LE TEMPS QU’IL FAIT LE 5 JANVIER 2018 – Retranscription

Retranscription de Le temps qu’il fait le 5 janvier 2018. Merci à Marianne Oppitz et Catherine Cappuyns !

Bonjour, nous sommes le vendredi 5 janvier 2018 et avant tout : bonne année, bonne santé ! Tous les gens qui me souhaitent une bonne année se sentent obligés d’ajouter quelque chose du genre : « Touchons du bois ! » et « Espérons que ce ne soit pas pire que 2017 ! ». Continuer la lecture de LE TEMPS QU’IL FAIT LE 5 JANVIER 2018 – Retranscription

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 13 DÉCEMBRE 2013

Sur YouTube, c’est ici.

La mécanique quantique suggère que la meilleure stratégie est de gueuler si l’on n’est pas content !

Jacques Attali, Une brève histoire de l’avenir, Fayard 2006

Paul Jorion, Pourquoi nous avons 9 vies comme les chats, Collège International de Philosophie, 2000

Paul Jorion, Le temps qu’il fait le 22 février 2013, au Théâtre du Rond-Point

Cédric Mas, Comment rembourser une dette exorbitante ? – Leçon d’histoire en forme d’avertissement, le 17 avril 2012

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« Le temps qu’il fait », le vendredi 22 février au Théâtre du Rond-Point

Voilà : une version de la vidéo enregistrée vendredi soir qui tient enfin la route !

Merci à Vincent Lecoq et à Jean-Daniel Magnin, de ventscontraires.net et du théâtre du Rond-Point !

Pour le podcast seulement, c’est ici.

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Du normal au pathologique en écologie, en politique et en économie, par Jean-François Le Bitoux

Billet invité. Un commentaire sur La Glue : POUR LES GENS PRESSÉS : TOUT JORION EN 3 PAGES.

Si seulement les gens pressés pouvaient être « touchés » par la lecture de 3 pages ? Mais la force de ce blog, des articles, des conférences et des livres, naît d’une expérience de 40 ans et d’une série de remises en question profondes qui dérangent les économistes classiques qui n’y retrouvent pas leurs fondamentaux. Déranger ne suffit pas, encore faut-il reconstruire avec de nouveaux éléments ! Quelle jouissance quand l’évolution vous donne raison ! Mais quelle rage quand vous voyez les dérives perdurer et nous enfoncer plus profondément !

Le Diable est toujours dans les détails. Et quand tout allait bien, pendant les 30 Glorieuses par exemple, où donc était planqué le Diable ; où a-t-il su se faire oublier ? Le Diable se fait oublier dans une vie plus facile. Non pas celle d’un État Providence mais une société de « bien-être », rêvée par des résistants rescapés. N’est-ce pas ce que signifie le mot welfare ?

Et dans la facilité, les dérives mineures sont tolérées – il faut être large d’esprit ! Mais quand des dérives mineures s’accumulent, elles deviennent tout naturellement la cause de pathologies majeures !

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PHYSIQUE QUANTIQUE ET REALISME SCIENTIFIQUE, par Quentin Ruyant

Billet invité.

La physique quantique, rappelons-le, est la physique de l’infiniment petit, c’est-à-dire la description de ce dont, en théorie, toute chose est constituée. Autrement dit, elle est au fondement de l’édifice scientifique, et toujours en théorie, toute autre science pourrait en découler. Cette physique est l’objet de nombreuses discussions, spéculations, interprétations. Ce n’est pas un hasard, tant elle semble remettre en cause la vision classique de la science comme « candidat ontologique », c’est-à-dire comme la description d’une réalité objective indépendante que l’on ne ferait que dévoiler par l’entremise de nos appareils de mesure. Pour la première fois, une théorie semble séparer de manière inconciliable le modèle physique de la réalité qu’elle propose et la façon dont il se manifeste à nous à travers la pratique expérimentale. Plutôt que de faire marche-arrière en tentant de revenir à un modèle « plus intuitif » (c’est-à-dire ressemblant plus aux précédents) à même de nous réconcilier avec le réalisme, tentatives qui semblent toutes vouées à l’échec face à l’énorme succès prédictif de la physique quantique, y compris sur ses aspects les plus troublants, ne faut-il pas au contraire tirer les enseignements de cette remise en question de l’épistémologie « classique », dans toute sa radicalité ? Ne faut-il pas faire table rase de tout ce que nous croyions savoir sur la notion de « réalité objective », et sur la façon dont nous construisons sa représentation ?

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Qu’est-ce que comprendre ? Et du coup, expliquer ?

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Le test de la compréhension, c’est l’explication claire. « Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément », disait déjà Boileau. Or, la mécanique quantique nous a confrontés à un dilemme : les savants qui la créaient, s’ils s’accordaient entre eux, avaient cessé de pouvoir en offrir au reste du monde une explication qui remplisse les critères classiques de l’explication. Leurs critiques, au premier rang desquels, Albert Einstein, relevaient cette difficulté et arguaient qu’en l’absence d’explications complètes de leur part, leur compréhension devait être, elle aussi, incomplète. Leur réponse est connue : que c’était en fait une compréhension améliorée du monde qui forçait à remettre en question le statut de la compréhension elle-même et donc à offrir en guise d’explication autre chose que ce qui valait jusque-là sous ce nom.

La science a été confrontée dès l’origine à l’obstacle de la non-fiabilité de la perception quant à la nature des choses : le phénomène naturel présente cette particularité de nous présenter ou non les choses telles qu’elles sont. Il convient alors de postuler au-delà des apparences une Réalité-Objective d’où l’illusion aura été éliminée.

Mais tout cadre de réflexion – tel celui qui préside par exemple à la description de la Réalité-Objective – se suppose des invariants. Nous avions toujours retenu parmi ceux-ci, le temps et l’espace dont rien n’avait pu nous suggérer qu’ils pouvaient être eux aussi de l’ordre du phénomène, c’est-à-dire sujets à l’illusion. Or, au tournant du XXe siècle, deux théories physiques : la relativité et la mécanique quantique, remettraient en question, pour la relativité, notre conception du temps et de l’espace et pour la mécanique quantique, celle de la mesure comme interaction d’un système constitué de trois éléments : l’objet mesuré, l’instrument de mesure et le sujet mesurant.

Le temps, l’espace, l’objectivité du sujet mesurant, cessaient d’être non-problématiques, cessaient de constituer des invariants, des donnés fixes appartenant simplement au cadre, pour devenir eux-mêmes des variables, mettant en cause du coup le statut de la compréhension et de l’explication, puisque des éléments-clés de leur cadre à elles devenaient à leur tour des lieux possibles pour l’illusion et devant donc être eux aussi objets de connaissance en tant que tels, plutôt que simple présupposés.

Fallait-il exiger que le temps et l’espace demeurent des points fixes, jouissant de l’extraterritorialité épistémologique ? Non, répondait Einstein, dont la théorie de la relativité remettait précisément en question les conceptions intuitives du temps et de l’espace. Faut-il exiger d’une explication qu’elle précise à la fois la position d’un corps très petit (son lieu dans l’espace) et sa vitesse (la distance qu’il parcourt entre deux points dans l’espace entre deux moments dans le temps) ? Oui, répondait-il cette fois, à la différence des tenants de la nouvelle mécanique quantique. Un déplacement s’opérait dans la frontière considérée jusque-là comme immuable entre les éléments qui sont révisables dans la connaissance et ceux qui ne le sont pas.

Pourquoi cette différence aux yeux d’Einstein ? Parce qu’il établissait une distinction nette entre un changement de statut du temps et de l’espace dû à une meilleure compréhension de leur nature essentielle, et une impossibilité de déterminer simultanément la position d’un corps très petit et sa vitesse, due elle – selon lui – à une incomplétude dans la compréhension de son comportement. Dans le dernier cas, disait-il, la raison en est une mécompréhension de la mécanique quantique quant à son propre statut : elle ne constitue pas une science à même de se prononcer sur le comportement d’une particule individuelle mais est en réalité d’ordre statistique, privée de la variable supplémentaire qui lui permettrait de se prononcer sur le singulier, variable dont la mise en évidence réussirait à la rendre complète.

D’autres dimensions pouvaient cependant être mises en cause qui expliqueraient la dégradation de la compréhension et partant, de l’explication. Trois principalement pouvaient être évoquées : le carcan imposé par la logique, la présence d’artefacts mathématiques et la proximité atteinte de la part inconnaissable et donc indicible du réel.

1) Il se pouvait qu’à un certain degré de petitesse, la logique qui permet de rendre compte de notre réalité quotidienne cesse d’être d’application et doive être remplacée par une autre.

2) Il était possible aussi que les propriétés dérangeantes du monde physique apparaissant soudain en surface n’étaient en fait que des artefacts dus aux objets mathématiques utilisés dans la modélisation du monde physique.

3) Il était également possible que le monde réel étant ultimement inconnaissable, nous ayions finalement atteint le niveau d’exploration où la compréhension, et à sa suite, l’explication, sont condamnées à se dégrader.

Pire, il était possible que ces trois facteurs se trouvent désormais combinés.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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