Archives par mot-clé : religion

Pier Paolo Pasolini : « Projet pour un film sur saint Paul » (1968)

De la même manière qu’il avait tourné en 1964 L’Évangile selon saint Mathieu, considéré aujourd’hui selon l’Osservatore Romano (le 22 juillet 2014), comme « le meilleur film jamais fait sur Jésus » et « le symbole de l’Église miséricordieuse de François », Pier Paolo Pasolini rédigea quatre ans plus tard le scénario d’une vie de saint Paul. Continuer la lecture de Pier Paolo Pasolini : « Projet pour un film sur saint Paul » (1968)

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La parole religieuse, par Dominique Temple

Billet invité.

  1. Les Deux Paroles

On doit à Claude Lévi-Strauss une réflexion décisive sur la naissance de la Parole. Cette réflexion est menée dans un contexte anthropologique. C’est en effet le face à face entre deux bandes nomades de Nambikwara (Indiens du Brésil occidental), qui lui sert d’exemple. Lorsque deux groupes humains qui s’ignoraient se rencontrent pour la première fois, ils s’immobilisent à une certaine distance ; si l’homme était un animal, il fuirait par crainte ou s’associerait comme les brebis dans un troupeau. Rien ne se passe de ce genre : le désir et la crainte se neutralisent et engendrent une affectivité de plus en plus angoissée jusqu’à ce qu’elle puisse se dissiper dans la Parole.

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VentsContraires.net, Paul Jorion : Croyance ou engagement

Sur le site VentsContraires.net, c’est ici.

Les idées que j’exprime dans la vidéo relatives à « croire » et « savoir » et à l’adhésion, se trouvent dans Principes des systèmes intelligents (1989)

Blog de PJ : Ce n’est pas Dieu qui nous sauvera !, le 22 novembre 2014

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Framboises : esquisse d’une religion, par Jacqueline Hafidi

Billet invité. Également publié sur Hafiline.

Elles ont beau se cacher sous les tiges que je redresse, je les dévoile et je les avale sur place, ogresse placide. Ça fait trois semaines que ça dure, et mon appétit enfle. La frénésie n’a de fin qu’après complète éradication du rouge dans la bande touffue. Ne reste, après mes expéditions matinales, que le buisson pâli en train d’envahir les fraisiers des bois à demi sauvages qui se sont installés, venus je ne sais d’où, jusque dans les allées. Les stolons ont le chic pour imiter de souples aiguilles brunes avant de fixer leurs imperceptibles radicelles dans les interstices les plus imprévus.

Arrive le jour où elles (les framboises) se laissent égrener par le temps et si je ne fais pas attention, elles rejoignent la terre herbue et les insectes mystères, toutes molles de leur future disparition. Mais de quelle maladresse humaine suis-je la détentrice volontaire en tolérant que le fruit nourrisse un bout de parcelle qui ne m’appartient d’ailleurs que pour un infime instant d’absurde propriété ? N’est-il pas légitime de laisser leur part aux loches et aux oiseaux en domestiquant ma faim vorace ?

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Un nouveau parti ? Beuark ! Mais si on inventait une nouvelle religion ?

En 1934, John Maynard Keynes disait à Virginia Woolf qui nous l’a rapporté : « Notre génération […] doit beaucoup à la religion de nos aïeux […] Et les jeunes […] qui sont élevés sans elle, ne retireront jamais autant de la vie. Ils sont prosaïques : comme des chiens avec leurs impulsions. Nous avons bénéficié du meilleur de deux mondes. Nous avons détruit le christianisme mais nous avons bénéficié de ce qu’il apportait » (Robert Skidelsky, John Maynard Keynes II, 1992 : xx).

Je repensais à cela quand je faisais hier de quelques propos tenus récemment par le pape François un « billet invité » improvisé. François a déjà été cité par moi élogieusement à plusieurs reprises, au point d’attirer l’attention du quotidien La Croix à ce sujet, qui me commanda en mars Le pape François face à l’anesthésie des esprits.

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« BIEN SEULE DE MES ENFANTS ABSENTS… »

Comme disait Keynes : nous nous sentirons vraiment beaucoup mieux quand nous nous serons débarrassés de toutes les âneries criminelles que nous ont apporté les religions, mais comme il ajouta un jour dans une conversation avec Virginia Woolf : il serait pourtant criminel de jeter le bébé de la générosité et du savoir vivre ensemble avec l’eau du bain.

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QUI EST KEYNES ? (III) EST-IL UN ANTICOMMUNISTE (PRIMAIRE) ?

Un peu plus de sept ans s’étaient écoulés depuis la Révolution d’octobre quand Keynes fut invité en Union soviétique au mois de septembre 1925 en tant que représentant officiel de l’université de Cambridge. Le tapis rouge fut déroulé devant lui durant les deux semaines de son séjour. Le mois précédent, il avait épousé celle qui était sa compagne depuis plusieurs années : la ballerine russe Lydia Lopokova, qui l’accompagna durant ce voyage. Il fut également reçu dans la famille de celle-ci et l’occasion lui fut ainsi donnée de voir la société soviétique sous différents éclairages : celui des dirigeants qui étaient ses hôtes mais aussi celui des gens ordinaires : le père de Lydia était ouvreur de cinéma.

Académie des sciences, Moscou 1925

John Maynard Keynes (tourné vers nous au premier rang) à l’Académie des sciences à Petrograd en 1925. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Keynes fit part de ses impressions de l’Union soviétique dans trois articles dont la teneur fut rassemblée plus tard dans « A Short View of Russia », un cahier qui fut publié par les Hogarth Press de Leonard et Virginia Woolf, fait qui n’est pas purement anecdotique si l’on pense qu’à cette époque Bloomsbury se convertissait en masse au marxisme et à l’admiration de la Russie sous son nouveau régime.

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POUR CEUX QUI DOUTENT, par Michel Leis

Billet invité

Lors de son déplacement à Athènes, le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, s’est déclaré « très impressionné par ce que la Grèce a déjà réalisé en matière de rééquilibrage budgétaire et de modernisation de l’économie ». Pour ceux qui en doutaient encore, une économie en voie de modernisation ressemble donc à l’économie grecque avec ses 27 % de taux de chômage et un appauvrissement généralisé de la population. Évidemment, on oublie toujours que la success story de l’économie allemande tient pour l’essentiel à l’application des mêmes recettes : appauvrissement des travailleurs intérieurs (les lois Hartz) et extérieurs (les travailleurs mal payés des ex-pays de l’Est). Sa résistance face au chômage s’explique surtout par un contexte démographique particulier et une économie qui ne s’intéresse qu’aux clients riches et solvables partout dans le monde, en s’appuyant sur la flatteuse marque de fabrique « made in Germany » très porteuse, mais difficilement transposable.

Le décalage entre les déclarations de Wolfgang Schäuble et la réalité vécue par la population grecque illustre un autre aspect du discours dominant. Cela fait déjà quelques années que je m’interroge sur les normalisations sociales implicites dont le rôle est essentiel dans la fabrication du consentement. C’était l’un des thèmes principaux de mon essai et le sujet de mon dernier billet. La disparition de la norme de progrès et l’épuisement très rapide de la norme de consommation créent un vide inquiétant, situation qui ne devrait pas avoir échappé à nos dirigeants.

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INTERFÉRENCES, par Michel Leis

Billet invité.

Les mouvements qui agitent le Monde musulman plongent les pays occidentaux dans une grande perplexité, leur position ambiguë dans le conflit syrien n’est que l’un des indices de cet embarras. Pourtant, l’interventionnisme à géométrie variable depuis plusieurs décennies demeure la règle et pose une fois de plus la question compliquée des rapports qu’entretiennent Occident et Monde musulman.

L’idée qui prédomine, c’est celle d’une confrontation déjà ancienne. Au milieu du 8e Siècle se joue en moins de 20 ans et en deux batailles une partie du destin du monde dont les effets sont encore perceptibles aujourd’hui. En 732, un siècle exactement après la mort du Prophète, les armées arabes sont défaites aux environs de Poitiers, marquant la fin de l’expansion vers l’Ouest et le Nord. En 751, à la bataille de Talas [i] s’arrête le chemin vers l’Est du Monde musulman malgré une victoire sans appel des armées arabes sur les armées chinoises. La rapidité de l’expansion initiale illustre la vigueur de la nouvelle foi et son prosélytisme, elle s’appuie sur le sabre, mais aussi sur un réseau de marchands arabes préexistant à cette expansion tout autour de la Méditerranée et le long de la Route de la Soie. La Reconquista, les Croisades et l’expansion turque changent les frontières jusqu’à la bataille de Vienne en 1683 qui fige un temps les contours de ces deux mondes, avant que le déclin de l’Empire ottoman, la décolonisation et l’effondrement de l’Empire soviétique ne mette à nouveau les frontières en mouvement. On aurait tort pourtant de voir dans cette longue période deux mondes unis en confrontation directe. Ces deux mondes sont traversés par des rivalités internes entre États et des schismes religieux (Catholicisme / Protestantisme ou Sunnisme / Chiisme) à l’origine de conflits toujours d’actualité.

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LES DÉBATS VARENNE, La finance sert-elle encore l’économie ?, lundi 5 décembre 2011 de 20h à 22h

Union des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts et Mouvement chrétien des cadres et dirigeants

Débat entre Paul Jorion, Anthropologue et économiste, expert en économie financière et Pierre Lecocq, Président de Plastic Omnium Auto Inergy, ancien président des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens.

A donné lieu à de très intéressantes discussions sur l’entreprise, la morale et la religion.

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Civilisation, religion et monnaie, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

L’esprit du capitalisme d’après l’œuvre de Max Weber est très éclairant. En le croisant avec le commentaire de Zebu, essayons d’expliciter cette rupture que nous présentons sous différents angles. Si nous nous plaçons dans le cadre conceptuel des quatre causes d’Aristote, nous avons la double distinction physique/métaphysique et subjectivité/objectivité. Le sujet humain qui pense, décide et agit se trouve des deux cotés des deux distinctions. Mais les trois actualités humaines (ce dont nous sommes témoins) sont d’un seul coté à la fois des deux axes. Posons pour le moins l’hypothèse afin de bien intelligibiliser les deux dialectiques :

1) La pensée est métaphysique et subjective. La pensée est libre de la matière.

2) La décision est physique et subjective. La décision est libre de l’objet.

3) L’action est physique et objective. L’action est libre de la métaphysique.

Nous trouvons dans la pensée, la décision et l’action trois relations logiques entre la physique et la métaphysique, la subjectivité et l’objectivité et enfin la subjectivité et la physique. Ces trois relations définissent trois ordres distincts de l’actualité humaine ; les ordres de la finalité, de la formalité et de la matérialité. Ces trois ordres sont communs à Platon et Aristote. Mais Aristote en définit un quatrième pour réconcilier la métaphysique avec l’unité du sujet qui en un seul être pense, décide et agit. Aristote considère l’effet de la réalité ; une réalité unique en elle-même malgré les distinctions intellectuelles de la fin, de la forme et de la matière introduites par la métaphysique.

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Le temps qu’il fait, le 2 avril 2010

Peter Laslett (1915 – 2001)

La transmission des savoirs, avec G. Delbos (Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme 1984 ; 1991 ; 2009)

Max Stirner (1806 – 1856)

Comment la vérité et la réalité furent inventées (Gallimard 2009)

Le dimanche de Bouvines (1973) est un livre de Georges Duby (et non d’Emmanuel Le Roy Ladurie comme je le dis erronément). Ma mémoire m’a trahi, désolé !

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