Archives par mot-clé : presse écrite

Les ravages du business as usual

Ouvert aux commentaires.

Le débat fait rage sur les vraies nouvelles et les fake news, sur la censure qu’exercent, à l’occasion ou par habitude, des patrons de presse richissimes sur leur empire, ou sur l’autocensure que s’infligent les journalistes de peur de perdre leur boulot dans un contexte de naufrage de la presse écrite.

« Quelqu’un s’est-il préoccupé de la perte en valeur ajoutée ? », avais-je demandé quand la suppression du supplément Économie du journal Le Monde – pour réduction hélas inévitable des coûts ! – avait conduit le mois dernier à la suppression de ma chronique mensuelle. La réponse fut – accrochez-vous bien – Non !

C’est à juste titre que le sensationnalisme a mauvaise presse  : il a toujours constitué l’ordinaire de la presse de caniveau cherchant à faire vendre à n’importe quel prix. « Comment j’ai découvert que mon mari était non seulement extraterrestre mais aussi homosexuel », affiche ainsi le National Enquirer, honte de la profession, organe de presse qui fournit un soutien capital à Donald Trump durant sa campagne électorale par une combinaison de moyen légaux et illégaux, comme plus personne ne l’ignore.

Mais l’inverse du sensationnalisme, le lénifiant business as usual n’est pas moins toxique. Ce qui m’y fait penser c’est de lire ce soir les titres de la presse française, britannique et américaine, trahissant tous aux yeux d’un observateur modérément attentif, l’effondrement simultané de ces trois sociétés, formulés dans chacun de ces pays sur le ton soporifique de l’inoffensif et routinier chiens écrasés.

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LE BLOG DE PAUL JORION N’EST PAS EN MAL DE COPIE AU MOIS D’AOÛT…

… mais ce n’est apparemment pas le cas pour tout le monde !

Vous verrez en effet tourner en boucle aujourd’hui et reproduite dans des dizaines de journaux, des plus douteux aux plus honorables (ni dans le Financial Times, ni dans le Wall Street Journal, je tiens quand même à le préciser), l’information selon laquelle la banque britannique HSBC ferme les comptes possédés chez elle par de nombreuses ambassades. Voici un lien parmi d’autres (je ne veux lâchement pas embarrasser l’un de mes employeurs !)

Dans les versions en français, l’article renvoie à une dépêche de l’Agence France Presse, dans les versions en anglais, à une dépêche de l’agence Associated Press, celles-ci sont cependant identiques quant au contenu. Qu’il s’agisse des versions en anglais ou en français, toutes renvoient à la source première de l’information : le journal britannique Mail on Sunday.

Connaissez-vous le Mail on Sunday devenu ainsi de manière intempestive mais néanmoins inattendue référence en matière de finance ? Non ? Eh bien, allez alors jeter un petit coup d’oeil, ici ! (Ne ratez pas la créature sous-marine longue de trente mètres aux beaux reflets fluorescents !)

P. S. : J’ai retrouvé l’article d’où vient l’information (notez que même le nombre d’ambassades touchées est identique : 40), il s’agit d’un article du Wall Street Journal en date du… 20 novembre 2010 : Banks Exit From Embassy Business. L’article n’est pas dénué d’intérêt mais enfin, il date quand même un peu !

N. B. : Il m’arrive aussi de recycler de l’information assez ancienne, mais je l’appelle dans ce cas-là : « Piqûre de rappel » !

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NOUVELLES DE LA DÉMOCRATIE

Je suis depuis tout à l’heure la retransmission en direct de l’audition de Rupert et James Murdoch, père et fils et, en ce moment, Rebekah Brooks, devant une commission du parlement britannique.

Un incident récent a été la tentative par un « entarteur » d’entarter Rupert Murdoch qui répondait aux questions que lui posaient les membres de la commission. Très significatif à mon sens a été la différence de réaction entre le fils et l’épouse du magnat de la presse au moment où l’activiste, le comédien Jonnie Marbles, attaque sa victime : le fils fait un geste pour se protéger le visage, tandis que l’épouse (Wendi Deng Murdoch, née en 1968 à Jinan, dans le Shandong) bondit sur l’assaillant avec une telle vigueur qu’un député complimentera Murdoch sur « l’excellent crochet du gauche » de son épouse (en fait, du droit).

Quelques remarques très générales. D’abord, et comme j’ai eu l’occasion de le dire à l’occasion de l’audition de membres de la firme Goldman Sachs devant une commission du Sénat américain l’année dernière, quels que soient les reproches que l’on puisse adresser aux représentants du peuple en général dans nos démocraties, de telles auditions aux États-Unis comme au Royaume-Uni, nous montrent des femmes et des hommes exerçant leur fonction de manière admirable. Bien sûr, de telles commissions opèrent une sélection entre ces représentants du peuple, mettant en avant les meilleurs.

Quant aux déposants, dont on peut imaginer aisément l’arrogance et le cynisme quant ils sont entourés de leurs pairs, leur humilité, leur générosité, leur bonne volonté à se conduire comme de véritables êtres humains quand ils se retrouvent en position d’accusés, suggèrent que, dans un cadre approprié, si on les protégeait des mauvaises fréquentations (les gens comme eux), ils feraient des grands-parents très acceptables.

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