101 réflexions sur « Paul Jorion pense tout haut le 24 septembre 2014 à 8h39 »

  1. Depuis quelques jours l’idée suivante me trotte dans la tête, je vous la livre ici:

    Pourquoi et comment les civilisations s’effondrent-elles? Probablement parce que les populations qui les composent, dirigeants compris, ne font pas ce qu’il faut pour éviter cela (en supposant qu’ils veuillent perdurer), peut-être parce qu’il n’est pas aisé pour la plupart de ressentir l’effondrement quand il survient, parce qu’il ne s’agit pas d’un affaissement brutal mais d’une lente dérive semblable à celle des continents (que nous ne ressentons pas non plus, justement). S’il est aisé pour un historien de dire « cette civilisation s’est effondrée » devant des ruines à demi-ensevelies, quelle preuve un observateur sagace peut-il apporter quand il annonce l’effondrement en cours et ces preuves peuvent-elles suffire à infléchir le cours des évènements, peuvent-elles seulement être appréhendées par une population enferrée dans son quotidien? Existe-t-il ne serait-ce qu’une civilisation qui ait résisté à son propre effondrement?

    1. Ben oui, on ne ressent pas cet « effondrement » dont on parle sur ce blog depuis des années (6 ans au moins). Même moi je doute (fortement) de son existence. Alors un gars peu sensible à ce discours, vous pensez bien…
      Quand je lis les chroniques de Mr Leclerc par exemple, j’ai l’impression de lire le même article depuis des années et je pense toujours au conte de Barbe bleue et à la phrase « Soeur Anne, ne vois-tu rien venir? ».

      Et en ce qui concerne la métaphore habituelle avec les civilisations disparues dont l’effondrement de l’Empire Romain est le plus ressassé, il est faux de dire que ce n’était pas sensible. Les Romains voyaient l’Empire s’effondrer et s’en inquiétaient. Saint-Augustin a même écrit son fameux « la Cité de Dieu » pour cette raison, peu après la mise à sac de Rome par les wisigoths en 410, pour tenter d’expliquer cet effondrement alors même que l’Empire devenait chrétien (déjà à l’époque on soupçonnait le christianisme d’être la cause de cette déliquescence).

      Bref, un effondrement de civilisation on voit ce que c’est (le chaos, les institutions désorganisées, la perte du sens civique, des guerres civiles à répétition, etc) et là on ne voit rien de tout ça. C’est bien beau de l’annoncer mais où sont les signes?

      1. Le système est si bien fichu qu’il va jusque à masquer les signes de son effondrement.
        Néanmoins il y’en a, du moins des signes d’une fragilité croissante:

        -Nous sommes toujours plus nombreux à douter du système,
        -L’incompétence de la classe politique est de plus en plus évidente,
        -Les perturbations climatiques de plus en plus fréquentes/violentes,
        -Les perturbations financières aussi. (Jusqu’à quel point sera t-il possible de conserver la confiance en notre monnaie?)

      2. le chaos, les institutions désorganisées, la perte du sens civique, des guerres civiles à répétition, etc. et là on ne voit rien de tout ça.

        Vous trouvez vraiment ? Moi je trouve qu’il n’y a plus rien qui tient, tout tombe en poussière… le système marche sur la tête ! Hier, dans le journal en Belgique, on nous annonce le résultat d’une étude : un quart des Belges (oui, vous avez bien lu, un sur quatre) a eu, a ou aura une dépression dans sa vie. Un sur quatre ! Mais qu’est-ce qu’il vous faut ?

      3. les dinosaures n’ont rien vu non plus……pour l’instant nous sommes dans les débuts des contractions de l’accouchement.Les douleurs sont encore légères et nous ne voyons pas encore le bébé, je ne peux m’empêcher de citer St Exupéry
        « L’essentiel est invisible avec les yeux, nous ne voyons bien qu’avec le coeur »
        Aujourd’hui nous avons RDV avec une mutation incroyable qui je pense n’a encore jamais eu lieu dans l’histoire de l’évolution,car les dinosaures l’ont subi. Nous autres humains nous pouvons y participer soit en se repliant sur soi c’est l’impasse c’est la voie de l’effondrement, soit en nous ouvrant aux autres , je pense qu’il ne nous ai pas demandé plus….et c’est énorme et en même temps c’est tellement bête que personne n’y crois.
        Notre intelligence qui nous a tant rendu service depuis des milliers d’années n’est plus dans le coup. Et le passage du cerveau au coeur va demander du temps beaucoup de temps. Il ne s’agit pas de tout supprimer mais d’aller dans cette direction.
        Le pas suivant ne se fait jamais contre le pas précédent.

      4. 6 ans c’est bien court .

        Dans le chapitre  » l’utopie réaliste » d’il y a deux /trois ans , j’avais de mon côté plutôt donné rendez vous vers 2060 pour constater à la fois les dégâts et les solutions positives. Ce qui me mettait au moins à l’abri des réclamations si ça n’était pas le cas .

        Ceci étant , si vous avez la chance de ne pas trop souffrir de la situation , c’est que vous avez encore assez de gras à céder à tous les maigres de plus en plus nombreux et de plus en plus maigres.

        Et on se demande accessoirement quelle tendance masochiste vous pousse à continuer à fréquenter ( voire financer ?) un blog qui vous bernerait .

    2. Il me semble que tous les auteurs cités ont en (lieu) commun un usage décent-honnête-vertueux du Logos.
      Le logos n’ y est pas utilisé comme le serait un simple outil, encore moins comme une arme, il n’ est pas privatisé entre coquins : ce qu’ il est, est négocié avec justice (équitablement).
      La privatisation du logos est probablement cause(s) et symptome avancé de l’ aveuglement sans remède des élites qui ne peuvent ainsi ni entendre ni voir autrement que ce que le miroir leur montre. (voir l affiche du Film Tommy avec le groupe The WHO)

    3. Existe-t-il ne serait-ce qu’une civilisation qui, en s’effondrant, savait autant ce qu’il fallait faire et ne pas faire? (ça peut aider pour sortir des ‘cendres’ la tête haute)

    4. « Existe-t-il ne serait-ce qu’une civilisation qui ait résisté à son propre effondrement? » : la plupart à mon sens, ce qui d’ailleurs conforte l’effondrement (l’énergie investie pour éviter l’effondrement n’est pas investie pour transformer les structures).
      Un exemple : la civilisation Inca. La résistance s’est même instituée jusqu’au 18ème siècle avec Tupac Amaru.
      La preuve d’un effondrement en cours ?
      C’est quand des masses colossales d’énergies (financières, ingénierie, …) sont investies pour sauver un système sans pour autant que celui-ci ne sorte de son état de criticité ni que cet investissement ne modifie sa structure.

      1. Ben, dans le cas des incas, on doit distinguer deux choses : l’effondrement de leur civilisation Inca et leur survivance-adaptation en tant qu’individus-peuple.
        Ce n’est pas parce qu’une civilisation s’effondre qu’on n’y survit pas.
        M’enfin, dans ce cas précis, l’effondrement fut aussi … démographique.

        La grande et la seule différence entre une société telle que la nôtre et la leur, c’est que d’autres civilisations ont pris la place de la civilisation Inca et que celle-ci, comme celle des aztèques ou des mayas, était bordée d’autres civilisations, limitant l’effondrement.

        Dans le cas d’une civilisation ‘mondialisée’, quid d’un tel effondrement ?

  2. Nous pourrions tenter de redonner une prise aux gens sur leur vie en organisant une mutualisation du travail social. Cette mise en place ferait converger une réduction du chômage avec une amélioration de l’égalité des gentres et un soulagement des aidants qui portent et s’y épuisent, par exemple, la charge d’une personne de leur entourage atteinte d’un Alzheimer (800 000 malades) pour ne citer que ce travail social particulier.

  3. Il vaut mieux effectivement , tant que notre corps le permet , faire ce que l’on sait le mieux faire, surtout quand ce « mieux » est ce dont le monde a le plus besoin .

    J’avais d’ailleurs déjà avancé ce point de vue en commentaire du « Bonjour on est  » précédent ,en réunissant de façon hardie dans le même train d’utilité sociale, Jorion et Vigneron ,et en vous suggérant de laisser la perfection aux robots .

    1. Être désœuvré ne me parait une condition ni nécessaire , ni suffisante pour ne pas penser .

      Et comme Paul Jorion avance que l’acte volontaire n’existe pas , il nie d’une certaine façon que la pensée conditionne nos œuvres .

      La philosophie ( je pense donc je suis ) nous est effectivement de peu de recours pour transformer le réel ( voir le Baron de la Rochefoucauld) . Penser n’est donc pas forcément  » œuvrer » .

      La pensée anarchiste , si on la qualifie abusivement ainsi ,est plus « efficace » ( j’agis donc je suis ). Agir n’est donc pas forcément « penser ».

      C’est pourquoi je rêve d’un(e) métis(se) de philosophe et d’anarchiste .

      Car finalement je ne sais pas trop ce qu’est un désœuvré pur et dur .

      1. Qui ne sait pas s’occuper, qui n’en a pas le moyen.
        Situation ou état, souvent ressenti comme pénible, d’une personne ou d’un aspect d’une personne (cœur, esprit, etc.) privé d’activité.

        De même que l’oisiveté peut mener aux vices, le désœuvrement peut vite mener à l’erreur ou au suicide. Il entraîne des actions certes, mais dépourvues de réflexion (ce qui peut être une bonne chose).
        On me dit dans l’oreillette que chez certaines espèces de fourmis, un pourcentage erre en sous-sol et détruit les halls, elles donnent ainsi du boulot aux autres.
        Etant (entre-autres)ex-jeune drogué et maintenant tétraplégique, je sais ce que c’est et il est dur de s’en tirer.
        Je plaide désormais pour l’inertie, pour un temps.

      2. @Lucas :

        En version animale , on parlerait d’hibernation.

        Mais dans ce cas là , l’horloge est biologique , pas « économique » , et ça change tout .

  4. L’effondrement de la civilisation aura probablement lieu, d’ici 40 à 80 ans.
    Il résultera de la pénurie de matières premières et d’énergies non renouvelables.
    Ce qui obligera les sociétés à se relocaliser, dans les dimensions que permettront leur nouveau mode de transport, à savoir la marche voir hélas le cheval(animal qui avait été libéré, par le charbon et le pétrole)
    Cela donnera des sociétés plus localisées, donc plus démocratique, dans lesquelles la délibération constante et collective est plus facile et naturelle.
    Mais les humains n’ayant pas changés, progressivement certains individus, par charisme apparent ou par la force, tenteront de reconstituer une domination de l’homme sur l’homme par la constitution des clans, des seigneuries, des royaumes, puis des nations, et enfin des espaces régionaux.
    Parallèlement la régénération de la Terre, fera passer l’homme redevenu paysan, auto-subsistant, à salarié agricole, puis ouvrier de manufacture, puis d’industrie, puis chômeur révolutionnaire.
    Je pense que ce processus cyclique peut durer à l’infini, tant que les hommes ne changent pas dans leurs cœurs et dans leurs âmes.

    Car le réel problème de l’humanité, ce ne sont pas les structures, qui ne sont que des constructions humaines donc le reflet des êtres appartenant à l’humanité, mais les êtres eux-mêmes.
    Si les êtres sont bons, les structures sont mécaniquement bonnes.Et l’inverse est aussi valable.A la limite, même, des structures bonnes, imposées par des êtres globalement bons à des êtres globalement non bons ne seraient d’ailleurs d’aucun intérêt, car elles ne changent pas les individus, mais permettent seulement de neutraliser leurs actions mauvaises.Elles empêchent, dès lors, en surplus, l’évolution et l’amélioration des individus, par l’expérience.
    Elles sont aussi de nature temporaire, car vouée à éclater sous la pression de la réalité de leurs composantes.

    La bonne nouvelle de la fin de notre cycle actuel et du nouveau qui va démarrer, c’est que dans le laps de temps intermédiaire où nous serons revenus à des sociétés localisées et auto-subsistantes, essentiellement vivant de la Terre, d’autres civilisations, des milliards, celles constituées par chacune des autres espèces animales, va connaitre un age d’or, tant nos activités, pour elles, sont destructrices.

    1. Car le réel problème de l’humanité, ce ne sont pas les structures, qui ne sont que des constructions humaines donc le reflet des êtres appartenant à l’humanité, mais les êtres eux-mêmes

      Non, bien que cette idée soit très répandue – dans l’intérêt de ceux qui n’ont pas intérêt à changer de système – elle est heureusement fausse.

      Il « suffirait » en effet que les structures soient conçues par des gens compétents, tout comme les structures d’autres créations humaine, parfois aussi très compliquées, qui gèrent aussi dans leur « monde », du bon et du mauvais…

      Pour ce qui est du monde des humains, jusqu’ici, des gros malins (hier les nobles, aujourd’hui les friqués) se sont débrouillés pour confisquer le Pouvoir, mais ça ne veut pas dire qu’il en sera éternellement ainsi.
      Le problème n’est « que » de leur reprendre le pouvoir et de se mettre d’accord (pas facile en démocratie) sur la manière dont on sélectionnera ceux à qui l’on demandera de concevoir d’autres structures, et de les piloter.

    2. Autre point: nos comportements « bons » ou « mauvais », sont largement fonction des structures du système.
      Comment ne pas devenir mauvais, si la règle récompense les « mauvais » au détriment des autres?

      1. C’est la le vrai test: renoncer à une récompense car les conséquences pour autrui sont mauvaises.Le vrai progrès de l’homme est de faire passer l’autre avant lui.
        On peut très bien avoir, par exemple, des diplômes pour travailler en banque et s’y refuser, car l’on considère, à tort ou à raison peu importe, que le système bancaire nuit à autrui.On peut avoir le droit avec soi et refuser de l’utiliser, si on le considère comme créateur d’une injustice.On peut multiplier les exemples.

        Quant aux soumis et aux dominés, il ne faut pas les idéaliser.Ils ne sont idéalisables, que si, en position, de pouvoir soumettre et de dominer, il s’y refuse.
        Ce qui n’est le cas que d’une minorité.
        La majorité des exploités, deviendraient exploitants, si les conditions de leur naissance leur en avait donné la possibilité.

    3. Selon RTBF on pourrait être 11 milliards de terriens d’ici 2100,( d’ici 80 ans donc ). . Il faudra des structures sacrément solides pour gérer cette catastrophe. Et quoi de plus solide qu’une dictature féroce ?

      1. Ce n’est pas catastrophique lorsque l’on sait que:
        -La Terre est vaste et que nous ne sommes pas obligés de nous concentrer tous aux memes endroits.
        -Un terrain de 350 metres carrés, correctement entretenu, peut nourrir, à l’année, une famille de 4 personnes, en fruits et légumes.

      2. Pour être 11 milliards en 2100 il faudrait que les femmes continuent à faire beaucoup d’ enfants .
        Or ce sont plutôt les vieux qui sont de plus en plus nombreux à vieillir .
        Le Japon est le pays le plus avancé dans la transition démographique , 130 millions d’ habitants aujourd’ hui , 70 millions dans trente ans .
        En ville on est moins tenté de faire huit enfants .
        Depuis une quinzaine d’ année , la stérilité explose partout dans le monde ( merci l’ agro-chimie , les médicaments …) .
        Le virage démographique est prévu pour 2035 environ
        Ensuite nous commencerons à être de moins en moins nombreux ….sous des serres stériles sur terre comme sur la planète Mars ?
        Un article que je trouve toujours pertinent, du temps ou Agoravox était un média :http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/il-n-y-a-pas-de-porte-de-sortie-51572

      3. À Rémi
        En effet la population peut se repartir autrement à la surface de la terre , quitter les villes pour les campagnes. Vivre à 4 personnes sur 400 mètres carrés en mangeant des céréales et des légumes.
        Je ne conteste pas. Je dis seulement que pour obliger l’humanité à ça de façon durable il faudra une dictature de fer, genre Pol Pot puissance 10.

        A »L »
        Justement d’après ce que j’ai entendu sur RTBF , et lu ensuite dans le Monde, ce virage démographique de 2035 n’aurait pays lieu.Malgré les pesticides, les épidémies etc.. toutes les prévisions optimistes seraient fausses. Cela demande confirmation bien sûr, c’est d’ailleurs pour quoi j’ai parlé au conditionnel. Mais je trouve léger de rejeter cette hypothèse sans examen sous prétexte qu’elle va contre l’espérance dominante.

    4. @ Rémi
      Les cycles n’existent pas dans la réalité :

      http://ecodouble.farmserv.org/index.php?post/2013/10/29/Petite-r%C3%A9flection-sur-le-l-expression-cycle-%C3%A9conomique

      N’imaginez pas qu’un nouveau monde énergivore et « métalivore » comme le nôtre puisse apparaître après l’effondrement qui commence et qui va s’étaler sur deux ou trois décennies ; parce que nous ne laisserons rien d’exploitable derrière nous.
      A la fin de ce siècle, il n’y aura que des survivants, en ambiance radioactive, pour un temps seulement. Les temps suivants seront pour des micro-organismes en mutation constante.

      1. Exact, il n’y a pas de cycles car tout écosystème vieillit. Mais l’usure et la vieillesse sont des paramètres propres à chaque situation. « Fragile écosystème » aime à répéter le journaliste qui n’a pas la moindre idée des limites de résilience de cet écosystème: c’est toujours une question d’énergie neuve qui relance la journée au petit matin et de la quantité d’énergie « réduite », utilisée et « plus ou moins sédimentée » à la nuit. C’est la même activité qui a produit de l’oxygène et précipité le fer, il y a quelques centaines de millions d’années qui tient encore notre vie à bout de bras. Mais ça ne saurait durer éternellement.

  5. A présent, je vais tenter une propre petite réponse à la question posée… C’est une réflexion qui m’est venue ce matin ou hier, je ne sais plus.

    Pourquoi pas conseiller du prince ?

    Ben oui, c’est vrai ça, on voit un Emmanuel Macron conseiller le prince et lui faire dire des âneries aussi énormes que « laissons-faire, il suffit d’attendre, c’est cyclique », et ensuite devenir ministre sans s’être jamais présenté de quelque manière au suffrage des électeurs… Pourquoi pas Paul Jorion alors, hein ? Quelles sont les différences ? J’en vois deux, fondamentales bien sûr. L’un démontre qu’il ne comprend pas ce qui se passe et l’autre démontre qu’il comprend. Et bien sûr, encore plus important, l’un est du sérail et l’autre n’y est pas.

    Ma conclusion : ça ne dépend que très peu des intéressés, ça dépend principalement du prince. Et si le prince a mis les philosophes sur la liste des gens à éliminer, alors, là, évidemment…

    1. je préfère Conseiller du peuple .

      Des conseillers des princes , il y en a déjà pas mal et de fameux, mais ils ont déjà l’air de désespérer eux mêmes de leur état et de leurs princes .

      1. Désespérer de leur état, je ne me prononce pas. Pour reprendre l’exemple de Macron, j’en doute. Mais désespérer de leurs princes, j’en doute encore plus ! Le problème, c’est que ce sont des aveugles qui guident d’autres aveugles. Au mieux, ils tournent en rond. Ce serait bien si ils étaient remplacés par d’autres…

        Mais Conseillers du peuple… Dans le cadre d’une « démocratie représentative » (dont certains n’hésitent plus à dire que c’est un oxymore), où est l’efficacité ? Ce serait différent dans une démocratie directe, mais nous n’y sommes pas !

      2. @Olivier Brouwer :

        C’est précisément en régime de « démocratie représentative » , que les conseillers du peuple ( « en direct live  » selon un néologisme anglo-saxon qui m’énerve parfois ) sont le plus nécessaires .

        La qualité du (des)  » media(s)  » doit être aussi au rendez vous de la qualité du contenu ,pour avoir une chance de percoler .

  6. Création d’une université populaire? Oui oui oui !
    Pousser plus de cris de colère? Ecrire pour convaincre..
    Réfléchir et penser encore plus haut?

    1. L’éducation populaire ( coucou Franck Lepage , parmi d’autres), est selon moi une des conditions pour que les solutions de démocratie un peu plus directe ,de type « Empowerment », prennent un essor qui ne soit pas aussitôt dénaturé et récupéré par le néolibéralisme plus ou moins libertarien .

      Ce blog peut avoir cette fonction , éventuellement étendue ( ou restreinte ,selon le point de vue ) à des fonctions d’expertise .

      L’assemblée des compagnon(ne)s de route cité(e)s par Paul Jorion , pourrait d’ailleurs trouver sur cette double mission , matière à éprouver des terrains d’action .

      Une façon de conseiller le peuple ,qui devient la force qui agit en reconnaissant ou pas les solutions ou éclairages des problèmes qui sont les siens , et qu’il « connaît » mieux que personne , tout en ayant des difficultés à les dire , mesurer et mettre en perspective .

      1. @ juan
        Ben oui, c’est exactement ça!
        Ouvrez des clubs!
        Un réseau de blogs et un réseau de clubs! Le tout en synergie.
        On va leur en écrire un de programme… Aux p’tits oignons!

      2. @Garorock :

        Affaire soumise au tenancier et à son réseau donc.

        On note d’ailleurs des tentatives d’inviter ici des billets  » de la base », mais encore trop peu représentatifs d’attentes populaires plus « massives » .

      3. Ce qui me venait ainsi à l’esprit , est dans la veine de ce site,dont j’ai entendu parler ce midi sur France Inter .

        http://www.gniac.fr/

        A noter que le représentant interviewé est un ancien fonctionnaire du ministère de la Ville ,dont l’ambition est d’inverser le sens d’expression des solutions ( des acteurs concernés vers la sphère institutionnelle ) en conservant le repérage administratif dans un cadre où la solution vient du terrain et non plus de la norme a priori .

        En me relisant , s’agissant d’attentes populaires plus massives, je reconnais que la « récolte » n’est pas simple à choisir, et que ,pour le coup ,elle serait forcément dirigée vers les thèmes que nos compères maîtrisent le mieux, ou au contraire les plus inattendus .

  7. J’ajoute que la meilleure alternative au capitalisme est le système des coopératives, qui fonctionnent très bien et constituerait un progrès notable.
    Toutefois, il ne tuerait pas l’aspiration à l’accroissement.
    Les fruits de la croissance serait partagés, mais l’ambition de grossir, si elle ne se ferait plus via l’exploitation de l’homme par l’homme, mais via des choix démocratiques issues de délibérations internes entre membres de chaque coopérative, elle , ne serait pas anéanties.

    En conséquence, difficile d’arrêter ou de ralentir cette immense machine qu’est le système mondial productif, avant son extinction, par l’épuisement des ressources.
    Ce sera donc très certainement un arrêt progressif non choisi, et subi.

    En attendant, on n’est pas à l’abri de grosses secousses, de type guerre ou/et surtout faillite du système des paiements, via des faillites bancaires.
    A ce moment, là ce sera la famine généralisée dans les villes, et la migration d’affamés vers les campagnes. cherchant désespéremment à piller les potagers des ruraux.
    Dans une telle configuration, il y aurait évidemment des hommes se mangeant entre eux, et essayant de manger les animaux sauvages(c’est gai, je sais).
    Il faut vraiment se préparer, pour ceux qui le peuvent, à une telle potentielle faillite du système des paiements.Car si elle arrivait, c’est la famine assurée.Nous sommes bien trop dépendant des circuits de la grande distribution pour nous nourrir, qui sont eux mêmes dépendants des banques et du système des paiements qu’elles assurent.
    La dématérialisation de la monnaie nous fait courir de grand risque, l’économie reposant, sur la viabilité des banques, et des paiements qu’elles assurent, par cartes, virement, etc.
    Et si ces systèmes deviennent non fonctionnelles, c’est le chaos généralisé.

    1. Il existe un exemple patent de coopératives qui se sont vautrées allègrement dans le capitalisme comme les cochons dans la boue (c’est le cas de le dire): Les coopératives agricoles. comme quoi il n’y a pas de recette miracle.

    2. De façon moins cannibalesque et phantasmée , je vois surtout ,du moins en France , arriver d’ici peu ( 2020 ?) une faillite des différentes sociétés de retraite complémentaire, qui sont déjà entrain de tenter de se restructurer en bloquant toute embauche , et en préparant des plans de licenciement de leur personnel ( au mieux le non renouvellement des départs selon la méthode employée dans la fonction publique )

      1. C’est encore pas trop grave car ça n’emmerde vraiment que les retraités affiliés à ces « caisses » là .

        Et ceux qui y perdront leur job bien sur .

      1. Mystère de l’informatique ou constat de dégénérescence sénile , le lien mis est erroné . Je voulais en fait vous orienter vers un lien d’un billet en archive qui état précisément un billet de Paul Jorion , relatif aux coopératives depuis 1848 .

        Je ne vais pas me refaire piéger et vous incite donc à taper vous même « Coopératives » dans la fenêtre recherche en haut à droite .

      2. Merci.
        Toutefois les contre-exemple abondent.
        Je lisais récemment un article sur une coopérative américaine, exportatrice, dont le bénéfice annuel était de 50 millions d’euros.
        Je vous laisse imaginer la vie dans cette entreprise où les décisions sont prises collectivement, et surtout où ce bénéfice est réparti, après investissement, entre tous les salariés, équitablement.
        Démocratie et prospérité pour les travailleurs.
        Par ailleurs, des entreprises capitalistiques qui se cassent la figure, cela arrive tous les jours..

  8. Réléchissez tout haut…et de plus en plus fort.
    L’auteur n’étendrait-il pas sa notion de corruption à l’expression utilisée en informatique, me semble t-il, de « système corrompu » que des informaticiens avertis pourraient préciser.

    1. Je ne sais pas si je suis averti mais il paraît que je suis informaticien ! 😉

      On parle de « système dégradé » plutôt que de « système corrompu ». Encore que le mode dégradé d’un système n’est pas propre à l’informatique. L’expression, comme le souligne Wikipedia, vient du langage militaire et nous place « dans le cadre par exemple d’une guerre, d’un grave attentat (bioterrorisme), ou d’une catastrophe majeure (technologique ou naturelle), de type accident nucléaire, tremblement de terre, tsunami majeur, ou encore d’une épidémie ou pandémie grave. »

      Vous conviendrez qu’on s’éloigne du sujet… ou qu’on y reste, suivant le point de vue duquel on se place !

      Par contre, parlera, en informatique, de « fichier corrompu », de « disque dur corrompu », etc. Comme, dans le contexte de ce billet, « corrompu » peut être synonyme de « pourri », on reste quand même dans le thème ! Précisons encore qu’en s’y prenant avec doigté, il y a souvent moyen de « récupérer » un fichier ou un disque dur corrompus. Tout espoir n’est donc pas perdu ! 😉

  9. Ne pas savoir exactement ce qu’il faudrait faire est peut-être – paradoxalement – la chose la plus sensée qui soit.
    L’ensemble des personnes que vous citez (Lordon, Stiegler, Michéa…) semblent être regroupées dans une même mouvance, à savoir une critique lucide, radicale et profonde de notre système.
    Mais, voir ce qu’il faudrait ne pas faire ne donne pas nécessairement les clefs pour savoir quoi faire.
    Seuls des hommes (ou des femmes) politiques « savent » toujours et en toutes circonstances ce qu’il faudrait faire – à commencer par voter pour eux (elles), à fortiori si cet individu se voit en homme providentiel.

    Personnellement, je pense que seule la communauté nationale dans son entier pourra (pourrait) dégager les voies de survie.Cela s’appelle je crois la démocratie.

    Mais Rousseau notait déjà le paradoxe:
    « Pour qu’un peuple naissant pût goûter les saines maximes de la politique et suivre les règles fondamentales de la raison d’État, il faudrait que l’effet pût devenir la cause, que l’esprit social, qui doit être l’ouvrage de l’institution, présidât à l’institution même ; et que les hommes fussent avant les lois ce qu’ils doivent devenir par elles. »

    1. On sait aussi avec Montesquieu que si la condition :

      – de l’Aristocratie est l’Honneur,
      – de la Dictature est la Peur,
      – de la Démocratie est la Vertu ,

      la Vertu (id est la capacité de se sentir en responsabilité d’autrui et du monde ) , est l’exercice le plus difficile qui soit .

      et que rendre  » le peuple » vertueux est aussi laborieux et fragile que de tenter la même chose avec les banquiers .

      C’est pour ça qu’il m’arrive d’écrire que c’est plutôt l’état du monde qui devrait finir par nous rendre vertueux par nécessité .

      Il ne sera alors pas inutile d’aller voir en cuisine de ce blog et d’autres dans toutes les langues, ce qui peut faire sens et salut .

  10. On peut définir un terme par référence à son contraire? Alors stewardship définit corruption de façon assez acceptable. Vous êtes donc bien spécialiste en la matière.

  11. Je ne vais pas aller chercher très loin mes réactions au billet que je viens d’écouter parce qu’il contient en lui-même la réponse à la question posée : que pouvons-nous faire de plus ? Car l’autre question que je me pose depuis bien longtemps est : mais pourquoi, diable, ces esprits ouverts, cultivés, critiques, compétents, remplis d’alternatives ne se lient-ils pas entre eux pour unir leurs efforts et leurs réflexions? Quand je lis Frédéric Lordon et que j’entends Paul Jorion, je constate, au-delà de certaines divergences stratégiques, des motivations et des constats semblables, des propositions identiques. Ne seraient-ils pas plus forts ensemble, leur discours n’auraient-ils pas plus de retentissement? Sans doute j’imagine mal Lordon dialoguer avec Colmant, mais si Jorion peut le faire ! Ne devaient-ils pas dépasser leur ego pour admettre et cultiver leur complémentarité ? Evidemment on peut aussi cultiver la désespérance, crier par expérience et culture l’inutilité de l’action et rester couché le matin. Faire ce que je peux là où je suis. Le reste ne m’appartient pas. Mais cela je le peux. Ce n’est pas simple, mais c’est évident.

    1. mais pourquoi, diable, ces esprits ouverts, cultivés, critiques, compétents, remplis d’alternatives ne se lient-ils pas entre eux pour unir leurs efforts et leurs réflexions?

      Bonne question! Mais cela arrive parfois, et débouche sur des associations type « attac », que les médias dominants savent laisser dans l’ombre, ignorées du pouvoir.

      1. Tout simplement parce qu’il n’ont pas la structure adéquate qui devrait être le réseau, jusqu’à preuve du contraire c’est la hiérarchie qui domine et qui ne permet pas au réseau de remonter jusqu’au sommet du pouvoir. Autrement dit, cela ne s’emboîte pas.

      2. Pourquoi voulez vous agglutiner des personnes qui font du bon travail isolément ?

        Vous voulez devenir trésorier ?

        Créer un nouveau machin ?

    2. Concernant les « gens qui vont dans la bonne direction »:

      Une des opinions partagée ici est (corrigez moi si je me trompe): « ce n’est pas la corruption qui augmente mais notre seuil de tolérance qui baisse en temps de crise ».

      Dénoncer la corruption va donc dans le bon sens, mais pas dans la bonne direction au regard de cette thèse.

      En effet, associer sans réserve son nom à une chasse aux sorcières anti-corruption, même si cette dernière est intelligente et honnêtement menée, c’est prendre le risque d’être identifié médiatiquement comme le chantre d’une thèse qui n’est pas la sienne, et donc devenir porteur involontaire de cette fausse opinion commune qui tend à nous laisser penser que la seule cause de la crise EST la corruption.

  12. Je n’ai pas encore lu l’ouvrage de Paul sur la « réalité » et la « vérité ».En revanche,j’ai un peu travaillé
    le « pragmatisme » au sens de William James.Suffisamment je pense pour avoir compris que ce
    que l’on appelle « pragmatisme »(être « pragmatique ») n’a RIEN A VOIR avec la pensée de
    William James.Dans son ouvrage consacré à « l’idée de vérité »,on voit clairement la distinction
    intéressante qu’il fait entre « réalité » et « vérité ».Tout simplement la vérité est une PROPRIETE de
    l’énoncé.L’énoncé est « vrai » s’il a donc la propriété de ne pas être contestable par exemple au
    regard de la logique(disons 2 pommes + 2 poires =4 fruits),ou de « correspondre » à une « réalité »:
    (par exemple l’énoncé à la Paul Jorion qui consisterait à dire: »il n’est pas du tout certain que
    l’économie quelle que soit sa forme doive connaître des CYCLES ».De toute façon la « réalité »,
    plus exactement ce que l’on « sait » sur elle(avec une grille de lecture ,des instruments
    d’observation et des moyens financiers pour observer) n’a donc en somme rien à voir avec
    la vérité.Plus exactement,la réalité telle qu’elle est,et plutôt telle qu’on la « saisit » tant bien que
    mal,n’est JAMAIS de l’ORDRE d’une quelconque VERITE,avec un grand V.
    Pour celles et ceux que cela intéresse,je précise que l’ouvrage de 1911 de James sur le
    pragmatisme comporte une préface de Gaston Bachelard.

  13. Nous ne savons pas exactement ce qu’il faudrait faire mais ce que nous faisons est la chose qu’il faut faire effectivement.

    D’abord un tout grand merci de nous associer à la chose que nous faisons, c’est effectivement à partir d’un cerveau collectif que nous pouvons élaborer des objectifs sans cesse remis en question en fonction des événements et des idées changeantes qui nous sont proposées.
    Je viens de lire votre livre « Penser l’économie autrement » et on peut observer, comme il le dit lui-même, que monsieur Colmant ne voit plus l’économie comme au début de sa carrière.
    Même si le changement n’est pas notable, je pense qu’il n’est qu’à ses débuts, et c’est en continuant inlassablement à marteler nos idées autour de nous que les choses évolueront, même si nous ne pouvons pas savoir de quoi sera fait l’avenir.
    Selon moi l’effondrement a commencé il y a 40 ans et il est en croissance exponentiel, ce qui ne veut pas dire que des ruptures partielles et brutales comme en 2008 ne vont pas apparaître.
    Si nous voulons voir l’émergence auto-organisée d’une société nouvelle, il nous faudra mettre de la thermodynamique dans l’économie, c’est à ce moment qu’elle aura gagné son titre de science

    1. « Si nous voulons voir l’émergence auto-organisée d’une société nouvelle, il nous faudra mettre de la thermodynamique dans l’économie, c’est à ce moment qu’elle aura gagné son titre de science ».

      De grâce, épargnez-nous ce bla bla insipide.

      1. Quand Octobre arrive , les feuilles ( et les phrases étranges qu’elles portent ) tombent .

        Mais c’est vrai que la phrase incriminée est de nature à faire fuir une immense majorité de la population .

        Au moins aussi immense que le nombre de ceux qui tourneront les talons si on les renvoie à une lecture complète d’un bouquin de François Roddier .

    2. il nous faudra mettre de la thermodynamique dans l’économie, c’est à ce moment qu’elle aura gagné son titre de science

      Permettez moi d’avoir un gros doute là-dessus.
      On pourra bien y mettre de la thermodynamique comme on y a mis des mathématiques, de l’informatique et tous les …iques que vous voudrez, cela n’en fera pas une science. A mon avis.

      1. A partir du moment où le PIB est lié l’approvisionnement énergétique et que ce dernier ne peut plus continuer sa croissance, la question se pose d’introduire la thermodynamique dans la réflexion économique, de là à en faire une science je reconnais qu’il y a encore de la marge.

      2. A la réflexion cela n’en fera pas une science, vous avez raison elle restera un outil comme l’agriculture dont Claude Bourguignon disait qu’il faudrait y remettre de la science. En fait c’est cela y mettre de la science.

  14. Les civilisations sont mortelles. Mais de quoi meurent-elles ?
    De 3 façons :
    1) La confrontation avec une civilisation militairement supérieure : Les Aztèques.
    2) La décadence face à des envahisseurs même techniquement inférieurs : L’empire romain.
    3) La crise écologique et démographique : Les Mayas, les Pascuans et NOUS.
    Que faire de plus ? :
    D’abord corriger le tir. Tout ce que P Jorion, JM Keynes, J Stiglitz & co disent est correct MAIS limité au champ de l’économie classique, qu’ils reconnaissent fausse par ailleurs. Fausse car reposant sur des postulats faux, le premier d’entre eux étant que les ressources de la terre sont infinies donc gratuites. Cfr JM Jancovici – qui se concentre sur l’effet de serre: http://www.manicore.com/
    Il faut donc corriger la priorité dans la critique : certes les inégalités, la spéculation, la financiarisation sont condamnables, la robotisation doit se revoir au profit de tous, mais la véritable menace est la prolifération de notre espèce et de son appétit.
    En ce qui concerne notre démographie un espoir : la Chine a compris.
    Oserons nous attaquer LE TABOU principal, celui de toutes les religions et idéologies qui ont fini par nous rendre aveugles à la différence entre PLUS et MIEUX.

    1. @ Hadrien

      Il ne faut pas contraindre les gens mais les convaincre mais comment faire ?

      Trop de gens considèrent leurs enfants comme des moyens de :
      Se faire bien voir, s’imaginer qu’on ne meurt pas car on vivrait dans ses enfants, rite de passage, je suis adulte, j’ai un enfant, comment l’élever n’est pas la question, faire comme tout le monde….

      Quand on pense que les gens n’ont même pas pitié de leur futur enfant dont ils sont responsables, comment leur demander de penser à la planète ?

      Accessoirement, pour moi il n’y a pas vraiment de question prioritaire parce qu’elles sont toutes liées, que chacun agit à son niveau et qu’il est bon que tout le monde ne fasse pas la même chose, ce qui permet à ceux qui sont extérierus à une action de voir les défauts que les personnes plus impliquées ne percevraient pas sans compter qu’ainsi les pouvoirs s’équilibrent les uns les autres ce qui limite les abus.

    2. Il me semble bien que Paul Jorion a cité Emmanuel Todd dans sa bande d’iconoclastes .

      Reconnaissons que le sujet , tabou ou pas , mérite d’être abordé mais pas isolément .

      C’est d’ailleurs ce que font les parents potentiels , conscients ou pas , sans en parler à quiconque .

  15. … » Et alors, du coup, nous nous retrouvons rassemblés ainsi, même si le sujet qui est évoqué n’est pas le sujet qui est notre sujet de prédilection auquel nous consacrons la plus grande part de notre activité. »
    C’est juste! Souhaitons que ce livre soit plus orienter sur la délivrance d’une chose que son contraire.

  16. Si le titre du livre c’est :
    « Comment déjouer ou faire échouer la corruption », alors oui, votre présence s’impose.
    Avec en table des matières :
    Les dix commandements contre cette vilaine chose.
    Sinon, non!

  17. La problématique est la suivante.
    Tous vous savez que le système économique actuel est voué à l’échec pour tout le raisons évoqués, tout le monde a sa théorie mais toujours en lien ou à l’intérieur du système en place alors qu’il faut en sortir, sortir veut dire sortir, donc à l’extérieur de ce cadre nocif en changeant les références de base.

    Le cadre actuel est d’abord l’économie, la société et ensuite l’environnement. Hors la société avec son économie s’approvisionnent à 100% et exclusivement des ressources de la l’environnement planète/terre
    .Les écosystèmes qui régissent le renouvellement des ressources qui sont à la base air et eau adéquate à la consommation ne suffisent plus, nous avons par nos agissements dépassé la capacité des écosystèmes à renouveler qualitativement ces ressources de base.
    Cette capacité de purification est essentiel à la vie et est irremplaçable mécaniquement, sauf avec scaphandre, bombonne d’oxygène et distillateur d’eau pour tous (génial).
    La capacité de fonctionnement adéquate de ce système n’est possible qu’en respectant simplement des quantités spécifiques de charge polluante et pas n’importe quelles non plus. Nous ne connaissons pas ces quantités mais de toute évidence nous avons dépassé la dose, les écosystèmes sont déséquilibrés.
    Que faire? C’est la question du billet.
    Nous devons, et nous n’avons pas le choix, revenir dans ce que j’appelle la zone d’équilibre ou les écosystème peuvent fonctionner qualitativement presque à l’infinie.
    Le système économique actuel est directement responsable de ce désastre, donc ce n’est pas en relançant ce système que nous réussiront.
    Changement de paradigmes, d’abord l’environnement avec comme référence incontournable le retour dans la zone d’équilibre avec une société et une économie adaptée aux exigences requises
    de respect et de maintien de cette zone d’équilibre et nul de besoin de nouvelles techniques pour ce faire simplement une nouvelle conscience.
    Vous avez maintenant une cible et des points de repères clair.
    C’est la seule direction à prendre adapter l’économie à l’environnement, l’inverse étant impossible.

  18. Les civilisations ne s’effondre pas,elle s’adapte au changement.
    Et puisque vous évoquiez Frédéric Lordon il dit « La crise se n’est pas quand ça va mal,la crise c’est quand ça change…

  19. Lorsque j’ai lu le dialogue entre Paul JORION et Bruno COLMANT, j’ai vu que ce dernier avait déjà perdu ses certitudes sur l’économie comme science absolue. Petit à petit il donne raison à M. Paul JORION sur divers points. Ceci me fait penser à une période que je commence a bien connaitre celle où la Résistance française s’est levée. Lorsque les temps sont devenus irrespirables et l’état des choses agravé par la collaboration pétainiste, des personnes issues de vieilles familles de la noblesse ou de la bourgeoisie d’extrême-droite (je pense par exemple à Daniel CORDIER qui sous l’influence de Jean MOULIN entra dans la résistance) changèrent complétement pour s’unir dans la lutte avec la classe ouvrière, majoritaire dans le combat contre les nazis, l’armée allemande, la police de vichy, les polices municipales, les brigades spéciales, la milice,les gendarmes les gmr….(garde mobile de réserve ancêtres des CRS) et les industriels français vendant leurs produits(camions, chars, soie pour les parachutes destinés à l’armée allemande.

    Le charismatique et courageux P. JORION qui parcourt la France et la Belgique en tous sens saura j’en suis certaine entrainer dans ses idées de nombreuses personnes. Cependant, une poignée d’intellectuels ne fait pas le printemps mais y contribue… Cordiales salutations. Eliane C

  20. Être cité dans un ouvrage traitant de la corruption, c’est pas de la diffamation, c’est même plutôt une sorte d’hommage. Évidemment se pose le problème de l’arrosage des géraniums sur la terrasse.
    Dans votre liste non exhaustive, on peut rajouter Onfray, Badiou, etc.

  21. @ Mimi

    Vous avez raison de lire autre chose que ce que vous savez ou croyez.
    On n’est pas obligé de le faire , mais c’est une manière d’apprendre du nouveau et de voir comment pensent les autres donc de se renouveller.

  22. comme dirait pierre rahbi, si chacun fait sa part, comme le colibri, quand on sera 11 milliard de colibris ça devrait commencer à bouger :!! merci paul pour nous livrer toutes ces idées

    1. si chacun fait sa part, comme le colibri…

      Sauf que jamais ça ne marche comme ça. Je ne comprends d’ailleurs pas comment on peut attacher tant d’importance a une réflexion si enfantine, sans avoir envie de creuser plus loin. Mais chacun son truc. Ce que fait Pierre Rhabi mérite évidement le respect, et prépare peut être le « jour d’après », mais ne pas trop compter sur les seuls colibris!

  23. Les sociétés occidentales se transforment aujourd’hui en tempo lento, en silence, sans rencontrer de fortes résistances.
    J’ai lu aujourd’hui des statistiques récentes concernant la répartition des richesses dans le monde: l’écart se creuse continuellement, avec un petite pause juste après la subprime crisis, mais les choses se sont « normalisées » entre temps, l’enrichissement de ceux qui sont déjà priviligiés continue.
    Le problème c’est que les gouvernements des états européens cèdent au chantage et aux pressions, Merkel par exemple ne fait qu’exécuter les directives et intérêts des organismes tels que le FMI ou des créanciers internationaux, une large partie de la presse est mise au pas, les parlements dépassés et par les évenements et la complexité des phénomès nouveaux……..Il est grand temps d’agir, l’abstention au vote ne sert à rien, et je crains que les élections ne mènent à rien de positif, le personnel politique concentre ses efforts sur le maintien du status quo – cette illusion sera de plus en plus difficile à vendre – on est entré dans un temps trouble où la dépression peut se transformer en révolte.

    1. Oui, c’est un lapsus. Comme je l’ai déjà mentionné, je peux retracer la quasi-totalité de mes lapsus à ce combat permanent que je mène quand je parle français contre l’anglais qui pointe à tout moment. Dans ce cas-ci, je suppose que c’est l’anglais « us » qui est parvenu à forcer son chemin à la place de « nous », et qui a donné « eux ».

  24. Soit ce qui se raconte sur ce blog servira aux historiens, soit cela ne servira pas. L’important n’est pas tant ce que l’on vit mais l’Histoire qu’on en fait.

  25. Le début de la fin c’est, peut être tout un faisceau d éléments par exemple:
    _ les citoyens doutent du système
    _ réaliser quelque chose devient de plus en plus complexe
    _ le domaine parasitaire (juridique, finance, communication, publicité….) prend de plus en plus de ressource
    _ les forces externes au système deviennent prépondérantes
    _ la décision est erratique et remise en cause

    1. Oui, bien vu.
      Autrement dit l’agitation économique ne cesse pas mais son efficacité s’inverse, entraînant l’effondrement du gros bouzin, dans un épais nuage ou personne n’y comprend plus rien.
      Un peu comme un moteur dont les organes annexes finiraient par consommer plus d’énergie que le moteur n’est capable d’en fournir…

  26. Bonjour Mr. Jorion,

    J’ai pris soin de lire votre commentaire et je dois vous dire tout de suite, que vous nous êtes nécessaire à nous qui parlons encore tout bas pendant que vous réfléchissez tout haut.
    Alors poursuivez votre mission d’information animée par cette notion rare d’humanisme. Régulièrement je et nous sommes des centaines de milliers et qui sait peut-être des millions à prendre connaissance de vos informations très pédagogiques. Un éclairage bien différent de celui distillé par la « boîte à images » qui cherche à annihiler notre libre-arbitre afin de mieux nous gaver de tout et souvent de n’importe quoi.
    A part quelques émissions intéressantes se trouvant la plupart du temps sur ARTE contribuant à nous ouvrir au Monde qui nous entoure, rien si ce n’est vos interventions et celles de gens que vous citez. Vous êtes la Vigie rassurante qui donne l’alerte et nous empêche de tomber davantage dans le puits des illusions.
    Alors pour tout cela MERCI et sachez que tel le battement d’ailes du papillon, vos actions ont et auront un impact difficile à quantifier dans l’immédiat mais certain dans cet Avenir qui si nous en percevons pas encore les contours, se dessine dans les consciences….

    Bien à vous et au plaisir de vous lire à défaut de ne point sans doute vous rencontrer.

    Philippe ROGER

  27. Je pense que ce blog, les livres de Paul Jorion, ainsi que les travaux de tous les auteurs cités dans le billet, participent d’une meilleure perception du monde. Ils nous permettent d’échapper au globiboulga frénétique des ‘infos’, où le fait important et le décryptage pertinent sont immanquablement noyés dans l’océan de l’infotainment et de la pensée dominante. Ils nous fournissent des outils pour penser la complexité, la subtilité, pour gagner en degrés de liberté. Ils contribuent à poser les fondations mentales du ‘Monde d’après’. Cela peut paraître peu devant l’immensité des défis à relever, mais il me semble que ce ‘peu’ est un préalable indispensable.
    PS : et pour calmer nos angoisses existentielles, la nature met à notre disposition la Beauté. Elle est présente partout, le plus souvent dans les choses que nous jugeons insignifiantes. Réduirions-nous cette planète en cendres, que nous ne pourrions la faire disparaître.
    Notre pouvoir de nuisance à ses limites et cette seule pensée est rassurante.

  28. Que faire, sinon ce que nous faisons déjà ?

    Bonjour monsieur Jorion, bonjour à tous,

    J’ai eu un entretien téléphonique avec un chef d’entreprise situé en province dans le Vaucluse. Notre conversation a très vite dévié de son sujet initial (la supervision des systèmes d’information) pour s’orienter vers l’actualité récente que nous connaissons tous ; je lui exposais l’un des dix risques majeurs liés aux SI, et non des moindres, les risques psychosociaux et les sabotages des SI, et lui rebondissait fort justement sur les risques psychosociaux et les sabotages de la société

    Dans les deux cas, il s’agit bien évidemment de systèmes complexes observés… Dans les deux cas, le but est de pouvoir garantir leur robustesse à tout moment sans empêcher la complexification/diversification indispensable qui s’y opère en temps réel… Dans les deux cas, il s’agit de faire face à toute complication

    Je lui expliquais alors que de toutes façons, seule l’expérience de l’incident avérée demeure indispensable, voire même souhaitable (un enfant doit toujours trébucher avant de marcher), afin que l’on puisse identifier très clairement un point de fragilité au sein même d’un système… Sans premiers incidents inscrits dans l’histoire d’un système, il est quasiment impossible de prévenir ceux à venir avec efficacité…

    Les évènements récents nous montrent que les points de fragilité au sein de notre société/civilisation sont absolument partout, voire là où personne ne les imaginait faute d’observation suffisante…

    Que faire dans ce cas ?

    Faire ce que nous faisons déjà !!!

    Poursuivre contre vents et marées l’effort d’explication et de vulgarisation, car tôt ou tard, les incidents aidant, ceux qui n’y croyaient pas seront bien obligés de se rendre à l’évidence…

    Sans supervision à 360°, le monde du XXIème siècle ne pourra plus jamais tourner rond !!!

    S’il y a bien une des sept ambitions du XXIème siècle pour laquelle la communauté internationale devrait se mettre en phase de toute urgence, ce serait celle-ci :

    Le Big Data au service de la robustesse politique / économique / énergétique / climatique / océanique / géologique / stratégique / psychologique / biologique / démographique / etc. de notre Planète Bleue !!!

    Parfois, moi aussi, j’ai vraiment le sentiment étrange de pisser dans un violon

    1. Je suppose que conceptualiser  » pisser dans un violon » en Big Data , c’est faire la part d’un facteur « incertitude » .

      Ceci étant , le Big Data n’est effectivement humainement  » utile » que dans un contexte de démocratie mondiale .

      Sinon il ne servira que la  » tranche supérieure » .

      1. Oui !!! Parfaitement…

        J’aurais d’ailleurs pu compléter l’énumération précédente de la manière suivante :

        Le Big Data au service de la robustesse […] / démocratique / numérique / radiologique / etc. de notre Planète Bleue !!!

        … radiologique, en rapport avec le billet invité publié par monsieur Jorion ce matin…

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