De quoi Syriza est-il le nom ? par Roberto Boulant

Billet invité.

Le diable se cachant dans les détails, il faut attendre le plan que proposera Syriza demain à la Troïka, pour voir s’il s’agit effectivement d’une reddition en rase campagne du gouvernement grec. Mais d’ores et déjà, le pessimisme semble être de mise pour deux raisons principales : la Troïka qui n’a aucune légitimité démocratique, reste maîtresse du jeu et Alexis Tsipras s’est engagé – contre un très hypothétique desserrement du nœud coulant -, sur l’objectif d’un excédent primaire de 4,5 % du PIB en 2016.

La Troïka restant aux commandes, son fanatisme économique imposant un excédent primaire irréaliste, on voit mal dans ces conditions, comment Syriza pourrait trouver les marges de manœuvre lui permettant de lutter contre la crise humanitaire artificiellement provoquée, qui ravage le pays.

Le premier sentiment étant donc le bon : un Dogme ne se remet pas en cause, ne s’amende pas, même à la marge. Les Grecs doivent continuer à souffrir dans la zone euro. S’ils en sortent, tout (et cela implique probablement le retour des barbouzeries pour provoquer chaos et coups d’État), devra être fait pour qu’ils souffrent encore plus. Pour que leurs malheurs persuadent Espagnols, Portugais et autres Irlandais, de bien voter. Il ne saurait y avoir de sortie heureuse de la zone euro. La mort est la seule option laissée par la Religion Féroce à ceux qui ne veulent pas, ne veulent plus, se soumettre. C’est ainsi qu’agissent toutes les sectes : quelle meilleure méthode que la peur et la souffrance, pour garder ses disciples et les dissuader de réfléchir ?

Mais même si les choses se passent finalement ainsi, l’expérience Syriza aura été profitable.

–  Elle prouvera définitivement, à ceux et celles qui en doutaient encore, que les peuples et leur bien-être, n’ont rien à voir avec la construction de l’UE.

–  Que les cliquets mis en place, empêchent tout retour à la démocratie.

–  Que le gouvernement français n’a plus que le magister du verbe, qu’il laisse à l’Allemagne et à la BCE, le gouvernement effectif de la zone euro.

–  Surtout, et ce sera là le principal enseignement à mon sens, elle prouvera que la Raison est impuissante face à la Religion Féroce. Car enfin, s’il y a bien quelque chose que le programme, les paroles et les actes d’Alexis Tsipras ont démontré, c’est leur rationalité ! (lire à ce sujet la très révélatrice interview – merci Henri ! -, d’Alexis Varoufakis dans le Guardian).

Alors ?

Si l’UE sacrifie le peuple grec sur l’autel de la Religion Féroce, la question de la violence légitime se posera avec de plus en plus d’insistance. 70 ans après la fin de la grande guerre civile européenne (14-45), le choix entre la soumission et la liberté se posera à nouveau.

Et c’est Mme Merkel, MM Schäuble, Draghi et consorts, qui par leur aveuglement, fixeront le prix pour recouvrer cette liberté.

Voilà de quoi Syriza risque fort d’être le nom : de celui du prix que nous allons devoir payer pour détruire la religion féroce.

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106 réflexions sur « De quoi Syriza est-il le nom ? par Roberto Boulant »

  1. Souhaitons que Syriza ait le courage de dégager aussi de la marge de manoeuvre en pourcentage du PIB, en sabrant au tracto pelle ce qui reste encore du budget de l’Armée, la grosse gabegie stupide du pays.

    Quelques milliards sont à glaner de ce côté là pour aider utilement, et sans l’aide de l’UE, à rétablir la dignité et faire face à la crise humanitaire de son peuple. Pour une force de gauche radicale et progressiste ce serait un joli et logique message. Et ça ferait un beau doigt d’honneur à quelques fabricants de leurs créanciers par la même occasion. Quoi, le ministre de la défense n’est pas d’accord ? Tu m’étonnes, mince.

      1. En fait plus je vieillis, plus je trouve la göche radicale comique. Ce qui fait que la réponse à la question :

        De quoi Syriza est-il le nom ?

        Donne : Bozo ! C’est le nom de Bozo… en grec !

  2. Qui est aveugle?
    A vous lire et beaucoup d’autre, il n’y aurais pas d’autre choix que la soumission ou l’insurrection!
    Il existe la possibilité de sortir sereinement de cette alternative machiavélique avec l’article 50 du TUE.
    Pourquoi présenter que ces deux choix?
    Dans quel optique?

    1. Il n’y a que trois solutions dans une situation de stress (Alain Resnais / Henri Laborit « Mon Oncle d’Amérique »)
      * La soumission
      * La lutte
      * La fuite

      (l’option discussion raisonnée dans le but d’un profit mutuel semble être obsolète depuis le début)

      L’article 50 serait la version fuite ?

      1. Ces trois propositions sont extraites de « l’éloge de la fuite  » publié en 1976 .
        Pour Laborit , la seule solution était d’ailleurs la fuite : dans l’art , dans le rêve …
        En ce qui concerne les Grecs , il me semble que la soumission aurait des conséquences totalement imprévisibles , avec un risque de dérapage violent , et pourquoi pas une guerre civile .  » Vae victis  »
        La lutte parait irréaliste tant la disproportion des forces est évidente , et je ne pense pas qu’Athènes puisse rééditer l’exploit de Marathon .
        Reste la fuite , mais avec la aussi des risques importants : étranglement du pays par les prêtres féroces de la religion , chute brutale du niveau de vie (les jeunes grecs ont pris goût à la consommation de masse) .
        On peut aussi imaginer l’arrivée de la cavalerie espagnole , mais il faudra alors tenir le siège sans eau et sans vivres jusqu’à la fin de l’année .

      2. Il ne s’agit pas de « fuite »
        Il me semble qu’on avait été aux urnes et que le résultat a été bafoué par le traité de Lisbonne.
        De quel fuite parlez-vous?
        Je ne vois pas d’autre solution que d’utiliser l’article 50 du TUE.
        De toute manière, cela s’écrabouille sous nos yeux.
        Laborit, très bien, servons-nous de l’article 50:
        Article 50
        1. Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union.
        2. L’ÉtatmembrequidécidedeseretirernotifiesonintentionauConseileuropéen.Àlalumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.
        FR
        C 83/44 Journal officiel de l’Union européenne 30.3.2010
        3. Les traités cessent d’être applicables à l’État concerné à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification visée au paragraphe 2, sauf si le Conseil européen, en accord avec l’État membre concerné, décide à l’unanimité de proroger ce délai.
        4. Aux fins des paragraphes 2 et 3, le membre du Conseil européen et du Conseil représentant l’État membre qui se retire ne participe ni aux délibérations ni aux décisions du Conseil européen et du Conseil qui le concernent.
        La majorité qualifiée se définit conformément à l’article 238, paragraphe 3, point b), du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.
        5. Si l’État qui s’est retiré de l’Union demande à adhérer à nouveau, sa demande est soumise à la procédure visée à l’article 49.

    2. Questionnement légitime, mais il semblerait que M Jean-Claude Juncker l’ai déjà clôturé : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens »

  3. Post-scriptum : La remarque incroyablement cynique de Wolfgang Schäuble, rapportée par François Leclerc sur ce blog, « Les Grecs vont avoir des difficultés à expliquer l’accord à leurs électeurs », est malheureusement exacte. Se rend-t-il vraiment compte de ce que cela porte en germe ? Tout ce que le pays compte de forces oligarchiques et anti-démocratiques peut s’appuyer sur Aube Dorée et son infiltration profonde des forces de sécurité. Si la Grèce prend feu, M Schäuble aura une très lourde responsabilité face à l’histoire (ainsi que M Hollande et sa litote du ‘bon compromis’).

    1. Schäuble est comme un maître d’école à l’ancienne: rigide et la chaleur humaine d’un glaçon face à Varoufakis. Son langage corporel ne cache même pas son dégout de la personne. Il y a un parallèle entre Schäuble/Varoufakis et Roosevelt/De Gaulle.
      Sa remarque est l’expression de son dédain voir mépris, mélangée de provocation.

      Il est vraiment dommageable que les relations grecques soient polluées par des questions d’épidermes. L’enjeu est d’un autre niveau.

    2. Et Tsipras. Mais oubliez ça, les grecs ne se faisaient pas d’illusions, eux. La question est bien néanmoins combien de mois tiendra la majorité de Tsipras. Ça va tirailler.

      1. L’espoir fait vivre. Les trublions reprendront leur place dans le rang. Ainsi, tout sera comme avant, inchangé.

        Ce qui va tirailler, ce sont les incertains, les faibles du coeur, les peureux.
        Ils ne devraient pas être nombreux. La médication de Tsipras, c’est de redonner courage et fierté.
        Sûr qu’ils en ont à revendre dans cette Grèce qui en a vu bien d’autres.
        De toutes façons, Tsipras a déjà fait beaucoup,comme Zébu l’a bien mis en évidence.

  4. ….dès lors, on peut légitimement craindre que le Traité Transatlantique soit finalement adopté sans trop de difficultés, malgré une large opposition et sans débats publics. Au grand dam des citoyens lucides qui ont dénoncé le danger antidémocratique que présenterait notamment l’arbitrage privé des litiges entreprises/Etats ! Malgré les mises en garde d’un large cercle d’opposants déterminés mais impuissants, je crains fort que la grande masse des électeurs ne réagisse que très mollement. J’étais un européen convaincu. Maintenant, je suis un citoyen désabusé.

    1. La Frankfurter Allgemeine Zeitung ajoute que les nouvelles discussions avec le Parlement européen, les Etats membres et les groupes d’intérêt, telles que les syndicats, les associations de consommateurs et les représentants d’entreprises, réduisent encore plus les chances d’en arriver à un accord crucial sur le TTIP avant la fin de l’année.

      http://www.voxeurop.eu/fr/content/news-brief/4888205-une-majorite-ecrasante-contre-les-cours-d-arbitrage

      1. A mon avis, la nouvelle stratégie de négociation du TTIP est la suivante:

        La CE agite le chiffon rouge du tribunal arbitral pour concentrer toutes les oppositions sur ce sujet et continue, tranquillement à négocier les accords dans tous les domaines sectoriels, au dernier moment elle dira que le souhait des peuples sera respecté, (comme il se doit dans toute democratie), elle retire le tribunal arbitral, et fait passer tout le reste.
        Et mine de rien , ils auront réussi, en 2ans, une étape supplémentaire du processus de libéralisation, là ou l’OMC bloquait depuis 15 ans.

        Elle est pas belle la vie d’un négociateur « Europeen » ?

  5. Glezos : « Je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion »

    Depuis Bruxelles, Manolis Glezos foudroie le gouvernement à propos des manœuvres durant les négociations avec les créanciers et du changement de discours de SYRIZA. Il rappelle qu’ »entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté ».

    http://www.okeanews.fr/20150222-glezos-je-demande-au-peuple-grec-de-pardonner-davoir-contribue-cette-illusion

    1. Même en supprimant 100% de la dette, s’ils restent dans l’Europe, ce ne sera que partie remise. A moins que l’Europe ne change radicalement, mais comme les traités l’interdisent…

  6. Beeen, je sais pas si on doit en croire les sondages, mais les peuples d’Europe, Grecs les premiers, n’ont pas l’air de vouloir se battre pour quoi que ce soit. Aucun n’est prêt à sortir de l’euro. Et ils s’en foutent de la démocratie pourvu qu’ils puissent acheter un iphone et un écran plat. C’est assez désespérant.
    A la limite, les plus motivés semblent être les Allemands.
    En tout cas, et je le comprends, aucun homme politique n’ira au charbon au risque de sa carrière, sa peau et sa postérité avec des peuples aussi peu disposés à se battre.
    Pauvre Tsypras, s’il passe sous la table, les Grecs seront dans la rue en criant à la trahison.
    S’il la renverse, les Grecs seront dans la rue en hurlant à cet irresponsable qui les fait sortir de l’euro.
    Avis de « révolution de couleur  » en vue.

    C’est pas un certain Paul Jorion qui disait que le fascisme était l’aboutissement du capitalisme? On y arrive. On y arrive.

    1. J’adore les arguments du type « argumentum ad écranplatibum et iphonibum », dans le genre ad populum inversé… Alors couplé à un quasi ad hitlerium comme ici, pardi, l’extase. Beurk au cube.

    2. Hélas oui. Je ne vois pas comment la Grèce, ou quiconque, puisse se libérer de ses oppresseurs sans chercher à reprendre son indépendance, quitte en effet à « se passer d’écrans plats ».

      Tout comme nous d’ailleurs, puisque au nom de la nécessaire compétitivité chère aux rentiers, nos industries sont en voie d’élimination, en attendant de vendre les infrastructures à la Chine, et autres fournisseurs « d’écrans plats », pour rembourser les dettes.
      C’est à peine croyable que cela puisse se dérouler sans pratiquement aucune réaction.

      J’espère que Syriza l’aura compris, et qu’ils cherchent à gagner du temps pour sortir avec les meilleurs atouts. Mais comment le savoir puisque ça leur est stratégiquement inavouable!

  7. @ labellebleue,

    Un état souhaitant se retirer devra notifier sa décision au Conseil européen, des négociations s’engageront alors pour fixer les modalités de ce retrait. Un « accord [sera] conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen. »

    Autrement dit, on improvisera au cas par cas…

  8. S’ils en sortent, tout (et cela implique probablement le retour des barbouzeries pour provoquer chaos et coups d’État), devra être fait pour qu’ils souffrent encore plus. Pour que leurs malheurs persuadent Espagnols, Portugais et autres Irlandais, de bien voter.

    Dans cette hypothèse, il ne leur reste plus qu’à attendre la fin de l’année pour voir si leur positionnement est conforté par les électeurs Espagnols et Portugais et faire le gros dos pendant 10 mois.
    L’union faisant la force … etc etc

  9. Les pathétiques gardiens du Temple ont dans l’immédiat imposé leur foi, mais ils ont économiquement tort. Les excédents budgétaires calculés sur un coin de table afin de permettre le remboursement de la dette ne sont pas réalistes.

    Galileo Galilei avait raison.

    1. Peu importe, puisque l’objectif inavoué des gardiens est de maintenir le nœud coulant de la dette. Plus elle est importante, plus ça sert fort…

    2. La dette grecque ne sera jamais remboursée, on le sait depuis longtemps. Les mois à venir serviront à voir « Grexit or not Grexit………. »

  10. Le problème pour la majorité serait la dette , alors que pour une minorité, c’est la solution . En effet, peut-on rêver mieux en tant que minorité (rêvant d’un pouvoir absolu) qu’une majorité vous soit redevable d’une dette éternelle que vous seul êtes capable d »annuler grâce à la création monétaire ou par l’acceptation d’un « défaut de paiement »?

    NB : Au niveau du PIB européen, la Grèce ne représente que quelques %, je serais donc (malheureusement) très étonné qu’elle arrive à changer quoi que ce soit au système européen-global.

    1. NB : Au niveau du PIB européen, la Grèce ne représente que quelques %, je serais donc (malheureusement) très étonné qu’elle arrive à changer quoi que ce soit au système européen-global.

      C’est exact. Certains adoptent cependant une grille de lecture faisant totalement fi du rapport de force pour se raccrocher simplement à l’espoir. C’est le meilleur moyen de créer de la déception. S’il suffisait d’avoir raison, cela se saurait depuis le temps…

      1. « se raccrocher simplement à l’espoir… le meilleur moyen de créer de la déception. »

        En effet, l’Histoire nous démontre que ce n’est pas l’espoir qui change les choses mais le désespoir…

      2. Eh oui julien, que dire à ça ? Tu as parfaitement raison : oublier un tel rapport de force c’est se condamner au désespoir… oui. Mais.
        Mais alors faut-il faire comme Stefan Zweig qui voyant le rapport des forces à la chute de Singapour se suicide ou comme Charles de Gaulle qui fait une autre analyse et se bat d’abord très seul ? Je ne me permets pas évidemment de porter un jugement sur deux hommes que j’admire.
        Il me semble clair que la victoire du néolibéralisme est quasiment totale — et on en voit les effets partout… mais tout — pour se donner encore un peu de courage, quelques raisons d’espérer –, réside dans ce « quasiment »…
        Et puis « avoir raison », si cela signifie que la réalité est mieux comprise, certes, ça peut ne pas suffire mais doit aider, non ?

      3. Jacques, il ne s’agit évidemment pas de baisser les bras (que ferions-nous ici sinon ? 😉 et d’abandonner la partie. La route est longue et la Grèce n’avait aucune chance d’être un raccourci, c’est tout. Une pièce sur l’échiquier, oui. Qui aurait pu mieux être jouée (à mon sens, mais l’opinion n’est pas très populaire ici, puisque tout le monde trouvait ça « génial », tellement fin et tellement « tactique » de s’allier avec la vermine).

        Franchement, quel intérêt de faire monter la pression dans la cocotte pendant toutes ces semaines ? Nous étions quelques-uns ici-même (d’accord, pas les plus populaires, mais bon…) à expliquer dès le début comment cela allait se finir avec l’approche adoptée par Tsipras. Et pendant toutes ces semaines, et bien on a fait surgir sur la scène l’espoir d’un renversement de table qui n’avait strictement aucune chance de se matérialiser (sauf pétage de plomb complet et définitif de l’exécutif grec).

      4. Je ne vais pas plus commenter Julien… car je fais toujours partie de ceux qui sont en désaccord avec ton approche… et à mes yeux, tes « raccourcis »… 😉

      5. Julien Alexandre

        Franchement, quel intérêt de faire monter la pression dans la cocotte pendant toutes ces semaines ?

        Je suis de votre avis, il faut se poser la question et encore mieux, essayer d’en trouver la réponse.

        La seule qui me vienne à l’esprit est le manque d’expérience en matière politique de Varoufakis, quant à Tsipras, il a une longue expérience politique, mais dans l’opposition et il ne doit pas être aisé de se retrouver du jour au lendemain à la tête d’un pays, si petit soit-il.

        Ne doutons pas que des conseillers en communication vont se bousculer au portillon 🙂

      6. Julien,

        Je ne vois pas trop en quoi l’alliance avec AN.EL explique l’accord de vendredi (je rappelle qu’AN.EL est la « vermine » pour toi, qui l’a comparé avec le NVA en utilisant tous les ressorts de la propagande européiste prête à tout salir, en dénonçant la paille dans l’oeil du voisin, etc.).

        En revanche, je crains que la partie de poker n’ait été menée avec la peur du Grexit par Syriza, ce qui me semble une explication plus logique de cet accord, pas si mauvais pour les Grecs (sinon pourquoi les Allemands se croient-ils obligés de surjouer leur « victoire » ?).

        S’il ne fallait pas crier victoire trop vite il y a deux semaines (même si on pouvait se féliciter de l’habileté des premiers actes de Tsipras), autant la seule chose de sûre ce soir, c’est que rien n’est terminé : le rapport de force va se poursuivre dès lundi, puis tout au long des 4 mois.

        Ce que je continue à relever c’est que l’habileté tactique des Grecs dans l’affaire est une réelle nouveauté, car finalement, malgré les rodomontades de Schauble, ils ont obtenu ce qu’ils voulaient : un délai supplémentaire applicable immédiatement.

        Et ils n’ont lâché que des promesses pour l’instant.

        Ce résultat est déjà remarquable quand on sait qu’ils n’ont bénéficié d’aucun soutien solide, et de l’opposition de tout ce que l’Europe compte d’Institutions germanocentrées.

        Attendons de voir la suite, car cela promet quelques surprises, et à ce stade, je considère que le Grexit n’a jamais été aussi proche (à condition que Syriza n’en ait pas peur au point de sacrifier son programme politique pour l’éviter), si comme je le pressens, cet accord n’en est pas un.

        Nos restons donc toujours sur cette question du bluff mené avec la trouille au ventre : Tsipras et Varoufakis sont-ils prêts au Grext ? Vont-ils s’y préparer durant les 4 mois qui leur a été accordé (partant du principe que le délai risque d’être plus court en réalité) ?

        Voilà de vrais sujets de réflexions, bien plus pertinents que la recherche d’une pureté, d’une sainteté incompatible avec l’action politique.

        CM

      7. Oui, vive le Grexit Cédric, sauf que ça va être difficle à vendre, précisément aux électeurs de Tsipras :

        « Concernant l’euro et le scénario de sortie de la Grèce de la zone, 76% restent positif au sujet de la monnaie unique, 20% sont négatifs et 75% considèrent que la sortie de la Grèce n’est pas possible. 63% considèrent que la situation empirerait en cas de retour à la drachme, contre 18% qui estiment que cela serait positif. »

        http://www.okeanews.fr/20150222-81-des-grecs-soutiennent-syriza-dans-les-negociations?

        Quant au résultat « remarquable », il faut noter qu’il est uniquement sémantique : la Troïka devient « les institutions » et… c’est tout. L’accord proposé le 11 février était encore plus vague, donc si je te suis, c’eut été une encore plus grande victoire si Tsipras avait laissé Varouf le signer. Quel dommage.

        An.el, je n’y reviens même pas, ils vont se charger tous seuls comme des grands de rappeler dans les semaines qui viennent à quel courant de « pensée » ils appartiennent. Bon courage à Tsipras.

    2. Julien,

      63% considèrent que la situation empirerait en cas de retour à la drachme, contre 18% qui estiment que cela serait positif.

      « Sagesse de la foule », dit-on.
      Quelques experts, surhommes et autres happy-fews étanches à toute propagande beugleront « servitude volontaire », « fabrique du consentement », « écran plat et iphone », « bêlements panurgiques », etc, etc.

  11. Pas d’accord avec pas mal de choses écrites dans le billet. Je laisse parler à ma place le Prix Nobel d’Economie, Paul Krugman :

    La Grèce a fait du bon boulot
    Paul Krugman, le 22 février 2015.

    Maintenant que l’excitation est un peu retombée, on peut jeter un oeil calmement à l’accord – qui ne sera un accord que s’il survit à ce lundi, ce dont certains doutent. Et il est de plus en plus clair que la Grèce en sort en réellement meilleur état, au moins pour l’instant.

    L’élément principal concerne toujours le surplus primaire grec – combien vont-ils devoir réaliser en plus en matière de revenus que ce qu’ils dépensent en autre chose que le remboursement des intérêts ? Ces derniers jours, la question était de savoir si les grecs allaient être forcés à donner leur accord sur un objectif de surplus primaires très élevés, sous la menace d’être propulsés dans une crise immédiate. Et cela n’a pas été le cas.

    Une manière de le voir est d’analyser méticuleusement la manière dont les mots ont été employés, comme sur ce site allemand. C’est assez utile. Mais pour ma part, je prétends que, pour ce qui est important, nous avons dépassé le stade des coupages de mots en quatre. Plutôt que de consacrer du temps à ça, nous devons réfléchir à ce qui va réellement se passer à partir de maintenant.

    Dans l’immédiat, la Grèce a évité d’être coupée de sources de crédit et, pire d’une action de la BCE pour tirer la prise sur son système bancaire. Et la Grèce y est arrivée tout en obtenant que, dans les faits, on tire un trait sur l’objectif de surplus primaire pour 2015.

    La prochaine étape viendra dans quatre mois, lorsque la Grèce présentera ses arguments pour des surplus inférieurs dans les prochaines années. Nous ne savons pas comment cela se passer. Mais rien de ce qui vient de se passer n’affaiblit la position grecque dans ce round à venir. Supposons que les allemands affirment qu’une clause libellée de manière ambigüe devrait au final être interprétée comme signifiant que la Grèce doit réaliser un surplus primaire de 4,5 % de son PIB. La Grèce répondra que non, ce n’est pas ce qui est écrit – et après, que se passera-t-il ? Il y a deux ans, quand tous les VSPs européens croyaient complètement à l’austérité, la Grèce aurait pu avoir à faire face à des représailles sur base d’interprétations des termes ; mais plus maintenant.

    Ainsi donc, la Grèce a gagné des conditions assouplies pour cette année, et de l’espace pour reprendre un peu de souffle dans la préparation au gros combat qui l’attend. Ca aurait pu être bien pire.

    Cela me semble assez clair, comme avis.

    Ensuite, pour celles et ceux en quête d’une vraie compréhension de qui sont les figures de proue du gouvernement Syriza, la traduction française de mon cru (j’ai fait de mon mieux sur les éléments plus académique, ne prétendant pas avoir le niveau de l’ensemble du discours) de la longue et très intéressante Confession d’un Marxiste erratique : Yanis Varoufakis (la VO se trouve ici).

    1. J’aime bien le « laissons parler le Prix Nobel d’Economie, Paul Krugman ». Y’en a donc des qu’y faut écouter, des qu’on a pas besoin de guillemets autour de leur « Prix Nobel d’Économie » ?

      1. Non, cher ami, mais contrairement à pas mal de gens, je n’ai pas encore le cou assez gros que pour penser que je peux exprimer les choses mieux qu’une personne plus compétente que moi dans le domaine concerné.

        Souffrez donc que je reconnaisse ce fait sans tenter d’en faire une quelconque crypto-interprétation, merci tout plein ! ;D

    1. Merci Hououji Fuu pour cette traduction, elle devrait être distribuée dans toutes les boîtes aux lettres des français.

      J’entends tellement de sottises autour de moi sur Les Grecs et particulièrement sur M. Yanis Varoufakis. Nombreux sont les français qui ne lisent pas l’anglais.

      Etre français va bientôt devenir une honte. Qu’on ne me parle plus de comité de soutien d’aucun genre. Nous devrions tous aller en Grèce pour les soutenir.

      1. Il s’engage à tenir l’objectif initial de 4,5% sauf conditions particulières de cette année 2015, conditions dont sera seul juge la troïka.,

      2. On se fout de Krugman. La déclaration signée vendredi se suffit à elle-même: promesse de tenir les objectifs d’excédent budgétaire prévus dans le mémorandum de 2012, sauf circonstances économiques particulières de l’année 2015 (i.e d’ores et déjà les deux premiers mois désastreux après un mois de décembre 2014 du même acabit). Bref, la barre est maintenue aussi haut, 3 puis 4,5%. Pas 1,5 ni même 2, comme espérés et déjà énormes à atteindre.
        Ils se sont piégés tout seuls, chacun y mettant du sien alternativement, jusqu’à la débandade finale devant l’imminence d’un bankrun qu’ils auront si consciencieusement alimenté (Dragui obligé de faire taire Varouf qui parlait de faillite et de banqueroute dès sa prise de fonction, se jeter dans la trappe en aidant à tendre le piège soi-même, c’est quand-même énorme…, selon moi Varouf doit sauter pour protéger Tsipras).

      3. A moins qu’en loucedé ils ne préparent un exit pour dans 4 mois. 4 mois, ça laisse le temps d’imprimer tranquillement des billets, et de régler quelques détails.
        Et donc ils peuvent bien promettre tout ce que les autres veulent pour après…

      4. 4,5% d’excréments ? Pas de quoi en faire un fromage. Le gouvernement grec n’aura qu’à faire appel à des petits gars de Goldman Sachs pour bidouiller la présentation du chiffre le moment venu. Il paraîtrait que ça s’est déjà vu.
        En ce qui concerne la sortie de l’€ le gouvernement grec pourrait organiser un référendum pour savoir à quoi s’en tenir. Et puis après tout il ne serait pas obligé de tenir compte du résultat. Il paraîtrait que ça s’est déjà vu.

        J’espère que la routourne va vite tourner

        Comme dirait un footballeur français célèbre.

  12. Si KAFKA était notre contemporain je crois qu’il écrirait : la loi de la Troïka faisait figure d’oppresseur et s’y soumettre revenait à se rendre complice de la destruction de l’Europe.

    Cordiales salutations aux êtres de bonne volonté qui écrivent sur ce site.

    Eliane CHAPONIK

  13. Le souci d’éviter la déception est décidément une constante du commentaire – sur ce site comme ailleurs.
    Ça ne fait pas une politique! J’y vois une gestion des affects triste et effrayée, digne des personnages de Houellebecq. Au moins, c’est de notre époque!

    Mais de toute façon on s’en fiche, car par définition, ceux qui agissent sur le terrain n’ont pas cette obsession.

    Le seul souci qui vaille ici, c’est de chercher comment exercer une solidarité. Le reste, c’est shit et micro-shit, même pas bullshit. De la crotte de pipistrelle!

  14. 2 critiques majeures à propos des articles de Paul Jorion et de François Leclerc depuis l’élection de Syriza :

    – A vous lire, on a l’impression à mesure que les jours passent, et que le programme de Syriza se délite, que vous êtes sujet à un mécanisme psychologique bien connu, celui de la rationalisation cognitive.
    -Il y a bel et bien une autre option, celle de la sortie de la zone Euro. Mais comme la sortie de la zone Euro est un des élément majeur des programmes d’extrême droite des principaux partis politique Européens, vous ne voulez pas l’entendre, quand bien même se pourrait être une solution pour que le peuple reprenne en main son destin.
    -Alors, la mort du peuple Grec sous l’égide de la zone Euro, où la survie du peuple Grec en sortant de la zone Euro ?

    S’il n’y a pas de solution pour les Grecs avec l’europe, ce sera donc sans elle qu’elle continuera son chemin.

    1. Quand un peuple a vu son pouvoir d’achat officiel chuter de 20 à 25% en cinq ans (après l’avoir vu grimper de 50 à 60% durant les dix années précédentes il est vrai) « pour prix du maintien dans l’Euro » et que ce peuple persiste néanmoins à battre encore des records dans les sondages d’adhésion à cette monnaie, il faut penser à se poser des questions sur les marge de manoeuvre et la crédibilité de son gouvernement s’il voulait jouer, contre lui plus que contre ses partenaires eurozonards, la carte de l’exit.

  15. Puisque l’on parle de réligion dans cet article: on a l’impression que l’euro a la même signification pour les Allemands (et suiveurs) que les dogmes de l’église catholique au moyen âge.

  16. Il ne fait aucun doute que « Aube Dorée » est la dernière carte de Mr Schaüble. Ce n’est qu’un retour à la case départ. Le compromis sur lequel s’était clos la longue guerre de 14-45 est maintenant obsolète. Et la guerre est de retour à l’est de l’Ukraine.

    1. Quand on dérape dans un virage, la meilleure façon de se prendre l’arbre en pleine poire est de la regarder.
      Tout pilote de voiture vous dira qu’il faut regarder là où il faut passer avec le moins de dégâts possible. Bon d’accord, c’est plus facile à dire qu’à faire.

    2. Moi quand je lis des choses comme

      Il ne fait aucun doute que « Aube Dorée » est la dernière carte de Mr Schaüble

      , je me dis que j’ai enfin pleinement saisi, c’est-à-dire viscéralement, le sens du mot INEPTIE.

      1. En effet. »Aube dorée » une « carte » pour le ministre d’outre Rhin?,C’est vraiment du n’importe quoi
        gravissime.Le ministre s’imagine avoir tout compris en économie,mais je crains fort qu’il
        souffre,comme tant d’autres hélas,d’oeillères de nature idéologique en « science économique ».
        Cela n’a rien à voir à mon avis.

      2. Euh, me semble que l’ineptie n’est le fait ni de Varouf ni de son partner Schäuble mais 100% celui de Jean-Louis…

  17. Ah, l’Europe, satanée Europe !
    Cette Europe qui me permet de faire partie des premiers citoyens véritablement libres de leurs déplacements : je vais où je veux dans l’UE sans avoir à montrer patte blanche.
    Cette Europe qui, au moment même où la mobilisation était en train de s’essouffler, m’a sauvé du CPE et du CNE auquel me condamnait mon magnifique gouvernement national.
    Cette Europe qui a obtenu pour nous ce que notre beau pays n’a jamais su – en fait jamais voulu – mettre en place : l’assistance d’un avocat lors des gardes à vue, le simple respect du droit.
    Cette Europe qui a réussi l’impensable : 60 ans de paix ininterrompue entre ses membres, lesquels se sont joyeusement étripés pendant les siècles qui ont précédé et ce, quasiment sans interruption.
    Oui, saleté d’Europe !
    N’entrons pas dans le jeu de l’extrême droite. Le problème n’est pas l’Europe en tant que structure ou en tant qu’idée. Le problème, c’est la bande de sagouins, tous issus des sérails de leurs pays respectifs, qui l’ont prise d’assaut au vu de tous et dans l’indifférence générale. Combien de citoyens bêlent sans avoir jamais avoir voté aux élections européennes ? Combien d’entre eux pleurnichent après avoir pour la xème fois remis au pouvoir dans leur propre pays les mêmes deux seuls partis politiques professionnels de l’enfumage, lesquels s’en vont peupler la commission honnie ? Combien de révoltés en carton ne se sont jamais engagés de leur vie, allant souvent jusqu’à mépriser le militantisme, qui n’est que le plein exercice de la citoyenneté ? Combien, dites ? Une majorité, en fait.
    Ils veulent la fin de l’Europe ? Ils s’attaquent à une chimère et ils finiront par avoir sa peau, pendant que les profiteurs s’effaceront dans l’ombre pour aller infecter les nouveaux lieux de pouvoir. Ils auront la fin de l’Europe, et ça ne leur fera pas plaisir.

    1. L’Europe va de l’Atlantique à L’Oural.
      L’UE est une construction politique.
      Dans quel but ?
      Les pays Européens s’en sortant le mieux ne sont pas dans l’UE.
      CPE et CNE mais TAFTA TISA arrivent !
      Quand à la guerre, elle n’a jamais cessé malheureusement.

      1. @Didier :
        – En effet, l’UE est une construction politique, comme le sont tous ses États-membres. Le but de la construction de l’UE était différent selon les États en question. Celui de la France et de l’Angleterre était officieusement de mettre un terme à ce qui était identifié comme une propension historique de l’Allemagne à l’hégémonie. Ça a tenu un temps, il faudrait retravailler cela.
        – Certains États hors-UE s’en sortent mieux aujourd’hui, oui. Hier c’est moins sûr, demain on verra : les crises, ça va, ça vient… D’ailleurs, parmi les États-membres, certains aussi s’en sortent mieux que d’autres. Qu’en conclure ?
        – TAFTA n’a pas de rapport avec l’UE, cet « accord » n’étant que l’expression de ce qui pourrait être qualifié d’impérialisme US. Si la France était hors-UE ce serait pire, puisqu’elle serait seule pour négocier avec l’Ogre Sam. C’est là où nous arrivons au problème de cette négociation en question. Les États-membres sont supposés négocier de concert pour éviter de se faire manger par l’Ogre. Or, il se trouve que partout (sauf en Grèce désormais) les gouvernements, les partis qui sont à leurs têtes ainsi que les premiers partis d’opposition sont bien plus atlantistes que véritablement pro-Europe. Donc chacun fait en sorte de manger à côté de l’Ogre Sam plutôt que finir dans son assiette. Ça s’appelle TISA, et c’est le résultat du désintérêt des peuples pour l’Europe.

        Je le répète, si on observe le fonctionnement de l’UE, soumis aux injonctions de la commission, on ne peut nier que ladite commission est la foire d’empoigne des gouvernements nationaux cherchent tous à tirer la couverture à eux

        On dit que la commission est le vrai organe de décision de l’UE : c’est vrai. On pense que toutes ses injonctions vont dans le sens voulu par les USA : c’est vrai aussi. Mais les mêmes qui hurlent contre elle semblent oublier que les commissaires sont nommés par les Ett

      2. @ jimbo

        On dit que la commission est le vrai organe de décision de l’UE : c’est vrai.

        Vous connaissez le « Conseil européen » ? Ces 10 dernières années, vous avez vu le Conseil européen se faire forcer la main par la Commission combien de fois exactement ?

      3. @Julien Alexandre : veuillez m’excuser, j’ai envoyé mon second message par erreur sans l’avoir terminé.
        Vous avez bien raison de le faire remarquer : je m’emmêle entre commission d’une part et Conseil européen d’autre part, aussi je serais bien en peine de vous répondre, car vous êtes en butte à mes malheureuses approximations.
        Cependant, conseil et commission ne sont pas des émanations de l’Europe en tant que telle, mais bien des États qui les composent et des partis qui ont la main sur ces États. Le conseil, la commission, ce sont PS-UMP / CDU-SPD / Labour-Tories, etc… qui les tiennent. Je maintiens que tant que ces partis seront atlantistes, ils ne pourront jamais être pro-Europe quoi qu’ils en disent, car c’est antinomique. L’Europe qu’ils nous vendent est tout sauf « unie », et ce sera le cas tant qu’ils seront réélus (démocratiquement je rappelle).
        Notez que ce qui m’avait fait réagir en premier lieu était l’assertion fausse d’après moi selon laquelle « les peuples et leur bien-être, n’ont rien à voir avec la construction de l’UE« . C’est le contraire : c’est la déconstruction de l’UE qui nous nuit, au seul bénéfice des USA. Si le « U » de « UE » était réel, les USA n’auraient aucun moyen de dicter sa conduite à l’UE comme c’est le cas aujourd’hui. L’UE actuelle, celle que nous subissons, pourrait être différente pour les peuples : il suffirait pour commencer de mettre d’autres bulletins dans les urnes que ceux auxquels lesdits peuples semblent si attachés qu’ils les réélisent à chaque fois.

    2. Merci, il est bon que cela soit répété de temps en temps.
      Le nationalisme est l’arme absolue et gratuite des financiers qui ont de tout temps refusé à leur profit les chaînes des frontières. Les peuples se précipitent d’eux mêmes avec l’enthousiasme des chants patriotes et derrière les drapeaux, dans leurs cages douanières où ils restent impuissants, rêvant de se re-massacrer. Si les Européens veulent essayer de sortir de la crise, il faut une fédération européenne vraie (United States of Europe).

  18. « Changer le nom de la “troïka” en “institutions”, celui du mémorandum en “accord” et celui des créanciers en “partenaires” ne change en rien la situation antérieure », écrit M. Glézos dans un article envoyé depuis Bruxelles. « Plus d’un mois est passé et la promesse n’est toujours pas transformée en acte. Dommage et encore dommage. Pour ma part, je demande au peuple grec de me pardonner pour avoir contribué à cette illusion », ajoute-t-il en invitant les amis de Syriza à participer, dans les plus brefs délais, à un dialogue sur le parcours du parti et les manœuvres en cause. « M. Glézos n’est peut-être pas bien informé de la réalité des difficiles négociations que nous menons », réagissait dimanche l’entourage de M. Tsipras. Dimitris Papadimoulis, un autre député européen du parti, a invité M. Glézos à la solidarité « en étant aux côtés du gouvernement ».
    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/02/23/l-accord-avec-bruxelles-divise-la-grece_4581564_3234.html#VCrPRUXpVD5esFa7.99

    Illusion et réalité ! Encore et toujours. Démerdez-vous avec votre victoire sémantique comme disait plus poliment le type en fauteuil roulant, germanophone avec des « oeillères ». Combien de temps va tenir Syriza maintenant ? Vont-ils simplement passer l’année ? Ca craque si vite… (Le gars demande pardon, non mais quand même ! Et l’autre de répondre, qu’il est peut-être pas bien informé de la réalité ! Du grand comique je vous disais tout en haut… Tu t’étonnes ensuite que l’autre à roulette, Shöshö, leur ait tordu le bras malgré le très athlétique esthète Varoufkiki)

  19. Je viens de lire la transcription du dernier Temps qu’il fait, que je n’avais pas visionné.
    On peut difficilement être plus à coté de la plaque. Comme si c’était la dette le problème grec. Comme si c’était la promesse européenne du cauchemar hayékien que personnifiait Schäuble. Comme si ce n’était pas d’abord la quasi inexistence d’un État véritable (i.e d’un système fiscal à peu près efficient) que reprochent d’abord et avant tout à la Grèce ses partenaires de l’eurozone (et les marchés).
    Comme si Varouf et Tsipras avaient été plus rassurants que leurs prédécesseurs sur ce sujet jusqu’à maintenant.

    1. Mais les fonctions d’un « Etat véritable » (i.e. monopole public de la force et unification juridique, en plus des levées de thunes) ont-elles si souvent et si universellement été rassemblées dans une nation ? Et il ne s’agit pas de se plaindre qu’elles ne le fussent pas ! L’Europe et les investisseurs transnationaux parient que ça ne débordera pas du bled. En l’occurrence, et malgré ses vicissitudes plus ou moins « erratiques » et très confuses quoique sincères, Varouf n’est-il pas, nolens volens, devenu plus Européen que Grec ?

      Là contre, le peuple grec s’est donné un gouvernement légitime, mandaté pour faire cesser cet état de persécution.

      disait le pourtant localiste Lordon (qui ne fait pas l’apologie de la démocratie directe tout en imaginant la nationalisation économique comme une étape vers du mieux), en laissant penser que l’endettement était une forme de persécution. Et malgré la votation, le mandat grec s’est dilué fissa dans la bureaucratie transnationale parce que l’Etat-nation (pas seulement l’hellène) est un Etat-fiction, même économiquement.
      Que le tropisme anti-austro-américain de Jorion le libère de sa contribution aux algorithmes est une chose, mais toi-même tu as suivi le bonneteau pavillonnaire des armateurs, sans parler de la religion ortho, de l’hôtellerie pour toutous.

  20. @ jimbo

    « les peuples et leur bien-être, n’ont rien à voir avec la construction de l’UE »

    Vous avez naturellement le droit de ne pas être d’accord avec mes écrits, mais si vous reprenez une de mes phrases, que ce soit au moins dans son intégralité svp. Sans la tronçonner ni la sortir de son contexte, ce qui a pour effet d’en dénaturer le sens premier.

  21. 24/02/2015, 15:16 | PAR CEDRIC DURAND

    http://blogs.mediapart.fr/blog/eliasduparc/240215/les-mensonges-du-monde-sur-syriza

    La liste des réformes sur lesquelles s’engage le gouvernement grec pour les quatre mois qui viennent peut être consultée ici:

    http://www.ansa.it/documents/1424769204768_PianoGrecia.PDF

    Voici quelques éléments d’analyse. Il y a certes des aspects positifs concernant la lutte contre l’évasion fiscale ou la protection des ménages pauvres surendettés. Mais aussi beaucoup de sujets d’inquiétude qui indique au minimum des renoncements substantiels:

    * Poursuite de l’austérité budgétaire: « Identify cost saving measures through a thorough spending review of every Ministry and rationalisation of non-salary and non-pension expenditures »

    * Y compris dans le domaine de la santé… « Control health expenditure and improve the provision and quality of medical services, while granting universal access. »

    * Réforme des retraites avec pour objectif d’augmenter la durée de cotisation « Continue to work on administrative measures to unify and streamline pension policies and eliminate loopholes and incentives that give rise to an excessive rate of early retirements throughout the economy and, more specifically, in the banking and public sectors. »

    * Pas d’augmentation de la masse salariale du secteur public, difficile donc d’envisager des réembauches importantes ni d’envisager une récupération du niveau des salaires des fonctionnaires en même temps qu’une décompression de la distribution des salaires des fonctionnaires (plus d’inégalités de salaires !) « Reform the public sector wage grid with a view to decompressing the wage distribution through productivity gains and appropriate recruitment policies without reducing the current wage floors but safeguarding that the public sector’s wage bill will not increase »

    * Pas de retour en arrière sur les privatisations : « Commit not to roll back privatisations that have been completed. Where the tender process has been launched the government will respect the process, according to the law.”

    * Et de nouvelles privatisations en perspective: « Review privatisations that have not yet been launched, with a view to improving the terms so as to maximise the state’s long term benefits, generate revenues, enhance competition in the local economies, promote national economic recovery, and stimulate long term growth prospects. »

    * L’augmentation du salaire minimum et la restauration des négociations salariales collectives ce n’est pas pour demain ! « Phasing in a new ‘smart’ approach to collective wage bargaining that balances the needs for flexibility with fairness. This includes the ambition to streamline and over time raise minimum wages in a manner that safeguards competiveness and employment prospects. The scope and timing of changes to the minimum wage will be made in consultation with social partners and the European and international institutions, including the ILO, »

    * Credo en faveur de l’accentuation de la concurrence « Removing barriers to competition based on input from the OECD. » et ouverture au capital des professions réglementées : « Pursue efforts to lift disproportionate and unjustified restrictions in regulated professions as part of the overall strategy to tackle vested interests. »

    * Des mesures d’urgence humanitaire sans moyen budgétaire ! « Ensure that its fight against the humanitarian crisis has no negative fiscal effect. »

    * Rien sur la restructuration de la dette (sujet sur lequel le gvt grec a déjà reculé), aucune indication chiffré d’éventuelles marges de manoeuvres budégaires (cad niveau d’excédent primaire)

  22. Si je m’en réfère au billet « le transport amoureux : une affaire inquiétante! » , Syriza pourrait être une panne sexuelle .

    Il parait que c’est le plus souvent provisoire .

    1. Mais le cialis est cher et n’est pas remboursé, ça pourrait devenir un sacré problème, ça vous flingue un homme ça :)!

  23. PAS une ligne sur le contenu accablant pour la TROIKA et les dirigeants officiels et/ou délégué des ETATS sur la crise grecque……………???
    Un véritable torrent de honte pour « nos » élites » dans « THEMA » , ARTE hier mardi 24 en soirée…

    Disponible pendant encore une semaine sur « ARTE+7 »

    Vital de déclencher les enquêtes au niveau européen et de préserver la vie physique des nouveaux dirigeants grecs………..

    1. Oui, le reportage d’Arte est excellent, il faut entendre aussi ce que dit en avant-propos Costa Gavras de Tsipras, avec lequel il a eu une longue conversation.
      Après la vision du reportage on comprend encore mieux que Tsipras et Varoufakis n’auront pas trop de notre aide, je veux dire de nous simples citoyens, car il n’y a probablement plus rien attendre de nos gouvernants qui viennent d’avaliser un programme qui exige encore et toujours des privatisations dont on sait qu’elles consistent à offrir sur un plateau des biens publics à de richissimes grecs. C’est ce que montre, entre autres crimes, le reportage : il y a une collusion entre la Troïka et les super riches grecs, auxquels on brade des biens publics à la faveur des privatisations. Tripras et Varourakis ont peut-être commis quelques erreurs lors des négociations, mais que valent ces éventuelles erreurs devant l’écrasante détermination des « institutions » (si mal nommées, car elles n’instituent rien de bon), j’ai nommé l’ex Troïka, à leur mettre des bâtons dans les roues !

      1. Oui, une remarquable enquête très fouillée, où l’on apprend entre autre que les apprentis Mengele de la finance et de l’économie ont falsifiés des documents, trompés les citoyens, obtenus des politiques des accords sous la contrainte, bradés des biens publics, volés des avoirs… et toujours en toute impunité.
        Mais jusqu’à quand une telle arrogance peut-elle gouverner, régner, en Europe sans qu’un mouvement ne vienne bousculer ses embrassades permanentes et ridicules, débile symbole d’une fraternité mafieuse ?…

      2. Bonjour ,
        L’ « aveuglement volontaire »? la résignation « réaliste »? l’incompétence économique inavouée?la « complicité objective » de caste?….?… des actuels dirigeants français et italiens ( les espagnols jouent cyniquement leur va-tout..) doivent(devraient) être systématiquement stigmatisés lors de notre vie publique …
        C’est ça qui doit être le plus dur à réaliser pour les nouvelles autorité grecques…une honte que nous devrions chercher à exprimer politiquement…Le comment reste complexe!

        Je poste l’adresse de cette percutante , dérangeante émission , en espérant que le « système » la laissera subsister encore les cinq jours prévus ( un « ennui technique » est si vite arrivé…)

        lien : http://www.arte.tv/guide/fr/051622-000/puissante-et-incontrolee-la-troika

      3. Je poste l’adresse de cette percutante , dérangeante émission , en espérant que le « système » la laissera subsister encore les cinq jours prévus ( un « ennui technique » est si vite arrivé…)

        La paranoïa ne connaît décidément aucunes limites. On est au-delà du niveau de Vicki Stoumbi, ou en-deçà, Otromeros.
        Au fait, Arte, c’est bien un produit franco-allemand, non ?

    2. Un véritable torrent de honte pour « nos » élites » dans « THEMA » , ARTE hier mardi 24 en soirée

      P Jorion disait, il y a plusieurs mois, que les journalistes disposent du meilleur pouvoir de changer les choses. Nous en voyons ici un exemple (qui me fait même changer qq peu d’avis – SYRISA me semble en fait plus rationnelle et surtout plus honnête que la troîka complice de mafieux milliardaires !).
      Malheureusement ARTE est loin d’un média de masse.

      1. @ Vigneron

        « paranoïa »…? C’est sans doute votre opinion sur la forme terminale de mon commentaire , opinion respectable au demeurant…
        Quant au fond = le contenu de l’émission ? Rien que du déjà vu? Sans intérêt?Autre?

  24. Paul Krugman (prochainement en français sur le site de la RTBF), résumé par Jacques Sapir:

    En fait, la Grèce a obtenu plusieurs choses :
    La Grèce n’est plus obligée d’atteindre un excédent budgétaire primaire de 3% cette année. L’équilibre seul est exigé.
    Le « contrat » qui court sur 4 mois est explicitement désigné comme une transition vers un nouveau contrat, qui reste bien entendu à définir.
    La « Troïka » n’existe plus comme institutions, même si chacune de ses composantes continue d’exister. C’en est donc fini des équipes d’hommes en noir (men in black suits) qui venaient dicter leurs conditions à Athènes.
    La Grèce écrira désormais l’ordre du jour des réformes, et elle l’écrira seule. Les institutions donneront leur avis, mais ne pourront plus faire d’un point particulier de ces réformes une obligation impérieuse pour Athènes.

    1. La Grèce écrira désormais l’ordre du jour des réformes, et elle l’écrira seule

      Ah ça, pour sûr, la Grèce pourra plus dire que la Troïka a écrit la feuille de route à sa place puisque primo il n’y a censément plus de Troïka et secundo c’est le gvt Tsipras lui-même qui l’a rédigée.
      Tiens, y paraît que le ministre grec de l’énergie ne serait pas spécialement aligné pile-poil sur l’analyse sapiro-krugmanienne à propos des privatisations désormais formellement promises par Tsipras dans son secteur de compétence…

  25. je rejoins jp dambrine
    en ajoutant que la « troïka », le gouv allemand et par voie de conséquences une ultra majorité des gouv européens n’ont aucun intérêt à laisser se développer la « verrue » syrisa en europe
    il est clair que l’europe joue l’effondrement de syriza en grèce, et sera beaucoup plus encline à discuter avec un gouv de coalition plus « acceptable » qui, au moins ne se posera pas de vulgaires préoccupations humanitaires
    on se retrouverait enfin enfin  » entre têtes connues  » comme dit si bien junker
    d’autant que syriza est une sorte d’abcès démocratique qui fait peur par son risque de contagion
    hollande ou renzi l’auraient soutenue, comme ils l’auraient du, qu’ils s’exposaient à l’immédiate réplique de leurs peuples respectifs :  » on vous a élu pour ça »
    et j’imagine hollande se tortiller pour réexpliquer son pacte de responsabilité et sa loi macron

    1. Deux choses.Ce qu’on appelle les 4,5% concerne le « surplus primaire » du compte extérieur
      grec,évoqué par Paul Krugman.Rien à voir avec cette « règle » dite des 3% de dette publique
      rapportée au PIB (chose assez stupide en période de stagnation approximative…)Le surplus
      extérieur primaire existe en Grèce et c’est tout à fait bon signe.

      Quant à tous les « prévisionnistes » de malheur en Grèce et en Europe,il faut savoir qui parle….
      Désolé,mais je ne crois guère à ce que peuvent plus ou moins affirmer par exemple les
      Garry Jenkins,Ilan Solot,ou Takiz Zamanis.Les deux premiers sont « responsables de la stratégie »
      crédit formés aux USA,le second n’a sommes toutes qu’un « Master »,et un MBA brésilien.Quant au 3ième, c’est un « trader ».Ces gens là,on le sait,sont prêts à jouer tout à la fois à la hausse
      ET à la baisse de n’importe quoi.Ils sont là pour faire du fric,et peuvent tous se tromper!

    1. N’empêche que je ne serais pas surpris outre mesure que quelques zinvestisseurs bien informés (pas vrai Georges ?) eussent fait quelques tonitruants profits sur les obligations et actions grecques durant le volatilissime mois que viennent de vivre les valeurs grecques…

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