L’actualité de la crise, premiers enseignements d’un sauvetage bâclé, par François Leclerc

Billet invité.

PREMIERS ENSEIGNEMENTS D’UN SAUVETAGE BÂCLE

Sans attendre les deux dernières étapes formelles du sauvetage financier de la Grèce, la réunion des chefs d’Etat et de gouvernements et la décision du FMI, de premiers enseignements peuvent être tirés de cette crise européenne, qui ne fait que commencer.

1. Ce premier épisode à démontré combien les gouvernements et les autorités européennes étaient peu préparés, ainsi que les difficultés extrêmes qu’ils ont rencontré pour réagir. Il n’est pas certain que les uns et les autres en ont même tiré les leçons, rien en effet n’en témoigne aujourd’hui à la lecture des déclarations des uns et des autres.

2. La crise grecque a mis en évidence que la fragilité de la zone euro ne résultait pas uniquement de l’importance de la dette publique, que l’Allemagne a fortement contribué à dramatiser, mais également de la forte interconnexion des banques européennes, qui ont assuré le financement d’une très grande partie de celle-ci grâce aux liquidités de la BCE dans la dernière période. On a constaté que l’effet domino dont on redoutait qu’il intervienne d’un pays à l’autre, résultant de brutales augmentations successives des taux obligataires, a été secondaire par rapport à celui qui a menacé les banques. En tout cas à ce jour. Ce n’est pas pour rien qu’une partie du plan qui a été décidé pour la Grèce va être consacré à aider ses banques.

3. En raison de son importance, 110 milliards d’euros prévus sur trois ans, le plan de sauvetage grec est difficilement reconductible, si d’aventure un second pays de la zone euro devait être à son tour aidé en raison des attaques dont il serait l’objet. Cela a comme conséquence qu’une pression maximum va être mise sur ces pays, afin qu’ils n’y prêtent pas le flanc. Une ligne de défense qui est dérisoire si l’on admet que les tensions extrêmes qui sont constatées sur le marché de la dette souveraine ne résultent pas du niveau atteint par la dette publique, mais de l’impérieuse nécessité que les Etats laissent la place aux établissements financiers, afin que ces derniers puissent en priorité se financer, à des taux redevenus beaucoup plus bas. Car tous les marchés obligataires communiquent de ce point de vue entre eux, ce sont les mêmes qui y investissent. Rien, pour l’instant, ne semble avoir été engagé par les gouvernements et autorités européennes afin de mettre au point un nouveau dispositif, qui aurait vocation à être permanent et pourrait être activé très rapidement. Cela les condamne à nouveau aux risques de l’improvisation et aux dérapages.

4. L’Europe va donc vivre désormais avec le syndrome grec. Celui de la répétition au détriment d’ un autre pays de ce qui vient d’arriver à la Grèce, comme celui d’un rebondissement de la crise en Grèce elle-même. Car il est largement reconnu que le plan de sauvetage, ainsi que les conditions draconiennes dont il est assorti, résultent d’un compromis politique qui pèche par son total absence de réalisme. Réaliser 30 milliards d’économie en trois ans dans le contexte d’une économie dont il est reconnu qu’elle va sombrer dans la récession (chute de -4% du PIB prévue dès cette année) n’est pas spécialement plausible, non compte tenu des réactions imprévisibles des Grecs à qui il est demandé de très importants sacrifices.

5. Toute l’Europe résonne déjà d’un même discours, qui monte en puissance, dont les mots clés sont rigueur, austérité et sacrifice. Aux pays de la zone euro va bientôt se joindre le Royaume-Uni, le cap de ses élections du 6 mai passé. Les plans qui sont annoncés – lorsque c’est le cas – ne sont généralement pas encore appliqués et n’ont pas encore produit leur effets : nous n’en sommes qu’au stade des promesses. Contrairement à tant d’autres, celles-ci semblent destinées à être tenues. A quel prix et suscitant quelles réactions ? Colère et résignation sont à cet égard les deux autres mots-clé, sans encore savoir ce qui l’emportera des deux. Pour l’instant, la grogne a l’avantage dans les commentaires, mais….

6. Une dérisoire tentative est actuellement improvisée, visant à faire participer les établissements financiers au plan de sauvetage de la Grèce, initiée par le gouvernement allemand. Son caractère symbolique, au mieux, aura du mal à dissimuler que ce sont des fonds publics qui sont à nouveau mis à contribution dans l’urgence, afin de régler une croissance de la dette publique dont la soudaineté peut difficilement être mise au débit de la folie dépensière des Etats en faveur de leurs administrés, sauf à reconnaître qu’elle a pour origine la crise financière elle-même.

7. La position de l’Allemagne va être déterminante pour la suite des événements. Les premières réactions d’Angela Merkel ne sont de ce point de vue pas encourageantes. Elle n’a été capable que de renouveler ses menaces d’instaurer des sanctions pour les pays qui ne respecteraient pas le pacte de stabilité (la règle des plafonds de 3% du PIB pour le déficit et de 60% de celui-ci pour la dette), alors que celle-ci n’est plus respectée par tous les plus grands pays de la zone euro et que rien ne permet de garantir qu’il leur sera possible de le faire dans les années à venir. Cette crispation correspond à une totale absence de vision stratégique, qui n’est d’ailleurs pas le privilège de l’Allemagne.

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121 réflexions sur « L’actualité de la crise, premiers enseignements d’un sauvetage bâclé, par François Leclerc »

  1. Il nous est affirmé que la France doit s’adapter, c’est à dire réduire les dépenses publiques et « libéraliser » l’économie, parce qu’il semblerait que l’on soit en « retard »…
    Comme en Grèce.
    Mais nulle mention des pays ou cela a déjà été fait, comme Le Royaume-Uni par exemple… qui va bien comme on sait, en fait, il faut faire comme « les autres » mais « on » ne cite plus quels « autres »… pas plus que les pays chanceux qui ont vu la fée FMI se pencher sur leur lit d’hôpital et qui pètent la forme aujourd’hui.
    Si, un seul modèle désormais, l’ « Allemagne ».
    On veut une Europe forte de 27 allemagnes, donc 27 pays fortement exportateurs entre eux au sein de la zone et qui ont réduit leur propre marché intérieur.
    Ça va marcher, c’est sûr…

  2. L’analyse de W.Münchau: Europe’s choice is to integrate or disintegrate: le choix de l’Europe est entre l’intégration et la désintégration /FT

    « Le but du ‘package’ de sauvetage accordé pour la Grèce ne peut etre de prévenir une insolvabilité.Malgré toutes les mesures d’austérité drastiques et les réformes structurelles qu’ils impliquent, les chiffres ne font pas sens. L’objectif réel que je peux identifier est la volonté d’inverser la croissance des taux grecs et arreter la contagion

    Nous ne devrions pas célébrer cet accord pour Athènes. L’eurozone pourrait bien ne pas y avoir survécu autrement. Cette colonne serait une nécrologie.Je suis aussi satisfait de voir que ceux en charge ont donné une positive réponse à la question posée la semaine dernière, à savoir si les autorités parviendraient à se projeter au delà de la situation. Elles l’ont fait, et ceci est à mettre à leur crédit.

    Mais en dépit de la volonté officielle affirmée d’accepter une extreme austérité,la Grèce ne s’en sortira pas sans une forme de restructuration de la dette. Je peux parfaitement comprendre pourquoi le FMI et l’UE n’ont pas voulu ouvrir cette boite de Pandore à ce point. Cela aurait pu prolonger encore les négociations. En plein milieu d’une crise du marché obligataire, l’on se doit de gérer ses expectations très prudemment.

    Une restructuration de la dette sera éventuellement nécessaire, parce que le ratio dette / PIB de la Grèce va augmenter de 125 à 140 pour cent pendant la période d’ajustement. Sans renégociation, la Grèce terminera amputée, plongée dans l’austérité et le respect des accords.

    La décision de retirer la Grèce des marchés de capitaux pour trois ans empechera la ruine immédiate mais aura seulement un impact marginal sur la solvabilité financière future du pays. Le point sous-jacent de l’accord est que la Grèce pourra affonter l’austérité au delà de l’horizon temporal de l’accord, sans tomber dans un trou noir. S%P, l’agence de notation, estimait la semaine dernière que la Grèce ne parviendrait à retrouver son PIB nominal de 2009 qu’en 2017

    La semaine dernière nous a donné un aperçu des cercles vicieux en jeu dans une telle crise. Premièrement, la situation financière d’un pays se détériore. Ensuite une agence de notation dégrade la dette, ce qui à son tour déclenche une crise des taux d’interets. Ce qui amène une détérioration financière consécutive. Un autre de ces cercles passe par le secteur bancaire. Si la solvabilité d’un gouvernement est en jeu, l’est aussi la solvabilité des banques de ce pays, dont le passif est garanti par le gouvernement. La semaine dernière, le secteur bancaire dans de grandes parties de l’Europe du Sud voyait son accès aux marchés de capitaux coupé de fait. La chancellière Merkel et ses conseillers inexpérimentés n’ont aucune idée de la dynamique de crises souveraines. Ils n’ont jamais pris la peine de regarder un équivalent dans un autre pays, comme l’Argentine

    Attendre jusqu’au moment où un pays est au bord de l’insolvabilité- la manière dont la chancellière a interprété l’accord politique qu’elle accepta en Février- représente une impasse en matière de leadership qui est destiné à finir en une ruine financière. Cela signifie que les contribuables allemands tout particulièrement doivent payer des milliiards d’euros de plus que si l’accord avait été scellé en février.

    Selon mon estimation, la taille totale de la garantie de liquidité pour la Grèce, le Portugal,l’Espagne et possiblement l’Italie peut totaliset entre 500 millions d’euros et un trillion. Tous ces pays doivent faire face à la hausses de taux d’interet à un moment où ces pays sont en récession, ou juste sur le point de s’en sortir. Le secteur privé dans plusieurs de ces pays n’est simplement plus viable à ces taux d’interet élevés.

    Comme déjà évoqué, trois conditions sont requises afin que l’eurozone puisse survivre à moyen terme: un mecanisme de résolution de crise, une meilleur coordination des politiques fiscales et des politiques pour réduire les déséquilibres à l’intérieur de l’eurozone.

    Mais celles-ci sont seulement le minimum nécessaire pour traverser les prochaines années. Au-delà de cet horizon temporel, l’eurozone aura certainement besoin d’une union fiscale embryonnaire et d’une obligation européenne unique. J’avais l’habitude de penser que de telles constructions seraient souhaitables, bien que non réalistes politiquement. Maintenant j’estime qu’elles sont inévitables , puisque l’expérience d’une union monétaire sans une union politique a échoué.L’UE fait de fait face à un choix historique entre l’intégration et la désintégration.

    L’Allemagne peut avec certitude estimée etre résistante chacune de ses mesures. Dans l’intervalle,les leaders européens traiteront chaque nouvelle crise avec le seul instrument à leur disposition: l’injection de liquidités empruntées.

    Mais cet instrument a un horizon temporel limité. S’il n ést pas bloqué par la contestation politique et sociale, il sera bloqué par des constitutionalistes. A un niveau, je suis d’accord avec ces avocats. Il n’y pas vraiment de doute sur ce que la clause de ‘no-bail-out’ signifiait. Elle signifiait que la Grèce ne devait pas etre aidée. L’UE doit avoir recours à un truc légal afin d’argumenter que l’avance de prets juniors à une échelle massive à un pays insolvable de fait ne constitue pas de facto un bail- out

    La clause-l’article 125 du Traité de Lisbonne- est irresponsable. Si vous la suivez littéralement, l’eurozone implose. Jusqu’ici, le choix a été de ‘casser’l a clause et il serait maintenant le moment adéquat de la changer. Donc quels sont les enjeux des crises multiples de l’eurozone ? Pour la Grèce, ce sera la restructuration de la dette, un terme poli pour une insolvabilité négociée. L’issue globale est plus difficile à prévoir: ce sera ou une profonde réforme du système ou son éclatement. »

  3. Bonjour ,
    1) Quelqu’un sait il ce que sont les milliardaires grecs devenus ? Cette petite question me trotte dans la tête depuis que j’ai entendu les efforts exigés de la population.

    2) J’ai entendu notre gouvernement assurer d’un air entendu que « oui nous avons prêté de l’argent »
    mais il va nous revenir « intérêt et capital » . Question : n’est ce pas un tel comportement qui s’appelait autrefois « subprime » ?

    1.  » 1) Quelqu’un sait il ce que sont les milliardaires grecs devenus ? Cette petite question me trotte dans la tête depuis que j’ai entendu les efforts exigés de la population. »

      Bonjour, ils sont sans doute partis à l’étranger histoire de mieux laisser d’autres déshérités et autres orphelins de plus derrière eux, Dieu est mort l’esprit de charité aussi, comme nous pouvons parfois mieux le voir dans certaines familles grecques et autres orphelinats politiques de plus dans le monde, sauve qui peut c’est tellement plus beau à voir la marchandisation et l’esclavage supplémentaire des êtres sur les grandes places des marchés, grande faillite morale du monde.

      Vous savez les milliardaires et millionnaires grecs sont guères peu différents de ceux vivant dans d’autres pays, si seulement nos élites ne recherchaient-elles pas aussi à exclure davantage de gens de leur propre champ de vision, le monde serait certainement tout autre surtout pour ceux qui sont déjà grandement privés et déshérités de l’estime parentale de nos élites.

      Parole venant d’abord de Jérémie devant son petit bol de riz.

    2. J’ai lu hier sur un site (désolé j’ai perdu la référence) que les grecs se jettent sur marché immobilier Londonien. Les grecs riches n’ont qu’une idée : retirer leur fortune de leur pays et surtout leurs euros des banques locales. Ils sont aux premières loges et voient surement mieux que nous où se dirige leur pays.

  4. De toute façon pour les grecs c’était mal parti dès le départ. Quand il s’est agit
    de trouver un nom à la monnaie unique, la première proposition ECU, a été
    repoussée par l’Allemagne au prétexte d’une trop grande ressemblance avec
    le mot vache en langue teutonne. Quand le nom Euro a été proposé en lieu et place
    d’ECU, la Grèce à fait remarquer qu’en grec moderne le mot signifiant urine était
    phonétiquement proche. Las rien n’y fit, les grecs ont dus se faire à l’Euro.

  5. Monsieur Leclerc.
    Il semblerait qu’il y ait des mesures collatérales pour renforcer le sauvetage bâclé…

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20100429trib000503964/aide-a-la-grece-les-banques-appelees-a-contribuer-la-bce-fait-un-geste-inedit-sur-les-titres-grecs.html
    « La BCE annonce ce lundi qu’elle allait accepter les titres de dette grecque en garantie de ses prêts, quelle que soit leur notation financière… »

    Pour seulement 10 milliards, apparemment.
    Lorsque l’on sait que ces bouts de papier sont revendus à 22% de leur valeur faciale par la FED…

    Le socialisme est la solution ultime. Quand il s’agit de socialiser les pertes.

    Je le dis et le répète : goldman sachs peut se permettre de « donner » un petit milliard pour éviter un procès : ils gagnent tellement plus à coté…

  6. je renvoies à l’excellent article de F Lordon du dernier monde diplomatique de mai ( désolé je ne sais plus retrouver le lien alors que je suis abonné !) sur « Et si on commençait la démondialisation financière ? »
    si la majorité des européens savaient cela je suis persuadé qu’ils hurleraient …

  7. Des news de la bourse d’Athènes (Athex) :
    http://www.ase.gr/default_en.asp

    -0,88% … Etonnant, quand on sait le ‘pactole’ de milliards d’euros engagés par l’UE et le FMI.

    Et même plus quand on y regarde de plus près :
    http://www.ase.gr/content/en/MarketData/Indices/Prices/default.asp
    Les valeurs bancaires chutent de -1,10%.

    Et encore de plus près, on y voit mieux :
    http://www.ase.gr/content/en/Indices/Composition/Index_Stocks.asp?Index=136&Name=FTSE/ATHEX-CSE%20Banking%20Index&Date=03/05/2010

    Car là, on voit très clairement qu’il existe aujourd’hui deux type de banques pour les investisseurs : les banques privées, avec ou sans participation étrangères, et les banques (encore) nationalisées.
    Pour ces dernières (NBG, Atebank et Hellenic Postbank), les cotations sont en augmentation.
    Pour les autres, elles sont en recul, notamment Eurobank EFG, Piraeus Bank et Alpha Bank.
    Sauf … Emporiki, qui reste stable (+0,27%). Car Crédit Agricole et Société Générale, qui ont toutes deux des ‘affaires’ en Grèce, sont les rares valeurs a évoluer positivement : apparemment, pour elles, le plan UE/FMI, c’est de la bonne soupe.

    En conséquence, il vaut mieux aujourd’hui une banque grecque nationalisée ou possédée par une banque française ou allemande que d’être un banque grecque privée. Apparemment, ‘les marchés’, en tenant compte de la mise en place effective du plan, changent de fusil d’épaule.
    Le loup rôde autour de la chaumière …

    1. up date :
      le plan d’aide de 110 milliards en réserverait 10 au système bancaire grec. On ne sait pas vraiment pour qui ni comment mais au vu de la réaction du marché (Athex), on devine les gagnants et les perdants …
      Si c’est vrai, NBG serait effectivement ‘sauvée’, tandis que Piraeus Bank lui prendrait la place peu enviée de valeur bancaire européenne la plus en chute depuis le 1er janvier.
      D’ailleurs, aujourd’hui, Moody’s a renfoncé le clou : la filiale bulgare de cette banque a été dégradée, la maison mère étant suspectée de ne pas pouvoir renflouer en tant que de besoin sa filiale.
      Next …

  8. La banque centrale européenne a annoncé lundi qu’elle allait accepter les titres de dette grecque en garantie de ses prêts, quelle que soit leur notation financière, une mesure inédite qui devrait soulager la Grèce et les banques de la zone euro.

    La semaine dernière l’agence de notation financière Standard & Poor’s a dégradé la notation de la dette grecque, la ramenant dans la catégorie spéculative, celle des émetteurs d’obligations « pourries ».

    Boursorama

    A partir d’aujourd’hui, voici comment va fonctionner l’escroquerie du siècle :

    – Etape 1- La banque XYZ accorde à la Grèce un prêt d’1 milliard d’euros sur 2 ans ; la Grèce doit verser à la banque XYZ un taux d’intérêt de 10 % !

    – Etape 2- La banque XYZ accorde à la Grèce un prêt d’1 milliard d’euros sur 10 ans ; la Grèce doit verser à la banque XYZ un taux d’intérêt de 8,50 % !

    – Etape 3- La banque XYZ se retrouve avec 2 milliards d’euros d’obligations grecques. Autrement dit : la banque XYZ se retrouve avec 2 milliards d’euros d’obligations pourries.

    – Etape 4- Pour se refinancer, la banque XYZ porte toutes ces obligations pourries à la Banque Centrale Européenne. La Banque Centrale Européenne accepte les 2 milliards d’obligations pourries en garantie. La Banque Centrale Européenne prête 2 milliards d’euros à la banque XYZ à un taux d’intérêt de 1 % seulement !

    – Etape 5- La banque XYZ va maintenant toucher les intérêts que va lui verser la Grèce ! C’est le jackpot !

  9. Bonsoir,

    J’ai lu aujourd’hui dans un journal espagnol que l’Espagne a contribué à hauteur de 9 milliards 792 millions à l’aide de 110 milliards accordés à la Grèce par l’UE.

    La vice-première ministre espagnole assurant que la situation de l’Espagne n’avait rien a voir avec celle de la Grèce qui est un cas particulier.

    Espérons pour elle et pour l’Espagne, qu’elle ait raison…

    Amicalement

  10. Et pour les états qui emprunteront au dessus du taux appliqué à la Grèce (si, si il y en a) soit 5 %, les autres états compenseront la perte !
    Parce que, évidemment, même s’ils empruntent à 6 %, ils seront obligés de préter à 5 % !!!

    1. @ Louise :
      C’est symptomatique de ce système ‘de marché’. ‘On’ considère qu’il est ‘normal’ que les pays les mieux notés (puisque l’étalon de référence pour ce système est la notation des agences du marché, la note) sont les plus ‘vertueux’, que cette vertu soit ‘récompensée’, y compris financièrement.
      A l’inverse, les pays moins bien noté n’ont que ce qu’ils méritent et s’ils payent de surcroît alors qu’ils empruntent pour ‘être solidaire’ de la Grèce, cela leur ‘apprendra’ (tout comme en Finlande, on dit ‘La Sibérie t’apprendra’).

      On le voit, ce ‘système’ n’a absolument rien à voir avec des conceptions morales que pourraient être des valeurs comme la ‘solidarité’, dont les participants n’ont aucune idée de ce que cela pourrait bien signifier.
      Ainsi, quand je prête de l’argent à un ami, il ne me viendrait pas à l’esprit de lui imposer un intérêt. Je lui prête de l’argent, dont la seule attente que je puisse en avoir est qu’il me le rembourse. Point. Et ce sera déjà suffisant. Vu que c’est un ami, dans la difficulté.

      Or, dans ce cas, on constate aisément que la Grèce … n’a pas d’amis. Elle n’a que des ‘partenaires’, y compris commerciaux, y compris du type qui en viennent à justifier leurs actes en déclarant que finalement ce prêt est une bonne chose … pour lui, car il y gagnera de l’argent !
      Si un tel ‘ami’ en venait à effectuer ce genre de déclaration, il est certain que son environnement lui retournerait une réprobation totale : la honte. Et que le dit ‘ami’ ne le serait immédiatement plus.
      Cette ‘affaire grecque’ est finalement un mal pour un bien car elle démontre, s’il en était besoin, combien ce système pourri jusqu’à la moëlle pervertis tout ce qu’il prétend utiliser. La morale en l’espèce et les valeurs comme la solidarité n’ont rien à voir avec ça.
      Je comprend que le groupe communiste s’abstienne de voter la loi de financement d’aide à la Grèce.

      Quant à la Grèce, elle commence à comprendre qu’elle est bien seule et qu’elle n’a pas (n’a jamais eu ?) ‘d’amis’ européens. Et qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné.
      Je serais elle, je ferais la nique à tous ces ‘amis’ en achetant chinois, histoire de montrer aux allemands combien vaut vraiment leur ‘solidarité’ et leur système (d’exportations) …

      A bons entendeurs, ‘amis’ allemands.

  11. Plan d’aide à la Grèce : l’Assemblée a adopté le volet français.

    Les députés ont examiné lundi soir le projet de loi de finances rectificative intégrant le prêt de 3,9 milliards d’euros destiné à la Grèce en 2010, et l’ont adopté dans la nuit, mardi à 1h20, par vote à main levée.

    Au total, la France doit prêter 16,8 milliards d’euros sur trois ans, a précisé la ministre de l’Economie Christine Lagarde, qui assistait à la séance.

    Si le prêt à la Grèce portera à 152 milliards d’euros le déficit public prévisionnel fin 2010, selon les prévisions gouvernementales, il ne devrait pas avoir de conséquences fiscales.

    Tempsreel.nouvelobs

    J’adore cette dernière phrase : « Si le prêt à la Grèce portera à 152 milliards d’euros le déficit public prévisionnel fin 2010, selon les prévisions gouvernementales, il ne devrait pas avoir de conséquences fiscales… »

    … sauf si la Grèce est incapable de rembourser à la France ces 16 milliards 800 millions d’euros.

    Mon pronostic :

    – La France va prêter à la Grèce 16 milliards 800 millions d’euros.

    – La Grèce sera incapable de les rembourser.

    – Les contribuables français l’auront dans le c…

    – Vous avez aimé les emprunts russes ? Vous adorerez l’emprunt grec.

    1. Je ne comprends pas votre propos permanent de catastrophisme. On dirait que vous éprouvez de la jubilation à « prédire » des catastrophes et vous semblez avoir des regrets qu’elles ne se produisent pas.
      A vous écouter, il y a quelques jours, c’était 2012 en visiorama inéluctable. Aujourd’hui, on a vraiment l’impression que ça vous rend hargneux de ne pas avoir eu votre désastre.

  12. Les ventes de détail ont chuté de 2,4% sur un mois en Allemagne en mars, selon un chiffre publié mardi, largement inférieur aux attentes et qui place la consommation des ménages au premier trimestre sous le niveau du premier trimestre 2009.

    Sur les trois premiers mois de l’année, les ventes de détail ont en effet reculé de 0,8% à prix constants par rapport à l’an dernier, selon ces chiffres provisoires de l’Office fédéral des statistiques. Les prévisions d’un Produit intérieur brut (PIB) de la première économie européenne en recul au premier trimestre s’en trouvent encore renforcées. Le chiffre sera publié le 12 mai.

    L’Allemagne réussit à éviter le pire sur le marché du travail et le moral des ménages allemands s’affiche au beau fixe –le dernier baromètre de l’institut GfK, publié la semaine dernière, était une nouvelle fois en hausse– mais ils ne dépensent pas pour autant, et la consommation reste le gros point faible de l’économie allemande.

    La semaine dernière, le patron de Metro, numéro un allemand et numéro trois mondial de la distribution, s’était montré relativement désabusé sur la propension de ses compatriotes à faire des emplettes. « En Allemagne que nous ayons 0 ou 3% de croissance, la consommation des ménages est pratiquement toujours pareille », avait déclaré Eckhard Cordes.

    Ces chiffres vont apporter de l’eau au moulin des critiques de l’Allemagne, qui lui ont reproché ces derniers temps de ne pas assez en faire pour stimuler la demande intérieure, un état de fait qui, conjugué à la force de ses exportations, gonfle son excédent commercial au détriment de ses partenaires. (Dépêche AFP)

  13. source lepetitjournal.com

    « SALAIRES – Le salaire minimum passe de 651 à 711 euros au 1.10.2008.-
    Le gouvernement a annoncé jeudi la politique salariale 2008 pour la fonction publique, le salaire de base des fonctionnaires et employés des services publics, autorités locales et autres personnes morales de droit public, ainsi que les cadres des forces armées et forces de l’ordre augmentera de 4,5%, plus précisément de 2,5% rétroactivement à compter du 1.1.2008 et de 2% à compter du 1.10.2008, les retraites progressant dans le même temps de 3% et 2%. Une augmentation supplémentaire de 1,13% est accordée à toutes les catégories de travailleurs qui ont droit à une prime d’ancienneté ou de promotion. De plus, 1/3 de l’incitation de rendement est intégrée au salaire de base, ce qui fait que le salaire minimum de 651 euros à la fin 2007 passe à 711 euros au 1.10.2008, soit une hausse de 9,2%. Le ministère de l’Economie souligne dans un communiqué que la politique salariale permet de couvrir largement la hausse de l’inflation, le revenu disponible des salariés et retraités étant renforcé encore plus grâce à l’augmentation du montant non imposable des revenus et la réduction des coefficients d’imposition qui sont appliqués d’ores et déjà à partir du 1.1.2007, alors qu’il note l’écart existant en faveur des salaires entre la fonction publique et le privé, le salaire minimum étant dans le premier cas de 930 euros au 1.1.2008 contre 681 dans le second cas. A.G (www.lepetijournal.com- Athènes) mardi 8 avril 2008 »

  14. Chronique de la descente aux enfers, dans l’Odyssée de la Grèce.

    L’Athex (bourse d’Athènes) se réveille avec la gueule de bois ce matin : -1,94%.
    Le ‘rebond’ n’aura duré que quelques jours et encore, pas pour toutes les valeurs.
    Pour les valeurs bancaires notamment, même NBG qui avait connu un fort rebond ces derniers temps à +20%, replonge à -4,34% à 10h34.
    En fait, toutes les valeurs bancaires plongent, notamment grecques mais pas que puisque Dexia, Crédit Agricole, Société Générale et même BNP les suivent (y compris et spécialement les valeurs bancaires espagnoles et portugaises : Banco Santander à -3,41%).
    L’allocation de 10 milliards d’euros sur le plan d’aide de l’UE/FMI de 110 milliards au secteur bancaire semble ne pas convaincre ‘les marchés’ : même les valeurs bancaires ‘nationalisées’ ne sont pas épargnées.

    Plusieurs options (possibilités multiples) :
    1/ « les marchés ne sont pas convaincus ». C’est assez surprenant, vu que l’on a claironné partout l’importance du plan d’aide et que les bourses ont eu des rebonds très importants sur 3 jours. Soit ‘les marchés’ sont irrationnels (au sens de cyclothymiques) et il faut donc en sortir au plus vite, soit ils ont des informations que nous ne connaissons pas sur l’état réel du secteur bancaire grecque, et il faut au plus vite augmenter le plan d’aide ou sortir au plus vite les solutions ‘hétérodoxes’. Pourtant, sur ce dernier point, la BCE a fait ‘ ce qu’il fallait’, avec l’acceptation sans niveau de notation des obligations en collatéral déposées par les banques pour se refinancer …
    2/ « les marchés mettent la pression de nouveau sur la Grèce et les valeurs bancaires ‘concernées’ « . Certains acteurs ont laisser passé l’effet d’annonce du plan d’aide et en profite pour remettre la pression : la question n’est pas de convaincre ‘les marchés’ puisque leur but n’est pas d’être convaincus. Ils le sont. Le seul problème, c’est que leurs convictions sont différentes de celles de l’UE et du FMI : leur but, in fine, c’est l’euro et non pas d’être rassurés sur l’état des finances grecques et du secteur bancaire grec, qu’ils connaissent par ailleurs. Cette option me semble la plus proche de la réalité.
    3/ « les marchés ont laissé aux institutionnels une fenêtre de tir pour lancer le plan d’aide, en accord avec eux ». Dans cette dernière option, ‘les marchés’ ont tacitement ou en accord avec les institutions européennes et le FMI, laissé au plan d’aide la faveur médiatique de quelques jours (ce week-end), puis ont repris leurs actions ‘business as usual’, avec leur propres objectifs : l’euro. Cette option est par trop ‘conspirationniste’ pour me sembler valable.

    Au final, le plan d’aide risque d’être mort-né si l’euro est bien l’objectif ‘des marchés’ (option 2).
    Et in fine, les valeurs avec, telle que la ‘solidarité’.
    C’est plus que la construction européenne qui est en jeu avec la crise grecque et le plan d’aide.
    Plus que l’euro.
    Ce sont les ‘valeurs européennes’ qui se ‘jouent’ sur ‘les marchés’ actuellement.
    C’est un combat moral qui est en train de se dérouler.
    Et l’Europe est en train de le perdre.
    Car elle n’utilise pas la seule arme qu’elle possède : la Loi.

  15. 2 informations qui confirment quelques craintes de ‘contagion bancaire’, sous le nom de grippe grecque (se transmet par obligation) :

    « Selon nos informations, pour éviter de mauvaises surprises, l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) et l’Autorité des marchés financiers (AMF) viennent d’écrire à toutes les banques françaises, afin d’obtenir, dans des délais rapides, le montant de leur exposition aux dettes de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne et de l’Irlande. »
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/05/04/incertitudes-sur-la-contribution-et-l-exposition-des-banques-a-la-dette-grecque_1346233_3234.html

    « Banks hate facing harsh facts: witness the protracted denial of their true exposure to toxic mortgages. But Greece’s plight raises, however remotely, the risk of a sovereign debt crisis. »
    http://www.ft.com/cms/s/3/def68f16-56e3-11df-aa89-00144feab49a.html

    Que l’ACP et l’AMF contactent les banques françaises pour connaître EXACTEMENT leurs expositions, y compris indirectes (clients), n’est pas franchement rassurant …

  16. merci pour cet article, monsieur Leclerc, il est brillamment révélateur !

    C’est effectivement une belle démonstration par l’absurde, car ce plan de sauvetage grec est en réalité un renflouement des banques exposées à la dette grecque, les plus exposées étant françaises, allemandes et britannique…

    De plus, on accroit encore la dette des États avec ces plans, et ce d’autant plus si la Grèce ne parvient pas à rembourser… Et elle aura d’autant plus de mal a rembourser que ses États voisins lui prêtent a des taux élevés, alors qu’ils pourraient lui faire un taux relatif nul…
    Et voila déjà l’ombre de la faucille s’abattre sur la péninsule ibérique par le jeu des marchés… Et nous voila repartis pour un second tour ! (euh un troisième, le premier épisode, c’était le renflouement planétaires, c’est vrai…)

    Cette Europe des Nations que voulait le général de Gaulle n’est qu’une Europe technocratique au service des marchés financiers et au détriment des Nations. Et nous voyons aujourd’hui, que le système financier globalisé et son institution phare, la Bourse (faut-il la fermer ? –> http://0z.fr/68xMS), non content de réduire les niveaux sociaux par alignement au plus bas et d’inhiber la croissance économique des entreprises sur le long terme au profit d’un gain financier court-terme, est maintenant aussi capable d’opérer une prédation sur les États en amplifiant leur dette de façon cascadée, car c’est ce qui est en train de se passer réellement.

    Nous sommes dans un cycle de l’absurde qui modernise de façon forte le mythe de Sisyphe : les démons de la finance, rois de l’univers, sanctionnent les peuples par simple cupidité de supporter des charges toujours plus lourdes (racket fiscal grec), à acheminer vers des sommets toujours plus lointains (échéance de remboursement de la dette).

    Nous sommes ici sur le blog de Monsieur Jorion, expert en la chose économique mais avant tout anthropologue, avec donc une vision probablement originale de l’économie, mais tout-de-même DANS l’économie. Il me semble donc qu’on aura ici tendance à penser les solutions en termes de « mécanique » économique. Personnellement, en tant que profane, je suis persuadé que le salut que serait une sortie de ce cycle de l’absurde ne se trouve pas dans la science économique -ou plutôt sa correction ou son « rattrapage » (le bancor…)-, mais dans la résolution d’un problème systémique de gouvernance fondamentale : uno les Etats ne peuvent plus continuer à enrichir le secteur bancaire privé en alourdissant toujours plus leur dette deuxio il faut libérer les entreprises de la pression des marchés financiers pour retrouver la croissance d’une économie réelle et non financière. Les outils ensuite seront politiques et législatifs.
    Ce n’est malheureusement pas la conception de notre élite politique européenne qui sert encore un système qui a prouvé pourtant toute sa folie, et cela par croyance et conversion idéologique (c’est donc de l’incompétence politique, car un politique doit être au-dessus, ou plutôt à côté de toutes les sciences de l’état de l’art, l’économie en particulier), par intérêt ou corruption, ou simplement manque de courage politique.

    Ce que propose aussi Frédéric Lordon dans son dernier billet (http://0z.fr/96-Dk) et, au départ, une séparation des banques de dépôt-prêt et des banques d’affaires.
    Bien sur, une telle politique ne sera jamais possible au sein de l’Euro, au vu de l’idéologie des technocrates européens et de la politique monétaire de la BCE, quand bien même un accord serait trouvé au sein de l’Euro (ce qui n’arrivera pas) pour abroger les articles 104 et 123 des traités de Maastricht de Lisbonne…
    Bien sûr, une telle politique de la France est à envisager d’abord au sein de l’Euro, car la France seule serait bien sur en grande difficulté par rapport aux marchés : il faudrait discuter des modalités de taux de change fixe pour les monnaies des États européens sortis de l’Euro, en particulier, pour faire face à une dévaluation de nos monnaies sur les marchés financiers dont il faudra se préserver par un « sas » à concevoir ensemble, entre nations européennes souveraines…
    Ces réflexions hors euro ne seraient-elle pas la base d’une coopération bien plus grande (par nécessité) entre états Européens qu’au sein de l’Euro ? j’en suis convaincu car l’Euro n’a toujours été qu’une machine a diviser les États pour le meilleur règne des marchés financiers, cela a toujours été le cas même si c’est éclatant aujourd’hui.
    Alors, allons-nous attendre que la zone Euro soit de toute façon détruite par les marchés avec les effets collatéraux qu’on imagine ou allons-nous recréer en France les conditions d’un état souverain maitre de son budget, contrôlant ses banques et soucieux du développement économique réel, c’est-a-dire de celui de son peuple ?
    La question est finalement assez simple, et les frontières des divergences d’intérêt aussi…
    Et puis il est possible aussi, qu’avec cette crise profonde de l’Euro, que la zone Euro ne soit pas dissoute alors que ses principes fondamentaux soient révisés en profondeur, c’est ce que beaucoup de citoyens attendent et espèrent…
    A nous citoyens donc d’exiger de telles mesures, puisque notre classe politique n’en aura ni l’idée, ni l’initiative, ce qui doit commencer aussi par exiger l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur la crise financière

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