Archives par mot-clé : religion féroce

La ‘leventia’ d’Alexis Tsipras, par Jacques Seignan 

Billet invité.

En voyant ces images des réunions sur la Grèce, plusieurs sentiments peuvent se bousculer en nous : indignation, incompréhension, crainte, espoir… Et toute personne qui a dû se confronter à un jury, à une quelconque assemblée, parler face à des gens pas forcément sympathiques ou bien intentionnés, ne peut que ressentir une profonde admiration pour ce qu’Alexis Tsipras accomplit ces jours-ci.

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Politico : « Syriza gouverne de la même manière que s’il était en campagne »

Le journal américain en ligne Politico dispose depuis hier d’une antenne à Bruxelles. Le sous-titre d’un des premiers articles affichés, paru sous la plume de Pierre Briançon, affirme que « le gouvernement Syriza d’extrême-gauche a dilapidé la bonne volonté de ses partenaires européens ».

« La bonne volonté de ses partenaires européens » ? Je vois mal a priori à quoi Briançon fait allusion, mais il explique ensuite son raisonnement : « Syriza est nouveau au pouvoir, et ses dirigeants n’ont aucune expérience gouvernementale. Ils opèrent selon la conviction que « tout est politique » – la croyance que les réalités économiques peuvent recevoir une forme et être transformées par le seul pouvoir des idées ».

« Tout est politique » ! Quelle hérésie, on croirait entendre du Karl Marx ! Et certains Grecs ont une eu la folie de voter pour une telle bande de zozos ! Et croire en plus que « les idées » pourraient avoir une importance quelconque devant « les réalités économiques » – au premier rang desquelles se range certainement la nécessité d’aligner les salaires européens sur ceux du Bangladesh, pratique encore appelée à Bruxelles : « réformes structurelles imposées par la compétitivité ».

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Invasion de cliquets, par Timiota

Billet invité. À propos de Martin Gilens and Benjamin I. Page : Testing Theories of American Politics: Elites, Interest Groups, and Average Citizens, Perspectives in Politics, September 2014, discuté dans Le temps qu’il fait le (jeudi) 16 avril 2015.

L’invasion de cliquets

Sauf si vous êtes un cyborg, une fois une langue maternelle apprise, apprendre une autre langue est une difficulté incomparable:  c’est que votre cerveau a « pris des plis ».


Cliquet de langue

Les cliquets, c’est un peu ça, quelque chose qu’on fait au début, puis qui vous coince après. Pour la langue, ce cliquet se transforme en un vrai bonheur : les efforts mis dans les langues ouvrent nos oreilles et nos cœurs plus sûrement que vingt sermons. Car la langue est le cliquet de nos vies-mêmes : explorer d’autres langues, c’est explorer d’autres vies. Explorer sa langue, c’est être poète.

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Ces gens là, par Zébu

Billet invité. À propos de Le temps qu’il fait le (jeudi) 16 avril 2015.

« Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n´cause pas, Monsieur
On n´cause pas, on compte »

La honte est un sentiment bien étrange : on l’éprouve parfois comme victime lorsque les coupables devraient en subir le poids et on souhaiterait que certains puissent en être affligés quand ceux-là même ne peuvent en être concernés.

Car la honte nécessite à la fois l’existence d’une norme, éthique ou sociale, à laquelle on puisse se référer et à la fois la capacité à éprouver un sentiment d’indignité, d’infériorité ou d’imperfection pour celle ou celui qui transgresserait cette norme.

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De quoi Syriza est-il le nom ? par Roberto Boulant

Billet invité.

Le diable se cachant dans les détails, il faut attendre le plan que proposera Syriza demain à la Troïka, pour voir s’il s’agit effectivement d’une reddition en rase campagne du gouvernement grec. Mais d’ores et déjà, le pessimisme semble être de mise pour deux raisons principales : la Troïka qui n’a aucune légitimité démocratique, reste maîtresse du jeu et Alexis Tsipras s’est engagé – contre un très hypothétique desserrement du nœud coulant -, sur l’objectif d’un excédent primaire de 4,5 % du PIB en 2016.

La Troïka restant aux commandes, son fanatisme économique imposant un excédent primaire irréaliste, on voit mal dans ces conditions, comment Syriza pourrait trouver les marges de manœuvre lui permettant de lutter contre la crise humanitaire artificiellement provoquée, qui ravage le pays.

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Notre guerre de religion européenne, par Zébu

Billet invité.

Quand Antonis Samaras, Premier Ministre de Grèce, entama les discussion avec la Troïka en 2014 sur les conditions présidant au versement de la dernière tranche de l’aide européenne, il pensait qu’il obtiendrait sans doute ‘quelque chose’ qui lui permettrait de se présenter devant ses électeurs avec autre chose qu’un ‘simple’ excédent primaire budgétaire, ‘quelque chose’ qui lui permettrait de dire à ceux-ci que les sacrifices accomplis par les Grecs étaient maintenant reconnus. ‘Quelque chose’ même d’ordre tout à fait symbolique, comme par exemple un allègement, voire une suppression de l’intolérable contrôle de la Grèce par la Troïka. Il n’obtint rien, en prit acte et joua son va-tout en appelant à des élections qu’il savait perdues d’avance, et qu’il perdit effectivement.

De ceci, Alexis Tsipras tira sans doute un enseignement : il n’aurait rien à attendre de la Troïka, jamais, quels que fussent ses engagements et ses résultats. Si Samaras ‘l’élève modèle’, lui qui avait si bien et si consciencieusement appliqué les desiderata de la Commission Européenne, du FMI et de la BCE, n’avait rien obtenu, comment lui, Tsipras, qui avant même les élections prônait de sortir de ce cadre, pouvait-il espérer quoique ce soit d’autre qu’une humiliation supplémentaire, sans alléger en rien les souffrances du peuple grec ? Il n’est ainsi guère étonnant de constater que l’entrée en matière du nouveau gouvernement élu et ce dès les premiers jours, en nommant deux ministres ‘faisant débat’ pour le moins et s’alliant avec le parti nationaliste ANEL, a certainement à voir avec ce raisonnement.

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Les observations d’un qui n’y comprend (manifestement) rien, par Guy Weets

Billet invité.

1° l’Euro a baissé par rapport aux principales devises bien avant que la BCE n’annonce son plan de rachat de dettes donc l’argument – restaurer notre compétitivité – ne tient guère (oui, je sais : les marchés ont anticipé).

2° Le prix du baril de pétrole s’effondre ce qui est bon pour notre économie et provoque une baisse de l’inflation sinon une légère déflation (baisse de la croissance) ce qui serait mauvais pour notre économie ! Cette contradiction démontre une fois de plus l’étrangeté du dogme PIB et donc de la croissance mesurée par la hausse de celui-ci.

3° La BCE va « donner » aux banques mille milliards d’euros mais quelle est la contrepartie ? Va-t-on supprimer les paradis fiscaux ? interdire la spéculation et les produits synthétiques d’une opacité sans précédent ? pas la moindre information sur ces sujets !

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