Archives par mot-clé : Susan George

Paul Jorion pense tout haut le 24 septembre 2014 à 8h39 (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 19 septembre 2014. Merci à Olivier Brouwer.

Bonjour, on est le 24 septembre 2014 et il est 8h 39.

Et si j’annonce l’heure, c’est parce qu’on est dans la série où je pense tout haut : ces réflexions que je me fais sans me dire a priori que je vais aboutir à une conclusion, ou que je sais d’avance qu’il n’y aura pas de conclusion, mais où je voudrais quand même vous parler de quelque chose.

Et ce qui m’a conduit à cela, c’est d’avoir reçu hier le manuscrit, enfin les épreuves, d’un livre qui va paraître dans les quinze jours à venir, et c’est pour ça que je ne dis pas exactement son titre ni l’auteur, puisqu’on va attendre qu’il sorte pour en parler officiellement, mais on m’a envoyé ce livre pour me demander de participer à un événement que j’annoncerai aussi quand les choses seront plus claires, quand les invités qui ont été approchés, abordés, auront dit oui ou non s’ils viennent.

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Limites de la démocratie représentative, par Michel Leis

Billet invité. Paul Jorion : Je lis le billet de Michel Leis comme une contribution au débat qui a lieu ici sur le rôle que jouent et que pourraient jouer aujourd’hui les partis politiques ; il n’exprime pas ma position sur un parti en particulier. Pour ce qui est de mes rapports avec Nouvelle donne, on peut revoir ici les entretiens que j’ai eus avec Bruno Gaccio, membre fondateur de ce parti. Je participe par ailleurs mardi 18 mars à Paris à un débat organisé par le Collectif Roosevelt Sorbonne ; si je ne l’ai pas encore signalé ici, c’est que j’attends que l’on me communique le nom de l’élu ou élue qui sera mon interlocuteur ou interlocutrice.

Cela fait plusieurs mois qu’au travers de diverses discussions qui ont agité ce blog, je sens l’urgence de l’engagement politique. Le climat de déliquescence, la montée de l’extrême droite, tout me pousse dans cette voie. Dans le paysage politique français, le choix pour quelqu’un qui espère un monde un peu plus juste et un peu plus ouvert se résume entre un « Front de Gauche » dominé par la personnalité omniprésente (et parfois contestable) d’un Jean-Luc Mélenchon et la création de « Nouvelle donne » qui pourrait rejoindre par bien des aspects mon positionnement de social-démocrate de combat. C’est dans ce contexte que j’ai assisté mardi 4 mars à une réunion organisée à Bruxelles par le comité local de « Nouvelle donne ». Dans la réalité, j’ai assisté à deux réunions bien différentes.

La première avec Susan George, tout à fait passionnante, montre que des personnalités au sein de ce parti ont une conscience claire des enjeux et des risques. Centrée sur les implications du traité de libre-échange transatlantique, elle montrait très clairement comment des décisions impliquant l’ensemble des citoyens sont progressivement inscrites à l’agenda du pouvoir politique dans une absence de transparence totale. Un exercice minutieux de déconstruction des rapports de force plutôt effrayants quand on en évoque les détails.

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SUSAN GEORGE ET PAUL JORION : QUE FAIRE ?

Ils ne s’étaient jamais rencontrés, c’est maintenant chose faite. Avant d’échanger leurs livres (1), se les dédicaçant réciproquement, ils ont parlé à bâtons rompus, à partir de l’actualité qui était ce jour-là le début du Forum de Davos, tentant ensuite de répondre aux questions : que faire, que proposer ? FL.

Susan George : Réglons leur sort à Davos et au G20 que personne n’a élu, ni l’un ni l’autre. Le G20 est né de la crise qui a fait trembler le monde. J’étais à Londres lors du premier, nous étions 35.000 à manifester ; la presse du lendemain, de même que Gordon Brown, s’empressaient de souligner leur accord avec nous. Tout a depuis bien changé. C’est très rapidement devenu un simple rituel où les points de vue sont trop divergents pour que des décisions soient prises. Quant à Davos, l’on y affirme que la crise est terminée. Le fondateur, Klaus Schwab, publie un texte dans Foreign Policy intitulé « Gérer le monde après la crise ». Pour qui se prend-il ? Davos n’a rien vu et ne verra rien venir, ceux qui s’y rendent ne vont y chercher, en plus des « deals », qu’une sorte de sagesse conventionnelle ; c’est un rituel aussi. Et d’après les nouvelles de ce matin, « Davos » pense que le risque, aujourd’hui, c’est de trop réguler les banques.

On subit le G20 comme on subit Davos, à cette différence près que c’est ce dernier qui imprime le plus sa marque car la finance gouverne. Que faire alors ? Je pense qu’il faut placer son espoir dans un travail hélas long et patient, comme nous le faisons l’un et l’autre, en construisant des alliances entre gens qui ont des idées et savent à peu près ce qu’il faut faire. Notamment, selon moi, une taxation sur les transactions financières qui permettrait de financer le tournant de civilisation nécessaire : conversion verte, réduction de la pauvreté dans le Sud, transfert de technologie hors OMC, etc. – autant de projets dont la finance pourrait être la vache à lait.

Paul Jorion : On exprime en effet dans certains milieux l’opinion que la crise est terminée, en particulier au G20 et à Davos. Comment peuvent-ils ignorer l’existence de différentes bombes à retardement dont, aux Etats-Unis, le déficit public faramineux, l’immobilier résidentiel qui connaîtra encore une aggravation cette année, l’immobilier commercial sans solution, ainsi que le marché obligataire des États et des autorités locales et, en Europe, les phases encore à venir de la crise de la zone euro. Or, les faits sont têtus, nous en sommes d’accord. Ce qui amène d’ailleurs à s’interroger sur l’influence réelle que ces instances ont sur les événements, dont elles semblent incapable de modifier le cours.

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