Archives par mot-clé : nucléaire

Nucléaire belge – La lettre et l’esprit de la loi – L’autojustification humaine a posteriori, par Cédric Chevalier

Billet invité

Le dossier du nucléaire civil, un des sujets phares de ce blog, connaît des développements critiques en Belgique.

Pour ceux qui suivent l’actualité belge, vous aurez remarqué qu’un des dossiers chauds du moment est la prolongation ou non des deux réacteurs nucléaires civils situés à Doel (à 25 km au Nord d’Anvers en Belgique) : Doel 1 et Doel 2.

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L’évaluation du risque pour les centrales nucléaires, par Benoit Puel

Billet invité

Ce week-end on parlait avec un ami de l’évaluation du risque pour les centrales nucléaires. Son point de vue était que ce calcul de probabilité d’accident, soir disant faible, est mal fait (au vu de l’histoire). De mon côté j’ai essayé de défendre le point de vue de Paul Jorion qui est que le problèmes ne vient pas tant de l’évaluation faite du risque qui est donné centrale par centrale mais plus du fait qu’il n’a pas été pris en compte le fait que ce risque se cumule pour chaque centrale en fonctionnement.

Jusque là, je comprenais cet argument, mais il me manquait malgré tout une démonstration pour m’en convaincre. Alors j’ai décider d’y regarder de plus près.

Pour me l’expliquer je suis parti d’un cas simple. Si je prends un dé à 6 faces, j’ai 1 chance sur 6 de tomber sur le chiffre 1 à chaque tirage. La probabilité est donc de 1/6 (16,6 %). Maintenant, si on lance deux dés à 6 faces, quelle est la probabilité qu’il y est au moins un 1 par lancé ?

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CENTRALES NUCLÉAIRES, LEGS DE L’URSS À L’UKRAINE, par Georges Lagarde

Billet invité

C’est en URSS que l’accident de Tchernobyl s’est produit mais c’est maintenant dans le nord de l’Ukraine, près de ses frontières avec la Biélorussie et la Russie, que « l’arche de confinement » (financée par les pays du G7, l’Ukraine et la BERD) est en cours de construction dans l’espoir d’isoler les restes de la centrale pendant un siècle.

La moitié de la production d’électricité ukrainienne est actuellement fournie par 15 réacteurs nucléaires. Ils ont été conçus en Russie. Bien qu’il y ait de l’uranium en Ukraine, ils sont alimentés par du combustible produit en Russie (par TVEL) et c’est aussi en Russie que ce combustible est retraité (avant que les déchets ne reviennent bien sûr finalement en Ukraine).

En cas de problèmes financiers ou de mauvaises relations avec ses fournisseurs habituels, le gouvernement de Kiev aura beaucoup de difficultés pour assurer la sécurité de ses centrales, même si elles sont plus récentes que celle de Tchernobyl. Étant donné la forte proportion du nucléaire dans la production d’électricité, il semble très difficile à l’Ukraine de se passer de ces centrales.

Ce n’est bien sur qu’un exemple parmi d’autres de l’imbrication des composantes de l’ex-URSS les unes avec les autres mais il peut être utile à ceux qui veulent se faire une idée réaliste de la situation…

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DU RÔLE D’UN INTERRUPTEUR DANS L’HISTOIRE DE L’HUMANITÉ, par Jacques Seignan

Billet invité, en réaction à la révélation d’un incident impliquant la bombe H sur le sol américain, intervenant 50 ans après les faits

Dans un document déclassifié, on apprend que la 4ème sécurité, un « modeste interrupteur à faible voltage », a joué son rôle (héroïque) et que la bombe H n’a pas explosé ce qui aurait détruit « Washington, Baltimore, Philadelphie et même New York (…), ce qui représente plusieurs millions d’habitants ».

Évidemment, je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux univers parallèles évoqués dans l’inoubliable conférence donnée par Paul Jorion au théâtre du Rond-Point. Dans un de ces univers, le faible voltage n’est pas efficient et la civilisation où nous vivons disparait sous sa forme – et le reste des hommes sur Terre souffrent encore de l’hiver atomique. En effet, devant la soudaineté de l’accident, les forces américaines stratégiques auraient pu penser que les Soviétiques avaient franchi le pas d’une première frappe et ils auraient à leur tour atomisé la moitié de la Russie. S’ils avaient compris que c’était un accident, on peut aussi imaginer qu’ils auraient quand même détruit l’URSS pour éviter par « patriotisme » un tel déséquilibre… Et même dans l’univers où les États-Unis ne répliquent pas, la situation est très difficile…(en particulier pour l’Europe)

Donc on en est arrivés au stade « civilisationnel » où un interrupteur peut faire péter le système et bien sûr il est clair qu’on est toujours là pour les centrales nucléaires, comme Fukushima le démontre chaque jour. Au moins Mme Merkel, qui a eu une formation de physicienne, n’a pas barguigné devant ce risque systémique.

Je crois que cette histoire effrayante et exemplaire restera étouffée ou alors mentionnée comme une anecdote dans la petite histoire.

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FUKUSHIMA : LA VRAIE ÉCHELLE D’UNE CATASTROPHE, par François Leclerc

Billet invité

Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima-Daiichi, est parvenu à l’arrêt à froid de ses trois réacteurs en activité lors de la catastrophe. Mais il vient d’être rappelé que leurs cœurs ont fondu et que nul ne connaît leur situation en bas de leurs cuves, que l’on suppose être percées sans pouvoir y accéder.

Un dégagement de xénon dans le réacteur n°2 est venu signaler qu’un processus de fission nucléaire y était en cours, ou était intervenu, nécessitant des injections d’acide borique afin de contrôler la réaction en chaîne qui en résulte. Il ne peut être exclu qu’un même phénomène se produise dans les deux autres réacteurs, traduisant leur instabilité nucléaire, quand bien même la température mesurée confirme que ces phénomènes sont limités. La possibilité d’un incident critique est estimée faible, ce qui signifie qu’elle ne peut être écartée.

L’objectif actuel de limiter au maximum les rejets radioactifs de la centrale n’est que partiellement atteint. Avant de s’attaquer à la conception de son démantèlement, de ses procédures et des outils qu’il va falloir créer pour y parvenir. On parle de plusieurs dizaines d’années de travail. À une telle échelle, cette opération n’a jamais été réalisée et présente de nombreuses inconnues.

Il est entre-temps apparu que ces rejets avaient été largement sous-estimés, notamment dans la mer, et que leurs conséquences à long terme étaient inconnues. À l’intérieur des terres, la décontamination est entreprise dans une grande confusion, faute d’autorité centrale opérationnelle. Les opérations en cours risquent de créer plus de mal que de bien, les aspersions d’eau pour décontaminer les voies de circulation et les façades pouvant aboutir à concentrer la radioactivité dans les égouts, dans un premier temps ; il en est de même pour les sols qui ont été raclés et dont les revêtements sont, faute d’autres instructions, enfouis dans des excavations et simplement recouverts de bâches en plastique. On parle ici de millions de tonnes.

Tchernobyl a montré comment, même une fois le pire évité, l’échelle d’une catastrophe nucléaire dépassait par son ampleur et sa durée ce qui était concevable et maîtrisable. Fukushima renouvelle cette démonstration et fait craindre qu’avec le temps elle tombe à son tour dans l’oubli.

Les centaines de milliers de Japonais qui ont été déplacés ou restent dans l’angoisse d’une contamination sournoise car invisible vivent désormais dans un autre univers dont ils doivent s’accommoder, une réussite technologique !

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FUKUSHIMA : une décontamination très mal partie, par François Leclerc

Billet invité

L’opérateur se débat toujours avec la décontamination des masses d’eau hautement radioactives, diminuant en désespoir de cause les injections d’eau de refroidissement dans le réacteur n°3, au risque d’une élévation de sa température, afin de ne pas accroître leur volume. Ce réacteur est en effet le plus fort contributeur à la production d’eau contaminée.

Le système de décontamination en service fonctionne en effet toujours très en dessous de son rendement prévisionnel, tandis qu’un nouveau système, fabriqué au Japon, va être installé et doit encore être testé.

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L’actualité des crises : MÊME MOTIF, MÊME PUNITION, par François Leclerc

Billet invité

« La France n’est pas le Japon, qu’un séisme et un tsunami y ravagent une centrale nucléaire est invraisemblable ». Les défenseurs de l’électro-nucléaire s’en sont d’abord tenus à cette seule parade pour écarter tout risque, inquiétude et raison même de s’interroger. Craignant – on ne sait jamais – de voir surgir le fantôme d’une époque maintenant ancienne où l’option nucléaire était l’objet d’une vigoureuse contestation.

Fukushima tombant dans les oubliettes des médias, happés par de nouveaux sujets tous les deux ou trois jours, des tests de résistance européens allaient être séance tenante organisés, afin de lever les derniers soupçons, pour faire oublier l’alarmisme gouvernemental des premiers jours de la catastrophe, rétrospectivement sans fondement.

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SORTIR DU NUCLEAIRE ?, par Paul Tréhin

Billet invité

Sortir du nucléaire sans repartir vers l’utilisation de combustibles fossiles, bien entendu, il faut absolument le faire, mais de quel nucléaire parlons-nous ? Il semble maintenant clair que la fission nucléaire aura été une impasse technologique désastreuse et tout autant limitée dans le temps que ne l’auront été les énergies fossiles charbon et pétrole… Pour ce qui est de l’énergie nucléaire à base de fusion, les quantités d’énergie disponibles pourraient être phénoménales et, au moins en théorie, ne pas causer de dégâts directs immédiats ou futurs à l’environnement. Si je me rappelle bien, les déchets – essentiellement de l’hélium – ne sont pas radioactifs, mais il existe tout de même un risque de production d’isotopes radioactifs suite au rayonnement de neutrons à haute énergie, toutefois en faibles quantités. Cependant l’énergie nucléaire de fusion atomique est encore très loin d’être maîtrisée, sans compter que comme toute source d’énergie elle va produire un déchet bien encombrant, même si, sans grand danger immédiat : la chaleur…

Il reste à aborder un aspect fondamental qui est celui de la qualité de l’énergie produite : est-elle facilement stockable, transportable, utilisable à moindre risque pour des applications usuelles dans l’environnement au sens large (la nature, l’homme…) ?

De nombreuses solutions ont été inventées pour produire de l’énergie de manière moins polluante, cependant en l’état actuel des connaissances et même des recherches envisagées, ces énergies restent loin d’avoir la densité et la facilité de stockage, ou de transport et de versatilité ou de mobilité dans leurs utilisations, par comparaison avec les sources d’énergies telles que les produits tirés du pétrole : essence et diésel.

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UN VOLCAN ISLANDAIS, FUKUSHIMA, LA REVOLUTION, par zébu

Billet invité

Comme dans les jeux enfantins, on peut proposer de trouver l’intrus parmi différents termes d’une proposition, mais il se pourrait bien que cette fois, il n’y ait point d’intrus.

Dans le choix des risques, nous pouvons être confronté à 2 types de risques : des risques naturels et des risques humains et technologiques (les risques technologiques ne sont que des effets des risques humains), le dernier terme de la proposition étant une conséquence des risques encourus ou une solution pour les éviter.

Il apparaît étrange de pouvoir lire ces trois termes côte à côte, tant ils semblent disparates : un élément naturel, une centrale nucléaire en déperdition et un phénomène politique. En précisant bien, on y ajoute même des périodes de l’histoire et des lieux différents, puisque le volcan islandais en question est le Läki au 18ème siècle, Fukushima au Japon du 21ème siècle et la révolution un phénomène… trans-historique et trans-géographique.

Pourtant, à y regarder de près et justement parce que ceux-ci sont par trop éloignés, la comparaison de ces termes est non seulement opportune mais aussi nécessaire.

En 1783, le volcan Läki entra en éruption en Islande, provoquant une fissure éruptive de 40 km de long, d’où sortira le plus grand épanchement lavique de tous les temps, l’équivalent de deux fois le débit du Rhin à son embouchure… par seconde.

Un véritable hiver volcanique s’ensuivit, par la projection de cendres et de pluies d’acides sulfuriques, provoquant des hivers terribles, réduisant la production alimentaire et créant les famines en Europe de la fin des années 1780. Des orages de grêle par exemple, en plein été, détruisirent une bonne partie des récoltes de l’année 1788 en France. Le prix d’un boisseau de blé, de 11 sols en 1706, passa à 206 au printemps 1790. L’un des rares scientifiques de l’époque à avoir fait le lien entre l’observation des intempéries météorologiques et l’éruption du Läki fut Benjamin Franklin, un des pères de la révolution américaine de 1776.

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FUKUSHIMA, SYMPTOME D’AGONIE, DEBORDEMENT DE COMPLEXITE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Après l’analyse de la valeur par le caractère personnel et social de l’humain, après la présentation du prix comme conséquence d’options de répartition des causes de la valeur entre des rôles humains distincts, voici une proposition d’application du marché d’option à la prévention de la complexité technologique spéculative.

Imbrication humaine des causes

D’après les informations qui nous ont été données, le tremblement de terre du 11 mars au Japon a normalement déclenché la procédure de mise en sécurité de la centrale nucléaire de Fukushima. Puis le tsunami est arrivé et a noyé les pompes de secours de refroidissement des réacteurs. Pour une panne d’électricité, la vie de millions de gens est mise en danger et une portion inconnue du tout petit territoire japonais risque d’être stérilisée pour longtemps. Des faits naturels se conjuguent dans une catastrophe où les conséquences apparaissent disproportionnées aux actions subjectives qui ont été effectivement engagées ou qui pouvaient être engagées pour les éviter.

La disproportion met en regard des pertes incalculables en vies humaines et en dégradation du milieu de vie avec un investissement et un objectif initiaux qui avaient un certain prix ; un investissement qui a « économisé » la vie humaine mais bien en deçà de ce qui avait été promis. Des options ont été prises à l’origine de la centrale électrique accidentée. Un projet avait été défini dans lequel un certain calcul faisait apparaître que l’électricité nucléaire à produire vaudrait globalement plus que les dépenses de conception, de construction et d’entretien sur toute la durée de vie de l’infrastructure. La comparaison du projet avec des modes alternatifs de production de la même quantité d’électricité, disponibles au même moment, avait laissé penser que le nucléaire rendrait la plus grande valeur. Le même objectif de production serait atteint à moindre coût avec les réacteurs de Fukushima. Mais que contenait vraiment l’objectif ?

En prix humain, la catastrophe en cours révèle une immense erreur de calcul. L’investissement et les coûts engagés jusqu’au tremblement de terre sont assimilables au versement d’une prime d’option dont le prix nominal a été le chiffre d’affaires encaissé par l’exploitant Tepco. L’échéance de l’option était la durée de vie prévisionnelle de la centrale électrique. Le contrat nominal sous-jacent au chiffre d’affaires prévisionnel était l’ensemble des normes techniques, sanitaires et politiques impliquées dans l’autorisation formelle publique à produire de l’électricité nucléaire. Tout le calcul financier à l’origine de la construction de la centrale s’est fondé sur une séparation politique normative de l’acceptable et de l’inacceptable ; et sur une anticipation de la disponibilité des techniques requises au respect des engagements pris. L’erreur de calcul bien apparente après la catastrophe se trouve donc dans la délimitation juridique même du civilement acceptable, donc dans l’évaluation des techniques propres à respecter les normes retenues et enfin dans l’effectivité des contrôles réalisés pour garantir le prix de revient anticipé de l’électricité produite.
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