Archives par mot-clé : théorie du ruissellement

Le peuple roulé dans la farine : c’était déjà le cas en 1904

Ouvert aux commentaires.

Ce qui suit est un passage d’un livre de Thorstein Veblen (1857 – 1929), sociologue et économiste américain marginal, publié en 1904 sous le titre The Theory of Business Enterprise.

Le gouvernement représentatif veut dire, essentiellement, la représentation des intérêts commerciaux. Le gouvernement travaille généralement dans l’intérêt des hommes d’affaires avec une unicité d’objectif assez constante. Et, dans sa sollicitude pour les intérêts des hommes d’affaires, il est soutenu par l’opinion publique, car il y a une certaine conviction naïve, inconditionnelle, répandue dans le peuple, selon laquelle les intérêts matériels de la population coïncident, d’une manière occulte, avec les intérêts pécuniaires des hommes d’affaires qui vivent à l’intérieur du champ d’action des mêmes règles gouvernementales.

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Une explication « écono-territoriale » des Trente Glorieuses, par Timiota

Billet invité.

Il est courant de considérer les Trente Glorieuses avant tout dans un contexte historico-politique au sein de la montée inexorable des techniques (le « progrès »): la mise au pas d’une industrie et dune finance capitalistes qui certes assuraient de fortes croissances potentielles, mais venaient aussi d’accompagner deux Guerres Mondiales et la Grande Dépression.

De cette mise au pas, et d’un rapport de force rétabli entre travailleurs et capitalistes à la faveur de la peur du communisme, une grande redistribution des richesses, vers une large classe moyenne prospère, produisit des décennies de stabilité économique et de croissance, gommant rien moins que les secousses des indépendances des ex-colonies, ou que les doutes anti-consuméristes de 1968.

Je propose ici une vision complémentaire, basée sur des échelles spatiales et leur temporalité associées, ainsi qu’un « structuralisme de l’inégalité ».  Pour dire l’essentiel, des échelles momentanément ajustées entre politique et économie me semblent en effet une bonne clé d’explication aux Trente GlorSieuses .

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L’AISANCE ET SES LIEUX, par Jacques Seignan

Billet invité.

Un sujet trivial, dont il serait malséant de parler dans un salon, pourrait bien susciter quelques étonnements aux générations futures sur la vie quotidienne des Terriens en ces temps de mondialisation triomphante.

D’abord un chiffre servira, par sa brutalité, à poser le décor. Sur Terre, en 2013, quatre-vingt-cinq personnes possèdent autant que la richesse cumulée de la moitié la plus pauvre de la planète, soit 3,5 milliards d’êtres humains [d’après l’ONGOxfam]. Il y a donc, au-delà de cette équivalence statistique, deux groupes humains qui se valent puisque, selon la féroce doxa dominante, la valeur d’un individu se résume à celle de sa fortune.

Malgré tout on doit admettre que tous sont soumis aux nécessités de la condition humaine : manger, boire, dormir … Pour le moment les « 85 » ne sont pas immortels mais certains d’entre eux doivent l’espérer ! Un petit point commun à noter cependant. Dans les deux groupes, beaucoup pratiquent le nomadisme et, qui plus est, sans bagages ! Feu Aristote Onassis avait expliqué la raison pour laquelle il voyageait sans bagages : il avait des appartements à Paris, Londres et New York dans lesquels toute sa garde-robe était complète et il y était accueilli par un personnel dévoué. Nos vrais riches suivent ce même principe. Les mains dans les poches, ils empruntent leurs jets privés pour aller de leur manoir anglais à leur appartement parisien ou à leur villa de St-Barth. Eh bien les très-pauvres, ils font pareil ! Quand un fleuve déborde ou qu’une guerre approche, ils partent sans s’encombrer de toutes ces valises que nos touristes « classes moyennes » trimbalent dans les aéroports.

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