Archives par mot-clé : Sigmund Freud

Les temps qui sont les nôtres : Le chien est intelligent mais l’homme l’est-il ? le 7 avril 2018 – Retranscription

Retranscription de Les temps qui sont les nôtres : Le chien est intelligent mais l’homme l’est-il ?. Merci à Marianne Oppitz et à Catherine Cappuyns ! Ouvert aux commentaires.

Bonjour. Nous sommes le samedi 7 avril 2018 et aujourd’hui je ferai une petite causerie dont le titre provocateur est : « Le chien est intelligent mais l’homme l’est-il ? ». Et si vous suivez un petit peu mon actualité, vous vous doutez d’ores et déjà qu’il s’agit de réflexions dans le sillage de la table ronde qui a eu lieu il y a exactement une semaine à Paris, à la Sorbonne, où j’étais interrogé en compagnie de Madame Catherine Simon qui est une spécialiste de la robotique, de Monsieur Raja Shatila qui représente la recherche en intelligence artificielle en France et nous étions interrogés par Madame Maylis Besserie. L’émission est visible sur l’internet – le podcast également maintenant – et elle est passée en direct en fait entre 14 heures et 15 heures, hier vendredi sur France Culture.

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Les temps qui sont les nôtres : Le chien est intelligent mais l’homme l’est-il ?

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Nous sommes très intelligents … et très manipulables

France Culture, Forum « Les révolutions de l’intelligence » en public à la Sorbonne, le 31 mars de 2018

The Washington Post : A new study suggests fake news might have won Donald Trump the 2016 election, par Aaron Blake, le 3 avril 2018

Selective Exposure to Misinformation: Evidence from the consumption of fake news during the 2016 U.S. presidential campaign, par Andrew Guess, Brendan Nyhan, Jason Reifler, le 9 janvier 2018

Fake News May Have Contributed to Trump’s 2016 Victory, par Richard Gunther, Paul A. Beck, Erik C. Nisbet, le 8 mars 2018

Paul Jorion : Principes des systèmes intelligents, Masson 1989 ; Le Croquant 2012

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Le temps qu’il fait le 29 septembre 2017

Un tout autre regard

Paul Jorion, À quoi bon penser à l’heure du grand collapse ? Fayard (à paraître le 3 novembre)

France Culture, Entendez-vous l’éco : La mort du capitalisme, le 28 septembre 2017, avec Pierre Dockès et Clara Gaymard (et non « Gayraud » comme je le dis malencontreusement dans la vidéo)

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« Qui étions-nous ? » La culpabilité n’est pas éliminable

Il y a dix jours, je publiais un échange avec Luc Baudoux à propos de la culpabilité, j’y indiquais que j’étais précisément en train d’écrire le chapitre à ce sujet de « Qui étions-nous ? », le voici.

La somme des préoccupations des choses à faire, qu’il s’agisse de soucis ou d’aspirations, nous cause du désagrément. Elles se renouvellent constamment parce que notre corps perd sans cesse ses forces et doit sans cesse les reconstituer, et ceci au sein d’un monde en constant changement.

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Échange à propos de « Vers un nouveau monde »

Vers un nouveau monde

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Le 3 septembre, 2017 à 23h28

Bonsoir Paul,

A propos de votre dernier livre « Vers un nouveau monde ».

En le lisant, j’ai ressenti la même impression que certains de vos lecteurs dont la réaction vous a déçu : je l’ai déjà lu. Vous y reprenez vos thèmes favoris, ordonnés d’une manière plus didactique. En caricaturant un peu, c’est moins un essai qu’un manuel. Mais il ne m’a pas déçu ! Seulement, à mon sens, il n’est pas vraiment destiné à votre lectorat habituel.

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Jacob Taubes (1924 – 1987), l’homme qui avait tout compris … et qui en est mort de rire !

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Jacob Taubes et … quelqu’un qui l’aime bien manifestement
Jacob Taubes, né en 1924 et mort en 1987, était selon ceux qui l’ont connu, un personnage infréquentable. L’un rapporte à son propos : « Il sollicitait votre avis avec un œil pétillant, puis, dès qu’on commençait à lui répondre, son regard se voilait d’un immense désintérêt qui vous blessait profondément » (Heinz Wismann selon Aeschimann 2009), un autre dit : « Il sonnait chez toi à 11 heures du soir et te disait : « Je voudrais dormir dans ton lit ! » ».

Qu’est-ce qui le rendait aussi impossible ?

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En attendant l’immortalité, nous préférons tuer le temps

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Si nous ne croyons pas à l’immortalité de l’homme, il n’est de diversion qui ne soit capable de nous faire dérailler d’un véritable idéal car nous faisons feu de tout bois pour tenter d’oublier que nous sommes mortels. Et si nous croyons au contraire à l’immortalité future, nous ne savons trop, en attendant, comment occuper le temps qui nous est donné ici-bas. Si bien que l’observation du genre humain révèle une espèce qui, pour une raison ou une autre, s’active fébrilement à tuer le temps.

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100 millions de dollars pour le projet « Maman ! Vite ! Au secours ! »

Sigmund Freud écrit dans « Deuil et mélancolie » (1917) : « Il est […] remarquable qu’il ne nous vienne jamais à l’idée de considérer le deuil comme un état pathologique et d’en confier le traitement à un médecin, bien qu’il s’écarte sérieusement du comportement normal. Nous comptons bien qu’il sera surmonté après un certain laps de temps, et nous considérons qu’il serait inopportun et même nuisible de le perturber. »

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Le temps qu’il fait le 5 décembre 2014

Sur Dailymotion, c’est ici.

La vidéo : Le travail disparaît, et c’est ce que nous avons voulu

Il y a des gens qui s’amusent régulièrement à enlever cette vidéo, heureusement il y en a d’autres qui s’amusent à la remettre.

Paul Jorion, Principes des systèmes intelligents

Le projet DeepMind

Portrait de Demis Hassabis dans Technology Review : Google’s Intelligence Designer, le 2 décembre 2014
Alex Graves, Greg Wayne, Ivo Danihelka : Neural Turing Machines, le 20 octobre 2014

Wikipedia en anglais : Paul Jorion

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L’emprise : pris en tenaille, du dehors et du dedans

Communication faite le 4 octobre à Strasbourg, lors des Journées Nationales de l’Association française des psychiatres d’exercice privé – AFPEP.

J’appelle, pour aller vite, « Moi », le point d’ancrage que suppose la conscience à la volonté subjective, qui serait le mode d’action dont elle dispose sur le monde. Des modifications interviennent effectivement dans le Réel du fait des actes posés et constatés par la conscience ; celle-ci en attribue l’origine à la volonté, dont le siège supposé est le Moi.

À propos du Moi, Freud écrit en 1929 dans Malaise dans la Civilisation : « À l’origine le Moi inclut tout, plus tard il exclut de lui le monde extérieur » ([1929] 1970 : 12). Il avait déjà expliqué quelques lignes plus haut que

« La pathologie nous fait connaître une multitude d’états où la délimitation du Moi d’avec le monde extérieur devient incertaine, fait l’objet d’un tracé réellement inexact : dans certains cas, des parties de notre propre vie psychique, perceptions, pensées, sentiments, apparaissent comme étrangers, semblent ne plus faire partie du Moi ; dans d’autres cas, on attribue au monde extérieur ce qui visiblement a pris naissance dans le Moi et devrait être reconnu par lui. Ainsi donc le sentiment du Moi est lui-même soumis à des altérations, et ses limites ne sont pas constantes » (ibid. 11).

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La route sera longue

Le temps où sera établie la primauté de l’intelligence est sans doute encore immensément éloigné de nous, mais la distance qui nous en sépare n’est sans doute pas infinie. Et comme la primauté de l’intelligence poursuivra vraisemblablement les mêmes buts que ceux que votre Dieu doit vous faire atteindre : la fraternité humaine et la diminution de la souffrance, nous sommes en droit de dire que notre antagonisme n’est que temporaire et nullement irréductible. Bien entendu, nous les poursuivrons dans les limites humaines et autant que la réalité extérieure, l’Aναγχη le permettra. Ainsi nous espérons une même chose, mais vous êtes plus impatients, plus exigeants, et – pourquoi ne pas le dire ? – plus égoïstes que moi et mes pareils. Vous voulez que la félicité commence aussitôt après la mort, vous lui demandez de réaliser l’impossible et vous ne voulez pas renoncer aux prétentions qu’élève l’individu. De ces désirs, notre Dieu Λογοσ réalisera ce que la nature extérieure permettra, mais seulement peu à peu, dans un avenir imprévisible et pour d’autres enfants des hommes. À nous, qui souffrons gravement de la vie, il ne promet aucun dédommagement.

Sigmund Freud, L’avenir d’une illusion, 1927

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Le temps qu’il fait le 15 août 2014 : Le Grand Décentrement (retranscription)

Olivier Brouwer a eu l’amabilité de retranscrire ma vidéo produite hier.

Bonjour, nous sommes le vendredi 15 août 2014, et dans le pays où j’habite, eh bien ça s’appelle l’Assomption, c’est une fête : c’est la montée au ciel de la vierge Marie qui est la mère de Jésus-Christ. C’est le genre de choses qu’il faut répéter à des époques comme la nôtre où les religions font à nouveau énormément de dégâts… J’y faisais allusion hier dans une petite note à propos de robots : c’est qu’à partir du moment où nous nous rendons compte que nous allons mourir comme individus, quand nous nous en rendons compte au niveau de notre espèce, sans doute parce que nous commençons à parler et que nous échangeons des propos [comme quoi] nous allons mourir individuellement, on invente cette chose merveilleuse qui est de dire « non ce n’est pas vrai, nous allons vivre éternellement », et alors, dès qu’il y a des voisins qui présentent la même histoire, la même fadaise, sous une forme un tout petit peu différente, nous commençons à nous taper sur la figure. Donc voilà, il fallait dire ça.

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La passe chez les paludiers

Là où Freud évoquait une psychanalyse personnelle « interminable », Lacan a placé « la passe » : le constat fait devant deux témoins que l’anamnèse, la remémoration, a parcouru en tous sens le champ de la mémoire et a fait sauter au passage les mines dont il était truffé et qui faisaient d’une vie potentiellement sereine, une névrose. La passe met en pleine lumière, la « fin de l’histoire » pour un sujet humain qui bascule, pour reprendre les termes de Jean-Jacques Rousseau, d’une chronologie du « complément » à une chronologie du « supplément » : chaque nouveau jour n’est pas le complément d’une histoire de vie qui n’a pas encore trouvé sa signification globale (ce que les Scolastiques appelaient le complexe significabile : le sens global de la phrase, qui ne peut pas coaguler avant que n’intervienne in fine la chute de la voix ou le point final dans la phrase écrite), chaque nouveau jour est, une fois l’analyse terminée (ou presque), un supplément à une histoire et à un destin dont le sens global s’est lui déjà trouvé.

J’ai appelé « La passe chez les paludiers », cinq pages extraites de La transmission des savoirs, rédigé par Geneviève Delbos et moi-même et publié en 1984 aux Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, où est décrit ce même processus dans l’apprentissage d’un savoir empirique, et ici, dans le cas du paludier et du métier du sel.

N. B. : Dans ce qui suit « la mère », c’est le sol en argile de l’« oeillet » où le sel cristallisera du fait de l’évaporation. Il est sacrilège d’y poser le pied.

La passe chez les paludiers
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SAVANTS ET CHARLATANS

J’ai ouvert cet après-midi avec une certaine appréhension Logique du fantasme, le séminaire de Jacques Lacan en 1966-67.

J’ai ouvert celui-là parce que je ne l’avais jamais ouvert auparavant. Je me disais après m’être occupé de tout autre chose pendant bien des années : « Comment cela va-t-il m’apparaître ? Peut-être comme une suite incohérente de mots, autrement dit tel que le discours de Lacan apparaît nécessairement à la plupart des gens ? »

Y avait-il là pour moi le lieu d’une magie, l’effet d’une substance dispensatrice d’illusion, d’un pharmakon ? Et m’éveillerai-je aujourd’hui bienheureusement soudain guéri ? À l’abri désormais du pouvoir d’illusion de séquences de mots susceptibles d’impressionner celui ou celle qui est impressionnable par nature ou par manque d’éducation, parce que ces mots ont été habilement concaténés en phrases de telle manière à jeter autant de poudre aux yeux que possible ?

J’ai d’abord eu un doute, qui s’est prolongé sur quelques paragraphes, et puis non : les phrases que je lis là sont bien porteuses de signification, et mieux que cela : il y a non seulement là un discours qui parle de choses, mais un discours qui touche à proprement parler à la vérité parce qu’il lance habilement des tentacules vers l’Être-donné, le nom que Kojève donne au monde en-soi, le monde des choses telles qu’elles sont véritablement : là et bien là, même si c’est hors de notre portée.

Avec Lacan, il s’agit sans aucun doute d’un savant qui parle. Même si ce dont il parle, ce n’est pas de la science. Il parle de sujets individuels et de leur destin individuel. Il parle du singulier et non de l’universel, comme le ferait la science.

Mais si l’on est savant, et si l’on en est authentiquement un, on possède ce double talent de ne pas savoir seulement parler comme il convient de l’universel, à la manière dont le fait la science, comme l’a relevé Aristote, mais aussi du singulier.

L’astrologie n’est que bruit face à l’astronomie. Comme l’alchimie n’est que bruit devant la chimie. À ceci près que l’astrologie a l’audace de s’aventurer du côté de l’individuel (quitte à en dire « n’importe quoi », comme le font les horoscopes de la presse de caniveau). De même que la psychanalyse pourrait apparaître comme « simple bruit » par rapport à la psychologie « scientifique ». Mais cette dernière est muette pour ce qui touche aux destins individuels, sinon pour en parler en termes à ce point généraux qu’aucune règle de vie ne peut être formulée à partir de là.

J’ai ouvert pour la première fois les livres de Freud il y a plusieurs dizaines d’années. Il n’y était pas question de science à proprement parler – c’est certain – mais voilà quelqu’un qui parlait en savant d’autre chose que ce dont parle la science, et il en parlait « vrai », à l’inverse de certains qui tiennent au contraire leur discours dans l’enceinte de la science mais pour tenir eux alors un discours de charlatan.

Jacques Lacan aussi tenait le discours d’un savant, même s’il s’avançait sur des terres inexplorées dont le paysage se reconfigurait devant lui comme dans une fable de Lewis Carroll à mesure qu’il y progressait.

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PRINCIPES DES SYSTÈMES INTELLIGENTS (1989), chapitre 12 (IV), réédition en librairie le 23 novembre

Je poursuis la publication des chapitres de Principes des systèmes intelligents. Il y a nécessairement deux types de pertinence : une pertinence de court terme qui joue au cours d’une conversation particulière où ce qui vient d’être dit ne doit pas être répété, et une pertinence de long terme, où ce qui a été pertinent lors de conversations antérieures, le sera probablement aussi dans des conversations ultérieures (renforcement hebbien).

Le frayage ou « renforcement hebbien »

Ceci veut dire qu’il ne suffit pas que les compteurs soient remis à zéro à la fin de chaque session, il faut encore que les valeurs d’affect associées aux signifiants témoignent des frayages qui ont eu lieu. Rappelons ce qu’est le frayage pour Freud :

« La mémoire est représentée par les frayages existant entre les neurones Ψ […] Le frayage dépend de la quantité (Q η) qui traverse le neurone au cours du processus d’excitation, et du nombre de fois où le processus se répète […] Il est […] tout à fait clair que l’état de frayage d’une barrière de contact (appelée en 1897 “synapse” par Foster et Sherrington, note P. J.) donnée doit être indépendant de celui de toutes les autres barrières de contact du même neurone Ψ… » (Freud 1956 [1895] : 320-321.)

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