L’actualité de la crise: le temps des discrets conciliabules, par François Leclerc

Billet invité.

LE TEMPS DES DISCRETS CONCILIABULES

Les marchés sont nerveux, les gouvernements sont inquiets, voici venu le temps des conciliabules, qui ne contribuent pas à leur tour à rassurer.

Ne sachant plus à quoi s’en tenir, les analystes sont à la recherche fébrile de l’indice ou du taux qui cette fois-ci annoncera à temps que le lait va à nouveau déborder, brutal et irrésistible. La volatilité qu’ils constatent du côté des marchés est en soi un indice de la crainte qui s’y est installée et qu’ils partagent.

Mais quel sera le signal qui leur permettra d’anticiper ? Afin de se replier à temps de positions avancées et hasardeuses, ou au contraire de se préparer à faire de bonnes affaires (car, comme en tant de guerre, une crise financière aiguë est une opportunité à ne pas manquer pour profiter des meilleures occasions).

En attendant, de nerveuses et massives transhumances de capitaux sont signalées quasi quotidiennement, du marché des actions à celui des obligations d’Etat et réciproquement. Manifestant un bel opportunisme ou la recherche du meilleur et incertain refuge, au choix. Pêle-mêle, toutes les raisons de cette situation sont données. Mais c’est la crise européenne qui a la vedette, allez savoir si elle va s’accélérer ou se tasser! Les paris, toutefois, se prennent très majoritairement en faveur de la première hypothèse.

Si les banques sont identifiées comme vecteur de la propagation mondiale de la crise, leur bilan de santé reste très confidentiel, rendant l’analyse incertaine. On subodore toutefois, non sans de sérieux indices, que les banques européennes ont beaucoup fait le gros dos et continuent d’être particulièrement fragiles. Aux risques anciens qu’elles dissimulent s’ajoutent désormais les nouveaux qui se profilent ; aux vieux stocks d’actifs toxiques toujours égarés au fond de leurs livres de compte – ceux qu’ils n’ont pu mettre en pension à la BCE – s’additionnent les gros paquets d’obligations des Etats en péril, pour lesquels l’hypothèse d’une inévitable restructuration de la dette tient la corde. Une question de temps, paraît-il.

Rien ne va plus, mais qu’est-ce qui ne va pas au juste ? Ceux qui gardent la tête sur les épaules constatent que les chutes (ou les hausses) de tel ou tel indicateur ne sont pas d’une si grande amplitude que cela, comparées aux temps qui ont suivi la faillite de Lehman Brothers, ce terrible précédent dans toutes les pensées sinon sur toutes les lèvres. Mais quand on ne cerne pas bien le mal, comment le guérir ? Comment résoudre cette quadrature du cercle que représente la mise en place de la rigueur sans porter atteinte à la croissance économique ?

L’OCDE voudrait bien donner consistance à cette gageure, tout du moins le temps de sa réunion ministérielle annuelle, qui vient de se tenir à Paris. On s’aperçoit, en lisant plus attentivement le texte de son communiqué final, qu’elle n’y parvient qu’en procédant en deux temps : la reprise d’abord, la lutte contre le déficit ensuite. «Il convient d’élaborer des plans crédibles et transparents d’assainissement budgétaire à moyen terme ». Ce n’est pas précisément ce qui est proclamé comme étant à l’ordre du jour lu devant l’Europe toute entière.

Faisant de la politique fiction, le FMI continue pour sa part de chevaucher les contradictions en affichant la nécessité d’agir simultanément sur les deux fronts, et de faire preuve d’un discernement dont les gouvernements occidentaux aimeraient qu’il donne la recette, pour la mettre à exécution.

A chacun son dilemme. Transposé, cela donne ceci: faut-il sauver les Etats pour sauver les banques, ou bien le contraire  ? Renflouer les premiers avec les moyens du bord pour éviter la chute des seconds, ou bien cesser de jouer au billard et prendre le problème bille en tête, avec les mêmes moyens qui ne sont pas infinis ? C’est comme d’habitude la pire des solutions qui a été choisie.

Les Allemands voudraient tout faire à la fois, mais à leur manière, après avoir annoncé vouloir remettre la politique au poste de commande. Ce qui n’est pas nécessairement une bonne nouvelle au vu de l’austère orientation stratégique qu’ils préconisent, même si elle est accompagnée dans le domaine de la régulation financière d’audacieuses innovations – dont la portée est symbolique à défaut d’être pratique – qui leur sont beaucoup reprochées et les laissent isolés.

Va donc pour officiellement sauver les Etats, si l’on y parvient ! Mais l’agence Fitch joue à son tour le facteur et vient apporter, après Standard & Poor’s, une mauvaise nouvelle qui appuie là où ça fait mal, en dégradant la note de la dette souveraine espagnole : “La dégradation reflète l’opinion que le processus d’ajustement vers un niveau plus bas d’endettement privé et extérieur va matériellement réduire le taux de croissance de l’économie espagnole à moyen terme ».

Les effets secondaires du remède, selon l’agence, sont aussi négatifs que le mal lui-même, ce qui ne laisse aucune de marge de manoeuvre. Or, l’Espagne – un beaucoup plus gros morceaux que la Grèce – était déjà de plus en plus donnée comme candidate au prochain épisode de la crise européenne, alors que les gouvernements de la zone euro tardent à mettre en place la structure chargée de gérer leur plan d’aide. Retard causé par des divergences persistantes avec les Allemands, qui veulent garder le contrôle étape par étape de tout processus d’activation.

S’agissant de l’Espagne, on ne parle plus des risques de sa dette publique, mais de l’ampleur de sa dette privée, trois fois plus importante. Celle-ci a rendu nécessaire, et prioritaire, une restructuration qui peine du réseau de caisses d’épargnes (qui contribue pour moitié au chiffre d’affaires de l’ensemble du système bancaire), très sérieusement atteint par le dégonflement de la bulle immobilière espagnole. De quoi relativiser le discours ambiant sur la dette publique et l’austérité, qui connaît d’ailleurs une certaine inflexion. Et l’on entend de plus en plus de voix commencer à s’inquiéter du risque que la dépression ferait prendre à la zone euro, si l’austérité devait y régner. Risquant de déclencher une spirale descendante, aboutissant à une franche récession, empêchant au final de réduire comme attendu le déficit public, pour renvoyer à la case départ dans de plus mauvaises conditions.

Parmi ses voix, et non des moindres, celle de Tim Geithner, secrétaire d’Etat au Trésor, d’abord en villégiature à Pékin avant de rejoindre directement l’Europe au débotté, prenant l’initiative de premiers conciliabules qui depuis se poursuivent.

Que dit-on de ses rendez-vous successifs dont fort peu a transpiré  ? Que Tim Geithner affecte publiquement de croire qu’une récession européenne ne réduirait pas significativement la croissance des Etats-Unis (dont le taux actuel vient d’être abaissé par rapport à la première annonce, comme il est désormais de coutume), mais qu’il s’interroge sur le maintien de la croissance américaine, si les mesures publiques de soutien du gouvernement américain n’étaient pas renouvelées et si les Chinois ne réévaluent pas leur devise.

Il aurait proposé également aux Européens de calmer les marchés en lançant une opération publique de stress-test de leurs banques, contrairement à la première mouture dont les résultats sont restés confidentiels. Une manière délicate de suggérer, s’il ne l’a pas même clairement dit, qu’il fallait enfin se décider à affronter la situation de fragilité du système bancaire européen.

Que les effets d’annonce de sauvetage, c’était fini, parce que cela ne convainquait plus personne, et qu’il fallait se dépêcher de boucler un dispositif qui ne l’est toujours pas. Enfin, message plus spécialement destiné aux Allemands, qu’il fallait laisser aux banques les moyens de faire leur business et ne pas toucher au marché des produits dérivés, si on voulait qu’elles se redressent un peu par elles-mêmes.

Bref, il a énoncé une politique en tous points contraire à celle des Allemands. Il ne faut pas s’étonner, dans ces conditions, que la conférence de presse commune de Tim Geithner et de Wolfgang Schäuble ait été écourtée dans la limite de ce que la décence permettait, rompant avec tous les usages établis. « Les marchés veulent voir des actes » a-t-il eu tout de même le temps de déclarer, ce qui valait critique implicite de la politique suivie par son compagnon de tribune.

Dès le lendemain, que se sont dit à Paris les ministres des finances allemand et français ? Nous n’en savons strictement rien, sauf à tenter l’exégèse de la belle formule employée par Michael Offer, le porte-parole de Wolfgang Schäuble : les ministres ont procédé à « une concertation sur une approche commune ». Du côté français, fidèle à une implacable stratégie de communication, aucun commentaire n’était disponible. Rendons néanmoins grâce à Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, qui y a été de son commentaire ineffable sur la situation générale, sur la chaîne d’information en continu LCI : “Ce qui est surtout révélateur dans cet épisode, c’est qu’aujourd’hui on a l’impression que la nervosité sur les marchés financiers est telle que n’importe quelle rumeur est colportée et donne lieu à des mouvements dans les prix des actifs financiers (…) Tout ça est un peu ridicule, j’espère que nous allons très vite retourner à une zone de calme. Il faut arrêter de croire n’importe quelle rumeur ».

Ne peut-on pas croire, tout au contraire, que les « rumeurs » ne vont pas manquer de surgir à tout propos et de partout, et que l’axe franco-allemand va avoir de plus en plus de difficulté à maintenir son unité de façade, tant les politiques des deux partenaires divergent  ? Déjà, les Français se sont finalement publiquement désolidarisés de la mesure allemande d’interdiction des CDS nus, laissant les premiers dans un superbe isolement partagé avec les Autrichiens, rejoints ce matin sur le même terrain par le gouvernement espagnol.

Le régulateur espagnol, la CNMV, a en effet annoncé jeudi soir que les positions de vente à découvert portant sur plus de 0,2% du capital d’une liste de société dans laquelle figurent les établissements financiers allaient devoir être portée à sa connaissance, abaissant le seuil précédemment fixé. Une mesure dissuasive destinée à protéger notamment les banques de la spéculation.

Du côté des banques, on apprenait que Hypo Real Estate (HRE) venait d’activer une garantie gouvernementale supplémentaire de 10 milliards d’euros. L’échec de la restructuration de la grande banque allemande spécialisée dans les Panbriefen (obligations couvertes par des crédits hypothécaires), qui jouent un rôle important en Allemagne, aurait des conséquences massives pour l’économie allemande. Déjà nationalisée, sa situation reste très fragile : elle annonce pertes après pertes, et l’on sait qu’elle détient de surcroit un portefeuille important d’obligations d’Etats européens. A elle seule, sa situation permet de comprendre la politique allemande.

Reste sur le tapis un autre gros dossier, celui de la taxe financière. Là également, les Allemands ont pris l’initiative, relayés par la Commission de Bruxelles qui s’est jeté à l’eau et a formulé un plan via Michel Barnier, son commissaire au marché intérieur. Celui-ci, connaissant son monde, a laissé de nombreuses portes ouvertes à la négociation, notamment sur les deux questions clé de l’assiette de la taxe et de son taux. Cela n’a pas suffi: les Britanniques, vite rejoints par les Français, n’envisageant pas que son produit puisse ne pas abonder le budget général de l’Etat, modifiant son affectation et retirant projet son sens qui est d’amasser des réserves pour faire face à la prochaine crise bancaire.

Pour compliquer encore davantage le jeu que le gouvernement allemand cherche à ouvrir, Axel Weber, président de la Bundesbank et, il se murmure encore, successeur de Jean-Claude Trichet à la tête de la BCE, vient de prendre aussi ses distances avec lui : “Même si une telle taxe serait utile pour récupérer certains coûts de la crise, c’est un instrument mineur pour internaliser les effets d’activités risquées pour la stabilité financière”, a-t-il déclaré, ajoutant pour mettre les deux pieds dans le plat : « l’interdiction complète de certaines activités est une intervention sur le marché lourde de conséquences”, ces activités n’ayant, selon la prudente double négation du hiérarque, “pas nécessairement une valeur ajoutée économiquement nulle”.

Les banques évitant de se prononcer trop ouvertement, d’autres s’en chargent. Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, a préconisé lui aussi la prudence à propos d’une taxe : “Ce qu’il faudra bien faire, c’est le calcul total de ce qu’on demande aux banques à la fois dans leur bilan et éventuellement dans une taxe en sus. Parce qu’au total, ce sont des prélèvements qui peuvent être répercutés sur le coût du crédit, et donc répercutés négativement sur la croissance. Donc il faut faire très attention à trouver le juste équilibre de toutes ces mesures ». Faire très attention, dans le langage codé de la politique, cela signifie ne pas entreprendre.

Enfin, à propos des mesures imposées aux banques en général, un renfort important est venu en la personne de Mario Mesquita, président du Comité sur le système financier mondial de la Banque des Règlements Internationaux (BRI) : “Les changements prévus dans l’activité de financement pourraient conduire à une augmentation des coûts et une expansion plus lente des crédits de la part des banques internationales (…) Alors que, l’expansion des crédits avant la crise étant excessive, et le risque inhérent sous-estimé, cela ne serait pas forcément une mauvaise conséquence mais pourrait freiner la reprise économique ». Un propos bien balancé de banquier central qui, en termes crus, signifie que si l’on charge trop la barque des banques, on prend un risque qui n’est pas de saison.

Décidément, la plus grande harmonie de vue ne règne pas dans le camp occidental, à la mesure des impératifs contradictoires dans lesquels ses acteurs sont de plus en plus placés. Il va en falloir, des conciliabules ! Cela rend la définition et l’application d’une politique commune encore plus aléatoire, éloignant d’autant toute perspective de sortie de crise, une expression dont il est à noter qu’elle a disparue des éléments de langage européens.

Giulio Tremonti, le ministre italien des finances et présenté comme aspirant à la succession de Silvio Berlusconi, ne les avait sans doute pas lus. Lors du forum annuel à Paris de l’OCDE, il a en effet déclaré : « “Il est évident que tout le continent doit changer de modèle politique, doit changer la structure de l’Etat providence, du modèle social”.

Peut-être avait-il été absorbé par la lecture d’un article de Dave Shellock dans le Financial Times, destiné à faire le tour des différents marchés et de leur volatilité commune. Au détour d’une phrase, ce dernier apportait une contribution fondamentale à la science économique, proposant le concept de « non-financial economy », l’économie non financière si l’on comprend bien, que l’on appelle le plus souvent – ce qui est déjà en soi surprenant – l’économie réelle.

Sans autre commentaire.

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111 réflexions sur « L’actualité de la crise: le temps des discrets conciliabules, par François Leclerc »

  1. @ FLeclerc:
    Giulio Tremonti :
    ,”Il est évident que tout le continent doit changer de modèle politique, doit changer la structure de l’Etat providence, du modèle social ”
    la “crise” financière est en effet le “cheval de Troie” d’un mouvement politique..dont Mr Tremonti est “un porte-voix” ..

    quelque soit les solutions techniques (financières ,monétaires, économiques ) mise (ou à mettre) en œuvre , elles sont vouées à l’échec car ne correspondant pas à l’objectif de remise en question radicale de l’organisation de nos sociétés du Welfare (par l’oligarchie à laquelle appartient ce monsieur) , elles seront (sont) donc “contournées”..

    la seule réponse est “politique” , cad l’organisation d’un mouvement de masse dénonçant la destruction de nos systèmes sociaux et proposant une stratégie d’alternance au pouvoir en place dans nos “démocraties”.

    1. @sentier198
      bien d’accord avec vous mais je dirais que sur ce blog la vision y est généralement plus “économiste” que politique. La plupart des intervenants pensant qu’avec des mesures techniques on peut sauver le monde… sans véritablement se rendre compte que de telles propositions “techniques” équivalent à déboulonner la situation de nos “élites” … en fantasmant qu’elles se laisseront faire sans qu’il y ait du sang sur les murs ou des têtes au bout de piques…
      L’autre versant des contributions étant une absence à peu près complète d’un point de vue non européocentriste… L’équilibre du monde a basculé et bien peu semblent se rendre compte de ce que cela veut dire réellement … pour faire un raccourci un peu rude il fut un temps où le pouvoir a basculé de l’Espagne et du Portugal vers la France et l’Angleterre… Aujourd’hui une bonne partie de l’Europe se trouve dans une situation similaire… Le Monde n’a plus besoin de nous… nos populations sont devenues superflues et nos révoltes populaires si jamais elles se produisaient auraient à peu près autant d’effet qu’une émeute à Mogadiscio ou à Irkoutsk…. La reconversion des économies “émergentes” vers leur marché intérieur est plus qu’en route… Et pensons, par ailleurs, à nos “amis” de L’Oréal qui ont comme objectif à moins de cinq ans de faire passer de 30 à 45% leur chiffre d’affaires global sur le marché asiatique…Eux non plus n’auront bientôt plus besoin de nous, ni comme producteurs ni comme consommateurs… Il nous restera à devenir un terrain de ‘tourisme écodurable” avec emplois précaires de guide de “sites remarquables”, de “gardien du paysage” et de “conservateurs du patrimoine culinaire”

  2. Extrait d’un article du WSJ :
    Here, the fund faces its most far-reaching effort at economic reconstruction since the Asian financial crisis of a decade ago, when it forced countries to dismantle monopolies and slash subsidies to get rescue loans. But Greece presents an even bigger challenge. Its Western European population has grown used to decades of job protections, state regulation and government support. The IMF is seeking much more change from Greece than the country has had the political will to impose on itself in recent years. “The scope of the conditions is brutal,” says Domenico Lombardi, a former adviser to Italy’s IMF representative.

    Tu m’étonnes que c’est brutal. Tu crois vivre en Europe occidentale, et le lendemain tu te réveilles dans un pays du 1/3 monde.

  3. Cela se précise :
    http://www.lemonde.fr/depeches/2010/05/30/l-objectif-du-maintien-du-aaa-de-la-france-est-tendu-dit-baroin_3208_38_42585994.html

    Après la retraite, bientôt il va falloir renoncer aux congés payés, aux remboursements maladie … tout en n’augmentant pas les impôts bien sûr.
    Tout cela naturellement pour conserver la note AAA.

    Mr François de Closet avait écrit un livre intitulé ”Toujours Plus” dans lequel il vélipendait les avantages des agents de l’état ou entreprises nationalisées.
    Il serait intéressant qu’il sorte un tome 3 réactualisé. Comparer les revenus du capital avec ceux du travail, etc, etc

    1. C’est plus simple de convaincre l’opinion en période de crise aigüe. Ils savent qu’un tel programmme ne passerait pas en temps normal. C’est la stratégie du choc décrit par Naomi Klein.

    2. Je propose de payer pour ‘travailler’ voire..pour continuer ‘à vivre’…le droit à la survie..domiciliation banksterienne chaque mois ….bientôt sur vos écrans

  4. Le même article :
    The only way for Greece to grow fast enough to pay its debts is to make its economy more nimble. That means cutting wages and prices to make its wares more competitive, dismantling decades of regulations and selling state-owned businesses.

    La seule façon pour la Grèce à se développer assez rapidement pour payer ses dettes est de rendre son économie plus souple. Cela signifie que la réduction des salaires et des prix pour rendre ses marchandises plus compétitifs, le démantèlement des décennies de réglementations et de vente d’entreprises publiques.

    Vous voulez faire de l’humanitaire ? Il ne sera bientôt plus besoin d’aller en Afrique.

    1. Quelles “marchandises” croyez-vous que la Grèce produise encore dans ses usines?
      Des bouts de Parthénon en plastique pour touristes allemands?
      Et encore, ils doivent être made in China.
      La Grèce n’a plus que le tourisme.
      C’est ce qui nous guette peut-être quand la Chine nous vendra des TGV (tlangglandviteng) et des FilsduCielBussses.

    2. Diminuer les salaires en Grèce de la grande majorité des gens cela me semble impossible car ils sont deja si bas leurs salaires…..moins de 1000 euros souvent….pourquoi croyez vous que les Grecs (quand ils le peuvent)ont un second job?Non LE problème c’est l’EURO et l’impossibilité de dévaluer ….l’Euro est mort cliniquement…on va le maintenir un peu en vie afin de préparer sa fin dans l’ordre…cela ne peut pas aller plus loin…car la Grèce ne sera JAMAIS l’Allemagne…comment a t’on pu inventer un tel monstre ou croire naivement que cela pouvait marcher une union de pays qui ont des niveaux de vie et de développements si différents…il suffisait de réfléchir 5 secondes non?(idem pour les autres PIIGS)
      Persister dans l’erreur est encore pire car les dégats seront encore plus importants en ce compris pour les pays les plus ‘riches’…..et oui tout cela n’était qu’un rêve…il faut stopper tout avant le cauchemar….les Anglais sont morts de rire voyant nos déboires..ils n’y ont jamais cru une seule seconde et attendent tranquillement l’annonce de l’heure du décès…

      http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/05/le-financial-times-la-crise-et-la-d%C3%A9ontologiele-biais-anti-euro-dune-grande-partie-des-m%C3%A9dias-anglo-saxons-est-difficil.html

    3. Dissy, vous faites une erreur grave.
      Mais réellement. Ce genre d’erreur dont vivent ceux qui nous manipulent. Je ne plaisante pas. Exceptionnellement.

      Il y a déjà quelques années que j’ai accés à des informations de toute sortes. Pouvoir du cadre en entreprise oblige. Et, pour aggraver encore la situation :
      – je suis curieux comme une pie.
      – j’ai une mémoire économique naturelle car j’aime les chiffres et mon métier a encore aggravé la tendance.
      – j’ai des amis qui m’apportent des informations de façon naturelle et amplifiée par le fait qu’ils savent que les informations qu’ils me donnent ne leur feront pas de tort dans le sens où je ne cite jamais mes sources si cela peut leur apporter un préjudice.

      AINSI, je peux vous confirmer qu’après la mise en circulation de l’Euro, des AIDES européennes ont été mises en place.
      Et notamment AU SEIN DE LA FRANCE pour plusieurs régions.
      Vous devez le savoir puisqu’une REGION a multiplié les scandales de tricheries pour avoir plus d’aides : la CORSE.

      Hors, il vous faut savoir que la Corse est une des trois régions les PLUS PAUVRES DE FRANCE.
      Tout comme le bassin valenciennois et la zone minière du Pas de Calais.

      Pourtant, ces régions sont bien dans la même monnaie que le reste du pays, non…???
      VOUS pouvez extrapoler à une région de l’Europe, le raisonnement est exactement le même.

      VOUS voyez donc bien que la “richesse” d’une zone n’est pas fonction d’une monnaie quelconque.

      Maintenant, qu’un politique fasse les pires conneries avec la monnaie de son pays, là, c’est autre chose.

    1. Si cette créature est si mal payée, c’est que même ses maîtres savent qu’elle ne vaut pas grand chose…

      Quand je dis qu’elle est mal payée, ce n’est par rapport à un salarié moyen, mais par rapport à certains des maîtres qu’elle sert !

  5. A Crapaud Rouge, et aux autres.

    Le surendettement peut disparaître.

    Il suffit de ne PLUS RIEN rembourser aux banques.

    1. c’est pour cela que certains états font lanterner la situation : pour que leurs banques ( ou celle de leurs lobbyistes préférés) aient le temps et les opportunités de vidanger leur fosse et se préparer au choc à venir.

  6. Ouf! J’ai eu quelques réponses! je prends donc soin d’y répondre

    1)HW dit : 30 mai 2010 à 14:35: La misère était déjà là: vous avez vu les SDF ou il n’y en a pas là où vous habitez ? Merci Chirac et la loi Devaquet sur les loyers…

    jf: évidemment, mais le capitalisme “était déjà là aussi, d’où la misère, corollaire de la richesse. Or, la richesse croît sur un mode exponentiel, alors, la misère s’étendra aussi sur un mode exponentiel!

    2)bourby dit : 30 mai 2010 à 16:13
    bonjour,
    a) Comme vous, je suis très préoccupé par la masse monstrueuse des capitaux flottants qui alimentent la spéculation débridée et parasitaire. Et je cherche sur ce blog et ailleurs les remèdes qu’il faudrait appliquer pour en supprimer les nuisances.
    Paul Jorion propose l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix; c’est une mesure de bon sens. Mais suffira-t-elle? Sans doute pas, donc il faut des mesures complémentaires. Lesquelles?
    Quand on parle de Bancor, il me semble qu’il faudrait y ajouter des modalités spécifiques pour les pays très pauvres, qui ont d’énormes besoins et pas grand chose à exporter. De même pour les minerais et énergies fossiles qui ne sont pas répartis entre les pays en proportion de leurs besoins.

    JF: d’accord pour ce que propose Paul, mais c’est très insuffisant! Quant au Bancor proposé par Keynes, il est inspiré de Gesell qui insiste déjà sur la nécessité des échanges commerciaux équilibrés. Le Bancor seul ne suffira en aucune façon de corriger les extravagances de la monnaie capitaliste! Quant aux minérais et matériaux fossiles, ils sont importants, mais, au fond, négligeables comparés aux richesses créées par le travail humain. A tel point négligeables qu’ils n’enrichissent guère les pays exportateurs, mais seulement une clique corrompue. Pour lutter contre cette corruption, nous retombons dans le SMT, très efficace dans ce combat comme je le montre ailleurs, en raison du fait que les investissements ne pourront tout simplement plus se soustraire à l’économie réelle, même les capitaux mal acquis!
    b) De votre côté, vous insistez sur la monnaie fondante; je ne suis pas assez calé pour identifier sa portée. Le principe semble être intéressant. Lui aussi me semble nécessiter des règles d’accompagnement, afin d’éviter d’éviter quelques inconvénients majeurs.

    JF: “l’inconvénient majeur” de la dite “monnaie fondante” que Gesell appelait plus pertinemment “Freigeld” ou “monnaie franche” et que je rebaptise volontiers “signe monétaire marqué par le temps” ou SMT, mais peu importe le nom peut-être, bref, l’inconvénient majeur de ce dispositif, c’est qu’il n’a pas d’inconvénients majeurs ni mineurs, en tout cas d’un point de vue technique! La seule chose est que son introduction devrait se faire tout en laissant la monnaie thésaurisable en place pour éviter des dérapages hyperinflationnistes. J’expose la méthode dans un manuscrit que je vous ferai parvenir, si vous le souhaitez. Vos commentaires m’intéresseraient. En un mot, il suffit d’émettre des SMT dès maintenant et de ne plus émettre les signes monétaires traditionnels qui’,eux, se mettront hors circuit d’eux-mêmes dans ce cas, sans dérapages inflationnistes, cela me semble certain.
    Si, un “inconvénient”: il annulle la rente du capital qu’est l’intérêt monétaire net, moyennant quoi, la totalité du revenu sera distribué comme revenu du travail, et le revenu du capital disparaîtra! Si vous êtes très riches, cela est sans un petit inconvénient, mais pour 99% de la population, cela ne serait qu’avantage!
    Et puisque les plus riches ne seraient même pas spoliés, seulement empêchés de s’enrichir en dormant, il leur resterait tout de même quelques décennies tranquilles pour vivre de leur richesse accumulée (qui fondrait ainsi peu à peu). Cela ne me semble pas très grave!

    c) Au bout du bout, le monde dont on peut rêver serait débarrassé de la spéculation financière, et toutes les ressources disponibles seraient orientées vers l’économie réelle, et les technologies « durables ». Mais il me semble que tout scénario de transition devra d’abord assécher la masse des capitaux accumulés par la spéculation financière. Sinon, ces capitaux se déverseront massivement dans l’économie réelle , provoquant une très forte augmentation du prix des biens réels (immobilier, entreprises, terres,…), qui empêchera à nouveau le commun des mortels d’y accéder.
    Ce que j’ai lu des propositions de Gesell montre qu’il avait détecté des dangers analogues, même en l’absence d’une masse « initiale » de capitaux ; ce qui l’a amené à des constructions que je ne trouve ni réalisables ni même souhaitables.

    JF: Si vous faites allusion aux réformes foncières de Gesell, je partage votre analyse, la nationalisation des terres et des matières premières ne me semble pas une idée praticable ni souhaitable, même si, en régime SMT les conséquences seraient plus facilement “maîtrisables”.
    Pour ma part, il me semble qu’une introduction du SMT chaque fois qu’une nouvelle émission de monnaie centrale devient nécessaire serait tout à fait suffisante. En effet, dès que tout le refinancement se fait exclusivement en SMT, et ce serait le cas, car tous, y compris les banques et les investisseurs ne pourraient faire autrement que d’utiliser préférentiellement les SMT qu’ils recevraient (pourvus de cours légal!), alors, ce qui s'”assècherait” en premier, c’est l’usage de la monnaie traditionnelle. Dès lors, toutes les opérations de spéculation, y compris foncière et avec les matières premières tout comme avec les actions et les obligations, deviendraient suffisamment risquées pour que ces marchés se calment rapidement. Quant à l’accès aux richesses des uns et des autres, cela ne deviendra possible que grâce au travail désormais, et ceux qui détiennent de telles richesses, en en retirant une rente, devront eux aussi réinvestir dans l’économie réelle. Le rééquilibrage interviendrait au bout de quelque temps et progressivement, via un désendettement général et une hausse générale des salaires au détriment de la rente du capital. Quant aux terres, une taxe foncière adéquate (à régler en SMT bien entendu ou en monnaie traditionnelle) suffirait tout à fait pour obtenir l’usage économiquement adéquat des terres pour le bénéfice de tous. Dès que la taxe est suffisante, personne ne tiendrait plus de terres que nécessaire.

    d)J’ai donc 2 questions:
    – lors de la nécessaire transition vers un nouveau système, comment fait-on pour ne pas « démarrer » le nouveau système avec une masse de capitaux destructrice?
    – dans le nouveau système, quelles sont les mesures à prendre pour que le prix des biens réels reste en rapport avec les ressources de tout un chacun?
    Au plaisir de lire les réponses des blogueurs….

    JF: J’ai répondu à ces deux questions, je répète brièvement:
    *dès que la banque centrale n’émet plus que des SMT tout en laissant en place l’ancienne monnaie (thésaurisable), les SMT feront sortir du jeu peu à peu les anciens billets via un retour progressif en banque et à la BC qui ne les remettra pas ou, si les détenteurs veulent les garder pour tapisser leurs maisons, ils n’ont qu’à le faire! Dans la mesure où ces billets n’achètent pas, ils ne déclencheront aucune inflation!
    De plus, je préconise que la BC se contente d’émettre des coupures pas plus grosses que 50 (ou peut-être 100) euros, car les grosses coupures sont de toute façon largement inutiles à la circulation monétaire. Aussi, le seul usage qu’en fait son détenteur, c’est le thésauriser – au choix, il n’a qu’à continuer, ou alors le ramener en banque pour un retour (et une élimination) à la BC. Il sera remboursé bien entendu en SMT.
    **Quant aux biens réels, notamment les biens capitaux, je suppose? -les maisons, terres et actions etc…, j’expose qu’une taxe adéquate ainsi que la nécessité de produire un rendement oblige les détenteurs de réinvestir et de créer ainsi des emplois, ou alors, de les vendre, moyennant quoi, ils seront disponibles sur le marché. Et puisque la vente se fait en SMT, ces sommes seront nécessairement réinvesties et ne serviront plus à la spéculation.
    Mais je vous invite à lire mon manuscrit que je vous enverrai si vous m’envoyez un mail.

    3) sentier198 dit : 30 mai 2010 à 16:24 @ JF:

    a)« …Je sais que je semble prêcher dans le désert, depuis quelque temps, je ne reçois plus guère de réactions à mes envois, mais il est néanmoins sensible que cette absence de réactions n’annulle en rien le fait qu’aucune autre proposition susceptible de marcher ne se profile nulle part…. »
    je comprends votre amertume , tout en partageant la plupart de vos diagnostics…
    je crains que pour être « audibles » , les solutions avancées doivent présenter suffisamment de « bénéfices secondaires » pour les personnels politiques qui pourraient les mettre en application..ce qui ne semble toujours pas le cas…

    JF: vous avez sans doute raison. Ceci dit, pour y réfléchir depuis quarante ans non stop, je dirais que c’est l’ambiance obtuse des facultés économiques qui y est le principal obstacle. Tout en ne proposant aucune idée qui marche, les universitaires ne font que courir après l’événement tout en produisant des commentaires et des théories sans queue ni tête. “Ils ne comprennent pas la nature de la monnaie parce qu’elle est trop simple”, écrivait Silvio Gesell. Les universitaires qui conseillent les politiques deviennent ainsi, par leur passion d’ignorance, les complices des milliardaires et de la spéculation financière. Ils cautionnent sur un mode a-critique le capitalisme et ses excès! Même la critique marxiste méconnaît superbement les implications de la mécanique monétaire comme élément causal et déterminant du capitalisme; et en méconnaissant ainsi la cause, les réponses de Marx sont tellement à côté de la plaque que les seuls lecteurs de Marx sont maintenant les post soixantehuitards devenus capitaines d’industrie, car ils veulent s’en inspirer pour se former comment on exploite la main d’oeuvre!

    b) Il nous faudra surement attendre une « révolution culturelle » dépossédant l’individualisme régnant depuis l’invention des religions monothéistes de sa (sur)valeur symbolique….
    une « sacré » remise en question..!!!cordialement

    JF: je ne saisis pas bien la “révolution culturelle” à ce niveau. Il me semble qu’une révolution de la pensée universitaire et un peu de courage politique seraient suffisants, mais c’est sans doute très difficile quand même!

    Merci à tous de m’avoir donné l’occasion de répondre, jf

    1. Si je peux me permettre d’essayer de répondre au dernier point sur la question de “révolution culturelle”.
      Quand vous répondez “un peu de courage politique”, je ne sais pas si cela existera un jour. Par courage politique, je veux dire, être capable de revoir le poste auquel se trouve les parlementaires (par exemple). Quel que soit le parti.
      Combien sont-ils à exercer un double mendat ?
      Eh puis, la culture pour l’argent y est forte (mais ça vaut pour a peu pres tout le monde bien sur). Mais pour un parlementaire qui représente la voix du peuple, je ne sais pas si la “conscience parlementaire” l’emporte sur la volonté d’avoir un statut social “assuré” dans le temps (revenu, retraite…)

    2. bonsoir,

      merci pour ces explications très intéressantes.
      Je serais ravi de recevoir votre manuscrit, mais je ne suis pas un pro d’internet: comment vous faire parvenir mon mail sans le publier sur le blog??

    3. Je ne sais pas si Keynes s’est inspiré de Gesell pour proposer le Bancor, mais la nécessité des échanges commerciaux équilibrés a failli voir le jour grâce à l’Organisation internationale du commerce (partie intégrante de l’ONU) que voulait créer la Charte de La Havane était

      http://www.m-pep.org/spip.php?article16

      Extrait:

      Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un vaste bilan des relations internationales est opéré par les gouvernements victorieux. Les économies européennes sont largement détruites, il faut quasiment tout reconstruire dans plusieurs pays. Les grandes puissances cherchent alors à élaborer des instruments internationaux permettant d’éviter le retour du chaos économique et des guerres commerciales qui avaient caractérisé la décennie de l’avant-guerre. La crise de 1929, en effet, avait entraîné la montée du protectionnisme, l’effondrement du commerce mondial et contribué à précipiter le monde dans la tourmente.

      La coopération économique est établie comme l’un des buts et principes de l’ONU, cette dernière reconnaissant les fondements économiques de la paix dans l’article 55 de la Charte des Nations Unies. Déclare-t-on la guerre à ses partenaires commerciaux ? L’ONU s’attelle donc à la reconstruction d’un ordre économique international cohérent. Il fallait créer une institution chargée de maintenir la stabilité monétaire internationale, en prévenant la course aux dévaluations. C’est dans ce but que fut créé le Fonds monétaire international (FMI). A ses côtés, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), appelée Banque mondiale, fut chargée du financement de ce double objectif défini dans son titre. Le troisième pilier devait être une organisation internationale du commerce.

      Tout débute en 1946 quand, sous les auspices du Conseil économique et social des Nations unies, est convoquée la Conférence de La Havane en vue d’élaborer la charte constitutive d’une organisation internationale du commerce.

      Ce projet très ambitieux, qui vise à la création de cette organisation en tant qu’institution spécialisée de l’ONU, ne verra malheureusement jamais le jour. Même si 53 nations l’ont signée, aucune n’a jamais ratifié la Charte qui est devenue lettre morte après avoir été discrètement retirée à l’étape de son examen par le Sénat américain. C’est donc en dehors du cadre onusien que le système commercial multilatéral va s’organiser.

      Le Conseil économique et social des Nations Unies, par une résolution en date du 18 février 1946, décidait de convoquer une « Conférence internationale sur le commerce et l’emploi en vue de favoriser le développement de la production, des échanges et de la consommation des marchandises ». La Conférence s’est réunie à La Havane (Cuba) du 21 novembre 1947 au 24 mars 1948. Elle a arrêté le texte de la Charte de La Havane « instituant une Organisation internationale du commerce » (OIC), qui a été soumis aux gouvernements représentés à la Conférence.

      Elle a donné lieu à trois documents :
      – L’Acte final
      – La Charte de La Havane instituant une Organisation internationale du commerce, et ses annexes
      – Les résolutions adoptées par la Conférence

      Sans attendre la fin des négociations, 23 Etats décidaient, en 1947, de détacher le chapitre du projet de Charte relatif aux échanges de produits manufacturés et d’en faire l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). Accident historique, le GATT restera, jusqu’en 1994, le seul instrument multilatéral régissant le commerce mondial. De 1948 à 1994, ce même terme a également désigné l’organisation internationale provisoire destinée à gérer cet accord.

      Bref, nous aurions pu avoir, sans l’intervention du Sénat américain, une organisation dont le principe fondamental était celui de l’équilibre de la balance des paiements…

      Passionnant de lire cette Charte de la Havane…

  7. Bonjour à tous

    Puisque JF a cité Marx, je rappelle que W Buffet a dit, il y a environ un an, qqch. comme: “Oui, la lutte des classes existe et la mienne est en train de la gagner!”
    Bien sur que nous avons tous – globalement, malgré la persistance de la misère – vécu sur le reste du monde pendant un bon moment et que c’est fini! mais justement à l’heure où les ajustements arrivent, c’est un maximum de solidarité qu’il faudrait pour amortir le choc! Or tous les formatés des écoles pensent que parce que le modèle soviétique a échoué le leur est donc le bon et en avant pour la destruction des modèles sociaux européens qui gênent tant les exploiteurs du monde quelque soit leur origine. Krugman avait bien noté que le modèle français était somme toute assez pourvoyeur de bien être mais tous veulent le détruire.
    Si Paris est classée 1ère ville mondiale pour la qualité de vie c’est bien par ce que cette qualité est une des résultantes de notre modèle social!
    Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre!
    Cordialement

    ps @Dissy: je crois que je me suis mal exprimé: tout le monde veut implicitement du durable ( vie, santé, amours, murs, travail etc…) , nul besoin de l’exprimer; mais “l’élément de langage” (comme disent les cuistres) ‘Développement Durable’ est bel et bien un produit de propagande destiné à étouffer le discours des écologistes.

    1. Développement durable = OXYMORE (deux termes incompatibles accolés)

      Lutte des classes : tant que le prolétariat n’ a pas gagné, c’est la bourgeoisie qui gagne.
      Pour gagner, le prolétariat doit d’abord combattre…

      Si Paris a encore cette réputation, le prolétariat ne gagnera jamais.
      Paris et son peuple ont jadis mis en fuite des rois…

  8. Note de la France dégradée…Panique à bord ! Enfin les journalistes laissent parler les politiques de l’opposition (cf Bayrou au grand Jury).

  9. J’avais écrit il y a quelques jours que l’agitation des politiques était encore le meilleur baromètre de la crise, je n’étais pas tombé loin.

    Là, est franchi, je pense, une étape supplémentaire. Car,
    On voit débarquer le meilleur commercial de goldman sachs en Europe…
    La comm est réduite au point que les massmédias financiers n’ont même plus un os à ronger car la justification de la situation actuelle ne peut même plus être maquillée comme d’habitude.
    Les écroulements de dettes privées arrivent aussi en Europe et font chuter la note de l’Espagne.
    Ce qui n’est qu’une suite logique dans l’écroulement du système.

    Les “marchés” ne perdant jamais une milliseconde, l’Europe va devoir se débrouiller pour vendre autre chose qu’une camelote de réduction des déficits de 240 000 milliards sur les dépenses “honteuses” des états.
    Soit… Merci, la BCE… 🙂

    Gagner du temps…
    Ce qui va nous sauver est que cette chère Angleterre devrait tomber avant nous.

    Nous sommes vraiment dans un 1929 qui fut freiné à grands coups de milliards, mais… amplifié par l’argent virtuel puis les quelques milliers de milliards injectés pour le “sauver”.
    Ce qui sera amusant est que le prix de l’or permettra de pomper un max de liquidités des possédants, puis, après le choc, il ne vaudra plus rien.
    Pauvres riches.

  10. A partir du document Natixis http://tinyurl.com/3yg2a4k on peut extrapoler que

    * si on considère juste les 5 pays européens + le Japon, seuls pays pour lesquels on a un détail, les banques détiennent déjà :

    – 29.6 % de la dette souveraine de l’Irlande
    – 26.7 % de celle du Portugal
    – 19.3 % de celle de la Grèce
    – 17.7 % de celle de l’Espagne
    – 17.1 % de celle des Pays-Bas
    – 9.2 % de celle de l’Allemagne
    – 8.1 % de celle de l’Italie
    – 6.6 % de celle de la France
    – 3.2 % de celle du Royaume-Uni

    Au bilan, les banques des pays listés et pour lesquels on a le détail des types de détenteurs détiennent 9.6 % des dettes souveraines des pays listés.

    * si on considère juste les 4 pays européens + le Japon, pour lesquels on a un détail, les autres institutions financières (privées) détiennent déjà :

    – 24.0 % de la dette souveraine des Pays-Bas
    – 21.6 % de celle du Portugal
    – 18.4 % de celle de la Grèce
    – 17.1 % de celle de l’Irlande
    – 13.6 % de celle de l’Espagne
    – 13.2 % de celle de l’Allemagne
    – 9.9 % de celle de la France
    – 9.5 % de celle de l’Italie
    – 4.3 % de celle du Royaume-Uni

    1. Nous sommes possédés par les banques.

      Mon chien me dit qu’il ne veut pas leur laaisser son os.

  11. Onubre

    Semaine après semaine, mois après mois, vous nous fournissez des analyses fort utiles et très argumentées sur l’état de la finance. Soyez en remercié, cher… Bruno?

  12. L’ancien premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a jugé dimanche que seule une hausse drastique des impôts permettrait d’atteindre 3% de déficit public en 2013.

    “On n’atteindra pas les 3% du PIB de déficit en 2013, c’est une illusion. C’est impossible aujourd’hui, sauf à augmenter drastiquement les impôts”, a dit le député de Corrèze sur Europe 1, jugeant préférable de fixer cet objectif pour 2015.

    Le président du Mouvement démocrate, François Bayrou, qui avait porté sur le devant de la scène politique l’enjeu de la dette pendant la campagne présidentielle de 2007, a jugé dimanche “apocalyptique” la situation financière de la France.

    La France connaît “une situation de finances publiques, de déficits et de dettes – les trois déficits : retraites, Sécu, budget – qui est apocalyptique”, a-t-il déclaré au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.

    Entre l’époque de la campagne présidentielle et aujourd’hui, “on a augmenté de 400% le déficit de la France, donc c’est apocalyptique. C’est une question qui se pose à tous les responsables publics, majorité et opposition”, a-t-il ajouté.

    agences diverses afp-reuters

  13. Les anglais sont moins suicidaires que nous ….

    http://fr.news.yahoo.com/4/20100530/tbs-gb-conomie-7318940.html

    L’austérité doit attendre, estiment les BCC en Grande-Bretagne

    L’économie britannique n’est pas à l’abri d’une rechute et le gouvernement devrait s’abstenir de couper dans les dépenses publiques jusqu’à ce que la reprise soit installée, estiment les Chambres de commerce de Grande-Bretagne (BCC).

  14. Dit de façon moins élégante que les billets très informatifs de Paul ou François:

    “L’Europe gâche ses transfusions sanguines sur un cadavre.

    …Le problème, avec l’Europe, c’est que certains des Etats à la périphérie ne parviennent pas à verser les intérêts sur l’argent qu’ils ont emprunté. La Grèce, par exemple, devrait avoir une dette équivalant à 150% du PIB d’ici 2011. Même à 5%, il faudrait une croissance du PIB de 7,5% par an simplement pour payer les intérêts. Dans la mesure où la croissance en Grèce n’arrivera de loin pas à 7,5%, et qu’elle sera même probablement négative… le pays s’enfoncera plus encore. On ne peut raisonnablement supposer que la Grèce pourra un jour rembourser la dette actuelle, sans parler de plus de dette. Les créances ont mal tourné. Elles sont mortes. On ne peut ni les ressusciter ni les rembourser.

    Les mauvaises dettes ne disparaissent pas. Les dirigeants européens les ont simplement transférées à un public plus large. A présent, les fantômes des dettes grecques, portugaises, espagnoles — et de tous les emprunteurs subprime — hantent le continent entier. Et ils ne trouveront pas le repos éternel tant qu’ils ne seront pas satisfaits.

    Comment satisfaire une mauvaise dette ? Les prêteurs — les investisseurs obligataires — devraient les passer en pertes et profits dès que possible. Au lieu de ça, la macro-finance moderne appelle à de nouveaux renflouages. Les petites dettes deviennent grosses. Les problèmes d’aujourd’hui sont repoussés à demain. Les gens qui méritent de perdre de l’argent sont protégés, tandis que le public subit la perte.

    Il est difficile d’imaginer comment les dirigeants européens auraient pu faire pire. L’argent est transféré du secteur privé vers le secteur public, où le retour sur investissement est généralement bien moins élevé et souvent négatif. On permet aux débiteurs d’emprunter plus, sans espoir de voir les sommes remboursées un jour. Dans l’ensemble, la dette augmente, puisque le renflouage vient s’ajouter à la somme d’origine. L’activité future est privée de capitaux désormais réalloués aux gouvernements en faillite. Et en remboursant les investisseurs obligataires, le gouvernement dirige les capitaux vers des gens qui ne savent de toute évidence pas quoi en faire.

    Les fantômes se multiplient… jusqu’à ce que le chaos se répande.”

    Bill Bonner, La Chronique Agora

  15. Le rêve inavoué (quoique Tremonti…) du capitalisme occidental c’est le capitalisme à la chinoise. Un pouvoir fort et des travaileurs taillables et corvéables au nom du bien « commun » et de la grandeur du parti, des syndicats inexistants et une classe dirigeante adepte d’un bling-bling relèguant not’ bon Maître en division d’honneur

    En face, le bon peuple, moi, vous, nous, déprimé donc facilement manipulable et qui craint de perdre le peu qui lui reste, réfugié dans une manière d’« un tiens vaut mieux que deux tu l’auras », qui d’ailleurs n’est même plus envisagé. Tout au plus lui , nous, propose-t-on de bosser plus longtemps, de gagner moins et de faire bien attention de traverser dans les clous en attendant de terminer lamentablements nos existences dans des mouroirs appellés maisons de retraite à 3 ou 4 par piaule et sous la surveillance de néo-gardes-chiourme sans cornettes.

    Mais le taux de testostérone du mâle moyen est à la baisse en occident , les femelles sont trop occupées à bosser et à élever les gosses que nos malheureux spermatozoïdes ont réussi à engendrer…Et tout ce joli monde attend un signe du ciel – qui arrivera probablement via le blog de Paul – et , en attendant, vaque à sa consomation tranquille dans la mesure de ses moyens !

    Allez, l’auberge est tarabiscotée et on n’en est pas sortis !

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