Archives par mot-clé : récession

LES BANQUES EUROPÉENNES ONT DE QUOI POUSSER UN GRAND OUF ! par François Leclerc

Billet invité.

C’est la rentrée, donnant l’occasion à l’OCDE de délivrer de sinistres prévisions, modifiant les précédentes datant de mai dernier. Montrant que même à court terme, elles ne tiennent pas longtemps la route ! L’accent est mis sur le risque d’une récession si rien n’est fait. Il en sort que l’Italie sera particulièrement touchée par le mal, son ratio dette/PIB appelé à dépasser 145% et sa dette à devenir insoutenable. Et que l’Allemagne voit sa croissance continuer à décliner. À contretemps des dernières décisions des autorités européennes, l’OCDE préconise d’ailleurs que la BCE s’engage de manière décidée dans l’assouplissement quantitatif et remarque que « la reprise mondiale a besoin d’une poursuite du soutien à la demande ». Comme le FMI, l’OCDE s’inquiète de l’euphorie qui règne sur les marchés financiers, « déconnectée » de l’économie réelle et exposée au risque d’une « correction brutale ».

Pour le monde financier aussi, c’est la rentrée ! En Europe, elle suscite de profonds soupirs de soulagement. Non seulement la montée d’un nouveau risque – le risque réglementaire – a pu être stoppée, mais les banques caressent l’espoir que les nouvelles autorités européennes vont assouplir plusieurs dangereux projets, au vu de la nomination aux postes clés de la Commission du Français Pierre Moscovici (dont les prouesses à propos de la séparation des activités des banques à la françaises demeurent dans toutes les mémoires) à l’économie, et du Britannique Jonathan Hill à la régulation financière.
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LA NORMALITÉ NE PASSERA PAS ! par François Leclerc

Billet invité.

Même dans leurs rêves les plus fous, les dirigeants européens n’osent plus invoquer le retour à la normalité. Comme si cela ne lui suffisait pas d’être au bord de la déflation, la zone euro l’est aussi de la récession, après avoir enregistré au second trimestre une croissance nulle, selon Eurostat. Leur seul refuge est de la prédire pour bien plus tard, pour la forme en quelque sorte, quand les réformes libérales exigées du haut de la Chaire auront fait leur effet. Le concept de stagnation séculaire lancé par William Summers a entretemps été largement repris et il n’est plus recherché que des accommodements sur les marges pour les plus optimistes, ou d’éviter le piège de la déflation pour les plus perspicaces.

Faute d’avoir pu faire adopter son plan, la BCE tente de relancer le crédit aux entreprises pour impulser la croissance et s’apprête à offrir un nouveau paquet cadeau aux banques. Après avoir décidé de renouveler ses prêts à long terme à des conditions défiant toute concurrence, elle voudrait relancer un marché de la titrisation anémique en Europe et convalescent aux États-Unis. En prenant tous les risques, elle espère montrer l’exemple et donner l’impulsion, dans l’espoir qu’ils seront ensuite assumés par les investisseurs, tout en pesant sur les régulateurs pour qu’ils abaissent les obstacles dressés, notamment pour les compagnies d’assurance afin qu’elles prennent le relais. Ne pouvant agir sur le levier de la demande en raison des interdits en vigueur, la BCE tente de faire coup double en dynamisant l’investissement privé tout en soulageant les bilans bancaires. Elle va acheter les titres ABS afin d’éviter la montée du défaut côté PME, en faisant rouler leur dette. Mais pour le reste, fait-on boire un âne qui n’a pas soif ?

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Zone euro : LA FATALITÉ N’EXISTE PAS ! par François Leclerc

Billet invité.

Les dirigeants européens seraient bienvenus à s’interroger à propos de la politique qu’ils ont eux-mêmes décidée, ou à défaut suivie par peur de s’y opposer, par conformisme plus que par conviction. Non pas seulement pour en constater les effets qui contredisent leurs prédictions, mais aussi pour s’interroger sur leurs causes. Car les bricolages qui s’annoncent ne régleront rien.

Leur obstination à ne pas se résoudre à une telle clarification, qui renvoie à leur discours obsessionnel à propos de la dette et des réformes d’inspiration libérale destinées à relancer la croissance, fait à la longue problème. Parce qu’elle pourrait laisser penser qu’ils se sont résignés à précipiter l’Europe dans une période récessive et déflationniste durable, prix à payer selon eux pour réduire un endettement excessif, en affirmant qu’il n’y a pas d’autre solution. En évitant de se poser une délicate question : la désastreuse situation actuelle a-t-elle pour origine la crise financière, ou est-elle le résultat de leur politique ?

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Zone euro : NOUS Y ARRIVONS !, par François Leclerc

Billet invité.

La zone euro est à nouveau au bord de la récession et la pression déflationniste s’amplifie, accentuant le risque d’entrer dans une déflation à la japonaise dont on ne sort pas. L’Allemagne, la France et l’Italie – ses trois premières puissances économiques – sont désormais touchées, chacune à sa manière. Sans que cela influe sur le discours de la BCE et de la Commission, qui préconisent comme si de rien n’était la poursuite des réformes structurelles en prenant comme exemple la mirifique croissance dont bénéficient l’Espagne et le Portugal (0,6% au second trimestre dans les deux cas) après avoir été poussés au fond du trou.

Le discours sur la croissance est épuisé, mais il n’y en a pas de rechange, d’où la crispation de la part de ceux qui n’ont pas d’alternative à proposer à leur politique reposant sur la résorption accélérée et prioritaire de la dette publique. Pourtant, elle ne fonctionne pas, comme le montre notamment la progression de la dette de l’État espagnol : celle-ci a dépassé fin juin les 1.000 milliards d’euros et continue à grimper, prévue pour dépasser le seuil symbolique de 100% du PIB en 2015. D’un point de vue économique, inscrire dans un traité des normes de déficit est tout aussi absurde que d’avoir mené la politique d’austérité, et cela ne garantit en rien qu’elles seront respectées…

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L’actualité de la crise : DEUS EX MACHINA ! par François Leclerc

Billet invité.

« La BCE est prête à faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l’euro » a hier annoncé Mario Draghi, le président de la BCE, et le monde entier en a aussitôt soupiré d’aise. Qu’importe ce que la BCE va bien pouvoir mettre sur la table, car elle dispose encore d’une crédibilité perdue par les autorités politiques. Il lui suffira seulement de joindre le geste à la parole, et nul ne doute que cela sera exécuté.

Cet immense soulagement intervient alors que les choses semblaient fort compromises et que les réactions des autorités n’étaient plus même anticipées. Tout juste comprenait-on qu’elles jouaient leur dernière carte en espérant des renforts. Tout peut bien désormais arriver de ce qui était redouté ! Ni l’ampleur du plan de sauvetage espagnol, ni une sortie de la Grèce de la zone euro ne pèsent plus si l’engrenage infernal est enfin stoppé et l’Italie préservée.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 12 AOÛT 2011

Un état d’apesanteur

Ventes à découvert sur des établissements financiers
Interdire les paris sur les fluctuations de prix
Croissance et récession
L’évaluation du risque
Résoudre à chaud
La Bourse et ses rebonds

Un article du Wall Street Journal : Raters Fail to See Defaults Coming, Les agences ne voient pas venir le défaut

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L’actualité de la crise: un scenario d’épouvante ou d’horreur ? par François Leclerc

Billet invité.

UN SCENARIO D’ÉPOUVANTE OU D’HORREUR ?

De manière peu évocatrice mais néanmoins menaçante, un scénario à la japonaise est régulièrement évoqué, description de ce qui pourrait atteindre l’Europe, et peut-être même les Etats-Unis. Le cas du Japon étant déjà réglé – puisqu’il est le modèle – de quelle histoire concernant les autres peut-il donc bien s’agir, puisqu’elle est disponible  ?

Deuxième puissance mondiale – tant que la Chine ne l’a pas dépassé – le pays permet d’observer en grandeur réelle ce qui n’est donc pas une hypothèse d’école. Le miracle japonais était encensé dans les années 80 mais s’est terminé en queue de poisson dans les années 90. Il ne s’en est jamais remis.

La croissance économique y est devenue chroniquement anémique, en dépit des multiples plans de relance qui se sont succédés sans résultats, aboutissant à la création d’une énorme bulle financière. Une gigantesque dette publique, dépassant déjà les 200% du PIB, deuxième mondiale en volume après celle des Etats-Unis, qui a été jusqu’à maintenant essentiellement financée sur son marché intérieur.

Une politique monétaire très accommodante de la Banque of Japan (BoJ, la banque centrale) a en effet notamment permis aux banques privées japonaises de largement y contribuer. Ces dernières sont aujourd’hui fragilisées, face au risque de hausse des taux obligataires et de baisse de la valeur de ces actifs dans leurs bilans, par voie de conséquence.

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L’actualité de la crise: le temps des discrets conciliabules, par François Leclerc

Billet invité.

LE TEMPS DES DISCRETS CONCILIABULES

Les marchés sont nerveux, les gouvernements sont inquiets, voici venu le temps des conciliabules, qui ne contribuent pas à leur tour à rassurer.

Ne sachant plus à quoi s’en tenir, les analystes sont à la recherche fébrile de l’indice ou du taux qui cette fois-ci annoncera à temps que le lait va à nouveau déborder, brutal et irrésistible. La volatilité qu’ils constatent du côté des marchés est en soi un indice de la crainte qui s’y est installée et qu’ils partagent.

Mais quel sera le signal qui leur permettra d’anticiper ? Afin de se replier à temps de positions avancées et hasardeuses, ou au contraire de se préparer à faire de bonnes affaires (car, comme en tant de guerre, une crise financière aiguë est une opportunité à ne pas manquer pour profiter des meilleures occasions).

En attendant, de nerveuses et massives transhumances de capitaux sont signalées quasi quotidiennement, du marché des actions à celui des obligations d’Etat et réciproquement. Manifestant un bel opportunisme ou la recherche du meilleur et incertain refuge, au choix. Pêle-mêle, toutes les raisons de cette situation sont données. Mais c’est la crise européenne qui a la vedette, allez savoir si elle va s’accélérer ou se tasser! Les paris, toutefois, se prennent très majoritairement en faveur de la première hypothèse.

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L’actualité de la crise, premiers enseignements d’un sauvetage bâclé, par François Leclerc

Billet invité.

PREMIERS ENSEIGNEMENTS D’UN SAUVETAGE BÂCLE

Sans attendre les deux dernières étapes formelles du sauvetage financier de la Grèce, la réunion des chefs d’Etat et de gouvernements et la décision du FMI, de premiers enseignements peuvent être tirés de cette crise européenne, qui ne fait que commencer.

1. Ce premier épisode à démontré combien les gouvernements et les autorités européennes étaient peu préparés, ainsi que les difficultés extrêmes qu’ils ont rencontré pour réagir. Il n’est pas certain que les uns et les autres en ont même tiré les leçons, rien en effet n’en témoigne aujourd’hui à la lecture des déclarations des uns et des autres.

2. La crise grecque a mis en évidence que la fragilité de la zone euro ne résultait pas uniquement de l’importance de la dette publique, que l’Allemagne a fortement contribué à dramatiser, mais également de la forte interconnexion des banques européennes, qui ont assuré le financement d’une très grande partie de celle-ci grâce aux liquidités de la BCE dans la dernière période. On a constaté que l’effet domino dont on redoutait qu’il intervienne d’un pays à l’autre, résultant de brutales augmentations successives des taux obligataires, a été secondaire par rapport à celui qui a menacé les banques. En tout cas à ce jour. Ce n’est pas pour rien qu’une partie du plan qui a été décidé pour la Grèce va être consacré à aider ses banques.

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Vers un retour à la récession ?, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité.

Le nouveau tournant de la crise se précise. Pourra-t-il être évité ?

Après l’ouverture des vannes provoquant, avec la bénédiction du FMI, l’inondation de liquidités pour débloquer le système financier mondial menacé de faillite et enrayer la récession, c’est, avec la prise de conscience de la nécessité de lutter contre la montée de l’endettement public, le risque d’un retour à un processus de contraction de l’activité économique qui nous menace maintenant. Cela mérite que l’on s’y attarde.

En premier lieu, on a tendance à oublier que, sous l’effet mécanique de la récession qui a touché tous les pays de l’Europe (à l’exception de la Pologne), ainsi que les Etats-Unis, les recettes fiscales de ces pays se sont considérablement réduites. A ceci s’est ajoutée la contribution des Etats pour soutenir l’activité économique défaillante et sauver le secteur bancaire. En conséquence, comme c’était prévisible, leur endettement a explosé un peu partout et il est malvenu d’imputer principalement ce phénomène à leur gestion antérieure, comme on l’entend souvent dire malheureusement. Qui plus est, ce sont, bien entendu, les pays les plus vulnérables – pas forcément les plus « tricheurs » – qui sont pointés du doigt par les agences de notation et offerts en proie aux spéculateurs des marchés, alors même que les Etats Unis dont l’endettement croit pourtant de façon pharamineuse restent (provisoirement) à l’écart de la tourmente.

Dans ces conditions, le danger est que tous les pays concernés d’Europe, utilisant les vieilles recettes classiques du FMI, se livrent à une surenchère dans l’application des « politiques de rigueur » destinées à ramener les déficits publics dans les limites fixées par le Pacte de Stabilité, l’Allemagne, du haut de sa réussite économique et de ses excédents commerciaux, prêchant le bon exemple.

Ce serait pourtant accumuler toutes les probabilités de déclencher un processus de récession de grande ampleur.

On sait que le premier effet d’une politique standard de rigueur, en raison de ses conséquences sur les dépenses, publiques mais aussi privées, est de réduire la croissance (quand il y en a), ou de plonger le pays qui l’utilise dans la récession. Les Hongrois sont bien placés pour le savoir. Et, second effet préoccupant, ce ralentissement de l’activité économique commence toujours par peser sur l’équilibre des finances publiques du pays considéré en raison de son impact négatif sur les recettes publiques. Des politiques de rigueur ne peuvent être salvatrices pour les pays qui les appliquent que s’ils bénéficient d’un environnement porteur leur permettant de tirer parti des gains de productivité qui peuvent en résulter et donc de retrouver une croissance accrue génératrice de recettes fiscales.

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