Archives par mot-clé : Syriza

SYRIZA : LE PREMIER DÉFI, par Cédric Mas

Billet invité.

Dans la séquence qui a suivi son accession au pouvoir en Grèce, SYRIZA a montré une grande habileté tactique, qui lui a permis de prendre le contre-pied de ce qui était attendu, et surtout d’accumuler un nombre intéressant de succès tactiques, qu’il s’agisse de l’alliance habile avec AN.EL. (si décriée ici-même il y a quelques jours), de la proposition d’un plan, du placement au centre du « Grand jeu » actuel Russie/USA/Europe, mais aussi de la déclinaison rapide (et symbolique) du programme électoral (remise en cause de la Troïka et suspension des mesures en cours du Mémorandum).

La meilleure description de cette séquence a été faite hier avec Zébu, mais j’avais déjà signalé dans un commentaire il y a deux jours à quel point ces succès tactiques étaient de petite envergure et que le plus dur était devant.

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La carte secrète d’Alexis Tsipras

Ouvert aux commentaires.

Si vous imaginez que la carte secrète d’Alexis Tsipras, c’est la Russie, parce que vous auriez pris à la lettre le fait que Panos Kammenos, nouveau ministre de la Défense en Grèce, président de ANEL, les « Grecs indépendants », partenaire de Syriza dans l’alliance gouvernementale, est un grand ami de la Russie, détrompez-vous.

La carte secrète de la Grèce, elle se trouve ailleurs. Tendez l’oreille, et prenez au sérieux la leçon d’économie de M. Obama hier dimanche : « on ne peut pas pressurer continuellement un pays en dépression : il vient un moment où doit intervenir une stratégie de croissance pour qu’il soit à même de rembourser ses dettes de façon à éliminer une part de son déficit ».

Pourquoi ce ton encourageant de M. Obama envers la Grèce ? Parce qu’il doit y avoir quelqu’un dans son entourage à avoir lu le livre de Yanis Varoufakis, nouveau ministre grec des Finances, ouvrage intitulé « Le Minotaure planétaire » (2011).

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ON EN VIENT AUX CHOSES SÉRIEUSES… par François Leclerc

Billet invité.

Les choses sérieuses ont débuté vendredi avec la mission de Jeroen Dijsselbloem à Athènes, toute empreinte de raideur. Le ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, a confirmé au président de l’Eurogroupe que la Troïka n’était plus considérée comme un interlocuteur valable (pour mémoire, les deux dernières rencontres de cette dernière avec le précédent gouvernement avaient dû prudemment se tenir à Paris). Réagissant à la proposition d’une conférence européenne sur la dette, que Christine Lagarde n’a pour sa part pas repoussée, ce dernier a rétorqué que l’Eurogroupe était le lieu privilégié pour en discuter.

La veille, Yanis Varoufakis avait déclaré au New York Times, à propos du dernier versement suspendu du plan de sauvetage », « les sept milliards, nous n’en voulons pas, ce que nous voulons c’est repenser tout le programme ». Jeroen Dijsselbloem a eu comme réponse lors de la conférence de presse commune d’Athènes « qu’ignorer les accords n’est pas le bon chemin à prendre ». Les dirigeants grecs font remarquer que cela n’aurait pas de sens d’à la fois critiquer un programme et de demander son extension, affirmant leur volonté de négocier un « New Deal Européen » , tandis que Wolfgang Schäuble a de son côté déclaré : « nous sommes prêts à tout moment à toutes les discussions, mais les bases ne peuvent en être changées », ajoutant qu’il était hors de question de répondre à un quelconque chantage (sans préciser son objet, un défaut sur la dette). Mais l’on attend toujours le premier contact téléphonique avec son homologue grec, qui est de tradition pour saluer un nouveau venu mais qui n’a pas eu lieu. Aucun déplacement d’Alexis Tsipras à Berlin n’est prévu.

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COMMENT SE DÉBARRASSER DU MISTIGRI DE LA DETTE GRECQUE ? par François Leclerc

Billet invité.

L’accord recherché par le gouvernement grec repose sur une politique construite sur deux pieds : afin de combattre la misère, la substitution aux contraintes de la Troïka d’une nouvelle politique budgétaire, et la réduction de l’endettement public pour le rendre soutenable. Dans les deux cas, à la recherche de points d’appui, celui-ci entend porter le débat dans toute l’Europe en mettant en cause la politique d’austérité et la stratégie de désendettement qui en est à la source.

Victoire de Syriza ou pas, les faits sont là. Les projections d’excédent budgétaire primaire sur lesquelles repose la politique des dirigeants européens et du FMI – ces derniers plus circonspects – sont de circonstance : des montants inaccessibles devraient être dégagés pour financer le remboursement des dettes grecques. Selon le tableau d’amortissement, 13 milliards d’euros devraient être trouvés en 2019 et 18 milliards en 2039, ce qui sans fard illustre que le problème de l’insolvabilité de la Grèce a été repoussé à plus tard (réduisant à la misère une génération entière de Grecs ou plus). En assouplissant déjà les modalités de remboursement des prêts des plans de sauvetage, il n’a été fait que s’engager sur une voie qui ne peut être que poursuivie. Les dirigeants européens s’y déclarent d’ailleurs prêts à condition de ne pas procéder à un effacement de la dette, mais cette position dite de principe cache autre chose et ne sera pas tenable, comme on vient de le voir.

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L’OCCASION OU JAMAIS, par François Leclerc

Billet invité

Au sortir de sa rencontre avec Alexis Tsipras à Athènes, le président du Parlement européen Martin Schulz a déclaré : « Il y avait une crainte qu’Alexis Tsipras suive sa propre voie, mais cela n’est pas vrai, il est en faveur d’une discussion. La Grèce cherche des solutions sur une base commune avec ses partenaires européens ». Puis il s’est félicité que « la lutte contre l’évasion fiscale et l’injustice sociale qui est liée à l’évasion fiscale » figure parmi les priorités du premier ministre grec, avant de souhaiter que des « pas concrets » puissent intervenir demain à l’occasion de la venue du chef de file de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

La politique européenne est-elle à la veille d’un tournant ? Cet assouplissement que les gouvernements italien et français ne sont pas parvenus à obtenir, la nouvelle équipe grecque serait-elle en passe d’y parvenir ? Et, si c’est le cas, quelle en sera la portée ? Le simple fait d’entamer des négociations en vue d’un compromis s’inscrit déjà en rupture avec la pratique établie. Que celui-ci élude dans l’immédiat la question centrale de la dette ne serait pas étonnant, car comment la Grèce pourrait-elle à elle seule modifier le rapport de force à ce propos ? Mais ce qui pourrait être obtenu n’est pas rien, puisqu’il représenterait un premier pas : l’abandon du dogme selon lequel les réformes structurelles d’inspiration néolibérale sont la voie à obligatoirement emprunter. Les intentions affichées du gouvernement grec, qu’il a commencé à mettre en musique, sont en effet opposées et s’inspirent de principes de justice sociale.

Michel Sapin, le ministre des finances français, déclarait ce matin sur le blog de Jean Quatremer de Libération : « Lorsqu’on va parler au niveau européen de lutte contre la fraude et l’optimisation fiscale abusive, de convergence fiscale et sociale, de rythme adapté dans la consolidation budgétaire, nous aurons un interlocuteur de plus sensible à ces sujets. Syriza renforce le camp de ceux qui, comme nous ou le gouvernement italien, veulent une évolution des politiques européennes. » François Hollande et Matteo Renzi auront-ils une autre occasion d’infléchir la stratégie européenne et sauront-ils saisir celle qui se présente ?

Yanis Varoufakis, le ministre grec des finances, va entamer lundi une tournée qui le conduira de Londres à Paris, puis à Rome.

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LA PARTIE N’EST QU’ENGAGÉE, par François Leclerc

Billet invité

« Il n’est pas question de supprimer la dette grecque. Les autres pays de la zone euro ne l’accepteront pas », a affirmé Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, ce matin dans le Figaro, tout en ajoutant « des arrangements sont possibles, mais ils n’altèreront pas fondamentalement ce qui est en place ». La réponse immédiate des dirigeants européens a pris la double forme du déclenchement d’un tir de barrage contre la réduction de la dette grecque, et de déclarations destinées à piéger l’opinion publique européenne, comme celle de Sigmar Gabriel – le ministre allemand de l’économie et leader du SPD -sur le thème que le changement ne peut pas se faire au détriment des Européens (désormais les créanciers de la Grèce).

Au sein des cercles dirigeants européens, un peu désarçonnés par la rapidité avec laquelle le nouveau gouvernement a été mis en place et pris de premières décisions, l’attitude à adopter n’est toutefois pas encore clairement déterminée. Les deux premiers éclaireurs – Martin Schulz et Jeroen Dijsselbloem – vont arriver à Athènes et Yanis Varoufakis, le nouveau ministre des finances, est attendu lundi à Paris afin d’engager une mission de bons offices française. À quel prix acceptable l’équipe de Syriza peut-elle devenir raisonnable reste la question posée, en dépit des mesures prises ou annoncées, qui brisent le cadre des exigences de la Troïka ? Une des questions clé est précisément de savoir si la mission de cette dernière doit être éclipsée afin de trouver un compromis.

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À ATHÈNES, TOUT SE PRÉCIPITE, par François Leclerc

Billet invité.

Constitué en un temps record, le gouvernement Tsipras a prêté serment en se passant de la traditionnelle bénédiction de l’Église orthodoxe. Sans attendre, de premières cartes sont prêtes à être posées sur la table, mais les évènements se précipitent.

De nombreuses mesures législatives sont dans les tuyaux et, premier symbole en annonçant d’autres, le gouvernement a stoppé la vente de 67 % des parts du port du Pirée pour laquelle des acheteurs avaient été déjà sélectionnés. L’augmentation du salaire minimum suivrait. La priorité est accordée à la mise en œuvre sans tarder de premières mesures phares, avec comme projet de sortir le pays de la crise humanitaire en attendant de détruire les oligarques, qui « ont sucé l’énergie et le pouvoir économique du pays » selon l’expression du nouveau ministre des finances, Yanis Varoufakis. Mais le temps et les moyens vont-ils en être laissés ? Le taux de la dette grecques à trois ans a grimpé à 17 %, les marchés signifiant qu’ils ne veulent pas être de la partie qui va se jouer sans eux.

Ces mesures sortent délibérément du cadre des exigences de la Troïka qui restent pendantes, tout comme le versement des 7 derniers milliards d’euros du plan de sauvetage qui s’achève, la BCE ayant donné comme échéance la fin du mois de février afin de parvenir à un accord. Faute de ce dernier, elle a prévenu qu’elle stopperait l’aide en liquidités d’urgence que la Banque centrale grecque dispense aux banques du pays, alors que celles-ci font face à d’importants retraits de dépôts depuis un mois. Un effondrement du système bancaire précipiterait les évènements et n’aurait d’autre issue qu’une sortie en catastrophe de la Grèce de l’euro. Continuer la lecture de À ATHÈNES, TOUT SE PRÉCIPITE, par François Leclerc

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Comment la Grèce interdira la corruption du politique par la finance réelle en euro, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

La corruption dont on accuse les Grecs comme cause de leur insolvabilité en euro est consubstantielle au système de la monnaie unique. Le régime appliqué en euro de la libre circulation du capital est la libre corruption du politique. La libre circulation du capital est de fait l’impossibilité de localiser l’investissement dans la légalité d’une souveraineté identifiable par la monnaie. Le motif de cet oubli est d’exonérer les gérants et les propriétaires du capital du prix de la propriété dû à l’État de droit. L’économisme libéral pose le droit de propriété comme un absolu. Ainsi n’est-il pas nécessaire de penser une contrepartie économique pour les citoyens dont la discipline permet pourtant la jouissance effective du droit de propriété.

Le système qui dispense les Grecs riches de payer des impôts pour financer le bien commun est explicitement celui de la monnaie unique. Un système qui abolit la distinction entre la propriété grecque et la propriété non grecque ; donc un système qui institutionnalise et généralise à tous les résidents de la zone euro l’aversion des propriétaires grecs pour le cadastre et la fiscalité. La suppression des frontières politiques et de tout cadastrage étatique de la propriété financière par le marché unique du capital financier est le moyen de la corruption libre du politique dans toute l’Europe.

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Grèce : Un petit test très simple de votre bon sens !

Imaginez que vous réussissiez cette prouesse extraordinaire de conduire un parti d’extrême-gauche à rater de deux sièges seulement la majorité absolue dans votre pays, et que vous soyez conduit dans ce cas-là, à faire alliance avec un petit parti, confieriez-vous le ministère de la Défense à un « démagogue, populiste, parlant fort et ne reculant devant aucun propos outranciers », qui « dénonce la crémation et le partenariat civil pour les homosexuels », qui « fait régulièrement l’objet de polémiques pour ses propos ou son train de vie », qui possède « un yacht familial supposé détenu par des sociétés offshore » et dont la belle-mère a vu « les travaux [de sa maison] payés par les fonds européens […] pour la transformer en résidence touristique » ?

Penseriez-vous que c’est une bonne idée ?

Non, franchement, moi non plus !

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Les citations sont extraites de l’article d’Alain Salles, « Panos Kammenos, l’encombrant allié d’Alexis Tsipras », Le Monde, le 26 janvier 2015

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Syriza en France, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Alexis Tsipras a donc pris donc ses responsabilités, face à l’Europe et face à ses électeurs mais en Europe, il faudra bien aussi que des responsabilités soient prises.

C’est notamment le cas en France puisque des élections cruciales arrivent bientôt, avec les cantonales en mars 2015. Cela peut ainsi paraître étrange de donner à ces élections une valeur majeure mais celles-ci sont de fait essentielles au parti au pouvoir, le Parti Socialiste, lequel est structurellement dépendant de ses élus locaux. Si comme cela pourrait se confirmer des effets d’éviction des candidats du PS par un fractionnement des alliances, notamment des Verts s’alliant dans des centaines de cantons à la gauche de la gauche, devaient se produire, un nombre important d’élus locaux PS se verraient distancés au premier tour, soit par des candidats de gauche ‘alternatifs’, soit par le FN.

La résultante serait politiquement catastrophique pour le PS et le pouvoir exécutif car les opposants au sein du PS verraient ainsi confirmer leurs propres positions lors du prochain congrès en juin 2015.

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Les alliances ou mésalliances de Syriza : Alea jacta est !, par Zébu

Billet invité.

Au lendemain de sa victoire, Alexis Tsipras devait faire un choix : faire un gouvernement d’alliance avec les grecs indépendants (ANEL) ou avec To Potami.

Le choix de gouverner seul, bien qu’il le puisse avec 149 sièges, ne se pose pas en fait. La nécessité politique d’obtenir un gouvernement stable et pérenne, au moins à court terme, s’imposait à lui, afin d’élargir la base politique de son action, en atteignant ainsi 41% des votants, face à une extrême-droite toujours présente et à une Nouvelle Démocratie toujours en embuscade.

Ce choix devait s’effectué selon ses priorités : internes ou externes. Internes, s’il souhaitait privilégier les réformes structurelles en Grèce d’abord, avec un To Potami plus proche de ses positions sociales mais plus sujet à questionnements sur son positionnement face à la Troïka, ou externes, s’il souhaitait privilégier la question de la dette, avec l’ANEL.

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SYRIZA VEUT MARQUER DES POINTS, par François Leclerc

Billet invité.

La victoire de Syriza continue de surprendre, une fois enregistré son accord avec le parti souverainiste de droite des Grecs indépendants afin de disposer d’une majorité parlementaire. Le nouveau premier ministre Alexis Tsipras ne veut pas perdre de temps et adresse un message aussi bien aux Grecs qu’à leurs créanciers : il a l’intention d’accomplir ce qu’il a promis. L’accord de gouvernement semble s’être fait sur la base du programme de Thessalonique de septembre dernier de Syriza, qui prévoit de nombreuses mesures sociales, dont certaines devraient être vite proposées à l’adoption du nouveau parlement, dont l’augmentation du salaire minimum. De premières nominations de ministres devraient intervenir, dont celle de Yanis Varoufakis comme ministre des finances, et de Panos Kamennos (le leader des Grecs indépendants) à la défense.

Le message a été reçu par des dirigeants européens un peu bousculés et désarçonnés, et il réclame un temps de digestion. Sur le même terrain que Martin Schulz, le président du parlement européen qui va se rendre à Athènes, François Hollande cherche à se positionner pour être l’artisan d’un futur compromis, et la seule décision qui a émergé de la réunion de l’Eurogroupe est de donner du temps à la négociation. Mais toute réduction de la dette est à ce stade considérée comme impensable…

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IL FAUT QU’UNE PORTE SOIT OUVERTE OU FERMÉE, par François Leclerc

Billet invité.

Quelles sont les chances de réussite de Syriza ? Le tournant engagé peut-il se confirmer en s’élargissant ? S’il est prématuré de tenter d’apporter une réponse à ces deux questions, il n’est pas interdit de mesurer le rapport de force dans lequel ses artisans vont évoluer.

Les dirigeants européens sont désormais comptables vis à vis d’eux-mêmes de l’échec de leur politique. Sauf à assumer un défaut sur la dette grecque, détenue à 80% par des intérêts publics, ils sont condamnés à la refinancer, la faire rouler comme disent les banquiers qu’ils sont devenus. Ils sont pris à leur propre piège, coupables de soutien abusif estimerait un tribunal. En conséquence, leur menace de fermer le robinet n’est pas crédible, car ils en seraient les premières victimes, ce qui éclaire leur intention de négocier.

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PREMIERS REBONDISSEMENTS APRÈS LA VICTOIRE, par François Leclerc

Billet invité.

Cela va très vite, Alexis Tsipras allant être nommé premier ministre cet après-midi.

À seulement deux sièges de la majorité parlementaire, Syriza avait entamé tôt ce matin une série de rencontre avec les partis susceptibles de signer un accord de gouvernement. Prenant le contre-pied des prévisions, le parti des Grecs indépendants (droite souverainiste) annonçait ensuite sa conclusion, sans donner de détails, et non To Potami comme généralement attendu. En dépit de tout ce qui les sépare, Syriza et les Grecs indépendants ont en commun leur rejet des mesures d’austérité et leur volonté d’obtenir une décote de la dette, et c’est cela qui a primé.

Les dirigeants européens se rassurent comme ils peuvent en prédisant qu’Alexis Tsipras va devoir faire des compromis, étant un pragmatique à leur image. Et, comme prévu cette fois-ci, toute réduction de la dette est par avance rejetée. Mais le sujet est désormais sur la table et la campagne pour une conférence européenne sur le sujet pourrait être relancée, afin de faire bénéficier de renforts le nouveau gouvernement grec.

Un mini-sommet réunissant le président de l’Union européenne, de la Commission, de la BCE, et le chef de file de l’Eurogroupe va devoir enregistrer aujourd’hui ce signal fort : Syriza s’est donné des bases parlementaires dures pour appuyer dans les négociations ce qu’il considère dans l’immédiat l’essentiel : mettre un terme à l’austérité et aux mémorandums de la Troïka.

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AVEC SYRIZA, LE TOURNANT EST ENGAGÉ ! par François Leclerc

Billet invité.

La victoire de Syriza crée un fait politique nouveau auquel les dirigeants européens vont devoir apporter une réponse. Chacun à sa manière, deux d’entre eux l’ont déjà clairement pressenti, l’Espagnol Mariano Rajoy en craignant être le prochain sur la liste, et le socialiste portugais Antonio Costa à la recherche de points d’appui. La géographie politique européenne est en train d’être modifiée.

Syriza va concrétiser sa victoire en prenant de premières mesures symboliques en application de son programme et poursuivre les contacts exploratoires pris avec ses créanciers européens. N’ayant pas le choix, ceux-ci vont d’une manière ou d’une autre donner le temps nécessaire à ce que des négociations se tiennent, à condition qu’elles ne durent pas voudraient-ils. Les ministres des finances européens se réunissant lundi vont avoir une première occasion de confirmer ce scénario.

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