible – toutefois après en avoir acceptée les règles dogmatiques et ineptes, il était question de marchander des délais. De plus la société souffrait devant un niveau de corruption jamais atteint avec l’impunité arrogante des coupables. Un voleur de scooter était rapidement emprisonné ; un fraudeur du fisc, un politicien véreux, un banquier escroc ou un concussionnaire voyaient leur jugement final indéfiniment reporté et les peines encourues étaient faibles. En conséquence de tous ces dysfonctionnements intolérables, le fameux « peuple de gauche » avait fait une grève massive aux élections municipales ; il s’était comme volatilisé. Les résultats furent catastrophiques y compris pour des mairies de gauche sortantes qui avaient pourtant fait un travail honnête.

Continuer la lecture de Petite chronique des siècles de plomb : France, élections municipales, 2014, par Jacques Seignan

Partager :

Manuel Valls saura-t-il être le Matteo Renzi français ?, par Julien Alexandre

Billet invité.

Manuel Valls est un politicien habile. Le pacte qu’il a conclu avec Jean-Yves Le Drian, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, et autres, date déjà de novembre 2013. Il s’est ménagé des partenaires « gauche de la gauche » (Hamon et Montebourg) à dessein, qu’il fera monter en visibilité pour lui permettre de « gauchir » son image en vue de 2017 ou de 2022. À Montebourg un grand ministère de l’économie unifié, et à Hamon de plus grandes responsabilités, avant sans doute la direction du parti socialiste, probablement après les élections européennes, afin d’imposer l’idée – au cas où – d’une primaire socialiste pour… 2017.

Valls est minoritaire au PS et ultra-minoritaire à gauche. Mais il sait pertinemment qu’il a besoin de l’appareil du PS et dans une moindre mesure de la gauche (l’électorat centriste et la droite apporteront le complément) pour son ambition présidentielle. Sans le PS, il fera comme Rocard en son temps : sans le parti, l’élection relève de la gageure.

Une période de cohabitation s’ouvre, avec un François Hollande enfermé dans une posture qui rappelle à bien des égards celle de son illustre voisin corrézien Jacques Chirac, et isolé face à un gouvernement composé de tous ses rivaux à la primaire socialiste (Benoît Hamon incarnant ici la ligne soutenue alors par Martine Aubry). Le spectacle en vaudra la peine, cela en tout cas est une certitude !

Partager :

Les idiots utiles du Front National, par Zébu

Billet invité.

« Insupportable », « inhumain », « indigne », « effroyable », « scandaleux »…

Parle-t-on ici de la faim dans le monde qui frappe des millions de femmes, d’enfants et d’hommes dans le monde ? Ou de la pollution faisant suite à la « catastrophe » (liée à l’effondrement et aux impérities du système nucléaire) de Fukushima au Japon ? Ou même, pour se rapprocher du sujet, de l’augmentation des reconduites à la frontière depuis l’alternance politique ou des expulsions menées il n’y a pas si longtemps dans le même milieu scolaire, soi-disant « sanctuarisé » ?

Chacun peut se faire sa propre idée de ce que d’aucuns ont dénommé « l’Affaire Leonarda », à partir notamment des conclusions du rapport diligenté à ce sujet.

Continuer la lecture de Les idiots utiles du Front National, par Zébu

Partager :