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L’actualité de demain : DYNAMIQUES DE GROUPE, par François Leclerc – En débat demain mardi, de 11 h à 14 h.

Billet invité. Le débat a commencé ICI

Parvenus à ce stade de la crise dans sa dimension politique et sociale, une interrogation toute simple s’impose : pour quelles obscures raisons, que ce soit aux États-Unis ou en Europe, ceux qui sont en responsabilité (comme ils aiment jargonner) sont-ils incapables d’en sortir ? Que cherchent-ils à obtenir ?

Les prises de position des plus péremptoires d’entre eux sont connues : « Pas d’impôts supplémentaires pour les riches ! » et « Taillez dans l’État-providence ! », désignant à chaque fois la même victime. De fait, les uns continuent de bloquer toute adoption d’un budget aux États-Unis, et les autres coupent dans ceux-ci sans se soucier du désastre. Dans les deux cas, une véritable fuite en avant s’ensuit, en défense du statut des nantis, de leur fortune, de leurs aises et privilèges. C’est aussi simple que cela. En Europe, ce sont des pays entiers qui sont détruits, des générations qui en subissent les effets, condamnés au nom de la Rédemption.

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LES PARADIS FISCAUX ET LES ENFERS SOCIAUX, par Julien Alexandre

Billet invité

Rappelez-vous, c’était en 2009, il y a maintenant une éternité. La crise financière était à son paroxysme, et le G20 avait décidé de confier à l’OCDE la difficile mission de dépeindre la réalité de l’opacité financière en gris et noir, afin de classer les juridictions non coopératives jugées respectivement « en voie de progrès » ou bien totalement « opaques » ; le blanc immaculé était évidemment de rigueur pour les juridictions coopératives.

Après les proclamations d’usage – « Les paradis fiscaux, c’est fini ! » – vint rapidement le temps des désillusions : la méthode engagée pour lutter contre ces juridictions non transparentes était celle de la diplomatie non coercitive, sous la forme de simples conventions de coopération. C’est ainsi que la Suisse et Monaco, en signant une douzaine de conventions juste avant l’ouverture du sommet du G20, avaient réussi à ne pas figurer sur les listes de la honte. Surtout, les critères retenus pour les pays qui y figuraient à l’issue du sommet prêtaient au mieux à rire, au pire à crier au scandale tant ils faisaient la part belle à l’interprétation pour ne pas froisser les poids lourds qui auraient peu goûté de se retrouver livrés en pâture à une opinion publique qui ignorait probablement que certains paradis fiscaux étaient hébergés par les plus grandes puissances économiques de ce monde, comme les États-Unis ou l’Angleterre. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, l’affaire fut entendue : des accords bancals étaient signés, les listes étaient vidées de leurs figurants pressés de regagner la blancheur OCDEienne qu’ils souhaitaient éternelle et qui était réservée aux pays faisant preuve de transparence dans leurs activités financières.

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Un problème de rapports de force entre Etats et finance, par Corinne Lepage

Billet invité.

La semaine a été très contrastée sur le front des rapports entre gouvernements et citoyens à l’échelle du continent européen. Deux bonnes nouvelles :

– Le rejet par le Parlement européen de la convention swift n’est pas une révolution mais néanmoins un moment important pour une double raison : c’est un acte d’indépendance fort à l’égard du conseil et de la commission qui avaient négocié derrière le dos du parlement une convention d’échanges de données bancaires avec les Etats Unis complètement déséquilibré. Après avoir voté pour la Commission Barroso 2 (ce que je n’ai personnellement pas fait) le Parlement, deux jours plus tard, montre ainsi son indépendance puisque la commission appuyait la demande du PPE de reporter le vote. C’est aussi un acte d’indépendance à l’égard des Etats-Unis, pour avoir proposé une convention complètement déséquilibrée donnant des droits sur les citoyens européens sans aucune contrepartie.

– La décision prise par l’Islande et ses créanciers, dans l’attente du referendum, de renégocier le montant de la dette. Cette pression citoyenne est une grande première qui certes, met en difficulté toute l’économie islandaise au regard des investisseurs éventuels mais a l’immense mérite de poser pour la première fois les limites de ce que des peuples peuvent accepter.

A contrario, la question grecque reste entière et la solidarité parait difficilement jouer même si elle a été affichée. En vérité, la solidarité ne devrait pas consister seulement à soutenir la Grèce. Elle devrait consister à affirmer une volonté politique très ferme au regard des spéculateurs et donc du monde financier. Car n’est-il pas parfaitement innommable que les contribuables européens après avoir puisé dans leurs poches et au-delà, soi-disant pour renflouer le système financier et faire repartir la machine économique, subissent une deuxième ponction résultant du détournement dans l’usage des fonds vers les fonds spéculatifs, puis une troisième résultant de l’utilisation des fonds spéculatifs pour détruire la monnaie et donc ce qui reste de l’économie grecque d’abord, de la zone euro ensuite. C’est donc un problème de rapports de force entre Etats et finance. Les Etats refusent en réalité d’utiliser les armes réglementaires dont ils disposent contre la spéculation (par exemple l’interdiction sauf exception de la vente à découvert) alors que le système financier, banques incluses n’a aucun état d’âme à utiliser l’argent public reçu pour détruire ceux qui ont eu la faiblesse de le leur prêter quand ils étaient dans les affres du risque de collapse.

Le problème de fond n’est donc pas posé et encore moins solutionné. Or, plus le temps passe, plus les Etats perdent, en raison de leur endettement massif, les moyens d’une politique digne de ce nom. Pour cette raison, plus que jamais, la réflexion autour des moyens dont la société civile, c’est-à-dire les clients des banques/citoyens/contribuables peuvent réagir et devenir des moyens de pression sur leur gouvernement comme l’ont fait les Islandais est un sujet politique central.

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