Archives par mot-clé : McKinsey & Co

Une Grande Dissociation choisie, par Cédric Chevalier

Billet invité. À propos de La Grande Dissociation. Ouvert aux commentaires.

On peut tirer de nombreuses conséquences de l’article sur la Grande Dissociation.

Si l’on maintient un apport suffisant et constant d’énergie et de matière dans le système techno-économique, il apparaît aujourd’hui déjà quasiment certain que les progrès scientifiques et techniques vont mener à ce que le travail de la machine (1) chasse à terme l’essentiel du travail humain, jusqu’à impacter la majorité de la population active. Sauf si l’on en décidait autrement, l’emploi humain disparaîtrait.

Or le lien actuel entre travail humain, emploi et revenu est aujourd’hui en Occident et dans les parties du monde qui s’occidentalisent, la convention sociale qui permet aux individus employés de se procurer les biens et services produits afin de répondre à leurs besoins de base et leurs autres désirs (2). En cas de machinisation complète du travail, ce lien conventionnel ne pourra plus être maintenu. Si nul travail humain n’est nécessaire, qu’est-ce qui va justifier l’octroi d’un revenu ?

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McKinsey & Company : La Grande Dissociation

Une traduction de The Great Decoupling sur le site de McKinsey & Company. Plusieurs propos exprimés convergent avec ma propre proposition de taxe « Sismondi » sur la productivité des machines. Merci à Pierre-Yves Jacopin et Frankie Maindron pour la traduction.

 

La Grande Dissociation

L’avance rapide de l’apprentissage automatique (machine learning) présente un paradoxe économique : la productivité s’accroît, mais pas forcément l’emploi.

Septembre 2014
 
Alors que la technologie de l’apprentissage automatique (machine learning) progresse à un rythme exponentiel, quantité d’emplois très spécialisés, considérés autrefois comme le domaine exclusif des humains, sont de plus en plus exécutés par des ordinateurs. Que ce soit vu comme un progrès ou comme néfaste dépend de l’interlocuteur. Technologistes et économistes ont tendance à se diviser en deux camps, les technologistes croyant que l’innovation va guérir de tous les maux et les économistes craignant que les gains de productivité aient pour conséquence de cliver les populations en possédants et en non-possédants.

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ENRON REVISITÉ (V) UNE BONNE SANTÉ TRÈS TROMPEUSE

Post-Enron WorldENRON REVISITÉ (I) « IL Y A NOUS, D’UN CÔTÉ… ET PUIS TOUS LES AUTRES… »
ENRON REVISITÉ (II) L’ARROGANCE, MÈRE DE LA FRAGILITÉ
ENRON REVISITÉ (III) « TOUT IRA TOUJOURS POUR LE MIEUX ! »
ENRON REVISITÉ (IV) PIRATES DE LEUR PROPRE NAVIRE

Il existe une remarquable ironie dans la saga Enron, c’est le fait que Jeffrey Skilling, son P-DG et âme damnée, encore en prison au moment où j’écris, avait fait ses armes au sein du cabinet McKinsey & Co, dont il fut l’un des partenaires, parce que ce sont deux des innovations, authentiques traits de génie, de ce consultant en gestion, qui furent responsables de la disparition-éclair de la compagnie une fois qu’un accident mineur l’eut déstabilisée : le concept d’« asset-light corporation » et le système des stock-options.

À une époque pas si lointaine, on considérait qu’un bébé se devait d’être « dodu ». Puis l’on considéra qu’un bébé « dodu » était en réalité « gras », ce qui n’était pas une bonne chose, et la norme se déplaça vers le bébé « svelte ». Un bébé atteint de dysenterie s’étiole très rapidement et d’être dodu au moment où la maladie le touche s’avère avec le recul ce qui lui aura sauvé la vie. Dans les régions où la dysenterie ne sévit pas de manière endémique, la chose est moins importante, jusqu’au jour où intervient l’accident individuel…

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