Manuel Valls saura-t-il être le Matteo Renzi français ?, par Julien Alexandre

Billet invité.

Manuel Valls est un politicien habile. Le pacte qu’il a conclu avec Jean-Yves Le Drian, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, et autres, date déjà de novembre 2013. Il s’est ménagé des partenaires « gauche de la gauche » (Hamon et Montebourg) à dessein, qu’il fera monter en visibilité pour lui permettre de « gauchir » son image en vue de 2017 ou de 2022. À Montebourg un grand ministère de l’économie unifié, et à Hamon de plus grandes responsabilités, avant sans doute la direction du parti socialiste, probablement après les élections européennes, afin d’imposer l’idée – au cas où – d’une primaire socialiste pour… 2017.

Valls est minoritaire au PS et ultra-minoritaire à gauche. Mais il sait pertinemment qu’il a besoin de l’appareil du PS et dans une moindre mesure de la gauche (l’électorat centriste et la droite apporteront le complément) pour son ambition présidentielle. Sans le PS, il fera comme Rocard en son temps : sans le parti, l’élection relève de la gageure.

Une période de cohabitation s’ouvre, avec un François Hollande enfermé dans une posture qui rappelle à bien des égards celle de son illustre voisin corrézien Jacques Chirac, et isolé face à un gouvernement composé de tous ses rivaux à la primaire socialiste (Benoît Hamon incarnant ici la ligne soutenue alors par Martine Aubry). Le spectacle en vaudra la peine, cela en tout cas est une certitude !

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