LA PRÉSOMPTION DE CULPABILITÉ, par François Leclerc

Billet invité.

« Les obstacles légaux et bureaucratiques à la surveillance doivent être levés », avait réclamé dans une tribune du Wall Street Journal de janvier 2016 Mike Pompeo, qui vient d’être appelé par Donald Trump à diriger la CIA. Partisan d’étoffer les programmes de surveillance électronique de la NSA, il écrivait  alors : « Le Congrès devrait voter une loi rétablissant la collecte de toutes les métadonnées, afin de les combiner avec toutes les données financières ou de consommation publiquement disponibles pour constituer une base de données exhaustive ». Remarquons avant d’aller plus loin qu’un tel projet est déjà en phase de développement… en Chine.

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ET LES ENFANTS ? LES ENFANTS AUSSI ! par François Leclerc

Billet invité.

Devant la baisse continue des ventes des poupées Barbie, le groupe américain Mattel a décidé de lancer « Hello Barbie », qui est connectée via le Wifi ou Bluetooth à Internet et à un serveur, ce qui permet d’écouter et de parler aux enfants. Commercial-Free Childhood, qui agit en défense des enfants, s’en est inquiété car ceux-ci « confient à leurs poupées des détails intimes sur leur vie ». Interrogé sur l’usage qui sera fait des enregistrements recueillis, ToyTalk, le partenaire technologique de Mattel, a seulement déclaré que les données ne seraient jamais utilisées à des fins publicitaires.
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EuropeLE VER EST DANS LE FRUIT, par François Leclerc

Billet invité.

Les dés sont jetés, l’Eurogroupe a remis toute nouvelle négociation aux lendemains du référendum de dimanche prochain, et François Hollande en est pour une mise en demeure sans effet immédiat. Le « non » tient la corde dans les sondages, mais même un retour du « oui » ne changera pas la donne. Ce n’est plus le sort de la Grèce qui est en question, mais celui de l’Europe. Les gouvernements allemand et français ont divergé publiquement, François Hollande ne pouvant plus biaiser.

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LA VIE PRIVÉE EN VOIE DE DISPARITION, par François Leclerc

Billet invité.

Edward Snowden va-t-il remporter une première victoire ? Ce sera le cas dimanche, si le Sénat ne vote pas in extremis la prolongation de la section 215 du Patriot Act. Celle-ci autorise la NSA a collecter et stocker les métadonnées des appels téléphoniques passés depuis les États-Unis, et il ne restera plus alors à l’agence de renseignement qu’à interrompre cette partie de son activité, qui est distincte de son principal outil d’espionnage légalisé, le programme mondial PRISM. Un moindre mal selon les experts, mais un acte symbolique fort.

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Grèce : ENCORE DEUX SEMAINES AU PLUS… par François Leclerc

Billet invité.

Le gouvernement grec a encore deux semaines de trésorerie devant lui au plus selon Yanis Varoufakis qui ne veut pas « tourner autour du pot ». Mais en dépit d’un ton accommodant, une sorte de supplice chinois est poursuivi. Réunion après réunion des « progrès » sont constatés par les dirigeants européens, mais il reste toujours « un effort à faire ». Les fameuses lignes rouges qu’ils se gardent d’identifier font toujours obstacle à l’accord qu’ils veulent imposer et qui porterait un nom : capitulation. Traçant au contraire ses lignes de défense, le ministre grec des finances a formulé deux principes de base : « mettre fin au cycle déflationniste » et « mieux répartir le fardeau des plus faibles sur les autres ».

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LA NSA A DE BEAUX JOURS DEVANT ELLE, par François Leclerc

Billet invité.

Dix-huit mois se sont écoulés depuis les révélations d’Edward Snowden et le Sénat américain vient d’étouffer dans l’œuf, au moins provisoirement, les timides velléités de réforme des activités généralisées d’espionnage de la National Security Agency (NSA).

Sous l’impulsion des sénateurs républicains, l’inscription à l’ordre du jour d’un projet de loi démocrate a été hier repoussé, au prétexte revendiqué de ne restreindre en rien les activités d’espionnage généralisé des réseaux de communication de la NSA. « Alors que les États-Unis mènent une campagne militaire pour affaiblir, démanteler et vaincre l’EIIL, ce n’est pas le moment d’examiner une proposition de loi qui supprime les outils dont nous avons besoin pour combattre l’EIIL », a déclaré le sénateur Mitch McConnell, leader du groupe républicain. Il y avait un avant et un après Snowden en raison du retentissement de son action, entendait-on dire, mais cela ne va pas empêcher la NSA de poursuivre comme avant.

Barack Obama s’étant appliqué à limiter les dégâts, la loi adoptée cet été par la Chambre des représentants n’était pas exempte d’importantes failles et de finesses permettant de se faufiler – à l’image des nouvelles réglementations financières – mais c’était encore trop pour les défenseurs de la NSA au Sénat. Exemple parmi d’autres, que doit-on exactement entendre par « cible » devant être préalablement autorisée par un juge pour être surveillée : une personne, un préfixe téléphonique, un code postal ou une ville entière ?

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« Alors que la Cour suprême des États-Unis s’efforce de subordonner la constitution à la volonté des ploutocrates… »

Alors que la Cour suprême des États-Unis s’efforce de subordonner la constitution à la volonté des ploutocrates…

Voilà des mots bien durs exprimés aujourd’hui et qui ont dû déclencher les sirènes au QG de la NSA (National Security Agency) et ranger pour de bon leur auteur dans la catégorie des « complices objectifs du terrorisme », au cas où il ne s’y trouvait déjà.

L’identité de ce terroriste (du moins en puissance) ?

Martin Wolf, le chroniqueur vedette du Financial Times, dans son plus récent billet : Why inequality is such a drag on economies : pourquoi les inégalités constituent un tel boulet pour les économies.

Quand je vous disais qu’on observe comme un frémissement…

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Big Brother passe la seconde !

La National Security Agency (NSA) américaine enregistre, avec l’aide de la Government Communications Headquarters (GCHQ) britannique, tous nos accès à l’internet, toutes nos communications téléphoniques, tous nos tweets, toutes nos interventions sur Facebook, etc. etc.

C’était encore un peu un scoop quand je l’expliquais en 2011 dans La guerre civile numérique (Textuel) mais depuis les révélations d’Edward Snowden, tout le monde le sait. Ce que nos gouvernements ont fait pour que ça cesse, nous le savons aussi : nada ! zilch ! que dalle !

Savoir qu’on vous espionne en permanence, c’est une chose, vous voir présentée la liste exacte de vos chaussettes ayant un trou sur du papier à en-tête de la NSA ou de la GCHQ, c’en est une autre.

Si vous avez du mal à vous imaginer l’impression que cela fait, regardez donc la vidéo ci-dessous : il s’agit d’ingénieurs d’une compagnie de satellites allemande.

Grisâtres ? Verdâtres ? À vous de juger !

L’article complet sur The Intercept : THE NSA AND GCHQ CAMPAIGN AGAINST GERMAN SATELLITE COMPANIES

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Les 1.001 manières de faire plaisir aux actionnaires

On peut faire plaisir aux actionnaires, et aux détenteurs de stock-options, en remplaçant les salariés par des robots ou par des logiciels : ceux-ci ne reçoivent pas de (beuark !) salaire et on ne verse pas pour eux de charges sociales (quand ils sont foutus, on les envoie à la casse !).

Mais il est possible de faire plaisir aux actionnaires et aux détenteurs de stock-options – miracle de la technique moderne ! – en supprimant des emplois sans même les remplacer par des robots et logiciels, ainsi Cisco, la firme américaine qui construit des serveurs informatiques, a annoncé hier qu’elle licenciait 6.000 personnes, soit 8% de sa main-d’oeuvre, et consacrait 1,5 milliard de dollars de ses bénéfices au rachat de 61 millions de ses actions, augmentant ainsi leur rareté pour les acheteurs éventuels et diminuant le nombre d’actionnaires entre qui distribuer des dividendes.

Au total, depuis 2011, Cisco aura licencié 21.000 salariés et racheté ses propres actions pour un montant de 21,9 milliards de dollars.

Il y a quand même pour nous consoler, un petit bon dieu qui a fait chuter les ventes de Cisco de 23% au cours du trimestre écoulé, ce petit bon dieu est la NSA (National Security Agency) dont une photo circule la montrant introduisant une backdoor dans un serveur, leur permettant de savoir tout ce qui s’y passe. Les Chinois n’aiment pas ça apparemment et ont arrêté leurs achats de produits Cisco – allez comprendre pourquoi ?

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WALL STREET/NSA MÊME COMBAT ? par François Leclerc

Billet invité.

Tenter de décrire un nouveau monde trop méconnu, celui des temps présents, dévoile des aspects de son fonctionnement ne figurant pas dans les récits qui en sont communément faits et dans lesquels nous nous reconnaissons. Cette opacité est à l’origine d’un sentiment diffus et confus se traduisant par le fameux « on nous cache quelque chose ! ». Celui-ci alimente les croyances complotistes latentes et enfouies, refuge tout trouvé pour se prémunir de la complexité du monde et la difficulté d’en comprendre les tenants et les aboutissants. Ainsi que pour voter à tort et de travers par défaut.

L’actualité ne manque pas d’occasions de l’illustrer. Dernière en date aux Etats-Unis, la nomination de Keith Alexander – l’ancien responsable de la National Security Agency (NSA) – comme consultant d’un groupe chargé d’assurer la coordination entre le gouvernement et les banques en matière de lutte contre les attaques informatiques. L’honorable espion s’est en effet reconverti et a fondé une société au nom évocateur : IronNet Cybersecurity Inc., puis a prospecté avec succès en dépit de tarifs estimés à un million de dollars par mois.

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DEVINETTE !

Il s’agit de deviner le nom d’un pays !

  1. Dans ce pays, un ancien ministre de la Justice a lancé un appel à ce que la nation offre le droit d’asile à Edward Snowden.
  2. Dans ce pays, le Vice-Président d’un parti au pouvoir, ainsi que cet ancien ministre de la Justice, demandent le gel des discussions relatives au Traité transatlantique (TTIP).
  3. Il existe dans ce pays un vaste mouvement d’opinion contre le TTIP parce qu’il constitue une menace pour le droit des consommateurs.
  4. Dans ce pays, l’Ambassadeur des États-Unis vient d’être convoqué pour la deuxième fois en six jours pour qu’il rende compte de l’espionnage opéré par la National Security Agency (NSA) en particulier.
  5. Le porte-parole du gouvernement de ce pays a dit hier qu’ « Il existe une différence d’opinion en profondeur entre l’A_______e et les États-Unis sur la question de trouver un équilibre entre la sécurité et le respect des libertés individuelles ».

Allez, je vous ai déjà bien aidé, mais je vous donne deux indices supplémentaires :

  1. Il s’agit d’un pays qui a banni le nucléaire civil parce que c’est trop dangereux
  2. Il s’agit d’un pays critiqué à longueur d’éditoriaux chez l’un de ses voisins réputé pour ses vins et ses fromages.

Voilà, ce ne devrait pas être trop difficile. Si vous ne trouvez pas, vous trouverez les informations mentionnées ci-dessus, ainsi que d’autres encore dans New U.S. Spying Charges Make Trouble for Germany’s Angela Merkel, par Anton Trojanovski, le Wall Street Journal, 10 juillet 2014.

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UNE SOCIÉTÉ DE SURVEILLANCE TRÈS AVANCÉE, par François Leclerc

Billet invité.

Qu’ils s’appellent Google, Facebook, Vodafone, Cisco ou Microsoft, les grands acteurs américains d’Internet cherchent tous à convaincre leurs clients qu’ils ne sont pour rien dans les agissements de la NSA. Mais ils rencontrent une même difficulté pour le prouver, ce qui les conduit à passer à l’offensive pour se défendre. Le ver reste toutefois dans le fruit.

Robert Litt, le principal conseiller du Directeur du Renseignement National (ODNI) – qui coordonne les dix-sept agences de renseignement américaines – a déclaré « que c’est sans aucun doute une perte pour notre nation d’enregistrer que des compagnies abandonnent leur disposition à coopérer légalement et volontairement [avec ces agences] ». En d’autres termes, que cela réduit l’importante zone grise qui permettait beaucoup d’arrangements sans qu’un mandat ne soit nécessaire, comme A.T.&T. et Verizon l’ont confirmé en déclarant ne plus vouloir s’y prêter.

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« EXTRÉMISTE »… COMME VOUS ET MOI

L'insurrection numériqueGuerre Civile - Couverture I

Lorsqu’eut lieu en 2011 la conversation entre Régis Meyran et moi qui déboucha sur mon livre La guerre civile numérique, un différend éclata entre Textuel, l’éditeur, et moi. Dans l’esprit de l’éditeur, le titre de l’ouvrage devait être « L’insurrection numérique », comme en témoigne la première couverture diffusée, que vous trouverez toujours sur Amazon.fr si vous avez l’intention de commander là l’ouvrage. J’avais le sentiment moi que nous nous étions mis d’accord sur « La guerre civile numérique ».

Le titre que j’avais initialement proposé était celui de mon premier billet à ce sujet sur le blog : « La guerre civile techno », consacré au refus par PayPal et Mastercard, le 8 décembre 2010, d’enregistrer désormais les dons faits à Wikileaks. « Techno », m’avait-on objecté, cela fait « musique », et j’avais dit « bon ! ».

Pourquoi ce différend ? Parce que Textuel interprétait les événements en termes d’une insurrection montant de la base, alors que je lisais en eux ceux d’une guerre civile ou s’affrontent deux camps au sein d’une même population et, si l’on suivait mon explication, il était clair que l’initiative de cette guerre civile venait d’en haut, la preuve en étant l’offensive menée contre Glenn Greenwald par une coalition constituée de la Chambre de Commerce des États-Unis et le gouvernement américain. Quand je dis « Chambre de Commerce des Etats-Unis », il ne s’agit pas pour moi d’employer l’expression comme une métaphore pour le big business, non, il s’agit de l’association de ce nom en tant que telle.

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The Guardian : Le Pentagone se prépare à contrer les mouvements de rupture de la société civile, par Nafeez Ahmed

Une vingtaine de mails me sont parvenus à propos de ma vidéo d’hier, Le temps qu’il fait le 13 juin 2014. La moitié approuve la thèse que je défends, l’autre moitié la désapprouve. Point commun des commentaires qui désapprouvent ma thèse : ils ignorent ce qui est écrit dans l’article du Guardian dont ma vidéo est un commentaire. J’ai répondu à ceux qui tentent de me réfuter : « Vous n’avez manifestement pas lu l’article de Nafeez Ahmed ! » Ceux d’entre eux qui m’ont répondu jusqu’ici me le concèdent : non, ils n’ont pas lu l’article du Guardian.

Dominique Gerin (La commentatrice « Alexandria », à l’époque où les commentaires étaient autorisés sur le blog) me fait parvenir une traduction de l’article, ce dont je la remercie.

Le Pentagone se prépare à contrer les mouvements de rupture de la société civile © The Guardian

Nafeez Ahmed, The Guardian, 12 juin 2014

La militarisation des sciences sociales avance en vue du développement d’“outils opérationnels” ciblant militants pacifistes et mouvements de protestation.

Le Pentagone finance la recherche en sciences sociales visant à modéliser les risques de “contagion sociale” susceptibles de porter atteinte aux intérêts stratégiques des États Unis. Photo Jason Reed/Reuters

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LE 21 JUIN 2083 : Hommage mondial à Edward Snowden !, par Jacques Seignan

Billet invité.

[Extrait de l’Encyclopaedia Galactica – Précis d’Histoire uchronique, le XXIe siècle (1)]

Edward J. Snowden mourut centenaire, entouré des siens, dans la reconnaissance et le respect de l’Humanité toute entière. Ses funérailles nationales et mondiales eurent lieu sur la colline du Capitole, le 21 juin 2083, à Washington, capitale des États-Unis d’Amérique. Une foule d’un demi-million de personnes était réunie sur le National Mall, devant son catafalque au pied de la statue de Lincoln, pour honorer son héros. La Présidente des États-Unis, Madame Rigoberta V. Hernandez-Smith fit un émouvant discours devant le Congrès américain en présence du Secrétaire général de l’ONU et des principaux dirigeants de la planète […].
Après avoir évoqué la mémoire de Martin Luther King Jr, là même où il prononça son fameux discours, elle rappela naturellement le précédent de la cérémonie officielle d’hommage à Nelson Mandela, dans le stade de Soweto, le 10 décembre 2013 : le monde entier uni pour célébrer le courage d’un autre combattant de la liberté (2). Comme lui, jeune homme, il avait tout sacrifié, famille, vie normale, carrière, pour une cause qu’il pensait être supérieure à sa propre liberté ou même à sa propre vie (3). Comme Nelson Mandela, au début il fut un paria aux yeux des puissants de ce monde. Lors de sa tentative pour rejoindre un autre pays d’asile, la CIA le kidnappa contre toute règle du droit international – mais ils avaient l’habitude de procéder ainsi, au-dessus des lois avec des complices un peu partout (4) – et, comme lui encore, il passa de longues années en prison dans de dures conditions d’isolement. Mais rien ne le fit renoncer. La Deuxième Révolution américaine permit enfin non seulement de le faire libérer mais ensuite de lui donner un rôle à sa hauteur : il devint le 50ème Président des États-Unis d’Amérique […].

Ainsi un seul homme avait-il déclenché un changement majeur dans le cours de l’Histoire comme cela peut arriver de façon très rare mais récurrente, jouant comme un rôle de catalyseur, souvent pour le meilleur, parfois pour le pire. La lutte fut certes longue, indécise et au début sembla par trop inégale. Mais le grain de sable était là : les yeux s’ouvrirent enfin devant un déluge de révélations, les unes les plus incroyables que les autres (des pays entiers mis sous écoute par exemple). L’entreprise de surveillance la plus totalitaire jamais vue – menée par la National Security Agency, NSA (5) – fut finalement démantelée grâce à son action exceptionnelle (une œuvre de salut public), tout comme le Héros sud-africain contribua à mettre fin à l’apartheid. Les conditions d’émergence de ce type de pathologies sociales (NSA, apartheid etc.), conséquences monstrueuses d’une civilisation fondée sur les inégalités extrêmes, le capitalisme comme stade ultime du néolithique, furent rendues impossibles par l’avènement d’une nouvelle étape dans l’Histoire des Hommes, après le Grand Tournant.

La leçon historique est connue : il est plus facile de célébrer un héros après sa mort que de son vivant ; le courage des héros vivants est trop dangereux pour les castes dominantes en raison de  risques de contagion sérieux et avérés .

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