UN VOLCAN ISLANDAIS, FUKUSHIMA, LA REVOLUTION, par zébu

Billet invité

Comme dans les jeux enfantins, on peut proposer de trouver l’intrus parmi différents termes d’une proposition, mais il se pourrait bien que cette fois, il n’y ait point d’intrus.

Dans le choix des risques, nous pouvons être confronté à 2 types de risques : des risques naturels et des risques humains et technologiques (les risques technologiques ne sont que des effets des risques humains), le dernier terme de la proposition étant une conséquence des risques encourus ou une solution pour les éviter.

Il apparaît étrange de pouvoir lire ces trois termes côte à côte, tant ils semblent disparates : un élément naturel, une centrale nucléaire en déperdition et un phénomène politique. En précisant bien, on y ajoute même des périodes de l’histoire et des lieux différents, puisque le volcan islandais en question est le Läki au 18ème siècle, Fukushima au Japon du 21ème siècle et la révolution un phénomène… trans-historique et trans-géographique.

Pourtant, à y regarder de près et justement parce que ceux-ci sont par trop éloignés, la comparaison de ces termes est non seulement opportune mais aussi nécessaire.

En 1783, le volcan Läki entra en éruption en Islande, provoquant une fissure éruptive de 40 km de long, d’où sortira le plus grand épanchement lavique de tous les temps, l’équivalent de deux fois le débit du Rhin à son embouchure… par seconde.

Un véritable hiver volcanique s’ensuivit, par la projection de cendres et de pluies d’acides sulfuriques, provoquant des hivers terribles, réduisant la production alimentaire et créant les famines en Europe de la fin des années 1780. Des orages de grêle par exemple, en plein été, détruisirent une bonne partie des récoltes de l’année 1788 en France. Le prix d’un boisseau de blé, de 11 sols en 1706, passa à 206 au printemps 1790. L’un des rares scientifiques de l’époque à avoir fait le lien entre l’observation des intempéries météorologiques et l’éruption du Läki fut Benjamin Franklin, un des pères de la révolution américaine de 1776.

Alors que cet hiver volcanique toucha une bonne partie de l’hémisphère nord, de l’Amérique du Nord jusqu’en Egypte, seule la France entrera en révolution en 1789, de sorte qu’il paraît excessif de corréler trop étroitement ces deux évènements.

Reste qu’à la veille de la révolution française, la population subissait déjà les conséquences de cet hiver volcanique provoqué par l’éruption du Läki en 1783 (mais dont les émissions de cendres perdurèrent jusqu’en 1785) et réclamait du pain, dont le prix explosait, quand Marie-Antoinette, de sa fameuse phrase, leur répondit « Qu’ils mangent de la brioche ! ». S’il est vrai que les conditions politiques et financières forcèrent le Roi à convoquer les Etats Généraux pour trouver une solution à la faillite en cours, un des prolégomènes de cette révolution fut que l’ensemble de la chaîne alimentaire fut touchée par l’éruption phénoménale du Läki. La famine, alliée aux catastrophes climatiques et à la gabegie de la royauté française, participa à l’émergence d’un mécontentement tel que Louis XVI fut forcé de convoquer ces Etats Généraux, qui n’avaient pas été convoqués depuis… 1615.

Autre période, autre lieu.

Fukushima, Japon, aujourd’hui. Après un tremblement de terre très important (mais pas « exceptionnel » en ces terres, comme se plaisent à le dire les commentateurs), suivi d’un tsunami dévastateur, la centrale nucléaire alimente la chronique maintenant quotidienne de l’actualité mondiale, parfois mise sous le boisseau selon les actualités (intervention en Libye, crise en Syrie, élections ici ou là) mais toujours en toile de fond du récit médiatique, tel un feuilleton improbable que des téléspectateurs incrédules suivent, hagards et impuissants. Si l’élément naturel est certes à l’origine de la catastrophe (que d’aucuns eurent le plus grand mal à nommer ainsi), les prolégomènes de celle-ci sont cette fois à rechercher plus en amont, comme le déclarèrent certains experts japonais mais aussi des scientifiques de renom : l’origine de la catastrophe est bien humaine.

Par esprit de lucre. Ou par orgueil prométhéen.

Les preuves commencent à s’accumuler quant à la « faute humaine » : niveau des pré-requis trop faibles quant à la construction, économie sur la sécurité et plus largement, quant au nucléaire, rêve de domination de la fission nucléaire qui tourne au cauchemar, tant il est vrai que cette domination est factice : en lieu et place, les humains en sont contraints à jouer les arrosés arroseurs…

De sorte que n’apparaît guère comme évident l’intérêt de comparer les deux évènements, ni même de savoir ce que vient faire la révolution en cet espace et ce temps, où nul ne parle d’insurrection populaire, au Japon ou ailleurs, hormis dans les pays arabes et pour d’autres raisons.

Pourtant, cet intérêt s’avère plus solide que jamais, si la catastrophe de Fukushima devait perdurer. Car, tout comme le Läki, Fukushima a atteint des strates, en deçà desquelles nous touchons à l’ontologie de l’espèce humaine, à savoir sa survie.

Déjà touchés par la furie des éléments naturels, la terre en premier lieu puis l’eau, les êtres humains commencent à faire face non pas à une furie mais à une « contamination », lente, insidieuse et impalpable d’éléments tout aussi essentiels pour sa survie : l’air, avec la propagation d’éléments radioactifs et les substances nutritionnelles qu’ils absorbent pour se nourrir, soit la chaîne alimentaire ; l’eau, le plus important d’entre eux, étant possiblement contaminé. De sorte que non seulement les Japonais devront faire face à une possible « contamination » à grande échelle de leur chaîne alimentaire mais qu’une bonne partie des êtres humains sur cette planète sont potentiellement concernés par ce risque maximum : on ne parle plus de « contaminations » localisées ou de catastrophes que l’on puisse circonscrire mais bien de catastrophe généralisée à l’échelle de la planète, a fortiori si le plutonium contenu dans le réacteur n°3 se vaporise dans l’atmosphère en cas d’explosion du réacteur (ce qui est un risque non nul si le corium apparemment formé entre en contact avec de l’eau), sans compter le risque de contamination des océans.

Dans ce choix des risques (si tant est que nous ayons le choix), il est donc bien évident que celui de Fukushima appartient au haut de la liste à très court terme : si le CO2 est certes un risque maximal au travers du réchauffement de la planète, il ne l’est cependant pas dans l’immédiat.

Fukushima, oui.

Le Läki, d’origine naturelle, et Fukushima, causée par l’homme, se rejoignent donc dans les effets : planétaires, atteintes à la chaîne alimentaire, psychose collective.

Car de cela non plus nous ne parlons pas. Mais de plus en plus de pays, proches dans un premier temps et certainement moins si la catastrophe s’amplifie, mettent en place des embargos sur les produits alimentaires provenant du Japon, en attendant de mettre en place un embargo plus étendu sur tout ce qui proviendra de ce pays. De sorte que ce containment renforce celui mis en place par les autorités japonaises elles-mêmes sur les produits provenant des régions « contaminées », étouffant encore plus la chaîne alimentaire dans son approvisionnement et ses débouchés et renforçant la crise psychologique en cours.

Par leurs effets, Läki comme Fukushima nous signifient les mêmes choses : quand la chaîne alimentaire est touchée, l’être humain devient alors « hors de contrôle », car il en va de sa survie, tant individuellement qu’en tant qu’espèce.

Face à cela, les pouvoirs de coercition apparaissent bien faibles, le pouvoir médiatique étant battu en brèche et internet une ressource collectivement répandue pour s’informer.

Au Japon même, où les commentateurs louaient (consciemment ou non) l’abnégation du peuple, pour ne pas dire la passivité et le fatalisme, certains commencent à demander des comptes.

En Allemagne, des manifestations monstres rassemblant plusieurs centaines de milliers de participants se sont déroulées contre le nucléaire et l’attitude opportuniste de Madame Merkel ; attitude qui ne lui aura d’ailleurs pas servi pour les élections qui viennent de se clôturer en Bade-Wurtenberg par une défaite de son parti et de celui des libéraux du FDP.

De sorte qu’il serait logique que si la catastrophe de Fukushima se poursuit (et rien ne semble pour l’instant indiquer le contraire : on parle de plusieurs semaines, voir de plusieurs mois d’émissions radioactives), nous serons bientôt placés devant le risque maximum pour les êtres humains : l’atteinte à la chaîne alimentaire, sans compter la contamination de l’air et de l’eau. Que cette contamination soit « dangereuse » en termes effectifs ou non n’est pas la question car les populations concernées seront des plus suspicieuses, le précédent de Tchernobyl hantant les discours publics proférés sur l’absence de danger.

Nous sommes donc loin devant le risque économique voir financier que peut représenter cette catastrophe, risque réels mais peut-être « limités » potentiellement. Ou même d’un risque de contamination, même important, sur un espace localisé, à savoir une région du Japon (et quand bien même le Japon, qui n’est qu’une région de la planète), à l’inverse de ce que nous avons pu connaître avec Tchernobyl, le sarcophage mis en place au prix du sacrifice de dizaines de milliers de « liquidateurs » d’Europe de l’Est nous ayant protégé d’une contamination de longue durée et d’une confrontation à un tel « choix » des risques.

Par les « vertus » de la libéralisation sans frontières, confortée médiatiquement, nous sommes donc confrontés aux effets d’un système mondialisé qu’il nous faut reconnaître, par delà le nucléaire.

Mais aussi démanteler.

Et ce d’autant plus vite que la terre n’a pas attendu d’être « mondialisée » par l’homme pour mondialiser les effets d’une contamination, qu’elle soit volcanique ou nucléaire, les vents en altitude narguant les frontières depuis des lustres : le Läki est justement le type même d’expérience dont nous devrions analyser les retours.

Or, un de ces retours d’analyse est que justement les effets de cet hiver volcanique participèrent à l’émergence d’une révolution en France, pays où les ferments étaient déjà en place pour une telle explosion.

De sorte que nous pourrions poser ainsi différentes questions : à causes différentes et mêmes effets, mutatis mutandis, quel(s) pays connaîtr(a/ont) les mêmes conséquences, à savoir entrer en révolution ?

Et si la révolution française mit à bas un régime que l’on qualifia rétrospectivement « d’ancien » pour mettre en place un « nouveau » régime, la question qui se pose alors immédiatement est : vers quoi aller, en lieu et place ?

Enfin, la question est aussi : combien de temps les structures sociales de nos sociétés pourront-elles résister à l’angoisse de ce risque majeur, réel ou non, avant qu’elles ne rompent ou qu’elles n’implosent pour répondre à cette angoisse ?

Concernant l’éruption du Läki, la société française, déjà durablement impactée par l’ancien régime, résista près de 6 ans. Ce ne fut qu’avec les épisodes les plus dramatiques de 1788, qui provoquèrent des famines mais aussi probablement des ruptures psychologiques collectives (au même titre mais d’un ordre différent qu’avec la peste de 1348), qu’un « seuil » fut apparemment franchi.

En Allemagne, la réponse fut apparemment massive, en termes de manifestants.

Comme le fut la sanction politique.

De même, pourrait-on dire, le désaveu du système politique actuel par l’abstention record que vient de connaître la France ce même jour.

Mais est-ce suffisant ?

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261 réflexions sur « UN VOLCAN ISLANDAIS, FUKUSHIMA, LA REVOLUTION, par zébu »

  1. La forme narrative me laisse bouche bée, (comme toujours quand zébu se met à « raconter des histoires »), et le fond révèle une question effectivement inattendue : que la chaîne alimentaire soit touchée à grande échelle. Mais la conclusion principale, (« quel(s) pays connaîtr(a/ont) les mêmes conséquences, à savoir entrer en révolution ?« ), me semble un peu faible eu égard à ses prémisses. Si la pollution de Fukushima s’éternise et produit un peu partout des pluies radioactives et aléatoires, les conséquences seront totalement imprévisibles, surtout dans nos sociétés réglées comme des moteurs de Formule 1.

    1. @ Crapaud Rouge :
      « un peu faible eu égard à ses prémisses » :
      C’est exact, si on ne tient compte que de l’aspect politique de la révolution française.
      Plus largement, ce fut cependant une véritable rupture, sur tous les plans : sociaux, religieux, psychologiques, …
      La formule ‘Ancien Régime’ indique bien cette rupture.
      L’exécution de Louis XVI ne porta pas ‘que’ sur le corps physique de la royauté : elle déclara aussi l’exécution du corps mystique de celle-ci, chose inouïe alors, même pour des anglais qui en coupèrent pourtant plus d’une, de têtes royales.
      L’hiver volcanique fut terrible. Mais qu’a retenu la mémoire collective (et pas uniquement celle des français) ? L’éruption du Läki ou la révolution française ?

      Pourtant, avec Fukushima, on passe effectivement à un autre niveau, en intensité et en espace concerné.
      En intensité, car le risque majeur avec la radioactivité est justement sa durée et son impact sur la chaine alimentaire, que n’a pas eu l’hiver volcanique provoqué par le Läki.
      En espace concerné, du fait de la mondialisation actuelle, les effets subis ne seront pas ressentis que dans une partie de l’hémisphère nord, comme en 1783 mais bien pour l’ensemble des pays intégrés dans cette mondialisation.

      ‘Entrer en révolution’, c’est entrer dans une rupture profonde, dont la suite est imprévisible.
      Une rupture mondiale.

      Fukushima est notre parangon volcanique, au niveau qui est le sien : potentiellement ravageur, mais encore potentiellement.
      Car à la différence d’une éruption volcanique, une catastrophe humaine peut (encore) être contrôlée par ceux qui l’ont créé.

      1. Je suis un peut énervé par ZEBU,pas par vous,mais par la réponse de la cuisse du Jupiter rouge..

        Bravo,vous résumez la situation,à part la révolution qui me fais rigoler..

        Qui seras bête pour léguer des gènes pollués à une descendance ???
        Perso,je crois plus à l’avenir en connaissance de causes,me tenir informer grâce à vous,au Blog (merci Mr P Jorion)et m’amuser le temps qu’il me reste..
        Merci ZEBU,en vous avoir lu je retrouve comme avec PJ des mots JUSTES,(sauf la révolution,ha ha)
        merci encore

      2. Merci Zébu. J’ai un article en gestation sur un thème similaire. J’en prends de la graine. Je vais pomper un peu…(en te citant).

      3. Le parallèle avec le Läki est excellent ! ne pensez-vous pas cher zébu que la crise financière mondiale à partir de 2007/2008 a eu comme conséquences entre autres les révolutions de Tunisie, d’Égypte, du Yemen, de Libye et du Bahreïn ? la chaîne alimentaire a bien été touchée en Afrique (du nord aussi) et la situation économique des jeunes et des chômeurs, qui ont lancé les premières flammes des révolutions arabes, peut être mise en relation avec la crise financière de la même manière comme vous le faite.

  2. Fukushima, même à devenir dix fois pire que Tchernobyl, restera un épiphénomène…

    Nos sociétés sont en train de basculer parce que les politiques, soucieux de leurs réélections, on fonctionné, à de rares exceptions, comme des apothicaires de leurs petits intérêts plutôt que de penser à l’intérêt général. On a même l’impression que ce phénomène de « je sauve ma gueule avant la cata » s’amplifie avec la montée des problèmes.( voir Sarkophage par exemple..)

    Certes votre analogie n’est pas inintéressante, même si vous utilisez le rapport de similitude de manière un peu mécanique sur ce blog, un peu comme un prof s’accrocherait à des recettes…

    Bien sûr que non que ce n’est pas suffisant !

    Les gens vont se révolter toujours plus (je l’espère et je fais tout dans ce sens) car le capital toujours plus virtuel du « feignant qui prête » a pris maintenant de manière trop absurde le pas sur la force vive du travailleur. Le travailleur, pas totalement demeuré, sait bien que le crédit n’est pas la solution… mais il sait aussi que les maîtres du crédit ne méritent pas de tenir les rênes ; ils ne sont pas honnêtes, ils sont méprisants… pas humains en quelque sorte.

    En réalité, pour faire simple, mais pourquoi faire compliqué ?… Les états, le FMI, les gros fonds de pension, tous sont actuellement insolvables, il n’ont que du papier dans les mains, papier que l’inflation est en train de faire disparaître. (J’aime assez l’image d’un fondu enchaîné : l’argent virtuel s’évapore, remplacé par du réél vraiment utile)

    Nous approchons gentiment des limites d’un système humano planétaire : ressources toujours plus chères, populations excédées, états de moins en moins en mesure de « tenir » la foule…
    A se demander si les dirigeants ne sont pas ravis du Jasmin arabe et de l’épiphénomène Fukushima… Beaux nuages de fumée dans notre monde « tout médiatique »… où on fait comme si la plus grande conflagration mondiale à ce jour n’avait pas encore commencé.

    1. Chacun voit une des crises comme déterminante, mais c’est la conjonction de toutes ces crises économique et financière, des ressources, politique, énergétique, guerres, catastrophes, de l’oligarchie etc… qui rend inéluctable la fin du système.

    2. Non, Mike.

      Les Russes pouvaient être sacrifiés. Ils ignoraient encore trop les conséquences.
      Là, même si les Japonais furent pour certains kamikaze, les mentalités ont changé.

      Et le reste de la planète aussi.

      1. Exact Yvan.
        Je ne vois pas les dizaines de milliers de liquidateurs à Fukushima.
        Et je les comprends parfaitement : maintenant, depuis, Tchernobyl, ils savent.

      2. Il n’y a que Proglio pour répondre que la cata tchernobyl a provoqué moins de morts que les routes de France en une année.
        Conclusion du gars: le nucléaire n’est pas dangereux…la Classe!

      3. les mentalités ont changé.

        Et le reste de la planète aussi.</blockquote
        Oui, du coup l'agence de protection de l'environnement américane (EPA) vient de retirer 8 des 18 moniteurs de radiations en Californie car ceux -ci affichaient des relevés trop élevés !
        (http://www.bloomberg.com/news/2011-03-21/some-radiation-tracking-air-monitors-may-not-be-working-properly-epa-says.html)

        La collusion entre l'EPA et le lobby nucléaire est telle qu'une reforme des taux de radiations dangereux est programmées, pour les relever…
        In 1992, the EPA produced a PAGs manual that answers many of these questions. But now an update to the 1992 manual is being planned, and if the “Dr. Strangelove” wing of the EPA has its way, here is what it means):

        * A nearly 1000-fold increase for exposure to strontium-90;
        * A 3000 to 100,000-fold hike for exposure to iodine-131; and
        * An almost 25,000 rise for exposure to radioactive nickel-63.

        (http://www.tennessean.com/article/20110316/NEWS08/110316027/1969/NEWS/Group-warns-EPA-ready-increase-radioactive-release-guidelines-?odyssey=nav|head)

    3. « Fukushima, même à devenir dix fois pire que Tchernobyl, restera un épiphénomène… »
      A mon sens, si les choses continuent à empirer, non.
      Il me semble que vous n’avez pas compris, justement, l’analogie : toucher à la chaine alimentaire, c’est toucher l’insondable, l’animal en nous. Et ce que craint le plus l’être rationnel : la contamination, invisible, inodore.
      La contamination du feu nucléaire contamine les trois autres éléments : terre, eau et air.
      Mais à échelle mondiale.
      On est loin, très loin, d’un ‘ras le bol’ d’un personnel politique, de la ‘vie à crédit’, de travailleur, de capitaliste, …
      Tout comme le Läki, c’est le feu mis à un immense baril de poudre. Retirez la poudre, dans une société pacifiée et ‘en croissance’ économique, sans crise financière, morale et politique, il ne reste ‘que’ le feu (ce qui provoque famines, modifications météorologiques, … : choses que l’être humain est ‘habitué’ à rencontrer durant son ‘existence’ en tant qu’espèce humaine, sans, sauf exceptions, provoquer une rupture avec un ‘avant’ et un ‘après’).

      Sauf que cette fois, ce ‘feu’ est suffisant en soit-même pour provoquer une telle rupture.
      Maintenant, ajoutez-y la ‘poudre’ …

      1. Je rejoins globalement l’avis de Mike. Vous versez AMHA un peu trop dans le catastrophisme pour le coup. Le plus probable est que des écoulements très radioactifs vont se produire et gravement contaminer le site et l’environnement local (ce qui est déjà dramatique). Mais cela ne fera en aucun cas des 150 millions de Km² de surface habitable de notre planète une décharge radioactive.

        d’où sortira le plus grand épanchement lavique de tous les temps, l’équivalent de deux fois le débit du Rhin à son embouchure

        C’est ce que dis wikipédia, mais avez-vous déjà entendu parler des Trapps de Sibérie ?

      2. Je crois que Fukushima va empirer. Est-ce que cela atteindra 10 Tchernobyl, il faut espérer que non. Mais même dans un cas aussi extrème, il me semble que seulement la chaîne alimentaire locale serait touchée.

        Par contre il est possible que la psychose s’installe poussée par le pouvoir médiatique, dont internet fait partie. On pourrait avoir les mêmes effets que ceux induits par une vraie atteinte à la chaîne alimentaire mondiale alors que l’atteinte serait seulement locale

      3. Les alchimistes, abstracteurs de quintessence – cinquième élément – nous ont donné le feu insidieux et destructeur – quatrième élément –

      4. Chez les Chinois, le cinquième élément est le wuxing !

        Ils ne précisent pas lourds et radioactifs …

      5. @ Antoine :
        Oui, l’instinct. De survie.
        En règle générale, c’est rarement une avancée pour l’espèce humaine.
        Il est encore temps que ce que la raison a fait qu’elle le défasse.
        Encore faut-il sortir du ‘pas de peu’ (et non de deux, TEPCO ayant été ‘vitrifié’ par la catastrophe, économiquement, techniquement, humainement, financièrement) que joue l’Etat japonais.
        L’appel à l’aide extérieur est un premier pas dans la bonne direction.

        Mais il intervient 15 jours trop tard …

      6. @Fatso :
        ‘pour le coup.’ : merci, pour le coup 😉

        ‘Le plus probable est que des écoulements très radioactifs vont se produire et gravement contaminer le site et l’environnement local (ce qui est déjà dramatique).’
        :
        Je l’espère aussi. Mais le mode de contamination ne semble pas suivre ce mode opératoire, en tout cas en ce moment. Car quand bien même le corium en cours de formation coulerait au fond de la cuve sans émettre des nuages de particules, le risque persiste d’un contact avec l’eau.
        Ne pas oublier qu’il existe 4 réacteurs, aussi.

      7. @ PAD

        Si je peux me permettre, « 五行 » [wǔxíng] correspond aux cinq éléments (五 : cinq, 行 : (ici) constante, élément), à savoir feu, terre, métal eau, bois.

        Lien Wikipedia

      8. Si je ne me trompe, cela signifie que lorsque des enjeux vitaux sont sur la table, l’instinct prend le dessus de la raison.

        Si tel est le cas, en cas d’urgence pour la préservation de l’espèce, le cortex dominerait le néocortex.

        Mais lorsqu’urgence il y a, n’est-il pas logique que l’homme ait recours à ce qui lui procure le plus de puissance, pour y faire face? Car la puissance, c’est ce qui permet d’asseoir son courage face à l’adversité.

        Et si cette puissance siège dans l’instinct, pourquoi ce dernier serait dominé par la raison en temps normal?

    4. épiphénomène : « phénomène qui accompagne le phénomène essentiel sans être pour rien dans son apparition ou son développement » : la catastrophe de Fukushima n’est certes pour rien dans cette grande crise que traverse l’Occident, c’est un symptôme, mais ce n’est pas qu’un symptôme secondaire. A côté du pétrole, l’électricité est au centre du système, et l’électricité nucléaire au centre du complexe militaro-industriel. On peut parier qu’aucune centrale nucléaire ne serait jamais sortie de terre sans un état policier pour protéger leurs promoteurs. Idem pour les gaz de schistes. Voir dans cette catastrophe un « épiphénomène » est une absurdité.

  3. En tout cas, le débit du Rhin.. est constant, embouchure ou pas, et par seconde est inutile, le débit étant déjà calculé par unité de temps. Petite remarque 🙂

      1. C’était difficile de terminer votre phrase en fait c’était ça le problème, c’est la période qui exige une précision ! C’est le style.

    1. Juste, un débit, tout comme une vitesse d’ailleurs, sont des valeurs issues de fonctions dérivées de type dv/dt

      1. bah, vu le post précédent, même la haut, ils ont internet, ce qui parfois leur permet de dire des choses sensées.

  4. On ne pourra pas se débarasser de l’atome en moins de 20 voire 30 ans. Un des problèmes vient du fait que le réacteur contient le carburant pour un an voire plus. C’est comme si une voiture à essence était reliée au dépôt de pétrole! En cas de problème on multiplie les risques. Ne serait-il pas possible d’imaginer des réacteurs avec beaucoup moins de combustible (pour une semaine ou un mois?). le coût serait plus élevé mais le risque bien plus faible et peut-être acceptable. Qu’en pensent les spécialistes?

    1. Les spécialistes ? ils sont partis au loin ! (patagonie, afrique du sud, tasmanie) On va devoir se débrouiller tout seul, comme des grands.

    2. Effectivement, il existe des petits réacteurs de quelques 10aines de MW à quelques 100aines de MW. Par exemple, la plupart des porte-avions et pas mal de sous-marins sont propulsés par des réacteurs nucléaires.

      L’avantage est effectivement que la sûreté est bien meilleure (certains fonctionnent même sans alimentation électrique).

      Inconvénients en revanche: gestion des déchets plus problématique, et surtout…risque de prolifération….

    3. Techniquement, faire des réacteurs d’une puissance de 300 MW par exemple (le tiers des premières tranches françaises) ne pose pas de problème. Ne pas oublier quand même l’optimisation économique : calculer le prix du kW installé pour une centrale de 300MW n’est pas la même chose que pour un centrale de 900MW considérant les coûts d’investissement liés au nucléaire. Si AREVA arrive à démontrer que le cout de son kW nucléaire installé est inférieur à celui du thermique conventionnel (charbon – calcul très contestable par ailleurs), c’est bien parce qu’elle est dans les grandes puissances (> 1500 MW).

      Mais franchement, là n’est pas le problème. 300, 900 ou 1500 MW, le nucléaire reste le nucléaire. Que vous ayez un accident avec une Twingo ou un 30t ne change rien à votre destinée. La petite centrale de Brennelis arrêtée il y a bientôt 30 ans est encore sur nos bras !

      1. @Didier

        Ca m’étonnerait que le nucléaire soit moins cher que le charbon dans la plupart des pays (Chine, Allemagne ?). D’ailleurs, le fait que la joint venture eDF-Constellation se soit cassé la figure aux Etats-Unis provient du fait que des études ont montré que le nucléaire était plus cher que le gaz de shiste. Donc « drill baby drill » pour reprendre les mots de Palin.

        Et ce n’est pas vrai que AREVA n’est que dans les grandes puissances. ATMEA, KERENA, sont des réacteurs dont la puissance est entre 1000 et 1200 MW. Prix au kW/h effectivement plus élevé.

        Et enfin, pour reprendre votre propre métaphore, il est certainement plus facile d’éviter l’accident dans une Twingo que dans un 30t (ne serait-ce que par la capacité de freinage), et si vous allez quand même y passer l’impact sur le monde extérieur est bien différent. C’est pareil avec le nucléaire: des centrales plus petites peuvent être proportionellement plus facile à gérer en situation accidentelle, et en même temps provoquer moins de dégats dans l’environnement. Mais il faut évidemment comparer les situation « une centrale à 1500 » versus « trois centrales à 500 ».

        PS: Quel rapport entre un accident et Brennelis, qui est en démantèlement ?

    4. Bonjour,
      Je pense qu’il y a légère méprise sur la nature du combustible. Mettez un litre de fioul dans la chaudière, on se chauffera pendant 5 heures, mettez 2 litres, pendant 10 heures…

      Le combustible nucléaire ne procède pas suivant cette logique linéaire.

  5. C’est un « stress test ». Pas de souci. Nous avons l’habitude 😉

    Excellent article, Zébu.
    Et j’en rajoute une couche avec notre « cher » Trichet qui va relever son taux de directeur en prévoyant une hyper-inflation.
    Car il ne s’agirait pas que le Japon serve d’excuse dérivative à nos chers « richépuissants ».

    Ils en sont d’ailleurs responsables vu l’obstination qu’a montré Tepco à vouloir un « business as usual » alors que la situation était déjà incontrôlable.

    N.B. : Tepco n’arrive plus à trouver d’ouvriers pour aller bosser sur le site. Etonnant…

    1. Merci Yvan.
      J’espère que ta foi dans l’instinct de survie de l’espèce humaine va une nouvelle fois démontrer sa ‘raison’ …
      A commencer justement par les ‘ouvriers’ et les ‘ingénieurs’, enfin, les premiers plus que les seconds.

      « Monde de merde », comme dirait George.

    2. N.B. : Tepco n’arrive plus à trouver d’ouvriers pour aller bosser sur le site. Etonnant…

      Si j’étais ouvrier dans le nucléaire, j’accepterai d’aller bosser sur le site pour sauver des milliers de personnes, à une condition : qu’un patron de TEPCO participe à part égale. Après tout ils sont tout à faits capables d’arroser un réacteur. Il serait normal qu’ils paient le prix de leur incurie, aussi. A minima, à égalité avec les vaillants et extraordinairement dévoués ouvriers qui interviennent depuis le début de cette catastrophe. J’oubliais, faudrait aussi penser aligner leurs salaires sur celui des ouvriers, à travail égal, salaire égal.

      1. Lemar.

        La Chine, suite aux trop nombreux accidents de mines, a décidé il y a quelques mois, que les dirigeants des mines devaient aussi descendre…

        Je demande d’ailleurs la confirmation d’une info : il paraitrait que les concepteurs de sous-marins devaient participer à la première plongée.

        Zébu, depuis longtemps, je sais qu’ouvriers et ingénieurs ne sont rien les uns sans les autres.
        Ne faisons pas du « diviser pour mieux régner », cela profite toujours à ceux qui sont au sommet.

        Par contre, en Russie Soviétique, un ingénieur comme un médecin gagnait 2 fois le salaire d’un ouvrier. Point.
        Et tout le monde était content.

      2. Yvan, je sais bien mais je ne peux que constater que ce sont, comme toujours, les ouvriers qui crèvent des conneries réalisées par les ingénieurs.
        C’est particulièrement le cas dans le nucléaire, où on envoie des intérimaires faire le job, pas les ingénieurs : sont pas cons, ceux là, ils savent ce qu’ils ont construit …

        ‘Et tout le monde était content.’ : ben non, justement …

      3. Zébu.

        La vidéo de Jorion dans le sujet au-dessus le dit aussi…

        Il existe encore quelques ingénieurs responsables….

        Et d’ailleurs, crois-en mon expérience, ils servent souvent de … fusibles.

      4. Non, Batracien.

        C’est la « Direction » qui décide d’embaucher ou de garder une structure légère.

        Le responsable Achats d’une boite aide dans la rédaction d’une politique Achats. En aucun cas il ne la décide.

      5. @ Yvan :
        « Il existe encore quelques ingénieurs responsables…. » :
        heureusement, sinon on n’aura jamais assez d’ouvriers et d’employés pour rattraper leurs conneries 🙂
        (je dis juste ça pour faire râler, Yvan … 😉 )

  6. « Le ciel était obscurci par les cendres volcaniques. Ce fut un été sans Soleil. Il neigea en août et cet hiver fut un des plus rudes de mémoire d’homme ».

    Benjamin Franklin

    En 1783, il était à Paris, pour la signature du traité de paix (de Paris) qui mettra fin à la guerre d’indépendance.

  7. Alors que cet hiver volcanique toucha une bonne partie de l’hémisphère nord, de l’Amérique du Nord jusqu’en Egypte, seule la France entrera en révolution en 1789

    Ben oui ! Et pourquoi donc ?

  8. Panem et circenses : tant qu’il y a du pain, le Tour et l’OM, pas de révolution en vue par ici. Mais les tensions intraeuropéennes vont s’aggraver sur la question énergétique. Une percée des lepénistes ou des mélanchonistes pourrait aboutir à un éclatement de l’euro et de l’Europe, ce serait un début de révolution, avec une belle plongée du niveau de vie matériel en perspective.

    Pour avoir faim (surtout les pauvres), il faudra compter plutôt sur des catastrophes climatiques et un pétrole (qui sert à faire marcher les tracteurs et à fabriquer engrais et pesticides) hors de prix. Un peu plus tard, donc, mais peut-être bien pas tant que ça.

    C’est tout de même au Japon que Fukushima devrait déclencher quelque chose en premier lieu, une fois la phase de sidération terminée. Le fatalisme, ça va bien un moment, mais faut pas pousser !

    1. Il me semble que pour l’instant, tout comme les français et les ‘occidentaux’ à la fin des années 1780, les japonais subissent les catastrophes.
      Réaction de survie collective. Résilience.
      Dès qu’une accalmie surviendra ou qu’une rupture psychologique se sera opérée, on devrait les entendre, sauf si la catastrophe redevient maitrisable.
      Ceci dit, on commence à voir des manifestations à Tokyo (ce qui était inimaginable au Japon il y a seulement 1 mois) …

  9. Citation de Mike:
    « Beaux nuages de fumée dans notre monde « tout médiatique »… où on fait comme si la plus grande conflagration mondiale à ce jour n’avait pas encore commencé. »

    C’est clair ! Le jour où ça parlera à tour de bras de mettre en pratique des vagues de solutions radicales , l’aube d’une ère nouvelle salvatrice marquera l’Histoire. Mais effectivement, pour l’instant, ainsi font font font les petites marionnettes… pendant qu’un grand nombre de miséreux crève la dalle ou crève tout court. Dans tous les pays. Je hais ce système, il m’exaspère ! Tout comme ces zélites et leurs blabla immangeable ! Répugnant !

  10. Je ne sais pas ce que les météorologues pensent aujourd’hui des effets de Läki sur la dégradation du climat dans les années 1780, mais toute catastrophe touchant la chaîne alimentaire menace l’ordre social, c’est évident. Alors…
    Merci à Zébu d’introduire une réflexion sur les conséquences à long terme de la castrophe de Fukushima dans ce qu’elle risque de changer l’ordre mondial – et la survie des humains autour ou loin des sources de radioactivité.

  11. Une révolution de plus ne serait pas suffisante!
    Je suis plus curieux de connaître notre évolution dans les décennies à venir…

    Vous nous dites responsables de notre propre déchéance nucléaire
    Par esprit de lucre. Ou par orgueil prométhéen.

    Ce peut aussi être par sottise, ou par ignorance. Même experte. Certaines vagues étant connues pour atteindre 38m de hauteur. D’autres vagues à venir étant encore inconnues. Mais Tepco le savait-il? Tepco faisait-il la distinction entre contrôle et maîtrise du nucléaire? Entre contrôle et maîtrise de la nature? Quadruple non. Les japonais ont parié sur Tepco et ils ont perdu.

    Et est-ce que valait vraiment le coup de le savoir, de prendre ce risque, ou de ne pas alimenter les distributeurs de petites culottes usagées que vous croisez à chaque coin de rue à Tokio? Je les trash un peu, c’est parce que je les aime bien, mais il nous faudra un jour poser la question de l’utilisation de l’énergie plutôt que de sa production.
    Les japonais vont-ils casser leurs distributeurs automatiques nucléaires pour faire la révolution?
    Et nous, allons nous détruire nos ordinateurs?
    Permettez-moi d’en douter!

    Pour la chaîne alimentaire contaminée, hélas il n’y a pas eu besoin d’attendre Fukushima…
    La plupart de nos semblables continue de bouffer du pétrole-pesticide ou de crever de faim; l’agriculture traditionnelle est elle en voie d’extinction.
    L’inquiétude présente vient plutôt de la capacité du Japon à produire les derniers Ipads. Sans mentir, c’est ce que l’on pouvait lire dans reuters la semaine passée.

    La révolution a peut-être besoin de ventres vides, et peut-être de ventres contaminés. De toute façon elle aura les deux. Pour l’instant les pauvres ont le ventre le plus gros… c’est comme ça… une question d’éducation alimentaire je crois.

    La catastrophe de Fukushima est un événement historique, c’est indéniable, au même titre que le 11/11/01 ou les révolutions au moyen-orient. Mais chercher des causalités à tout prix pour saisir le sens d’une histoire qui s’accélère est un vilain défaut!

    On peut dire que le 11/11/01 a engendré l’invasion de l’Irak.
    On peut dire que l’immolation d’un jeune homme tunisien a engendré la révolution.
    On peut espérer que l’accident de Fukushima aura des conséquences… positives.

    Attention: ne pas confondre élément déclencheur choisi comme symbole pour illustrer un fait historique et causalité.

    Et au passage merci pour votre excellent billet Zébu!

    1. @ Pipas :
      Je comprends votre point de vue et le partage : « Pour la chaîne alimentaire contaminée, hélas il n’y a pas eu besoin d’attendre Fukushima… ».
      Pesticide, OGM, hydrogénée, etc.
      Reste qu’il reste quand même soit des poches de résistances soit, parce que le monde est encore rural, une agriculture traditionnelle, dans le monde (le monde occidental n’étant pas LE monde).
      Reste aussi du temps pour inverser les choses.
      Avec Fukushima, le risque est … qu’il n’en reste plus si la catastrophe empire. Une contamination à grande échelle de la chaine alimentaire, même ‘restreinte’ sur le Japon et je vous parie vos petites culottes que les japonais délaisseront petites culottes, ordinateurs et distributeurs automatiques en moins de deux : instinct de survie.

      Je ne cherche pas LA causalité : elle n’existe pas (du moins, ici bas).
      Je cherche simplement à répondre à Les pieds dans le plat qui m’avait demandé d’identifier le type de risques majeurs selon moi : la contamination, je veux dire la contamination immédiate, réelle ou psychologique de la chaine alimentaire en est une.
      A mon sens, la seconde.
      La première, c’est la guerre nucléaire.
      Du moins concernant le second type de risque, humain.

      Dans le premier cas, tout est évidemment possible mais relève du domaine de la divination ou de l’eschatologie.
      Il faudrait demander à quelqu’un d’autre … 🙂

  12. Au risque de passer pour un ignorant, quelqu’un aurait-il une idée des doses radioactives
    – qui s’échappent
    – qui pourraient s’échapper (au max)
    – qui s’échapperont surement

    Une simulation visuelle serait la bienvenue pour éclairer mon globe (et le vôtre).
    Pour finir, une brève mention de la dangerosité de ces seuils (pour comprendre de quoi on parle) serait un vrai plus.
    merci

    1. Je ne voudrais pas plomber l’ambiance mais de mon humble point de vue totalement non qualifié, je vous répondrais:
      – doses qui s’échappent : existantes donc potentiellement actives à un endroit ou à un autre de la planète, particules pouvant d’ailleurs nuire à plusieurs reprises, être ingurgitées et une fois expulsées continuer leur chemin dévastateur.
      – doses qui pourraient s’échapper au max : 6 réacteurs plus les piscines qui seraient abandonnées pour cause de radiation trop puissantes, cela donnerait du jamais vu. Les fameux experts ont-ils faits des simulations pour mesurer les doses maximales pouvant être produites? Connaissent-ils parfaitement le cocktail qui s’est produit à l’état liquide et à l’état gazeux? Je pense qu’ils ont préféré surveiller la bourse mais je dois être de mauvaise fois.
      – qui s’échapperont surement : de quoi provoquer des millions de décès par cancers dans les années à venir.
      Et encore, c’est ma vision la plus optimiste de la situation.
      Je suis grand-mère d’une petit-fille de 5 jours. J’ai un petit-fils de 5 ans. Quel avenir pour eux et pour tous les enfants de la Terre?
      J’ai toujours habité à une trentaine de kilomètres d’une centrale nucléaire. Je souffre d’une maladie thyroïdienne comme tant d’autres. Aujourd’hui, je me sens bien nulle de n’avoir pas milité contre le nucléaire car sa dangerosité ne m’avait pas échappé et ce depuis de nombreuses années.
      Mais au fait, les constructeurs de centrales nucléaires, ils sont faits en quoi? Et notre VRP national?

      1. Comme vous ditez vous saviez, ou vous en aviez entendu parler, à propos des dangers du nucléaire.
        Nous savons tous que notre organisation sociale est en fait dirigée contre la vie.
        Ce qui fait la différence c’est l’importance du déni de conscience, variable selon les individus.
        Ce déni est une véritable névrose des temps modernes, un produit de la religion d’aujourd’hui.

  13. L’Islande est un véritable chalumeau équipé d’une trentaine de volcans actifs, dont quatre susceptibles de déclencher une catastrophe comparable à celle du Läki. L’un deux, « grand frêre » du petit volcan qui a semé la pagaille dans l’aviation civile l’an dernier, habitué à éructer tous les dix ans, devrait bientôt se manifester.

    Comme quoi faut pas désespérer : pour l’instant, nous n’avons « que » Fukushima …

    1. J’espère que notre mode de production énergétique à ce moment-là ne sera pas « tout solaire ».

      Sinon on risque fort de se retrouver face à la constatation suivante: la production énergétique et par extension l’activité humaine est par essence risquée.

    2. Si ce n’est déjà fait, les islandais devraient s’orienter vers la géothermie: pas de risque supplémentaire dû aux nucléocrates.

      1. Je suis désolé, mais le terme nucléocrate m’insupporte. Je vais donc m’autoriser un petit message sarcastique.

        Or donc, au lieu de commentaires généraux s’apparentant fort à des répliques de comptoir, prenez donc environ 30 secondes pour taper avec vos petits doigts « islande » + « géothermie » dans google et constatez que oui, l’Islande utilise bien la géothermie pour subvenir à 90% de ses besoin en chauffage et à 20% de ses besoins en électricité (le reste étant du fossile bien sûr).

      2. @Reiichodo/Reeichidodo
        Ben précisément, le terme « nucléocrate » est choisi pour insupporter les insupoportables.

      3. Pour mon nom, ce n’est pas ma faute: mon ordi au travail n’accepte pas le renseignement de champs, je suis donc obligé de faire ça en aveugle 🙂

        @schizosophie: He bien c’est réussi, mais parfaitement inutile 🙂 Ca c’est bien les écolos-bobos !

  14. Merci Zebu.
    L’Histoire a le don de requalifier les insurrections en révolutions.
    Il faut du temps et une bonne dose d’analyse des causes intestines ou extérieures.

    Des gens ont déjà prévu la prochaine.
    Elle a pris 6 ans de retard mais les causes semblent s’accumuler commes des doses en siverts.
    http://zinelibrary.info/files/pdf_Insurrection.pdf

    1. Texte très intéressant mais qui mérite quelques commentaires critiques comme ceux d’Anselm Jappe dans le receuil d’articles « Crédit à mort » (Editions Lignes) dont certains articles sont disponibles sur : http://palim-psao.over-blog.fr

  15. Très bien tout cela…

    Mais pourquoi 1789 et non la Grande Crise du Moyen-âge ?

    Rappelons que 1789 correspond à une phase de démocratisation des armes et des usages de la violence (dite de masse) : il fallait 3 semaines pour apprendre à se servir d’un mousquet et quelques heures pour fabriquer un canon et des boulet.

    Aujourd’hui, comme au Moyen-Age, les moyens militaires sont hautement technologiques, professionalisés à outrance.

    D’où ma réflexion, déjà menée sur ce blog : ne sommes-nous pas trop optimiste à voir se mettre en place les prodromes d’un nouveau 1789 (nuit du 4 août pour être exacte) alors que rien n’est certain. Cela peut aussi basculer vers ce qui s’est passé au XIVème siècle, et là c’est moins drôle (avec le césium et l’iode radioactive à la place du Yersinia Pestis), surtout pour les plus pauvres…

    Il faut donc chercher plus loin les zones d’inflexion entre ces deux enchaînements qui partent de situations similaires et aboutissent à des résultats opposés (à court terme).

    Cordialement,

    CM

    1. Effectivement, il n’est pas certain que notre grande crise débouche sur une révolution, car l’on ne voit guère d’idées neuves pour l’alimenter. Les propositions qui montent de partout n’ont rien de fondamental, et sont loin de former un nouveau système. Ça viendra sûrement un jour, mais pas avant la fin du siècle.

      Les nuls en histoire, (dont je suis), peuvent lire La grande crise du Moyen Âge .

      1. Pas d’accord Krapo, la révolution n’a pas besoin d’idées neuves, mais d’individus déterminés à stopper quelque chose. Les idées, recuites ou pas, y’en a toujours, il faut juste un support….

        Mesdames et messieurs!
        Voici Seigneur Crapaud qui réside…
        Dans ce buisson-ci. Issa Kobayashi 😉

    2. @ Cedric Mas – ça me plait bien ce que vous dites mais jusqu’à la dernière phrase que je ne comprends pas bien. Pourriez vous élaborer comme disent nos amis british ?

      1. Utiliser la machine à remonter le temps, j’ai nommé l’histoire pour trouver d’autres articulations pertinentes dans la chaine des causalités…
        Beaucoup de mal à m’arracher à la posture prométhéenne du sujet connaissant..
        Sniff,sniff…

      2. J’avais écrit là dessus.
        L’idée est d’être attentif à ne pas trop vite choisir la Crise que nous préférons, en écartant les autres.
        La Grande Crise médiévale fut une terrible épreuves, causée par un enchaînement de catastrophes naturelles et de faillites des élites (crise économque liée à la financiarisation…) qui va finalement profiter… aux élites et aux structures en place au prix de la disparition physique des plus pauvres dans d’horribles souffrances (pestes noires, guerres, famines…. jusqu’aux derniers cas de cannibalisme en France).
        D’une crise systémique majeure, on aboutit sur deux générations à l’inverse de la nuit du 4 août, les structures féodales et inégalitaires sortant renforcées de l’épreuve, grâce à l’extermination des plus défavorisés.

        est-ce plus clair ?

      3. @ Cedric Mas : excellent, merci beaucoup. Je partage votre remarque. Sans vouloir être désagréable, il y a sur ce blog un tropisme pour 1789 que j’ai un peu de mal à comprendre quelques fois.

    3. @ Cédric Mas

      Je soutiens pleinement vos propos et reste convaincu que la situation actuelle n’a pas grand chose de comparable avec celle de la fin du XVIIIe siècle. Mais encore ? me direz-vous. Je crois qu’il est préférable que je laisse à des auteurs plus talentueux que moi le soin d’expliciter cela (déjà une tentative par Cédric mas, il n’ y a pas si longtemps).
      Je me demande si cette insistance à se raccrocher ainsi à des analogies avec un mouvement révolutionnaire qui a profondément marqué positivement notre civilisation ne constitue pas un forme de déni de la réalité. Une tentative désespérée de se raccrocher à l’espoir d’un grand soir et d’une belle nuit.

    4. @ Cedric :
      Tu as raison. Le pire n’est jamais sûr. Je parlais d’ailleurs de la peste de 1348, comme rupture. L’entrée en révolution pourrait bien être aussi de cet ordre là.
      Pour ma part, je situerais les zones d’inflexion sur le rapport entre l’homme et le divin (ou sa place dans l’ordre céleste) et entre l’homme et lui-même.
      En 1348, en France, on est en plein dans l’après Crécy (guerre de cent ans) mais aussi en plein dans le ‘schisme’ d’Avignon. Les hommes sont dans un ordre troublé et n’ont pas encore connu la renaissance, soit un rapport d’avec eux mêmes très différent dans ce plein moyen-âge. La peste va rendre possible l’émergence d’une explication eschatologique : la punition divine face aux péchés des hommes.
      De sorte que l’enchaînement pour sortir de cette rupture est très difficile à assumer. Il faudra attendre la fin de la guerre de cent ans et les prémices de la renaissance pour que ce soit le cas fin du 15ème siècle, tant par rapport à l’ordre céleste que par rapport à l’Homme.
      A l’inverse, la révolution française a été précédée par un siècle dit des lumières, qui donne un toute autre appui aux hommes dans leur rapport avec leur environnement, qui n’est plus celui de l’ordre céleste mais bien de l’Homme par rapport à lui-même : l’enchainement qui suivra est donc ‘logique’ ou ‘naturel’. Il sera politique.

      Il me semble que tu as raison de dire que nous sommes dans une zone d’inflexion.
      La foi dans le divin a été remplacé par la foi dans la science, science qui se voit être remise en question, ou du moins que son ‘ordre’ semble ébranlé.
      Fukushima est le prototype même de la perte complète de repères dans cette foi scientiste.
      C’est une occasion unique pour sortir de ce positivisme. Mais il me semble que l’environnement que nous connaissons actuellement se rapproche plus de celui de 1347 que celui de 1788 : je ne vois pas de ‘siècle des lumières’ nous précédent (plutôt le siècle des boucheries …).

      Mais sur quoi s’appuyer dès lors ?
      Pour ma part, je crois avoir identifier qu’un des points d’appuis de sortie de la crise du Moyen-âge fut de s’appuyer sur … le passé, à savoir les civilisations greco-romaines, pour créer une renaissance.
      Revenir à l’origine de la démocratie. Et Aristote ?

      1. Il me semble que Paul avait écrit sur les nervures du temps un article très « psychohistoire » non ?
        Plus sérieusement, nous sommes dans une zone d’inflexion majeure en effet.
        Ce que tu écris sur la perte de foi m’inquiète car aujourd’hui aussi nous sommes dans une perte de foi.
        De même, je rappelle que le succès de la Révolution française tient à l’échec des moyens de maintien de l’ordre, la technique militaire s’étant démocratisée à l’extrême. Or aujourd’hui on constate une réduction de cet accès avec de nouveaux moyens de contrôle social, et une professionnalisation militaire mettant à nouveau des armées de technologie face à la masse plébéièenne.
        MAIS, pour rester optimiste, nous avons en commun avec le XVIIIème finissant deux éléments majeurs : un accès à la connaissance répandu dans toute la population, et de nouveaux moyens de sociabiliation (le net remplaçant les clubs qui firent tant pour l’éducation politique des citoyens).
        Cela n’existait pas lors de la Grande crise du Moyen Age.
        Mais rien n’est joué…
        C’est je pense au milieu de la décennie que les choses vont se décanter…
        CM

      2. C’est vrai que pour la renaissance, on oublie quand même … l’imprimerie, qui contribua à sortir de la crise du Moyen-âge (et à sortir du moyen-âge tout court).
        De même, les salons philosophiques du 18ème siècle ont préfiguré les clubs révolutionnaires.
        Internet, en tant que média et en tant que ‘lieu’ (virtuel) d’échanges est donc un vecteur non négligeable, peut-être même primordial.
        Paul parlait de ‘guerres numériques’.
        Toujours pour la possession de … l’information (ou de la connaissance).

        Concernant la technique militaire, je suis plus dubitatif.
        La journée des tuiles de Grenoble a montré justement que les troupes face à la détermination populaire n’ont pas pu en venir à bout, malgré leur supériorité technique et l’accessibilité de cette technique à la population (uniquement des tuiles et des barricades).
        De même, la prise de la Bastille s’est faite grâce aux retournements de certaines troupes contre la place forte.

        Tu noteras que c’est, aussi, ce qui s’est passée en Tunisie, dans une mesure plus que relative en Egypte et pas du tout (ou presque) en Libye.
        😉

      3. Je ferais très modestement deux remarques :
        – la structure d’Ordres telle qu’elle existait soit au Moyen Age soit avant 1789 rend difficle je crois tout rapprochement pertinent afin d’en tirer des conclusions sur ce qui va advenir
        – Emmanuel Todd dans son Le rendez vous des civilisations écrit avec Youssef Courbage (La République des Idées au Seuil – 12,5€) nous explique très bien le lien entre taux d’alphabétisation et déclenchement des révolutions. Toute chose bien applicable dans notre monde ancien. Mais aujourd’hui, j’imagine que le taux d’alphabétisation au Japon est proche de 99%, comme en Europe ! Alors ?

        Enfin, très discutable le « De même, je rappelle que le succès de la Révolution française tient à l’échec des moyens de maintien de l’ordre …. » En Juin 89, les troupes n’étaient elles pas massées à Versailles ? Le Royal Allemand aurait écrasé l’Assemblée et les manifestants en 48h.

      4. Je maintiens mon appréciation : en 1789, les moyens militaires sont démocratisés (on entre dans l’ère des guerres de masse, de conscription).
        Au Moyen-Age il fallait des années pour faire un bon chevalier ou un bon archer, et il fallait des moyens technologiques excédant les capacités du peuple « vulgaire ». Comme aujourd’hui où personne ne serait capable de fabriquer des armes de haute technologie, et encore moins de s’en servir…(vous savez fabriquer un avion, un char ? pas plus qu’un paysan ne pouvait fabriquer une armure de plates).

        Au XVIIIème – XIXème siècle, la poudre noire se fabrique facilement (salpêtre, soufre et charbon de bois), comme les canons et boulets ou les grenades (la technique de forge nécessaire est grossière et suffisamment maîtriser dans tous les villages), et la manipulation des armes à feu simplissime (même pas besoin de savoir lire).
        Si les manoeuvres complexes des armées de l’ordre mince nécessitent un entraînement de quelques semaines en bataillon de dépôt, le combat en ville est à la portée de tous.

        Comme vous le relevez, en 1789, le Roi avait rassemblé des forces à proximité de Paris prêtes à écraser la Révolution (comme certains le lui demandaient d’ailleurs). Mais il a refusé, pas par humanisme mais d’abord par faiblesse puis parce que l’issue du combat n’était pas acquise face à la population en arme dans une ville aux rues étroites (cf l’exemple de Grenoble).
        D’ailleurs le XIXème siècle sera marqué par de nombreux soulèvements populaires en milieu urbain qui seront difficiles à réprimer de plus en plus difficile puisqu’à la fin, en 1871, il faudra sortir de la ville pour y revenir de l’extérieur (et par trahison) – il y a d’autres exemples ailleurs qu’à Paris.

        Donc, à mon humble avis, la question du contrôle social et de l’accès aux moyens de violence (armes) est un point d’inflexion entre 1789 et aujourd’hui.

        Face à des blindés et des armes plus ou moins létales, la population n’a… que des pavés (lorsqu’ils n’ont pas été enlevés), et des armes par destination, à la limite quelques armes dont elle ne sait pas se servir et qu’elle n’a surtout pas les moyens d’entretenir (fusil d’assaut etc…) ni d’alimenter en munitions (une cartouche de Kalash de 5.45 nécessite une autre technologie qu’une balle de mousquet, et je ne parle même pas de celle de 7.62).

        Certes cela ne fait pas tout (il reste la force morale, qui peut faire défaut pour réprimer de manière sanglante une « émotion populaire » comme en Tunisie), mais c’est un élément à prendre en considération lorsqu’on veut analyser les points d’inflexion.

        Il y en a d’autres.

        CM

  16. le plus grand épanchement lavique de tous les temps

    hum hum, il me semble qu’il y a 65 millions d’années, ce qui a formé les Trapps du Deccan étaient des coulées de lave d’une ampleur considérable. De là à y voir un lien avec l’extinction des dinosaures…

    1. Bien vu.
      J’ai oublié un terme que le vulcanologue avait rajouté : ‘historiques’, les temps, ‘historiques’.
      Avant, je sais pas, j’ai séché les cours de paléontologie (c’est mal : je me fouetterais 20 fois avec un humérus de Rex avant de me coucher ce soir).
      🙂

      1. je me fouetterais

        Je constate que Zébu accommode avantageusement la conjugaison pour ce qui est des pénitences futures… Que voilà un conditionnel fautif bien peu catholique. ! La sincérité de la contrition s’en révélant plus que douteuse, vous doublerez le châtiment, pénitent Zébu…

  17. Ne poussez -vous pas le bouchon un peu loin Zebu avec des considérations historiques quand même contestables :
    1/ la crise de production agricole, notamment/surtout celle du blé, est récurrente pendant toute la seconde moitié du 18ème siècle en France. Je me permets de vous rappeler que la guerre des farines, c’est 1776, soit 7 ans avant 1783 ! Et ne venez pas me dire que la réforme de Turgot ne touchait que la circulation des grains. Turgot a voulu cette libéralisation de la circulation des grains justement parce qu’il y avait crise. Il en espérait une meilleure répartition dans le royaume. J’ajoute qu’à l’inverse le nuage de Tchernobyl, les effets de l’éruption volcanique de 1783 n’auraient touché que la France ? Curieux.
    2/ « la gabegie de la royauté française » dites vous. Je vous rappelle et vous le savez très bien que l’énorme déficit du budget français à cette époque est du à la guerre d’Amérique. Point de gabegie la dedans, une volonté politique de Vergennes soutenu par Louis XVI contre la Perfide Albion. Des historiens sérieux ont estimé que les frais liés à la Cour (Marie Antoinette et sa coterie) ne dépassaient pas 5% du budget annuel, je pense que c’est à cela que vous pensez en utilisant le mot gabegie.

    Mais surtout, ce qui ne va pas dans votre rapprochement c’est que les phénomènes sont de nature différente. Vous semblez d’ailleurs l’admettre en parlant de la cause « naturelle » de l’un et « humaine » de l’autre.
    En fait, ce que l’on constate c’est qu’aussi douloureux que puisse être le premier évènement (la famine et la misère), il est contrôlable, maitrisable. Celui que nous vivons aujourd’hui ne l’est pas. De mon point de vue, il est 1000 fois plus anxiogène que le premier.

    Je partage assez l’idée : les mêmes causes produisent les mêmes effets. Nous ne sommes pas dans le même contexte.

    1. >Didier

      Pour le lien entre le climat et la Révolution Française, il est intéressant de lire l’ouvrage de Le Roy Ladurie, Histoire humaine et comparée du climat : Tome 2, Disettes et révolutions (1740-1860) chez Fayard.

      Il y a eu aussi quelque chose de comparable en Chine, même si cela ne concerne pas le climat: Soulstealers de Philip A. Kuhn chez Harvard University Press. Là, sur fond de troubles écologiques, une « épidémie » de sorcellerie provoquera de grands troubles préludant à la décadence de l’Empire Chinois. C’est assez fascinant car ce type de Grande Peur a eu lieu aussi en Occident.

      Sinon, il y a The Collapse of Complexe Society de Joseph A. Tainter chez Cambridge University Press qui essaie de comprendre comment des cultures différentes, face à des crises écologiques s’effondrent du fait des manques de leurs élites. Je pense que c’est vraiment un ouvrage fondamental à lire actuellement.

      1. Merci blob de cette piqure de rappel bien utile. Cela fait un an que je me dis il faut « s’attaquer » à Le Roy Ladurie. Ça y est c’est fait, j’ai commandé – merci 😉

    2. @ Didier :
      C’est justement parce qu’ils sont d’origine différente qu’il faut les comparer.
      « je pense que c’est à cela que vous pensez en utilisant le mot gabegie » :
      Pas uniquement, dans le sens où vous le donnez, qui ne reprend que le sens de ‘faillite’ (financière).
      La gabegie, c’est le désordre, le chaos mais aussi la tromperie, la fraude, sous l’apparence de l’ordre : l’Ancien Régime, dans toute sa splendeur.
      La famine et la misère provoquée par l’éruption du Läki ne sont pas controlables puisque naturelles. Mais je suis d’accord avec vous sur le fait que celui de Fukushima est ‘pire’ puisqu’il est de notre fait.

      Enfin, prenez les registres paroissiaux et regardez le nombre de morts dans les mois suivant l’éruption du Läki : vous verrez, c’est spectaculaire. Bien pire que la ‘guerre des farines’ et les famines d’ancien régimes (auxquelles les hommes étaient ‘habitués’).

      1. >J’ai oublié de signaler un autre excellent ouvrage, de Mike Davis chez La découverte, intitulé d’un façon un peu grandiloquente Génocides tropicaux. L’ouvrage est née d’une étude sociologique menée lors d’un colloque de climatologie. Mike Davis s’est entiché du sujet et a écrit un ouvrage remarquable montrant comment les phénomènes climatiques du début du XIXeme siècle, notamment un phénomène El Nino de grande échelle furent utilisés par la Grande Bretagne pour briser l’Inde.

        C’est un excellent ouvrage, jouant sur une multitude de registre, comportant d’ailleurs un chapitre de physique du climat tout à fait pertinent.

  18. Merci pour ce très bon article Zébu.
    Pour ajouter les faits concrets prouvant l’origine humaine de la catastrophe on peut lire un article dans le Monde daté du 29 mars: « la catastrophe actuelle a été provoquée par l’imprudence des hommes ». . et dans un autre article sur la situation ces informations:
    – en 1896, hauteur du tsunami = 38m
    – en 1933 hauteur = 29m
    – construction de Fukushima avec un mur de 5,5m (référence d’un tsunami au Chili en 1956 !!!)
    Un mur de 5,5 m, oui c’est haut … et ça prouve bien que le risque tsunami était pensé, mais ‘à l’économie’ comme on dit. D’autre part si on utilise le mot japonais (au lieu d’un mot espagnol du Chili) au lieu de raz de marée c’est parce que le tsunami est lié au tremblement de terre en mer.
    Donc quand les nucléocrates nous ont affirmé que la conjonction des deux événements était un cygne noir (ou mieux pour faire intello un blaque souanne) on s’est bien foutu de notre poire!
    Revenons à ce que dit Nassim N.Taleb du Cygne noir : en gros ça relève de l’incapacité d’accepter l’imprédictibilité’ . Et le nom de cygne noir explique ça très bien. Comme le noir pour le corbeau, le blanc était le signe du cygne… A jamais. Mais en Australie on découvre des cygnes à plumage noir… Et Taleb continue en se moquant de la drogue des ingénieurs : les courbes gaussiennes, cet instrument de prédiction si dangereux quand il est mal appliqué.
    Mais trêve de maths: puisqu’on a erreur humaine on peut , on doit aussi parler de sociologie. Je recommande ce livre si percutant de Christian Morel : Les Décisions absurdes.
    Où il parle avec brio du joint de caoutchouc et l’explosion de la Navette Challenger.
    En résumé on a la conjonction si humaine de la cupidité et la stupidité.
    J’avoue avoir été un agnostique du nucléaire, en pratique même pronucléaire (horrosco referens) car peu de CO2… pour moi les problème de cancers initiés par les nitrates ou les pesticides étaient bien plus importants que ceux des dangers du nucléaire et près d’une centrale j’étais aussi indifférent que lorsque je prends l’avion. Mais bon là ça va j’ai compris. Et je crois que ce type de prise de conscience (d’un ingénieur de formation) va être également un des gros problèmes des nucléocrates et de l’oligarchie en symbiose : « allez- vous faire voir , c’est fini pour vous, il faut sortir vite de ce piège mondial »… si ce n’est pas déjà trop tard.

    1. IL y avait en particulier en 1993 le tsunami d’Okushiri
      avec des vagues de 12 à 20 m à 300 km à vol d’oiseau de l’autre côte du Japon‘Okushiri 1993

      Il fallait être aveugle pour ne pas en tenir compte.

    2. @ tous et à Tolosolainen
      Excellent, ce livre les Décisions absurdes !
      Je le garde en bonne place dans ma bibliothèque, histoire de relativiser sur le comportement de mes congénères quand il devient désespérant. Et c’est vrai qu’en ce moment il y a de quoi.

      Un grand moment de jubilation dans la description de deux navires cargos se transmettant clairement par radio leurs intentions de manœuvre afin d’éviter l’autre… pour finir par s’éperonner sans aucune hésitation !

      Pour rassurer tout le monde, il est à prévoir que le Japon saura parfaitement sacrifier quelques centaines de héros pour mettre fin aux vapeurs et écoulements mortels de Fukushima. Les exemples culturels et historiques de ce pays ne manquent pas : les Shogun, les kamikazes, le Seppuku (harakiri), les attitudes conquérantes des keiretsus ou anciens zaibatsus (conglomérats militaro-industriels). Bref, c’est méconnaître le Japon que de penser qu’il ne saura pas régler efficacement le problème qu’il affronte. La honte, plus forte que tout dans l’empire du soleil levant, et l’esprit d’abnégation sacrificielle forment là-bas un coktail hyper efficace. Après l’hébétude va venir rapidement l’action. Savoir s’ils ont raison ou tort n’a pas beaucoup d’importance.
      A bon entendeur.

  19. non, en terme d’assurance dommage, la catastrophe technologique n’est pas comparable avec une catastrophe naturelle. Ce ne sont pas les mêmes franchises, et c’est bien le point essentiel de la suprématie de l’homme sur la nature…

  20. oui, une blague. Malgré tout, le risque de famine n’est pas crédible pour l’instant, c’est plutôt un risque différé dans le temps, sur la santé des « peuples ». Il y aura un étalement des conséquences de cette catastrophe sur les autres parties du globe non concernées pour l’instant, a priori.
    mais c’est passer sous silence un peu vite la catastrophe financière qui affame les peuples par le jeu de la spéculation sur les matières premières et sème des pré-révolutions, notamment au moyen orient.
    si les famines participent au renversement des tyrannies, nous sommes encore trop bien nourris aux pays de la mal-bouffe, on en crèvera et les révolutions seront avortées…

  21. Merci Zébu…En effet en prenant de l’altitude, on observe par l’analogie historiques des événements des répétitions de scénarios…donc des prévisions et des analyses possibles…J’aime beaucoup votre façon d’aborder le futur…

    1. Je pense que la catastrophe au Japon va changer les orientations du monde, ….
      (avec un avant et un après …
      le désarroi est encore immense, )

      Dans le documentaire d’Arte « nuage mortel » le climat ne reste pas indifférent, il réagit à la pollution du volcan, je crois d’abord les orages, puis le froid
      ( le ciel semble aussi se décharger plus efficacement de la radioactivité de ses nuages par la pluie …. )

  22. Bonsoir ,

    Je viens d’apprendre – bien que M.Jorion nous ait déjà prévenu depuis longtemps ici sur son blog – que la Fed était officiellement en faillite et qu’au Japon on pense déjà à nationaliser Tepco au vu de l’incurie de cette entreprise atomique.

    Une façon comme une autre de socialiser les pertes et de privatiser les profits.

    Le peuple Japonais aura a charge de payer pour les criminels de Tepco. Il est toujours fascinant de voir que dans ce système capitaliste, les plus irresponsables ne sont jamais jugés et ont l’impunité totale. Cela en rappelle d’autres. Plus le crime est immense et plus l’impunité est étendue. On est toujours aussi sidéré de voir l’éternel phénomène se répéter à l’infini. On se demande bien ce qui pourrait arrêter cette folie. Une révolution ? Une nouvelle conscience mondiale sans aucun doute.

    Fed :  » Cette faillite technique s’explique par un facteur précis : la FED a acquis auprès des banques privées tellement de titres «pourris» de créances immobilières au moment de la crise qu’une modeste baisse de la valeur faciale de ces derniers lui serait fatale. La seule solution consistait donc à trouver un autre organisme pour payer les pots cassés. Et c’est le Trésor qui a été choisi, autrement dit le contribuable américain  »

    http://www.lavieeco.com/actualite/La-Banque-centrale-americaine-en-faillite-5501.html

    Les contribuables américains & Japonais ont bon dos. Une révolution ? On va la voir surgir sans doute venant de ces deux pays la brûlant par les deux bouts. Les révolutions arabes auront servit de mèche à la déstructuration accélérée du système néolibéral mondialisé tandis qu’un dénommé Mohamed Bouazizi aura été l’obscur détonateur humain du grand tremblement.

    Voilà un bref message au vu de la teneur de cet article écrit par M.  » Zébu  » .

    1. On voit fleurir ici et là des sites douteux qui annoncent tous que la FED est en « faillite ».

      Je profite donc de l’occasion pour rappeler que ce n’est pas (encore) le cas…

      1. Est-ce même possible? Ils fabriquent les billets non? Je croyais qu’au pire c’était l’hyperinflation, pas la faillite de la FED.

      2. @ Moi

        Dans l’absolu, oui, elle peut faire faillite, comme tout établissement tenu par un bilan actifs/passifs. Ceci étant posé, la seule possibilité pour que la FED fasse faillite serait que l’Etat américain fasse faillite également.

      3. Ah bon l’état Américain n’est pas en faillite? On peut faire le bilan Actif/Passif pour voir? Heureusement qu’il y a les contribuables.

      4. Non, à ma connaissance, il n’est pas – encore – en faillite. Je suis curieux de voir la comptabilisation du bilan pour les Etats-Unis d’Amérique, oui !

      5. Hhmm.. le terme de « faillite » est subjectif. Tout comme l’argent.

        … AIG…

        Certes, l’état américain est le « dernier recours » à toute activité économique aux US.

        Mais il est encore l’état qui peut imposer sa volonté à la planète.

    2. La FED est en faillite réelle, quelle a revendue en ++ au monde entier grâce à ces merveilleux CDS, MAIS virtuellement elle tient debout avec ses comptes/contes cosmétisés ET last but not least un état très très armé qui est son garant, le rêve américain de l’argent c’est très puissant c’est pour çà qu’ils ont la FOI et que le dollar est la monnaie de référence mondiale.Son langage binaire est roi et impitoyable, t’en a où t’en a pas, les gens connaissent leurs places « a right men at the right place ».Dans ce pays on ne sait plus ce qui est réel où virtuel,actif/passif, qu’en penses tu Crapeaud où qu’est ce que tu crois ?
      àJEFF
      des révoltes certaines mais plus de révolutions.
      @Julien
      Faudra bien un jour nous dire ce qu’est un site douteux, serions nous sur un site de prétendu certitude scientifique ? ? ?

      1. Mon cher Georges / Simplesanstete / égalité et désintégration,

        Les sites douteux, ce sont par exemple ceux où tu te permets d’écrire ceci, sans que cela ne dérange visiblement l’éditeur du site :

        C’est le temps des enculés cool de l’extrême droite à l’extrême gauche comme Paul Jorion et son larbin Julien Alexandre, avant gardiste du rien, sous traitant d’Attali que je salue en passant par la bande.
        De plus en plus anti ces mythes.

        Ca te rafraichit la mémoire ?

      2. Ce que j’en pense ? Si j’ai bien retenu ma leçon, seul le système financier est proche de la faillite puisqu’il regorge de dettes que les débiteurs ne peuvent pas payer. Mais la FED n’est pas une banque commerciale, c’est avant tout une institution. Elle peut faillir dans sa mission, elle ne peut pas faire faillite comme un vulgaire débiteur.

      3. Crapaud Rouge, oui, c’est ce que l’on constate malheureusement 9 fois sur 10 lorsque l’on cherche un peu… J’ai une liste longue comme le bras d’exemples.

      4. à Crapaud Rouge
        Je ne pense pas que tout soit aussi simple que décrit dans cet article du grand soir …

        L’article définit l’extrême-droite dans le cadre d’une restriction très singulière dont je ne suis pas très convaincue …
        dans ma logique à moi, (j’essaye de faire simple)
        il y a d’abord la gauche (qui préfère partager) et la droite ( qui rechigne à partager),
        puis l’extrême-droite (qui refuse de partager) et l’extrême-gauche (qui impose de partager)

        A notre époque, je dirais que l’échiquier politique s’est déplacé vers la droite,
        que la gauche est un peu le centre, le centre assez la droite, la droite surtout pas mal d’extrême-droite …
        et que donc de là, les extrêmes sont en chambard,
        -l’extrême gauche devient de plus en plus de la gauche, elle s’attache à mobiliser les électeurs abandonnés par le PS,
        -et l’extrême-droite qui ne se suffit plus à se singulariser d’être d’extrême-droite pour récupérer son électorat tranche dans la droite jusque d’extrême droite entre mondialiste et souverainiste,…

        Je ne vois pas que la « conspiration » fasse la différence pour marquer l’extrême-droite, surtout lorsque ce mot de « conspirationniste » , tel de cet article du Grand Soir, cible Michel Colon ..
        pendant qu’on y est, pourquoi n’en pas rajouter Noam Chomsky, Daniel Mermet, Stéphane Hessel …
        car en effet, qu’est-ce qu’une conspiration ???
        -est-ce que lorsque le gouvernement de Georges Bush a menti dans l’objectif de médire pour outre-diaboliser fallacieusement de l’Irak à l’ONU, c’était ou ce n’était pas une conspiration ???
        -est-ce que critiquer la politique va-t-en guerre d’Israël est ou n’est pas « conspirationniste » ???
        Rien n’est très clair de l’usage de ce mot de conspiration …

        Par contre, je fais entièrement confiance à Julien, lorsqu’il nous signale que la FED n’a pas fait faillite
        (et que mentir de cela est déjà déplorable …
        mais aussi et conspirationniste et d’extrême-droite..
        je rajouterais même que ceux qui donc en sont là, seraient autrement plus malins d »investir carrément et directement dans la création financière d’un CDO-synthétique ou d’un CDS-nu et co, pour parier la faillite de la FED ….. )

        Et lorsqu’il remet à sa place Simple sans tête, je sais qu’il ne s’agit pas en aucun cas d’une conspiration, mais d’un fait

  23. Dans la somme de catasprophe de 2010 et 2011, il y a aussi la marée noire du golf du Mexique. C’est comme Tchernobyl, vite oublié..:(

    1. Vous oubliez les centaines de millions de citoyens qui déversent leurs produits à » déboucher leur toilettes » et autres … en toute bonne conscience …

  24. La révolution, c’est donner libre cours à notre animalité sous prétexte de liquider des usurpateurs au profit de névrosés.

      1. PAD

        « évènement prévisibles »

        Ben voyons !
        Vous voulez dire rétrospectivement prévisibles je suppose 😉

        Citez-moi un article dont vous auriez eu connaissance qui annonçait les révolutions arabes prévoyant non seulement leur soudaineté mais aussi leur effet boule de neige ?

  25. Zébu,

    Je vous trouve optimiste. Dans les trucs polluants qui tuent, je vous propose le mercure et toute la famille des métaux lourds. Je sais juste qu’un rouge très vif est obtenu avec un de ces métaux dits lourds. Dans les deux cas, la pollution est invisible. Pour la voir, il faut de très bons appareils et savoir ce que l’on cherche.

    La radio-activité, de ce point de vue là, c’est la même chose. Tant qu’on ne la cherche pas, elle est invisible. Les cancers induits par une hausse de la radio-activité peuvent être cachés sous l’augmentation actuelle et carrément épidémique des cancers. La mauvaise santé due une irradiation peut passer sous un syndrome quelconque et très mal compris. Les morts par empoisonnement aux métaux lourds peuvent être rangés sous des affections nerveuses (je vois bien une variante atypique de la sclérose en plaques dans le rôle). Donc la radio-activité et la pollution associée peuvent passer inaprerçues.

    Le coup est parfaitement jouable, surtout si je considère nos besoins en énergie. Nous aurons le choix entre notre mode de vie actuel épicé par les difficultés données ci-dessus et des coupures de courant très visibles nous prenant des emplois et nos habitudes pour une raison qui nous échappe. Je pense que le choix sera très vite fait.

    En 2007, la finance a implosé. En 2010, la « reprise » est là. Toutes les mesures de régulation sont enterrées. Les gens qui ont remporté cet énorme « succès » sont aux manettes. Je les vois parfaitement capables de nous convaincre d’être « raisonnables et d’accepter par réalisme, la nécessité du nucléaire ». L’alternative est un changement de logiciel extrêmement profond.

    Un des épiphénomènes que je peux imaginer est la fin de la course à la croissance. Il y en a d’autres. La question de réduire la population mondiale se poserait. Tirer les conséquences du réchauffement climatique me semble une activité très reposante à côté de ça.

    Ce changement sera donc vigoureusement et efficacement combattu par tous les lobbies et tous les représentants de nos zélites. Leur légitimité est en jeu. J’ai pu voir leur efficacité avec Maastrich et Lisbonne. Je suis encore admiratif (?) de la façon dont ils ont fait accepter aux Irlandais la constitution européenne.

    Vous appelez la Révolution. Je suis votre homme pour ça. C’est mon seul espoir. Par contre, je vous demande sur quoi allez vous baser la société, notre société, après cette révolution. Sans cette idée ou un groupe d’idées, cette révolution me semble un suicide, i.e. cette révolution donnerait nos pays à ceux que Michea nomme les Robert Macaire. Je pose la barre très haut. Mais je n’ai pas du tout envie de faire un truc du genre échanger le Shah d’Iran contre Khomeiny. J’ai raté le progrès de l’opération et c’était une révolution superbe.

    1. « Vous appelez la Révolution » :
      Euhhhh …
      Vous avez lu ça où (d’autant que j’ai paumé son numéro, c’est con) ?
      Plus sérieusement, concernant les métaux lourds, on n’en parle évidemment pas.
      La Chimie, l’autre lobby …
      Comme c’est plus lent, c’est moins ‘dangereux’. Pour les zélites.
      Pour votre question, il me semble que ce n’est pas qu’à moi de répondre.
      Mais comme je ne peux pas me défiler non plus, il me semble qu’il faudrait réfléchir aux communs, à la res communis.
      Et refuser de mettre en oeuvre des choses dont le risque est ‘générique’ (nucléaire, OGM, pesticide, …) et dont on ne peut démontrer que l’on maîtrise à 100%.
      En gros, péter un peu moins haut que son cul.

      1. La res communis n’implique-t-elle pas la collectivisation des ressources, de toutes les ressources ?

      2. Zébu,

        J’admets avoir été trompé par le lien entre Laki, Révolution Française et le lien entre Fukushima et Laki.
        Naturellement, si tout cela n’est qu’un empilement d’éléments sans liens, une révolution dans un très proche avenir n’est pas du tout à l’ordre du jour.

    2. DidierF.

      Le mot cancer réveille toujours en moi de vives douleurs. Et il me semble qu’il y a environ 3 mois, j’ai entendu parler d’un colloque mondial dans lequel un pays très pauvre avait un taux de cancer quasi-nul.
      Tout simplement, les habitants étaient « obligés » de ne consommer que ce qu’ils produisaient ou trouvaient.

      Pas du « bio », bien sûr. Mais du non commercial ni industriel.

      1. Le « Bio » avant d’être une marque que les industriels essayent de promouvoir pour occuper le terrain, est avant tout une production d’avant, artisanale et honnête, pour employer des termes qui s’opposent à industriel et commercial.

      2. Peut-être que les gens de ce pays très pauvre y mouraient avant même de pouvoir attraper un cancer….

      3. Quelqu’un. Je pense que discréditer un colloque sur le cancer est très inutile.

        Par ma part, je sais que ce n’est que depuis 2003 que les pathologies de mort par cancer sont strictement répertoriées en France.

        Mais tu devrais te renseigner sur le cancer du sein avant l’âge de 50 ans qui permet un dépistage gratuit et massif.
        Tu resterais ainsi sur le cul et aurais envie de réfléchir.

        Je ne te parle même pas des leucémies infantiles qui sont la suspicion de présence d’agents altérants la reproduction cellulaire, là, ta réflexion ne peut même pas te permettre d’essayer d’y voir clair.

        Laisses-toi bercer par la télé ou le nombrilisme, ce sont tes meilleurs refuges.

      4. Marlowe, le bio est une marque commerciale 70% plus chère (en moyenne) que l’industriel.

        Et encore, 70% n’est pas vérifiable.

        C’est donc du commercial.

      5. Yvan : L’agriculture industrielle est par rapport au bio ce que le nucléaire est pour les énergies propres et renouvelables et durables dites « vertes ».
        Cela a déjà été dit , mais encore une fois : le vrai coût, le coût réel de l’agriculture industrielle, tout comme celui du nucléaire, n’est nullement répercuté sur le prix de leurs produits.
        Pour l’agriculture industrielle un seul exemple suffit pour expliquer:
        L’eau dite potable (du robinet) : on estime aujourd’hui que rien que le coût de la dénitrification de l’eau du robinet coûte environ 0,28€ / m3 et je ne parle pas des pesticides dont certains ne peuvent même pas être extraits de l’eau alors qu’ils ont toutes sortes d’effets (négatifs) sur la santé .
        Ceci dit, à Munich on a vu venir le problème de l’eau à temps. Dans la région qui alimente le bassin d’eau potable de la ville on a lancé un programme de motivation des agriculteurs pour la conversion vers l’agriculture biologique avec des résultats tout à fais appréciables de l’amélioration de la qualité de l’eau. Ce programme n’a coûté que 0,01€ / m3 d’eau avec toutes sortes d’autres effets positifs sur l’environnement, l’alimentation, le travail des agriculteurs etc.
        Je t’envoie ici un résumé en français sur l’approvisionnement en eau potable de la ville de Münich (il y a plus complet en d’autres langues)

      6. à Yvan,

        Le Bio est une marque commerciale. Soit.

        Le « Bio » est aussi une pratique artisanale.
        Marlowe achète de la viande directement à des éleveurs de sa région qui sont certifiés « Bio » et qui ont une pratique d’élevage d’avant la deuxième guerre mondiale.
        Le prix moyen au kg est de 15 euros comprenant un assortiment de tous les morceaux.
        La même marchandise, mais ce n’est pas la même viande, coûte plus cher chez les bouchers et cela se comprend d’autant plus que le boucher n’achête plus à l’éleveur mais à une grande entreprise qui fait la distribution de bidoche falsifiée.
        Quand je dis bidoche falsifiée je veux qu’on m’explique comment il faut 36 mois pour obtenir dans l’industrie un boeuf du même poids pour lequel il fallait auparavant, et encore aujourd’hui chez les éleveurs bio de plein air, 48 mois.
        Quant aux légumes la différence de qualité est encore plus évidente.

      7. Pour la viande falsifiée industriellement, les méthodes et les coûts réels, les curieux peuvent lire de Fabrice Nicolino le livre « Bidoche. L’industrie de la viande menace le monde » aux éditions Les Liens qui libèrent. et aller voit le site :

        http://bidoche.wordpress.com

      8. à Marlowe de 17:51 : C’est vrai, la production industrielle et la consommation excessive de viande est très au centre d’un énorme problème globale : la famine qui tue chaque seconde.
        Comment est-ce possible?
        Les viandes dites « pas chères » sont celles des porcs et volailles, ils sont nourris aux céréales qui pourraient servir à l’alimentation humaine (blé, soja etc). A apport calorique égale, il faut plus de céréales pour produire de la viande que pour fabriquer du pain : 3 kg de céréales pour 1 kg de porc, 8kg pour 1 kg de boeuf. Mais Le boeuf est un ruminant et sait transformer des aliments indigestes (herbe) en viande pour l’homme et n’a en principe pas besoin de céréales pour être engraissé. Effectivement ce boeuf là aura besoin de plus longtemps, c’est le cas pour le boeuf bio.

      9. Ouaich, DidierF.
        C’est triste à dire, mais nous sommes tous menacés par le productivisme.

        Pour compléter aussi le tableau, il vous faut savoir que les élevages français dans leur ensemble ont consommé 1 056 tonnes d’antibiotiques l’année dernière quasiment exclusivement à titre préventif.

        Pourquoi préventif? Tout simplement car ils pourraient être évités si le niveau d’hygiène était relevé, d’une part, mais aussi parce qu’un véto coute très cher…

  26. Que deviennent les contrats signés par Tepco pour installer deux centrales nucléaires dans des régions à risques sismiques très élevés en Turquie?

  27. Comme une chanson douce…
    Vous parlez d’atrocité tout en nous faisant humer un léger parfum littéraire. Le printemps des poétes ? Merci Zébu.
    Ainsi, votre manière de récit, choisie ou s’imposant elle-même traduit bien cette perplexité qui nous surprend à voir surgir autant de signes concordants d’un basculement du monde qui s’il était prévisible craque de tout côté, plus vite et plus fort que ce que l’on pouvait imaginer. A défaut d’en être les artisans et avant d’en être victime, on peut toujours tenter d’accompagner cette terrible chute en souplesse. Ce que vous faites, et que vous faites très bien

  28. Il doit y avoir quelque chose de suicidaire chez l’homme; je me souviens avoir lu que les éminents physiciens qui ont construit la première bombe nucléaire , ne savait pas si cette explosion ne provoquerait pas une réaction en chaine sur le monde Et pourtant , il l’ont fait à Los Alamos en 1945 .

    1.  » Des évènements aussi fous ne se produisent que lorsque les hommes qui connaissent les faits ne trouvent personne pour en parler et lorsque les faits sont trop secrets pour être discutés ou même soumis à réflexion  »

      J.Robert Oppenheimer

  29. Bonjour,

    Excellent article. Concis avec des idées vraiment intéressantes. Il semble bien que nous soyons arrivés au bout d’un processus. Certains pourront dire que je suis pessimiste, mais il est très probable que l’on n’arrivera pas éteindre le réacteur 3 de Fukushima tout comme on n’y est pas arrivé pour Tchernobyl. En effet, 25 ans après il brûle encore.
    Il est aussi probable que les effets seront terrifiants à court terme (d’ici moins d’un an) puisque le corium va probablement entrer en contact avec l’océan qui se trouve à une encablure de la centrale. Seulement, pas de bol (si j’ose dire), le combustible de ce réacteur contient du plutonium qui est malheureusement hautement toxique pour les êtres vivants à très très faible dose… un kg de ce matériau peut tuer tout le Japon…
    Mais ce qui est intéressant dans cet article est qu’il relie deux évènements extrêmes pour aboutir in fine à un déclenchement de révolution. Celle-ci n’aura pas lieu en Europe, mais en Chine à mon avis. Dans ce pays les frustrations de la classe montante ne cessent de croître et le risque de contamination radioactive extrêmement présent. Les révolutions arabes ne font qu’attiser le besoin des chinois de s’émanciper…
    Cela va arriver, je pense, dès que mes premières radiations toucheront les populations de la cote Est.

    1. >on n’arrivera pas éteindre le réacteur 3 de Fukushima

      Techniquement il a ete eteint correctement au moment du tremblement de terre, c’est a dire la reaction en chaine a ete arretee. Il y a des choses qui ont fonctionne comme elles devaient. Par contre les elements instables produits par la fission du combustible continuent a degager une energie considerable et c’est bien ca qui a pose probleme avec la panne des systemes de refroidissements.
      La situation de Tchernobyl etait bien differente, puisque la c »est un reacteur en plein fonctionnement qui s’est retrouve « en plein air ». Il s’est arrete « tout seul » quand le combustible s’est trouve melange aux materiaux environnants et au tonnes de borax et de sable balances d’helico par des gens au prix de leur vie.

      Par contre, vu que la situation semble empirer de facon continue, et que les infos ne sont pas tres transparentes, je partage vos craintes….

    2. à HuguesL
      Le « désarroi » actuel,
      (ce sentiment que personne ne sait trop quoi faire pour résoudre les problèmes)
      me rend moi aussi très pessimiste, …

  30. Bon, alors je suis désolé d’avoir posté ce message qui ne semble visiblement pas relayer la vérité. La seule vertu que j’y vois par rapport à cette information faussée c’est que cela permet à vous M.Alexandre de mieux nous expliquer. La compréhension vient souvent d’une fracture et pas toujours de la résorption d’un questionnement. J’apprends un peu plus chaque fois que je viens ici. Pas toujours facile.

  31. Fukushima est l’image exacte de notre système économique actuel. Comme l’étaient les Subprimes pour la finance. Toujours plus avec moins de contrôle , car l’objectif ultime n’est jamais la sécurité mais la rentabilité à court ou moyen terme pour garantir une croissance optimale. Et la révolution , qui pourquoi pas pourrait venir du Japon , serait d’inverser ce logiciel. On peut toujours rêver.

    1. Le fanatisme dans le conformisme c’est très, comment dire, fusionnel. La révolution c’est surfait, finalement.

  32. Bonsoir Zébu.

    Faire le paralléle entre l’éruption du läki et la révolution française est un sacré raccourci. A ce que je sache seule le peuple français fut régicide et la France n’a pas été le seul pays a avoir des récoltes désastreuses. Les mèmes causes ayant les memes effets, c’est tout l’hémisphère nord qui aurait dû entrer en révolution.
    La pénurie alimentaire n’a été qu’un des éléments exploité par les organisateurs de cette révolution, qui ne visaient rien d’autre que de s’approprier le patrimoine de la noblesse et du clergé, en se servant du peuple.
    Pour pouvoir couper la tête de Marie Antoinette, il aura fallu la salire avec une histoire d’inceste!
    La fin justifie les moyens et c’est curieux la façon dont les hommes ont besoin d’habiller l’histoire avec des bons sentiments pour la rendre plus présentable.

    Pour Fukushima, la tecnologie est américaine, une partie du combustible est français, le tout fait partie du nucléaire dont cet accident porte un sérieux coup à ce secteur. Dans tous les cas au yeux du monde à grand renfort d’experts relayés par la presse, seule la société d’exploitation portera le chapeau pour négligeance et incompétance. La centrale n’a pas été assurée (trop cher), l’état devra donc nationaliser cette société qui ne vaut plus rien s’il veut que la production électrique d’une bonne partie du pays soit maintenue.

    1. ‘sacré raccourci’ :
      Je ne crois pas. D’autres l’ont fait et des bien meilleurs que moi (Franklin, Le Roy Ladurie).
      Concernant les régicides, pour ne parler que des européens, vous pouvez compter sur les anglais (quelques têtes de coupées). En étendant les recherches, vous seriez surpris d’en connaître le nombre.
      Les mêmes causes n’ont pas les mêmes effets car vous ne tenez pas compte des contextes. Le contexte français est très spécifique.
      « rien d’autre que de s’approprier le patrimoine de la noblesse et du clergé » : je vous sens un tantinet, comment dire, ‘pro’ quelque chose mais que vous n’osez dire, non ?
      Pauvre Marie-Antoinette … ça m’a fait de la peine, si vous saviez.

      « seule la société d’exploitation portera le chapeau » : je crains que non.
      Nous avons tous une tête pour cela.

      1. Bonsoir Zébu.

        Nous parlons bien de la période couvrant la révolution française. A cette occasion le peuple français seul fut régicide.

        Le contexte français avait ceci de particulier que le pays croulait sous les dettes et qu’il n’y avait plus de prêteur. La solution classique aurait consisté à lever des impots. Ni la noblesse ni le clergé ne voulait en entendre parler, quant au peuple il était exangue, le pain avait augmenté de 75%. Conclusion: Pas de remboursements.

        Cette révolution a été organisée par les créanciers et l’on a assisté a une liquidation judiciaire à l’échelle du pays sous couvert de révolution. Le peuple a été acteur de cette révolution et s’est en fait battu pour une idée qui à la finalité n’ est que celle d’être gouverné autrement, les commanditaires beaucoup plus terre à terre eux se sont servis du peuple pour l’argent.

        Des biens de la noblesse et du clergé, la population n’en a pas vu la couleur, les impots ont changé de nom ainsi que tous les acteurs de l’administration. Pour faire bref, le peuple a été cocu, un changement de pouvoir a eu lieu et c’est tout.

        Concernant la noblesse et le clergé, je n’en est que faire, je n’aurait pas versé une larme pour Marie Antoinette (avec ou sans inceste) et je n’en verserai pas non plus si les détenteurs de grosses fortunes et de grands pouvoirs avec tous leurs courtisans et larbins dans le monde subissaient le même sort.

        Quant à Fukushima, le lobby du nucléaire ne peut pas laisser cette affaire en l’état, il faut un coupable qui soit autre que le risque réel lié au nucléaire qui doit li être passé sous silence. La société d’exploitation (ni meilleure ni pire que les autres) va être jetée en pâture et sera jugée, elle l’est déjà, responsable de tout.
        Tout ce qui était humainement possible a été fait par des techniciens dévoués qui vont même pour certains en mourir. Dépassé un certain stade d’avarie, le nucléaire n’est plus maîtrisable.

        Depuis l’explosion de la première bombe, » nous avons tous une tête pour cela » et une grosse, dans les années 50, entre les américains et les russes, il y a eu une explosion tous les 3 jours!
        Comme vous le voyez, cela ne date pas d’aujourd’hui.

    2. @Marc Riva

      Dépassé un certain stade d’avarie, le nucléaire n’est plus maîtrisable.

      « Au diable les avaries et les avaricieux ! »

  33. La « lumière » d’EDF et le mépris de l’ETAT contre l’obscurantisme des attardés :
    La victoire de PLogoff en 1981

    Les « obscurantistes » ont gagné grâce à leur culture bretonne
    Le mépris culturel parisien fédéra la fierté bretonne.
    Avec le recul, c’est un moment d’optimisme.
    La force du groupe sur la démarche individuelle est évidente aujourd’hui comme hier.
    Ci-dessous plusieurs moments de plaisir sur quelques vidéos
    http://www.dailymotion.com/video/x9icx0_affaire-plogoff-1-3_news

    Ensuite les élus PS furent phagocytés par les nucléocrates.

    Fukishima dénucléarisera-t-il les hommes politiques français et européens ?
    A quel prix ?
    Osons espérer.

    1. Exact. J’en parlais pas plus tard qu’aujourd’hui, de Plogoff. A ma connaissance, la première et seule fois en France où la population a fait reculer le lobby nucléaire.

      Sont forts ces bretons … (rien qu’à voir combien de temps ils dansent leurs festnoz, on se demandent ce qu’ils foutent dans leur hydromel)

      1. on se demandent ce qu’ils foutent dans leur hydromel

        Des algues vertes.

        En attendant la région Bretagne produit moins de 10% de l’électricité qu’elle consomme… mais 50% des porcs français, 40% des poulets, etc.

      2. @Zébu

        Tes ironies faciles et tes conclusions à la mords-moi l’vit, je m’en bats les gonades.
        Tout ce que je vois c’est que les irréductibles du village régional breton, ben ils ont juste réussi à bannir l’horreur nucléaire de leur jardin sur-azoté et de leurs plages vertes -sans pourtant avoir voté Mitterand qui leur a offert le trait de plume royal sur Plogoff sur un plateau de fruits de mer en 81 – et sans trouver rien de mieux à faire que tirer les deux tiers de l’électricité nécessaire à leurs culs et à ceux de leurs dizaines de millions de bêtes hors-sol du nucléaire normand de Flamanville ou du pays de Loire de Chinon, le reste étant fourni par le charbon cramé à Nantes.
        Sans compter que, juste avec les centaines de millions, voire les milliards, d’euros offerts par l’UE aux agriculteurs bretons pour le traitement de leur merde porcine et particulièrement dans le puits sans fond des unités de méthanisation, y’aurait p’têt eu mieux à faire, aussi bien en matière de mutation de l’agriculture locale – telle qu’elle est aujourd’hui, une authentique monstruosité à l’échelle planétaire – qu’en matière d’autonomie énergétique régionale, au minimum.

      3. Non non Vigneron, mon ironie à deux balles ! Content de te voir en forme 😉
        Ce que tu dis est vrai : on ne rêve pas de nager dans le lisier de porc (et dans leurs conséquences).
        Mais aussi ce que j’écris.
        De sorte que l’on voit bien que ceci fait système.
        On peut enlever le nucléaire, reste les porcheries.
        On peut enlever les porcheries, pourrait néanmoins subsister le nucléaire.
        La logique ‘industrielle’ est la même. Être en capacité à produire et produire plus, afin de générer de la consommation. Que soit de l’électricité ou de viande ‘poussée’ hors sols.
        Plogoff a été sans descendance. On peut le regretter. Mais pas nier son existence.
        L’agriculture que tu décris existait avant Plogoff et perdura après.
        Je ne crois pas que ce soit les mêmes qui étaient et à Plogoff et en élevage en batterie.
        On parle de deux Bretagne différentes, je pense.
        Reste que les bretons auraient pu capitaliser sur cette ‘victoire’, en exigeant le développement énergétique alternatif, nécessaire à la Bretagne. Il n’en a rien été (du moins, pas autant que ce qu’ils auraient pu espérer ou été nécessaire). Ils ont dû s’affronter au lobby agricole, autrement plus puissant là-bas qu’EDF à l’époque : les ‘paysans’ n’avaient somme toute pas ‘besoin’ d’électricité nucléaire locale, tant qu’on leur en fournissait suffisamment pour développer leur ‘agriculture’, fusse-t-elle ‘importée’ …
        La leçon est multiple, à mon sens :
        – on ne peut plus raisonner comme les bretons en 1981, local-localiste (Fukushima la mondiale le prouve tous les jours),
        – on doit replacer la question énergétique au sein et en lien d’avec la question du système de production et inversement.

  34. Selon une variante de la loi de Murphy, si un système physique peut déconner, il le fera. On en a la preuve.

    1. Quant à un système humain, il ne peut pas ne pas déconner, c’est connu depuis le Paléolithique (au moins).

      1. Ouais. C’est d’ailleurs en grande partie pour ça qu’on en est pas resté au paléolithique.. Vive la déconnade. Youpi.

  35. Monde latent

    De notre temps
    Monde latent
    La veste noire
    Et l’eau à boire
    Bulle éclatante
    Souris épatante
    Noosphère planétaire
    Que rien n’éclaire.
    De notre espace
    Fragrance boréale
    Une seule race
    Présence mondiale
    Masse salariale
    Régime féodal
    Pour bien maigrir
    Un seul empire
    Du plus et pire
    Sourd aux soupirs
    Un seul prisme
    Capitalisme.
    Monde latent
    Il est grand temps
    D’en revenir
    Vieux souvenir.

  36. Du discours de Fukuyama à Fukushima : le mythe de la fin de l’histoire

    Au cours de l’hiver 1989, M. Francis Fukuyama prononça un discours célèbre intitulé « la fin de l’histoire est-elle proche ? ». Il expliquait que désormais, l’histoire était finie « en tant que telle » dans la mesure où le conflit idéologique s’était soldé par une victoire sans équivoque du libéralisme. Avec la chute du communisme, on entrait donc dans l’ère de la mondialisation triomphante et de la sacralisation des dogmes libéraux. Tous les gouvernants prêtaient allégeance aux idées fondamentales du « consensus de Washington » et le politique qui n’y adhérait pas était considéré comme un vulgaire passéiste membre d’une formation archaïque.
    Pour une personne de bon sens, il est évident que M. Fukuyama est l’auteur d’une falsification philosophique de tout premier ordre. Sa théorie de la fin de l’histoire n’est qu’une momie d’idée, elle porte en elle une morale qui est la négation même de la volonté qui s’affirme et qui pose l’idée du devenir. Dans ce cadre, l’homme n’est plus qu’une chose creuse, abstraite, désincarnée car tout ce qui concerne l’essence de la vie se trouve occulté. Or l’histoire est à mon sens irrémédiablement lié à l’intime, aux sensations, à la façon dont le corps réagit et lutte : c’est un choc des volontés. Et le fait qu’une idéologie domine ne fige en rien l’être humain qui agit en fonction de ce qu’il perçoit et subit. Si un phénomène touche « la chaîne alimentaire », mettant en danger la survie de l’homme en tant qu’espèce, alors il est juste de dire que « l’homme devient incontrôlable ». C’est à ce moment-là que l’on se rend compte que le concept de « fin de l’histoire » est fallacieux : il aura seulement une vingtaine d’année et une succession de crises majeures pour que la victoire totale du capitalisme ne se mue en défaite et que l’histoire ne reprenne son cours. Et il est assez ironique de constater que la catastrophe de Fukushima vienne infirmer la thèse d’un américain d’origine japonaise portant le nom de Fukuyama.

  37. Les situations sont sous contrôle:
    -Crise financière? Ouf, Christine Lagarde reconduite.
    -Crise nucléaire? Ouf, Anne Lauvergeon sans doute reconduite.

    Les catastrophes sont catastrophiques, mais les reconductions sont reconductibles.
    Sauf si, à une crise financière la seconde ne résiste plus,
    et si, à une crise nucléaire la première ne résiste plus.

  38. très bon article Zébu et déjà 115 commentaires et je m’étonne que personne n’y défende la Science et le Nucléaire. La débâcle s’annonce totale… Il y aura bien un après Fukushima, décidément, le monde est en train de changer de base ;o)

    1. « je m’étonne que personne n’y défende la Science » :
      Et je le regrette.
      D’abord parce que la science n’est pas le scientisme ou le positivisme.
      Et ensuite parce que nous avons besoin d’eux.
      Comme ils ont besoin de ‘nous’.
      😉

      1. Je suis quand même surpris du nombre de commentaires technophobes et scientophobes (ça existe ce mot là??) , associés à des peurs de type quasi mystiques. Quand même , le bilan de la science et la technologie est globalement positif. (Je sais cette phrase s’est appliquée à un système qui s’est effondré. 🙂
        Je regardais hier soir le docu fiction sur Pasteur: il y a une certaine similitude entre les attitudes intellectuelles de anti vaccins de l’époque et certains (pas tous heureusement) de nos nucléophobes actuels.
        Et c’est vrai qu’on a besoin de scientosceptiques intelligents: ça pourra peut-être nous éviter de grosses boulettes. Et ça permet aux ingénieurs de faire de temps en temps une pause dans leur enthousiasme.
        Mais ce n’est pas une raison pour s’arrêter: « …Nous voyons l’immobilisme qui s’avance, et nous ne savons pas comment l’arrêter… » (Edgar Faure je crois)

      2. @ Albéric :
        Il me semble que cela peut se comprendre par la perversion de la technique et de la science par et pour des intérêts qui n’ont plus rien de ‘communs’.
        Ce qui n’était pas le cas de Pasteur, me semble-t-il.
        C’est aussi le cas des pseudos ‘sciences économiques’, qui servent, de fait, le Veau d’Or.
        Ceux qui interrogent la technique et la science doivent permettre aux techniciens et aux scientifiques de s’interroger sur le ‘pourquoi’, en lieu et place du sempiternel ‘comment’.
        Me semble-t-il.

      3. Albéric, citer un politique, Edgar Faure ou un autre, n’est vraiment pas un argument solide. Regardez Sarko : sûr qu’avec lui l’immobilisme est réduit à zéo, il réforme à tours de bras. Mais pour tout casser ! Quant à parler de « peurs de type quasi mystiques« , ça ne veut strictement rien dire, mais l’irrationalité de ces peurs en est le corolaire. Un peu facile, non ?

    2. La « beauté » du capitalisme industrialisé est que pour s’en débarrasser il va falloir avoir recours à la science pendant des siècles.
      Le piège s’est refermé.
      Comme disait Debord : In girum imus nocte et consumimur igni

      1. Pendant 42 ans d’activité, j’ai cité, à des générations d’étudiants, ce palindrome attribué à Virgile et j’en donnais la traduction libre:  » on est en plein brouillard et on crève à petit feu ». Optimisme ou inconscience ?

      2. La traduction de Debord est : « nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu ».

        « Elle est devenue ingouvernable, cette « terre gâtée » où les nouvelles souffrances se déguisent sous le nom des anciens plaisirs ; et où les gens ont si peur. Ils tournent en rond dans la nuit et ils sont consumés par le feu. Ils se réveillent effarés, et ils cherchent en tâtonnant la vie. Le bruit court que ceux qui l’expropriaient l’ont, pour comble, égarée« .

  39. la guerre de sept ans a joué en ce qui concerne les difficultés chroniques. le grand malheur de cette révolution c’est de ne pas avoir poursuivi les politiques royales sur les affaires ‘étrangères’, alors même que lafayette avait changé la donne.

    dans le monde libre, soit les alliés durant la seconde guerre mondiale et leur nombreux vassaux, nous faisons semblant de croire que des peuples aussi vaillants que peuvent l’être les japonais et les allemands s’accommodent de leur vassalité. ce que la france en panne de vision réalise pour se donner bonne conscience et faire bonne figure, l’allemagne et le japon le réalisent car ils n’ont pas le choix. vae victis.

    à présent nous sommes en guerre, des guerres de formes nouvelles, et les japonais comme les allemands sont de grands amnésiques. fukushima ‘risque’ bien de leur faire recouvrer la mémoire. mémoire qu’ils partagent, car on ne fait pas semblant de s’intégrer au japon, on est japonais ou très difficilement… n’est-ce pas zébu?

    quelle surprise de voir avec quelle promptitude les politiques nippons ont appelé à la rescousse l’armée américaine, alors même que la contestation des bases américaines sur le sol japonais semblait s’exacerber. pour allemagne, la france a laissé ce pays prendre des options économiques divergentes qu’il leur faudra bien acter au niveau politique.

    et maintenant? n’est-ce pas l’existence même de la civilisation française qui est en jeux? sera-t-elle sabordée comme à toulon? et bientôt des p’ti frenchy liquidateurs de matières radio-actives pour ‘corporate’ en direct de fukushima? déjà que les sauveteurs auraient du être irradié.

    la réalité dépasse toujours la fiction.

    Par les « vertus » de la libéralisation sans frontières, confortée médiatiquement, nous sommes donc confrontés aux effets d’un système mondialisé qu’il nous faut reconnaître, par delà le nucléaire.

    à la rigueur, mais en donnant la possibilité au québec de s’administrer en français, par exemple.

    cdt

    1. « on est japonais ou très difficilement… » :
      C’est assez exact me semble-t-il et ce n’est pas les coréens qui vous contrediront.
      Mais si vous souhaitez en tirer une théorie générale, vous serez déçu car l’Histoire du Japon démontre combien le Japon s’est ‘créé’, contre et seul, notamment face à la Chine, bien qu’il ait largement tiré profit au début des enseignements chinois, notamment pour le bouddhisme et la métallurgie.
      De sorte que la conception d’être japonais n’a rien à voir avec nos conceptions de se sentir français, italien ou même allemand.

      Je vais vous faire une confidence, methode : je suis français depuis 7 siècles, quand bon nombre de mes semblables auraient quelques difficultés à remonter aussi loin ou tout simplement à prouver qu’ils le furent dans des régions qui n’avaient rien de ‘françaises’.
      Je n’en tire aucune gloriole (et pourquoi donc en tirer d’un héritage auquel je n’ai rien à demander, ni à mériter, ni à renier ?).
      Mais j’en suis assez fier, dans le mal comme dans le bien. Comme de mes choix personnels.
      Autant sinon bien moins que le fait qu’être français a toujours été assez ‘facile’, tout au long de l’Histoire de France (sauf pour certains indigènes, que l’on répertoria dans un code, bien que résidents sur un département français, entre autres).

      Sauf ces derniers temps, où la lepénisation des esprits et des lois tend à donner un goût rance à la saveur de mon enfance …

      1. merci de votre réponse. pas de théorie générale non mais un constat, et pour longtemps. d’ailleurs les dangereux chinois ne sont guère plus tolérants.

        zebu, brièvement car je ne suis pas payé pour étudier la géostratégie ni le reste, on ne vous demande pas de tirer une quelconque ‘gloriole’ forcément mal placée d’un héritage, seulement des baraques, une orientation sociale favorisée ou des sommes d’argent.

        c’est à dire tout ce qu’ont perdu sans compensation aucune mes aïeux oranais anciennement espagnols, à la différence des enfants de harkis qui se voient toucher une prime de l’état à leur majorité. bien évidemment rien n’est moins partagé que l’histoire des massacres d’humains par les humains.

        et puisque nous en sommes aux confidences, l’autre partie de mes gènes provient tout aussi récemment de l’extrême sud de l’italie, en ‘grande grèce’ comme j’aime le dire, nous avons effectivement une très forte tradition impériale… et de métissage. cependant, techniquement, je ne vaux (au sens loréal) en francie occidentale guère plus qu’un immigré maghrébin, malgré ma peau laiteuse.

        je ne parle ni l’espagnol ni l’italien, et jusqu’à il y a quelques années je ne m’étais jamais posé la question sur ma ‘façon d’être français’ (merci m. mitterand), mes parents ayant décidé d’abandonner sous la pression sociale leurs langues d’origines: pour faire honneur au pays qui les accueillait et parce que ce n’était pas concevable autrement pour des pied-noirs ou des macaronis.

        alors, vous savez, je me sens libre de dire ce que je veux après la série d’humiliations que le pouvoir politique atlantiste, et faussement anti-colonialiste, a imposé à tous ces gens qui compose mon arbre, et même à mon grand étonnement celui de mon épouse remontant aux mérovingiens (propriétés en plus évidemment). d’autant qu’évidemment comme tout immigré de bonne volonté j’ai adopté les codes de la culture américaine sans peine, et avec grand plaisir (tx u l’amérique).

        alors, alors; je vous garantis que ceux qui ont des papiers vont devoir s’assimiler, d’autant qu’ils ne demandent d’ailleurs que cela. les autres devront partir. quand à miss lepen quoique vous en pensiez, elle a déjà ‘gagné’. que la gauche fmiste passe ou non, la droite qui s’en suivra devrait être une droite extrêmement dure…

        NB: me rappelle quand j’rentrais de quatre années en polynésie comme ce 82% pour m.chirac m’avait paru le montage consciencieux d’une fausse alternative alors même que ma conscience politique était très très faible. le temps m’a donné raison.
        NB 2: je n’ai jamais voté qu’au premier tour des présidentielles, jamais à droite.
        NB 3: être socialiste c’est exporter le droit et le développement, non pas le diluer chez soi. être français c’est être pour un québec indépendant…

        cdt

      2. « d’ailleurs les dangereux chinois ne sont guère plus tolérants. » :
        C’est vrai. Les jaunes sont aussi fourbes que l’ont été les communistes. Sauf que non contents d’être jaunes, ils sont aussi communistes.
        Soit, vous en conviendrez, perilus maximus.

        « un héritage, seulement des baraques, une orientation sociale favorisée ou des sommes d’argent. » :
        Qui vous parle d’argent, de baraque, d’orientation sociale favorisée ? Rien de tout cela. Ni ‘baraque’, ni position sociale ‘favorisée’, encore moins d’argent. Si ‘héritage’ ne signifie que cela, je comprends mieux que vous ne comprenez rien à la conception d’être ou de se sentir français.

        « cest à dire tout ce qu’ont perdu sans compensation aucune mes aïeux oranais anciennement espagnols, à la différence des enfants de harkis qui se voient toucher une prime de l’état à leur majorité. » :
        Vous avez raison. Ces salops de harkis, non seulement ils ont choisi le ‘bon’ côté quand on leur a demandé, non seulement on les a trahi quand à la parole de la France donnée (thanks DG), non seulement on n’a pas levé le petit doigt quand ils se sont fait massacré mais en plus, ces outrecuidants ont eu le culot monstrueux d’être hébergés, gratuitement, par la République, dans des camps pendant des dizaines d’années.
        Vraiment aucune reconnaissance, ces fourbes …

        « bien évidemment rien n’est moins partagé que l’histoire des massacres d’humains par les humains. » : et bien évidemment, rien n’est moins partagé par les humains que l’Histoire, surtout des massacres, en partant des ‘fumeries’ du Maréchal Bugeaud jusqu’à celui des Harkis.
        Au décompte macabre, je crains que vous ne soyez dépassé …

        « l’autre partie de mes gènes » : là ; forcément, je comprends mieux votre ‘conception’ de la nation et de l’héritage …

        « cependant, techniquement, je ne vaux (au sens loréal) en francie occidentale guère plus qu’un immigré maghrébin, malgré ma peau laiteuse. » : ça sent l’amour de la patrie, tout ça, dites donc.

        « jusqu’à il y a quelques années je ne m’étais jamais posé la question sur ma ‘façon d’être français’ » : par contre, vous serait-il possible que vous puissiez déverser votre coming out identitaire post-juvénil sur des sites plus appropriés, je ne sais pas moi, ‘françaisdesouche.fr’ par exemple ?

        « alors, vous savez, je me sens libre de dire ce que je veux après la série d’humiliations que le pouvoir politique atlantiste, et faussement anti-colonialiste, a imposé à tous ces gens qui compose mon arbre » : parce qu’à partir du moment où des ‘gens’ sont humiliés (‘par le pouvoir politique atlantiste !’, ça sonne comme une formule magique, trouvez pas ?), vous considérez comme ‘légitime’ de ‘dire ce que vous voulez’ sur la conception de la nation, de l’héritage, de l’appartenance ? Mais imaginez bien combien d’autres que ces ‘gens’, bien plus humiliés qu’eux, auraient eux aussi droit à ‘dire ce qu’ils veulent’ de tout cela ? Et combien la guerre mémorielle que vous semblez vouloir imposer pour seul avenir à la France risque d’être sanglante.
        Quand ‘mémoire’ s’oppose à ‘histoire’ … De très bons livres sur ce thème.

        « j’ai adopté les codes de la culture américaine sans peine, et avec grand plaisir (tx u l’amérique). » : c’est vrai que j’avais oublié combien nous orbitons fortement (satellite nous sommes) de la culture américaine. D’ailleurs, la culture française est un bien grand mot. Pour tout dire, elle n’existe plus, mon pauvre monsieur, c’est bien triste …

        « alors, alors; je vous garantis que ceux qui ont des papiers vont devoir s’assimiler, d’autant qu’ils ne demandent d’ailleurs que cela. » : vous ne me ‘garantissez’ rien. Du tout.
        Quant à ‘l’assimilation’, il va falloir me la définir. Et quand vous l’aurez fait, il y aura un paquet de français qui partiront de France. Evitez aussi d’utiliser des verbes que vous maîtrisez mal, comme ‘devoir’. Là encore, il vous faudra me définir, comment, en démocratie, vous allez faire respecter ce ‘devoir’. J’en rigole d’avance … L’obligation de bouffer du saucisson au petit déjeuner, sans doute ? Enfin, votre assertion sur le ‘d’autant qu’ils ne demandent que ça’ est tout bonnement puérile et pathétique : qui êtes vous pour pouvoir définir, à partir de votre trauma post-adolescent de fils de rapatrié, ce que peut être l’ardent désir des millions d’immigrés ‘ayant des papiers’ et vivant en France, à savoir de prendre vos désirs d’assimilation pour des réalités ?

        « quand à miss lepen quoique vous en pensiez, elle a déjà ‘gagné’. » : c’est clair. Avec votre conception du vivre ensemble, pas de soucis pour ‘miss lepen’ …

        « alors même que ma conscience politique était très très faible. le temps m’a donné raison. » : c’est vrai. Vous avez toujours une conscience politique très très faible. Mais c’est bien d’en être conscient. Parler avec ‘les tripes’ de la mémoire, ce n’est effectivement pas de la conscience politique, je vous l’accorde. C’est bien autre chose.

        « je n’ai jamais voté qu’au premier tour des présidentielles, jamais à droite. » : et … ? Vous portez des chaussettes, aussi ?

        « être socialiste c’est exporter le droit et le développement, non pas le diluer chez soi. être français c’est être pour un québec indépendant… » : excellent. LA définition même du néo-colonialisme bon teint. Le français sait mieux que le québécois ce qui est bon pour lui et le ‘socialiste’ (sic) possède le ‘droit’ et le ‘développement’, ce qui l’autorise à ‘l’exporter’ …

        A l’avenir, franchement, épargnez moi vos délires puériles. Et tâchez d’assumer votre passé, avant que de parler d’Histoire, de nation, de vivre ensemble. Vous n’avez rien appris de vos 4 ans passés en Polynésie et c’est bien triste : vous auriez pu y apprendre beaucoup, notamment qu’en termes ‘d’assimilation’, les polynésiens vous auraient ri au nez.

        PS : si vous êtes pour un Québec indépendant, mettez-y au moins une majuscule …

      3. hm, restez calme, c’est bien parce que beaucoup de gens refusent d’en discuter sereinement comme vous que nous finirons par nous étriper, encore une fois; je mets donc ceci sur le compte d’un accès d’énervement dont vous êtes coutumier lorsque l’on aborde la question fondamentale des identités.

        mais peut-être préférez vous l’abandonner à vos collègues de droite avec le succès que nous savons en attendant la prochaine alternance? je ne le pense pas.

        vous êtes tendance ‘gauche’ (social-démocrate? social-libéral?), mais vous n’assumez que la partie sexy de l’héritage. pourtant je regardais l’inénarrable robert ménard se débattre entre peine de mort et l’interdiction de l’adoption gay (à quand l’ivg?) et je me disais que les choses changent à grande vitesse. je ne fais que constater l’importance toujours plus pressante de ces questions. que voulez vous? vous croyez qu’une partie de l’électorat va s’assoir sur ces valeurs à tout jamais? pour s’en voir imposer d’autres multiculturelles sans cesse démenties par l’intégrisme et le communautarisme ambiant? la guerre civile?

        je réfléchis. point. et j’essaie de forcer les autres à se reconsidérer : la question des identités est un pas de deux entre des forces structurantes et déstructurantes.

        – et je faisais de l’humour concernant les ‘dangereux’ chinois, d’ailleurs pour tout dire je m’entends généralement très bien avec eux (pardon pour la généralité).

        – et oui c’est bien moi qui vous parle d’argent car encore une fois je vous trouve de bien mauvaise foi quand on sait que le nerf de la ‘guerre’ c’est l’argent, les terres, l’éducation ect… pour s’élever socialement.

        – et pour la puérilité, je vais vous renvoyer à vos collègues les traders attardés, à berlusconi et ses péripatéticiennes, à carla bruni, à jean sarkozy… ect… ect… ect…

        parce qu’à partir du moment où des ‘gens’ sont humiliés (‘par le pouvoir politique atlantiste !’, ça sonne comme une formule magique, trouvez pas ?), vous considérez comme ‘légitime’ de ‘dire ce que vous voulez’ sur la conception de la nation, de l’héritage, de l’appartenance ? Mais imaginez bien combien d’autres que ces ‘gens’, bien plus humiliés qu’eux, auraient eux aussi droit à ‘dire ce qu’ils veulent’ de tout cela ? Et combien la guerre mémorielle que vous semblez vouloir imposer pour seul avenir à la France risque d’être sanglante.
        Quand ‘mémoire’ s’oppose à ‘histoire’ … De très bons livres sur ce thème*.

        cette guerre mémorielle, imposées par d’autres que les miens, se fait sur mon dos, comme si j’étais forcément français de la même manière qu’eux ou que ceux qui les dénoncent.

        eh quoi? vous auriez peut-être préféré qu’ils se fassent massacrer avant d’être rapatriés? bien non ils existent ces gens, fer de lance de l’empire français (qui a bien rapporté niveau fric) et les harkis en font partie. ces pauvres harkis, assimilés, voyant débarquer des centaines de milliers d’algériens détestant la culture française (qui le leur reprocherait?) du fait d’une guerre totalement occultée mais bien sanglante. eux aussi deux fois, trois fois humiliés. oui elle est pitoyable la culture intellectuelle française et c’est bien parce qu’elle est n’est pas capable de se regarder en face.

        « quand à miss lepen quoique vous en pensiez, elle a déjà ‘gagné’. » : c’est clair. Avec votre conception du vivre ensemble, pas de soucis pour ‘miss lepen’ …

        je ne répondrai même pas tellement c’est nul. d’ailleurs vous n’en savez rien de ma conception du vivre ensemble. par contre le point suivant me tient particulièrement à cœur:

        « être socialiste c’est exporter le droit et le développement, non pas le diluer chez soi. être français c’est être pour un québec indépendant… » : excellent. LA définition même du néo-colonialisme bon teint. Le français sait mieux que le québécois ce qui est bon pour lui et le ‘socialiste’ (sic) possède le ‘droit’ et le ‘développement’, ce qui l’autorise à ‘l’exporter’ …

        je vous rassure depuis kouchner et le kosovo nous n’en sommes plus là. quand au québecois ils la demandent eux même. mais le point important c’est le socialisme, et là vous n’êtes guère à l’aise entre économie de marché et regain de religiosité. oui, je crois, que l’Occident a porté au plus haut le développement humain, avec toutes les imperfections qui sont les siennes. il suffit de voir comment nous négocions les technologies, les flux d’immigrations mondialisés, la prépondérance de l’anglais, les avancées sur le droit des femmes, les habitudes vestimentaires des jeunes asiatiques, la ruée sur les portables en afrique ect… ect… liste non exhaustive. ouvrez les yeux, c’est pour cela que j’affirme que ces populations immigrées en europe ne demandent qu’à s’assimiler = trouver leur place dans la communauté nationale. et non à côté. s’assimiler c’est se métisser. aimer les mêmes choses, viser les mêmes objectifs, parler la même langue. le socialisme c’est le rêve et non l’utopie. le rêve d’un avenir meilleur. la croyance dans la possibilité d’améliorer les choses et la volonté d’en faire bénéficier les autres, quitte à déboulonner quelques dictateurs…

        mais qu’est ce que le socialisme représente encore pour les gens qui fréquentent ce blog? c’est ce que j’observe depuis pas mal de temps et je ne vois toujours pas mis à part pour le taulier et quelques intervenants. ah si, l’alternance pépère…

        (cdt)

      4. Perso, j’ai une « carte nationale d’identité » …
        et donc quel intérêt ce débat de l’identité nationale, alors que bon ….
        entre l’étant de « carte nationale d’identité » et cette idée qui suggèrerait d’une « carte d’identité nationale » ….
        à part de discourir de la régression du débat politique, du repli sur soi ….

  40. Bonjour à tous

    La chaîne alimentaire est déjà touchée d’une autre manière: en afrique du nord , par l’économie et c’est bien ce qui a déclenché les évènements. (Il y aurait une réflexion à mener sur l’occultation de cette cause en France, la cause presque officielle étant les aspirations politiques, alors que dans tous les pays anglo saxons, la pénurie de nourriture due à la crise – renchérissement du prix des matières premières est citée d’abord: peu têtre une réminiscence inconsciente de ce que les années de famine ont déclenché en france vers 1789? un déni par peur?)
    Su rle site de business insider, il y a actuellement un diapo sur le futu démographique de quelques pays : il y a là aussi un facteur déterminant pesant sur la chaîne alimentaire.
    Si effectivement la nourriture est prise en tenaille par son coût croissant et sa contamination alors on a un facteur de déclenchement de crise majeure et incontrôlable…
    l’abolition de la royauté en France ne se peut comparer à l’exécution d’autres rois ailleurs, Angleterre notamment, justement en raison du sacré de la monarchie française qui n’existait pas ailleurs. les débordements sanglants de la révolution trouvent leur origine dans ce rapport au sacré. Vous avez raison Zébu: on ne touche pas impunément au symbolique. La brioche , nous l’avons mangée à crédit; maintenant, si le pain vient à manquer …..
    Cordialement

    1. dans ce rapport au sacré symbolisant un ordre bien terrestre, parfois électif, usurpé. un ordre non moins sacré que celui d’avant, impériale romain, qui vu beaucoup d’empereurs exécutés avant d’accoucher de la très sacrée papauté.

  41. « Nous sommes à peine sur le seuil du plus profond, du plus sombre et du plus large Achab. Nous voilà avec notre corps debout dans le soleil comme un palais plein de merveilles, mais, vous qui cherchez la vérité, descendez sous les fondations, de cave en cave. Dans les profondeurs farouches de l’orgueilleuse construction de l’homme s’ouvre le vaste habitat des civilisations perdues ; et c’est là que sa grandeur essentielle est enracinée dans les ténèbres avec toute sa majesté : héros antique enseveli sous l’entassement des siècles. Les Dieux du ciel libre se moquent de ce roi prisonnier des écroulements de son trône. Mais lui, comme une cariatide accroupie, il porte sur ses épaules glacées l’accumulation des âges. Descendez jusqu’à lui avec l’orgueil et la tristesse de votre âme moderne et parlez à son vieil orgueil et à sa vieille tristesse. Vous retrouvez tout votre propre drame ? Oui, jeunes rois, le vieux roi sauvage connaissait déjà le secret éternellement sauvage de la race humaine. »

    Hermann Melville, Moby Dick

    1. this is ssssSSSSPARTHAAAAAAAA !!!!

      c’ets quand même les Grecs qui ont inventé la conscience humaine ….c’est pas rien !

  42. Merci Zebu pour votre message de lancement de la discussion. Et merci aux autres intervenants de la pertinence et même de l’impertinence de vos interventions…

    Les trois événements qui vous ont servi de point de départ ont en commun leur imprévisibilité. Ayant eu dans mon activité professionnelle la chance de faire un travail très intéressant de prévisioniste en matière de demande pour des produits de technologie informatique et de réseaux télématiques, j’ai pu constater à quel point tous nos modèles étaient impuissants à prédire l’imprévisible… Je m’amuse un peu avec le langage ici, mais comment prévoir un événement du type de ceux que vous citez? Ou d’autres de moindre magnitude mais pouvant être très perturbants au niveau microéconomique ou au niveaux régionaux et nationaux???

    Mais quand on a des responsabilités politiques ou organisationnelles publiques ou privées il est toujours difficile de reconnaître « qu’on ne sait pas ». votre texte suggère un débat presque philosophique et épistémologique sur les notions d’aléatoire, d’incertitude, de risque et de probabilité, notions souvent floues dans les représentations que nous pouvons en avoir et qu’en a l’ensemble du public, des plus modestes membres de nos sociétés jusqu’aux dirigeants qui ont une part plus ou moins impotante dans l’agencement des relations dans nos sociétés.
    Sur ce besoin de mieux cerner les notion liées à l’aléatoire, au hasard, etc. La lecture d’un petit Que Sais-je écrit en 1950 par Emile Borel est un bon début : « Probabilités et certitudes »; ce n’est pas un livre mathématique mais plus le résultat de réflections au cours d’une longue carrière de scientifique, je cite de mémoire une phrase Emile Borel dit « J’ai passé ma vie de scientifique à affirmer que les probabilités 0 impossibilité intégrale d’un événement ou probabilité 1: certitude titale de la survenue d’un événement n’existent pas. Or dans la vie courante nous agissons le plus souvent en ayant dans notre esprit justement des convictions pragmatiques que certaines choses ne nous arriveront pas ou au contraire vont se produire, bien que d’un point de vue secientifique cela soit tout à fait inexact » Eile Borel continue: « Si nous devions tenir compte de probailités infimes comme celles que les scientifiques sont obligés de prendre en considération, nous ne pourrions plus agir car à chaque action que nous entreprenons il y a une probabilité non nulle que cette action puisse nous entrainer à la catastrophe. Alors nous agissons en évitant de nous poser des questions quand notre expérience passés nous a montré que telle action est sans danger ou que le danger peut être considéré comme négligeable. »
    Exemple; la probabilité n’est pas totalement nulle de se faire enverser par une voiture sur un passage piéton quand le feu est au rouge pour les voitures, mais c’est une probabilité que nous ignorons sinon on ne pourrait plus agir, ce qui ne nous empêche pas de rester sur nos gardes…
    Cela pose tout de même le problème de l’extension à l’infini du principe de précaution: jusqu’où ce principe est il vraiment necessaire et à partir de quand devient-il une entrave à nos actions? Attention, je suis favorable à cette idée de précaution dans son principe, cependant la question des limites de son application ne peut pas être passée sous silence. Peut-on invoquer ce principe de précaution face aux risques d’une révolution qui voudrait éliminer le capitalisme et les affres de l’économie de marché?

    Un autre livre plus récent aussi écrit par un scientifique et statisticien aborde le problèle de l’incertitude et des probabilités dans nos vies de tous les jours: le livre de Leonard Mlodinov « The drunkard walk ; How how randomness rules our lives »

    Ce facteur aléatoire remet en cause un des crédos de l’économie libérale néoclassique, celui liant la réussite au seul mérite (méritocratie) et l’échec à seule incompétence. De grands dirigeants d’entreprises reçoivent des primes importantes pour ½% de profit en plus que prévu et se font virer pour 1./2% de profit de moins que prévu. Alors que la part du hasard dans ces résultats dépasse souvent l’intervalle de confiance des prévisions qui ont permmis aux actionnaires de fixer les seuils de performances à ces dirigeants. Mais les dirigeants préfèrent croire qu’ils sont vraiment aux commandes… En cas de catastrophes naturelles ou causées par l’homme; la recherche de responsables est presque toujours une des priorités des victimes. Nous n’aimons pas reconnaitre ni notre impuissance devant certains événements naturels, ni reconnaitre que des événements aléatoires aient pu interférer avec les plans apparemment bien huilés des dirigeants politiques ou économiques.

    Pour les catastrophes naturelles on trouve grand nombres de « prévisionnistes du passé » clamant après les faits: « On aurait dû prévoir que cela pourrait arriver. »

    Dans certains cas bien entendu il y a eu des erreurs de commises et certains analystes avaient prévenu à temps, ce qui fait dire à un auteur dont je ne me rappelle plus le nom « Quand un prévisionniste prédit une catastrophe, le pire qui puisse lui arriver c’est que cette catastrophe se produise réellement » cela veut en effet dire qu’il n’est pas arrivé à convaincre les personnes qui auraient pu agir à temps de le faire.

    Nous sommes plusieurs ici sur ce blog à prédire des catastrophes économiques, écologiques, donc humaines… Serons-nous écoutés à temps ou atterrés de voir ces catastrophes se produire ?

    Paul

    1. incertitude probabilité… et pas seulement, descendre du ciel des idées et de la logique chiffrée, ne pas faire comme si la bête ou la bêtise c’était l’autre ailleurs ou nulle part: épreuve d’asepsie
      commentaire sur le très bon blog
      http://norwitch.wordpress.com/
      du livre: Apocalypse de la modernité, Emilio Gentile
      A la veille de 1914 qu’est ce que disent au troupeau Charles Péguy, Emile Durkheim, Henri Bergson, Giuseppe Prezzolini, Filippo Marinetti, Vladimir Maïakovski, Stefan Zweig, Thomas Mann, Ernst Jünger, Max Weber, Robert Musil, Franz Marc…

    2. Pour assouvir un besoin naturel de cohérence , il semblerait que l’être humain prenne ,part ci part là , des réalités qu’il essaie de combiner entre elles .
      Dans cette recherche de signification globale, l’homme a la capacité de sélectionner les réalités dont il veut tenir compte et celles qu’il veut ignorer.

      Il est un élément dont personne n’a encore parlé ici et qui concerne cette notion de prédiction de l’imprévisible .
      « Prédire l’imprévisible  » : juste faire remarquer que c’est aussi le rôle de certaines PROPHETIES. Je parie que ce mot va en choquer plus d’un , mais pourtant , ce n’est pas un gros mot. Il existe un autre monde que celui du raisonnement studieux et posé : celui de l’intuition .

      Et là, le raisonnement humain est confronté a certains causeurs de buggs que sont la peur , les préjugés anti ou pro religion , anti ou pro mystère de l’espace temps etc..

      Comme dirait Noé, l’imprévisible ne devient souvent très évident qu’une fois qu’il est arrivé…

      1. Béber, je te ferais remarquer que les plus grandes découvertes sont basées sur l’intuition…
        Et même souvent le hasard. (l’invention du micro-onde, par exemple)

        Mais de façon matériellement matérialiste, les stats et probas ne sont que des outils qui :
        – synthétisent une ou plusieurs expériences,
        – donne le niveau de risque de reproductibilité,
        – cerne l’erreur du calcul fait.

        Maintenant, comme TOUT outil, l’humain doit juger si le niveau de risque est acceptable, ET
        SI l’erreur est faible ou non.
        Et là, tout peut devenir subjectif.

      2. Quand un événement à dix pour cent de chance d’arriver , et qu’il arrive , que dit celui qui a pondu la « probabilité » ?

        « je bous avais bien que çà pouvait arriver  » ….et dans le cas contraire  » je vous avait bien dit qu’il y a quatre vingt dix pour cents de chances que çà n’arrive pas » .

        En somme , c’est une « science  » qui, mal digérée , permet de dire tout et son contraire .

    3. Merci Paul Therin de cette approche de la note de Zebu.

      Je ne suis pas féru de cette question de probabilités mais je sors de la lecture de votre commentaire en pensant que la science a toujours raison et que l’homme donc se trompe, se trompe lui même. Je crois que vous n’allez pas être très content de cette interprétation 😉

      Je m’explique : les statistiques nous disent effectivement que la probabilité de me faire renverser en traversant la rue au passage clouté n’est pas nulle. OK. Mais moi je sais que lorsque je veux traverser, au moment précis où je veux traverser, la probabilité de me faire renverser est nulle, alors je traverse. Dans ce cas je crois que la science a tort, enfin le modèle issu de la science.

      Si je lance un dé, je sais que la probabilité pour le 6 sorte est 1/6. Je peux recommencer 1000 fois, ce sera toujours 1/6. La science a raison.

      Donc, dans un cas le modèle fonctionne, dans l’autre il ne fonctionne pas. Je crois que nous devrions avoir cette approche avec les évènements.

      1. Mais moi je sais que lorsque je veux traverser, au moment précis où je veux traverser, la probabilité de me faire renverser est nul.

        C’est exactement ce que pensait ma grand-mère avant de se faire péter le col du F’mur par un génie des alpages qui déboulait à scooter, qu’elle n’avait pas vu, bien (mal) entendu… Optiiiiic deux miiiiiiille !

    4. « Nous sommes plusieurs ici sur ce blog à prédire des catastrophes économiques, écologiques, donc humaines… Serons-nous écoutés à temps ou atterrés de voir ces catastrophes se produire ? »

      Monsieur Tréhin.
      Il s’agit d’être logique. Et même logiques.

      Vu le verrouillage du système ainsi que son absence de contre-pouvoir, ces catastrophes DOIVENT se produire.
      Toujours l’histoire du balancier.

      N.B. : si cela peut vous rassurer, les études d’ingénieur comportent maintenant un chapitre de « sortie de cadre » ainsi que de « déstabilisation ».
      Soit, ce que je qualifierais de provocation et gestion de conflits internes à l’individu.

      On arrête pas le progrès de la formation militaire au combat, non.??

    5. La légende de Cassandre nous rappelle la vanité des prédictions de catastrophes :

      Cassandre, princesse troyenne, était la fille de Priam et d’Hécube. Amoureux d’elle, Apollon, dieu de la Lumière, de la Musique, mais aussi de la Divination, lui accorde le don de prophétie en échange de sa promesse de s’unir à lui. Mais Cassandre revient sur sa parole et repousse le dieu. Celui-ci se venge en lui ôtant la capacité à être crue : personne ne prêtera foi aux prédictions de la jeune femme.

      Moralité : le prophète efficace est celui qui « couche avec Apollon », ce que j’interprète ainsi : un support artistique de qualité est indispensable pour qu’une prédiction désagréable marque les esprits et les incite à en tenir compte.

      Bien cher Paul (Jorion), vous avez bien dû vous faire des relations dans les milieux artistiques chez Taddéi : je vous suggère d’envisager une coproduction avec un artiste assez connu et talentueux pour faire un tabac international à partir d’un épisode palpitant de chute du capitalisme.

      Pourquoi pas une série télé, pour distiller longuement le message, semaine après semaine (je laisse les blagueurs du blog suggérer des titres, voire des scénarios ou des acteurs – p.ex. Crapaud Rouge dans le rôle d’Emmanuel Toad) ?

    6. le nucléaire nous oblige à penser des échelles de temps qui nous dépasse, …
      je n’y peux rien, c’est comme ça…
      donc delà construire des centrales nucléaires en zone sismique ….
      j’ai toujours eu un peu de mal à comprendre …

      surtout quand dans le même temps, il est fait tout un pataquès pour que par sécurité, il n’y ait pas de centrale nucléaire ici ou là …

      et que jamais n’est abordé ce qui me semble pourtant primordial,
      que soit que la centrale nucléaire et tout ce que l’on peut en dire et en médire,
      mais en attendant jamais encore il n’y a eu bombardement d’un pays nucléarisé, comme si la centrale nucléaire jouait un rôle d’épouvantail anti-terrain-de-guerre …

      (tout ça, c’est juste pour dire ….
      que les probabilités, les risques …..

  43. Mercredi 30 mars 2011 :

    Les investisseurs internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité du Portugal à rembourser ses dettes.

    Les obligations de l’Etat portugais sont en train d’exploser. Les taux atteignent des records historiques.

    Regardez ces trois graphiques :

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 7,788 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT2YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 8,990 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT5YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 8,024 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    1. Et le Japon , comment va ???
      Il y a un risque pour la population japonaise, si je ne sais quel réacteur explose ou implose cela peut faire des millions d’irradiés ???
      Est-ce que l’OMS a convaincu l’AIEA de demander d’urgence à l’ONU une résolution du conseil de sécurité ????
      (parce qu’en contraste pour bombarder la Libye, ça marche, les moyens sont là, il n’y a aucun problème d’argent …
      je ne sais pas si je suis pessimiste mais ce n’est certainement pas le comportement de nos instances internationales ….

  44. « Ich bin ein Schizophren »
    Déclaration de Tartar devant le mur de l’avenir.
    Attitude post zébutienne.

    En effet nous voici contraints de vivre en même temps dans l’attente de l’inéluctable révolution-changement-de-paradigme prévu par les jorionistes bien informés…. et dans l’attitude du type normal qui pense que bon an mal an les politicards et leurs maîtres vont tout « arranger » pour que le monde continue à tourner comme dans » Plus Belle La Vie » le feuilleton que je ne regarde jamais. .

    Je réclame un psy.
    Non!
    Il est dans le même état mental que moi.

      1. Nous sommes trois …
        (car le « en même temps » suggère le mur de l’impératif catégorique de Kant, de ce « en même temps » qui pourtant est évident de la Loi,
        comme par exemple de la Loi en physique, avec E =mgh, E = mc² …
        mais dont en matière d’humanité, comment réduire ???
        « quand on n’a pas d’ontologie , il faut une déontologie »

  45. Zébu.

    Je commence à lire des commentaires d’internautes sur le fait que cela pourrait être la « catastrophe de trop » qui mettrait le capitalisme à genoux.

    Juste perception logique ou … vœu pieu… ???

    Dans la série « autoréalisateur », les assembleurs automobiles japonais semblent en cours d’arrêt pour manque de pièces…

    1. Je suis dans le son pro.
      Yamaha audio et Audio-Technica publient des notes d’excuses en raison de ruptures de prod. du fait de la non fourniture d’énergie 50% du temps ouvré.
      Toyota et Nissan ont apparemment fait de même.

  46. Pour vous rafraîchir la mémoire, il est utile de relire le manifeste de Russell-Einstein de 1955.
    Il faut juste changer le terme « armes de destruction massive » par celui de « centrales nucléaires civiles » pour le mettre au goût du jour.

  47. @ Julien Alexandre
    Je commente ici plutôt qu’à l’endroit où j’ai lu votre commentaire au sujet de Georges/ Simplesanstete / égalité et désintégration le 29 mars 22h59 car je souhaite que les lecteurs de ce blog en prennent connaissance. J’ai été extrêmement choqué de lire les insultes proférées par cette personne à 3 pseudos sur un autre blog contre PJ et vous-même.
    Je trouve abject d’aller ici faire des commentaires et sur un autre d’insulter les animateurs du blog avec cette violence vulgaire !
    L’utilisation des pseudonymes implique une éthique et ne pas la suivre est minable et dans ce cas c’est abject : je maintiens.
    Pour moi ça justifierait de censurer toute autre intervention de sa part. Il ne mérite pas que l’on dialogue avec lui.
    Je veux vous dire ma reconnaissance pour le travail que vous effectuez .

    @ Crapaud rouge : et vous ça ne vous a pas choqué ? je suppose que vous n’avez pas réalisé ce qu’a dit ce type…

    1. Georges, si c’est vrai, ce n’est pas très poli : le trollisme fait partie de la culture numérique, mais appeler sur d’autres blogs « enculés », ceux qui vous accueillent sur le leur, c’est vraiment « limite ».

      1. @ Paul, je suppose que Julien a déjà vérifié que c’était vrai que le malotru qui vous traite ainsi est le même d’un blog à l’autre !
        Mais je vous trouve trop patient en disant que c’est « limite » ! OK on peut avoir des trolls pour contredire violemment (on a vu avec le nucléaire) – ça anime !- mais insulter comme ça c’est pour moi inacceptable : basta avec ce genre d’intervenants lâches et odieux…

      2. Je ne suis pas sure que la nuisance soit dans le verbiage …
        de mon point de vue à moi, elle est dans les actes …
        (mais je vois un parallèle entre cette nuisance
        -qui à priori n’en est pas forcément de passage à l’acte
        -et les CDO-synthéyque-s ou les CDS-nu-s et co, qui s’expriment par la phénoménologie de l’ autoréalisation, d’une véritable incidence ….)

        NB je n’ai lu qu’un bon tiers, peut-être deux, du « capitalisme à l’agonie, je suis très pressée, je lis très vite, …..
        (le troll ou plutôt les trolls, il me semble comprendre que c’est basique …
        je ne suis pas trop d’accord pour dire que c’est une mode du numérique, ils existaient déjà avant…
        dans les années 70, quand j’étais interne au lycée, dans mon dortoir il y avait déjà des trolls qui racontaient n’importe quoi …
        parfois ça prenait, parfois ça ne prenait pas..
        c’était tout un phénomène de réputation ….
        mine de rien très similaire à la propagande des médias ….
        après c’est à chacun de voir …
        Perso, je trouve ce blog très bien modéré, en pleine accord avec son esprit…..
        j’imagine que c’est beaucoup de travail, beaucoup de temps perdus à l’insignifiance alors qu’il y a tellement à faire, à réfléchir, et pour convaincre ….

    2. @Paul: « le trollisme fait partie de la culture numérique »

      Les trolls ne sont pas apparus avec internet, ils sont vieux comme le monde. Dans la vraie vie, on appelle ça des « trouble-fêtes ». Dès que vous avez une réunion de personnes (fête, séminaire, conférence, etc), les trouble-fêtes arrivent. Leur objectif: se faire remarquer en tentant de casser la réunion. Est-il utile de préciser que ce sont souvent des gens qui se sentent exclus et laissés pour compte? Observez des enfants mal dans leur peau ou qui boudent alors qu’autour d’eux les gens s’amusent, vous verrez déjà ce phénomène. Ils ne resteront pas bien longtemps sans essayer de « troubler la fête ». 🙂

      1. C’est du Paul tout craché ça. Si tant est qu’on peut dire, le capitalisme est une fête, il vient sérieusement la troubler notamment avec son dernier livre. Sale gosse 😉

      2. tout à fait, le totalitarisme, la pensée unique, ça commence par une bonne ambiance qu’il ne faut surtout pas briser.

        comme le regretté georges frêche (rip), sauf peut-être rue de rivoli.

      3. @méthode

        Aaaah ! Pensée unique ! Et pour faire la dose, dans la foulée de Totalitarisme, comme s’il s’agissait d’un anodin synonyme…
        Alors laquelle pensée unique ? huh ? celle qu’on combat au diplo ? ou au figaro ? à l’Huma, ou bien chez national hebdo ? ou chez Valeurs actuelles ? ou aux Échos ? ou celle que vous dénoncez chez tous ceux qui pensent pas avec méthode ?
        Faites comme moi, rayez cette expression de votre lexique, on n’en est pas moins con, mais on en a l’air moins. À moins que vous ne vous sentiez un quelconque devoir de fidélité ou une simple convergence d’analyse avec celui qui semble en avoir le copyright, un certain A. de Benoit…
        Et c’est quel Frèche au fait qui vous a fait bicher ? Celui qui a soutenu la cause et défendu la dignité des harkis ou celui qui les traita de sous-hommes un jour d’emportement politiquement incorrect et tout bonnement coupable ?
        Eh, pour en revenir à votre pensée unique, c’est quel « penseur unique » qui nous avait sorti ce modèle là, à votre avis ?

        Vous, vous pouvez vous complaire dans des alliances avec le parti communiste, avec l’extrême gauche, donner la parole à tous les extrémistes de la création. Ça, c’est bien, puisque c’est la pensée unique ! On ne peut plus rien dire dans notre pays sans qu’immédiatement on soit accusé d’arrière-pensées nauséabondes ! C’est la pensée unique qui est intolérable. Et je pense que c’est vous qui êtes coupés des réalités et de l’aspiration des gens. En interdisant aux républicains de parler librement, vous faites en vérité le lit du Front national. 

      4. vigneron assuré,

        attendez les jours prochains où nous nous verrons signifier que finalement ce fut un grand président.

        et c’est une convergence d’analyse, semble-t-il, dans le sens qu’il nous faudra bien réaliser cette synthèse droite/gauche.

        quand à faire le lit du f.n, vous les avez bien regardé au f.n?

        ce n’est pas en diluant toujours plus le droit ‘ici’ qu’on va mieux l’exporter chez ‘les autres’. j’en reste là.

        cdt

      5. vigneron j’avais oublié, concernant la pensée unique, je ne vous rappelle pas les nombreux sujets interdits d’antenne tellement c’est l’évidence même. voir certaines lois mémorielles dont on peut toujours discuter l’utilité, j’en conviens. mais le fait est que…

  48. Libya, Oh What a Stupid War; Fukushima, Cover-Up Amid Catastrophe

    The war on Libya now being waged by the US, Britain and France must surely rank as one of the stupidest martial enterprises, smaller in scale to be sure, since Napoleon took it into his head to invade Russia in 1812.
    ….
    In France the intellectual author is the intellectual dandy and “new philosopher” Bernard-Henri Lévy, familiarly known to his admirers and detractors as BHL. As described by Larry Portis in our current CounterPunch newsletter, BHL arrived in Benghazi on March 3.

    “Two days later BHL was interviewed on various television networks. He appeared before the camera in his habitual uniform – immaculate white shirt with upturned collar, black suit coat, and disheveled hair.

    “His message was urgent but reassuring. “No,” he said, Qaddafi is not capable of launching an offensive against the opposition. He does not have the means to do so. However, he does have planes. This is the real danger.” BHL called for the scrambling of radio communications, the destruction of landing strips in all regions of Libya, and the bombardment of Qaddafi’s personal bunker. In brief, this would be a humanitarian intervention, the modalities of which he did not specify.

    “Next step, as BHL explained: “I called him [Sarkozy] from Benghazi. And when I returned, I went to the Elysée Palace to see him and tell him that the people on the National Transition Council are good guys. » Indeed, on March 6, BHL returned to France and met with Sarkozy. Four days later, on March 10, he saw Sarkozy again, this time with three Libyans whom he had encouraged to visit France, along with Sarkozy’s top advisors. On March 11, Sarkozy declared the Libyan National Transition Council the only legitimate representative of the Libyan people. Back in Benghazi, people screamed in relief and cheered Sarkozy’s name, popularity at last for Sarko, whose approval ratings in France have been hovering around the 20 per cent mark.”
    So much for the circumstances in which intervention was conceived. It has nothing to do with oil; everything to do with ego and political self protection. But to whom exactly are the interveners lending succor?
    http://www.counterpunch.org/cockburn03252011.html

    1. Je suis insupportable et comme on m’impose de lire l’anglais comme si cela devait être, je recule, je me rétracte, je déteste ce totalitarisme qui impose à n’importe quel quidam de ce monde de parler couramment l’anglais
      (cela d’autant plus que j’en comprends un peu mais largement pas tout …
      et que je sais parce que la France a été une nation coloniale, …
      parce que les romains ont colonisé la Gaule que derrière ces histoires de langues, …
      et que donc,….
      il y a des histoires de loi, de contrats, de frics …)
      mais bien que je ne sache pas exactement de quel parti je suis, …
      je suis contre le va-t-en guerre, je n’aime pas les bombardements,…
      je ne supporte pas BHL, je ne vote pas Sarkozy …
      (mine de rien, je pense que si l’ONU devait servir à quelque chose, elle se serait d’abord inquiétée du Japon…
      il est évident que le japon a besoin d’aide…
      si nous n’avons pas trop, ni quoi, ni compris avec Tchernobyl que l’OMS ne pouvait pas dire parce que l’AIEA ne pouvait pas non plus dire parce que le conseil de sécurité n’avait pas dit de dire ….
      qu’est-ce que j’en ai à dire ??? )

      1. Cécile, pour moi le français est plus facile que l’anglais, mais je crois qu’ il faut éviter la « consanguinité des idées » et aller voir ce que pensent les autres, dans d’autres pays et dans d’autres cultures.
        L’idée qu’un pays puisse être un en-soi-pour-soi est selon moi obsolète, mais je sais qu’elle existe…

  49. La concomitance des faits est tellement troublante qu’elle mérite d’être soulignée.

    Si le débat sur le nucléaire civil était soit disant indécent,

    le débat sur le nucléaire médical qui jaillit l’est tout autant.

    Les consignes, et il a fallu du temps pour y arriver, sont claires :

    c’est ce que l’on appelle la dose au patient aussi basse que possible (as low as possible) et aussi la traçabilité au patient (à quand une traçabilité réelle des retombées des accidents).

    Le prescripteur prescrit toujours l’examen le moins ionisant possible et celui qui le réalise doit le pratiquer avec à l’esprit cela aussi.

    Personne ne prescrit un scanner corps entier (c’est l’exemple pris pour arriver à 20 mSievert, équivalent de la dose pour un travailleur du nucléaire) pour voir une entorse de la cheville.

    Le risque de ce mauvais débat vient à mon sens que la France était très en retard vis à vis de cela par rapport à ses voisins.
    La France a comblé son retard et est même à la pointe dans ce domaine.
    Cela coûte cher (c’est d’ailleurs un reproche fait à la filière) et il ne faudrait pas que ces efforts s’arrêtent parce que l’on décide un moratoire sur les examens.

    Pour donner un exemple la mesure effective de dose sur les appareils de radiologie est récente (vous devez pouvoir en avoir connaissance lors de l’examen) alors qu’en Allemagne elle était faite systématiquement alors que non obligatoire. En France on trouvait que ce n’était pas utile et intéressant de s’en passer pour faire des économies.
    la France a comblé son retard et est même à la pointe dans ce domaine.

    Pour moi on prépare les esprits, dit autrement on créer une diversion, un enfumage aux conséquences catastrophiques des accidents nucléaires sur notre santé, voir même on exploite la situation pour faire faire des économies à la sécu, c’est dans l’air du temps. Allez voir ce qui se passe à l’hôpital actuellement et le remboursement des médicaments.

    Notre environnement est nucléairement pollué (les dernières mesures où du césium de tchernobyl a été retrouvé sont là pour en témoigner) et les experts le savent et savent ce qu’on peut en penser en terme de cancer.
    Ce serait tellement arrangeant de tout mettre sur le dos du diagnostique médical.

    ps : un examen IRM, plus cher soit-il, ne permet pas de voir la même chose qu’un scanner.
    de plus souvent on injecte au patient un produit de contraste le gadolinium qui s’il n’est pas ionisant naturellement est activé en énergie par le magnétisme de l’IRM (c’est le principe de contraste), malheureusement pour retourner à son état d’énergie fondamental il émet des des particules qui font des dommages à l’ADN .
    En d’autre termes les risque de cancers induits de ce fait existent et l’innocuité de cet examen n’est pas garantie.

    1. le nucléaire médical est un progrès
      (après il y a tout ce machin des niveaux, le médecin qui ne prescrit pas tous les examens possibles est d’un niveau lamentable, alors ils prescrive tous, c’est logique…
      en plus on les emmerde, il y a des décrets, qui font que s’ils n’ont pas prescrit tous les examens possibles et imaginables à décliner du diagnostique différentiel…..
      donc fatalement beaucoup prescrivent le trop…
      et humainement, il n’y a rien à leur redire …
      ce n’est pas facile d’être médecin … )

    2. Le Gadalinium n’émet absolument pas de particules ionisés. Il s’agit effectivement d’un agent de contraste mais qui repose sur des effets subtils, de nature d’ailleurs relativistes des orbitales d de cet éléments.

      C’est souvent le cas des Terres Rares, groupe auquel appartient cet élément. Si problème il y a, il est de nature chimique: c’est pour cela qu’on l’utilise sous forme complexés, ce qui modifie là encore ces propriétés magnétiques du fait des interactions entre son moment magnétique nucléaire et celles des ligants le complexant.

      Les seuls émissions que vous observez sont dans la gamme des micro-ondes et extrêmement faibles (nettement moins que celle que vous subissez du fait des orages ou du soleil, ou des électrons dans l’ionisphère), c’est pour cela que l’IRM utilise une infrastructure coûteuse afin d’avoir le minimum de bruits électromagnétique naturel ou artificiel.

    1. Avant que d’autres citoyens s’y laissent prendre, vivement qu’ils nous ressortent le Gold Confiscation Act de Roosevelt, TOUJOURS VALABLE, promulgué brutalement le 3 ( ou le 5) avril 1933, et qui permet à l’état fédéral de confisquer brutalement, sans aucune compensation, tout l’or détenu en privé par les citoyens américains afin de renflouer les réserves de l’état et de préserver le pays de la faillite.

      Tous ces encouragements à acheter de l’or à des prix qui grimpent en flèche, de l’or prétendument détaxé, ne me disent rien qui vaille avec l’épée de Damocles de ce Gold Confiscation Act que d’ailleurs, tout autre pays du monde peut lui aussi promulguer brutalement.

  50. Oui, du coup l’agence de protection de l’environnement américane (EPA) vient de retirer 8 des 18 moniteurs de radiations en Californie car ceux -ci affichaient des relevés trop élevés

    Quand on voit, sur la carte animée, la concentration en radiations du nuage qui est passé et repassé, et passe encore au-dessus de Los Angeles, puis de New-York, descendu vers l’Afrique occidentale, remontant par l’Espagne, les Pyrénées et la France, on comprend la réaction de ces agences de protection de l’environnement mais sans les excuser car leur mission est de PROTEGER, pas de calmer les esprits, ce qu’elles semblent oublier .
    On peut supposer qu’elles sont aux ordres, subissant des pressions pas tristes . Au secours Wikileaks !

    Nous allons ressortir le compteur Geiger pour aller au marché, comme le faisaient les Allemands au passage du nuage de Tchernobyl et que ne faisait pas mon amie alsacienne, à 14km de là, de l’autre côté de la frontière, puisqu’en France il n’y avait « aucun danger » à tout consommer comme avant, nous disaient-ils . Résultat : un cancer de la thyroïde pour mon amie.

    Avec un compteur Geiger sur un marché aux légumes, il faut nous attendre au moins à des quolibets. Tant que ce ne sera pas une arrestation pour « trouble de l’ordre public », nous continuerons .

    S’ils étaient plus transparents et honnêtes sur la quantité de radiations que nous absorbons, et moins prêts à tout pour ménager leurs intérêts financiers dans la poursuite du sacro-saint programme nucléaire à vendre au monde entier, nous n’aurions pas besoin de ces compteurs.

    C’est notre santé, nos vies que nous défendons et le plus absurde, c’est que nous ayons à défendre nos vies contre les intérêts des compatriotes aux commandes qui veulent nous empêcher de nous protéger .

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