LES PARADIS FISCAUX ET LES ENFERS SOCIAUX, par Julien Alexandre

Billet invité

Rappelez-vous, c’était en 2009, il y a maintenant une éternité. La crise financière était à son paroxysme, et le G20 avait décidé de confier à l’OCDE la difficile mission de dépeindre la réalité de l’opacité financière en gris et noir, afin de classer les juridictions non coopératives jugées respectivement « en voie de progrès » ou bien totalement « opaques » ; le blanc immaculé était évidemment de rigueur pour les juridictions coopératives.

Après les proclamations d’usage – « Les paradis fiscaux, c’est fini ! » – vint rapidement le temps des désillusions : la méthode engagée pour lutter contre ces juridictions non transparentes était celle de la diplomatie non coercitive, sous la forme de simples conventions de coopération. C’est ainsi que la Suisse et Monaco, en signant une douzaine de conventions juste avant l’ouverture du sommet du G20, avaient réussi à ne pas figurer sur les listes de la honte. Surtout, les critères retenus pour les pays qui y figuraient à l’issue du sommet prêtaient au mieux à rire, au pire à crier au scandale tant ils faisaient la part belle à l’interprétation pour ne pas froisser les poids lourds qui auraient peu goûté de se retrouver livrés en pâture à une opinion publique qui ignorait probablement que certains paradis fiscaux étaient hébergés par les plus grandes puissances économiques de ce monde, comme les États-Unis ou l’Angleterre. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, l’affaire fut entendue : des accords bancals étaient signés, les listes étaient vidées de leurs figurants pressés de regagner la blancheur OCDEienne qu’ils souhaitaient éternelle et qui était réservée aux pays faisant preuve de transparence dans leurs activités financières.

Mieux, certains établissements financiers plus ou moins désignés volontaires décidaient en leur âme et conscience de liquider toutes affaires cessantes leurs filiales dans les paradis fiscaux. Comportement remarquable s’il en est, au moment même où la plupart de leurs petits camarades faisaient plutôt dans le chantage à l’emploi et à la distribution de crédits à l’économie pour calmer les velléités – pourtant ô combien modestes – de régulation du secteur financier. On vit d’ailleurs plus tard en 2010 comment la réforme de Wall Street à travers la loi Dodd Frank fut littéralement mise en charpie grâce à l’aide opportune de lobbyistes inondés de dollars généreusement fournis par les principales institutions financières des États-Unis.

Cette même année, les paradis fiscaux étaient désormais considérés comme étant de l’histoire ancienne. Pour le grand public, le problème était réglé. D’ailleurs, les politiques ne s’y trompèrent pas, et les sommets qui devaient suivre en 2010 – Toronto, Séoul – et 2011 – Cannes – s’empressèrent de ne pas trop déplacer les tapis de peur de voir la poussière accumulée s’en échapper. Pourtant, tous les experts un tant soit peu sérieux s’accordaient à dire que les mesures du G20 avaient été avant tout de la poudre de perlimpinpin, et que 40 à 50 % des transactions financières mondiales transitaient par un ou plusieurs paradis fiscaux. Entretemps, la formidable crise des dettes souveraines s’était enclenchée et le bouc émissaire jugé bien commode en 2009 pour afficher un discours politique volontariste n’était plus d’aucune utilité pour dénoncer la situation exsangue des finances publiques des pays développés qui voyaient les uns après les autres leurs notations dégradées par des agences qui prenaient ainsi la place des paradis fiscaux dans la rhétorique guerrière qu’affectionnent tant certains politiques dans ces moments là. Un rideau de fumée supplémentaire destiné à parachever un programme néo-libéral qui avait dorénavant bien du mal à recueillir les suffrages des peuples mis à mal.

Dans le même temps se dessinait un peu partout en filigrane un essor de l’extrême droite, laquelle diversifiait son fond de commerce qui avait peu changé depuis une trentaine d’années – un discours économiquement à droite, très libéral – pour revenir aux fondamentaux historiques : le binôme constitué par dénonciation de la finance internationale apatride et la dénonciation des mouvements migratoires « incontrôlés ». C’est ainsi que dans la foulée et sous le poids écrasant des perspectives électoralistes, une partie des droites « classiques » européennes furent amenées à « droitiser » leurs discours pour coller au nouvel « air du temps ». Mais pas sur l’économie, non. Plutôt sur le mécanisme somme toute classique qui permet de diviser (pour mieux régner ?) et d’opposer : l’étranger qui circule trop librement, l’étranger incivil, l’étranger qui vole le travail des autres, l’étranger délinquant… Là où certains voyaient des étrangers qui n’étaient pas assez entrés dans l’histoire, d’autres voyaient désormais des étrangers qui étaient trop entrés dans leur histoire, leur pays, leur civilisation. Difficile d’entendre que l’émigration, c’est au départ une déchirure, un dépassement de soi, un arrachement, tout simplement parce que les conditions de vie d’une grande partie des habitants de cette planète, ce ne sont pas celles des paradis fiscaux hyper-financiarisés mais plutôt celles des enfers sociaux hyper-précarisés.

Nous sommes aujourd’hui en 2012 et rien n’a changé, bien au contraire. Le constat est accablant : les capitaux n’ont jamais aussi librement circulé, et les hommes n’ont jamais aussi peu librement circulé. Cherchez l’erreur. Alors quand on découvre au détour d’une dépêche Reuters que la société SWIFT pourrait pour la première fois de son histoire exclure un pays de son réseau de transactions financières, avec pour corollaire des difficultés d’approvisionnement et le développement du troc et des paiements en or, on est obligé de se poser la question : comment diable les responsables du G20 n’y ont-ils pas pensé plus tôt ? La solution est tellement simple : prenez les chambres de compensation comme Clearstream et LCH.Clearnet, ajoutez-y SWIFT, et bannissez tout bonnement toutes les juridictions non coopératives, et là c’en sera définitivement fini des paradis fiscaux.

A l’heure où la refondation du capitalisme est plus que jamais nécessaire pour éviter le chaos et le bancor keynésien indispensable pour équilibrer les échanges internationaux, seules mesures à même de transfigurer la réalité des enfers sociaux, il semblerait pourtant que les dirigeants aient jugé urgent de ne pas trancher : ce sera donc les paradis fiscaux ET les enfers sociaux. Or s’il est une leçon à retenir de tout ceci, elle est très simple : cinq minutes de courage politique suffisent.

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153 réflexions sur « LES PARADIS FISCAUX ET LES ENFERS SOCIAUX, par Julien Alexandre »

  1. Quand je pense que c’est à moi que tu disais il y a 2 ou 3 jours que je « délirais » !
    (Je dis ça pour rigoler : entendons-nous bien !)

    Tu as parfaitement raison.
    Sans l’existence des « paradis fiscaux » le système s’écroule en 8 jours. Tu penses bien que les bénéficiaires dudit système sont peu empressés !

    Lesdits paradis ont deux fonctions complémentaires : permettre la facilitation des échanges (opaques) et le stockage des richesses détournées.

    Que l’on ait les moyens de lutter contre (SWIFT & co), y’a aucun doute. Resterait à trouver des hommes ou femmes politiques décidé(e)s à.

    Si t’en vois un ou une à l’horizon, tu me fais signe. Ça m’aiderait dans deux mois.

    1. Surtout que le Luxembourg est au cœur du système des paradis fiscaux, car vous citez Monaco mais Monaco c’est voyant peut être mais il n’y a pas 10% des sommes que le Luxembourg voit passer, et pour ceux qui ne le savent pas un compte à numéro au Luxembourg c’est courant, sans compter les montages clef en main pour vos affaires via Malte aussi par exemple sinon on vous envois à Singapour si vous préférez, mais c’est vrai que dans les rues du Grand duché on voit moins la richesse c’est plus sobre plus caché que la principauté, regardez comme c’est beau la branche Dexia qui héberge au Luxembourg elle c’est le Qatar qui’ l’a racheté, la branche qui fait des pertes c’est pour les peuples d’Europe.

      Maintenant il est vrai que si la City et ses plateformes ainsi que les USA ne font rien avons nous seul intérêt à stopper les paradis fiscaux en Europe qui ne manqueraient pas de profiter à d’autres ailleurs, ???? C’est d’ailleurs ce qui se passe avec la Suisse où les Usa font tout pour rafler le client au nom soit disant d’invasion fiscale d’américains, si les USA voulait une justice fiscale ça se saurait eux qui ne veulent pas d’impôt sur les riches. Je vous invite à lire le commentaire d’investissement de la Banque Wegelin, la plus vieille banque privée suisse qui vient de tomber sous les coup bas des USA : lisez ça vaut le détour le titre est adieu l’amérique c’est du 24 août 2009.

      1. ou écoutez

        http://www.podcasters.fr/episodes/l-adieu-%C3%A0-l-am%C3%A9rique-9425420.html

        Banquiers privés une espèce en voie de disparition ? En effet, en 1978, il existait encore 24 établissements avec ce statut si spécifique de banquier privé, c’est-à-dire une société de personne, bien souvent une commandite, dont les associés sont indéfiniment responsables dont la plupart remonte au XVIIième ou au XVIIIième siècle. Mais qui se souvient de Rüd Blass & Cie ou bien Tardy Baezner & Cie et qui sait encore que Vontobel & Cie ou bien A. Sarasin & Cie furent tous deux des banquiers privés avant de devenir des sociétés anonymes. Il semble que le monde traditionnel et conservateur des banquiers privés et leur légendaire responsabilité indéfinie soit en voie de disparition. Pourtant la crise financière dont une des conséquences immédiates est le manque de confiance ne doit-elle pas faire renaître un modèle basé sur un profond esprit de responsabilité ? Wegelin & Co. disparaît et avec elle ses 271 ans d’histoire. Les activités de la banque sont cédées à la banque Raffeisen avec effet immédiat suite à l’inculpation de trois de ses banquiers dans une affaire d’évasion fiscale aux Etats-Unis d’Amérique pour un montant de plus de 1 milliards de dollars d’actifs. Le glas a sonné ce 27 janvier 2012 pour une institution qui clamait haut et fort sa décision de rompre avec la finance américaine en 2009 dans une profession de foi, l’Adieu à l’Amérique.
        Adieu Wegelin !

    2. Excellente démonstration de l’impossibilité de refonder le capitalisme.

      Ceux qui ont tenté de refonder le féodalisme,
      quand ses contradictions l’étouffaient,
      ne pouvaient non plus le faire.

      Quand Sarko ou les nomenclatures de l’ex gauche plus rien
      proposent de refonder le capitalisme, alors qu’il est à l’agonie,
      leurs promesses n’engagent que ceux qui les croient.

      Promesses de politiciens dans la lutte des places,
      qu’il ne reste plus que trois mois à supporter.

    1. Je vous conseille d’aller visiter le blog de Jean Luc Mélenchon : vous verrez que tous les politiques ne sont pas  » lâches  »

      1. oui mais sans fermeture des frontières et sans contrôle des capitaux donc sans rejouer la RDA comment il fait Mélenchon ? ça fait des semaines que je demande au FDG de m’expliquer ?

      2. @Liervol

        Il y aura contrôle des capitaux, c’est évident. Et on sera loin de la RDA, car le contrôle des capitaux ce n’est pas si ancien dans les pays « libres »…

      3. à liervol,

        je sais pas comment va faire Mélenchon contre les puissances de la finance, mais au moins ce dont je suis convaincu, c’est qu’il va défendre les interêts des citoyens quoi qu’il en coûte, une guerre ça coûte toujours à tout les protagonistes, ce qui se passe en Gréce et bientôt chez nous avec le MES et ce qui va suivre est ahurissant.

        Avec Melenchon je suis convaincu que le « Munich financier » en cours sur les démocraties Européenne ne pourra pas aboutir.

        cordialement

      4. Il tire l’ue dans la bonne direction.
        Avec les déséquilibres actuels, la moindre anicroche et c’est la fin, alors un peu de chantage version française au lieu d’allemande …

      5. sans rejouer la RDA comment il fait Mélenchon ?


        Grotesque.
        Daniel.

        Un type, normalement élu pour ce programme, limite un tant soit peu
        la liberté d’ action d’une bande de malfaiteurs , c’est bien entendu
        un retour au stalinisme!
        Mais en réalité c’est impossible, dans notre petit pays , y’a pas la place
        pour un Goulag, c’est aussi simple que ça.

    2. Pour faire reculer le capital, tout démontre qu’il faut un vrai rapport de force,
      qui permette de paralyser la bourgeoisie et son Etat, en France comme ailleurs.

      Tous les politiciens professionnels de l’ex gauche plus rien,
      qui se disent en gros comme Mélenchon « pas révolutionnaire, mais keynésien »
      refusent de sortir du cadre capitaliste.
      Ils proposent un « altercapitalisme » qui leur permette de revenir à la soupe.
      Ils font en France comme ailleurs.
      Quand le mouvement des retraites allait vers un tous ensemble,
      ils ont dénoncé ces appels, et jeté la peau de banane d’un référendum…
      C’est sur les actes, pas les moulinets de paroles, qu’on juge les hommes.
      Les grèves générales ont lieu malgré tout, les révolutions aussi.

  2. cinq minutes de courage politique.

    Dire qu’il faut si peu de choses pour changer le cours de l’Histoire. Cinq minutes de courage politique sur un plateau de la balance pour épargner des milliers de vies sur l’autre. Les civilisations en vérités se valent toutes, car toutes s’écroulent faute de cinq minute de courage, de bon sens.

    Que vaut la plus prestigieuse architecture si elle est bâti sur du néant.

    Mirage dans un désert.

  3. Superbe proposition. Merci beaucoup: bannir des chambres de compensation internationales tous les organismes financiers des pays suspects serait en effet un moyen simple et radical de faire cesser les mouvements financiers officiels de et vers ces « trous noirs » fiscaux qui engloutissent et rendent caduques une bonne partie de tous les « quantitative easing » de la terre. Reste à établir la liste de ces pays et de ces organismes, ce qui, comme vous le soulignez, n’est pas une affaire de tout repos. Et puis il restera toujours les porteurs de valise. Mais ce serait effectivement un message fort envoyé à tous les experts en « optimisation fiscale ».

    JP Vignal

      1. On se demande bien pourquoi on attribue si spontanément la particule à Montebourg, qui est tout aussi roturier que moi…

    1. 30 000 milliards en permanence dans les chambres de compensation du Luxembourg, c’est pas rien !!! n’est il pas !!!! après on nous fait un cinéma pour la Grèce !!!

    2. Pour un capitalisme de mille ans…

      Sans avoir tout dit – pour le moins et pour cause ! – La Boérie avait dit l`essentiel, en gros sans la complicité passive, voire active (combien d`ouvriers et d`employés frappés du syndrome d`Emma Bovary se sont-ils laissés aveugler par les ors faciles du travailler plus pour gagner plus, alors qu`il n`y a ni travail et encore moins d`argent, en somme combien se sont-ils mis dans la peau des « riches » ou en tout cas en singeant l`image qu`ils s`en faisaient avec comme modèle l`anti grand bourgeois par excellence Sarkosy et sa clique de parvenus vocéférants??! des masses, l`oligarchie exténuée dans ces derniers retranchements, seraient tomée comme un fruit pourri…

      Il n`y a de salut que dans la solidarité familiale !

      1. Il n`y a de salut que dans la solidarité familiale !

        Pour ceux qui ont la chance de n’être ni de la DDASS ni enfants uniques ni en plus orphelins( ces 3 tares sont souvent associées, un malheur ne venant jamais seul) !!!
        Donc, se dépêcher de rassembler dans chaque commune tous les sans famille en une grande famille solidaire .

        Y en a-t-il tant que ça qui ont voulu singer le couple Sarkozy- Cécilia ? On a tendance à oublier que les Emma Bovary qui ont suivi le chemin tracé par les médias en 2007 ont voté alors pour le couple Sarkozy -Cécilia, moins clinquant .et aussitôt dissous . MDR

  4. Salut JA,

    Or s’il est une leçon à retenir de tout ceci, elle est très simple : cinq minutes de courage politique.

    En clair ?

    (du style : qui, quand, comment, où)

    1. En clair, si l’on peut décider en 5 minutes que les banques iraniennes ne pourront plus exercer de transactions financières internationales, on peut faire exactement la même chose pour les paradis fiscaux, dans le même temps. Encore faut-il le vouloir… Où l’on voit bien que les discours alarmistes sur la prétendue « complexité » des mesures de régulation à mettre en œuvre ne sont que l’expression de l’absence de volonté.

      1. Bien vu ! L’heure tardive m’avait empêchée de faire le lien entre ce détail Iranien/swift et la refondation du capitalisme. Vignal vient de le dire juste avant. Merci à vous.

        Bon, le truc faudrait qu’on trouve des centrifugeuses dans ces paradis. Est-ce que des laveuses-essoreuses feraient l’affaire ?

        Bel argument en tout cas qui déconstruit la complexité du réel en effet. Et moins dangereux qu’une frappe militaire, mais tout aussi redoutable. Brrrr, vous me faites découvrir un monde de la finance bien sombre, avec des outils aussi efficaces que des armes.

        Dernière question et je vais dormir, savez-vous où sont leurs serveurs de ces braves gens ? 😀

      2. Dans un contexte d’affrontement, les souverains rapports de force, l’Iran a shorté le dollar comme unité d’échange pour son or noir, et est le « dernier » fournisseur de pétrole à la Grèce, les façades réactionnelles en disent long, non ?

        Regarde les pays dont la monnaie dévisse de 15% sur une grosse année par rapport à l’étalon sus mentionné, la résolution choisie n’est certes pas d’intelligence technique faite..

        Gentils et méchants mis à part, les faux riches ont tout de même sacrément l’air de lorgner violemment sur les ressources et richesses des zailleurs anders, à quelques souverainetés près, non ?

        Comme disait Coluche, ni pour ni contre, bien au contraire. Encore une petite lichette de vomi ?

        Joli texte Julien, bel humour sur le courage politique, tiens vas y remets moi donc une bonne rasade de désespoir bien pleine.. La valse vicieuse a plus de jambes et de croches que de partenaires, bien multiphrénés. Tant de stocks, d’armes, de dettes, de pauvres relatifs et d’appétits, pense cuisine, et marée..hautes tensions et basses intentions sur chaque rive.

        Les protagonistes moyens tirent à deux cordes de chant-âge différents, et versailles de vice en forme de U turn sous bottes marines.

        Belle nuit, au bancor aussi, tiens. Pas aux paradis, si blés ne tempêtent couches.

      3. Cinq minutes après les cinq minutes, L’Iran est devenu le premier Paradis fiscal du monde et la première place financière grâce au réseau financier Iranet.

      4. non, pas absence de volonté: volonté de ne pas l’avoir.

        C’est très différent.

        Il faudrait donc poursuivre votre analyse de manière plus constructive, au lieu de conclure sur ce « trait d’ironie »

      5. si l’on peut décider en 5 minutes que les banques iraniennes ne pourront plus exercer de transactions financières internationales,

        Ce serait un grand bazar car les alliés de l’Iran risqueraient de faire la même chose . Imaginons que nos amis Chinois n’apportent plus leurs capitaux chez nous et gèlent les avoirs en Chine de nos grandes entreprises occidentales délocalisées .. Aaarrrgh !

        Il n’empêche que l’on peut et même que l’on doit pousser les gouvernements à interdire toutes les transactions financières avec les paradis fiscaux par la confiscation des sommes qui transitent : de quoi réduire la dette publique et dissuader les fraudeurs fiscaux .

  5.  »Or s’il est une leçon à retenir de tout ceci, elle est très simple : cinq minutes de courage politique. »

    Le courage est fonction du côté duquel on se trouve.
    Pour le peuple, le courage c’est de s’attaquer aux puissants, réformer le système financier, rééquilibrer la part du travail dans la production de richesses, augmenter les salaires, …
    NS est aux yeux du peuple un lâche qui n’a pas réformé le système, qui n’a pas voulu s’attaquer aux quelques milliers de personnes exerçant ce pouvoir opprimant des millions d’autres.

    Pour les puissants, le courage c’est de consolider leurs acquis et les augmenter plus encore.
    A ce titre NS est courageux. Malgré la crise, leurs acquis sont maintenus, les paradis fiscaux continuent leur business. Les manifestations et grèves ne débouchent sur rien.
    Des lois sont votées afin de limiter l’exercice du droit de grève.
    Le salariat est maté.
    Le pouvoir a su dompter des millions de personnes, n’est ce pas faire preuve de courage – selon les critères d’évaluation des puissants ?

    Quant à cette phrase :  »il semblerait pourtant que les dirigeants aient jugé urgent de ne pas trancher : ce sera donc les paradis fiscaux ET les enfers sociaux », il me paraît utile de la rectifier par la suivante : il semblerait pourtant que les dirigeants aient tranché : ce sera donc les paradis fiscaux ET les enfers sociaux.

    N’est-ce pas ce que l’actualité rapporte au quotidien ?
    Pas d’illusion sur leurs intentions. Ils ont bien choisi la finance au détriment du peuple et de la démocratie.

    1. Les paradis fiscaux, comme les enveloppes kraft, sont pratiques pour financer les partis politiques, pour les rétrocommissions utiles pour vendre les canons made in France et « sauver » les emplois et toutes sortes d’autres raisons.

      Par exemple, les armes vendues à la Grèce ont possiblement permis à quelques notables grecs
      de se payer une piscine :

      Ceci se présentait sous la forme de pots de vin versés à des personnalités grecques. Ces dernières appartenaient au monde politique – Droite et Gauche confondues – à la haute Administration publique ainsi qu’à l’armée. Les versements devaient faciliter la signature de (gros) contrats portant sur des systèmes d’armes, des systèmes de communication et de contrôle, etc.

      http://www.marianne2.fr/La-Grece-est-endettee-mais-surarmee-Cherchez-l-erreur_a207086.html

    2. Oui, c’est vrai ! pas d’illusion, « ils ont bien choisi la finance » … pourquoi ?

      Parce que celle-ci est l’arme stratégique ultime de pression et de mort lente par asphyxie ! Toutes les métaphores de l’air pollué, toxique peuvent s’appliquer à l’argent !

      Il y a un ensorcellement narratif autour de l’argent, de l’or ! La symbolique n’est pas que métaphorique ! Elle correspond à des énergies subtiles et latentes en chacun !

      En sumérien, le mage est « le noble qui place et attache dans la nuit » !

      En clair, l’oligarchie (les prêtres de la finance et autres légats …. de Seth ) a instauré, établi les appareils d’Etat et les structures financières de telle façon à ligoter les populations dans un carcan (une matrice puante) et ce, dans l’obscurité des paradis fiscaux pour nous priver précisément d’un Eden possible compte-tenu des possibilités inimaginables il y a 30 ans d’une société où les machines informatisées travailleraient pour le bien-être des hommes !

      Pour nous maintenir esclaves, ils renouvellent habilement et entretiennent les discours et les tentatives de sauvetage à perte…

      Ils le savent. La démocratie et la transparence ne sont que des leurres. Les faits, l’expérience du quotidien des échanges humains, les analyses les plus fines le confirment.

      Nous sommes donc dans la magie noire ! ….

      Un enfant de 4 ans le sait ! Pourquoi Harry Potter a autant de succès ?

      Donc, toutes nos analyses convergent mais s’arrêtent à un point focal où l’entendement et la raison voire la Sagesse sont dépassées. Pourquoi ?

      Ce point focal, c’est précisément l’endroit où nous pourrions pénétrer : l’Oeil d’Horus !

      Elle est là l’illusion ! Jouer avec nos peurs, entretenir, nos ignorances ! Apprenez à remonter le temps et vous verrez que c’est toujours la même histoire.

      Chacun traverse dans son champ de conscience personnel et sans vraiment le réaliser, un labyrinthe ! Tout Initié l’aura éprouvé. Il s’agit d’un rite de Passage (sens véritable de Pâques) !

      Il s’agit d’une mort symbolique (mais bien réelle toutefois) en vue d’une re-naissance !

  6. Terrible réquisitoire, tellement juste.
    Un uppercut du droit dans la figure du mensonge et de l’inaction.

    La droite on comprend qu’elle ne bouge pas, qu’elle fait semblant, mais la gauche, celle qui se dit prête à gouverner, qui se dit socialiste, que dit-elle, que fait-elle pour rendre crédible son message !?

    1. Parce que la droite c’est la droite de droite et la gauche la gauche de droite, comme disait je ne sais plus qui.

    2. La justice sans la force est impuissante. La force sans la justice est tyrannique.
      Nous sommes impuissants. Par conséquent tout ce qu’on peut penser sur ceci ou cela pour améliorer les choses ne compte pas.

      M’est avis que les politiques français, pour le coup, font preuve de sagesse, et que parler de « lâcheté » est tout sauf approprié. Faut-il vous rappeler que le SWITFT n’est réellement contrôlé que par les américains (les européens n’ont misérablement obtenu qu’un… « bureau »).

      S’attaquer de cette manière aux paradis fiscaux, ou suggérer la chose, serait immédiatement compris comme une déclaration de guerre de la part des intéressés… qui comme par hasard sont justement ceux qui contrôlent le SWIFT (l’origine privilégiée des paradis fiscaux ne vous ayant pas échappé). Or nos politiques savent parfaitement que nous ne sommes pas (plus) capables de tenir en face des mesures de rétorsion qui s’en suivraient (et elles seraient particulièrement dures et brutales, il n’y a pas à en douter, quand on constate la violence des réactions qu’ont pu générer, en comparaison, des broutilles).
      Par conséquent, outre qu’ils y ont sans doute un intérêt personnel, et qu’ils sont complètement intoxiqués par des agents d’influence ou des structures atlantistes (IFRI, ONGs diverses, Fondations… toutes choses dans lesquelles il faudrait faire un sérieux ménage…) nos politiques font surtout preuve de sagesse, quel que soit le parti. Nous ne sommes tout simplement pas assez… forts pour nous permettre un affrontement de ce type.

      Là où ils ne sont pas cohérent, c’est dans leur incapacité à poser clairement l’équation sur la table: soutenir le bancor ou la fin des paradis fiscaux, implique de travailler méthodiquement à la sape du dollar, et in fine à l’ affaiblissement de la puissance du camps atlantiste. Cela implique des allainces à revers, avec la Russie, l’Inde, la Chine et plus généralement les pays signataires des accords de Shangaï, CONTRE le bloc atlantiste.

      Dans le cas contraire, ben on s’évertue à jouer contre son camps. Et il ne faut pas venir whiner après coup. Par exemple, il serait plus opportun de décourager les interventions en Lybie, en Syrie et en Iran, qui contribuent au sauvetage de la puissance US, et de promouvoir au contraire une intervention au Barhein au sein de l’opinion publique (qui destabiliserait l’arabie saoudite, et encore un peu plus le camps d’en face).

      Le mystère c’est que les mêmes qui comprennent très bien qu’il existe bien des classes sociales distinctes semblent incapables de voir qu’il existe aussi une lutte à mort entre puissances (dont les ressorts sont différents, bien plus « brutaux ») pour les meilleures conditions d’existence (de leurs élites, mais pas seulement!), et que les deux, plus que jamais, sont stratégiquement étroitement liés. On ne peut pas corriger tel ou tel aspect du « cadre » sans assumer une guerre totale, avec le camp qui bénéficie dudit cadre (ou qui croit en bénéficier: seules les perceptions comptent), si ce dernier refuse de travailler au bien du genre humain.

      De cette mesure (stratégiquement stupide s’il s’agit d’affaiblir le régime, puisque que ça risque tout autant d’avoir l’effet contraire, en plus de mettre en mouvement les pays des BRICS et donc de précipiter la chutte du dieu dollar), je tire sutout la conclusion qu’il faut absolument que nous disposions, en plus d’un google indépendant, d’un SWIFT indépendant ou sous contrôle.
      La souveraineté blablabla passée de mode blabla archaïque blabla ironiseront certains… oui mais si vous nêtes pas une puissance souveraine, voous n’êtes pas un égal, vous êtes seulement un esclave. Et les esclaves ont rarement voix au chapître.

  7. http://greekcrisisnow.blogspot.com/2012/02/attentistes.html

    « Effectivement vers la fin de la manifestation il y avait ceux qui pensaient pouvoir en découdre avec les CRS. Certains groupes de jeunes surtout, et des affrontements… en attente qui ont duré jusqu’à assez tard dans la nuit. Mais ce n’était pas le grand soir bien entendu. Pourtant les correspondants de… guerre faisaient de leur mieux. Sauf qu’un journaliste de la télévision grecque ANT-1 fut arrêté. Lundi, c’était la colère chez les journalistes, mais la police Papadémique et le ministre Papoutsis ont fait savoir « que c’était dans les règles ». Donc on peut imaginer que lorsqu’ils décideront de faire… un peu en dehors des règles, les journalistes et autres reporteurs vont se retrouver dès le lendemain matin, sur une île de déportation en mer Égée, pourquoi pas Sikinos par exemple après tout ? »

  8. ALERTE INFO! cela commence à chauffer en Espagne.

    Cela s’est passé devant l’institut Lluis Vives, dans l’après-midi et ce soir.

    Selon le site Romandienews relayant des dépêches AFP et selon El Pais, les policiers ont brutalement réprimé un rassemblement de jeunes qui s’étaient donné le mot via les réseaux sociaux.

    Selon le quotidien El Pais, la police a fait usage de balles en caoutchouc. Des photos montraient des manifestants le visage en sang. Les heurts se sont poursuivis une partie de la soirée dans les rues du centre de Valence, où étaient positionnées des dizaines de fourgons de police.

    Pour info, la région de Valence est la plus endettée d’Espagne.

    En faisant « riots in valencia » sur google et en ciblant celles de moins de 24H, on a pas mal de vidéos amateurs.
    Sur le site d’El Pais aussi.

  9. Bonjour à tous
    @Julien Alexandre:
    Bel article mais il y a quelque chose que je ne comprend pas très bien:
     » 5mn de courage politique…. »
    Pourquoi diantre voudriez vous que les politiques suppriment quelque chose fabriqué dans l’ intérêt de leurs bailleurs de fonds de campagne et dans le leur propre et qui fonctionne très bien pour dissimuler aux « moins égaux que d’autres » à savoir la plupart d’entre nous , les 99%, ce qui se passe dans la classe dirigeante de nos « démocraties »

    Dans la caverne de Platon, on joue Guignol !…… Et vous aimez!

    Cordialement

      1. Et bien voyez JA, tout est relatif.

        Je vous vois comme résigné. Vous discutez encore les terme du système, vous droguez avec les mots, les phrases… alors qu’il faut l’agresser, organiser la révolte… ça ne sert à rien de discuter. ¨
        Il faut des gens qui s’engagent, autrement que derrière un écran d’ordinateur. Vous êtes jeune, la patate j’imagine… Posez-vous la question. Qu’allez-vous faire réellement ?

      2. un journaliste dubitatif demande a picasso combien de temps il lui a fallu pour faire cette toile de quelques traits au fusain d’un prix affiché exorbitant?
        Il répond : « cinq minutes !! » … et toute une vie de travail …

        ces cinq minutes évoquées de courage politique demandent quand même, juste après un engagement de toute une vie.

        De plus ce sont les Cinq Minutes d’un groupe d’alcooliques anonymes qui déclarent solennellement « Aujourd’hui on arrête de boire ! »
        il ne peuvent plus revenir en arrière, c’est pour la vie.
        c’est un retournement philosophique, les Voleurs déclarent « nous serons vertueux ! »

        cela suppose à mon sens un changement social tel que la marche est trop haute à franchir dans la situation où nous sommes chacun espérant tirer son épingle du jeu

        est-ce qu’un seul pays peux décider d’avoir cinq minutes de courage ?
        faudrait il que ce soit l’europe entière ?
        avec des alliés ?

        beaucoup de questions et pas trop de réponses

        mais je ne crois pas que ce osit de la résignation

    1. La Caverne est le lieu de tous les secrets ! L’oligarchie ne veut surtout pas les partager. Une entente de type sectaire a soudé leurs liens depuis des millénaires afin de perpétuer sous différentes formes l’esclavage des 99 % !

      Nous sommes dans la Haute Magie noire.

      La Caverne ‘d’Ali Baba ! mdr) ! c’est, certes les Paradis fiscaux mais aussi les instituts de géopoliguqes, stratégiques, économiques, sociologiques, anthropologiques, ….et bien d’autres choses nous ramenant à la création du … genre humain et à sa légitimité sur Terre ! Rien que cela.

      Ceux qui nous dirigent dans l’Ombre (de la Caverne) nous contestent cette légitimité en tant qu’être humain disposant d’un libre-arbitre individuel et collectif.

      Ils nous apprécient uniquement (au sens économique comme des ménages consommateurs bobos) tant que nous sommes leurs esclaves demeurant ignorants ou gobant leurs discours même dit « sérieux ».

  10. woaww quelle trouvaille…
    11 ans après le premier livre de Denis Robert sur Clearstream!
    10 ans que « La Boite Noire » prend la poussière sur ma bibliothèque…

    1. @ Clive
      Et 11 ans après que la mesure ait déjà été appliquée de façon très ciblée par les autorités américaines suite aux attentats du 11 septembre.
      Il est évident qu’il faut rendre hommage à Denis Robert, tout comme il est évident que l’aspect « trouvaille » est évidemment un clin d’oeil désabusé devant une solution prônée depuis longtemps ici et ailleurs par ceux qui comprennent comment fonctionne le système

      1. Et 11 ans après que la mesure a déjà été appliquée (pas de subjonctif)

        « Après que (indicatif ou subjonctif ?)

        La syntaxe traditionnelle impose d’employer l’indicatif avec la locution conjonctive après que. Pourtant, dans l’usage courant, le subjonctif est de plus en plus employé, malgré la régression générale dont ce mode semble victime.

        Ajoutons que, même pour les puristes, l’emploi du conditionnel est licite dans certains cas (valeur de futur dans le passé) : Il avait dit qu’il repartirait après qu’il aurait dormi un peu ».

        Cordialement

  11. Illusion. Si vous bannissez autoritairement les paradis fiscaux des grandes chambres de compensation, il ne faudra pas huit jours pour que fleurissent une flopée de mini ou de micro nouveaux lieux de compensation. Sans doute pas en Belgique.

    1. @ erreipg
      C’est la réponse classique des milieux financiers : quoi que vous fassiez, ça ne servira à rien.
      En réalité, ce serait un coup quasi-mortel porté à ce système. On ne reconstitue pas ces infrastructures en claquant des doigts. Et il va de soi qu’une mesure de cette portée ne serait ni limitée dans le temps, ni dans l’espace, et qu’au minimum les institutions financières des pays ayant poussé cette mesure se verraient interdites de transactions avec ce genre de chambres de compensation ou de paiement, quelles qu’elles et où qu’elles soient.

  12. Ca, c’est dit. Mais « ça », ne sera jamais appliqué.

    Cela me fait penser à la solution du « fixing » journalier afin de limiter considérablement (mettre fin?) au trading haute fréquence. Tellement simple, mais … « vous ne vous rendez pas compte des conséquences ! » blablabla…

    L’incroyable résistance des milieux financiers face à ces mesures, simples, qui permettent de soigner certains sympthomes du néo-libéralisme démontre que ce dernier à encore de beaux jours devant lui avant que l’on arrive à sortir du cadre.

    J’avoue être complétement résigné…

  13. Or s’il est une leçon à retenir de tout ceci, elle est très simple

    Oui :

    cesser de diaboliser toutes formes de protectionnisme et cesser d’attendre l’espoir du supranational.
    Mais je sais, je vais me faire fusiller pour parole blasphématoire..

    1. +1;
      Il parait évident que l’ a-moralité est proportionnelle a la taille du système. La vertu supposée de l’ économie d’échelle est tres vite annulée . Il faut repenser l’ individu comme le coeur du modèle.

  14. @Julien Alexandre

    Je retiens une tout autre leçon de votre excellent détricotage de l’habillage antifinancier des nomenclatures de l’OCDE 2009. Votre analyse fait apparaître que les décisions politiques – même lorsqu’elles sont prises par « les plus grosses banques mondiales » adhérentes à SWIFT, c’est-à-dire par des instances économiques – sont bien plus influencées par les contradictions géopolitiques que par les contradictions économiques ; les contradictions sociales, quant à elles, étant encore plus ignorées comme critères de décisions, et même tenues pour négligeables. Il est même d’autres contradictions plus profondes, tenant à la vie quotidienne, dont l’idée même n’affleure presque nulle part.

    La leçon que j’en tire est donc qu’il est vain d’attendre ne serait-ce qu’une seconde de vertu politique des décideurs de la chose politique. Ces décideurs voient le monde de leur point de vue : à l’envers.

      1. @Julien Alexandre, le 21 février 2012 à 09 h 05

        Ces histoires de degrés, y en aurait-il plus que deux, tant que je ne connais pas l’échelle, je ne perçois pas les paliers. Voyons en quoi nous sommes d’accord, puisque nous le sommes jusqu’au second degré au moins sur l’analyse.

        Puisqu’il semble que ce soit dans la perspective de cette
        contradictio in adjecto, « la refondation du capitalisme (…) plus que jamais nécessaire », que vous situez votre conclusion, peut-être aborderez-vous directemment ces questions que j’ai adressées à Paul Jorion le 8 février 2012 à 17 h 07, ou peut-être pas.
        .

      2. @ schizosophie

        Pour répondre brièvement à votre précédente question postée sur l’autre fil, c’est bien le cadre du capitalisme « historique » qu’il faut refonder : les modalités du mécanisme du prêt à intérêt qui permet l’accumulation du capital, le pied d’égalité entre usus, fructus et abusus dans le droit de propriété, le concept fantôme de valeur pour masquer les rapports de force dans la formation des prix, les paris sur les fluctuations de prix, etc. Le système capitaliste est fondé sur ces principes, il faut le refonder sur la base de nouveaux principes : l’interdiction du prêt à intérêt pour la consommation destructrice, la limitation de l’abusus, la négation du concept de valeur et l’équilibrage des rapports de forces entre capitalistes, dirigeants et prolétaires, l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, etc.

      3. @Julien Alexandre, le 21 février 2012 à 12 h 02
        Voilà qui est clair et clairement kantien ou comtien : prière d’exploiter avec modération.

      4. @Julien Alexandre 21 février 2012 à 12:02

        l’équilibrage des rapports de forces entre capitalistes, dirigeants et prolétaires

        1/3 + 1/3 + 1/3
        Au fait pourquoi un tiers ?
        Parce que c’est égalitaire !

      5. @schizosophie 21 février 2012 à 12:51

        prière d’exploiter avec modération.

        Swift (Jonathan) c’est aussi « Le grand mystère ou l’art de méditer sur la garde robe »

    1. schizosophie

      Quand la pose d’un nouveau cadre suppose des renoncements tels en regard de ce qu’a été le capitalisme pendant des siècles, que cela paraît presque impossible à beaucoup, est-ce bien raisonnable de dire que l’intention est seulement de réduire l’exploitation.
      Evoquer comme vous le faites la situation de l’exploitation en termes de degrés n’est-ce pas rester dans le cadre actuel où c’est la mesure qui fait la qualité des choses ?

      C’est tout un monde auquel on tourne le dos, c’est un autre monde don on entrevoit les multiples possibilités en termes d’émancipation même si d’emblée il n’est pas spécifié quelle sera l’étendue des nouvelles conquêtes sociales.
      Qu’importe de savoir très précisément à qui appartiendra les moyens de production si l’on sait déjà que le nouveau cadre qui serait mis en place, avec ce qu’il implique de nouvelle conceptualisation des rapports sociaux, permettra d’avancer plus sereinement et plus loin ?

      1. @Pierre-Yves D., le 21 février 2012 à 14 h 03

        § 1) Ok, mais raisonnement abstrait (banco, bancor ?) : ça ne se passe pas comme ça, dixit l’histoire.
        § 2) Vous n’avez pas compris mon allusion aux degrés.
        § 3) Si cela importe, ne serait-ce même que pour l’analyse éco-pol (et même, incidemment puisqu’il en est question ici, pour l’autoproclamé think tank écho-Paul) : le « nouveau cadre » n’atterrissant pas, ni du ciel ni de l’avenir ; mais pas non plus de hauts faits liés à des places pertinentes que se seraient arrogé au gré d’une prise de conscience, mue par l’effoi du KO, des personnes éclairées qui auraient conquis, fût-ce par défaut, les prérogatives constituantes d’un Etat politique (voir « § 1 »).

      2. @Pierre-Yves D. : « Evoquer comme vous le faites la situation de l’exploitation en termes de degrés n’est-ce pas rester dans le cadre actuel où c’est la mesure qui fait la qualité des choses ? »

        Vous venez donc d’avouer que c’est toujours penser dans le cadre actuel. C’est précisément la pointe de l’argumentation schizosophienne: « prière d’exploiter avec modération ». C’est-à-dire « l’équilibrage des rapports de forces entre capitalistes, dirigeants et prolétaires », c’est-à-dire des prolétaires moins exploités mais toujours prolétaires.

      3. Moi,

        Je dis pourtant l’inverse à savoir qu’en changeant de cadre on fait un saut qualitatif parce que l’institution de la propriété sacro sainte cesse justement d’être sacro-sainte.
        Il me semble tout à fait présomptueux d’affirmer qu’en abolissant la propriété privée des moyens de production on fait disparaître dans la société le rapport de forces, et pourtant je suis pour la disparition du salariat.
        La perspective selon laquelle le rapport de forces en lui-même serait aboli me semble une vue de l’esprit. C’est la raison pour laquelle je préfère une perspective dynamique des choses, toute avancée politique et sociale consistant dans la critique jamais achevée de l’ordre existant.
        Ceux qui prétendent que l’on va instaurer la société communiste d’un coup d’un seul et définitivement font fausse route. C’était la perspective du socialisme dit scientifique, qui revenait à dissoudre la démocratie dans la science et/ou l’idéologie.

      4. @Pierre-Yves D. 21 février 2012 à 21:16

        Il me semble tout à fait présomptueux d’affirmer qu’en abolissant la propriété privée des moyens de production on fait disparaître dans la société le rapport de forces, et pourtant je suis pour la disparition du salariat.

        Vous avez bien raison. Cette notion de rapport de force, recouvre plusieurs acceptions possibles. Le rapport de force auquel P. Jorion fait référence en est une. Il tient compte de la dissymétrie des positions sociales liées à la propriété. Une société humaines où la disparité serait moindre, plus égalitaire élaguerait ce type de rapports de forces. Le savoir est aussi un exercice ou ce rapport existe et entraîne bien des conséquences. Il est indépendant de la propriété comme telle, mais tout de même articulé sociologiquement. Ensuite le désir dans la relation à l’autre entraîne un rapport de force auquel se soumet celui qui lâche. Si la lutte des classes comme moteur de l’histoire a une fin alors plus d’histoire ? Bizarre ! D’autres contradictions sont possibles.

  15. « La solution est tellement simple : prenez les chambres de compensation comme Clearstream et LCH.Clearnet, ajoutez-y SWIFT, et bannissez tout bonnement toutes les juridictions non coopératives, et là c’en sera définitivement fini des paradis fiscaux. »

    ==> n’est-ce pas là la piste suivie avec force opiniâtreté par Denis Robert depuis le début des années 2000, voire un peu avant ? Si oui, il conviendrait à tout le moins de rendre hommage à son homérique travail de défrichage au cours duquel il rencontra assez peu de soutien pour manier la litote !

    1. @ Mustang

      Denis Robert s’était concentré sur Clearstream, qui est une des composantes du système d’échanges internationaux, mais pas la seule et pas forcément la plus importante. Mais il faut en effet saluer son combat, car même s’il n’était pas le seul, il a contribué à porter à l’attention du grand public une partie du monde financier d’habitude peu en lumière.

      1. OUI il faut saluer son combat et son immense courage ! Car Clearsteam a presque réussi à le détruire. Paul avait fait il y a bien longtemps une allusion à un journaliste qui s’était brulé les ailes… à un moment donné il a été seul et un jour j’ai vu la vidéo où il dit qu’il jette l’éponge ; juste avant que la justice française ne fasse son boulot en appel.
        Pour moi Denis Robert est tout simplement un Résistant.

        En tout cas, merci Julien pour cet article qui me parait définitif sur le sujet : il serait passionnant de soumettre cette simple suggestion à tous les candidats à notre élection présidentielle… on verrait là quels sont ceux qui veulent agir et résister au monde financier…mais bon on connait le résultat pour les ‘grands candidats responsables’… au fait ont-ils peur?

  16. Or s’il est une leçon à retenir de tout ceci, elle est très simple : cinq minutes de courage politique.

    Pas étonnant que personne n’ait compris à la première lecture. Je n’osais y croire.. mais oui, c’était bien ça : une chaîne de mots d’une naïveté invraisemblable.

    Qui a dit : l’espérance est une insulte au présent ?

    1. @ mike

      Il semblerait surtout que vous n’ayez pas compris le second degré de ce billet… ni à la première, ni à la deuxième lecture.
      Je ferai un résumé avec des bulletpoints explicatifs sous powerpoint pour vous la prochaine fois.

      1. Je crée mon propre hyper texte mental….

        Je prends le premier degré et m’en arrange. Je vous épargne les aphorismes sur « politesse et simplicité ». Faites humoriste sinon. Ou alors établissez une synthèse collectiviste du second degré, agréée par les instances. Hinhinhin

  17. SWIFT….Oui…

    En même temps, si le SEUL pays ostracisé en matière financière est l’Iran, on peut se dire que ce n’est pas exclusivement par souci de combattre les paradis fiscaux, non?…

    1. @ pierrot123

      Il me semble en effet que la mesure décidée contre l’Iran n’a strictement rien à voir avec la lutte contre les paradis fiscaux, bien que le moyen soit particulièrement adaptée à la tâche…

      1. Sincèrement, vous méritez l’admiration: patience inlassable etc…
        Et jamais un gros mot. Pas un sourcil qui se lève, toujours affable.
        Chapeau.
        Tout cela vous sera rendu en centuple. un rendement de 100% dans cette
        matière , c’est la vraie richesse.
        Je rêve, pour vous, du sport de combat suivant:
        devant l’adversaire, vous faites un geste anodin, par exemple, épousseter votre manche et immédiatement l’adversaire est au tapis.
        Faut transposer, le sport de combat est la pédagogie, vous n’êtes pas en face
        de l’adversaire, mais à ses côtés. D’ailleurs , ce n’est pas un adversaire.
        Il ne tombe pas au sol, mais il dit Euréka. Et au lieu de tomber, il grandit.
        Grace à vous.

    2. La propagande occidentale face à la Syrie et L’Iran (deux pays qui ont refusés d’êtres des vassaux de l’Empire) à de quoi donner la nausée … surtout quand on sait qui nourrit la guerre civile de l’extérieur. Et pendant ce temps c’est le chaos en Lybie. Si on voulait décridibiliser la démocratie, on ne pourrait pas mieux s’y prendre. Le message est donc très clair, le seul but de l’Occident est créer le conditions d’une perte totale de confiance en la démocratie en son sein et à l’extrérieur.

  18. Mais, quoi…
    Le Blog de Paul Jorion tenterait-il de passer sous silence la bonne, la Grande Nouvelle:

    EN DIRECT. La Grèce sauvée in extremis après 13 heures de négociation

    Hein? quoi? C’est  » le Parisien », d’accord, mais tout de même, quel soulagement, les amis !!!

  19. Bonjour Julien,
    Si je dis concernant le vote d’hier sur le déblocage des milliard pour la Grèce, cet argent va servir simplement a remplacer les prêts arrivé à échéance par d’autre prêt, j’ai juste? Et si oui, aux mêmes taux ?
    Genre prêt relais ou prêt palliatif

    1. Bon je m’auto réponse : remplacer les créanciers privés de la Grèce par des créanciers publics, pour que les premiers supportent un minimum de pertes. Et que, in fine, ce soit le contribuable qui supporte les pertes. »Olivier Berruyer ».
      Alors si j’ai bien compris in fine ,je l’ai dans l. …

  20. Voici la solution à la crise proposée par des dirigeants qui n’ont toujours rien compris :

    Estimant que les économies européennes traversent « un moment périlleux », David Cameron et ses homologues notamment d’Espagne, d’Italie, des Pays-Bas et de Pologne, misent sur les recettes ultra-libérales pour sortir de la crise. Ils ont écrit en ce sens à Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso.

    Le Premier ministre britannique David Cameron et onze autres dirigeants européens ont souhaité lundi que le prochain sommet des dirigeants de l’UE, les 1er et 2 mars, soit l’occasion de prendre des décisions pour renforcer la croissance en Europe.

    La lettre, adressée au président de l’UE Herman Van Rompuy et au président de la Commission José Manuel Barroso, est également signée par les chefs de gouvernement d’Estonie, de Lettonie, de Finlande, d’Irlande, de la République tchèque, de Slovaquie et de Suède. Elle appelle à réduire les aides d’Etat pour soutenir les banques ou encore à assouplir drastiquement le marché du travail.

    Jugeant « essentiel » les efforts en vue d’assainir les finances publiques, les signataires affirment que « l’action est également nécessaire pour moderniser nos économies, construire une plus grande compétitivité et corriger les déséquilibres macroéconomiques ».
    « Nous devons restaurer la confiance des citoyens, des entreprises et des marchés financiers envers la capacité de l’Europe à créer une croissance forte et durable et à maintenir sa part de la prospérité mondiale », écrivent-ils.

    Ils souhaitent notamment la levée des dernières barrières commerciales avec les Etats-Unis, la Russie et la Chine ainsi que la libéralisation totale du secteur de l’énergie d’ici 2014.
    « La croissance est au point mort. Le taux de chômage est en hausse. Les citoyens et les entreprises font face aux conditions les plus difficiles depuis des années », constate la lettre qui sera soumise aux autres dirigeants de l’UE à l’occasion du sommet des 1er et 2 mars et qui n’a été signée ni par le président français Nicolas Sarkozy ni par la chancelière allemande Angela Merkel.
    Dans un document commun, la France et l’Allemagne avaient déjà fait fin janvier une série de propositions pour relancer la croissance en Europe, proposant notamment une « accélération » de la coordination fiscale.

    AFP

    L’ultralibéralisme nous a conduit à la crise. Comment résoudre cette crise ? Ben en rajoutant une seconde couche, pardi !

    Dans la guerre entre les ultras et les citoyens, les premiers ont décidé de sortir les ogives nucléaires. Balayez-moi tous ces manants !

    Eclairant, non ?

  21. De la nature de l’entreprise capitaliste et de l’impossibilité de la corriger.

    L’essence de l’entreprise, qu’elle soit industrielle, commerciale ou financière dans le capitalisme est de faire du profit.
    Ce profit s’obtient à la production en revendant le travail humain beaucoup plus cher qu’il n’a été acheté et de la même manière dans le commerce des marchandises, qu’elles soient des biens, des services ou de l’argent, le bénéfice est fondé sur la différence entre les charges et les produits, comme disent les comptables.
    Dans tous les cas, l’objectif est le même : maximiser le profit des actionnaires et gestionnaires en présentant le meilleur bénéfice possible.
    Mais ce bénéfice est un bénéfice avant impôts.
    Il est donc indispensable que le solde produits – charges soit le plus élevé possible, par exemple en diminuant le plus possible le poste « masse salariale » (sauf en ce qui concerne les dirigeants), en rognant sur la qualité ou en augmentant les prix de vente (mais ces deux postes sont mis à mal par la concurrence) et en minimisant l’impôt qui frappe les bénéfices.
    Il a fallu créer des endroits ad hoc, nommés paradis fiscaux et mettre une fiscalité favorable qui, en France, a été mise en place pour les entreprises transnationales.
    S’attaquer aux paradis fiscaux sans remettre en cause le principe fondateur du capitalisme, l’accumulation du capital par tous les moyens, est une entreprise vouée à l’échec.
    Ces paradis fiscaux ont une autre fonction tout aussi essentielle : garantir le secret dont a besoin le capitalisme pour fonctionner.

    1. @Marlowe
      Si je peux me permettre ceci est un peu schématique , une entreprise peu exister sans rogner sur la qualité ,et en ayant des charges salariales qui permettent de garantir la viabilité de l’entreprise et avec des salariés pérennisés dans leur emploi .Quand à essayer de minimiser l’impôt qui frappe les bénéfices c’est pour moi une erreur ,il vaut mieux se décarcasser a innover ,c’est de loin plus intéressant .Mais c’est plus une éducation de vie plus qu’un concept , il est toujours facile de gagner en trichant , mais cela doit d’être d’un chiant !!!!!!!Alors qu’innover pour donner un sens au produit (écologique , service , ou autres) est beaucoup plus jouissif .Payer des impôts est un acte citoyen, seule l’utilisation qui est faite parfois de ceux ci me fait gerber

      1. Je ne décris pas ce qui serait souhaitable, ni ce qu’essayent de faire des individus isolés, mais la réalité absolument majoritaire de l’entreprise confrontée au marché.
        C’est donc bien d’un schéma dont je parle.

      2. @ Marlowe
        la réalité absolument majoritaire n’est jamais bonne à suivre
        signé L’individu isolé
        Amicalement

      3. à Ardéchoix,

        Où avez-vous lu que je pourrais penser que « la réalité absolument majoritaire est bonne à suivre » ?
        Je me suis contenté de noter ce qui existe.

    2. @Marlowe
      « S’attaquer aux paradis fiscaux sans remettre en cause le principe fondateur du capitalisme, l’accumulation du capital par tous les moyens, est une entreprise vouée à l’échec. »

      Évidemment.
      Dans le film « L’associé du diable », Satan, conscient des fabuleuses possibilités de nuisance de cette corporation, crée un maléfique cabinet international d’avocats. Qu’il dirige lui-même pour plus d’efficacité.
      J’imagine que toute requête visant à infléchir sa stratégie dans le sens du bien commun aurait recueilli peu de succès. D’ailleurs tous ceux qui, dans le film, s’y essaient, finissent roides morts !

      Ambiguïté récurrente dans ce bloc : « Ce capitalisme, on pourrait quand même le moraliser un peu, non ? » Eh bien, non, on ne peut pas.
      Lorsqu’il s’adoucit un peu (30 glorieuses), ce n’est pas pour tous (Tiers-monde) et uniquement par peur du spectre rouge.
      Désolé, non, on ne peut pas.

      1. à jean-yves

        Lorsque le capitalisme semble s’adoucir c’est parce que la croissance d’après guerre et la phase terminale de colonisation de la planète par la marchandise sont ses derniers moments de vie heureuse.
        Vie heureuse pour le capitalisme signifie croissance et n’a évidemment pas le même sens pous les peuples, à l’exception d’une petite partie des cadres des pays développés et évidemment des managers qui négocient des avantages avec les propriétaires.
        Cette période est aussi celle qui voit le développement insensé des nuisances et du pillage.
        La question de réformer le capitalisme – le terme nouveau est « refonder » – revient à l’ordre du jour pour tous ceux, très nombreux ici, qui veulent « tout changer pour que rien ne change ».
        Comme la scission dans la société se fait entre ceux qui ne veulent absolument plus de ce monde et ceux qui veulent le conserver quitte à le repeindre, si possible en tenant le pinceau, cette même scission est présente sur le blog, y compris à l’intérieur des individus.
        C’est en cela que ce blog est un témoignage vivant sur son époque.
        Reste la question essentielle : si ce monde n’est pas réformable, comment le détruire ?

        PS. Le film dont vous parlez, que j’ai vu, renvoie à l’idée que la terre pourrait être l’enfer d’une autre planète, idée amusante mais peu dialectique.

      2. @Marlowe
        Rien à rajouter sur le fond. On est d’accord.

        Quant au film : Non, on est bien sur terre ; vous parlez là d’un autre film.
        Décor à rapprocher de la foi cathare : Ce monde est tellement infesté par le mal qu’il ne peut avoir été créé par Dieu.
        Réflexion désopilante de Satan (de mémoire): « Dieu, c’est un proprio qui n’habite même pas l’immeuble. Alors que moi je colle à l’homme depuis le début. » Comme le capitalisme en somme.

      3. Ambiguïté récurrente dans ce bloc : « Ce capitalisme, on pourrait quand même le moraliser un peu, non ? » Eh bien, non, on ne peut pas.

        Ce n’est pas une ambiguité, c’est le débat qui finit par s’imposer,
        vu le développement de la crise, et qui contribue à la richesse de ce blog.

        Il y a trois ans, il était essentiellement question de réformes,
        sans briser la tyrannie du capital et son Etat.
        La prise de conscience d’une révolution pour de vrai,
        pour une démocratie réelle, a beaucoup avancé depuis.

        La période électorale est faite pour cela: semer des illusions, endormir les travailleurs.
        Elle donne un répit aux illusions sur les réformes
        et les urnes, les politiciens « gauche » dépensant sans compter dans la lutte des places.

        Mais lorsqu’ils nous les auront placé devant leur assiette de soupe d’alternance,
        le débat reprendra plus vivement que jamais
        sur la nécessité d’une révolution pour mettre un terme au capitalisme agonisant.
        Un peu de patience. La comédie n’en a plus que pour trois mois.

  22. @Julien: « Nous sommes aujourd’hui en 2012 et rien n’a changé, bien au contraire. Le constat est accablant : les capitaux n’ont jamais aussi librement circulé, et les hommes n’ont jamais aussi peu librement circulé. Cherchez l’erreur. »

    Il me semble qu’il n’y a justement pas d’erreur ici: les hommes n’ont jamais aussi librement circulé, eh oui. Et sans même parler du tourisme (qui est aussi de la circulation humaine).

    « En 1965, le nombre de migrants internationaux s’élevait à 75 millions. Au cours des quarante années suivantes, la croissance sera en continuelle augmentation. Rapportée à la population totale, la part des émigrés dans le monde qui était de 2,3% en 1965 a d’abord diminué durant la première décennie pour ensuite augmenter du fait du ralentissement de la croissance démographique. »
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Migration_humaine

    Si on remonte plus loin, les flux migratoires sont encore plus faibles (malgré le peuplement des USA par l’immigration, etc).

      1. Et moi aussi, implicitement. Il y a moins d’entraves à la circulation des humains que par le passé, d’où l’augmentation des flux. Ne serait-ce que grâce au progrès techniques ayant grandement amélioré les moyens de transport. Mais aussi moins de restrictions frontalières, culturelles, etc.
        C’est un fait, la libéralisation a aussi lieu à ce niveau. Normal, il s’agit du même mouvement.

      2. Donc pour toi, le durcissement du regroupement familial, la chasse aux mariages blancs et gris, les levées d’enfants au sortir des écoles et la course sans fin à l’expulsion des sans-papiers, les visas délivrés au compte-goutte, les circulaires sur les étudiants étrangers, les bébés enfermés en centre de rétention, la destruction de Sangatte puis de la jungle, les battues de Roms en Italie et d’arabes en Espagne etc. tout ça ne constitue pas une entrave à la libre circulation des humains ?

      3. @Moi :
        //// Et moi aussi, implicitement. Il y a moins d’entraves à la circulation des humains que par le passé, d’où l’augmentation des flux. ///
        C’est complètement faux ! J’ai moi meme pas mal bougé , mais de nombreux copains , il n’ y a guère 40 ans , ont pu faire le tour du globe (stop, bateau , bus , avions ,, etc ..) en ne se préoccupant des visas qu ‘ a la frontière de chaque pays .. C’est aujourd’hui quasi impossible .

      4. @Julien: « tout ça ne constitue pas une entrave à la libre circulation des humains »

        Chercherais-tu à polémiquer en déformant mes propos? Ai-je dit qu’il n’y avait pas d’entraves?
        Je dis, avec chiffres à l’appui en ce qui concerne les flux et pour le reste c’est une évidence facilement constatable (que n’importe quel historien te confirmera): il y a moins d’entraves à la circulation des personnes. Cela ne veut évidemment pas dire qu’il n’y a pas d’entraves ou que de nouvelles entraves ne surviennent pas pour essayer de freiner les flux.
        Il faut essayer de s’imaginer les entraves (de toutes sortes) qui existaient autrefois à la libre circulation des personnes. (les entraves culturelles n’étant pas les moindres: http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_des_Italiens_d'Aigues-Mortes)
        Voici un texte sur la question, plus spécifiquement relatif à l’historique des entraves politiques vis-à-vis de l’immigration algérienne en France: http://www.reseau-terra.eu/article654.html

        @kercoz: « J’ai moi meme pas mal bougé , mais de nombreux copains , il n’ y a guère 40 ans , ont pu faire le tour du globe »

        On s’en fout des expériences de jeunesse des petits bourgeois blancs.

      5. @ Moi

        Je te laisse polémiquer tout seul, d’autres (Kercoz, Marlowe) t’ont déjà répondu. Tu parles de culture là où on parle de politique. Disons que nous avons tous les deux raison alors, simplement nous ne parlons pas de la même chose, de toute évidence.

    1. Il y a un siècle, un gentleman voyageait dans le monde avec des cartes de visite.
      Et aujourd’hui, que ne faut-il pas à un Français pour aller aux USA, et à un Malien pour venir en France ?

      1. @Marlowe: « Il y a un siècle, un gentleman voyageait dans le monde avec des cartes de visite. »

        Et c’est quoi ton argument? Kipling? Même un anglais (pas gentleman, certes) ne pouvait pas voyager librement à l’intérieur des frontières anglaises!!! (cf. les lois contre le vagabondage)

        Je ne parle pas de littérature ni de la circulation de la bourgeoisie, je parle de flux migratoires et des entraves à ceux-ci.

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Passeport#Au_XIXe_si.C3.A8cle:_le_contr.C3.B4le_des_.C2.AB_classes_dangereuses_.C2.BB

  23. Exact, c’était enfantin SWIFT est le SPOF de la finance (Single Point Of Failure) !

    Il est plus facile de s’attaquer à Mégaupload…..

  24. Ceci étant, si l’on devait bloquer les paradis fiscaux sur le réseau SWIFT, il ne faudrait surtout rien annoncer avant et agir instantanément en mode coup de poing, ceci pour éviter que l’ennemi puisse s’organiser.
    Toujours l’exemple de Megaupload !

    1. En l’occurrence, ceux qui seraient les premiers concernés seraient également ceux qui appuieraient sur le bouton. Donc à moins d’être fichtrement schizophrènes, ils auraient certainement du mal à s’auto-dissimuler leurs desseins 😉

      1. en cas d’interdiction, les pays en abritant aussi. Autant demander à des drogués et à leurs dealers d’élaguer eux même leurs réseaux, non?

  25. Article de qualité, merci.

    Prenons, a dessein, le parti de choquer.

    Hélas nous demeurons dans le champ de la dialectique et des souhaits et nous ressassons des constats.
    L’évidence est que le pot de fer est très épais et dispose de bien des appuis urbi et orbi, lui permettant de s’autoentretenir.Comme l’Hydre de Lerne, nous coupons une tête, il en repoussera dix.
    L’état de l’opinion, les émeutes, même les plus violentes font partie des paramètres prévus et gérables par la Pieuvre, assimilés à des frais de fonctionnement incompressibles, comme le papier des toilettes.

    Volonté politique, certes, mais de QUI parlons-nous ? Soit de porte-flingues ou de porte-valises comme ceux , les plus en vue, qui accèderont au second tour, ou bien d’un Jean-Luc Mélenchon, sans doute sincère et valeureux, mais dont les leviers sont risibles devant le macro-organisme planétaire et sa masse critique.
    Rêvons d’un coup de balai, cela ne coute rien. Rêvons donc.
    Comment pouvons nous nous émanciper de cette classe politique-là, puisque c’est bien là le point ?
    Une Sixième République de juges incorruptibles frustrés, de soixante-huitards aigris, de Fouquier-Tainville, une police politique, des Commissaires du Peuple ; ceci ne nous rappelle-t-il rien ?
    Alors quoi?
    Qui est-il ce personnage universel et altruiste, à la fois historien, humaniste, autant philosophe qu’économiste que nous appellerions à la rescousse ? Ah non! Surtout pas d’homme providentiel, pas de messie, potentiel dictateur, nous n’en voulons pas!

    Faut-il attendre que tout ait implosé pour voir cooptés par le Peuple des Prud’hommes (au sens ancien) disposant de quelque pouvoir ? Comme en biologie, le besoin crée la fonction et la fonction crée l’organe. Nous verrons, mais faudra-t-il qu’il y ait des morts? Combien vaut un mort grec en comparaison d’un mort français?

    Au fait, avez vous noté que MM. Jorion, Leclerc et autres rédacteurs pertinents à défaut d’être toujours faciles à lire, tout comme ce blog, sont complètement occultés par les médias? Dans la pensée officielle, chers amis, vous n’existez pas et c’en est franchement désespérant.

    1. @ Frater Augustus ,
      « Au fait, avez vous noté que MM. Jorion, Leclerc et autres rédacteurs pertinents à défaut d’être toujours faciles à lire, tout comme ce blog, sont complètement occultés par les médias ? Dans la pensée officielle, chers amis, vous n’existez pas et c’en est franchement désespérant. »
      Cher frère ,
      – C’est faux . Tu dois ne pas être au courant des interventions de Jorion .(nombreux passages télés et radios ). Il n’est pas le seul .
      – Pour de donner quelque raison d’espérer ( ! ) , je me demande si , dans le monde tel qu’il tourne aujourd’hui , ce ne serait pas plutôt une bonne nouvelle de ne pas exister médiatiquement .
      – et enfin , les jeux d’influence , ça existe …

  26. « on découvre au détour d’une dépêche Reuters que la société SWIFT pourrait pour la première fois de son histoire exclure un pays de son réseau de transactions financières, »

    Les USA et leur bonne UE, nous refont le coup des ADM. C’est quand même plus facile et plus rentable de diaboliser ces mécréants que de fermer les paradis fiscaux qui remplissent les caisses du parti d’Obama ou de Netanyahou.

    Résultats des courses : pendant que les paradis fiscaux sont pleins, le peuple US exsangue s’apprête à envoyer ses boys au carnage, pour achever la cinquante et unième déstabilisation/destruction d’un état, d’un gouvernement souverain, lancée par les USA depuis 45.
    Sans préjuger des risques de pollution radio-active à petite et grande échelle si les fau (?) cons israéliens bombardent les sites nucléaires iraniens.

  27. Les paradis fiscaux et les enfers sociaux
    Bravo pour ce titre percutant qui tape juste dans l’ abcès capitaliste qui infecte et affaiblit tout le corps social.
    Si les intérêts des paradis fiscaux font barrage au « cinq minutes de courage politique », dont vous nous expliquez qu’elles suffiraient pour anéantir les paradis fiscaux, il nous faut comprendre alors, que les politiques actuelles portent en elles des intérêts volontairement nuisibles à un grande partie de l’humanité.
    Comment des gens simples comme moi, peuvent comprendre que pour notre bien, l’on peut aller sur la lune et plus loin encore, descendre au plus profond des mers et y forer des trous, assécher des pays entiers par des embargos de toute nature, effondrer les équilibres écologiques de la planète, fabriquer des bombes à détruire plusieurs fois la planète, et ne pas être capable de mettre fin à un système financer qui permet cet holdup planétaire et annule par là même tout espoir de justice et de paix.

  28. Les chambres de compensation pourquoi pas. Après il y a toujours quelque chose de faisable de manière unilatérale, c’est la taxation extra-territoriale comme le font les Etats-Unis avec Fatca. Je ne comprends toujours pas pourquoi les Etats-Unis se l’autorisent et pas l’Union européenne, voire la France toute seule. Mais il est sans doute plus urgent et intéressant de discuter de la Grèce et du nouveau traité budgétaire 😉

    http://bit.ly/zNEtIq

  29. L’iran devrait se doter d’un paradis fiscal 😀

    -ces agences de clearing, qui sont aussi d’importants lobbyistes, voient elles leurs intérêts menacés par un embargo sur l’iran de la même façon qu’avec un sur les paradis fiscaux (dont la définition est devenu peau de chagrin comme vous le rappelez)?
    Ou est ce au contraire l’iran qui menacerait quelque peu certains de leurs intérêts (et ceux de l’économie « occidentale » (la « jugulaire de l’occident ») ; voire de sa capacité militaire)?

    -Participent elles de cet embargo de manière volontaire ou sous la contrainte de la loi?

    -d’où part l’initiative de cette restriction? N’est ce pas plutôt géopolitique avant tout (alors qu’une restriction sur les paradis fiscaux serait économique avant tout)?

  30. En fait, le problème c’est même pas les paradis fiscaux, le problème c’est le dollar, supprimer l’avantage des anglo saxons et le monde redeviendra humain.

  31. « Le constat est accablant : les capitaux n’ont jamais aussi librement circulé, et les hommes n’ont jamais aussi peu librement circulé. »
    Tout juste ! et la chasse aux Roms EN FRANCE et en EUROPE entière le prouve chaque jour !
    La France pue de la bouche . Et l’Europe .
     » En devenant humain , l’homme a acquis , en même temps que la station debout et la marche à grandes enjambées une « pulsion » ou instinct migrateur qui le pousse à marcher sur de longues distances d’une saison à l’autre .
    Cette « pulsion » est inséparable de son système nerveux et , lorsqu’elle est réprimée par les conditions de la sédentarité , elle trouve des échappatoires dans la violence , la cupidité , la recherche du statut social ou l’obsession de la nouveauté .
    Ceci expliquerait pourquoi les sociétés mobiles comme les Tsiganes sont égalitaires , affranchies des choses , résistantes au changement …  » etc , c’est tiré d’un livre de Bruce Chatwin  » Anatomie de l’errance  » , le livre de poche no 3422 , collection « biblio roman » .

  32. Bonjour,
    Je me demande si le comportement dynamique des comptes dans les paradis fiscaux rend le modèle Black–Scholes inapproprié (au niveau d’hypothèse comportementale[craintes,grève,…etc])., mais personne ne dit rien tant que ça marche invisiblement . »smiley » lol

  33. C’est très clair, Julien.

    Il est évidemment capital d’avoir identifié les noeuds techniques du système, les points névralgiques qui pourraient le paralyser en cinq minutes. On ne remerciera jamais assez Denis Robert, qui a si courageusement et si efficacement ouvert la route!

    Mais avoir mis le roi tout nu ne détruit pas instantanément sa puissance. Seules des circonstances historiques très exceptionnelles permettraient de changer en cinq minutes un rapport de force qui s’est établi en trente ans.

    Et ces circonstances s’appellent révolution. Cela s’est vu, recemment, par exemple en Argentine…

    En attendant, il faut diffuser le plus possible ces informations, pour rendre évident à tous le mur du cynisme, dans toute sa puissance, et mettre tous les responsables politiques au pied de ce mur.

    1. Je suis bien d’accord avec vous, rien ne sert de discourir à perte de vue sur l’exploitation capitalisme si l’on est pas capable d’identifier ses points névralgiques et surtout si l’information n’est pas connue du plus grand nombre. Démonter pièce par pièce le système c’est aussi le démystifier, en faire le produit de l’action des hommes, ni plus ni moins.
      Toutes ces notions nous sont devenues familières pour nous qui fréquentons le blog depuis un certain moment, mais tous les autres, y avons-nous pensé ?
      On ne fait pas la révolution fructueuse dans l’ignorance.
      C’est ce qui rend si indispensable ce blog.

      1. C’est ce qui rend si indispensable ce blog.

        Dont la lecture quotidienne devrait être rendue obligatoire dans les écoles.

      2. Pour ceux qui veulent bien le lire, et non simplement s’en servir comme vitrine de leur petit moi étriqué. Y en a qui certes ont la réponse caustique mais ça prouve qu’ils lisent tous les commentaires. Sur ce blog comme ailleurs, je me rends compte que les gens ne s’écoutent pas (en l’occurrence ne se lisent pas), et ne cherchent pas à apprendre de l’autre.

  34. Supposons qu’un pays européen veuille sortir non pas de l’Europe ou de l’Euro, mais (carrément) du capitalisme. C’est à dire que sa population en arrive à un point de souffrance physique tel que cela lui rendra ce système insupportable et l’amènera à voter pour un parti proposant cette sortie.
    Admettons.
    Il se retrouve alors isolé et attaqué de toutes parts, car tous les autres feront ce qu’ils peuvent pour le faire couler. Rien ne fonctionnera, ce sera le chaos.
    Ce sera en tout cas l’argument de ceux qui veulent rester dans le système actuel.
    Vers qui celui qui veut sortir de ce système peut-il se tourner pour non seulement survivre mais aussi poursuivre son développement (et rendre ainsi crédible son projet) ?
    = vers les autres pays qui sont déjà sur cette voie, afin de mettre en place (contribuer et conforter) un système alternatif au niveau international, avec de nouvelles règles du jeu et institutions gérant les échanges économiques et financiers.
    Par exemple certains pays d’Amérique du Sud ?
    Ne pourrait-on proposer une alliance au niveau international pour mettre en place concrètement les alternatives ?
    Je suppose (pas la peine de me taper dessus ou de me traiter d’attardé) que cela a déjà été proposé. Je serai donc intéressé pour connaître les acteurs, le contenu et l’actualité de ces projets.

  35. Bonjour,

    La lutte contre les paradis fiscaux constitue le 4ème sujet des mesures proposées par le collectif « Roosevelt 2012 » (http://www.roosevelt2012.fr/) emmené par Pierre Larrouturou, qui me semble-t-il mérite d’être relayé ici.
    Le levier principal qu’ils préconisent au niveau français est la force des marchés publics, par une interdiction d’accès à ces marchés aux entreprises liées aux paradis fiscaux.

    Il me semble aussi avoir entendu Larrouturou évoquer lors d’une conférence la contrainte sur les chambres de compensation, mais quel est le statut de ces organismes ? Sociétés privées ? dans ce cas, comment les contraindre à exclure certains pays de leurs transactions de par une seule volonté politique, sans l’aval des « marchés » ?

    1. @ Jean-François

      Certes… malheureusement, quand on lit d’abord ceci :

      Au-delà des beaux discours, aucune action sérieuse n’est engagée aujourd’hui pour les lutter contre les paradis fiscaux.

      et que ça se traduit dans les propositions de roosevelt2012 par un boycott à travers les marchés publics et une régulation des prix de transfert, j’espère que l’on mesure bien le gouffre immense qui sépare ces « actions sérieuses » de la conclusion de mon article…

      Les chambres de compensation sont des sociétés privées, mais il ne tient qu’aux politiques de prendre les mesures pour changer leurs statuts ou réguler leurs activités.

      1. Ces mesures ont le mérite d’être pragmatiques et applicables en France dès la formation du prochain gouvernement. A défaut bien sûr d’être radicales, elles peuvent constituer le début d’un mouvement dans le bon sens.

        Je repose la question, quels sont les statuts exacts des chambres de compensation, quel niveau politique contrôle leur réglementation ? La dépêche Reuters indique que Swift est une « coopérative contrôlée par certaines des plus grandes banques de la planète ». La célèbre Clearstream est luxembourgeoise. S’attaquer à ces plaques tournantes implique une réglementation internationale mais par quels biais ? Cela ne peut a priori se faire qu’avec l’aval des US et UK, donc avec accord de Wall Street et de la City.

        Tout le monde rêve de renverser la table, mais commençons par le réalisable…

  36. Quand la gauche européenne se rebiffe
    Créé le 21-02-2012 à 15h43 – Mis à jour à 15h52

    Par Challenges
    Plusieurs personnalités de gauche ont signé un appel pour une « alternative socialiste européenne » face à la crise. Leurs dix idées communes visent à attaquer les gouvernements conservateurs.

    Un appel « pour une alternative socialiste européenne » a été lancé, à deux mois de la présidentielle française, par des personnalités européennes de gauche, « plateforme commune » face aux « résultats catastrophiques » des gouvernements conservateurs. Un site internet a été créé pour l’occasion.

    « La gestion de la crise des dettes souveraines par les conservateurs, au cours des deux dernières années, a été une désolante saga de gabegie politique et d’incompétence économique », écrivent les signataires dans cet appel rendu public mardi 21 février et réunissant socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes.

    En France, les premiers signataires sont les députés européens socialistes Harlem Désir, numéro deux du PS, Elisabeth Guigou et Henri Weber. On trouve également parmi eux Josep Borrell Fontelles, l’ancien président espagnol du Parlement européen (PSC/PSOE, Espagne).

    Fustigeant les « illusoires remèdes miracles datant des années 20 », ils se disent « convaincus que les citoyens européens méritent mieux que les perspectives inquiétantes promises par les conservateurs au pouvoir et les résultats catastrophiques » obtenus.
    Dix idées communes

    La riposte « ne sera crédible que si la gauche est en mesure d’offrir un ensemble cohérent de propositions alternatives pour répondre à la crise », « développer une plateforme commune pour l’avenir », avec « dix composants », notamment:

    – Reconnaître à la BCE le droit « à acheter des obligations d’Etat quand la monnaie est attaquée »

    – Augmenter le budget européen en priorité pour « promouvoir les technologies innovantes, financer des investissements sociaux, d’infrastructure et de développement durable »

    – Renforcer les ressources propres de l’UE « par des taxes sur l’énergie »

    – Taxer les transactions financières pour, notamment, soutenir l’emploi des PME

    – Soutenir les investissements européens par des « Project Bonds émis par l’Union, et garantis par la BCE », pour la nouvelle économie verte

    – « Lutter contre le dumping social et environnemental », avec des taxes sur les importations de pays tiers non respectueux des normes environnementales européennes

    Les signataires du texte estiment que la réponse à la crise « doit être européenne ». « Il ne s’agit pas d’appeler de façon incantatoire à ‘plus d’Europe’, mais précisément de donner à l’Europe les moyens nécessaires à la protection des intérêts et du bien-être des citoyens européens », écrivent-ils.
    (Avec AFP)

    http://alternativesocialisteeuropeenne.eu/

    1. Belle brochette !
      Tous ceux qui se sont toujours mis au service du capital,
      dans le théatre de l’Alternance,
      contre les travailleurs, contre la planète, et entendent reprendre du service…

  37. Monsieur Alexandre,
    intéressant article, mais sur quoi voudriez-vous baser le bancor?
    Keynes préconisait l’or.
    Il est vrai que le thème du bancor revient de temps en temps, surtout depuis que les Special Drawing Rights de 1969 n’ont pas vraiment marché.
    Plus aucune monnaie n’est basée sur l’or – ce métal est devenu une marchandise – mais sur la puissance économique d’un pays. Celle-ci varie selon le pays, on le voit aujourd’hui en Europe.

    1. @ Germanicus

      Rectification : dans la proposition initiale de Keynes sur le bancor, son idée était de se débarasser progressivement de la parité avec l’or, qu’il jugeait inutile, en introduisant une asymétrie dans le fonctionnement du système, à savoir la possibilité d’échanger de l’or contre du bancor, mais l’impossibilité d’échanger du bancor contre de l’or.

      Il faut bien comprendre que le bancor n’est qu’une monnaie de compte, et pas une monnaie d’échange, ce qui suppose qu’elle existe parallèlement à toutes les autres monnaies ayant cours, lesquelles ont simplement une parité fixe mais révisable annuellement par rapport au bancor. L’ensemble fonctionne sur la base d’une chambre de compensation multilatérale mondiale.

      En 2009, Zhou Xiaochuan, gouverneur de la banque centrale chinoise, proposait de partir des DTS – les droits de tirage spéciaux – du FMI. C’est une bonne proposition.

  38. Sur le tableau de Standard & Poor’s, seuls sept pays notés AAA: Trois Etats nations:
    Canada, Australie, Norvège, et… Quatre paradis fiscaux : Hong-Kong,Liechtenstein,Singapour,
    Suisse. Les paradis c’est 20 milles milliards de $ sans fisc. Le paradis c’est le paradis.
    Intervention de John Christensen fondateur de Tax Justice Network, un des meilleurs spécialistes des paradis fiscaux, après avoir conseillé un cabinet spécialisé en « optimisation fiscale» axé sur l’Afrique, et promu, pendant douze ans, en tant que conseiller économique de Jerzey. A la fin de son intervention sur la vidéo il cite le Bureau international des normes comptables (International Accounting Standards Board (IASB)) organisme privé basé à Londres « qui décrit l’esprit des normes, fixe les objectifs des états financiers et définit la comptabilisation des normes » des organisations internationales http://fr.wikipedia.org/wiki/International_Accounting_Standards_Board. Ces grosses ficelles, les cordes, nouées et dissimulées de façon si sophistiquées que seul le secret et le meurtre le permet, qui sortent du chapeau en un noeud pap’ particulièrement bien blanchies et repassées, ils ne les lâcheront pas par bons sentiments, ni par raison, ni par décision politique. Faudra t-il pour autant que tout s’écroule?

    sites fr de réf: Paradis fiscaux et judiciaires

  39. Je sais pas si Julien A, c’est ton premier billet.
    (d’ailleurs va falloir que je zappe un peu le blog, si je souhaite que la ferme tienne, ça fera moins de fautes dans les commentaires).
    Mais on tout cas, bon billet, peut-être un peu plus d’argumentation sur le déchirement (un article ou autre), c’est si facile d’imaginer les autres manger le pain: des Français, Européens, Occidentaux, des « encore » solvables, parfois un peu d’impudeur sur l’enfer ne fait pas de mal.

    1. @ Samuel

      Ce n’est pas le premier, et beaucoup ont été avortés, faute de temps, entre la modération, les corrections de textes, le travail sur les autres billets invités… et mon vrai boulot !

      Oui, c’est une bonne idée de suite… un jour ou l’autre.

      1. Alors je te souhaite (faite ce que je dis, pas ce que je fais 🙂 ), une semaine de vacance.
        Merde, on culpabilise toujours ceux qui en font déjà trop.
        Vous occupez pas trop de mon commentaire, j’ai un peu de mal à dire bon billet, sans développer.
        🙂
        (c’est marrant, j’avais écrit un tutoiement, mais c’est un peu facile, c’est un vouvoiement avec du respect et non de la distance)

      2. Belle présence Julien, ici et maintenant. Avec un billet passionnant au cœur d’une époque tourmentée. Ben merci.

  40. Un des problèmes des paradis fiscaux est leur légèreté. Ils se déplacent et se multiplient à grande vitesse. On ne peut pas envisager une action mondiale et simultanée contre tous à la fois.
    Un autre problème est celui de la nature du paradis. Il y a les « normaux », « les bons », « les mauvais », « les affreux ». Comment choisir lequel attaquer. On risque en croyant attaquer « le plus mauvais », frapper « un bon ».
    Le problème est donc difficile, mais il y aurait une solution ou plutôt un petit pas vers la solution qui ne coûte rien.
    Il suffit de faire une liste de tous les paradis fiscaux sans exception.
    On vote à l’ONU, une loi visant à introduire un supplément de risque sur l’ensemble des paradis fiscaux. Il deviendrait ainsi, un peu moins intéressant d’envoyer son argent dans un paradis fiscal.
    Cette loi consiste à désigner une commission d’une vingtaine ou plus, d’inspecteurs fiscaux qui iraient enquêter dans un pays.

    La question reste : Comment obliger un paradis fiscal à ouvrir ses comptes ?
    Réponse : Il faut lui proposer un accord raisonnable.
    Pour : Aide financière de L’ONU pour la reconversion du paradis vers un pays comme un autre.
    Contre : La chute du Paradis.
    Je pense que si j’étais décideur d’un paradis fiscal, un rapport de 1 pour 100 et une aide plus ou moins substantielle, me ferait signer. Ne pas le faire, revient à être solidaire des pires paradis fiscaux. C’est l’empire du mal.

    Le paradis fiscal pourrait tromper son monde. Ne pas ouvrir ses comptes, mais s’il a signé un accord, c’est plus difficile pour lui.
    Il peut aussi encaisser les sous et recommencer deux ans après ou à coté. Tout semble inutile.

    Mais non, car en fait, ce n’est pas le paradis fiscal qui est visé. C’est le risque d’investissement dans un paradis fiscal qui augmenterait un peu de manière globale pour ne pas dire mondiale.
    Et un peu de paradis, c’est beaucoup.

    J’ai gardé le meilleur pour la fin. Comment introduire un rapport de 1 à 100, dans le pour et le contre, de l’accord.
    La réponse est : Un tirage au sort annuel sur une liste de 100 paradis fiscaux, à Noël.

    Coût : nul
    Gain : un peu.

  41. Bien vu Julien Alexandre, les techniques existent malgré les opacités déclarées, mais rien ne sera transformé sans atteinte à la liberté telle qu’elle reste conçue à savoir celle qui a permis à quelques uns via l’accumulation de disposer de pouvoirs en leur nom propre dépassant toute mesure, au détriment du plus grand nombre des anonymes. À l’échelle terrestre les participants du blog font partie de cette minorité même à leur corps défendant, « nous sommes tous grecs », ça passe, « nous sommes tous éthiopiens » n’aura pas le même succès.

  42. 6 occurrences pour Denis Robert à cette heure……
    Je viens de tester la question suivante auprès de mon entourage de ce soir :
     » Clearsream, ça évoque quoi pour toi? »
    1 Villepin
    2 Sarkozy
    2 une banque
    1 des magouilles dans les paradis fiscaux
    3 ne savent pas
    A la question : C’est qui Denis Robert ?
    Personne ne sait.
    J’en ai pourtant entretenu 4 plusieurs fois sur le sujet…….
    Mais tous connaissent Jeanne la pucelle.

  43. Notre folie, c’est l’amnésie, la conscience mobile et mobilisable.

    Après avoir écrit « Pendant les affaires, les affaires continuent », en 1997, il y a donc quinze ans dèjà, Denis Robert, écrivain et journaliste à Libération pendant douze ans, approfondit son sujet et prolongeait son livre, cette fois avec un long-métrage et la complicité de Philippe Harel. Ils vont aborder comme sujet, les affaires et les gens qui s’en occupent, patrons, grands et petits, juges, avocats, hommes politiques et faux facturiers, et vont rencontrer pour l’occasion des brokers, des blanchisseurs d’argent, des juges impuissants, des hommes politiques, des intermédiaires discrets et autres pourfendeurs de la corruption.
    http://leweb2zero.tv/video/mattlouf_244b70c2b5c999e

    Nicolas Sarkozy le mentor en chef ne connaît pas, à ses dires les livres de Denis Robert ni « cette banque » Clearstream… Ses services ne lui ont toujours pas communiqué cette article du canard du 03/06 au sujet d’une affaire qui débute en 2002…
    C’est juste après sa traversée du désert durant laquelle il refusait encore de lire la princesse de Cléve … Et les mauvais « romans » de Denis Robert !
    Et il est pourtant déjà aux manettes le ministre d’état de l’intérieur puis de l’économie… Jusqu’où nous laisserons nous enfumer ?
    http://ladominationdumonde.blogspot.com/2006_03_01_archive.html

    Au feu les banquiers !

    DENIS ROBERT a toujours payé de sa personne. Seul, tranchant… et parfois exaspérant, il s’est voulu le samouraï attaquant un certain monde de la « finance ». Avec l’affaire de la banque luxembourgeoise Clearstream en 2002, il a perdu des plumes et multiplié les procès. Aujourd’hui, avec ce roman, « La domination du monde », il raconte son histoire, ou plutôt il la fait raconter par l’un de ses amis psychanalyste. Le voilà donc héros d’une redoutable aventure décrite par un autre, ce qui n’est pas une mince affaire.
    Ainsi Robert devient Yvan Klébert, qui, au bout du rouleau, débarque chez un homme tranquille, aisé, famille, 4 x 4, avec ses fiches, ses dossiers, son carnet d’adresses et son passé sulfureux d’investigateur intrépide. Chargé, en plus, d’un terrible poids sur la conscience : la mort suspecte de Justine Mérieux, jeune attachée parlementaire qui était au courant de ses « découvertes ». Pour lui c’est un meurtre. A partir de là, son ami le psychanalyste, abandonnant clients et divan, va s’efforcer de remonter la filière. De tout démonter.
    L’épicentre du scandale se trouve à la Shark Company, située sur le plateau de Blankenberg au cœur du grand-duché de Luxembourg : le boss de cette holding monstrueuse est un nommé Ruddy Weierming. Chez lui, ce sont des transferts permanents de sommes vertigineuses… qui, au moyen d’une informatique diabolique, « s’effacent » comme par enchantement. D’où viennent-elles, où vont-elles, à qui appartiennent-elles ? C’est le noir absolu. Klébert veut comprendre les mystères de ce « paradis » d’un nouveau genre.
    On va le suivre dans ses tentatives d’approches, on va se retrouver au plus près de ces hommes de l’ombre… et on plonge alors dans un polar où les « tueurs » n’ont pas forcément besoin d’armes sophistiquées. Mais bien plutôt d’écrans magiques. Et Robert, avec une maestria assez ébouriffante, nous fait entrer au cœur du secret. On y rencontre des personnages « bien sous tous rapports » qui, d’une seule opération, peuvent bloquer ou détourner, ou blanchir, des quantités insoupçonnables d’argent. « L’étoile noire de la finance c’est Shark Compagny. La météorite, c’est le pavé de Klébert. Il peut arriver que certaines étoiles explosent au contact d’une météorite. » Alors, à quand la déflagration ?
    Ces « élucubrations compulsives » sont du genre remuant. Et dans « La domination du monde », « l’arrogant et manipulateur » Denis Robert (c’est ainsi qu’il s’autoqualifie dans l’ouvrage) domine fort bien son sujet…

    André Rollin – canard enchaîné – 29/03/06

    A lire aussi :
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/23/quand-le-patron-de-clearstream-decouvre-denis-robert_12440

  44. « Where there is a will, there is a way… »

    Mais vis à vis des paradis fiscaux la volonté semble défaillir en hauts lieux,
    ici, comme ailleurs.

  45. Bonjour
    Il est certain que des pays accueillent des actifs qui ne subissent qu’une fiscalité très faible à travers notamment les trusts véhicules juridiques discrets.

    Ces paradis fiscaux puisque c’est le nom courant sont nombreux à travers le monde.
    Beaucoup de pays puissants ont intérêt à pérenniser le système. Cela permet de développer une industrie financière et juridique.
    Tous les capitaux ne sont pas forcément mafieux, beaucoup de contrats commerciaux se veulent discrétionnaires pour des stratégies de groupes industrielles. Ces « paradis » leur conviennent.

    Le général de Gaulle avait mis au pas la principauté de Monaco suite à des évasions fiscales….cela était aisé de fermer la frontière et de faire un blocus.
    Monaco ne peut vivre sans la France.

    Certains parlent de laxiste de Nicolas Sarkozy alors qu’il le seul au G20 à avoir tapé sur la table.

    Auriez-vous souhaité qu’il envoie des rafales pour contraindre la Suisse à lever le secret bancaire voir, au-dessus de Jersey qui est protégé par Londres ?

    Cinq minutes pour écrire cet article, oui sûrement ..mais pas cinq minutes pour décider de la mort des paradis fiscaux… où alors le père Noel est une ordure pour nous laisser croire à ce conte de nöel et moi…, je ne crois plus au père Noel…je crois à la cupidité humaine celle des autres bien sûr, pas la mienne puisque je suis de gauche. Le phénix renaîtra toujours de ses cendres; c’est la nature humaine.

  46. A l’heure où la refondation du capitalisme est plus que jamais nécessaire pour éviter le chaos et le bancor keynésien indispensable pour équilibrer les échanges internationaux…

    Ah bon. Je ne savais pas que tout le monde était sur cette ligne.
    Irrésistiblement le bancor me fait penser à la quéte de la pierre philosophale.
    Pardon Julien…

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