L’actualité de la crise: un scenario d’épouvante ou d’horreur ? par François Leclerc

Billet invité.

UN SCENARIO D’ÉPOUVANTE OU D’HORREUR ?

De manière peu évocatrice mais néanmoins menaçante, un scénario à la japonaise est régulièrement évoqué, description de ce qui pourrait atteindre l’Europe, et peut-être même les Etats-Unis. Le cas du Japon étant déjà réglé – puisqu’il est le modèle – de quelle histoire concernant les autres peut-il donc bien s’agir, puisqu’elle est disponible  ?

Deuxième puissance mondiale – tant que la Chine ne l’a pas dépassé – le pays permet d’observer en grandeur réelle ce qui n’est donc pas une hypothèse d’école. Le miracle japonais était encensé dans les années 80 mais s’est terminé en queue de poisson dans les années 90. Il ne s’en est jamais remis.

La croissance économique y est devenue chroniquement anémique, en dépit des multiples plans de relance qui se sont succédés sans résultats, aboutissant à la création d’une énorme bulle financière. Une gigantesque dette publique, dépassant déjà les 200% du PIB, deuxième mondiale en volume après celle des Etats-Unis, qui a été jusqu’à maintenant essentiellement financée sur son marché intérieur.

Une politique monétaire très accommodante de la Banque of Japan (BoJ, la banque centrale) a en effet notamment permis aux banques privées japonaises de largement y contribuer. Ces dernières sont aujourd’hui fragilisées, face au risque de hausse des taux obligataires et de baisse de la valeur de ces actifs dans leurs bilans, par voie de conséquence.

Le financement de la dette japonaise est la plupart du temps décrit comme produit de l’épargne intérieure. Dans la grande tradition d’une science économique dont la vulgate nous est dispensée par des divinités secondaires, cette explication s’arrête là où elle pourrait devenir intéressante. La réalité est qu’environ la moitié des obligations d’Etat est détenue par le secteur public (ou quasi-public), fonds de pension gouvernemental, banque centrale et banque postale. Le solde, moins les 6% qui sont financés à l’international, l’étant par les banques privées, qui n’ont pu tout mettre en pension à la banque centrale, financé par le recyclage des profits industriels réalisés à l’exportation. On est loin des petits porteurs que l’on laisse entrevoir, qui ne contribuent au financement de la dette que pour assurer leurs retraites.

Le mécanisme qui s’est instauré au Japon avait été prévu dans ses grandes lignes par Keynes, sous le nom évocateur de trappe à liquidité. Anticipant sans l’avoir connue une situation au sein de laquelle les liquidités déversées par une banque centrale ne parviennent pas à relancer la machine économique, en dépit de leur quasi gratuité et de leur abondance. Une baisse des prix (déflation) l’accompagnant.

L’origine de cette situation est à rechercher dans l’amélioration de la compétitivité du Japon, afin de favoriser l’exportation. Elle s’est appuyée sur la croissance du chômage – que les statistiques officielles ne reflètent comme toujours que partiellement – ainsi que sur la très forte augmentation du travail à temps partiel. Les deux contribuant à affaiblir une consommation intérieure, que l’Etat dope en appliquant un taux très faible de TVA, accentuant ainsi son déficit en contrepartie.

Afin de relancer la croissance, il a par ailleurs financé des grands travaux d’infrastructures, se consacrant au bétonnage du pays, favorisant les entreprises du bâtiment et des travaux publics (BTP) ainsi que la corruption, tout en creusant encore son déficit. Ce qui n’a pas été accessoire dans son dispositif, mais n’a par contre produit que peu de pouvoir d’achat. A l’exception de subventions à l’achat de voitures, téléviseurs et systèmes solaires. Autant de mesures qui sont désormais menacées.

Par parenthèse, si le Japon a bien été un laboratoire, cela l’a été de la manière d’expérimenter – avec succès pendant un temps – la viabilité d’une économie reposant sur l’exportation d’un côté et un sous-emploi soutenu assorti de salaires contenus de l’autre. Il a fait de ce point de vue école, dans des contextes très différents, depuis la Chine au sein des pays émergents jusqu’à l’Allemagne dans le camp des pays développés. Mais, faut-il le rappeler, ce ne sont pas seulement les limites intrinsèques du modèle qui en relativisent la portée, mais aussi le fait que tous les pays ne peuvent à la fois être exportateurs nets.

Le club des grandes nations exportatrices est désormais également le dos au mur, en dépit de sa relative prospérité, car ses clients n’ont plus les moyens qui ont fait sa fortune. La chance de ses membres est de développer entre eux leurs relations commerciales, tant qu’ils ne se concurrenceront pas.

Ce très rapide survol, pour fermer cette incise, n’est pas sans nous rappeler quelques grands traits de la situation actuelle de l’économie des pays occidentaux : de très importantes liquidités déversées par les banques centrales, une dette publique hypertrophiée financée par les banques privées, un chômage très élevé ainsi qu’une croissance très faible.

Ces fortes ressemblances n’empêchent pas la majorité des commentaires à propos du scénario à la japonaise de mettre par contre en avant les différences qui existent entre la situation européenne, ou américaine, et celle du Japon. Sans être du tout convaincants, doit-on avouer. En les lisant, on constate en effet qu’il s’agit surtout pour leurs rédacteurs d’exorciser ce qui est ressenti comme un danger, les Japonais ne parvenant pas, en dépit de tous leurs efforts, à sortir de cette trappe.

La hausse des taux obligataires, reconnue comme inévitable à terme, risque surtout de rendre intenable le financement d’une dette publique continuant à croître. Aboutissant à une impasse générale, si ce même scénario devait se reproduire à l’échelle de l’économie occidentale. Au cours duquel une restructuration d’ensemble de la dette publique deviendrait inévitable, précipitant cette fois-ci sans échappatoire, en raison de son ampleur, l’ensemble du convalescent système financier dans l’abîme. Ce qui a été évité de justesse avec la faillite de Lehman Brothers. En comparaison une piqûre de moustique, bien que qualifiée de chute libre par les connaisseurs.

Tout, sauf un scénario à la japonaise, est-il donc instamment intimé dans l’urgence par les plus clairvoyants ! Faut-il chercher ailleurs la justification de la politique préconisée en Europe, ainsi qu’aux Etats-Unis, de réduction de la dette publique à marche forcée ? La crise à venir au Japon sert de formidable repoussoir et d’aiguillon. Il en est tiré comme conclusion que la relance par le déficit ne servira a rien et qu’il faut serrer les dents pour au contraire le réduire.

Car la crise japonaise est considérée comme inscrite dans les faits. Il n’est donc pas question de prendre le risque de sa reproduction. Il faudrait aussi l’éviter, ce qui implique que des mesures drastiques soient sans tarder déployées. Lesquelles, si l’on écoute les préconisations du FMI ? Avant toute chose, la réduction à tout prix du déficit public, en augmentant la taxe sur la consommation (TVA). Car l’organisation internationale a calculé que, au train où vont les choses, l’endettement japonais atteindrait 246% du PIB en 2014 si rien n’est fait.

Pour sa part, Nippon Keidanren, la puissante fédération patronale, appelle avec insistance et sans relâche depuis des mois le gouvernement à s’attaquer à ce qu’elle considère être les deux maux principaux du pays : un système fiscal reposant trop sur l’imposition des entreprises, affaiblissant leur compétitivité internationale, et pas assez sur les consommateurs, en raison d’un taux de TVA trop faible.

Il y a urgence à agir, est-il de tous côtés déclaré, alors que se manifestent les signes avant-coureurs de l’incontournable obligation dans laquelle va progressivement se trouver l’Etat de se tourner vers les marchés internationaux pour s’y financer, et d’y rencontrer une forte augmentation des rendements qu’il va devoir consentir.

La frayeur de tomber dans la trappe à liquidité a toutefois le regrettable inconvénient de risquer de précipiter dans une récession larvée – et la déflation – l’Europe et les Etats-Unis. Ce qui est considéré comme un moindre mal, à condition que la crise sociale reste contenue dans des limites supportables (par ceux qui sont en place).

Tous les dirigeants occidentaux s’interrogent aujourd’hui, séparément mais sur la même question : où faut-il placer le curseur, entre mesures d’austérité et de relance publique, une fois admis qu’il ne peut plus être compté sur la relance privée ? Quels moyens avons-nous de rassurer les marchés ? tentent-ils aussi de jauger. Une des réponses a déjà été trouvée à cette dernière question : ne pas imposer à leurs représentants, les mégabanques, des contraintes réglementaires aux incidences financières trop lourdes. Mais cela ne sera pas suffisant.

Sortir de ce dilemme nécessiterait de tourner le dos à ce qui a été engagé. C’est à dire d’entamer rien de moins qu’une politique de redistribution de la richesse, grâce notamment à l’outil fiscal. Cela n’impliquerait d’ailleurs ni de faire fonctionner la planche à billet, ni d’accroître les déficits, ces deux épouvantails honnis. Mais c’est une horreur impensable !

Il est donc préféré de continuer à s’enfermer dans des choix impossibles, résolus sur le papier par de belles phrases inapplicables qui conjuguent harmonieusement rigueur et croissance à tous les temps. Tant que la magie du pouvoir des mots peut encore opérer auprès de ceux qui les prononcent comme de ceux qui doivent les écouter.

Sur ce registre, on parle encore beaucoup des grands déséquilibres mondiaux, en opposant pays exportateurs et importateurs nets. En espérant vainement qu’une fois ce déséquilibre corrigé, dont l’origine est sans surprise analysée comme résultant d’un simple déséquilibre monétaire, tout rentrera dans l’ordre, est-il assuré. C’est bien entendu illusoire, car il faut chercher dans le développement même du capitalisme financier les raisons de l’émergence de nouvelles puissances économiques, ainsi que de la désindustrialisation des pays avancés qui l’a accompagnée.

Il suffit d’observer les flux de capitaux mondiaux : la recherche de nouveaux eldorados, en l’occurrence de nouveaux marchés à fort rendement pour les capitaux, est à l’origine du déséquilibre dont on s’aperçoit un peu tard des conséquences, quand les belles mécaniques de la finance se grippent.

Car le filet de sauvetage financier qui avait été inventé pour contenir la dette des particuliers – et donc la consommation – a cédé. S’il y a une raison au déséquilibre actuel, c’est là qu’il faut la rechercher : même rapiécé tant bien que mal, le filet en question ne va plus soutenir un tel volume d’endettement. La tritrisation ne repartira pas comme avant.

La conséquence en est redoutable, non seulement au sein des pays développés, où la consommation va globalement mais inégalement baisser, mais également pour les pays émergents. Car ceux-ci n’ont pas de marché de remplacement, si ce n’est à terme (mais lentement) à l’intérieur du monde dont ils font partie. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on observe dès à présent un accroissement des flux commerciaux entre les pays émergents, afin de suppléer aux déficiences du commerce Nord-Sud (avec les pays avancés).

Le grand déséquilibre qui est la cause de la crise majeure actuelle n’est donc pas de la nature que l’on croît. En raison d’un magistral contre-sens dont la source n’est autre que l’incapacité du système capitaliste financier à se remettre en question. En réalité, le déséquilibre auquel il faudrait remédier résulte du développement inégalitaire des sociétés occidentales, auquel il a été tenté de suppléer grâce à la machine produisant de la dette. Elle maintenait la consommation dans les pays développésau niveau requis, tout en apportant sa contribution à la prospérité du système financier.

Cette machine est cassée et avec elle disparaissent progressivement les effets qu’elle produisait. Cela atteint par ricochet ceux dont il était faussement prédit qu’ils allaient relancer la croissance mondiale et qui, dans le cadre de la nouvelle division internationale de la production, reproduisaient en leur sein – accentuant celui d’origine – un développement inégalitaire similaire. Dans des contextes différents mais en application d’une logique commune.

A la crise actuelle, il n’y a qu’un seul enjeu, mais de taille, sans tenir compte des nouveaux dérapages plus ou moins contrôlés qui peuvent survenir. Soit d’assister à une forte accentuation des inégalités sociales, accompagnée d’un renforcement du contrôle social – sous les formes les plus sophistiquées et primaires à la fois – soit de renverser cette logique et avec elle ceux qui la représentent.

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177 réflexions sur « L’actualité de la crise: un scenario d’épouvante ou d’horreur ? par François Leclerc »

  1. avec comme acteurs principaux :

    les banques « zombies » !

    La finance « vampire » !

    Les Etats « anthropophages » !

    sans oublier les désormais célèbres « rentiers assassins » !

    pas sûre de vouloir voir la fin du film…

  2. Bonjour

    Il n’est pas facile de sortir d’une contradiction quasi schizophrène, n’est-il pas, M. Leclerc ? Restons sur les trois derniers paragraphes. Si je comprends bien votre pensée – premier des trois paragraphes – le « grand déséquilibre », c’est à dire ce qui génère la crise multiformes que nous vovons, tiendrai au « développement inégalitaire des sociétés occidentales », qu’il a fallu corriger au moyen d’une « machine produisant de la dette ». Nous parlons bien de la « machine » qui a compensé les immenses transferts des revenus du travail vers le capital par un accroissement équivalent du crédit ? Je pense que oui.

    La machine est effectivement cassée. Cette machine était -est toujours, d’ailleurs – financière. Second paragraphe : vous raccrochez « par ricochet » les wagons financiers au monde, disons, réel de la production (je suis plus pour parler de division internationale du travail, ce qui n’est pas qu’un détail de vocabulaire, mais passons). C’est ce « par ricochet » que je qualifie de schizophrène (le mot est un peu abusé, comme disent les jeunes, mais l’idée est là). Je lis assez attentivement vos sujets (sans toujours tout bien comprendre, il faut le dire). Vous êtes sans doute un technicien du monde économique, un économiste, donc, et vous excellez dans le décorticage des rouages du système. Je crois aussi que vous savez que les explications que vous nous fournissez ne peuvent suffire à expliquer la « crise » et surtout donner des pistes pour en sortir.
    Et c’est donc « par ricochet » que vous en arrivez enfin au vif incontournable du sujet, un peu comme un cheveu sur la soupe et dernier paragraphe tout de même : soit allez vers une forme de dictature pour le maintien du contrôle social, « soit de renverser cette logique et avec elle ceux qui la représentent ». Soit, mais comment « renverser » ? Je présuppose que cette dernière phrase va à l’encontre de toute votre culture professionnelle, peut être même toute votre culture tout court. Il vous faut pourtant aller plus loin en proposant des pistes, qui seront avant tout politiques, en terme de choix de société.

    Voilà, M. Leclerc, si vous voulez continuer à être « un », c’est à dire conséquent et en accord avec votre pensée, il va falloir, au sens noble, être politique. Les demi-mesures peuvent-elles encore suffire ?

    1. Je tiens à vous préciser que je ne suis en rien un expert des questions financières, ni même ce que l’on appelle un économiste. J’ai l’habitude de demander ce que c’est quand on me questionne pour savoir si j’en suis un !

      Mes billets ne reflètent donc pas une quelconque culture professionnelle, mais simplement un choix. Celui de consacrer cette chronique de l’actualité de la crise – son titre – à l’analyse de celle-ci. Car je crois qu’il y a beaucoup à en apprendre, et que cela peut servir dans le cadre d’une réflexion portant sur une alternative à la société actuelle.

      Pour le reste, vous avez parfaitement
      compris le sens de ce que j’ai voulu montrer.
      J’ai toutefois bien conscience que ma dernière phrase, que vous relevez, peut susciter plus de questions que je n’apporte de réponse sur le terrain politique.

      Il m’est toutefois arrivé d’intervenir sur ce blog à propos d’une société alternative. Vous pouvez par exemple consulter la rubrique « l’inventaire de demain » dans son bandeau ou, si vous en avez le souhait et le temps, remonter dans les profondeurs du blog !

      Je partage avec vous le sentiment que la réflexion politique a toutes ses lettres de noblesse. Mais tel n’est pas mon propos ici que de m’y impliquer. Rien n’empêchant celles et ceux qui veulent intervenir à ce propos de le faire et de donner un prolongement politique explicite à des analyses qui peuvent les induire.

    2. C’est curieux votre raisonnement un passant !
      Les trois derniers paragraphes de cette note sont d’une logique imparable : 1/ la machine est cassée 2/ donc on ne peut pas revenir comme avant 3/ il y a une alternative politique (un choix à faire), « le contrôle social » (c’est une jolie litote) ou bien renverser la logique – cette alternative est bien politique et je ne comprends pas pourquoi vous demandez à François Leclerc comment, par quels moyens, on arrive à l’une ou l’autre de ces fins ? Le vrai choix politique il est là, on continue ou on fait un pas de côté comme le préconisait un film des années 70 ?

    3. La seule chose qui fait sens dans votre post est votre pseudo « en passant » qui traduit bien l’attitude nonchalante avec laquelle vous balancez vos approximations.

      Le premier paragraphe vous explique d’où viennent les déséquilibres, mais au second vous décrétez que la crise est « financière », et comme Descartes vous n’arrivez plus à raccrocher l’âme au corps, la finance à la crise économique.

    4. @un passant : vous m’faites marrer, vous ! A lire votre post, il serait interdit de critiquer ou commenter l’actualité de la crise au prétexte que l’on n’aurait pas de solution à proposer. Mais il y a pire encore dans votre post : puisqu’il n’y a pas d’autre solution en vue, sinon de vagues projets qui ne peuvent passer que pour des utopies, il faudrait ACCEPTER la situation actuelle, APPROUVER le racket généralisé de la finance. C’est vous qui êtes schizo.

    5. @ Crapaud rouge

      A me lire ? Ah, je reformule alors : Je pense que, comme beaucoup, beaucoup d’autres personnes, François Leclerc est de plus en plus tiraillé par :
      1) le fait qu’un système socio-économique, le capitalisme, n’est plus capable de produire aucune forme d’autorégulation, tout simplement parce qu’à l’échelle mondiale, il n’y a plus personne en face de lui.
      2) Les explications ne suffisent plus, car aussi pertinentes soient-elles, elles tournent maintenant en boucle stérile (même s’il reste encore des gens à convaincre que le capitalisme est, au choix, totalitaire – inamendable – assasin – … Et là, je ne suis vraiment pas certain que MM Jorion et Leclerc pensent comme moi).
      3) Les réponses politiques alternatives et non utopiques existent déjà, à mon sens dans la nébuleuse qu’on appelle « la gauche de la gauche », en commençant par celle du PS.
      4) Le besoin de nommer, de dire, d’oser articuler ces réponses, mais avec un frein énorme : celui d’une possible stigmatisation. Alors oui : je pense qu’il y a encore un an, François Leclerc pensait le capitalisme réformable (c’est du moins comme cela que j’ai compris ses écrits) et qu’aujourd’hui, il sait que les seules solutions viables économiquement tout en respectant un cadre démocratique viennent d’un milieu politique qui n’est pas forcément le sien.
      Evidemment, je peux me tromper sur toute la ligne, mais ça m’étonnerait.

    6. Vous passez et repassez aussi ici, à vous lire !

      Désolé, mais c’est sur toute la ligne. Je croyais avoir montré au fil des chroniques que le système ne s’en sortait pas. Sans en faire un a priori, ou un souhait, mais tout simplement en suivant les péripéties de sa crise.

      Ce n’était pas spécialement spéculer sur sa capacité à se réformer…

      Quand à ce qui me tiraille, c’est que je ne sais pas comment tout cela va se terminer.

    7. Cher M. le passant, M. Leclerc a le mérite de tenter de décomposer ce qui se passe, et tel un mathématicien, en fonction des éléments actuels, il propose diverses solutions.

      Si j’ai bien compris votre réflexion M. Le passant, le capitaliste est mort et le seule solution, et qui existe, lui opposer Marx et le socialisme, telle est votre solution…

      Je crois que ce que M. Leclerc et Jorion tentent d’appréhender, c’est la complexité de la crise actuelle, ils pensent et nous sommes bcp ici à le penser que rien dans le passé ne nous permet d’appréhender l’avenir.

      Votre vision de la solution est étroite face à crise qui est bien pire que Marx ne l’escomptait, elle est une crise de civilisation dans le sens où, et peu importe si c’est la finance qui a suivi la crise ou qui l’a créée, ce n’est pas avec la simple idée qu’en donnant le pouvoir à la gauche on résoudra le problème, ce que M. Leclerc et Jorion tente de nous faire comprendre, c’est que cette crise aura sur l’homme en général des conséquences incommensurables, nous sommes à l’aube d’un monde différent et rien actuellement ne permet de réellement imaginer vers quoi il se dirige…

      Pour faire un parallèle, imaginons Malthus lorsqu’il voit arriver les machines à vapeur dans les champs qui suppriment le travail de tout le village, sa conclusion c’est la fin du développement de la société, il n’imaginait pas que ces machines deviendraient elles-même un nouvel eldorado…

      Aujourd’hui vacciné par l’erreur de Malthus et considérant que l’homme est un dieu, nous pensons que nous trouverons toujours une solution, et là voyez vous cher M. Passant, sincèrement je n’en suis pas certain du tout, et si tout simplement Malthus s’était juste non trompé de conclusion mais tout simplement de siècle…

      Et là socialisme ou capitalisme, nous devrons tout réinventer, trouver une nouvelle voie pour l’homme…

    8. Bonjour à tous!
      La machine a cassé: C’est une bonne rigolade!
      Drole de machine. Ca fait des mois que je dis que cette machine, n’est qu’une sombre arnaque de charlatan; une fraude monstrueuse.
      Il y a une difference entre le Japon et les USA: L’honneteté.
      Keynes avait prévu le Japon, pas les USA ni l’Europe car il ne pensait pas que tout irait vers le mensonge, la fraude et le Madoff, la pyramide de Ponzi grace aux Bush et un peu à Clinton. Ca casse? Bien sur! C’était courru d’avance! Ou alors ils sont gateux comme le vieux Greenspan.
      Le Japon est trés Zen, mais il est tombé dans ce cercle vicieux, un karma ou celui qui dit « je ments », ne ments plus puisqu’il dit qu’il ments, etc…Le mensonge du capitalisme néolibéral.
      Pour sortir de la boucle infernale les USA on décidé de frauder, tourner les régles.
      Le coup du Japon qui augmente sa TVA pour exporter mieux est paticulièrement inepte, il faut en effet que l’autre décide de faire l’inverse, augmenter son déficit et baisser sa TVA. Bref refiler le mistigri aux autres…La guerre économique est donc ouverte. Voila la belle mondialisation, et la fameuse 3ieme Guerre Mondiale: La barbarie de la rapacité en toute liberté.
      Le néolibéralisme est une sorte de zinzin qui refuse fanatiquement de voir ailleurs.
      Taxes douanières? Horreur! Banques nationlisées? Horreur!
      Moratoire de dettes: On paira quand on pourra? Horreur!
      Controler les flux de capitaux? Horreur!
      Interdire la titrisation de dettes et les CDO-CDS? Horreur!
      Portes de sorties=Horreur.
      C’est la fin d’une forme de pensée totalitaire. Parfois Jorion et Leclerc me font penser en miroir aux derniers communistes sincères de l’URSS qui voyaient leur univers s’effondrer inéluctablement…
      Ils n’ont pas l’air de croire qu’il y a une vie aprés la disparition de la Goldman Sachs, cette sorte de Soviet Supreme du capitalisme nécrolibéral.
      Mensonge! A quoi servent les 630 milles milliards de dollars de produits dérivés de l’économie (ir)réelle? A rien du tout. Ce sont des gens qui ont joué au Monopoly en se fichant de la réalité productive et humaine.
      C’est comme dans un chateau de carte, le grand pays qui décide claquer la porte, et tout le truc s’écroule autour de lui, et les pays néolibéraux seront OBLIGES de nationaliser. Comme nous en 1946.
      Et alors? La belle affaire? Meme De Gaulle l’avait voté!
      Alors claquons la porte. Que va-til se passer? Mais rien voyons!
      Puisque tout ça n’est que du VENT! Vont-ils oser, en dernier ressort montrer ce qu’ils sont, sortir leurs armes pour garder leur richesse sortie de leur tube digestif?

  3. Bravo à François Leclerc qui se découvre de plus en plus et qui n’en devient que plus intéressant . Hier référence à mai 68 : nous assistons à un triste détournement de l’inoubliable il est interdit d’interdire, tout à la fois libérateur, rageur et ironique quand il a été lancé en Europe
    Aujourd’hui n’écartant pas l’hypothèse de jeter le bébé avec l’eau du bain : à la crise actuelle, il n’y a qu’un seul enjeu, mais de taille, sans tenir compte des nouveaux dérapages plus ou moins contrôlés qui peuvent survenir. Soit d’assister à une forte accentuation des inégalités sociales, accompagnée d’un renforcement du contrôle social – sous les formes les plus sophistiquées et primaires à la fois – soit de renverser cette logique et avec elle ceux qui la représentent.
    Aujourd’hui encore , sa réponse claire à un passant avec ses sabots .

  4. Fukuyama doit crever de honte tous les matins devant sa glace. L’aboutissement du marché, c’est la fin de la démocratie. Le déclic s’est produit chez moi au moment du referendum sur le TCE. C’est à ce moment que j’ai réalisé.

    J’espère pour la suite que les auteurs comme Orwell, Bradbury, Huxley ou encore Dick aient été moins prescients sur le long terme que ne le sont beaucoup d’entre nous sur le moyen terme…

    Quoiqu’il en soit, L’Histoire ne s’arrête jamais très longtemps…

    1. Dito!
      J’ajouterais Ira Levin (un bonheur Insoutenable).
       » Le déclic s’est produit chez moi au moment du referendum sur le TCE. C’est à ce moment que j’ai réalisé… »
      Ceci dit l’histoire ne repasse pas les plats…quoiqu’en dise Asimov à travers Ari Seldon.

  5. Encore un effort, Monsieur Leclerc et vous en arriverez à la conclusion évidente à votre discours.

    La mondialisation de l’économie, passait par une déréglementation que des États trop faibles et trop nombreux n’ont pas su ou voulu éviter, car pour y échapper, il aurait fallu des règles, et donc des instances, supra-étatiques que personne n’était prêt à accepter. Bref, c’était une fausse bonne idée qui intervenait trop tôt.

    Les théories économiques sont aujourd’hui incapables de nous fournir des pistes de solutions à la fois socialement et politiquement acceptables. Chacun va se retirer chez soi pour panser ses plaies. Se replier sur son pré carré, en tentant d’avoir un pré aussi vaste et aussi richement approvisionné en matières premières que possible. Ce qui suppose effectivement en interne des régimes autoritaires, que ce soit pour pérenniser une injuste répartition des richesses ou pour redistribuer celles-ci.

    Mais cela suppose aussi que les tensions internationales vont s’accroître, avec les risques de guerre qui en découlent. Une bonne guerre permettra en outre d’évacuer l’argent fictif émis par les banques centrales pour « sauver le système ».

    Et, dans un demi siècle, riches d’une expérience nouvelle, les théoriciens du camp vainqueur enseigneront doctement à leurs jeunes étudiants ce que nous aurions du faire.

    Monsieur Leclerc, je suis globalement en accord avec vos propos emplis de Schadenfreude. Mais, quelque soit l’attention que je porte aux beaux yeux de Cassandre, je reste demandeur d’une théorie socio-économique cohérente, et de sa déclinaison politique qui ne passerait pas par le matin du grand soir, qui nous permette d’éviter le pire avant qu’il n’ait lieu.

    1. Et si toutes les théories économiques se révélaient fausses ?

      Et si la vérité résidait dans la critique de l’économie politique ?

    2. « Chacun va se retirer chez soi[]. Ce qui suppose effectivement en interne des régimes autoritaires »

      Votre affirmation est largement contredite par l’Histoire. Le protectionnisme s’implique pas des régimes autoritaires. Un exemple (parmi des dizaines), les USA a leurs débuts.

  6. A priori tout le monde s’accorde pour admettre que le capitalisme mondialisé est dans une impasse.
    La où les avis divergent (ou bien sont inexistants…….) c’est comment on en sort ?
    La réponse est forcément politique, je ne pense pas qu’il faille s’en remettre au marché pour qu’il nous sorte du bourbier dans lequel il nous a plongés.
    Depuis 30 ans le libéralisme, pour faire simple l’école de Chicago, la doctrine de Milton Friedman relayée par les Reagan-tacher & Co et les tous les partis sociaux-démocrates, nous catapulte dans le chao. Ils nous ont fait admettre que la somme des intérêts particuliers était supérieure à l’intérêt général, que l’état n’était pas la solution mais le problème, que la liberté c’est la liberté du loup libre dans la bergerie libre…. Avec l’effondrement des pays de l’est nous avons cru que l’histoire avait livrée son verdict et que c’était la seule voie possible, on voit où ça nous conduits.
    A mon sens il faut faire marche arrière, et commencer à trouver les solutions en France, notre pays a largement le potentiel et les richesses pour que nous retrouvions la prospérité et l’harmonie sociale. Il ne faut pas en finir avec ce qui reste du programme du CNR, comme le revendique le MEDEF, mais au contraire le réactiver. Cette logique nous a donné les 30 glorieuses à partir d’un pays ruiné, je ne vois pas pourquoi elle ne réussirait pas dans un pays riche. Mais le sursaut passe par un renouvellement des élites (comme en 1945 avec le CNR, où les élites corrompues et vautrées dans la collaboration avaient tété balayées), il ne faut rien attendre de la part des élites actuelles, nous avons en 2012 l’occasion de changer de cap.
    On va sans doute me répondre que la mondialisation est incompatible avec une autre politique, que le monde de 1945 n’est plus celui de 2010, et que la vision du CNR est obsolète et archaïque. Alors très bien, continuons ainsi…….

    1. Continuer ainsi ne sera pas possible.
      Tous les intervenants sincères sur ce blog le savent bien.
      Certains de ces intervenants rêvent de réformer le système, d’autres de le révolutionner de fond en comble.
      Je crois sincèrement que l’alliance des deux va être indispensable.
      Et ensuite l’avenir nous appartiendra.

    2. argeles39,

      …la collaboration avaient tété balayées).

      L’occupant avait donné la tétée à la collaboration. Sûrement pour faire obstacle au marché noir. 🙂

    3. Je crains que le système soit irréformable, car court-termiste et autiste.
      Il faudra attendre qu’il s’effondre vraiment, avant de pouvoir faire quelque chose. Ce qui n’empêche pas de réfléchir et d’essayer de réveiller le plus de consciences possible.

    4. Bien d’accord avec vous. Deux mesures du programme de la résistance à appliquer :

      – l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie

      – le retour à la nation […] des compagnies d’assurances et des grandes banques

  7. Bonsoir,

    « Soit d’assister à une forte accentuation des inégalités sociales, accompagnée d’un renforcement du contrôle social – sous les formes les plus sophistiquées et primaires à la fois – soit de renverser cette logique et avec elle ceux qui la représentent. »
    =>
    Un renforcement du contrôle social ?
    D’une part, il y faut soit des moyens financiers importants soit une logique dogmatique puissante (ce que les Etats en question n’auront pas puisqu’ils sont prisonniers de leur propre logique et qu’ils n’en ont au surplus aucune autre disponible en magasin) et, d’autre part, historiquement, ce type de gouvernement par la force ne dure jamais longtemps.
    L’imaginaire collectif, et l’état de nécessité dans lequel l’Occident va se trouver l’emporteront : retour à une économie très très locale, accompagnée du renouveau de l’artisanat.

    Cordialement,

    1. Le point sur laquel je pense que vous avez bien raison est sur le retour en arrière des conditions de la production : artisanat relocalisé, mais sur quelles bases ?

    2. « L’imaginaire collectif, et l’état de nécessité dans lequel l’Occident va se trouver l’emporteront : retour à une économie très très locale, accompagnée du renouveau de l’artisanat. »

      Imaginaire, artisanat, renouveau : Il est pas triste du tout ce programme.

    3. Un détail: depuis soixante ans on a envoyé TOUS les outils artisanaux produits par la révolution
      du charbon à la casse: locos à vapeur, rotatives Heidelberg , tréfileuses, vieilles charrues (mon ferrailleur attitré en a récupéré à lui tout seul 1000 ! dans les Ardennes) pour les envoyer à la refonte…
      Une bonne logique ISO 9000 historique aurait voulû qu’on les mette en veilleuse au cas où…
      Et ce ne sont pas les réserves d’outillage du Musée de la Vie Wallone à Liège qui suppléeront à la demande en cas de Clash !
      En réalité, la seule force motrice immédiatement mobilisable en masse et qui marche à l’herbe ce ne seront même pas les chevaux de traits (en voie de disparition) mais les boeufs des deux sexes…
      Beaucoup de familles en Roumanie survivent encore grâce à ça actuellement.
      Bonne chance. (N.b.: on trouve parfois des jougs chez les brocanteurs)

  8. Bonsoir M Leclerc

    Les interactions économiques que vous évoquez sont difficiles à saisir en première lecture pour un non initié tel que moi. Je souhaite néanmoins intervenir sur l’expression « système capitaliste financier  » que vous utilisez. C’est comme si vous cherchiez à excuser le capitalisme de s’être fourvoyé avec la finance. Je pense que la finance est un simple outil consubstantielle au capitalisme: l’outil qui permet aux oligopoles de pomper une rente de monopole à vie sur le travail.
    Je pense aussi que les choses évoluent rapidement au sein de la conscience collective : il y a 2 ans, quand on utilisait le mot CAPITALISME, on se faisait directement taxer d’extremiste par son interlocuteur. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le radical, c’est celui qui a compris que l’origine du problème, c’est ce systeme capitaliste. L’extremiste, c’est celui qui s’obstine à dire que ce systeme est fondamentalement bon en dépit des catastrophes sociales et écologiques qui s’annoncent.

    Cordialement

    1. J’utilise capitalisme financier au sens stade actuel de développement du capitalisme.

      Un stade où l’activité financière joue un rôle écrasant, à tous les sens du terme. Qui se manifeste par un processus de financiarisation global des activités, d’extension de la sphère d’intervention des activités régies par la logique du marché.

      Cela ne signifie en rien, au contraire, que l’on pourrait revenir à un capitalisme qui ne serait plus financier.

      Cordialement

    2. Le radical, c’est celui qui a compris que l’origine du problème, c’est ce système capitaliste. L’extrémiste, c’est celui qui s’obstine à dire que ce système est fondamentalement bon en dépit des catastrophes sociales et écologiques qui s’annoncent.

      Bon, mais alors ca veut dire que les mots n’ont plus de sens ? Ça veut dire que l’on juge un outil mauvais parce que son utilisation est faite par un mauvais artisan ? Ne faut-il pas se garder de ces raccourcis non seulement faciles mais dangereux ? Sans pour autat défendre l’état actuel des choses, je suis d’accord.

    3. @Didier : « ca veut dire que les mots n’ont plus de sens ? » : ça veut dire que les mots sont utilisés dans un sens a priori, et que révéler cet a priori donne l’impression qu’ils n’ont plus de sens. Etre « réaliste », par exemple, suppose aujourd’hui de prendre parti pour le système, ses adversaires se faisant étiqueter « idéalistes ». Mais les adversaires peuvent répliquer : c’est vous les idéalistes car, pour prendre parti pour un tel système, il faut le voir de façon idéalisée. De manière générale, selon que l’on se considère au dedans ou au dehors d’un système, le sens des mots s’inverse complètement. Cf. résistant/terroriste, partisan/traître,…

    4. @ Lulu

      Très bien vu Lulu! Etymologiquement, être radical, c’est aller à la racine des choses. Evidemment, les conservateurs se contentent de voir les fruits, même lorsqu’ils pourrissent.
      Lorsqu’on me dit radical, je réponds: oui, ne perdons pas de temps, allons à la racine des problèmes.
      Lorsqu’on me dit révolutionnaire, je réponds: oui, ne perdons pas de temps, le bon sens exige une révolution, sociale, et de civilisation.

  9. Le miracle japonais a fini en sushi …

    Vous décrivez fort bien le capitalisme de prédation ‘nomade’ : « Il suffit d’observer les flux de capitaux mondiaux : la recherche de nouveaux eldorados, en l’occurrence de nouveaux marchés à fort rendement pour les capitaux, est à l’origine du déséquilibre dont on s’aperçoit un peu tard des conséquences, quand les belles mécaniques de la finance se grippent. »

    En ce sens, cela me fait penser au criquet pélerin ou au criquet nomade.
    Le criquet pélerin par exemple migre quand sa ‘taille’ (population) devient trop dense pour qu’un environnement le supporte.
    « Le criquet pèlerin mange chaque jour son propre poids de verdure : il doit accumuler des réserves de graisses avant de migrer. »
    ‘propre poids’, ‘accumuler’, ‘réserves’, ‘migrer’.
    Le criquet nomade est lui polyphage : il se nourrit de divers aliments qu’il pourra trouver.

    A priori, jusqu’à maintenant, seuls des spores d’un champignon spécifique permettent de lutter efficacement contre les larves.
    A moins qu’une inondation suffisante ne vienne noyer les larves, ou une sécheresse très dure.

    A tout prendre, entre une inondation, une sécheresse et un champignon, le choix est vite fait.
    Reste à trouver le champignon qui a les spores suffisamment puissants pour pénétrer les larves de ce capitalisme prédateur nomade et les éradiquer …
    Une idée ?

    1. … une sorte de miroir aux alouettes qui attirerait les flux de capitaux et les piègerait définitivement, comme un trou noir ?

    2. Pardon j’aurais dû compléter : http://www.lacrisedesannees2010.com/

      ce dernier article discute l’idée d’un « protectionnisme » nouveau basé sur des régles juste d’échanges qui se doivent d’être équilibrés comme déjà évoqué au sujet de mécanismes nouveaux pour les parités monétaires.

      Il me semble que peut être c’est ce genre de champignon qu’il faut pour protéger le champs des multitudes contre les appetits des voraces nomades.

      Cordialement

    3. @ Babypouf :
      Bien que j’apprécie le blog cité et la personne de M. Werrebrouck, je crains cependant que le protectionnisme, même ‘nouvelle manière’ ne résolve pas le problème essentiel voir essentialiste de ce type de capitalisme, qui certes a besoin d’une division du travail internationale et d’une mobilité de tous les instants, mais qui a surtout besoin d’une répartition inégale es richesse, que ce soit entre les pays ainsi qu’AU SEIN des pays.
      Or, le protectionnisme n’est conçu que comme protection contre la division internationale et la mobilité des ‘richesse’, pas contre l’inégalité qui est produite au sein de chaque pays.
      En ce sens, le protectionnisme ne me semble pas pouvoir répondre à cette question centrale : comment répartir la richesse ?
      A moins que le protectionnisme soit aussi un outil de justice sociale, fiscale, économique, etc. mais on devrait alors parler de ‘protection’ contre les inégalités de richesses et non de ‘protectionnisme’.
      Cordialement.

    4. Pour compléter, je crois que l’interdiction des paris sur les fluctuations des prix est un de ces ‘spores’ toxiques, qui contribuerait à freiner, à minima, la reproduction de ce type de capitalisme.

      Je pense aussi à d’autres mesures, comme l’interdiction de l’intérêt du prêt, ce qui n’empêche pas que le créditeur soit rémunéré sur la base d’une estimation du profit, sur une base fixe (exemple : 10% de la somme prêtée, à verser éventuellement en mensualités, n’a rien à voir même avec 3% sur 20 ans, en prêt ‘amortissable’).
      Le profit que l’argent tirerait de lui-même serait ainsi bien plus restreint.

      Et d’autres encore …

    5. de vos mesures, ils n’en veulent pas zebu. devons nous alors attendre qu’enfin ils se convertissent à la bonne parole redistributrice en les laissant écraser tout le monde? en les laissant nous amener dans le mur? alors que depuis des millénaires la redistribution est un voeux pieu?

      croyez vous vraiment qu’on a le soutien populaire avec l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix? croyez vous que cela changera assez vite pour ceux qui sont dans la misère toute leur vie?

      c’est bien de vouloir éviter les grandes révoltes mais va falloir tout de même être un petit peu plus radical que cela, par respect pour ceux qui sont radicalement exclus. et notamment remettre les politiques à la portée des citoyens…

      alors protection ou protectionnisme peu importe, le débat ne sera pas éludé encore longtemps, en 2005 nos concitoyens (et les hollandais comme les irlandais) se sont exprimés, et ils ont dit NON à 55%. maintenant il doit y avoir acte.

    6. @ methode :
      « va falloir tout de même être un petit peu plus radical que cela ».
      Ah bon ?
      En général, quand on commence par dire cela, on finit vite par dire des choses que l’on regrette ensuite …
      Qui fixera le niveau de radicalité requis ? Vous ?
      La crise n’est même pas commencée qu’on commence déjà à donner des ordres, tututututut …

      Je sais fort bien que les dites solutions préconisées ne seront PAS mises en oeuvre, tant que le rapport de force n’aura pas été modifié. Et il ne peut l’être que de deux manière : soit parce qu’un niveau de ‘conscientisation’ politique suffisant permettra à une majorité de modifier les choses, soit parce qu’une catastrophe rendra possible ce niveau de ‘conscientisation’.
      Personnellement et ayant fait quelques études historiques, il me semble que le premier cas est plutôt très rare. De souvenance, comme cela, à chaud, je dirais 1789.

      Je vous signale néanmoins que rien n’est irréversible : si Calvin au 16ème siècle a réussi à démontrer que le prêt à intérêt n’est pas moralement condamnable et même bénéfique, à l’encontre de siècles de condamnation morale catholique, l’inverse peut aussi être fait.
      Non pas un retour en arrière, mais une autre ‘réforme’, tout comme celle d’il y a environ 500 ans, qui fut une véritable révolution, autant sinon plus que la révolution française.

      Cordialement.

    7. zébu,

      je songeais à la Réforme. je vous marquais plus haut qu’il fallait remettre le politique à portée du citoyen, avant d’envisager des solutions actées. finalement l’objet de la Réforme n’était-il pas aussi de remettre le pouvoir alors religieux à la portée des petites gens?

      c’est toujours la même chose, le pouvoir censé régenter la vie des gens, cherchent à s’en éloigner pour s’affranchir de tout retrocontrôle.

      cordialement

  10. « …entamer rien de moins qu’une politique de redistribution de la richesse, grâce notamment à l’outil fiscal. […] Mais c’est une horreur impensable !  »

    Impensable mais inéluctable. Toutes les révolutions étaient impensables un jour avant qu’elles éclatent.

    Tout ce qu’on voit en ce moment ce n’est que la lutte entre l’impensable pour certains et l’inéluctable pour tous.

  11. D’abord merci encore pour le plaisir du style:

    Dans la grande tradition d’une science économique dont la vulgate nous est dispensée par des divinités secondaires, cette explication s’arrête là où elle pourrait devenir intéressante.

    Magnifique. MDR. J’ai du reprendre ma respiration…
    Et surtout voici enfin des données détaillées, qui permettent de mieux comprendre la dette et la situation du Japon.

    Sortir de ce dilemme nécessiterait de tourner le dos à ce qui a été engagé. C’est à dire d’entamer rien de moins qu’une politique de redistribution de la richesse, grâce notamment à l’outil fiscal. Cela n’impliquerait d’ailleurs ni de faire fonctionner la planche à billet, ni d’accroître les déficits, ces deux épouvantails honnis. Mais c’est une horreur impensable !

    La redistribution des richesses est sans doute l’impensé de toute classe dominante. Pourtant, certains membre de la classe dirigeante lisent Marx au fond du lit la nuit et ont compris la racine de la crise. Le service des études de la banque Natixis fait mieux, il s’en réclame ouvertement, ce qui lui vaut d’ailleurs une reconnaissance méritée…Mais surtout, même si certaines classes dirigeantes comprennent le fondement de la crise, ils ne peuvent redistribuer les richesses et rester compétitifs. C’est là la contradiction des keynésiens: impossible de relancer dans un monde ouvert aux échanges. Ou alors le repli protectionniste et la guerre commerciale, aux conséquences imprévisibles. Les bourgeoisies hésiteront longtemps.

    A la crise actuelle, il n’y a qu’un seul enjeu, mais de taille, sans tenir compte des nouveaux dérapages plus ou moins contrôlés qui peuvent survenir. Soit d’assister à une forte accentuation des inégalités sociales, accompagnée d’un renforcement du contrôle social – sous les formes les plus sophistiquées et primaires à la fois – soit de renverser cette logique et avec elle ceux qui la représentent.

    Tout à fait d’accord. Voir les trois scénarios que j’avais esquissé il y a quelques jours:
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=13820#comment-95677

    1. « la contradiction des keynésiens : impossible de relancer dans un monde ouvert aux échanges »

      Le keynésianisme triomphant des 30 glorieuses était associé à de forts droits de douanes. Il n’y a pas de contradiction. Au contraire l’existence de frontières est une condition nécessaire aux fonctionnement des politiques keynessiennes.

    2. @ Jérome

      Je suis d’accord. La contradiction de keynésiens, c’est que les bourgeoisies ne peuvent plus les appliquer comme dans les années 30 du fait même de l’intensité des échanges.

    1. @Souva

      Désolé de vous avoir mené au bord de ce précipice! Accrochez vous aux branches et n’oubliez pas les lingettes de décontamination pour vos mains, vos yeux, votre raison et votre âme! Soyez fort et n’oubliez pas votre talisman à l’effigie de St Thomas! Pas d’Aquin, le vrai, le premier. Mais prenez aussi le Dakin pour les lingettes…

      @Lain, euh à@lain, ah shit Alain!

      Trop fort l’Oréal! euh Loréal! Sorry sir..

  12. J’avais déjà écrit dans un commentaire que les pays émergents cesseraient d’émerger, je vois que ça commence à ce faire jour.
    Car à vouloir exporter à tout prix, ils vont retomber dans le cercle vicieux de la compétitivité à tout crin, avec son cortège de bas salaires, chômage, baisse de pouvoir d’achat, etc, etc….
    A propos de la Chine, je pense toujours que lorsque tout ce petit jeu ne l’amusera plus elle se refermera sur elle même, et là je constate que tout le monde veut en faire autant.
    La machine est cassée, il faut passer à autre chose.

    1. La peur et le doute commence à changer de camp…
      Claude Guéant, face aux perspectives d’affrontement social à la rentrée, a annoncé dans le FT un « septembre noir ».
      Elie Cohen, conseiller économique de Sarkozy admet une triple défaillance dans son livre  » Penser la crise «  : « Comment penser la crise, comment rendre compte de la crise et de la défaillance des outils qui auraient dû permettre d’en produire le sens ? Comment rendre compte de la triple défaillance des marchés, des régulations et des théories économiques ? »

  13. http://georgewashington2.blogspot.com/

    The financial reform bill has fixed the economy … not!

    In reality, as discussed below, none of the real problems have been addressed.
    The rule of law has not been restored, so – as PhD economist James Galbraith notes – the economy can’t recover.

    Consumer confidence is plunging again because no one has actually taken the steps which would restore trust in the system.

    Unemployment continues to plague the economy, because the government is feeding the parasite and killing the patient.

    (…)

    Nobel prize winning economist George Akerlof predicted in 1993 that credit default swaps would lead to a major crash, and that future crashes were guaranteed unless the government stopped letting big financial players loot by placing bets they could never pay off when things started to go wrong, and by continuing to bail out the gamblers. (Not only has the government rewarded the gamblers, bailed them out and let them engage in a new round of risky betting, but it hasn’t even reined in credit default swaps.)

    ==================

    Un lien vers Zerohedge qui dit que le HFT fausse les marchés :

    http://www.zerohedge.com/article/scientific-proof-high-frequency-trading-induces-adverse-changes-market-microstructure-and-dy

    … the Markov Process nature of stock trading is put under question, and thus the whole premise of an efficient market has to be reevaluated. Simply said: HFT has been shown to affect the fairness of trading.

    The paper is, needless to say, a must read for everyone who has an even passing interest in stock trading and market regulation (alas, yes, that would mean the SEC, and Congress).

    1. Le HFT n’est-il pas basé sur un micro-délit d’initié ?
      On doit payer pour avoir accès aux infos d’ordre « pending » quelques dizaines de millisecondes(*) avant les autres.
      Je suppose que c’est le temps qui reste après l’arrivée sur la « feuille de marché » (virtuelle), la fin du « faites-vos-jeux », et le moment où elle est actée (« rien ne va plus », … 22 rouge)

      ((*) NB tous les journalistes écrivent nanoseconde c’est sûrement chic, mais le HFT (d’après l’article du Monde à l’été 2009 par exemple) a plutôt lieu à l’échelle de la milliseconde, le temps de faire digérer un ou deux paquets IP a minima à un serveur qui doit fournir un « acknoweldge » ou quelque chose comme ça (j’imagine).)

  14. François Leclerc écrit:

    «  »Le mécanisme qui s’est instauré au Japon avait été prévu dans ses grandes lignes par Keynes, sous le nom évocateur de trappe à liquidité. Anticipant sans l’avoir connue une situation au sein de laquelle les liquidités déversées par une banque centrale ne parviennent pas à relancer la machine économique, en dépit de leur quasi gratuité et de leur abondance. Une baisse des prix (déflation) l’accompagnant » »

    C’est vraiment là que, entre autres le bas blesse!! Pourquoi tout cet argent, à rien%, en renflouage des banques commerciales?? Alors qu’avec n’importe quelle modalités, pourquoi ne pas faire profiter de cette incroyable prodigalité aux producteurs aux mêmes taux quasi nuls ? C’est à dire à la société consommatrice dans son ensemble? Au lieu de favoriser les banques qui tournent pour elles-mêmes, donc pour leurs actionnaires. Ces banques qui ne produisent rien, même pas un grain de blé. De vrais parasites! À quoi servent-elles ces banques dont l’argent qu’elles prêtent à intérêts, est un argent qui n’a de valeur que grâce aux capacités de production? La production faite par la société civile productrice laquelle doit emprunter aux banques pour acheter – sa – production? Un comble! C’est la société civile productrice qui produit tous les biens terrestres sans exception, si, sauf une seule chose: la monnaie. Curieux quand-même?
    Quand donc la société civile productrice de tous les biens que nous achetons et dont nous nous servons se sera enfin réveillée et comprendra qu’elle peut faire la même chose que les banques actuelles?? Et elle peut le faire en mieux et infiniment moins cher que les banques qui travaillent pour leur profit et au final contre la société. Constatation sans appel: Bilans des banques VS sociétés civiles productrices. Avec les critères d’aujourd’hui, qui ne sont pas ceux de la société civile productrice, on peut conclure que les bilans des banques s’élaborent – contre – la société civile. L’actualité parle d’elle-même.

    La monnaie, – à sa source -, est une chose publique (ce qu’on ignore aujourdhui) et non une chose privée d’entreprises qui s’appellent banques comme cela est actuellement. Je le répète: l’argent que créent et prêtent les banques n’a de valeur QUE grâce aux capacités de productions de toute la société, sinon il ne vaut rien, il n’existerait même pas. Pas de production = pas d’argent. Donc une fois lancé en circulation par des crédits sans intérêts, ça se fait bien pour les banques, on l’a vu tous les jours! l’argent devient la chose privée de chacun, une chose privée de personnes physiques et morales selon leurs possibilités et leurs nantissements divers. Une fois la monnaie créée et émise (et détruite à l’arrivée) par, disons: la Banque Centrale (qu’on peut appeler: Office National de Création et d’Émission monétaire, O.N.C.E.M) selon le seul étalon de la production générale, donc autobloquant contre toute inflation, et bien sûr sous compétence financière et bancaire, compétence uniquement prestataire de services et non pas propriétaire comme à présent de l’argent que la banque prête, alors, il y aurait tout naturellement une couverture monétaire à 100%-monnaie. Et ceux qui demanderaient des prêts supplémentaires (particuliers, entreprises, voire municipalités) peuvent en demander via les banques qui, alors, feraient à ce moment là, enfin, leur vrai métier d’expertises et de gestionnaires en faisant fructifier l’épargne (couverture à 100%-monnaie), elles négocieraient les taux d’intérêts ces prêts ayant aussi pour finalité des investissements pour un enrichissement optimum des prêteurs ET des rembourseurs. Un enrichissement croissant et sain. L’État, lui, serait dans la situation comparable au boulanger qui mange son propre pain à très bon marché au lieu de l’acheter hors de prix chez des confrères, car la création et les émissions monétaires de la Banque centrale, ou O.N.C.E.M., financeraient les besoins de l’État pour son fonctionement et ses investisements. Adieu le fisc inique sous sa forme actuelle!

    1. Il faut sans doute revenir à la raison qui a fait exploser le Japon pour comprendre ce qui s’est passé.

      Les années 80, le miracle japonais, la bourse de tokyo atteint des sommets qu’elle n’a jamais récupérés, le prix de l’immobilier explose, ne dit on pas que le palais impérial vaut aussi cher que la Californie, Sony rachète les studios d’hollywood et puis les USA impose au Japon la réévaluation du Yen, le château s’écroule, l’immobilier et la bourse japonaise s’éffondrent …

      Pour relancer, le Japon noie les banques japonaises, assises sur des montagnes de créances sans valeur, d’un Yen gratuit….

      Un peu se qui se passe actuellement, les banquiers empruntent en Yen et jouent à travers la planète, bref la même crise qu’aujourd’hui d’une certaine manière…le dollar remplaçant le Yen.

      En fait et comme aujourd’hui les banques n’ont pas constaté leurs pertes, l’argent qui est mis sur la table ne leur sert qu’à continuer à fonctionner, bref l’argent qui a été perdu a été perdu mais non constaté…

      Il y a perte de richesse, pour terminer le japonais qui était le 1er épargnant du monde, quasi 16% dans les années 80 n’épargne plus aujourd’hui, c’est vrai que c’est un pays vieillissant mais disons le l’état japonais s’est endetté, les japonais se sont appauvris mais les banques sont toujours là…..

  15. D’une part, il y faut soit des moyens financiers importants soit une logique dogmatique puissante (ce que les Etats en question n’auront pas puisqu’ils sont prisonniers de leur propre logique et qu’ils n’en ont au surplus aucune autre disponible en magasin) et, d’autre part, historiquement, ce type de gouvernement par la force ne dure jamais longtemps.

    Ah bon? Pas longtemps le franquisme? Pas longtemps l’Union Nationale de Salazar? Pas longtemps la domination US jusqu’à la chute des colonels en Grèce? Pas longtemps les régimes totalitaires de l’Est? Pas longtemps la Chine communiste? Pas longtemps les régimes coloniaux?…

    Où est ce que vous avez vu que la répression et le contrôle social ça ne marchait pas? Où est ce que vous avez vu qu’il y fallait des moyens financiers trop important et « une logique dogmatique puissante » qu’ils n’ont pas en magasin? Réveillez vous! Il est encore tant (peut-être…) de se montrer, au minimum, attentif! Ce ne sont pas des textes de Loi qui nous en protègeront, mais des textes de Loi qui nous y mettront et y travaillent déjà.

    Je hais l’irénisme autant que la crainte apocalyptique. Ils font un si beau couple pour de bien tarés rejetons! Et le bonheur de bien sinistres marieurs…

    1. Tout est question d’échelle (et pas d’échelle de Jacob, hein).
      Au regard de l’Histoire de la Grèce, la dictature des colonels …
      Au regard de la vie d’un homme pris dans ce piège infernal, c’est une éternité.
      Cordialement.

  16. Ils attendent la chute des Etats et préparent pire encore.

    Faute d’attention peut-être, mais je n’ai pas lu sur le blog des détails sur le projet inquiétant attribué par le FT à l’Allemagne: établir une procédure de mise en faillite des Etats qui se rapproche pour moi de la nomination d’un administrateur par la Chambre de Commerce…
    http://www.ft.com/cms/s/0/3a00cf8e-8f6f-11df-ac5d-00144feab49a.html?ftcamp=rss
    Pas de détails dans la presse française sur ce Club de Berlin ?

    1. Je me souvenais du billet de François, car c’était déjà inquiétant

      Un article du Spiegel retient l’attention. Selon l’hebdomadaire, qui bénéficie souvent de fuites organisées, le gouvernement allemand mettrait au point un plan permettant de gérer des processus de restructuration de la dette souveraine en zone euro. Il faut dire que s’il devait être activé, le gouvernement Allemand serait aux première loges, en tant que premier contributeur du plan de stabilité financière européen. L’idée serait que le secteur privé (les banques) seraient également mises à contribution, une décote consentie par ses soins. En contrepartie, le reste de l’investissement serait garanti suivant un montage pouvant faire appel au FMI et qui serait géré – suivant le modèle du Club de Paris – par un nouveau club qui pourrait prendre le nom de Club de Berlin. Le mécanisme serait à double détente, prévoyant qu’au cas où la décote de la dette ne réglerait pas le problème, le pays qui en aurait bénéficié passerait sous le contrôle financier de la structure.

      Mais n’ai pas vu référence dans la presse en français ni plus de précision sur le mode de « contrôle financier ». Ce qu’il faut se rappeler, c’est que dans l’histoire, des gouvernements sont allés jusqu’à envahir militairement et occuper des pays entiers pour prélever pendant des années toutes les perceptions des douanes (par ex Nicaragua, Haiti, Rep. dominicaine)…

    2. @CharlesA

      « La pauvreté n’est pas une honte, mais c’est l’exploitation des peuples qui l’est. Nous reprendrons tous nos droits, car tous ces fonds sont les nôtres, et ce canal est la propriété de l’Égypte (…) J’assigne aujourd’hui l’accord du gouvernement sur l’établissement de la Compagnie du Canal. »

      Nasser, lors de la nationalisation du canal de Suez, propriété de la « Compagie Universelle du canal de Suez » détenue par les anglo-français majoritairement.

  17. A mon avis, machine economique ou machine thermique, le principe est le meme: Il faut une source chaude et une source froide. Afin d ameliorer les rendements, les dirigeants capitalistes ont voulu surchauffer la machine avec une mondialisation a marche forcee, et maintenant le systeme est definitivement grippe. Les habitants des pays producteurs sont restes pauvres, et les habitants des pays consommateurs sont redevenus pauvres. Allez, vous reprendrez bien un peu de Soleil Vert?

    1. Ce commentaire me fait penser à une intervention qui a eu lieu lors de la conférence organisée par Marianne le mois dernier et à laquelle Paul Jorion participait.

      Une femme d’origine algérienne berbère si ma mémoire est correcte, a dit que les pays développés étaient en voie de « tiers-mondialisation » et que leurs peuples allaient enfin comprendre ce que cela voulait dire « tiers-mondialisation » lorsqu’on a été pays colonisateurs.

    2. @Didier

      Si l’on prend le terme Tiers dans le sens de l’autre et non dans l’acception originelle et communément admise de 33,333.. %, alors l’autre monde possible des alter-mondialiste prend une saveur toute particulière…
      Effectivement beaucoup plus solidaire de ce tiers souffrant comme des projets de la caste maléfique du Kapital…

    3. Vigneron : je pense qu’il faut mieux le prendre au sein de Tiers-État !
      A moins que l’on se réfère aux fameux « tiers » de Marcel Pagnol 🙂

    4. didier,

      si les populations ne sont pas expertes en économie, elles le sentent instinctivement et c’est bien pour cela qu’en 2005 elles ont dit non au TCE… elles savaient très bien que voter oui ou voter non, le traité leur serait imposer d’une manière ou d’une autre.

      les gouvernements actuels sont usurpateurs, l’alternance n’y changerait rien, le PS était du côté du oui.

  18. Bonjour,

    je cite votre dernier paragraphe :

    « Soit d’assister à une forte accentuation des inégalités sociales, accompagnée d’un renforcement du contrôle social – sous les formes les plus sophistiquées et primaires à la fois – soit de renverser cette logique et avec elle ceux qui la représentent. »

    Est ce que le titre de votre article (épouvante ou horreur) désigne votre choix principal quant aux deux éventualités que vous envisagez dans cette conclusion ?

    Cordialement

    1.  » ….. et l’horreur face à la redistribution de la richesse. » Monsieur Leclerc ? Hum …. cela mériterait une explication 🙂

    2. L’énorme non-dit dans ces débats récurrents, c’est le constat de votre système politique. Ce que vous appelez la démocratie disparait aussitôt que l’on cesse d’y croire, tandis qu’apparait la réalité : votre contrat social n’est en fait qu’un pacte de corruption, auquel vous avez tous souscrit, bon gré, mal gré. Vos cherchez à sortir de l’impasse sans avoir à reconnaitre cette vérité inacceptable. Cela n’est pas possible.

      Le vent se lève. Mais il ne vient pas de l’occident.

    3. «  » »Dans les deux cas le point de vue est le même : celui des gens d’en haut. » » »

      En plus, il y aura ceux, assez nombreux, qui ne pensaient pas être « d’en haut ».

  19. « le déséquilibre [] résulte du développement inégalitaire des sociétés occidentales »
    Je ne comprends pas cette phrase et son rapport avec les paragraphes qui précédent.

    Les déséquilibres du commerce international ne peuvent pas s’expliquer par des écarts de développements entre pays, car des pays connaissant des niveaux de vie très comparables (USA, France, Japon, Allemagne) ont des balances commerciales très diverses.

    Une explication sociologique des déséquilibres commerciaux a été proposé par Emmanuel Todd dans « l’illusion économique ». C’est l’explication la plus crédible que j’ai lue.

    Je ne comprends pas pourquoi sur ce blog le protectionnisme est condamné. C’est la seule solution pour revenir au plein emploi en Europe. Le libre-échange a largement fait la preuve de ses nuisances.

    1. Vous ne comprenez pas ou vous n’êtes pas d’accord ?

      Je ne partage pas les positions défendues par Emmanuel Todd, auxquelles vous vous référez. Considérant que c’est une autre division internationale du travail qu’il faudrait mettre en place, dans le cadre d’autres rapports d’échange.

      Par ailleurs, mon billet a entre autre pour sens de montrer comment les déséquilibres sociaux, résultant d’une appropriation inégale de la richesse, sont à la source de la situation actuelle. C’est donc cela qu’il faut remédier.

      Je n’ai pas expliqué les déséquilibres du commerce international par les écarts de développement entre les pays. Au contraire, j’ai considéré comme étant dans la même situation l’Allemagne, la Chine et le Japon (les trois plus grandes puissances exportatrices)…

    2. @Jerome : « développement inégalitaire des sociétés occidentales » : il faut bien sûr comprendre : « développement de l’inégalité au sein des sociétés occidentales », et non pas de l’inégalité entre elles.

    3. @François Leclerc et @Crapaud Rouge

      En effet j’ai fait un contre-sens en vous lisant. Vous parlez dans votre phrase des inégalités internes aux pays développés, après plusieurs paragraphes se référant aux déséquilibres du commerce international.

      L’accroissement des inégalités ne touche pas seulement les pays riches, mais aussi la Chine.

      Ce phénomène, qui est effectivement la source de la crise, se retrouve dans la plupart des pays impliqués dans le commerce international. J’y vois un lien de cause à effet.

    4. Les inégalités croissantes dans la répartition de la valeur ajoutée (=production de biens et services marchands) créent nécessairement une crise de suraccumulation du capital, et donc surproduction. Celle en cours a ses caractéristiques propres, qui nous mettent à la croisée des chemins:
      – dimension plus internationale que jamais, fruit de la mondialisation
      – retard et amplification par financiarisation du capital et explosion des instruments d’entettement
      – concordance avec la crise écologique (pas coincidence, car c’est l’étape ultime logique du capitalisme dans les deux cas.)

      Différences entre pays :
      – aux Etats-Unis et dans la plupart des pays européens, la crise de surproduction a été retardée mais amplifiée par l’endettement; nous sommes au milieu de l’explosion
      – en Chine et quelques autres pays parmi les « émergents », notamment asiatiques, c’est les marchés extérieurs dopés par l’endettement qui ont évité la crise de suraccumulation du capital; ce débouché se rétrécissant, ou stagnant, ils pourraient se trouver dans la même situation.

    5. françois leclerc

      [Par ailleurs, mon billet a entre autre pour sens de montrer comment les déséquilibres sociaux, résultant d’une appropriation inégale de la richesse, sont à la source de la situation actuelle. C’est donc cela qu’il faut remédier.]

      de vos solutions ils n’en veulent pas et vous ne faites que le constater de jours en jours… alors devons nous les laisser remettre aux calendes grecques les mesures qui protègeraient les plus faibles ICI ou attendre la grande conversion générale et émancipatrice ‘in the whole (big) world’ pour laisser une chance aux miséreux d’ICI de voir leur conditions de vie s’améliorer un tant soit peu.

      vous n’êtes pas clair sur le timing.

      un bon modèle ça s’exporte, à condition de pouvoir l’amorcer, le couver… ce qui est criminel, c’est de laisser détruire les acquis sociaux ICI sous prétexte de bien-pensance cosmopolite, tout en affirmant que de cette façon nous allons amener le progrès chez les autres non développés.

      devant les faits, nous nous harmonisons, mais par le bas.

  20. L’histoire procède toujours par stratification oblique, et les couches affleurantes laissent voir en surface le cursus de l’humanité. Ce qui permet de voir simultanément des hommes relevant des époques du néolithique (par leur façon de vivre, à Sumatra ou dans la forêt Amazonienne…) survolés par les jets supersoniques et filmés par les caméras numériques des représentants des civilisations dites avancées.
    Notre désastreuse pensée cartésienne découpe toujours et encore cette histoire en tranches successives, homogènes, catégorisée, ce qui constitue une vision extrêmement réductrice de la réalité, réalité qui relève bien plus de la pensée complexe chère à Edgar Morin.
    J’ai toujours été frappé de voir mes grands-parents, nés à la fin du 19eme siècle, continuer de vivre jusque dans les années 80 avec les schémas de pensée de la « belle » époque. Et mon arrière grand-mère, qui a vécu jusqu’à près de 100 ans, était plus proche de l’époque Napoléon III. Et sans doute sommes nous tous dans ce cas, la population se composant d’un patchwork de mentalités se rattachant à des époques et à des modes de vie et de pensée dont l’éventail est beaucoup plus ouvert et divers que ne voudraient le faire croire les analyses réductionnistes des historiens, économistes, et autres sociologues.
    Tout exercice de prévision d’évolution s’avère des lors bien aléatoire, dans l’impossibilité où nous sommes d’effectuer quelque chose comme une intégrale de Fourrier représentant l’enveloppe de cette diversité.
    De plus l’histoire nous enseigne que l’évolution du monde résulte d’évènements fortuits faisant obliquer un contexte existant vers des pistes imprévisibles. Cela relève de la logique d’un banc de poissons.
    En somme, l’histoire est une lanterne que l’on porte sur le dos et qui n’éclaire que le chemin parcouru. (Confucius disait cela de l’expérience, mais quelle différence ?)
    De la méthode des sciences de l’histoire, de la sociologie, de l’économie, restent toutefois des schémas de comportement qui semblent pouvoir constituer des règles plus générales, et notamment les effets de balancier dus à l’inertie des choses de l’esprit autant que des matières en mouvement.
    Ainsi, les voies d’une future Renaissance pourraient ainsi résulter d’une longue période de décadence consécutive à l’apogée de notre civilisation occidentale, dont la rente aura été énergétique et technicienne. (chaque civilisation ne trouve à se développer qu’au travers d’une rente, dont la déplétion est inévitable).
    Mais il n’est pas possible de reconstruire « rationnellement » un nouveau monde, celui-ci naîtra par un accouchement long et douloureux des nouvelles nécessités émergeant d’elle-même du chaos générateur, d’une nouvelle rente à exploiter pour la termitière humaine.
    Jusqu’au blanc pur, comme disait la pub.

    1. Touffu, complexe et non compliqué, fulgurant parfois. Chapeau.
      C’est pas hard-Roc qu’il vous faudrait comme pseudo, c’est Roc-éclair! 😉

  21. Très bon descriptif de la situation. Encore une fois. Malheureusement, cela fait redite. Nous savons maintenant que :
    1. Les dirigeants (politiques, économiques, médiatiques…) ne veulent pas changer les choses et préfèrent faire payer la casse à la population plutôt que changer les choses.
    2. Que les réformes soit-disant en cours ne sont que des artifices et que l’opposition institutionnelle (par exemple le PS en France ou le SDP en Allemagne) n’ont pas plus de volonté de faire changer les choses que le pouvoir en place.
    3. Que le système ne redémarrera pourtant pas et donc les choses vont empirer.

    Se pose alors la question: Que faire ?
    – Attendre que des partis extrémistes prennent le pouvoir (tea parties aux USA, front national ou extrême gauche en France par exemple) ? Cela a peu de chance de régler les problèmes, au contraire. La colère est mauvaise conseillère.
    – Interroger quelques franc-tireurs de la politique (à définir…) sur leur volonté de changement, tenter de les influencer positivement et les soutenir officiellement ?
    – D’autres idées …

    1. « Les dirigeants (politiques, économiques, médiatiques…) ne veulent pas changer les choses »…

      Ce n’est pas dans ces termes que le problème se pose, il ne s’agit pas de vouloir, mais d’y être obligé.

      Quand vous arrivez en voiture à 200 k/h et sans freins devant un mur, vous ne voulez pas vous écraser mais vous vous écrasez quand même. Votre volonté a, donc, des limites face à la logique implacable du système à l’intérieur duquel vous vous trouvez.

    2. De même que Gaïa n’est pas réductible à un objet de savoir, ce que je nomme la bêtise n’est pas réductible à une faiblesse de type psychologique. On ne dira pas «les gens sont bêtes», comme s’il s’agissait d’une tare ou d’une faiblesse personnelle. La bêtise est quelque chose dont on dira bien plutôt quelle sempare de certains. Et elle s’empare tout particulièrement de ceux qui se sentent en position de responsabilité et qui deviennent alors ce que je renommerai désormais « nos » responsables.

      Ce n’est pas que « nos » responsables, ceux que l’on trouve partout, à tous les niveaux, soient « bêtes », au sens où il suffirait alors de les chasser, de prendre le pouvoir, de mettre des gens intelligents à leur place. Et ce n’est pas que tout responsable soit atteint par la bêtise. Le technicien responsable du fonctionnement d’un réseau d’ordinateurs, par exemple, ne l’est pas spécialement, pas en tant que tel. Comme dit le dicton, c’est un mauvais artisan qui blâme ses outils, et la responsabilité, ici, implique l’attention au possible, la capacité d’imaginer l’imprévu, la méfiance portée non à l’encontre de la situation mais à l’encontre de ses propres routines. En revanche, c’est de nous que «nos» responsables se méfient. Et la méfiance est un mot trop faible, car il implique une situation précise, des procédures à utiliser, des engagements à formaliser. « Nos » responsables sont bien plutôt ceux qui savent qu’ils doivent répondre de nous, comme un berger doit répondre de son troupeau à celui qui l’a mandaté.

      On pourrait penser que, assimilant ceux que j’appelle « nos » responsables à des bergers qui doivent répondre de leur troupeau, J’associe la question de la bêtise avec ce qu’on appelle le « pouvoir pastoral », qui implique un dirigeant ayant reçu mandat d’assurer le salut de ceux qu’il doit guider. Or la bêtise est plutôt ce qui reste de ce pouvoir lorsqu’il n’y a plus de mandat, ou lorsque n’en subsiste qu’une version indigente, mettant en scène une humanité récalcitrante, toujours prête à se laisser séduire, à suivre le premier charlatan, à se laisser berner par le premier démagogue. « Nos » responsables ne sont pas des pasteurs parce qu’ils ne nous guident « vers » rien ; ils sont sous l’emprise de la bêtise parce qu’ils jugent le monde en termes des tentations et des séductions dangereuses dont il s’agit de nous protéger.

      Aujourd’hui, face à l’intrusion de Gaïa qu’ils ne peuvent plus tout à fait ignorer, nos responsables sont en suspens comme nous. Le «je sais bien mais quand même…» qui leur tient lieu de pensée est presque audible mais, d’une certaine manière, nous en sommes tous là. En revanche, ce qui n’est pas de l’ordre d’une réaction commune face au difficilement concevable, d’une plainte impuissante face à ce qui nous dépasse, est la réaction typique à certaines propositions – presque un cri : « Mais ce serait la porte ouverte à… » Entendre ce cri, c’est entendre ce qui fait la différence entre la compassion éventuelle pour celui ou celle qui est en « position de responsabilité » et se sent « dépassé », et la distance à prendre envers ceux que je caractérise comme « nos » responsables. Car ce cri est le cri de la « bêtise ».

      Lorsque le « je sais bien mais quand même » s’associe au cri invoquant la « porte ouverte », il est inutile de discuter, car on a affaire non à quelqu’un dont les raisons devraient être entendues, mais à un être capturé, sous une emprise par rapport à laquelle toute raison viendra après, et le plus souvent sur le mode du « on sait bien (1) ». Celui qui dit « on sait bien » n’est pas bête – ceux dont s’empare la bêtise ne le sont jamais. Il n’inspire pas le mépris, mais bien plutôt l’effroi. Car ce qui le fait réagir — alors que, peut-être, il aimerait que le monde soit différent, que les gens ne soient pas « comme cela » — est de l’ordre d’une force à laquelle on se heurte et, qui plus est, une force dont on sent qu’elle se nourrira de tous les efforts de persuasion, de tous les arguments auxquels on pourrait être tenté de recourir. La bêtise n’est pas la stupidité, qui elle aussi peut « s’emparer » de quelqu’un mais renvoie à la stupeur, à la paralysie, a l’impuissance – par exemple, lorsqu’un argument bête et méchant laisse stupide, dans la perplexité un peu douloureuse d’un «je sais bien mais quand même… » La bêtise est active, elle se nourrit de ses effets, de la manière dont elle démembre une situation concrète et dont elle détruit la capacité de penser, d’imaginer de ceux et celles qui envisageaient des manières de faire autrement, les laissant stupides ou enragés (ce qui la confirmera : vous voyez, avec ces gens-là, c’est la violence).

      1. On distinguera le « je sais bien mais quand même » de celui qui se sent dépassé du « on sait bien » qui prétend à l’autorité.

      Il me semble nécessaire aujourd’hui d’oser nommer la bêtise qui s’empare de ceux à qui le capitalisme fait endosser la responsabilité d’avoir à maintenir l’ordre public. Et cela alors que – et ces responsables « le savent bien, mais quand même… » – lui-même ne cesse de poursuivre, en toute irresponsabilité, la création de nouvelles sources de profit. Il ne s’agit pas d’accuser, comme c’est le cas lorsque l’on dénonce complicité ou corruption. De telles accusations suscitent en effet l’idée que, si on se débarrassait de ces vendus, tout irait bien – une idée qui toujours favorise ceux qui se présentent comme porteurs de salut, voix du peuple, de la nation… ou de la race. Et elles ne font que renforcer le sens qu’ont « nos » responsables de la nécessité de leur mission – leur conviction que ceux qui les accusent « ne comprennent pas ». Ceux et celles que la bêtise a capturés ne méritent ni accusations ni indignation. En fait ils ne méritent rien, car c’est ce sous l’emprise de quoi ils sont qui importe. Et cette emprise, elle est sensible à tous les niveaux de responsabilité, et elle les connecte tous, y compris ceux qui sont étrangers aux intérêts directs du capitalisme contemporain. Et notamment ceux qui ont été capturés par le refrain pédagogique « que feriez-vous à notre place ?» et se sentent « nos » responsables par procuration.

      Isabelle Stengers, Au temps des catastrophes – Résister à la barbarie qui vient, Ed. La découverte, Coll. Les empêcheurs de penser en rond (2009)

    3. Pourquoi chercher un sauveur ?
      Surtout pourquoi prêter le même projet au FN ou Tea Party qui défendent le capitalisme et à l’extrême gauche qui veut le dépasser ?
      C’est noyer le poisson pour suivre le chemin de l’actuelle barbarie.

      Sortir du capitalisme, comme le propose ce blog, n’a rien d’extrêmiste. C’est seulement un traitement de bon sens, mais il est vrai qu’il faut passer par les urgences, donc s’en donner les moyens.

    4. « Les dirigeants (politiques, économiques, médiatiques…) ne veulent pas changer les choses »…

      « En cette année électorale, les citoyens sont en colère. Dans un récent sondage du Washington Post, seuls 29% des Américains ont déclaré qu’ils soutiendraient leurs représentants à la Chambre en novembre, ce qui est encore moins qu’avant les élections historiques de 1994. Les politiciens qui prétendent que leurs opposants «ne comprennent rien» espèrent transformer cette colère en furie. Ce politicien ne vous déçoit pas parce qu’il est incompétent, mais parce que ce que vous dites ne l’intéresse pas. C’est le sentiment qui motive le mouvement du Tea Party.  »

      http://www.slate.fr/story/24777/elections-americaines-qui-ecoutera-plus-electeurs

  22. Une date bientôt historique ?

    « The nation’s debt leapt $166 billion in a single day last week, the third-largest increase in U.S. history
    (…)
    The one-day increase for June 30 totaled $165,931,038,264.30 – bigger than the entire annual deficit for fiscal year 2007 … »
    http://www.washingtontimes.com/news/2010/jul/7/us-marks-3rd-largest-single-day-debt-boost/

    30 juin: CE JOUR de dette US est supérieur au déficit fiscal ANNUEL de 2007 !

  23. Bonjour,

    @ Vigneron, et aux autres,

    Vigneron : toujours aussi véhément le ton hein ? Mais savez-vous faire autrement ?
    Les régimes que vous évoquez ont été financé (devinez par qui) et, pour le reste, l’idéologie a suppléé, du moins pour un temps.
    Ces régimes ont duré quoi, au maximum 50, 60 ans… Je vous accorde que c’est beaucoup à l’échelle d’un homme, mais cela est insuffisant pour l’envisager comme système de gouvernement viable et pérenne.

    Je réitère ma conception des choses : l’occident s’achemine beaucoup plus surement vers un effondrement généralisé que vers le type de dictature que vous décrivez.
    Évidemment, le chemin de cet effondrement n’est et ne sera pas lisse : parsemé de réactions (notamment légale puisque vous aimez ça) violentes, de soubresauts de certains corps, mais le déroulement des choses n’en reste pas moins, selon moi, inéluctable.
    Par ailleurs, cet effondrement n’est pas synonyme de paradis sur Terrre : la nécessité de la survie, la non moins inéluctabilité de locaux qui s’arrangent pour prendre le pouvoir sur leurs compatriotes, et à plus long terme (lorsque tout le monde aura fini par s’enrichir un peu) le renouveau guerrier façon moyen-âge pour s’étendre, étendre son cercle de pouvoir etc.
    Vous me placez encore chez les irénistes ? Vous avez vraiment une façon très particulière de dénoncer, dénoncer tout et tout le monde mais sans jamais penser en terme « positif » de construction.
    Le seul message que je tente de faire passer c’est : « préparons-nous », ce qui va advenir est « nouveau » (si tant est qu’une organisation humaine puisse vraiment être « nouvelle »).

    Cordialement,

    Petit conseil (à vigneron) : arrêtez le vin, ça fini par altérer la santé…

    1. Désolé, VB, mais sur ce coup je ne vous suis pas. Vigneron n’a pas tout à fait tort. La civilisation occidentale repose sur un principe de hiérarchie extrêmement fort duquel se justifie la soumission de l’individu, et toute répression jugée « nécessaire ». Nous n’avons jamais été en régime démocratique, mais policier, et la « raison d’état » a encore et toujours le denier mot. Ce régime peut se durcir à tout moment (et pour longtemps) en faisant fi des « garanties démocratiques » car rien ne s’y oppose. L’éventail de la répression peut s’élargir autant qu’on veut. Nous avons seulement l’illusion de vivre en démocratie parce que l’état n’a pas, comme en régimes communistes, d’idéologie à défendre, ce qui le dispense d’avoir à censurer des opinions contraires.

    2. @ VB dit : 18 juillet 2010 à 09:48

      Il me semble percevoir un peu la même chose que vous. Le mode d’évolution qui, à mon avis, est le plus probable est l’effondrement chaotique dans lequel les bandes sont les mieux préparées et les mieux armées (dans tous les sens du terme) pour imposer leur loi ; celle des plus forts physiquement et des moins scrupuleux moralement.

      Prôner, le rapprochement démocratique plutôt que les oppositions me semble le plus sage.

      Dans l’hypothèse d’une telle implosion, ce que l’on peut espérer de mieux est que l’union nationale tous courants démocratiques confondus, permette de faire survivre la civilisation dans la guerre qu’elle serait amenée à conduire contre la barbarie généralisée. Cette barbarie serait d’autant plus difficile à surmonter qu’elle risquerait d’être très morcelée, multiforme, très évolutive, insaisissable, tendant vers ce que connait la Somalie.

      Dans une telle vision, le grand problème auquel la démocratie aurait à faire face, viendrait de l’absence de structure telle qu’il y en avait encore du temps ou la défense nationale n’était pas professionnalisée et trouvait sa force dans le rassemblement en grand nombre de toutes les couches de la population.

      Nous avons structuré nos forces pour les rendre opérationnelles à l’extérieur sans prendre en compte le risque de déliquescence intérieure.

    3. Crapaud Rouge : le Watergate ou l’affaire du Raimbow Warrior ne vous donnent pas vraiment raison, vos propos sont un peu excessifs.

      Le problème dans ce qu’affirme Vigneron, c’est l’amalgame : le franquisme et l’URSS, la Chine et la Grèce, quel rapport dans les situations ?

    4. Bonjour,
      pour moi , 60 ans c’est 2 génération d’hommes qui se succèdent, ce qui ne me parait pas négligeable….! le
      Lors d’un effondrement social généralisé, c’est bien souvent un dictateur qui émerge, Staline, Hitler etc….
      Nouveau ? le renouveau guerrier façon moyen-âge ? VB faut arrêter de regarder Mad-Max…..

    5. Désolé de craindre l’Ancien répressif connu qui réémerge plutôt que m’étourdir du Nouveau radieux inconnu que je ne vois pas venir, ni ici ni nulle part! Et surement pas de vous…

      Exemple de contrôle social à la petite semaine et à l’ancienne, discret, efficace, « social », policier :

      http://www.habitat-midipyrenees.org/fichierspublic/rapports-dactivite-ushmp-et-gd/2009_Bilan%202008%20Mission%20Securite.pdf

      Il suffit d’augmenter légèrement les effectifs de ce genre « d’acteurs sociaux », et leurs « champ d’activité », chère juriste et charmante irénique, buveuse d’eau, hélas et qui plus est!

    6. @Didier : « le Watergate ou l’affaire du Raimbow Warrior  » : peccadilles, mon cher, peccadilles ! Ce ne sont que des « affaires » où le pouvoir en place est pris la main dans le sac, parce que quelques rares journalistes ont eu le courage et la persévérance de les révéler. On assiste un peu à la même chose avec l’affaire Woerth Bettencourt. Ca peut faire du foin mais ça ne va pas loin, simple éraflure sur le capot.

      « vos propos sont un peu excessifs » : la réalité l’est infiniment plus…

    7. en parlant de contrôle social, de nombreuses personnes de mon entourage depuis deux ans se sont vu octroyer contrôle fiscal ou contrôle caf. c’est quasi-systématique.

      je souhaitais le faire signaler. merci.

    8. @ Crapaud rouge,

      « Nous avons seulement l’illusion de vivre en démocratie parce que l’état n’a pas, comme en régimes communistes, d’idéologie à défendre, ce qui le dispense d’avoir à censurer des opinions contraires. »

      Pas d’idéologie à défendre ?
      Je vais devoir passer en août pour la quatrième fois en 9 ans le stage de récupération de points. Pourtant j’ai 2.000 000 de km à mon actif, 50% de bonus depuis 15 ans, mais les radars entre 5 et 15 km/h supplémentaires, souvent les mêmes radars connus, la ceinture, je résiste et j’en paye le prix. Ces stages sont effectués conjointement par un moniteur d’auto-école et un psychologue. Récidiviste, le psychologue m’a même indiqué que j’avais des problèmes avec la Loi et conseillé de réfléchir pour une psychothérapie. Le dernier flic pour ceinture m’a expliqué que si lui y arrivait, je devrais aussi. Quand je répliquais à ses 5000 morts annuels sur route par 12000 suicides réussis il ne m’a plus causé.

  24. « Le keynésianisme triomphant des 30 glorieuses était associé à de forts droits de douanes ».
    Le keynésianisme fut triomphant lorsqu’il fut tenté par FDR une fois celui-ci arrivé au pouvoir mais ne fit que prolonger la dépression avant la mise en place de l’économie de guerre. Des dépenses publiques, encore des dépenses publique, toujours des dépenses publiques. Et pour faire quoi, maintenant ? Des routes ? Des canaux ? Des voies ferrées ? On n’a plus besoin de ce genre de travaux inutiles. On a besoin de brider l’action des banques centrales, de laisser mourir les entreprises faibles (banques y compris !) sans plus injecter d’argent public, d’arrêter d’intervenir dans certains secteurs pour y créer des bulles et, surtout, de laisser les taux d’intérêts être définis par le marché. Ce serait dejà un grand pas de fait sans recourir à des politiques ultralibérales de déréglementation et sans écraser les travailleurs sous « l’austérité ». En revanche, la renégociation des droits de douanes (et des barrières tarifaires de manière générale), même si elle pourrait être envisagée comme dopant dans un marché libre et concurrentiel, reste malheureusement utopique. Il faudrait mettre à bas les accords de l’OMC sans oublier qu’au sein-même de l’UE (union douanière), il existe un décalage entre les coûts de production des pays de l’Est et ceux de l’Ouest. On se rend compte maintenant que l’abandon de souverainété progressif nous lie les pieds et les mains. L’UE pourrait être plus agressive en la matière, ce ne serait pas un mal pour notre industrie, sans avoir besoin du Keynésianisme.

    1. « dépenses publiques, encore des dépenses publique, toujours des dépenses publiques. Et pour faire quoi, maintenant ? Des routes ? Des canaux ? Des voies ferrées ? On n’a plus besoin de ce genre de travaux inutiles. »

      Certaines dépenses publiques sont nécessaires, et ne sont plus assurées par l’État :

      – Le réseau ferré en France est en très mauvais état suite à des années de sous-investissement
      – les infrastructures routières sont de plus en plus construites par des partenariats public/privé, car l’État n’investit pas. Autant de monopoles privés futurs.
      – le parc nucléaire est vieillissant et on importe de l’électricité.
      – la part « investissement » du budget français est très faible.

      « Brider les banques centrales » OK, mais il faut surtout brider les banques! Je pense que les banques doivent porter tous les crédits qu’elles accordent à leur terme. C’est une règle simple qui assainirait grandement la situation.

      « ne pas recourir à des politiques ultra libérales de déréglementation » Bien d’accord, mais une politique d’ouverture complète des frontières est l’équivalent d’une politique ultra libérale de déréglementation.

      « la renégociation des droits de douanes [] reste malheureusement utopique ». Non, les accords de l’OMC peuvent et doivent être dénoncés.

      « L’UE pourrait être plus agressive en la matière »
      Bien d’accord, je suis pour un protectionnisme européen, incluant l’Europe de l’Est.

  25. @ Batracien,

    J’ai envoyé un autre message qui détaillait ce que vous évoquez mais ayant de sérieux pb de connexions, mon message a disparu avant d’arriver.

    « La civilisation occidentale repose sur un principe de hiérarchie extrêmement fort duquel se justifie la soumission de l’individu, et toute répression jugée « nécessaire ». Nous n’avons jamais été en régime démocratique, mais policier, et la « raison d’état » a encore et toujours le denier mot. Ce régime peut se durcir à tout moment (et pour longtemps) en faisant fi des « garanties démocratiques » car rien ne s’y oppose. L’éventail de la répression peut s’élargir autant qu’on veut. Nous avons seulement l’illusion de vivre en démocratie parce que l’état n’a pas, comme en régimes communistes, d’idéologie à défendre, ce qui le dispense d’avoir à censurer des opinions contraires. »
    =>
    Nous sommes déjà en pseudo démocratie avec tous le policier que cela implique (mais l’état policier il faut le financer) ; la hiérarchie peut se faire à plusieurs niveaux : commune, région, Etat Nation, Europe, monde etc.
    Le retour au local se fera par : le délitement de l’Europe du commerce actuel, délitement de la monnaie commune (euro), délitement de l’Etat nation.
    Par ailleurs, le retour au local se fera car il faudra fournir le minimum vital de survie aux gens en terme notamment d’énergie, d’outillage etc. Bref, un retour aux baronnies.
    Je conseillerai donc aux gens d’être très très vigilant quant à la qualité de ceux qui seront chargés de fournir ces « biens communs » indispensables à la survie, car vous imaginerez facilement qu’il y aura une contrepartie à cette fourniture.

    Cordialement,

    PS : vigneron a souvent un peu raison sur le fond mais souvent pas du tout sur la forme, or, le style c’est l’homme…

    1. VB :

      Nous sommes déjà en pseudo démocratie avec tous le policier que cela implique (mais l’état policier il faut le financer)

      Avez vous déjà vécu dans un état policier pour dire cela ? L’excès discrédite l’argument, aussi bon soit-il.

    2. @ Didier,

      Je vous accorde que l’argument est un peu fort, mais si vous regardiez de plus près les lois sous lesquelles nous vivons, vous vous apercevriez que j’ai raison ; ce qui nous sauve c’est le manque de moyens pour les faire appliquer.

      Cordialement,

    3. « vigneron a souvent un peu raison sur le fond mais souvent pas du tout sur la forme, or, le style c’est l’homme… »

      Vous savez ce que je trouve de plus clair, juste, vrai et stylé dans vos mots? Les trois points de suspension. Ils sauvent ce qui précède.

      Et si le style c’est l’homme, alors permettez moi de rajouter, dans la même veine: Les trois points de suspension, c’est la femme.

      Cela vous siéra-t-il?

    4. d’accord avec VB nous vivons dans un état policier qui fait du sécuritarisme sa légitimité commode.

      la dernière polémique sur les apéros géant est éclairante, sous prétexte de santé publique et d’un décès malheureux ils ont surtout interdit des rassemblements populaires.

      il suffisait de se rendre à l’inauguration de l’immense quartier de la presqu’ile à lyon il y a quelques semaines, un agent de séurité (byblos sécurité) tous les dix mètres sans exagération aucune.

      quand aux quartiers sensibles, c’est descente de police sur descente de police, quand les hélicoptères ne tournent pas avec leurs projecteurs. à vénissieux récemment ils ont frappé à toutes les portes..

    5. @VB & Didier & …
      Oui, nous sommes en pseudo démocratie.
      Mais empressons d’ajouter sans honte que nous préférons habiter en France ou en Belgique qu’en Corée du Nord ou en Birmanie.

    6. @ methode,

      « …quand aux quartiers sensibles, c’est descente de police sur descente de police, quand les hélicoptères ne tournent pas avec leurs projecteurs. à vénissieux récemment ils ont frappé à toutes les portes. »
      =>
      Peut-être mais cela provient aussi du fait que les politiques ont longtemps (pour des raisons financières, par facilité, autant que par démission) laissé se développer des zones de « non droit » où tout, absolument toutes les dérives prospéraient, en premier lieu desquelles, la pauvreté et la dessociabilisation de masse.

      @ fujisan

      « Oui, nous sommes en pseudo démocratie.
      Mais empressons d’ajouter sans honte que nous préférons habiter en France ou en Belgique qu’en Corée du Nord ou en Birmanie. »
      =>
      Bien sûr, vous avez parfaitement raison, espérons que ce phénomène n’est pas seulement dû à « la richesse accumulée » et qu’il provient aussi un peu d’une certaine conscience populaire. ESPERONS.

      Cordialement,

    7. @ Didier,

      J’ajoute à mon commentaire précédent que les tracasseries administratives incessantes suppléent en partie au manque de moyen pour faire appliquer toutes les « lois » (vous comprendrez que j’emploie ce vocabulaire de façon ironique car la Loi n’a selon moi rien à voir avec les multiples textes de règlementation qui nous régissent aujourd’hui ; la Loi, concept à part entière, n’aurait jamais dû quitter cette qualification.). Vous savez qu’un des grand principe de fonctionnement de l’humain est que moins il a de pouvoir et plus il a tendance à en abuser : l’Etat (ou tout autre système de gouvernement) peut donc compter sur les bonnes volontés pour développer la manie tracassière.

      Cordialement,

  26. Complément,

    Oui, le retour aux idées défendues par le CNR serait une bonne, excelllente idée, mais est-ce réellement applicable ? Ce type de mouvement est-il structuré, est-il organisé, est-il susceptible de présenter du personnel à des élections politiques, puisqu’il faut bien s’insérer dans les structures existantes pour se faire entendre.
    Et surtout, sur le fond, les idées sont elles abouties, réalistes, en rapport avec la situation actuelle en tout ce qu’elle a de novateur ?

    Cordialement,

    1. Pour un retour d’un programme type CNR, il faudrait d’abord des résistants, sinon une guerre!
      ET JE NE VOIS GUÈRE DE STEPHANE HESSEL OU DE GENS DE CETTE TREMPE ICI BAS!

      Malgré, son grand âge, il me parait plus combattif et intransigeant que la somme des plus enragés de ce blog!
      Pour rester optimiste on dira que l’occasion fait le larron…

    2. @ Vigneron :
      Non, Vigneron, pas forcément.
      Si Stéphane Hessel (ou Raymond et Lucie Aubrac) est ce qu’il est, il l’est parce qu’il l’est devenu.
      Son arrivée à Londres, le CNR, c’est quand (et ce fut pourtant un des premiers) ?
      En Juin 1940, comme disait De Gaulle, le quart de la France Libre c’était des pêcheurs de l’Île de Sein. En Juin, la France avait déjà connu la débâcle.
      Il n’y a pas ‘besoin’ de Stéphane Hessel (et quand je le dis, je m’en mors la langue, croyez-moi) pour participer à un ‘CNR’ ou à un mouvement : c’est exactement ce qu’Hessel dirait (je pense) et exactement ce qu’attendent ceussent qui prétendent gouverner nos destins.
      Des héros. Des justes.
      Comme cela, vous, moi (enfin moi bien plus que vous), personne ne se sentira ‘de taille’.
      http://www.citoyens-resistants.fr/
      Cordialement.

    3. @ Grand Zebu cornu,

      Merci pour votre lien sur le site des Citoyens Résistants, j’avais un grand-père qui justement y était au plateau des Glières (en 1944, et non en 2010). L’âme de la résistance doit se transmettre… Qui peut savoir ?
      En tout cas, je ne trouve pas, sur ces jolis sites internet et géographique de quoi alimenter une lutte politique aujourd’hui : beaucoup de nostalgie, peu ou pas de moyens actuels de combats ; beaucoup de colère ou de grogne, mais peu ou pas d’idées politiques organisées, pas de méthodologie et pas de réel programme.
      Quel dommage !

      Cordialement,

    4. @ VB :
      Pas si sûr : « En évoquant la mobilisation citoyenne qu’ils ont initiée, ils révèlent la puissance du discours d’hier pour nourrir les résistances d’aujourd’hui. »
      Le programme du CNR, en soit, n’a pas d’importance (oups, je dis encore une grosse connerie) actuellement : il est daté. C’était et c’est, encore, les solutions que ces hommes ont apporté à leur monde, qui encore le nôtre.
      A nous de nous inspirer du ‘comment’ ils ont fait pour trouver les nôtres, ‘les résistances d’aujourd’hui’.
      Enfin, il me semble …

    5. @ grand Zebu cornu,

      Oui, vous avez raison : on commence quand à faire le board, à déterminer le programme et à faire campagne ?

      Cordialement,

    6. @ Zebu,

      Le « Board », c’est le comité de direction ; il faut un programme et des moyens pour faire campagne (internet en est un bon).

      Cordialement,

  27. @ François Leclerc
    Merci pour votre billet toujours très intéressant et je souscris entièrement à votre analyse, mais elle m’inquiète car je ne pense pas que l’oligarchie qui mène le Monde se laissera déposséder de ses pouvoirs; je pense qu’elle a été suffisamment intelligente pour impliquer des tas de petits gens dans son système.
    Je vois pour preuve le système de retraite par capitalisation et je vois mal 100 ou 150 millions d’Américains accepter de perdre les revenus de leur fonds de pension sans réaction, surtout que l’on peut faire confiance à la propagande de cette oligarchie pour façonner l’opinion , on l’a vu à l’oeuvre pour la guerre du Golf, pour l’Irak etc….Alors ? une Guerre , l’Iran en premier avec l’aide d’Israel ? Je suis assez pessimiste sur les suites…

    1. Votre lucidité doit vous peser parfois… Mais ce qu’elle vous révèle pèse sur tous les peuples bien plus cruellement encore.

  28. Si ça ne saute pas aux yeux de tout le monde; Arborescence des alternatives Leclerriennes:

    Avec les tentations guerrières qui planent au dessus du bazar, tels des rapaces maintes fois aperçus ou appelés à l’aide…

    1. Le Bal-bazard est effectivement un rapace.
      « Le Bal-bazard pêcheur est un redistribuvore presque strict, puisque les redistributeurs représentent 99 % de son régime alimentaire[1]. Il repère ses proies lors de vols au-dessus de grands endettements ou de récessions, et souvent plane avant de plonger, d’une hauteur de 10 à 50 m[2], les pattes en avant pour capturer un redistributeur. »

      Le Bal-bazard, ça fout les ch’tons …

      [1] Cornell Lab of Ornithology, « Osprey [archive] », 2003, All About Birds. Consulté le novembre 2008
      [2] Collectif, Grande encyclopédie alpha des sciences et techniques, Zoologie tome II p15 (1974), Grange Batelière, Paris

    2. « Le bal-bazard est souvent en concurrence, en cas de surpopulation ou de grand appétit des espèces prédatrices, avec l’Aigle Pêcheur devant l’Éternel, appelé aussi Aigle de Bonne-Élite. Ils préfère le plus souvent les vastes espaces découverts de son Amérique du Nord originelle, mais ne dédaigne pas les incursions dans les eaux poissonneuses de tous les continents et toutes les latitudes.

      La domination aérienne de cet animal redoutable sur la planète semblait acquise, surtout depuis l’hibernation prolongé de son concurrent héréditaire, l’Ursus Russus Soviéticus. Tout au plus daignait-il laisser quelques poissons malades ou têtes et queues défraichies aux charognards européens tels le Vautour chauve gaulois, l’Aigle Royal déclassé britannique ou le Circaëte teuton. Il est vrai que ses nombreux et vastes nids flottants intercontinentaux, appelés aircraft carriers lui donnaient un avantage concurrentiel décisif.

      Mais l’émergence récente des prétentions vindicatives du petit Gi-Pa-Eth barbu d’origine mandarino-chinoise soulève de nombreuses interrogations dans la communauté des experts ornito-sinologues de

    3. Pas mal.
      Je tente de remplir les points ?
      Ils pourraient être substitués par « impensable » (expression de François)
      Je rappelle que j’avais complété plus haut:
      – impensé car la classe dominante ne renonce pas librement à ses profits
      – impensable il est difficile à un capitaliste de les raboter, au risque de perdre dans la concurrence, plus encore aujourd’hui dans la concurrence internationale.
      Mais ce serait à François de valider…

  29. Merci M. François Leclerc pour l’analyse et la chute, un peu plus direct qu’a l’habitude. La cause d’origine « la très mauvaise répartition de la richesse » salaires/capital dérivant sur l’hypertrophie de la finance, ne pourra trouver un début de solution QUE par une reprise en main par LE POLITIQUE a condition d’effectuer un renversement radical des ‘’concepts classiques’’, et d’avoir un véritable courage politique soutenu par une large population. L’analyse est aujourd’hui largement faite et des solutions possibles aussi largement émises par les : Jorion, Lordon, Sapir, Todd, etc.. Pour rester Français, il y en a d’autres évidement également a l’étranger. (Ce qui n’empêche évidement pas d’approfondir).

    Il est indispensable également de chasser de nos esprits que LA solution ne peut être QUE mondiale, c’est non seulement une grosse erreur, mais surtout un cache misère sans débouché (voir les comédies du moment) – Ce serait bien entendu parfait ( !?!?!) Mais comme chacun veut SON truc, ça ne peut exister. Donc, il faut débuter plus petit (l’échelle Europe serait parfaite, mais également irréaliste – division évidente) Alors démarrons petit, c’est possible, en 1789 nos ancêtres n’ont pas attendus que tous soient d’accord (Oui, nous sommes en 2010) et alors ?
    Alors, pour répondre au « quoi faire » qui revient assez souvent ?

    Il est indispensable de changer le « personnel » politique (il semble difficile de faire confiance a ceux/celles qui nous ont précipité dans cette galère) Quoi ? Qui ? L’offre actuelle est pour le moins réduite, la seule qui me semble crédible est le PdG de JL Mélenchon associé dans le FdG (pas l’extrême gauche, comme certain voudraient le faire croire) Pas de grand soir, de solutions magique et toutes faites, mais de la réflexion et du débat (a toujours améliorer) Attention pas non plus de sauveur suprême ou guide incontesté. (Précision je ne suis pas ‘’encarté’’– pour l’instant)
    J’invite donc les uns et les autres a se faire leur idée en mettant la période « de congés » a profit (le bon, de profit) et d’allez consulter le blog de JLM http://www.jean-luc-melenchon.com/ et ses interventions radio/télé, sans oublier J Généreux, les conférences et réunions + d’autres, de revisiter celui de F Lordon http://blog.mondediplo.net/-La-pompe-a-phynance- et également ses conférences, il y a de quoi occuper beaucoup de soirées. http://www.dailymotion.com/ + le nom

    Quoi faire ? Diffuser, débattre, et taper juste la prochaine fois (Enfin moins mal que la précédente !) Bon courage

    1. @ merci Roland, mais ce n’est pas une réponse à la hauteur de ce blog.

      C’est un renversement, une révolution qu’il faut. Pas recommencer la gauche plurielle, encore une fois, avec ou sans les mêmes au gouvernement (Buffet et Mélanchon).
      Malheureusement, les dirigeants de leurs partis démobilisent en tentant de canaliser la révolte vers la « révolution par les urnes », rêve de la gauche oeuf de l’UMPS (caviar pas sur avec la crise…). Ce qui n’a JAMAIS eu lieu nulle part…Ici nous sommes trop nombreux à connaitre l’histoire de l’humanité.
      L’heure est à mobiliser pour un changement de civilisation, pas de président, ministres et sous-ministres.

    2. Au point où nous en sommes arrivés et jusqu’où nous nous sommes laissé amener , c’est plutôt un Spartacus qui conviendrait . Mais il n’y en a pas dans l’offre actuelle . Pas plus que les autres , JL.M n’irait pas dans ce rôle , sauf si le film était comique . Il vaudrait donc mieux chercher une autre stratégie : bons congés et bonnes soirées .

    3. @ Charles A. :
      Sauf votre respect, ne serait-ce que récemment, la Bolivie d’Evo Morales et l’Equateur de Rafaël Correa l’ont prouvé : une ‘révolution’ par les urnes est réalisable. Idem Chavez.
      Difficile mais …

    4. Bonjour,
      Je pense qu’il faut arrêter de se faire des films « du chacun selon mon avis » et que LA solution sera celle de Mr ou Mme X, Y, Z, etc… Ce sera comme le dit Laurence ‘’ C’est nous tous, ENSEMBLE.’’ .
      La démocratie, il me semble, c’est le peuple, hors, celui-ci n’est pas et l’état actuel prêt a accepter des renversements ‘’radicaux’’ d’un coup (ou alors il faudra l’imposer par la force – pas preneur- et ça ne dure jamais longtemps) Il est donc indispensable de procéder par paliers significatifs (exemple de l’Amérique du sud – accord avec zébu – sans pour cela copier a l’identique) et prouver que cela fonctionne. Mais JLM ou autres ça ne suffira évidement pas sans l’appui (même critique) d’une majorité de personne (exemple de 36, c’est la poussée populaire qui a permis les avancées sociales)
      Donc un peuple conscient des « menteries » passées et exigeant sur les solutions à apporter – qui fait du politique en permanence- car, et cela est démontré tous les jours, si il n’y a pas de conscience politique, c’est l’émotionnel, la marchandise, l’apparence, ….. qui domine, et conséquence les baratineurs.
      Encore une fois, sans illusions mal placés ou adoration de … rien du tout
      L’utopie, c’est bien si ça fixe un horizon, voir un ‘’idéal possible’’ mais il faut aussi, surtout, se préoccuper du ‘’tous les jours’’, les lendemains qui chantent ?!?!?!?!

    5. @ Zébu
      Malheureusement, il n’y a aucun exemple dans l’histoire de bourgeoisie cédant devant les urnes.
      Dans les trois cas cités, qu’il se trouve que je connais bien ou très bien,
      c’est par la force que les peuples ont imposé Evo, comme Correa ou Chavez.

      Et la confrontation violente, dont le capital porte toute la responsabilité, ne fait que commencer.
      Dans les trois cas, les incursions dans la propriété et dictature du capital a rencontré la violence.
      Et dans les trois cas, le capital continue à dominer la vie économique.

      C’est vrai, il y a un homme politique français qui prend ces trois exemples pour conforter sa thèse ésotérique d’une « révolution par les urnes ».
      Ce sont des rêveries de sénateur vieille république.

    6. @ Charles :
      Je ne sais pas si vous me lirez 😉
      Concernant Chavez et Morales, il est clair que l’accès aux urnes n’a pas ‘suffit’ en soit, à imposer leurs visions aux ‘oligarchies’ nationales et aux intérêts nord-américains. Et que l’accès aux urnes même était pavé de morts (cf. guerre du gaz).
      Mais pour Correa, c’est bien la voix des urnes.
      Et pour tous, à chaque fois, une assemblée constituante et une nouvelle constitution, avec toujours le retour des sources énergétiques dans le giron national (et une dimension écologique indéniable pour l’Equateur).
      Et pourtant, l’Equateur n’est pas dépourvue de pétrole … ni d’un véritable mouvement ‘révolutionnaire’ : réappropriation des énergies et télécommunication, défaut sur la dette extérieure, langues amérindiennes officielles, projet de réserve écologique à l’inverse d’une exploitation pétrolière, …
      Sans compter qu’il est marié avec une belge de Namur, qui fit un beau scandale sur la politique d’immigration belge !!

      De fait, la filiation, perdue pendant 20 ans, avec la théologie de la libération, semble avoir renoué ses fils avec Corréa, qui a d’ailleurs fait ses études à l’Université catholique de Louvain en Belgique, celle où professe François Houtart, fondateur du Centre tricontinental et militant de ce type de mouvement.
      Comme quoi libération et démocratie, es possible …

    7. @zébu
      L’Amérique latine est bien un laboratoire à l’échelle continentale des logiques de pouvoir et de ses grands affrontements, et ce depuis des lustres.
      On va pas faire un cour d’histoire, tout le monde a les exemples en tête. Le modèle n’est pas transposable bien sûr tant les particularités sont nombreuses et les tensions extrêmes voire caricaturales, mais les enseignements y sont pourtant nombreux et révélateurs. Les thermomètres y sont en conditions extrêmes mais en relation avec le climat général et la réalité des rapports de force agissant ailleurs dans le monde.
      La façon dont la théologie de la libération y à été éradiquée par Jean Paul II avec le concours de l’Opus Dei, et parallèllement aux oeuvres ultra libérales et anti communistes reaganiennes puis bushiennes était par exemple très signifiante sur la réalité de la politique du Vatican. La main mise post coloniale du catholicisme étant ce qu’elle est dans ce continent, il est intéressant d’y observer les ouvertures de la diplomatie du saint siège et en particulier le retour en grâce des jésuites, toujours plutôt du côté de l’autonomie des consciences, de la libération et en tout cas du dialogue, quoiqu’on puisse en dire, et surtout dans ces régions. Remember « Mission ».

    1. bien vigneron alors continuons comme cela, les choses vont dans le bon sens, pour le grand-patronnat cela va sans dire, ne changeons rien ou peu, le corps social est rempli d’une vigueur et d’une cohésion qui font plaisir à voir.

    2. méthode,
      ça n’est pas la mise en cause de la bien-pensance que je vous reproche. Mais l’usage d’un terme, cosmopolite, qui appartient à une bien-pensance particulière à un monde douteux. Je ne vous accuse pas d’en faire partie, mais juste de leur faire des emprunts inutiles et contre-productifs, en tout cas pour ma sensibilité personelle.
      Cordialement.

  30. je ne comprends pas la différence que vous faites entre la trappe à liquidité et la déflation.
    Pour moi, c’est la même chose…pouvez vous m’expliquer un peu plus, svp?

    Vous dites que les gouvernements ne souhaitent pas lancer la planche à billets …Mr Jorion semblait dir e le contraire dans un de ses récents billets, puisqu’il parlait même d’hyper inflation . A moins que ce soit une de ses facéties pour faire réagir?

    Les accords sud sud, ne sont ils pas plutôt la conquêtes de marchés solvables?

    Nb : il me semblait que la poste niponne permettait aux nippons d’acheter des bonds : des sortes d’assurance vie en quelque sorte. Mais vous semblez dire que c’est la poste en son nom propre qui souscrit?

    1. Rappelez vous, il y a un mois ou deux, ces pubs du gvt japonais qui essayait de racoler le micheton de 30-40 ans en prétendant que la détention de bonds, c’était du sex-appeal en barre!
      Quant on en est là…

    2. Non, ce sont bien les particuliers qui en sont à l’origine. La Banque postale, munie d’un très important réseau, draine une importante épargne, qui bénéficie de la garantie de l’Etat et d’une exemption fiscale.

      Celle-ci est investie par la Banque postale en obligations de l’Etat. Cette dernière est le premier souscripteur de la dette publique japonaise. Le plafonnement des investissements des particuliers, élevé, n’y fait pas obstacle.

      De ce point de vue, il s’agit bien d’un investissement des particuliers dans la dette des Etats, mais il est réalisé dans un contexte très particulier. Soutenu par l’Etat qui en bénéficie en retour.

      Les banques privées cherchent à obtenir la privatisation de système afin d’accéder au gâteau.

  31. @F Leclerc
    C’est une simplification bien commode de dire que :
    « En réalité, le déséquilibre auquel il faudrait remédier résulte du développement inégalitaire des sociétés occidentales, auquel il a été tenté de suppléer grâce à la machine produisant de la dette. Elle maintenait la consommation dans les pays développés au niveau requis, tout en apportant sa contribution à la prospérité du système financier »
    Car pour que cela fonctionne, il faut aussi une volonté aveugle de maintient du niveau de vie, quitte à s’endetter bien au delà de toute décence. Même si le mirage de la réévaluation perpétuelle du capital permettait de penser s’en tirer. Les emprunteurs ont bien voulu croire, sans trop chercher, aux contes de fée que leur baratinaient les commerciaux des organismes financiers.
    Finance et consumérisme se tiennent par la barbichette et rien n’est si simple.
    Il faut remonter un peu en amont dans l’ordre des causalités.
    Si connivence il y a entre consommateurs, finance, système réglementaire d’état, c’est pour un laxisme généralisé dans lequel chacun trouvait son profit immédiat.
    En gros, il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark, et d’ailleurs.
    C’est tout le système des valeurs qui est dégradé, résultant de la progression normale du capitalisme libéral, celui-ci devenant au fil du temps incapable de secréter ses propres moyens de se perpétuer. MICHEA, déjà cité dans ce blog en a analysé finement les mécanismes, qui ne peuvent ètre résumés ici en quelques lignes.
    Le freudoltisme bon marché diffusé depuis des décennies par les magasines féminins, la TV, et le corps enseignant est une composante non négligeable de la tendance laxiste généralisée.
    Il est donc un peu rapide d’imputer la faute uniquement aux financiers, et il n’est pas inexact de dénoncer la volonté délibérée de vivre au dessus de ses moyens. Le vice président des US avait à l’occasion des discussions de Kyoto, si j’ai bonne mémoire, affirmé que l’american way of life était « sacrée » et ne pouvait dons faire l’objet d’aucune remise en cause. On ne peut mieux dire…

    PS : je ne dis pas que le mouvement de redistribution des revenus en faveur des actionnaires et du capital devait être accepté de facto par les »travailleurs». Mais plutôt que de collaborer, par l’échappatoire du crédit facile, il y a d’autres moyens d’actions. Ils n’ont pas été utilisés.

    1. C’est bien Roc-Eclerc, entrepreneur de pompes funèbres! Vous lisez trop ou trop mal Léo Strauss probablement. Et ça n’est plus de la critique radicale des sciences sociales mais du fondamentalisme Quaker!

    2. Je ne crie pas haro sur les banques ou les financiers, tels des victimes expiatoires. Car ce que nous connaissons aujourd’hui est la crise d’un système, que l’on peut appeler le capitalisme financier. Dont toutes les manifestations ont façonné une société en crise.

      Celle-ci n’est plus financière, elle est globale. Elle englobe des dimensions économiques, culturelles, sociales et environnementales. Je vous l’accorde très volontiers.

      Nous faisons face, de facto, à une remise en cause des valeurs de ce système, qu’il a réussi à faire partager, même de manière inégale.

      L’enjeu est l’émergence d’autres valeurs, ou plutôt d’un nouveau paradigme.

    3. Et le relativisme à tout crin permet aisément de dire ‘rien n’est simple’ (mais qui a dit que ce devait l’être ?), associé à ‘les financiers ne sont pas des criminels’ et à ‘les banquiers sont des gens comme vous et moi, des éléments du système de consommation’.

      Encore une fois, on utilise, pardon, vous utilisez les membres d’un système, rarement décisionnaire sinon au même titre que vous et moi (enfin, vous sans doute plus que moi) pour sortir la massue à vertu anesthésiante, le bon relativisme qui va bien, avec le fond de l’air (un peu rouge, z’avez pas remarqué ?). Relativisme, qui, avec son polylogisme, permet aisément de aire des clefs de bras aux attaques frontales.

      Désolé, je marche pas. J’ai aussi des amis ‘banquiers’, et alors ?
      Dans la vie, la vrai, ces amis n’ont rien à voir avec les financiers : ils ne sont qu’exécutants, la plupart du temps. Et sont responsables autant que l’on peut l’être, ce qui permet très aisément de disposer d’un premier rideau défensif idéologique : ‘nous sommes comme vous’.

      Rien du tout.
      Dénoncer un système sans qu’aucun coupable ne puisse être identifié, c’est la meilleure arme que ce système possède : s’il n’y a pas de coupables, ou plutôt si nous sommes tous coupables, pourquoi dès lors vouloir mettre à bas tout le système.
      Un simple bug, un malentendu, comprenez, on va régler ça, tranquillement …

      Rien du tout.
      Le ‘responsable mais pas coupables’, ça suffit.
      Qui a dérégulé le système financier en 1999 et avant ?
      Qui a voté la suppression de la loi Glass-Steagall ?
      Qui a fondé l’école de Chicago et y professait pour diffuser la ‘doctrine’, la ‘doxa’ ?
      Etc. etc. etc.

      Vous croyez vraiment que si on avait fonctionné ainsi, sans désigner, en dehors des coupables individuels, la caste des nobles et de leurs privilèges, la révolution française aurait pu advenir ?
      Que les privilèges des nobles, permettant à toute une foule de ‘commis’ (avocats, notaires, fermiers, etc.) de ce système de vivre (et en conscience), il serait impossible de le remettre en cause, d’autant plus que le tiers-état, de par son acceptation de cet état de fait, cautionnait, voir ‘participait’ à ce système ? Pourquoi pas que les paysans étaient ‘coupables’ de leurs châtiments ?

      Et quand vous écrivez : « Mais plutôt que de collaborer, par l’échappatoire du crédit facile, il y a d’autres moyens d’actions. « , vous écrivez d’où pour vous permettre de dire de telles choses ?
      Je veux dire, à part la stigmatisation, en ‘bonne conscience’, de ces salauds de travailleurs qui font rien que COLLABORER (!!!, c’est délirant d’écrire ça !!), que connaissez-vous de cette ‘facilité’ à échapper aux salaires de merde de ces mêmes travailleurs en utilisant le crédit, cette reddition sociale et politique des tout-en-bas aux tout-en-haut ?

      Encore un petit effort et vous finirez par traiter ces travailleurs de socio-traîtres : coupables !!

      Hard Roc, vous pataugez dans la fange et vous êtes en mission commandée ou vous êtes inconscient.
      Dans ce dernier cas, réveillez-vous.

    4. @vigneron
      Quaker ? amusant , mais nous n’en serons sans doute bientôt pas très loin, en moins idyllique…
      Il n’empèche que c’est le bon peuple, endormi par la télé, qui pense la crise bien finie et part en vacances sans souci, qui refuse et refusera toute remise en cause du trop confortable statut quo. Car, volens nolens, il faudra bien revenir sur le mortel principe de croissance qui est au cœur du système capitaliste financier.
      Et constater l’épuisement de la rente-énergie qui en toile de fond en a permis la folle expension.
      Ce sont donc les fondements du système qui sont en cause, comme le dit F Leclerc, ce qui conduit à penser que ce ne sera pas simple ni immédiat d’y suppléer, ni de faire accepter une telle perspective au bon peuple endormi.
      D’où, peut-être un regard un peu attristé sur l’avenir de notre termitière humaine, je vous le concède.
      Mais cela vous fait tellement plaisir de placer un bon mot, on ne saurait vous en vouloir . Je n’ai pas lu Leo Strauss, je vous promets de regarder.

      @zebu
      L’action revendicative des « masses laborieuses » est un composant intrinsèque de la théorie libérale, puisque c’est par ce moyen qu’elles sont sensées profiter pour leur part des « progrès » du système.
      Depuis la dernière guerre, ce mécanisme semble avoir fonctionné, et dans les années 60-70 la grande préoccupation des économistes était la redistribution de la richesse.
      Depuis les années 95, les représentants du capital ont repris la main, sans doute au travers de la mondialisation économique, qui n’est essentiellement qu’un neo-colonialisme sauce réseaux numériques. L’action revendicative semble alors avoir été noyée dans le raz de marée consumériste et la virtualisation universelle. Cela mériterait d’ètre approfondi, car au cœur le l’évolution actuelle.

    5. HARD ROC

      « Il n’empèche que c’est le bon peuple, endormi par la télé, qui pense la crise bien finie et part en vacances sans souci, qui refuse et refusera toute remise en cause du trop confortable statut quo » :

      On s’en fout !

    6. @ Hard Roc : bravo pour votre analyse lucide de la gravite de la situation. Il me semble en lisant les articles ou les commentaires sur ce blog que le caractere global et multiforme de la crise est largement sous estime. La clarte de votre prose pourrait elle y remedier ?

      Un billet sur la croissance economique comme fonction de l’energie nette disponible aiderait a faire prendre conscience du chateau de carte que constitue notre civilisation industrielle tant elle est dependante d’une resource finie et consommee de facon gargantuesque : Le Petrole

      En esperant vous lire bientot sur le sujet

    7. Vous continuez vos approximations hasardeuses, virtuelles et fangeuses.
      Les revendications de ce que vous appelez dédaigneusement ‘les masses laborieuses’ n’ont pas partie à prendre avec le système libéral, sauf à croire que le Front Populaire et le CNR étaient aussi des éléments de ce vaste système, et pourquoi pas, là encore, parties prenantes.

      Vous délirez ou vous prenez vos idées pour la réalité.

      Quant à vos approximations sur la reprise en main des représentants du capital dans les années 95 (???, ‘1995’, c’est des années ?), vous êtes encore complètement à côté de la plaque : cela a commencé bien avant, dès les années 70.
      « un neo-colonialisme sauce réseaux numériques » : c’est quoi, de la novlangue ?

      « la virtualisation universelle ».
      C’est vous qui êtes virtuel. Revenez sur terre. Et arrêtez votre mépris condescendant envers des ‘masses laborieuses’ dont vous ignorez tout.

      Dernier point : où sont vos ‘autres moyens d’actions’ ? Je n’ai toujours pas la réponse.

      Difficile de ne pas croire que vous n’êtes rien d’autre qu’un libéral qui s’assume mal et qui transfigure la réalité pour qu’elle lui convienne : la ‘collaboration’ des travailleurs au système par le ‘crédit facile’, c’est du lourd …
      Comme vous.

      Fin d’un (non) débat. Je ne discute pas avec des avatars.

    8. @octobre
      On s’en fout pas, cher monsieur, puisque c’est la résistance même de ceux qui constituent la base (pour éviter les « classes laborieuses, qui bien sûr n’étaient là que pour le clin d’œil _ mais je vois que l’humour est proscrit par certains à courte vue), cette inertie donc, qui s’opposera à toute évolution du système, et conduira sans échappatoire dans le mur.
      Car , quoiqu’en disent ici certains qui restent prisonniers de la langue de bois guaucho-syndicale et voient vite le sacrilège envers leur sacro-sainte pensée unique, la classe moyenne qui représente la grande majorité des occidentaux a aussi très largement profité du système. Allez leur dire par exemple que depuis plus de cinquante ans le pétrole aurait du en bonne logique être dix fois plus cher, qu’une autre organisation sociale en aurait découlé, même si moins confortable et facile, mais combien plus responsable.
      On s’en fout ? pas moi, j’ai honte.
      Et ce n’est qu’un exemple, car on pourrait parler du luxe que représente le droit de l’hommisme, le principe de précaution, les hyper normes sécuritaires, les psychologues qu’on appelle parce qu’il y a eu une explosion à cinquante kilomètres, le « travail de deuil » au nom duquel il faut dépenser des milliards d’argent public, les lois contre la fessée… quand on n’a plus qu’à se regarder le nombril. Moi, j’ai honte, et tout ça en fait rigoler pas mal dans les pays dits sous-développés.
      Je vais encore faire hurler les cul-bénis bien pensants et conformistes qui veulent à tout prix me coller une étiquette.
      Je n’ignore pas bien sûr la vraie pauvreté, qui continue d’exister et qui nécessite assistance, ni les trop riches. Je parle seulement de la moyenne, que je trouve fort représentative, et qui à mon avis_ mais je crains maintenant le délit d’opinion, même sur ce blog et c’est bien dommage _, a participé sans vergogne et sans doute sans réfléchir au laxisme consommatoire dans lequel nous baignons.
      Bien sûr c’est la faute des média et de la pub, à la solde du grand capital. Mais, bonne fille, on s’est bien laissé faire.

      @Loic
      Je crois que vous avez presque tout dit sur cette problématique niveau école maternelle (hélas) que constitue la consommation irréfléchie de la quasi-totalité des ressources de la planète.
      Le pétrole constitue un cas à part, car on peut considérer que, en plus d’être une ressource finie, il est le moyen par lequel tout le scénario que nous connaissons est devenu possible.
      Le libéralisme économique ne s’est réalisé, voire dépassé, que grâce à la rente énergie, les esclaves-KW .
      Jared Diamond a montré de façon fort convaincante qu’une civilisation ne trouve à se développer que sur une rente, qu’elle exploite jusqu’à épuisement, ce qui généralement provoque l’ effondrement final.
      L’antiquité greco-romaine avait des esclaves humains, jusqu’à ce qu’un certain nombre de facteurs y mette fin (christianisme, épuisement militaire…). Des spécialistes en parleront mieux que moi.
      Il est possible que la technique fournisse un substitut au pétrole, le solaire notamment, qui permettrait de faire perdurer l’élan actuel, et ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, les sciences et techniques qui ont fait des miracles impensables. Mais aux fondements de la pratique libérale, et notamment du capitalisme financier qui ne vit depuis l’origine (les lombards) que d’anticipation et de gestion du risque, il y a la croissance perpétuellement renouvelée, garante de la perpétuation du système. Croissance qu’appellent de leurs voeux et de leurs prières nos gouvernants, anti-malthusienne par nature, et permise par la rente énergétique. Mais comment ne pas voir les limites d’un tel système, comment a-t-on pu les ignorer si longtemps, sinon sans une complicité universelle. Est-il réellement souhaitable de continuer ainsi ?
      J’ai également commis quelques post contre les thèses de Mr Friot et sur la décadence, sans aucune prétention à représenter un quelconque parti ou mouvement d’idées.

    9. Je vais enregistrer votre post. Le jour où mon fils me demandera ce qu’est exactement un réactionnaire, j’aurai juste à lui dire « ouvre le dossier hard roc », je gagnerai du temps; merci pour le service. 20/20 TB

    10. @ Vigneron et Charles A. :
      Finalement, la génétique, ça marche. Rien qu’à partir de cellules capillaires de Tonton Friedman, ils ont réussit le clonage. Et qui plus est, adapté aux discours en vogue, pas uniquement axé sur la responsabilité individuelle : non, de la responsabilité collective, monsieur, on innove chez les néo-libéraux.
      Ce mec là est pire qu’un bataillon de traders de la SG sous amphétamine : il marche uniquement au mépris.
      Impressionnant …

  32. Impôts : le grand n’importe quo

    « La France est le pays qui taxe le plus les hauts revenus », prétend Sarkozy. « Faux !, lui rétorque Sarkofrance. Grâce aux niches fiscales et à la faible taxation des revenus du capital, le taux d’imposition des plus riches reste faible : « Il est de 25% pour les 1 000 plus hauts revenus et tombe à moins de 20% pour les 10 plus hauts revenus » note le député Muet » (Pierre-Alain Muet, économiste et député socialiste du Rhône). L’excellent Jean-François Couvrat dément lui aussi l’affirmation sur son blog Déchiffrages : « le seul autre pays européen disposant encore d’un bouclier fiscal, le Danemark, met la barre plus haut qu’en France : la somme des impôts sur le revenu et des taxes locales peut y atteindre 59% du revenu. » Troisième réfutation, celle de NetPME, le site des « ressources pour créateurs et chefs d’entreprises », filiale de Manche Atlantique Presse, dont l’article La fiscalité des entreprises : la France est-elle compétitive ? publie un tableau des critères d’attractivité de dix pays européens et fait figurer la rubrique « Fiscalité des personnes : taux d’imposition des hauts revenus (cas d’un célibataire sans enfant) » : la France s’y classe quatrième !

    « Il existait avant mon élection des contribuables qui payaient 100% d’impôt. C’est-à-dire qu’ils gagnaient 1 000, ils payaient 1 000 », affabule le chef de l’Etat. « Ce mensonge est l’un des meilleurs, le plus grossier, le plus énorme, commenteSarkofrance. Personne, en France, ne paye 100% d’impôt. Lundi soir, David Pujadas n’a même pas relevé. Faut-il rappelé que la tranche la plus élevée de l’impôt sur le revenu est de … 40% ? »

    http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/l-effarante-machine-a-mentir-78557

    1. ça date pas d’hier.
      Mais a commencé il y a plusieurs années déjà.
      La seule différence, c’est que maintenant, les oreilles s’ouvrent et commencent à ‘entendre’ le story-telling.

      Va falloir qu’ils élèvent le niveau de qualité pour les épisodes suivants, sans quoi …

    2. Mais si ça existait avec l’ISF, tu te souviens pas du vieux de l’ile de Ré ou quelque chose comme ça qui payait plus que sa retraite d’ISF? Toute la France en était émue! Fallait-y ben faire quequ’chôse!;-)

  33. @ Roland :
    « Donc un peuple conscient des « menteries » passées et exigeant sur les solutions à apporter » : ça commence à venir, cf. affaire z’en cours …

  34. @François Leclerc

    « La réalité est qu’environ la moitié des obligations d’Etat est détenue par le secteur public (ou quasi-public), fonds de pension gouvernemental, banque centrale et banque postale. »

    J’ai un peu de mal à comprendre ce point. Je pensais jusque là, comme les naifs semble t-il, que la grande majorité de la dette souveraine japonaise était effectivement financée par l’épargne intérieure.
    Les fonds récoltés par des fonds de pension gouvernementaux ou la banque postale, ne doit-on pas considérer aussi cela comme le fruit de l’épargne salariale. Que cela passe par des intermédiaires dépendant de la sphère publique ou semi-publique, quelle différence cela fait-il?

    cordialement

  35. « Il est donc préféré de continuer à s’enfermer dans des choix impossibles, résolus sur le papier par de belles phrases inapplicables qui conjuguent harmonieusement rigueur et croissance à tous les temps. Tant que la magie du pouvoir des mots peut encore opérer auprès de ceux qui les prononcent comme de ceux qui doivent les écouter. »

    Quand la technologie financière impose de plus en plus ses lois, ses choix, ses pratiques, son état d’esprit, son professionnalisme, il n’y a plus guère alors de place pour l’amateurisme dans ce monde, tout devient si parfait, si conforme et si lisse, c’est la rigueur à quand les fourches de plus aussi pour les plus estropiés et moins habiles de ce monde sur les marchés ? Notre beau monde médiatique semble même en vouloir davantage aux gens de l’internet, si j’étais journaliste d’une grande chaîne de télévision, de radio, je me demanderais encore à quoi et à qui je sers le plus ?

     » Soit d’assister à une forte accentuation des inégalités sociales, accompagnée d’un renforcement du contrôle social – sous les formes les plus sophistiquées et primaires à la fois – soit de renverser cette logique et avec elle ceux qui la représentent. »

    Je sais de quoi vous parler Mr Leclerc je pense déjà avoir fait un petit tour à l’avance dans les enfers bureaucratiques de ce monde pour nos élites mondiales et politiques.

    Il n’y a pas non plus que les gens du capitalisme qui aiment parfois faire peur aux êtres surtout faute d’argent ou d’emploi, on trouve hélas parfois beaucoup gens zélés de la bureaucratie.

    Je comprends mieux maintenant pourquoi cela n’a pas été si dur pour Hitler et les SS de pouvoir envoyer plus de gens dans les camps de la mort lors de l’occupation, et dire que de nos jours tout devient de plus en plus fichés, vous vous rendez compte si le monde devait basculer dans un plus fachisme financier planétaire ou alors à la fois communiste et le plus totalitaire qui soit à la carte.

    Je me demande d’ailleurs si nos élites mondiales n’auraient pas déjà fait un pacte avec le Diable, car faut bien reconnaitre que cela sent de plus en plus le souffre pour beaucoup de monde un peu partout, bon c’est vrai la douleur est quand même moins présente pendant les grandes vacances pour beaucoup de fonctionnaires … Enfin si c’est pour faire le bien des gens alors pourquoi pas,
    de toutes façons il es trop tard maintenant ça fait parti des lois, des convenctions sociales …

    Difficile de pouvoir encore écrire ce gens de choses avec le sourire et la joie au cœur, c’est notre plus dur combat spirituel de tous les instants pourquoi ne recevons-nous pas de médailles ?

    1. » Soit d’assister à une forte accentuation des inégalités sociales, accompagnée d’un renforcement du contrôle social – sous les formes les plus sophistiquées et primaires à la fois – soit de renverser cette logique et avec elle ceux qui la représentent. »

      C’est un peu le combat spirituel de ma vie qui n’est pas avec moi et contre moi et mes blessures,
      le sang comme la rigueur de plus des mauvais Maîtres va de nouveau gicler dans tous les sens à la rentrée, des bêtes vont de nouveau chercher à me faire du bien et vous savez pourquoi parce que des gens comme moi, comme vous ils ne veulent plus du tout en voir dans leur monde en faillite.

  36. Je ne sais pas si cela a un rapport avec la crise mais j’ai appris dans le journal qu’un célèbre bloggeur grec s’était fait assassiner aujourd’hui. Le Monde rapporte que les autorités accusent un groupe de gauchistes. Cela m’étonne vu que ce journaliste bloggeur avait, si j’ai bien compris, plutôt tendance à déranger le pouvoir.
    Si un commentateur grec (ou pas grec) de passage pouvait en dire plus, cela m’intéresse…

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