La ‘leventia’ d’Alexis Tsipras, par Jacques Seignan 

Billet invité.

En voyant ces images des réunions sur la Grèce, plusieurs sentiments peuvent se bousculer en nous : indignation, incompréhension, crainte, espoir… Et toute personne qui a dû se confronter à un jury, à une quelconque assemblée, parler face à des gens pas forcément sympathiques ou bien intentionnés, ne peut que ressentir une profonde admiration pour ce qu’Alexis Tsipras accomplit ces jours-ci.

Il est seul contre tous – les membres les plus importants des Institutions, ex-Troïka, et des « grands » pays lui sont hostiles et les autres, au mieux, neutres. Imaginez de parler avec des personnages qui s’adressent à vous en mêlant la ridiculisation, l’arrogance, la brutalité dissimulée, le mépris, le dogmatisme et pour certains d’entre eux et, non les moindres, l’absence d’éthique. Le grand chef des banques qui a bossé pour La Banque qui inventa une magouille pour faciliter l’entrée de la Grèce dans la zone euro ; la patronne « adulte » d’un Organisme International qui (au mieux !) n’a pas su très bien contrôler (par « négligence » selon la justice) ce que faisait son équipe dans une magouille franco-française ; un président de la Commission européenne qui tel un Tartuffe enjoint les Grecs de payer leurs impôts alors qu’il a lui-même aidé à créer un havre fiscal en plein centre de l’UE… Quant aux dirigeants politiques, la seule ayant une cohérence avec un mandat assez clair, c’est la chancelière allemande : après tout, elle suit la politique que la majorité de ses concitoyens approuve, suivant le programme ordolibéral assigné à la RFA au sortir de la IIe Guerre mondiale. On peut être en total désaccord avec elle mais du moins, politiquement, la respecter. Par contre les dirigeants officiellement à gauche et qui acceptent cette stratégie d’oppression et d’humiliation de tout un peuple sont méprisables.

Alors Alexis est-il seul contre tous ?

Il a donné une réponse pour expliquer ce qui lui donne sa force morale dans son interview au Quotidien des Rédacteurs :

Nous allons attendre patiemment que les institutions se convertissent au réalisme, promet Alexis Tsipras. Tous ceux qui perçoivent comme une faiblesse notre désir sincère d’aboutir à une solution et nos tentatives de dépasser les différends comme un signe de faiblesse devraient méditer sur ce qui suit : nous ne sommes pas seulement les héritiers d’une longue histoire de luttes. Nous portons aussi sur nos épaules la dignité de notre peuple autant que les espoirs des peuples de toute l’Europe. Nous ne pouvons ignorer cette responsabilité. Ce n’est pas une question d’obsession idéologique, c’est une question de démocratie. Et la démocratie européenne, nous n’avons pas le droit de l’enterrer là où elle est née.

Quand il évoque une longue histoire de luttes, il faut se rappeler que l’on est toujours façonné par son pays natal, sa langue, son histoire, sa culture, ses chants. Olivier Delorme qui explique la résistance grecque à la domination turque évoque dans son ouvrage [la Grèce et les Balkans, Folio Histoire, 3 tomes, 2013] les klephtes et leur leventia. Citons le :

Le klephtisme est une autre forme, endémique, du rejet de la domination turque. Entendons-nous bien, les klephtes (voleurs en grec) (…) ne sont pas plus animés par une conscience politique nationale que les Albanais de Skanderbeg (…). Mais ils ont le culte de la leventia, « un mélange d’héroïsme et de liberté » et cela fait à coup sûr, autre chose que de simples bandits. Ils sont des maquisards, au sens premier du terme (…).

Mais comme nous l’avons vérifié lors de ces longs mois d’affrontements, ces gens qu’Alexis Tsipras et son équipe affrontent sont inspirés par la « religion féroce », l’économisme néolibéral dominant, tel que l’a défini Paul Jorion. Face à des inquisiteurs aux pensées pétrifiées, Alexis Tsipras, Yanis Varoufakis et ses collègues, animés par leur leventia et porteurs d’une logique économique cohérente – pour des solutions pérennes en la Grèce et en Europe –, ont peut-être sous-estimé chez ces adversaires, leur irrationalité et de leur férocité dogmatique – faire brûler les anathèmes aux idées hérétiques ! Tout plutôt que la contagion.

Soyons solidaires : comme François Leclerc l’écrit en conclusion de son dernier billet, « La Grèce, décidément, n’est pas un cas particulier. »

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106 réflexions sur « La ‘leventia’ d’Alexis Tsipras, par Jacques Seignan  »

  1. Tous ceux qui perçoivent comme une faiblesse notre désir sincère d’aboutir à une solution et nos tentatives de dépasser les différends comme un signe de faiblesse devraient méditer sur ce qui suit : nous ne sommes pas seulement les héritiers d’une longue histoire de luttes. 

    Comme hier, délire hallucinatoire, cette fois de Seignan. A qui s’adresse en premier chef Tsipras sinon aux attardés sinistres à sa gauche, les Lafazanis et autres membres de la Plateforme de gauche qui en sont encore à vouloir venger les stalinistes défaits en 49 par la doctrine Truman ?

    Vire nous presto ces zombies Alexis.

    1. Tisseras tient les députés récalcitrants par les cojones :

      – ceux qui s’opposent à l’accord seront rendus responsables de la chute du 1er gouvernement de gauche un peu radicale en Grèce ;
      – quand bien même Syriza remporte les nouvelles élections (ce qui serait le cas, avec de bonnes chances de majorité absolue), tous les récalcitrants qui auraient fait chuter le gouvernement seraient virés des listes et perdraient leur poste de toute façon.

      Chacun ses « frondeurs » !

      1. Tsipras doit faire vite pour se débarrasser d’eux, tant qu’il a le soutien de l’opinion; dans six mois ce sera trop tard. De toutes façons les couteaux sont déjà sortis.

      2. Au vu de l’ambiance générale en Grèce j’ai bien peur que la transition – nécessaire – de Syriza s’apparentera moins à un Bad Godesberg qu’à la nuit des longs couteau… 

      3. Et c’est pas le contrôle du capital qui doit inquiéter Tsipras mais bien le contrôle de la capitale.

  2. Parfaitement dit.
     
    Avec, chez nous, des médias aux ordres pour manipuler l’opinion. Qui a parlé du rapport du comité pour la vérité sur la dette grecque ?

    1. « Qui a parlé du rapport du comité pour la vérité sur la dette grecque ? »…En France, je ne sais pas mais chez nous, en BE, dimanche midi, nous avons eu droit à l’avis de Philippe Maystadt ( Président de la BEI) style « Cela m’en touche ne sans faire bouger l’autre »…

       

       » Ce que je pense de cette étude est qu’elle n’est pas très sérieuse, ce sont les mêmes qui avaient dit que la dette belge était illégitime….. »

      A écouter à partir de 39.15 jusqu’à 40.15

      http://www.rtbf.be/video/detail_mise-au-point?id=2025183

  3. On se calme!; c’est une simple question de pognon….pour les lignes rouges un peu effilochées c’est du marginal, la question centrale c’est que le deal comporte côté GVT grec une restructuration de la dette du genre -30 à-50% et ça, les créanciers ne veulent pas en entendre parler, au mieux « on verra plus tard »….donc, sauf à faire avaler son chapeau à Stipras qui n’aura d’autre solution que de se soumettre ou se démettre, on se dirige gentiment vers le Grexit. De toute façon, les grecs ne pourront jamais rembourser, sauf à instituer le servage perpétuel, alors, un peu plus tôt, un peu plus tard, peu importe; on voit mal comment la Grèce, qui n’a pas d’industrie exportatrice pourrait bénéficier d’un avantage compétitif même en baissant les salaires au régime « Bangladesh »: en multipliant par 100 les exportations de Féta et d’huile d’olive ? en multipliant par 10 les infrastructures touristiques ? mais qui va investir ?

    Bon, l’ami Wladimir va faire un geste pour renflouer les caisses: du genre louer la moitié du Pirée et quelques îles pour sa flotte méditerranéenne qui ne sait plus où poser l’ancre depuis que la Libye et la Syrie sont devenues trop instables…hé, hé…vont être contents, les galonnés de l’OTAN!

  4. Qu’ils aillent au diable!

    « S’ils ne sauvent pas la Grèce, qu’ils aillent au diable… »

    « C’est l’ancien chancelier allemand social-démocrate, Helmut Schmidt, qui le dit. Et il n’est pas seul à le penser. Si les dirigeants européens sont incapables de trouver une solution à la crise grecque, de trouver une issue fondée sur la solidarité et la discipline collective, alors, ils ne méritent pas l’Europe. Ou plutôt l’Europe, la vraie, celle des peuples, celle de nos enthousiasmes, celle de la liberté de circulation, de la monnaie unique, de nos étudiants qui découvrent Erasmus, du mélange des cultures, méritait d’autres dirigeants. Si c’est le diktat de Madame Lagarde qui détermine l’avenir de la monnaie unique, alors qu’on cesse de nous parler du poids de l’Europe dans le monde, si c’est le Fonds Monétaire International qui décide du devenir des peuples européens, alors rangeons vite toutes nos illusions continentales et coulons nous dans le moule confectionné à Washington. »

    ………

    « Leurs modèles mathématiques financiers peuvent bien dire ce qu’ils veulent. Ce qui se joue autour de la question grecque les dépasse. C’est bel et bien la survie de l’Europe, comme ambition, comme projet commun, comme espérance pour la jeunesse du continent qui se joue aujourd’hui. C’est une page de l’histoire de l’Europe qui sera tournée si nos dirigeants ne se ressaisissent pas, sans que l’on sache bien qui pourra écrire la suivante. Si les Merkel, Hollande et consorts continuent plus longtemps à faire comme si c’était le FMI, la BCE et les marchés financiers qui font l’Europe. A refuser de voir que c’est d’eux mêmes que dépend l’avenir du continent. Qu’après les De Gaulle, Adenauer, Giscard, Schmidt, Mitterrand ou Kohl, c’est à eux aujourd’hui, François Hollande et Angela Merkel, qu’il incombe de décider du devenir du continent. De s’élever au niveau de l’Histoire, la grande, pas celle des déficits budgétaires, et des taux de TVA. »

    ……….

    « S’ils ne sont pas capables aujourd’hui de mettre de l’ordre dans la maison, d’en chasser les marchands, pour reprendre le pouvoir et le rendre cinq minutes aux peuples qui les ont désignés. Si prouver que l’Europe est autre chose qu’un grand marché les dépasse. S’ils n’ont pas le courage de reprendre les choses en main et d’imposer aux grecs comme aux organismes financiers, non pas telle ou telle mesure d’austérité, mais ce grand dessein que le continent cherche à s’inventer depuis le lendemain de la guerre… Alors, qu’ils aillent au diable! »

    http://michellepinay.blog.lemonde.fr/2015/06/20/quils-aillent-au-diable/

    1. L’Europe ! L’Europe ! L’Europe !

      Qu’ils aillent  au diable ? L’a pas des pattes de cabrit le diable ?

      1. le Dieu Pan… encore » la faute des grecs »

        Et ben non;  le diable s ‘est acoquiné avec les grecs ;  decidemment…même dans la mythologie …ils ont du « négocier »..  :

        Lors de l’expansion du Christianisme aux IIème et IIIème siècle, les paysans des campagnes restaient farouchement attachés à leurs dieux d’alors. Le dieu Pan notamment est un dieu d’origine grecque, populaire des paysans. Il symbolise le tout et la nature et est représenté avec de longs poils sur les jambes, des sabots de bouc, des cornes et des oreilles de chèvre.

        mdrrr

        http://axiomcafe.fr/pourquoi-le-diable-est-il-represente-mi-homme-mi-bouc

  5. En définitive ce qui prévaut ,c’est le discours de Mme Merkel,une démocrate chrétienne(CDU).Il faut rendre à Dieu ce qui appartient à Dieu et à César,ce qui appartient à César,rendre au marché ce qui appartient au marché.Une posture  qui s’adresse aux endettés notamment à titre privé,vous êtes tenus de rembourser.On ne peut déconstruire une obligation morale ou c’est l’ensemble du système qui s’écroule.Une intransigeance sincère ou feinte, dans un monde globalement pourri.

     

     

  6. Pitié, mais c’est qui Tsipras ? Ca tangue trop sur ce blog question billets.

    Entre Le Sauveur Omniscient façon J.Seignan, le stratège hors pair façon F.Leclerc/P.Jorion, et l’idiot du village façon Zébu (attention, le gars il a rien compris au but ultime de la Troïka, alors que Zébu lui si !), c’est pas facile de vous suivre.

    Il est bon ou pas pour le Job ?

     

      1. Le 50 50, je demande au public ou je peux téléphoner à un ami ?

        Juste qu’un demi-dieu pur produit de l’Olympe politique, hmm disons que je prends mon Joker.

         

    1. Il est en tous cas meilleur que Sarkozy et Hollande.

      Mais c’est peut être parce que le peuple grec a les idées plus claires que le peuple français .

      1. « Il est en tous cas meilleur que Sarkozy et Hollande. »

        et c’est pas trés difficile…..entre nous . 🙂

  7. Aux dernières nouvelles, Tsipras va demander un vote d’approbation de l’accord  » qui s’esquisse », dixit Le Monde , au parlement grec .

    Je ne sais pas quoi penser d’une telle initiative mais mon petit doigt me dit que Tsipras s’est fait retourner comme une crêpe par le gang européen en face .

  8. « donc, sauf à faire avaler son chapeau à Stipras qui n’aura d’autre solution que de se soumettre ou se démettre, on se dirige gentiment vers le Grexit. »

    Au final ils veulent surtout l’humilier et flinguer ainsi toutes les tentatives d’opposition à leur doxa  , « la promenade de santé » n’est pas terminée apparemment….

    http://brunobertez.com/2015/06/23/tsipras-capitule-brave-petit/

    et
    Grèce : pourquoi la question de la dette est désormais centrale
    Eviter le « coup d’Etat financier »
    Mais cette logique ne prévaut guère devant celle des créanciers qui peut se résumer par ces mots : « pas un euro des contribuables aux Grecs. » La tâche désormais du gouvernement grec d’ici à jeudi est d’arracher un accord sur la dette afin de maintenir dans la majorité le plus de députés de Syriza possible et éviter que les créanciers ne réussissent à obtenir ce qu’ils cherchaient depuis le début : la destruction de la majorité du premier ministre. Reste à savoir ce qu’Alexis Tsipras fera s’il n’y parvient pas…

    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-pourquoi-la-question-de-la-dette-est-desormais-centrale-486327.html

    Ps : c’est Romaric Godin qui a signé ce billet, un grand ami à Vigneron.

    La robe de bure , vigneron, la robe de bure….

    En tout cas moua je ne pratique pas le chantage à la robe de bure et à la ceinture de chasteté, sachez le mon ami, point de bassesse entre nous 🙂

    tahiti ça me va ! mdrrrrrr

  9. Ah bah M Jorion, je ne suis qu’un humble observateur de l’affaire, tout comme vous ;-), quant au créneau il est déjà fort occupé face à un autre genre de troïka

    En passant le dernier billet de Zébu sonne plutôt juste .

  10. Ça sent pas bon tout ça…..

    On a l’impression que Tsipras est en train de lâcher, mais ce n’est peut-être qu’une impression. J’ai du mal à me dire qu’il va décevoir. Il représente tant d’espoirs pour tous les européens qui ne supportent plus ces guignols technocrates et politiques vendus au libéralisme.

    J’ai 54 ans, j’ai toujours voté socialiste jusqu’au dernières présidentielles (2d tour…), c’est dire si j’ai avalé des couleuvres et entendu des conneries depuis 1981. Mais là ce n’est plus une couleuvre ! Voir le président Français être le valet des techniciens européens pour enfoncer un gouvernement élu me dégoute.

    Quoiqu’il arrive je ne voterai plus jamais pour ces gens là, quelles qu’en soient les conséquences. Il n’y aura plus de « vote républicain » pour moi, j’ai déjà donné avec Chirac.

    1. Voir le président Français être le valet des techniciens européens pour enfoncer un gouvernement élu me dégoute.

      M Hollande est démocratiquement élu, ni plus ni moins que M Tsipras.

      M Hollande défend l’intérêt de son pays, comme M Tsipras. Il se trouve que ces intérêts se contredisent: On a calculé que l’abandon de la dette grecque coûterait +- 600€ par contribuable des pays créanciers dont la France.

      Le problème, comme répété depuis la création de l’€ est qu’ une monnaie commune exige une solidarité commune, donc un pouvoir fédéral européen, refusé -entre autres – par les Français lors du vote (démocratique aussi) sur la constitution européenne.

      Il est faux de présenter les Grecs comme les seuls démocrates. Tous les peuples européens le sont. Les ‘techniciens européens’ ne tiennent leur pouvoir que des élus européens, qui, c’est vrai, Grecs ou Français, se camouflent derrière eux et ça , c’est effectivement dégoûtant.

      En démocratie, on a les chefs que l’on mérite.

      1. Je ne suis pas persuadé que Hollande défende les intérêts de la population française….  Il défend les intérêts de ceux qui ont financé et promu son élection dans les médias.

  11. Georges Katrougalos, ministre grec de l’Intérieur et de la Réforme administrative, explique pourquoi il accepte les mesures proposées par Alexis Tsipras aux créanciers.

    extrait :  »

    Pensez-vous que votre majorité vous suivra ?

    Oui. C’est un compromis dur, mais viable. Il n’aura pas de difficulté à passer au parlement.

    Pourtant, on entend beaucoup de mécontentement au sein de Syriza…

    C’est normal puisque ces mesures ne sont pas dans notre logique. Mais j’ai confiance. Les députés comprendront qu’il n’y a pas d’autre solution.

    Pour vous, cependant, un accord doit inclure un accord sur la dette. Vous contenterez-vous de promesses comme le gouvernement Samaras ?

    Non, nous voulons quelque chose de plus concret. Sans doute ne peut-on pas immédiatement avoir le détail d’un aménagement de la dette, mais il faudra plus que de vagues promesses.

    En quelque sorte, vous tentez d’acheter du temps ?

    Nous n’avons pas eu le temps nécessaire et l’espace nécessaire pour changer de politique. Nos partenaires européens ont utilisé la dégradation économique et le facteur de liquidités pour nous asphyxier et faire pression sur le gouvernement. C’est pourquoi nous avons dû accepter ces mesures dans un environnement détérioré. Mais ceci nous permet d’appliquer enfin notre programme dans d’autres domaines, notamment dans l’administration qui a été soumise à la logique du mémorandum et qu’il faut désormais rendre plus efficace et plus démocratique. Avec ces mesures, nous gagnons du temps pour appliquer notre programme. »

    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/avec-notre-proposition-nous-gagnons-du-temps-pour-appliquer-notre-programme-486376.html

  12. Au troisième jour des Thermopyles :

    – L’essentiel de l’armée grecque avait fui pour échapper à l’encerclement.
    – Les thébains ont fait défection.
    – Les lacédémoniens (qui n’étaient pas seulement 300 spartiates !) sont restés, et se sont faits tuer jusqu’au dernier, « pour obéir à leurs propres lois » (dixit Simonide de Céos).

    – Les thespiens sont restés, et se sont faits tuer jusqu’au dernier … POURQUOI ?

    1. Il faut demander à Leonidas .

      On se souviendra aussi qu’en 1941 , les allemands qui avaient réussi , en secours des italiens , à passer les Thermopyles , y ont laissé pas mal de chars et de plumes .

  13.  

    A un ami qui a été Charlie et qui me demandait sur un ton agacé  :  « t’es grec  toi ? »

    J’ai répondu : « Oui, en ce moment je me sens très Grec, pas armateur Grec bien entendu.

     J’ai bien été Charlie, maintenant je suis Grec, tout est lié. Charlie c’était le volet liberté de notre devise, « être Grec » ce sont les volets égalité et fraternité. »

    Ouvrons les volets de la maison Europe, de l’air !

     

     

      1. Entre fenêtre à trois volets , et métaphore aéro-maritime plus ou moins orientée , l’Europe se contentera d’essayer d’être .

        Pour l’euro , je ne sais pas . Bestialement et bizarrement  , j’ai juste remarqué qu’il fonctionne actuellement , dans sa parité avec le dollar dans le sens contraire du cours du CAC 40 .

      2. Faudrait reconnaitre que portes et fenêtres sont ouvertes sur l’océan mais qu’on fait (peut-être pas tout ce qu’il faut?) son possible pour les fermer côté mer méditerranée. Capitaux et Brain Trust ou futurs managers voguent à l’Ouest sur les terres promises et à contrario c’est radeaux et compagnies à l’Est.

      3. @Hervey :

        a contrario , la Chine , où voguent pas mal de mes connaissances , c’est bien à l’est .

        Ce qui tendrait à prouver qu’en géopolitique , sinon en monde multipolaire , on a bien besoin des quatre points cardinaux .

      4. @Juannessy

        Du point du vue hexagonal, certes. Mais pour un américain, la Chine est à l’Ouest.
        Là aussi ça tourne.
        Qu’y détient le gros de la dette US?
        A l’Est tant que ça, la Chine?

      5. Qu’y détient le gros de la dette US?A l’Est tant que ça, la Chine?

        Si 7% c’est « le gros de la dette Us » alors OK.

      6. @juannessy

        Il me semble que la dette est une boussole pour pas mal de personnes. Et elle indique pas toujours la même direction. J’ai cru comprendre.
        Il y a ceux qui tiennent à ce qu’elle soit rembourser et de l’autre ceux qui voudrait échapper à ce remboursement.

        Il y a sans doute aussi ceux qui s’en tapent.

        Faites donc votre choix. Pour l’instant c’est gratuit.

      7. @ Vigneron

        Possible que mes arguties froissent tes certitudes, ami Vigneron, mais oui la Chine est le premier pays (après les américains soi-mêmes) à détenir le machin. Vrai ou pas?

      8. @Hervey :

        Si l’on accepte de confondre boussole et direction à suivre , il n’y a pas de choix .

        On peut choisir une direction , pas une boussole .

        Si l’on préfère le territoire à la carte , il faut d’abord ramener la boussole à son seul rôle d’indicateur .

        Et sortir du pilotage automatique .

  14. J’espère que l’effacement d’une partie de la dette grecque sera acceptée par les créanciers. Sinon: défaut, que la Troika et son ramassis de hyènes mercantilistes aille se faire foutre c’est préferable a tuer définitivement la démocratie. Pensée fraternelle pour les citoyens grecs.

     

    1. Il faut bien comprendre que la position des européens sur la question de la dette est strictement politique, pas technique (comme l’est celle du FMI). Les Européens savent très bien que :

      1/ l’excédent primaire ne sera jamais atteint ;
      2/ la dette ne sera jamais remboursée (rappelons quand même que l’exigibilité des prêts commence en 2023).

      1. Un excédent primaire qui avait été ‘spécifiquement’ construit pour la Grèce  :

        http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20140424trib000826772/comment-bruxelles-a-cree-l-illusion-de-l-excedent-primaire-grec.html

        Et un excédent donc ‘atteint’ en avril 2014, soit il y a plus d’un an, qui devait permettre au gouvernement grec d’alors de Samaras de réétudier la dette, selon une promesse de fin 2012 faite par la Troïka, promesse qui ne fut pas tenue et qui conduisit au rapport de force que l’on connaît entre Samaras et la Troïka, et qui se renouvelle aujourd’hui.

        Avec les mêmes promesses d’étudier ‘plus tard’ la dette si accord il y a. Aujourd’hui comme hier.

        1. 2023-2015= 8 ans de répit. Pourquoi les exécutifs européens se tireraient-ils une balle dans le pied en faisant savoir à leurs administrables qu’ils vont bien entendu s’asseoir sur la dette due à partir de 2023, au risque de voir les parlements nationaux qui vont devoir ratifier le nouveau plan d’aide pour la Grèce rejeter cet accord ? (Et oui, la démocratie, c’est pas qu’en Grèce. Il y a 5 pays de la zone euro qui ont eux aussi besoin de montrer quelque-chose de présentable devant leurs parlements pour espérer avoir un plan de sauvetage).

          Et honnêtement, si on commence à se renvoyer les promesses déçues… Hmmm, comment dirais-je ? 😉

      2. C’est toujours mieux que de se renvoyer ‘il y a encore des efforts à faire’ … 😉

        Si Tsipras n’obtient rien sur la dette (et je pense que ce sera le cas, sauf montée dans les rapports de forces internes), alors il n’obtient pas grand chose (si, les 10% restants des 90% relevant d’ors et déjà des propositions, dixit la Troïka) quant aux mesures d’ajustements structurels.

        Ah si, il ‘achète’ du temps, dixit le ministre de l’intérieur, pour ‘appliquer’ le reste de son programme. Mais avec quel financement, à dette ‘constante’ et surtout avec des mesures d’ajustements structurels maintenues ?

        De deux choses l’une : ou l’excédent primaire existe vraiment et le gouvernement grec peut envoyer balader la Troïka (puisque la dette ne sera jamais remboursée), ou il n’existe pas (ou ne sera pas suffisant en tout cas pour atteindre les objectifs fixés par la Troïka pour 2015 et 2016), et cette situation, scellée par cet accord, entérine pour 8 ans la situation actuelle, en l’aggravant.

        Pour les créanciers, on voit bien : la procastination a toujours été le but. Mais pour Tsipras ? Pour les grecs ?

        Attendre un hypothétique changement de rapport de forces en Europe ? Podemos en Espagne ? Dans les derniers sondages, il est bon 3ème. Alors quoi, tout ça pour 8 ans de plus, après 6 ans d’ajustements structurels sauvages, sans même être certain qu’au bout du bout la dite dette ne sera pas roulée une fois encore pour permettre la perpétuation du même, à savoir l’ajustement structurel comme condition d’un ‘retour à la normale’ ?

         

      3. Si l’on est cynique ,et quitte à faire de la géopolitique de comptoir , on peut tout autant imaginer que les quelques « aménagements » discutés à ce jour vont surtout mettre Tsipras dans la panade en Grèce , et que tout est prêt pour évacuer la Grèce de l’Euro dans quelques mois , selon les vœux de Schaüble .

      4. Si Tsipras n’obtient rien sur la dette (et je pense que ce sera le cas, sauf montée dans les rapports de forces internes), alors il n’obtient pas grand chose 

        La Grèce n’obtient rien. Tsipras, lui, a obtenu ce qu’il voulait, des bons sondages, et donc le pouvoir, pour un peu plus de temps.

    2. Julien, il est évident que je pensais  à un accord des maintenant. Regarder la realite en face, et prendre le chemin de moindre souffrance globale. Du courage plutôt cette lâcheté  voila qui serait vraiment Politique.

  15. Le problème est que nous nous prononçons sur ce que fait Tsipras, sans avoir les éléments de cette réflexion, les propositions faites à la Troïka et celle faites par la Troïka, le débat dans Syrisa sur la stratégie.

    Le discours d’Éric Toussaint devant le Parlement Grec, et les résultats de la Commission pour la Vérité sur la Dette Grecque devraient être publiés et communiqués aux Journalistes intervenant à la Télé ou sur les Radios sous la forme d’une lettre ouverte, puisque manifestement ils ne connaissent pas cette information [ou qu’ils la cachent sciemment…].

    Dans cette guerre de l’Information où l’information officielle connivente relève de la Propagande ou de l’Intoxication, ce serait une occasion de démontrer leur parti pris partisan, et d’aider les grecs en expliquant les raisons de la situation et les responsabilités de chacun en ce domaine. Il nous faut mener cette Guerre de l’Information contre ceux qui animent cette Guerre Économique et Financière, dont nous serons les prochaines victimes, si nous ne faisons pas le minimum de ce que nous pouvons faire.

    La Dette c’est quoi, qui en bénéficie et combien les bénéficiaires en ont il obtenu, non seulement par les intérêts, mais aussi par les soutiens gouvernementaux… [« too big to jail » trop gros pour la prison].

    Pour ce que je puis en juger, il me semble que le gouvernement grec est particulièrement habile dans ce jeu difficile, à règle du jeu variable, non établie, qui n’est autre que celle du Fort [celui qui possède la finance] contre les Faibles [les dominés, créateurs de richesses et constamment spoliés].

     

     

  16. Un avantage malgré tout dans l’approche d’un dénouement de cette importance est cette fébrilité des trolls qui, voyant les enjeux, se mobilisent  avec énergie pour commenter inlassablement — et parfois se dévoilent le plus crûment dans leur vraie pensée politique (au risque même d’avouer subliminalement leur xénophobie (l’ouest contre l’est). Un pensée qui est exactement à l’opposée des solidarités dont ce blog se fait l’écho.

    Au moins ça clarifie les positions réelles de gens qui préfèrent avancer masqués …

      1. Roooo le bins….!

        Je comprend, bueno….

         

        Non mais vigneron expliquer clairement permet de dissiper la confusion et puis c’est plus élégant et plus courtois.

        On s’est bien trouvé tous les 2……houlaaa 🙂

        donc je disais

        M Jorion fait souvent preuve de tact et d’élégance avec vous; je pense que vous êtes suffisamment à la hauteur pour lui montrer votre élégance aussi car je sais que vous en avez quand vous voulez…:-)

        Soyons fou, j’ai confiance en vous et en votre intelligence , c’est comme ça 🙂

    1. De la nuance…..

      M Seignan, je soutiens ouvertement et sans complexe aucun, Tsipras et son gvt, que les choses soient claires.

      Simplement , arrêtons le simplisme et les abus de langage, comme le dit JA, entre autres, les enjeux sont politiques et on nous fait croire que ceux ci sont techniques, et en coulisse c’est pire et  en doutiez vous ?

      Le peuple grec et les peuples , en général, méritent mieux que ces trafiquants et ce quelque soit leur origine, ne croyez vous pas que cela fait parti intégrante du SOLITON et la Féroce Cupidité de ceux qui tentent de garder les manettes ?

      C’est pire, c’est leur jus !

      demandez à Denis Robert ou lisez un de ses livres concernant les lessiveuses offshore .
      Prendre les populations en otage pour trafiquer comme ils le font; en nous racontant « la gentille petite histoire des gentils et des méchants » de façon aussi grotesque et odieuse, n’est ce pas criminel ?

      Tsipras va avoir beaucoup beaucoup de mal avec ceux là et il n’en n’a que plus de mérite.
      Surtout que les autres chefs de gvt se sont tous couché, ça doit bien y aller les scuds  » BACKDOOR »……

      Cela dit, vous avez raison inutile d’insister sur cet aspect sombre , le « sport » est pratiqué sur toute la surface du globe…..

      cordialement 🙂

      1. Chère Gudule, je n’ai pas très bien compris le sens de votre commentaire. En quoi douterais-je que l’enjeu est politique ? Je rappelle qui est en face d’Alexis Tsipras, non? Disons que c’est davantage un billet de soutien ; pour les analyses, j’ai renvoyé à celui de François Leclerc et d’autre part le billet de Zébu a été publié juste après le mien et il donne ces clés que vous semblez regretter que je n’aie pas données.

        Enfin j’admire énormément Denis Robert et son combat incroyablement courageux.

        Cordialement

      2. @Jacques Seignan :

        En fait , seul Basic Rabbit « aime et comprend » Gudule comme elle le mérite . Mais « sa voix s’est tue » .

        J’imagine une confrontation Gudule – Lagarde . Sur qu’on y verrait plus clair entre finesse et géométrie .

        La Grèce qui se veut le lieu de rencontre , le chiasme , entre passion et raison, serait le bon ring pour ce combat titanesque .

      3. @arkao :

        à l’export je crois qu’ils expédient surtout …en Belgique .

        @ Gudule : L’Est n’est jamais qu’à l’Ouest de l’Ouest , et il faudra bien discuter avec tout le monde , y compris Poutine .

        Quant à « s’ouvrir » , cela nécessite une confiance qui doit d’abord se forger et s’assurer . Confiance en soi , et en l’autre .

        L’Europe a-t-elle suffisamment confiance en elle pour faire confiance aux « autres » ?

         

      1. Vigneron n’apprécie pas poutine, c’est son droit et je suis d’accord avec lui à ce sujet .

        Est ?  Ouest ?

        et vous juanessy , qu’en pensez vous ?

    2. Saint Seignant Jacques, priez pour nous ! Vous qui êtes si pur, accordez nous votre pardon, dites seulement une parole …

  17. Bon, eh ben ça s’arrange en fin de compte…le FMI va être réglé rubis sur l’ongle à l’échéance du 30 juin, l’Europe va pouvoir continuer à prêter à la Grèce pour qu’elle rembourse….et pour les fonds européens, on attendra 2022-2023 pour revoir la question…entre temps, bien évidemment le populo grec va découvrir les vertus du civisme fiscal ( non non, pas besoin de liquide, vous pouvez payer l’hôtel en CB, la machine est réparée…), un miraculeux cadastre va permettre de taxer le foncier bâti et non bâti, les armateurs vont remettre au pot par dévouement national, un excédent primaire de 2-3% dû aux exportations d’Ouzo, devenu boisson à la mode se dégage….

    Comment on dit « gagner du temps » en grec ?

    enfin, la saison estivale se présente sous les meilleurs auspices, le champagne coule à flots à Mykonos!

  18. http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/06/23/grece-les-europeens-et-le-fmi-divises_4660106_3234.html

    « Nous vous voulons [vous, le FMI] avec l’ensemble de vos opinions et pas seulement à la carte. Que vous disiez aussi ce que vous pensez de la dette et pas seulement de nouvelles mesures pénibles », aurait lancé M. Tsipras à Mme Lagarde, rapportent aussi certains médias grecs.

    + http://philippewaechter.nam.natixis.com/2015/06/20/2-graphes-sur-leffort-fiscal-en-grece/

    et l’article d’Habermas, cf. dernier billet de Leclerc:
    http://www.sueddeutsche.de/thema/J%C3%BCrgen_Habermas

     

  19. « La Grèce est un symbole qui nous concerne tous. »

    Si je comprends bien, ce qui est véritablement en jeu, derrière (pardonnez-moi l’expression), tout ce beau bordel, c’est bien la démocratie que défend à corps perdu Tsipras, la Grèce et l’histoire de son pays, enfin, depuis l’antiquité.
    Rien que ça !
    Ou bien, croyons-nous, (nous : peuples européens) que la démocratie populaire n’a plus de sens réel dans ce monde actuel qu’on nous présente si complexe et confus, et dont seule une petite élite sérieuse, compétente et bien sûr adulte reste apte pour le gouverner, le diriger, le transformer, et même pouvoir en disposer largement pour se mettre à l’abri du besoin.
    D’où ma question, en guise de conclusion : à quoi demain servirons-nous, et que sera notre futur si nous ne pesons déjà plus rien dans la balance de ce qui se décide pour nous ?
    Alors, si la Grèce abdique, la démocratie se transformerait en un symbole perdu ?

    1. Ce serait mettre ( lâchement ) une responsabilité bien lourde sur la seule Grèce ;

      Si , comme je le sens , le pouvoir ( aussi bien institutionnel que de « moyens ») , est concentré dans un minimum de mains , la trace en est surtout donnée par le fait que le maximum d’incertitude pèse sur le maximum de gens dans la mesure où « l’économie dette » leur a permis de s’assurer la maîtrise de ce que tous les puissants ont voulu contrôler : le temps .

      La « nouveauté  » , c’est que ce temps mis sous tutelle est maintenant tout l’avenir imaginable . Accepterons nous que l’avenir nous soit définitivement confisqué ? Je vois pour ma part dans l’abstention croissante aux élections un premier signe de révolte encore passive , un peu , paradoxalement comme s’il fallait manifester en négatif démocratique , que la démocratie vraie et la définition de l’avenir sont notre fait .

       

      Nous tendons vers une « organisation  » sociale qui , pour permettre à ceux qui sont aux manettes d’y rester , ne peut qu’être totalitaire .

       

      Quand le vouloir ne vient plus des citoyens , et que le « pouvoir faire » leur devient interdit  ou « accordé », il n’y a plus de démocratie .

      Et je reste sur l’idée optimiste que , faute de démocratie , il n’y a pas d’organisation sociale viable , et que le chaos vient régler les blocages .

      Avec des morts , chez les Gudules et chez les Lagardes .

      Il faut rendre aux citoyens  leurs richesses et leur temps .

      En tordant le cou à la dette à perpète .A tout prix .

      Un espoir : le gros des classes moyennes qui plongent et découvrent qu’elles ne peuvent plus assurer ou « lancer » l’avenir de leurs enfants .

      1. « Et les vignerons alsaciens ? »

        Pour les les inscriptions au club c’est juanessy qui s’en occupe.

  20. @Jacques Seignan

    je n’ai pas compris non plus pourquoi vous parlez de trollisme alors que je soutiens ouvertement Tsipras .?

    A qui vous adressiez vous ? Vigneron a raison , il y a eu un méga sac de noeuds on dirait Holaaaaaaaa

    Je répondais à M Bacqué (message juste au dessus du mien ) et non à vous car je trouvais son message interessant mais sans nuance (intoxication, propagande , les gentils, les méchants, etc..). Comme je l’ai signalé dans un message dans un autre billet, ne soyons pas dupes, tout le monde sait trés bien que la nature du soliton n’est pas joli joli et que ce diktat féroce est alimenté et se nourri aussi du manque d’intégrité, de la duplicité et de la compromission d’individus de tous bords et ça c’est un défi plus qu’énorme pour tous les prétendants à la gouvernance, y compris pour la commission européenne à mon humble avis. C’est évident !

    Problème : au final, ce sont les peuples qui finissent toujours par être victime de leurs turpitudes , que la guerre soit financière ou avec des chars, ce sont toujours les populations qui sont prises en otage  par les mensonges et la duplicité, y compris de certains gouvernements ou de certaines institutions.

    cordialement

    @Juanessy

    je ne comprends pas en quoi le dialogue entre J Seignan et moi vous dérange alors que nous avons un dialogue cordial et respectueux et ce malgré nos divergences.

    Oui ,j’apprécie BasicRabbit, malgré ses excés et je ne vois pas en quoi cela vous pose problème non plus.

    En outre, je ne comprends pas pourquoi vous prenez ce ton  grinçant, méchant et désagréable à mon égard.

    Je n’ai pas peur de regarder clairement les choses en face, même quand c’est gris rose bleu ou noir et pourtant cela ne  ne m’empêche pas de croire en la vie et de m’émerveiller tout autant chaque jour, ne vous déplaise.

    Le manicheïsme et les contes soporifiques qui nous sont servi par les médias (entre autres) sont tout bonnement  indécents et carrément odieux au regard de ce qu’il se passe et dont nous parlons sur ce blog.

    Je suis contente de voir que Me Lagarde a toute votre estime et que vous appréciez la finesse de sa pensée à géométrie variable , je ne la trouve ni compétente ni intègre , au mieux elle suit . Pour la pensée, la profondeur et l’envergure , et la vision encore mieux, circulez il n’y a rien à voir….à son image soit inconsistante !

    En ce qui me concerne je préfèrerais, si j’avais la chance de la rencontrer,  poser des questions à une autre dame qui me semble tout de même d’une autre envergure et d’une autre intégrité dans la défense de ses idées : Me Eva Joly (entre autres).

    J’apprécie les batisseurs et surtout ceux qui ont une pensée constructive , généreuse et qui soutiennent leur peuple de préférence avec sagesse intelligence et finesse et à ce sujet Tsipras a mon admiration.

    Cela dit , si vous ne m’appréciez pas, et j’ignore d’ailleurs bien pour quelle raison ???? Dites le clairement, ça ira plus vite.

    Je vais encore plus vous décevoir, j’ai un gros défaut Juanessy, le pouvoir ne m’interesse pas, surtout celui qui prédomine tristement sous nos « tropiques », j’aime trop les gens et la vie  🙂

    1. Moi , j’aime tout le monde ! Gudule , Lagarde , Joly ….

      Je pressens que vous êtes célibataire car vous ne comprenez pas grand chose aux hommes , ou en tous cas à leurs mots .

    2. @ Gudule,

      je crois qu’il y a des confusions car le système des retraits dans les réponses aux commentaires sont moins évidents qu’ils ne l’étaient dans la précédente version — mais celle-ci est plus belle 🙂 . Cela étant vous vous adressiez à moi au début du commentaire. Mais bon tout ça c’est peu important.

      Quant aux trolls, qu’ils se reconnaissent !

  21. Juanessy, oui, avec vous j’ai un peu de mal à savoir quand vous plaisantez ou pas !

    Non mais vous étes marrant , vous vous tutoyez tous ici et je débarque (une bleue) et en plus je ne vous vois même pas

    rassurez vous mon célibat n’y est pour rien, j’aime tout autant me marrer et bien déconner avec des copains ou des amis peu importe homme ou femme.

    un peu chat écorché je reconnais.

  22. Ce doit être exténuant pour le gouvernement Tsipras de courir de réunion en réunion et entretemps de préparer des dossiers, qui ne seront même pas lus. On pourrait croire qu’ils auraient d’autres choses à faire plus utiles en Grèce pour occuper leur agenda de ministres.

     

    Bien sûr ils délèguent. Ce qui serait bien c’est qu’ils délèguent les compétences de négociateurs à des spécialistes et fassent leur job de ministre. Mais à qui? Pourquoi pas à des banquiers? Ils parlent la langue des économistes mais eux savent compter et (ou car?) ils n’ont pas d’idéologie. Puis, puisque tous leurs malheurs viennent des banques, il serait juste que des banquiers trouvent les solutions. Pourquoi pas des banquiers russes ou chinois? Tant qu’a être en guerre…

     

    Il est facile de se comprendre entre banquiers quand on parle d’argent, et un défaut de la Grèce représente beaucoup d’argent partant en fumée. Les quelques milliards du FMI, les quelques dizaines du Fond Européen, autant pour les prêts de la BCE, qui elle se fiche totalement de les perdre puisque les banques centrales s’auto-financent à volonté. Ce qui fera mal en cas de sortie c’est le solde Target-2, de la Grèce envers la zone euro, une bonne centaine de milliards. Même si la Grèce décide de rembourser une partie de ses prêts, en Drachmes, le solde Target sera perdu.

    Tout ça pour pour 2 milliards à voler aux retraités grecs, quand la BCE prête 60 milliards par mois aux banques à taux zéro? Je crois qu’on peut compter sur la BCE pour intervenir de façon à empêcher la Grèce de quitter l’Euro.

     

    Tout le monde a compris que, outre les échéances proches, l’arbre qui cache la forêt, le problème est le montant fantastique de la dette restant à rembourser, mais c’est impossible, ou du moins à financer, mais c’est écrasant. Finalement, la solution arrangeant tout le monde est un défaut général, qui perd le statut de risque pour devenir « restructuration de la dette », ce qui est nettement plus présentable. Et du coup le risque d’un autre défaut devient nul, bonne affaire. Reste le packaging à dessiner, notamment pour faire passer la pilule aux allemands.

     

    Je ne sais pas si j’ai de l’admiration pour le gouvernement Tsipras : 5 mois de négociation ininterrompues avec une volonté évidente d’aboutir, et pas un seul claquement de porte devant l’intransigeance de la Troïka et des reculs quotidiens sur les lignes rouges pour tenter de l’amadouer. Trahison du mandat de l’électeur? Non, les grecs veulent rester dans l’Euro, c’est clair. Question d’honneur national et parce qu’ils se sentent protégés de nouvelles mesures d’austérité par leur gouvernement. Ce n’est plus, comme en 2010, une question de conserver ses économies en Euro, les banques sont vides.

     

    Je suppose qu’il faut voir les choses comme ceci : tant que rien n’est signé les lignes rouges n’ont pas bougé. Tsipras fait durer le spectacle pour se préparer au mieux à rester dans la zone Euro tout en faisant défaut. Une fois le défaut déclaré et la dette aux oubliettes il pourra faire son vrai boulot : diriger le pays.

    1. tant que rien n’est signé les lignes rouges n’ont pas bougé

      C’est ce qu’oublient beaucoup de commentateurs.

      On pensait que c’est lundi que tout se jouait, et puis s’est reparti pour un tour avec la possibilité d’aboutir à une chose ou son contraire. Nous prêtons des intentions aux différents acteurs du drame, mais ce drame ils ne le jouent pas comme on joue un texte qu’on a appris et répété, car ici personne n’en a écrit le livret. Ils anticipent bien sûr des coups, mais ils avancent tout aussi bien à tâtons en terrain inconnu.  La politique par définition est ce terrain dont la configuration se transforme au gré des mouvements de ceux qui y sont engagés de gré ou de force. Il s’agit d’amener l’adversaire sur son propre terrain avec ses propres règles du jeu et tout passe par des mots, chargés de signification et d’affect. Ou carrément d’inventer un nouveau terrain, pour jouer un nouveau jeu. C’est ce me semble ce qu’essaie de faire Tsipras depuis son élection. Et sur le plan il a été bon. Avec la tempête la mer  néolibérale a rejeté sur le rivage ses cadavres.

      Tout au plus, les joueurs se mettent-ils en scène, et pourquoi en irait-il autrement d’ailleurs, quand les enjeux sont d’abord politiques.  La politique  joue de tous les registres. Et tous les coups sont permis. Seuls sont interdits ceux que l’on s’interdit soi-même  de jouer.  Et en  l’occurrence, si l’on a vu un Tsipras se permettre d’aller en Russie poutinienne bien peu démocratique, on a vu aussi dans le camp d’en face, des joueurs qui eux ne s’interdisent quasiment rien  ! Un exemple parmi bien d’autres, la déclaration irresponsable  la BCE qui a visé à déstabiliser le gouvernement Tsipras en évoquant la menace du bankrun. http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5N0Z44MJ20150618

      Ce  serait commettre dans le domaine de la politique la même erreur que celle que l’on commet dans le domaine de l’économie lorsque l’on suppose l’existence d’anticipations rationnelles censées expliquer la façon dont les choses se déroulent. Bien entendu nous faisons tous des « calculs », essayons de mettre un peu de logique dans ce magma politique, mais le fait est que les affects sont une dimension de la politique, celle qui permet de donner du corps aux idées, et parfois font fondre les glacis idéologiques. Pour faire court, et imagé,  d’un coté nous avons l’affect (simulé ou pas, peu importe) d’Harpagon « ma cassette, ma cassette, au voleur, au voleur ! » et de l’autre  l’internationale.  Tsipras  en défendant  les intérêts du peuple Grec, mobilise, a mobilisé, des  Grecs épris de  justice sociale et par delà beaucoup d’européens qui se reconnaissent dans ce combat car s’identifiant au destin du peuple Grec dans ce qu’il a de meilleur. Entre parenthèses, il est assez choquant de lire ou d’entendre régulièrement des propos selon lesquels il y aurait d’un coté Tsipras le Grec, et de l’autre les Européens. Non, désolé, le plus européen en ce moment c’est Tsipras.

       

      1. Oui, M Dambrine, d’accord avec cette analyse. Tsipras , Varouf et son équipe méritent VRAIMENT notre soutien à tous, ne serait ce que pour le soutien indéfectible qu’il apporte aux grecs, son peuple. OUI, tout cela va , bien au delà, effectivement de la petite cuisine politicienne mesquine à laquelle nous sommes malheureusement tous habitués , ce qui n’est pas NORMAL !

        C’est un dialogue de sourd depuis le début  : c’est du cinéma , ils essaient de le faire lâcher et lui est intègre entier et sincère, « bisounours » comme moi, dirait juanessy….. 🙂

        ça dérange !

        En outre, je pense qu’ils sont allés bien au delà du cynisme . Les dégats psychologiques qu’ils ont commis vis a vis des peuples et de ceux qui suivent et observent cette affaire de prés  et croient encore au retour de la démocratie sont irréparables. C’est dire leur degré d’inconscience et d’aveuglement ….

        http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-les-crediteurs-ont-refuse-les-propositions-grecques-486739.html

        « Une réunion entre les dirigeants de la Commission européenne, de l’Eurogroupe, du FMI, du Mécanisme européen de stabilité, de la BCE et avec le Premier ministre grec Alexi Tsipras doit avoir lieu mercredi à 13 heures. Les retraites, la TVA et la fiscalité des entreprises restent des points de friction. »

      2.  le plus européen en ce moment c’est Tsipras.

        Non Pierre-Yves, si Tsipras est là où il est, et toujours bien là, c’est parce qu’il est d’abord et avant tout tsipriste.

  23. 4, sinon 6, mois de discussions chrematistiques à Francfort contrebalancées par trois sauts de puce à Saint-Petersbourg pour un tuyau poisseux, pour finalement finalement calencher gauchistement sur les retraites autochtones… c’est pas joli, joli. M’enfin.

    1. La crème artistique, Patrick Viveret en cause :
      Grèce : laboratoire de la fraternité ?

      « La Grèce est un berceau de la culture européenne : la mettre à l’écart de l’Europe serait une erreur selon Patrick Viveret. Si on voit souvent en elle le symbole d’une crise qui pourrait concerner aussi l’Europe et le monde, le philosophe la considère avant tout comme un laboratoire de la fraternité… un mot que les « têtes à claques » qualifieront de « Bisounours », mais qui pourrait remettre les choses à leur place, à commencer par l’argent. »
       

  24. @ Olivier Hofman (s’il me lit éventuellement).

    Merci pour votre lettre au Premier ministre grec.

    J’ai exprimé ma profonde admiration pour lui ; vous dites votre sympathie et votre affection, que je partage. Ces billets complémentaires ont pu être publié sur ce blog et nous pouvons encore en remercier Paul Jorion — un média qui dit autre chose alors que propagande n’a jamais été aussi intense. Et malheureusement avec succès.

    Aujourd’hui, les dirigeants français découvrent (?) que depuis Chirac, les présidents sont écoutés par leur Grand-Ami. Ils vont dire « ah je ne suis pas content » et puis hop ils feront tout pour signer le TAFTA à venir. L’asservissement est total. Le combat des Grecs peut (va?) échouer mais il sème des graines car il aura été clair que la domination des Seigneurs n’admet aucune contestation, même si des raisons rationnelles pourraient justifier des inflexions à leur stratégie mortifère. Hybris.

    1. …dans les billets parus (désolé pour la faute) je n’oublie pas bien sûr ceux de P. Jorion, F. Leclerc, Zébu et M. Leis !

  25. « C’est mythique ? » oui pour juanessy et pour ceusses ceux qui cherchent des cloclodettes :-).

    perso c’est mystique, enfin je passais par là, sur le blog PJ , tranquille  et puis …..  🙂

     

  26. D’accord avec Helmut Schmidt mais derrière eux, c’est nous, les européens, qui partiront au diable. Pour garder la Grèce il faut négocier mais parler de religion féroce n’aide pas plus que de parler de fond anthropologique bordélique grec ou de non-viabilité intrinsèque de l’euro, à mon avis. S’il y a une sainte alliance quelque-part, c’est bien celle que forment ceux qui rêvent de la disparition de l’euro.

    Ne peut-on pas négocier les coupes budgétaires dans l’armée et l’église contre l’exonération des classes les plus défavorisées de celles sur les retraites et la protection sociale en général ainsi que le gel de la TVA sur les produits de base ?

    1. Si, c’est bien une religion féroce, et il faut en parler, car il ne s’agit pas (plus) de négociations, mais de guerre, une guerre qui est menée contre la démocratie, avec des méthodes de voyous puisqu’il faut faire ramper l’adversaire face contre terre, l’humilier, le détruire, sinon comment expliquez-vous ce qui suit :
      « Les positions se durcissent entre
      Athènes et l’Europe. « On semble encore loin d’un accord », assure Laurent Desbonnets qui montre « un document normalement confidentiel »« Il s’agit des propositions de réformes faites par Athènes et corrigées à l’encre rouge comme la copie d’un mauvais élève par les créanciers de la Grèce« , explique le journaliste de France 2. « Ils veulent plus d’efforts. Le paragraphe sur les retraites a par exemple été complètement réécrit », précise-t-il… »

      Ce n’est  plus de l’acharnement c’est de la rage.  
      https://fr.news.yahoo.com/grèce-semble-encore-loin-dun-accord-202837501.html

      1. Excusez-moi mais je vous retourne la question. Comment pouvez-vous prétendre expliquer quoi que ce soit avec une théorie basée sur un axiome pareil : « c’est une religion féroce » ? Franchement. C’est des salauds, ça marche presque mieux.

      2. Une « religion féroce » c’est un ensemble de pratiques et de croyances qui font système, dire que ce sont des salauds n’expliquerait rien en effet mais encore faut-il montrer que cette férocité existe, la nier serait envisager le problème en éludant une partie du constat et donc biaiser toute explication.  En l’occurrence, ce sont des rapports de force fondés sur le pouvoir de l’argent légitimés par une pseudo-science économique au nom de laquelle sont imposés  des sacrifices, pardon, des cures d’austérité.
        Imaginez un instant un anthropologue qui omettrait de rendre compte des sacrifices humains dans la société Aztèque et d’expliquer leur fonction dans cette société. On dirait juste qu’il n’a pas fait son boulot.

      3. Bonjour Pierre-Yves

        Les circonstances de la vie m’ont mis en rapport avec un ancien banquier de la Deutschbank (installation de sa pompe à chaleur), nous avons papoter et il m’a raconter brièvement son parcours.

        Aujourd’hui, il a arrêter ce métier pour se consacrer à l’économie réelle plus près des entreprises, c’est ce qui le motivait en précisant bien entendu qu’il gagne beaucoup moins.

        Il y a deux raisons de l’arrêt de son arrêt du métier de banquier, la première étant qu’on a laissé trop de pouvoir aux ordinateurs et la deuxième étant la remarque d’un collaborateur qui lui reprochait son manque de lobying. C’est en gros ce que j’ai pu comprendre.

        Ces deux points, il me semble, font partie de la religion féroce dont vous esquissez les contours. Plus personnellement, je considère cette religion comme le poids ou le mensonge des habitudes et ne se rencontre pas seulement au plus haut niveau financier mais également chez les simples citoyens avec cette propension à la Marie Antoinette « après moi le déluge ». Beaucoup trop de citoyens considèrent encore que les Grecs comme des fainéants fautifs.

        Nous n’avons pas d’autres solutions que de tenir tête à cette religion féroce que ce soit à Bruxelles, sur ce blog ou dans notre entourage. Merci à vous et…. à Alexix Tsripras

         

         

  27. Il reste étrange que le sort , sinon de la Grèce , mais au travers d’elle de l’ambition politique d’une Europe qui signifie quelque chose dans le monde , soit laissé au bon ou mauvais vouloir d’un attelage  ( Commission , FMI , BCE ) dont les assises démocratiques sont plus que critiquables .

    Le leadership politique capable de rappeler l’ardente obligation européenne , est on ne sait où . Merkel et Hollande ont ils définitivement abandonné cet idéal pour choisir sans le dire le leadership et l’american way of life?( volets ouverts à l’ouest ).

    Il serait peut être temps que les parlementaires européens se manifestent pour justifier leur existence .

    1. Les Français voulaient l’Europe des nations de de Gaulle ? Ils l’ont. C’est tard pour chouiner.

      1. vigneron, ni toi ni moi n’étions en âge de voter lorsque de Gaulle était au pouvoir.

    2. Les deux dirigeants que vous évoquez ont des idéaux sans doute, mais ils sont si bien encastrés dans la religion féroce qu’ils sont incapables de penser le monde d’aujourd’hui autrement que dans les termes d’un système avec lequel ils font corps.

      Hollande se fiche de savoir qu’on l’écoute à l’Elysée puisque lui-même ne voit pas d’inconvénient que ses compatriotes soient écoutés.  Merkel fut écoutée (l’est-elle encore ?) mais elle-même (enfin ses services de renseignements) écoutait ses « amis » européens pour le compte de la NSA.  Ces gens  s’accommodent parfaitement de la complexité –ici sur son versant sécuritaire — qu’évoque régulièrement Paul Jorion à propos du soliton. C’est pour eux le prix à payer pour maintenir le système en l’état. Et ceux qui les écoutent font partie d’un même monde. Par contre leurs propres citoyens n’en font pas (ou plus) partie en dépit de leurs efforts pour leur envoyer des signaux d’empathie.

       

      Le philosophe Gilles Deleuze  au tournant des années 90 évoque une  « société de contrôle », qu’il oppose à la société disciplinaire qu’avait définie Michel Foucault. Nous y sommes en plein.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Société_de_contrôle  
      … ce qu’écrit Deleuze sans le dire, c’est que disparaît l’instance qui énonce la loi (le « tu n’es plus à l’école… »). Un ordre était énoncé, établi et la tour du panoptique pourrait en représenter l’instance (le directeur de l’usine, de l’hôpital, etc. Robert Castel : « Le médecin est la loi vivante de l’asile… »10). Lorsque tombent les murs, les tours s’effondrent et plus aucun ordre n’est dit. Ce qui se lit dans le texte même de Deleuze : il n’y a plus personne pour énoncer l’ordre et « on », qui n’en finit jamais avec rien, se retrouve sans référence, personne pour lui dire « Tu n’es plus à… » Livré à soi-même mais non pas libre : abandonné. « Beaucoup de jeunes gens réclament […] d’être “motivés”. »
      ..
      Parmi les nombreux éléments identifiés par Deleuze, il faut relever l’importance, dans le contrôle, de l’information et de son traitement. Alors que les sociétés disciplinaires sont « réglées par des mots d’ordre », le contrôle « est fait de chiffres, qui marquent l’accès à l’information, ou le rejet ».
      Cela s’articule à l’idée de Deleuze qu’à un type de société correspond un type de machines : « Les vieilles sociétés de souveraineté maniaient des machines simples, leviers, poulies, horloges ; mais les sociétés disciplinaires récentes avaient pour équipement des machines énergétiques […] ; les sociétés de contrôle opèrent par machines de troisième espèce, machines informatiques et ordinateurs… »1
      Les murs se sont effondrés mais rien n’a remplacé  la loi qui préexistait. Il ne s’agit pas bien entendu de revenir à l’ordre ancien, mais d’énoncer les nouvelles lois universelles sans lesquelles il n’y aura ni paix, ni justice sociale, si même survie de notre espèce humaine. 

      Quant au leadership européen, aujourd’hui, c’est Tsipras qui l’exerce. Lui, s’oppose à la société de contrôle en s’attaquant à tout un pan de son idéologie. Ce leadership n’est peut-être que moral, mais il faut bien commencer quelque part.

      1. Théâtre d’ombres :

        La loi renseignement est adoptée sans broncher

        25 juin 2015 |  Par Stéphane Alliès et Ellen Salvi

        La révélation des écoutes de l’Élysée par la NSA n’a pas eu d’effet sur les députés au moment de voter le controversé projet de loi sur le renseignement, facilitant et donnant davantage de moyens à la surveillance opérée par les services. Avant le vote, la majorité au pouvoir s’est contentée de marteler que le texte français n’avait « rien à voir » avec les écoutes américaines.

        Cela n’a rien changé. Mercredi 24 juin, au lendemain de la révélation de l’espionnage de trois présidents français par les services secrets américains, les états d’âme des politiques n’ont pas varié. En première lecture, le 5 mai, 438 députés avaient approuvé le projet de loi renforçant les dispositifs de surveillance et d’espionnage ; 86 s’étaient prononcés contre ce texte vivement critiqué par de nombreux responsables de défense des libertés publiques ; 42 s’étaient abstenus. Mercredi soir, il n’y a même pas eu de “scrutin public” recensant les suffrages de chacun. Un simple vote à main levée a suffi.
        http://www.mediapart.fr/

        MAIS c’est pas fini……

        http://www.liberation.fr/video/2015/06/25/franceleaks-les-documents-les-plus-importants-restent-a-venir-annonce-julien-assange_1336691

        Julian Assange : « Les Etats-Unis jouent un sale jeu » avec les entreprises françaises

        http://www.latribune.fr/economie/international/julian-assange-les-etats-unis-jouent-un-sale-jeu-avec-les-entreprises-francaises-487068.html

  28. Tsipras a déjà été mis en minorité relative hier à la Vouli sur la réforme de la citoyenneté. Malgré des arrangements avec les nationaux-populistes de Kammenos, ceux-ci ont voté contre et le texte est passé grâce à Potami et au Pasok.

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