Trends-Tendances – Le sens du bien et du mal, et McKinsey, le 25 février 2021

Le sens du bien et du mal, et McKinsey

McKinsey & Co. est, avec 130 bureaux et 30.000 employés, l’une des principales consultances au monde. Elle fut la première à nous offrir des chiffres fiables sur la régression de l’emploi due à l’Intelligence Artificielle. Elle doit sa réputation à un coup de maître en 1975. Un bref rappel du problème qu’il s’agissait de résoudre. Il y a trois parties prenantes à l’entreprise : la direction, les actionnaires et les salariés. Souvent dans les négociations, les salariés l’emportaient parce qu’ils trouvaient à s’allier à l’une des deux autres parties. Comment faire pour que les intérêts du patronat et de la Bourse s’alignent et que les salariés soient une fois pour toutes mis sur la touche ? McKinsey inventa les stock options : la rémunération de la direction serait indexée de fait sur le cours de l’action en Bourse. Le résultat dépassa toute attente. Au lieu d’être distraite par les objectifs à long terme de la firme, la direction aurait désormais les yeux rivés au bilan de résultats trimestriel, et s’efforcerait d’y dissimuler à chaque fois la « divine surprise » qui ferait bondir la cotation en Bourse.

… Ce qui n’était pas sans inconvénients… 

Enron fut le fleuron de la philosophie McKinsey * : asset-light, légère en capitaux immobilisés, et axée sur les stock-options distribuées à des rangs bien inférieurs à ceux de la direction : à tous ceux dans la compagnie qu’il s’agissait de motiver. Or s’il est possible de faire briller un bilan trimestriel avec du dur, il est possible également de le faire avec du vent. La firme d’audit d’Enron était Arthur Andersen ; elle y laissa sa peau – même si elle ressuscita partiellement sous le nom d’Accenture. On a peut-être oublié l’innovation pourtant sensationnelle qu’elle avait mise au point pour Enron dans un white paper qui servirait de pièce à conviction dans l’acte de son accusation : le « cash swap », l’échange d’argent liquide. Voici comment il fonctionne : « Deux firmes échangent simultanément la même somme dans la même devise ». Exemple : je vous donne 2 millions et vous me donnez 2 millions. Vous me direz : « Mais c’est une opération blanche : il ne s’est rien passé ! » Ah pardon ! Nous inscrirons chacun au bilan ces 2 millions sous une rubrique qui nous vaudra un avantage fiscal.

Et c’est une incapacité du même ordre, à distinguer le bien du mal, qui vient de forcer McKinsey à régler une amende de 573 millions de dollars. La formule qu’elle avait conçue pour la firme pharmaceutique Purdue visait à faire vendre par celle-ci le maximum d’opioïdes, d’antalgiques opiacés, grâce à une indexation favorable liée au nombre de morts causées (± 300.000 aux États-Unis depuis 1999). L’opération s’appelait « Evolve to Excellence », et il ne s’agit pas de cynisme : « excellence » en termes de profits, car l’opération s’annonçait très rentable, et s’avéra l’être effectivement.

Quelques articles de l’acte d’accusation de la cour supérieure du Massachusetts en date du 4 février :

« McKinsey a conseillé à Purdue de viser à devenir fournisseur sur l’ensemble du spectre de l’abus médicamenteux et de l’accoutumance … » 

« McKinsey s’est […] associée à Purdue pour tester un programme appelé FieldGuide, un logiciel maison [qui] permettrait à d’autres fabricants d’opioïdes de cibler et de maintenir un suivi actif des médecins prescripteurs à haut volume. »

« L’une des propositions […] était de verser “des remises supplémentaires pour toute nouvelle overdose due à l’OxyContin ou tout nouveau diagnostic de trouble lié à l’utilisation d’opioïdes” » 

« McKinsey proposa à Purdue un plan de retrait du secteur des opioïdes, en vertu duquel elle continuerait à [en] vendre par le biais de nouvelles filiales, changement devenu nécessaire en raison d’événements négatifs ayant significativement compromis l’image de la marque Purdue. »

Qui est responsable d’une telle horreur ? Pour le théoricien du management, Tom Peters, lui-même ancien de McKinsey, auteur d’une carte blanche dans le Financial Times (15 février), aucun doute possible : Milton Friedman, qui a fait de la valeur actionnariale de l’entreprise, sa « raison d’être » (en français dans le texte). Et Peters d’aller plus loin : « fermez toutes ces maudites écoles de commerce », écrit-il, jugeant que le sens du bien et du mal leur a toujours été étranger.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait François Rabelais, « consultance sans conscience n’est que ruine tout court », faut-il sans doute ajouter.

* Paul Jorion, Investing in a Post-Enron World, New York : McGraw-Hill 2003

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62 réflexions sur « Trends-Tendances – Le sens du bien et du mal, et McKinsey, le 25 février 2021 »

  1. Comment ces firmes et leurs dirigeants ne sont ils pas poursuivis au pénal ???
    Comment de telles saloperies n’ont pas été dénoncées par des lanceurs d’alertes avant d’en arriver à ces crimes de masses???

    Sur le même sujet ce matin sur France Culture, pas pu tout écouter, beaucoup de convergences avec vous, si ce n’est la totalité ? Personnellement je n’avais pas conscience d’une situation aussi grave.

    https://www.franceculture.fr/emissions/linvitee-des-matins/etats-unis-la-nouvelle-grande-depression-avec-angus-deaton-et-anne-case

    L’Américain blanc non-diplômé se meurt. C’est le constat d’une étude menée par deux économistes, Anne Case et Angus Deaton – prix Nobel d’économie 2015 qui révèlent une augmentation des suicides et des morts liées au désespoir chez cette population des États-Unis. En cause : le capitalisme qui aura détruit des emplois, réduit les salaires et déconstruit le tissus social et communautaire.

    Cette épidémie de « morts de désespoir » se traduit également à travers la désormais célèbre crise des opioïdes, liée à un système de santé plus que défaillant. Mais des solutions existent, Anne Case et Angus Deaton en proposent dans “Morts de désespoir. L’avenir du capitalisme”

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    1. Il me semble que se contenter de pointer Mielton Friedman et de sa religion féroce c’est très bien ceci étant il faut que la réponse soit pénale sinon rien ne changera. Le pdg de MC Kinsey aurait beau jeu de se défausser un peu comme Loyd Blankfein à l’époque, je ne fais que conseiller sur la stratégie visant à maximiser les profit pas à donner un conseil médical…. merde ces gens savaient qu’ils attentaient à la santé et la vie des concitoyens et assez directement, on parle pas de promouvoir l’abus de Tisane !

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    2. Ça en dit beaucoup sur leur système de valeurs.

      Un crime financier est plus gravement puni qu’une affaire d’épidémie ayant entraîné des centaines de milliers de morts.

      Enron / Arthur Andersen: sociétés dissoutes et peines d’emprisonnement.

      Purdue/ McKinsey: simple amende

  2. Bonsoir, perso je ne comprends pas le mécanisme d’indexation favorable liée au nombre de morts : comment permet-il d’augmenter les ventes ? Incitant financier destiné à des prescripteurs devenant pushers ???? Cynisme complet d’un bout à l’autre de la chaîne ?

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    1. On vous explique cela dans l’acte d’accusation (§ 22). C’est ici.

      Explication plus complète dans le New York Times :

      Dans une présentation de 2017, selon les dossiers, qui ont été déposés au tribunal au nom de plusieurs procureurs généraux de l’État, McKinsey a exposé plusieurs options pour soutenir les ventes. L’une d’elles consistait à accorder aux distributeurs de Purdue une remise pour chaque surdose d’OxyContin imputable aux pilules qu’ils vendaient.

      La présentation a permis d’estimer le nombre de clients des entreprises, y compris CVS et Anthem, susceptibles de faire une overdose. Elle prévoyait qu’en 2019, par exemple, 2 484 clients de CVS auraient une overdose ou développeraient un trouble de l’utilisation des opiacés. Un rabais de 14 810 $ par “événement” signifiait que Purdue paierait 36,8 millions de dollars au CVS cette année-là.

      CVS et Anthem ont récemment été parmi les plus gros clients de McKinsey. Les attachés de presse des deux sociétés ont déclaré n’avoir jamais reçu de rabais de Purdue pour des clients ayant fait une overdose d’OxyContin.

      1. Qu’est ce (ou qui) qui a mis le Commonwealth of Massachussetts en alerte et en branle afin de porter plainte ?

      2. Mais n’est-ce pas plutôt un mécanisme d’assurance mutuelle, chaque cas d’overdose constituant un sinistre pour le distributeur, qui perds instantanément l’espérance des ventes ultérieurs et de marges correspondantes, pour lesquelles il a sans doute investi en frais commerciaux d’approche. En assurant ce paiement ce risque inhérent au produit et à sa mise en oeuvre défectueuse par la clientèle est mutualisé entre tous les vendeurs pour lisser leurs résultats.

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        1. @Ruiz

          Je pense qu’il y a en nous une barrière mentale qui fait qu’on a énormément de mal à accepter que des types qui ont pignon sur rue, qui sont respectables, portent des costumes, prouisent des présentations powerpoint, et des tableaux excel, tout ça, … des gentils quoi … soient accusés de trucs relevant tout simplement de la brigade des stups.

          1. C’est une exubérance extrême du système étatsunien “santé + judiciaire”, n’oublions pas que la sortie
            de certains des hôpitaux est surtout peuplés d’avocats prêts à se payer sur les procès à intenter aux soignants (chirurgiens surtout).
            Pour cause d’opération pas faite dans les règles de l’art ou pas à propos ou mal suivie en post-opératoire, etc.
            Comme ça le patient paye en moyenne des deux côtés : le chirurgien obligé de s’assurer (premier épisode), et l’avocat
            qui va étudier son dossier pour voir si on peut en tirer quelque chose (en se payant sur les dommages et intérêts… cf. premier épisode).

            La couche rajoutée sur le soin est très anglo-saxonne, une sorte d’enclosure qui chasse le soin du domaine de la “philia” pour
            l’arrimer au département du commerce et/ou à Wall Street (suivant qu’on finance big pharma ou la clinique) .
            Dans cette logique, le deal de Purdue avec ses fournisseurs est du même acabit en effet :
            Le médecin prescripteur d’Oxycontine/fentanyl/opioïde est dans le rôle du chirurgien, qui augmente ses profits en faisant plus d’opérations, y compris les plus risquées, donc celles qui empiètent sur la ligne du raisonnable (“aurait mieux fait de s’abstenir”).
            Et pour assumer le risque (i) on vend le médoc assez cher (d’où un marché noir juteux, cf. le film Ben is back avec Julia Roberts),
            et (ii) on demande en effet au producteur de partager le risque par le truchement de la remise.
            Sauf que contrairement à des opérations de chirurgie — où l’on pourrait encore plaider que le côté systémique de la dérive s’efface un peu derrière l’analyse individuelle des cas qu’on imagine forcément exister avant charcutage — les opioides basculent bien plus facilement dans le systémique.
            La conviction peut se faire de proche en proche (untel en a pris, ça va mieux) et surtout l’addiction du patient fait le reste (et le rend impatient).
            Alors que l’addiction au scalpel et à l’endoscope est en général moins développée.

            Cela devra être étudié comme cas d’école si dans le futur on remet le système à peu près sur les rails.

            Mais c’est difficile car les grands troubles métaboliques sont très “intriqués” maintenant, surtout aux USA :
            les statines pour combattre le “cholestérol du aux mauvaises graisses”, je n’ai pas essayé de me faire une idée, mais c’est assez louche.
            Le responsable n°1 et demi me semble être les sucres ajoutés absolument dans tout aux USA (Corn syrup notamment).
            Même dans la tranche de jambon du coin. Avec les effets sur l’obésité via la flore intestinale “dévoyée” dès l’enfance.
            Dans ce contexte, on va toujours trouver 20% dans une population cible qui est contestable parce que cofacteurs comme ci comme ça blabla,
            et avec des bons avocats et autres McKinsey , ces 20% deviennent 40% (comme si je compte deux fois la TVA, une fois “en dedans”, une fois “en dehors”, par effet de manche),
            et la fabrique du doute sort ses petits pains tout chauds.
            Mais au fond, peut-on avoir un régime de véridiction dans une population qui a cru (socialement, pas qu’en nombre) en si peu de décennies ? La création de nouvelles normes sociales sur fond d’Anthropocène, peut-elle se faire “bien” ? On a les exemples des peuples d’îles qui n’ont pas bien passé l’imposition des nouvelles normes importées (Nauru était je crois un des pire cas du point de vue bien-être raté, malgré la manne de la ressource locale en phosphate, ou à cause …). Ici on a le cas inverse d’un nouveau continent qui a cru sans s’hybrider avec les autochtones (suivez mon regard pour un cas inverse : le Brésil), et qui n’a pas stabilisé grand chose de solide dans ses moeurs, à part sur les côtes, mais l’une est faite d’anglais maquillés (Est) et l’autre a pu profiter des hispaniques au sud pour faire moins pire, et d’une classe aisée universitaire qui a donné la silicon valley. Cette silicon valley répond à ma question de véridiction à sa façon : si elle n’est que peu elle-même la source de fake news, elle a donné les moyens aux GAFAM de faire sauter les régimes de véridiction classiques. C’est une faille “du second ordre”.

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            1. d’où un marché noir juteux, cf. le film Ben is back avec Julia Roberts

              Cela ne se passe malheureusement pas seulement dans la fiction. L’article du Devoir ci-dessus indique qu’une fois dépendants pas mal de gens n’arrivent plus à avoir une ordonnance pour les opiacés, et que certains finissent par se tourner vers l’héroïne au final plus simple à se procurer et moins chère.

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              1. Oui, je ne suis peut-être pas très nuancé, mais en voyant Ben is back, je me suis dit qu’il jouerait un peu le même
                rôle que Deer Hunter pour les vétérans du Vietnam, film générationnel qui met le doigt sur le hiatus
                dans une génération et/ou entre deux générations causés par ces dérives/hubris/”malfaçon” du capitalisme, comme dirait l’autre (Lordon).

                1. Cette manie de faire référence à des films ! Cela m’interroge. Paul Jorion est le premier à le faire. (J’en dis deux mots dans ma lecture de “Comment sauver le genre humain”, accessible en haut de blog.) Mais d’autres ne sont pas en reste. Or ma culture audiovisuelle s’est arrêtée vers 1995 : je me suis désaccoutumé de la TV et j’ai trouvé que peu de films me parlaient encore du vécu. Films catastrophes, comédies de la vie bourgeoise, et le nombrilisme qui a gagné toute la culture : j’ai arrêté.
                  Alors pourquoi cette référence unique à la fiction en image ? Plus de référence aux “types” de Balzac, aux situations de crise que Piketty a pu revivre dans la littérature anglaise… Et même peu de choses tirées de la littérature d’aujourd’hui : Houellebecq, Philip Roth, Heinrich Böll ou Gunther Grass…
                  D’autant que la fiction en images est souvent une conception collective qui veut séduire des publics cibles définis. Et souvent jouer sur la peur, sur les clichés, sur les clivages, les tripes.
                  Il y a bien longtemps, ma mère me fit remarquer : les films sont remplis d’armes au poing, ce qui est tout à fait rare comme situation vécue. Aujourd’hui la violence envahit tout l’écran grâce aux effets spéciaux. Mais cela reste du phantasme sinon de l’enfantillage. Nous en sommes restés à une vision du monde croquée par les studios Disney.
                  Nous attendons le romancier balzacéen de la saga Mc Kinsey, de la saga Milton Friedman…

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            2. chez nous , il y aussi l’introduction de la “fiducie” (équivalent latin du trust) , il y a peu de temps (début du XXIeme) , qui est un indicateur de notre ralliement aux idéologies anglo-saxonnes auxquelles on avait résisté depuis Cromwell ….
              contrairement à Paul Jorion , qui évoquait dans le billet précédent (autres -temps, autres moeurs) , un espèce de mouvement de balancier libertairepuritanisme , je pense que depuis le XIV-XV siècles , l’Europe perlabore un dispositif d’ “anomisation” (destruction nécessaire des “codes” ), avec certes des phases alternant ces deux aspects , mais surtout dominés par un défoulement du pulsionnel continue , où la recherche d’un maximum d’endorphines produites devient la seule réponse au manque de plaisir à vivre surtout masqué depuis 50 ans par les gadgets technologiques qui inondent le monde…
              il y a un manque de plaisir à vivre créé par l’anesthésie de l’imaginaire créatif qui faisait le propre des civilisations , anesthésie qui se lève de temps en temps et libère une douleur à vivre…..qui crée un afflux de solutions à court terme …etc…(encore un phénomène récursif) .
              l’histoire abominable de cette manipulation autour de l’oxycodone en est un bel exemple….
              mais , après condamnation , il y aurait un déplacement (là , l’imaginaire fonctionne par contre).

              le terrain est préparé depuis longtemps (citons une de ses théorisations , avec E.Bernays , neveu de S.Freud , qui a su si bien tirer des “leçons” de son Oncle et inventer un conservatisme (au sens de conservation du capital ) entrepreneurial “offensif” , définissant un dispositif d’emprise redoutablement efficace.) cf : in Propaganda , .pdf sur internet.
              mais , on peu remonter l’histoire humaine , depuis des millénaires pour y trouver la même répétition.
              le bien sous entend le mal qui sous-entend le bien….
              ainsi posé , pas de solution possible.
              il va falloir se secouer les méninges , mais est-ce possible ?
              ne sommes nous pas déjà suffisamment anesthésié ?

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  3. Bonsoir Paul,

    J’aurais aimé que dans ce bref article très dense vous compariez l’amende reçue par McKinsey au volume de ses rémunérations pour consultance auprès de Purdue, mais bon, vous avez sans doute une limite de taille pour vos atextes dans Trends-Tendance et/ou un délai parfois bref.

    Cependant… Si l’on doit compter sur le sens du bien et du mal pour combler les manquements ou les collusions de la loi, on va à des déboires certains !

    La sagesse du législateur, c’est de compter sur le sens des responsabilités de la population, tout en mettant des garde-fou très vigoureux qui ne serviront pas en toute généralité, sauf contre certains fous, justement.
    J’ai appris ça avec les règles de la circulation sur une île de la Frise néerlandaise: peu de voitures (aucune du continent), population très raisonnable et peu nombreuse, ambiance bucolique (pas d’urbanisation, juste un village), limitation de la vitesse à 30 km/h sur tout Schiermonnikoog qui est aussi une réserve naturelle où aux terrasses des cafés, les moineaux se baladent entre les pieds des gens pour ramasser les miettes. MAIS des panneaux aide-mémoire et des casse-vitesse partout !

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  4. C’est pas Dieu possible de lire des trucs pareils !

    Un article de la presse canadienne sur la crise des opiacés aux USA :

    https://www.ledevoir.com/monde/etats-unis/497995/les-anciennes-terres-minieres-americaines-ravagees-par-les-opiaces


    Aujourd’hui, le bilan de l’héroïne et des médicaments opiacés est très lourd : 15 % des bébés en Virginie occidentale naissent déjà dépendants, forcés de passer par le douloureux processus de sevrage dès les premiers jours de leur vie

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    1. Quel bel oxymore que cela s’appelle la Virginie occidentale !

      L’être vierge qui nait ne l’est pas (accoutumé aux opioïdes in utero, il a perdu ce pan de sa virginité physico chimique)
      et c’est là un pays censé être un sommet du “modèle” occidental

      (modèle très bon pour les 10%, 1%, 0,1%, “rayez la mention inutile” et préparez votre stylo pour la prochaine biffure d’ici quelques années).

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  5. Merci de nous rassurer sur les cabinets d’experts qui conseillent notre gouvernement. On n’a sans doute pas des experts de ce calibre à l’ENA ?

  6. Visiblement cette firme est au-dessus de tous soupçons:

    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/vaccin/covid-19-on-vous-resume-la-polemique-autour-de-mckinsey-le-cabinet-qui-conseille-le-gouvernement-sur-la-strategie-vaccinale_4291131.html

    oops il y a Accenture dans le lot.

    Les 10000 morts du début de l’année pour assurer dixit Veran: “Chaque semaine que nous gagnons sur le confinement, c’est une semaine de libertés supplémentaires pour les Français” .
    facturés 2 millions /mois … pas mal

    Finalement, il n’y a peut-être pas que la bureaucratie d’incompétente…

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  7. J’admire votre efficacité à l’écrit : ce texte est écrit comme une partition de musique. Le rythme est parfait, la conclusion brève et implacable. Bravo !

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  8. Je me souviens aussi de la contribution des “Credit rating agency” dans le crash de 2007-2008, et pas en reste avec celui de ENRON. La finance moderne est un cancer métastasé.

  9. Superbe article….
    Mais apparemment rien n’arrête l’innovation financière pour capter l’argent des relances ou de la parenthèse COVID qui s’éternise au point de devenir endémique.
    Tout est bon pour voler à l’économie réelle l’argent étatique des remédiations.
    En voici un autre exemple , “les SPAC”, qui tiennent du Madoff….Et pendant ce temps-là le politique nous amuse avec les faits divers et l’islamo-gauchisme/islamophobie…
    https://www.youtube.com/watch?v=y9MtwTuNRUU

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  10. Oui, billet très instructif.
    En Belgique, le gouvernement précédent a inventé une loi de limitation des négociations salariales. Le but affiché est de modérer nos salaires “par rapport à nos pays voisins” pour “rester compétitif” (qui ?).
    Cette année, le gouvernement un peu plus a gauche a refuser de revoir la loi, et a défini le maximum à négocier à 0,4% pour cette année. Si vous gagner 15 euros de l’heure, vous pouvez négocier au maximum une augmentation de 4/10e de cent. Brut ! Réduisez de 40% pour le net…
    Rappelons que les socialistes en Allemagne ont imposé de fortes réductions des salaires (lois HERZ, sauf erreur) il y a 20 ans. Et que nous sommes frappés d’austérité depuis lors.
    Conclusion : ce sont les travailleurs qui financent la compétitivité des employeurs, qui peuvent économiser sur la productivité et l’investissement. Et se verser des dividendes et stock options en plus.
    Un député communiste (PTB) et un député socialiste (PS, ancien dirigeant syndical ont présenté une proposition de réforme de la loi. Tempête ! Dans un verre d’eau… Mais on parle de grève aussi.
    A ce propos, le FMI a sorti une étude selon lequel les catastrophes sont suivis (après 2 ans à peu près) de troubles sociaux… Vous voilà prévenu.
    https://www.imf.org/fr/News/Articles/2021/02/03/blog-covid-long-shadow-social-repercussions-of-pandemics

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    1. Depuis des années le patronat belge parle de “déficit salarial” dans sa lutte pour la rentabilité, dès qu’une catégorie de personnel dans un secteur ou sous-secteur quelconque est constitutive d’une charge salariale plus élevée que se homologues dans un pays voisin. TOUS les journalistes ont repris ces termes qui n’expriment rien d’autre que le point de vue de l’employeur. Un salaire plus élevé, c’est un avantage pour le salarié, pas un “déficit”, non ?

  11. Au sujet des consultants il y avait un article très bien fait dans Le Monde du 18.02.2021 :
    QUAND DES CONSULTANTS DU BOSTON CONSULTING GROUP PILOTAIENT RENAULT
    « De 2018 à fin 2019, des dizaines de membres de la société de conseil se sont affairés au sein de la firme au losange. Une présence dont l’ampleur et le poids étaient contestés en interne.»
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/02/18/quand-des-consultants-du-boston-consulting-group-pilotaient-renault_6070345_3234.html
    En résumé : un « pognon de dingue » pour du vent : « On aurait pu attendre que les conseils fournis soient percutants. A la place, ce sont des montagnes de PowerPoint pleins de mots anglais fourre-tout, de jargon et de principes flous qui sont venus inonder les instances de direction du groupe. »
    Au final un triste bilan : fuite des cadres, souffrances au boulot, et échec complet de la stratégie. Cela dit, tout comme pour, ce genre d’opérations ─ d’infiltrations ─ rapporte gros … aux actionnaires et patrons de BCG comme le démontre l’article de Paul avec leur rival McKinsey & Co.
    Il ne faut pas oublier non plus que ce genre d’infiltration méphitique concerne également notre administration et notre gouvernement, le plus haut niveau inclus. Lire cet autre article du Monde du 05.02.2021:
    MCKINSEY, UN CABINET DANS LES PAS DE MACRON
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2021/02/05/de-la-creation-d-en-marche-a-la-campagne-de-vaccination-mckinsey-un-cabinet-dans-les-pas-de-macron_6068833_4500055.html
    Cela étant on doit reconnaître une cohérence chez nos ultras : ils détruisent l’État et il faut bien malgré tout « gérer » comme ils disent… On le voit avec l’affaire des vaccins.

    Un des fils conducteurs de ces pitoyables histoires est la cupidité et je voudrais conclure avec cette belle citation (*) d’Anne Comnène (1083 – 1153), historienne et princesse byzantine :
    « Car tout homme cupide, dès qu’il a saisi le pouvoir, ne diffère en rien de la gangrène, qui une fois qu’elle s’est attaquée à un corps, ne s’arrête plus jusqu’à ce qu’elle l’ait entièrement envahi et ravagé. »
    En son temps on ne savait pas soigner la gangrène sauf en amputant à temps. De nos jours cette nouvelle gangrène gagne nos États et entreprises, saurons-nous la soigner ? Le pourrons-nous ?
    (*) – trouvée dans un livre passionnant : « La première croisade, l’appel de l’Orient » par P. Frankopan (prof à Oxford)

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    1. Il y a avait une blague sur le Boston Consulting Group à l’époque (il y a 25 ans) où je frayais avec ces milieux là.

      C’est quoi le BCG ? C’est des gens à qui vous demandez : “Quelle heure est-il ?”, qui vous répondent “Puis-je emprunter votre montre ?” Lisent 16h45 sur votre montre, vous la rendent et disent “Il est 16h45. Ça fera 2.000 $”.

      Pareil pour McKinsey, Accenture, etc.

      Mais la bonne question, c’est “Pourquoi celui qui a la montre est-il incapable de lire l’heure qu’il est ?”, et c’est dans la réponse à cette question là que le mystère se dissipe.

      Celui qui a la montre sait qu’il est 16h45, mais… il y a aussi dans sa boîte, deux autres clans dont l’un dit qu’il est 16h30 et l’autre 17h00.

      Alors quand on vous dit “le BCG dirige Renault”, ou “le gouvernement délègue la gestion de la pandémie à McKinsey”, la question qu’il faut poser c’est : “quelle est la guerre fratricide qui déchirait Renault ?”, “quelle est la guerre fratricide qui déchire le gouvernement ?”

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      1. Il y a sans doute de ça .

        Dans un autre domaine, ça se pratique aussi parfois dans certaines communes où des combats historiques et longs opposent deux clans jusqu’à empêcher toute vie municipale . Il arrive alors qu’enfin lors d’une élection , soit élu un des derniers arrivés dans la commune avec plus ou moins la complicité tacite de votants des deux camps antagonistes . Mais là ,il arrive souvent que le troisième larron soit plutôt pertinent , car il ne doit rien à personne et n’a rien à perdre , alors que dans le cas du consultant posé en “arbitre” , l’arbitre reste malgré tout le commanditaire qui paie la ” prestation ” .

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      2. Certes, on doit se poser aussi la question des luttes fratricides mais est-elle primordiale dans cette question structurale du poids des gouvernances qu’implique l’idéologie ultralibérale ?
        Chez Renault, il semble qu’un clan a gagné grâce au principe de réalité qui a montré la faillite de la stratégie imposée par BCG et cela a conduit à une remise à plat, semble-t-il.
        Quant au gouvernement, je ne vois pas en quoi il y aurait de luttes fratricides le déchirant. Dans les administrations, sans doute, mais dans le système quasi-monarchique français, c’est le président qui domine le jeu (voir par ex. Castex qui a mangé son chapeau sur le confinement). Sur des points précis comme la vaccination, je suis d’accord que les contradictions sont exacerbées mais sur la politique générale de sous-traitance, je doute. Sachant de plus que la politique des consultants dans l’État et les administrations avait bien commencé sous Sarkozy, continué avec hollande et amplifiée avec Macron.
        M’enfin, pour ce que j’en dit …

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        1. @ Jacques Seignan,

          Si Emmanuel Macron a repris la main sur la gestion de crise depuis fin janvier (en faisant manger son chapeau à Jean Castex en direct depuis l’Elysée), il ne faut pas occulter le fait qu’entre le début des opérations de déconfinement au printemps 2020 et, donc, janvier 2021, il a eu tendance à s’effacer derrière le trio “Castex – Veran – Salomon” qui représentent 3 courants de pensés de la filière santé et sont très influents pour diverses raisons.

          Je ne serai donc pas surpris que McKinsey est servi à départager ces 3 là, Emmanuel Macron ne voulant pas froisé ni les uns ni les autres.

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      3. Quand non seulement le gouvernement en question, mais la majorité qui le soutient est un tel agglomérat d’opportunistes et autres mercenaires politiques d’horizons relativement différents (on parle traditionnellement avec une pudeur assez mal placée de “coalition” pour désigner ce genre de chimère – pour un peu on croirait EELV arrivé au pouvoir), dont les ambitions personnelles en conduisent probablement plus d’un ou une à détériorer les planchers ministériels, la question à poser devrait plutôt être “quelle guerre ne déchire pas le gouvernement et sa majorité (ou inversement)?”

        Au demeurant, je ne serais pas surpris le moins du monde que dans le cas de très mauvaises perspectives pour les échéances électorales de l’année prochaine, l’équipage LREM prenne l’allure des occupants du Titanic, en mode “sauve qui peut”. A moins que Macron et sa clique ne jouent la carte du coup d’État (pour raisons sanitaires par exemple – J’ai toujours “V pour Vendetta” à l’esprit). Au point où nous en sommes…

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      4. @ Paul Jorion,

        Lorsque j’ai quitté, à la fin des année 2000, le secteur public pour rejoindre le secteur privé, j’ai découvert tout un univers de cabinets de conseils et consultings qui (en tout cas fin des années 2000) m’était inconnu dans le secteur public. Je pourrai citer (bien entendu) BCG, Accenture, … mais aussi EY, Sia, Deloitte, …

        Et, de l’expérience que je m’en suis fait en une décennie, je tends à vous rejoindre sur le fait que le recours à ces cabinets est souvent un moyen (plus ou moins habile) pour un décideur d’entériner une réponse (si ce n’est SA réponse) à une question qui déchire un CODIR, un COPIL, … étant donné que certains membres estiment que d’autres réponses sont possibles à la question, avec (trop) souvent en arrière plan des luttes de pouvoir et/ou de batailles d’égo entre “grands chefs à plume”.

        Bref… Notre “présidentissime” venant du secteur bancaire (gros consommateur de ce type de prestations/artifices de gouvernance) a fait ce qui lui semblait “naturel” pour entériner un choix qui devait être particulièrement discuté au plus haut niveau de l’état : McKinsey, c’est un peu le verre d’eau pour faire avaler la pilule du choix de stratégie vaccinale à tout ceux (ministres, très hauts fonctionnaires, …) qui pouvaient en “interne” la contester.

        Au passage, j’ai bien aimé la blague sur le BCG. Elle m’a rappelé celle que m’avait glissé il y a une dizaine d’années un ami actuaire au sujet des assurances : “l’assureur c’est le gars sympa qui te prête un parapluie quand il fait beau et te le réclame dès que le temps se gâte”.

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    2. A date !
      Voilà une expression qu’elle est belle, qui fleurit ces temps derniers dans la bouche des ministres abreuvés par des Powerpoint et des présentations orales fournies à prix d’or par des experts qui ne maîtrisent pas langue et qui sent bon son Québécois.
      https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/expressions-francaises/2017/11/27/37003-20171127ARTFIG00003-les-expressions-a-bannir-au-bureau-date.php

      Cette expression commence également à faire florès par imitation chez certains journalistes, mais reste la preuve manifeste de l’influence “pervasive” des mercenaires de Mac Kinsey, qyi sans doute n’ont pas fait tous l’ENA.
      même G….e le sait :
      “Il s’agit d’une expression québécoise désignant le moment présent. C’est un anglicisme dérivé de l’anglais “to date”. Il est donc synonyme de “maintenant”, “à ce jour”, “en ce moment”.”

  12. Tant que les dirigeants de ces sociétés n’iront pas en prison ça continuera..car l’amende est toujours bien inférieure aux profits engrangés, elle est même intégrée dans le ROI.

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  13. Bravo, Paul, pour ce billet implacable.
    C’est aussi McKinsey qui a abondamment conseillé le secteur hospitalier en tant que secteur “non marchand” à optimiser sur ses performances économiques (sic !). Secteur non marchand, d’accord, mais bien pratique à pomper par milliards…
    Ils n’étaient pas les seuls, d’ailleurs. Avec les résultats que l’on sait.

    J’ai souvent croisé leur route par le passé dans ce secteur hospitalier public, privé, PSPH (Privé Participant au Service Public Hospitalier, sic !) ou associatif.
    On les appelait les “petits gris”, allusion faite à leur costume bien coupé parfaitement reconnaissable. 3 juniors pour 1 senior. Et 1 directeur ou associé pour 10 seniors.
    Le fait qu’ils aient investi tant de secteurs avec tant de succès et de facilité ne peut s’expliquer par leur seule performance commerciale dans le conseil.
    Pour rejoindre la fin de l’article, ils étaient aussi appuyés indirectement (ou directement) par des ENA ou par la fameuse Ecole des directeurs d’hôpitaux de Rennes… biberonnés à la bien-pensance de l’efficacité des agents, fussent-ils publics. Ainsi que par une atmosphère “thatchérienne” à la fois terrifiante (dans ses effets sociaux) et séduisante (par son efficacité à bouger les organisations). Les soignants étaient soit “pour”, soit “contre”, il n’y avait pas d’alternative…

    Je crains que la COVID ne suffise pas du tout à remettre les pendules à l’heure, bien au contraire. On entend déjà de partout la musique “il faudra bien payer”, ‘”il va falloir tout réorganiser pour rattraper les pertes”, “la dette est abyssale” (ce qui est vrai, et alors ? Le public comme le privé qui est encore plus endetté), etc. Toujours au nom de la fameuse règle du bon sens de gestion qu’on doit appliquer aussi bien à la maison qu’aux organisations collectives. Et l’écologie là-dedans ? Voyons, soyons sérieux, vous voulez encore ajouter de la dette (pour le plan vert) à la dette (que nous avons déjà tant de mal à contracter et rembourser) ?

    Il est temps de fermer le bec aux business schools qui intoxiquent les jeunes générations aux idéologies qui ont 70 ans !
    Et en premier lieu, il faut de toute urgence leur imposer des ingénieurs ou de vrais scientifiques (sociologues, anthropologues, etc. ) pour rendre crédibles les règles de l’économie/finance qui ne sont que des conventions et absolument pas le reflet de la réalité.

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    1. Leur fermer le bec c’est décider de créer une constitution pour l’économie à moyen /long terme mais surtout les rendre responsables au pénal c’est à dire pouvoir économique face au législatif, façonné par le politique. J’entends déjà les cris y a les lobbys, tous pourris, c’est foutu.
      Sauf que non il y a des cas où c’est trop gros pour que ça passe comme ici et ça doit leur faire mal.

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    2. “la dette est abyssale” ça doit bien faire une dizaine ou quinzaine d’années qu’on l’entend… Qu’y a-t-il de plus fort que ‘abyssale’ ?
      Insondable, incalculable, astronomique ?
      Oh ils vont bien finir par trouver autre chose… 🙂

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      1. @François Corre

        En ces temps d’exploration martienne, pourquoi pas dette “cosmique”: Voilà qui leur laisserait encore une belle marge de progression avant le prochain palier.

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  14. Mac Kinsey a vite remboursé 66 % de sa facture pour éviter les ennuis… mais ce n’est pas fini !
    L’écho (Bruxelles) ce 24 février : ” Nethys, un excellent client pour les consultants
    “La mission antifraude menée par Deloitte chez Nethys depuis fin 2019 pointe des frais de consultance pour plus de 127 millions d’euros, dont 40 millions qui nécessitent des vérifications. Les années Moreau & Co continuent à alimenter le scandale chez Nethys. Au centre des nouvelles interrogations qui ont fait la une du Soir ce mercredi, les frais de consultance de l’intercommunale pour 127,5 millions entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2019. Ce montant ressort de l’analyse anti-fraude menée par le consultant Deloitte depuis novembre 2019.
    Derrière cette somme astronomique, on recense 214 conseils, comptables et réviseurs, spécialistes indépendants de l’informatique ou des relations publiques qui ont travaillé durant ces trois ans pour Nethys au titre de “consultants”. Les vérifications de Deloitte ont porté sur les 121 prestataires qui ont facturé au moins 100.000 euros entre 2017 et 2019 (soit 98% du montant total facturé). Sur base de la recherche de pièces justificatives, Deloitte estime que des vérifications internes doivent être approfondies auprès de 35 consultants pour un montant total qui frôle les 40 millions. Parmi ces consultants, Le Soir cite McKinsey, PwC et BDO et des prestataires indépendants comme Michel Marteau, ex-rédacteur en chef de Sudpresse.
    Ce n’est pas la première fois que les frais de consultance sont pointés du doigt chez Nethys. Il y a quelques mois, la firme McKinsey était au centre de toutes les interrogations pour avoir facturé plus de 11 millions d’euros en frais de consultance chez Nethys au cours des années 2017-2019. Voulant éviter le scandale alors que la nouvelle direction de Nethys s’interrogeait sur les suites judiciaires à donner à cette “découverte” pour des factures jugées exorbitantes au regard des missions, le consultant s’est accordé avec Nethys sur un geste commercial en remboursant 7 millions d’honoraires.”
    (J’explique en vitesse et en substance que Nethys est un établissement public de Liège, au statut de Communauté de communes qui, géré par un élu et un entrepreneur affairiste, a crée un montage de contrôle majoritaire d’entreprises diverses (dont un journal de Marseille); sur base de crédits financiers cautionnés par les redevances TV annuelles de nombreux téléspectateurs (500.000 foyers ?). L’autorité publique a lentement repris le pouvoir sur la pyramide et fait actuellement le nettoyage…. Plusieurs élus ont été rapidement démissionnés. Les deux compères viennent d’être inculpés. Ils sont donc présumés innocents.)

  15. ” le mercantilisme est plus dangereux pour l’humanité que la bombe atomique” M . . Je crois que ce genre d’exemples permet de prendre conscience de la portée de cette affirmation. Ils font simplement leur travail comme les gardiens et les dirigeants des camps d’extermination…

  16. En lisant les différentes contributions sur le site de Paul Jorion, j’avais envie de publier un excellent article de M.Eric Dior lu dans un numéro ancien du journal ” Marianne ” ( N° 612 – Janvier 2009 ) mais il est payant. Il était intitulé :

    – ” Les 100 premiers jours de la présidence Roosevelt ” –

    C’est fou la haine du milieu financier en ce temps là, contre le peuple américain et contre le nouveau président élu, Franklin Delano Roosevelt. En le lisant, je me disais qu’il faudrait appliquer une politique radicale se réclamant de cet élu du peuple, revu et corrigé à l’aune de l’esprit du temps présent. Ses premiers mots furent ceux-ci :

    ” J’aimerai que l’on me dise de mon administration qu’elle a fait rendre gorge à ceux qui ont pris trop longtemps le gouvernement fédéral pour un appendice de leur business […] Ceux-là sont tombés de leur trône, victimes de leur cupidité, de leur incompétence et de leur entêtement ” .

    L’article en question doit bien se trouver quelque part en libre accès. Je me suis volontiers consolé en découvrant cette étonnante interview complémentaire sur le site ” Ventscontraires.net ” :

    Paul Jorion : “Eleanor Roosevelt a été le plus grand Président des États-Unis :

    http://www.ventscontraires.net/article.cfm/14863_paul_jorion___eleanor_roosevelt_a_ete_le_plus_grand_president_des_etats-unis_.html

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  17. Une question me trotte dans la tête depuis que j’ai lu cet article (non, en vrai ça date de beaucoup plus longtemps que ça): Comment faire confiance à quelque institution que ce soit quand on a connaissance de pareils faits (ou pour le dire de manière plus polémique, comment ne pas finir complotiste – ou dingue)?

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  18. Comment ne pas faire le lien entre ce que dit Benjamin :
    Et, de l’expérience que je m’en suis fait en une décennie, je tends à vous rejoindre sur le fait que le recours à ces cabinets est souvent un moyen (plus ou moins habile) pour un décideur d’entériner une réponse (si ce n’est SA réponse) à une question qui déchire un CODIR, un COPIL, … étant donné que certains membres estiment que d’autres réponses sont possibles à la question, avec (trop) souvent en arrière plan des luttes de pouvoir et/ou de batailles d’égo entre “grands chefs à plume”.

    Et “l’affaire de l’islamo-gauchisme” dans lequel le Gouvernement demande au CNRS de faire une “enquête”. Seulement voilà, il y a encore au CNRS des personnes qui savent dire non à une lubie politique. C’est le problème avec les fonctionnaires, parmi eux, certains ont encore une étique !

    Il n’a plus qu’à attendre que le Gouvernement demande à McKinsey de mener l’enquête sur les “islamo-gauchiste” !

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  19. Mc Kinsey et système capitaliste

    Mc Kinsey est un cabinet de conseil en stratégie d’entreprise.

    Ces types de cabinet sont des sociétés de conseil qui envoient des équipes de consultants à la demande d’entreprises, d’Etats ou autres pour les aider à résoudre des problèmes sur lesquels elles n’ont pas le temps ,l’expérience ,le recul , les compétences pour les résoudre.

    L’intervention d’un cabinet de conseil se fait sur la base d’un cahier des charges définit par le demandeur:

    – gérer une pandémie Covid
    – maximiser le profit de l’entreprise
    – gérer un baisse de charge
    – gérer des délocalisations ou fermetures de site
    – lancer des nouveaux produits
    – réorganisation entreprises ( fusions , acquisitions, réorganisations entreprises multisites,…)
    – réorganisation systèmes publics ( Santé, Défense ,Sociétés d’Etat type SNCF ,…)
    -….

    Sur la base des demandes, le cabinet propose un plan stratégique d’actions avec objectifs à atteindre, planning , gains )

    Le décideur final de la mise en place du plan d’actions stratégique sera toujours de demandeur.

    Mc kinsey a proposé par le passé des plans très controversés:
    https://en.wikipedia.org/wiki/McKinsey_%26_Company#Controversies

    Dans le cas Mac Kinsey présent , Purdue Pharma ,son actionnaire principal la famille Sackler et son PDG sont les décideurs de la mise œuvre de politique proposée.

    Mc Kinsey est responsable des propositions sur les opoïdes , mais non de leurs applications.
    La justice a défini sa responsabilité à la hauteur de 573 millions$ pour clore les procédures engagées par les Etats.

    Par contre:
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Purdue_Pharma
    Purdue , la société responsable de la mise en oeuvre et bénéficiaire financier de la vente des opoides s’est mise en faillite.
    https://www.capital.fr/economie-politique/crise-des-opiacies-purdue-pharma-se-declare-en-faillite-pour-solder-les-litiges-1350235

    Plus de 81.000 morts par overdose ont été enregistrées au cours des 12 mois se terminant en mai 2020, soit le nombre le plus élevé de décès par overdose jamais recensé sur un an dans les USA.
    https://www.bfmtv.com/international/etats-unis-les-morts-par-overdose-se-sont-accelerees-pendant-la-pandemie_AD-202012180148.html

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    1. Opium et politique commerciale:

      Politique commerciale des Empires colonisateurs occidentaux ( Royaume Uni, France ,USA, ..) et guerres de l’opium en Chine au XIX siècle.

      “Les guerres de l’opium sont des conflits motivés par des raisons commerciales qui opposèrent au XIXe siècle la Chine de la dynastie Qing, voulant interdire le commerce de l’opium sur son territoire, à plusieurs pays occidentaux qui voulaient encourager son commerce, car le produisant dans leurs colonies.”

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_de_l%27opium

      2 guerres perdues par la Chine et les conséquences:

      La première:

      Traité de Nankin et perte de Hong Kong
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Nankin

      La deuxième:
      Les Traités inégaux:

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9s_in%C3%A9gaux

      – des enclaves territoriales sont concédées aux puissances étrangères, pour y établir leurs comptoirs, sous leurs propres législations
      – la puissance étrangère importe et exporte librement en Chine
      – le développement de tout type de commerce, notamment de l’opium
      – le droit de la navigation intérieure
      – le droit légitime de monopoliser le marché
      – les droits des travailleurs à l’étranger (appelés les coolies)
      – le privilège d’extraterritorialité

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    2. Décisions judiciaires :

      Oxycontin , nom commercial de l’oxycodone, le médicament prescrit par Purdue

      Vidal:
      https://www.vidal.fr/medicaments/gammes/oxycontin-38257.html

      “Ce médicament est un antalgique puissant, apparenté à la morphine. Il combat la douleur en agissant directement sur le cerveau.
      Il est utilisé dans le traitement des douleurs rebelles, notamment des douleurs d’origine cancéreuse.”

      “info wiki:
      En France elle est rarement utilisée en dehors du cadre du traitement de la douleur cancéreuse, en Amérique du Nord, il n’en est pas de même. En effet, le cadre de prescription des analgésiques de niveau III (OMS) est beaucoup plus large au Canada et aux États-Unis. Ainsi, on l’utilise pour traiter des douleurs postopératoires modérées, par exemple, ou des douleurs lombaires ou dorsales, etc. Le système d’accès à l’oxycodone est très sécurisé en France, ce qui évite les dérives que l’on observe aux États-Unis.

      Surdosage
      Le surdosage d’oxycodone provoque une dépression du système nerveux central, de la somnolence jusqu’au coma, et une dépression respiratoire, pouvant être fatale. En cas d’association avec de l’alcool ou d’autres dépresseurs respiratoires ou du SNC (benzodiazépines, barbituriques, alcool), le risque de surdosage mortel est particulièrement important.”

      Décisions judiciaires pour Purdue:
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Purdue_Pharma#Poursuites_judiciaires_li%C3%A9es_%C3%A0_l'OxyContin

      Purdue et ses dirigeants ont fait l’objet de plusieurs procès .

      Décision en 2007
      – Michael Friedman, le président de la société
      – Howard R. Udell, son avocat en chef
      – Docteur Paul D. Goldenheim, son ancien directeur médical

      indépendamment des amendes certainement prises en charge par la société ont été condamnés au niveau criminel à :

      “400 heures de service communautaire dans le cadre de programmes de traitement de la toxicomanie”

      C’était en 2007 .
      Le business a continué

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    3. Mc Kinsey est responsable des propositions sur les opoïdes , mais non de leurs applications.
      La justice a défini sa responsabilité à la hauteur de 573 millions$ pour clore les procédures engagées par les Etats.

      Je n’ai aucune notion de droit américain, ni ne sait où commencer pour trouver efficacement de l’info, mais en droit français ça ne pourrait pas relever de la complicité (article 121-7 du code pénal) ?


      Est également complice la personne qui par don, promesse, menace, ordre, abus d’autorité ou de pouvoir aura provoqué à une infraction ou donné des instructions pour la commettre.

      1. Voici ce que j’ai trouvé sur les décisions de justice concernant Mc Kinsey et Purvue:

        McKinsey & Company a conclu un règlement de 573 millions de dollars avec près de 50 gouvernements des États ainsi qu’avec le district de Columbia et les territoires, en raison de son rôle qui a contribué à commercialiser et à stimuler les ventes d’opioïdes à risque élevé, y compris l’OxyContin.

        https://www.npr.org/2021/02/04/963864747/consulting-giant-mckinsey-to-settle-opioid-claims-for-573-million?t=1614364004085

        Purdue Pharma conclut une entente de 8 Milliards $ avec le ministère de la Justice au sujet des ventes d’OxyContin

        https://www.npr.org/2020/10/21/926126877/purdue-pharma-reaches-8b-opioid-deal-with-justice-department-over-oxycontin-sale
        https://www.justice.gov/opa/pr/opioid-manufacturer-purdue-pharma-pleads-guilty-fraud-and-kickback-conspiracies

        Tout se règle par l’argent.
        Par contre je n’ai pas trouvé de peines pénales d’emprisonnement pour les dirigeants.

        1. @ilicitano

          Merci. D’après le lien, il s’agissait bien de droit civil :


          This deal heads off civil lawsuits threatened by state attorneys general.

          Je ne comprends décidément rien au droit américain.

    1. Un grand merci: de vraies questions posées depuis des décennies. Accessoirement il est plus facile de faire confiance à un cadre US qui ne risque pas de vous piquer trop vite votre place car il n’évolue pas exactement selon les mêmes critères: une pathologie profonde, chronique.

  20. Faut-il interdire la lecture de Nietzsche aux managers?
    Il semblerait que oui
    Et puis d’ailleurs, y a-t-il une bonne manière de comprendre Nietzsche?

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