La réciprocité ternaire généralisée et le marché de réciprocité. La leçon de Tamati Ranaipiri, par Dominique Temple

Billet invité.

Marcel Mauss (1872 – 1950) souligne à quel point dans les sociétés archaïques les faits dénoncent l’interprétation occidentale de leurs prestations économiques : exemple, Franz Boas (1858 – 1942) interprète le potlatch en termes de capital, d’intérêt, de prêt, de plus-value. Or, il suffit de remplacer l’idée « d’accumuler » par celle de « donner » pour créer une dialectique inverse de celle de l’économie capitaliste. Boas ne le voit pas et ne peut l’imaginer. Continuer la lecture de La réciprocité ternaire généralisée et le marché de réciprocité. La leçon de Tamati Ranaipiri, par Dominique Temple

Partager

LIED, « L’anthropocène : quels enseignements pour quelle action », le 28 février de 14 à 17 heures

     « L’anthropocène : quels enseignements pour quelle action »

Le 28 février de 14 à 17 heures, salle 454 A du bâtiment Condorcet de Paris-Diderot, 10 rue Alice Domon & Léonie Duquet 75013 Paris

Continuer la lecture de LIED, « L’anthropocène : quels enseignements pour quelle action », le 28 février de 14 à 17 heures

Partager

Dominique Temple et Mireille Chabal, La réciprocité et la naissance des valeurs humaines (II) La réciprocité négative

Billet invité. Deuxième partie d’un résumé par Madeleine Théodore du livre de Dominique Temple et Mireille Chabal, La réciprocité et la naissance des valeurs humaines, Paris : L’Harmattan, 1995.

La jeune et vieille âme de meurtre recherchées par les Jivaro

La jeune et vieille âme de meurtre représentent les deux consciences antagonistes de la vie-par-meurtre et de la mort-par-meurtre. Chacune est conjointe à un acte réel qui est son contraire : pour la conscience de vie, la souffrance de la mort, et pour la conscience de mort, l’acte du meurtre. Continuer la lecture de Dominique Temple et Mireille Chabal, La réciprocité et la naissance des valeurs humaines (II) La réciprocité négative

Partager

Dominique Temple et Mireille Chabal, La réciprocité et la naissance des valeurs humaines (I) Le tiers dans la réciprocité positive

Billet invité. Première partie d’un résumé par Madeleine Théodore du livre de Dominique Temple et Mireille Chabal, La réciprocité et la naissance des valeurs humaines, Paris : L’Harmattan, 1995.

L’hypothèse du livre est la suivante : partout où le sens apparaît, la réciprocité en est le siège. Les auteurs partent d’un constat : l’être social peut aussi bien naître de la réciprocité positive que de la réciprocité négative. Dans l’Éthique à Nicomaque d’Aristote, celui-ci montre que la réciprocité parfaite, symétrique, est reconnue au sein de la Grèce antique comme la source des valeurs politiques les plus hautes : justice, amitié, grâce.

Plongée dans les affres du néolibéralisme, la société s’inquiète d’acquérir une connaissance objective des structures de réciprocité afin de maîtriser la genèse de la valeur.

Continuer la lecture de Dominique Temple et Mireille Chabal, La réciprocité et la naissance des valeurs humaines (I) Le tiers dans la réciprocité positive

Partager

Auto-domestication et transhumanisme

Johann Friedrich Blumenbach (1752 – 1840) est un anatomiste allemand fameux. Il est aussi le premier à avoir tenté une classification scientifique des êtres humains à partir de leur squelette, il est à ce titre l’un des fondateurs de ce que l’on appelle aujourd’hui l’anthropologie physique. Auteur d’une classification des peuples selon cinq races, c’est lui qui inventa le terme d’ethnologie : la science des peuples. C’est également à lui que l’on doit le terme de « Caucasiens » pour désigner les humains à peau blanche, un terme que les Américains utilisent d’ailleurs toujours sans connaître son origine ; la raison anecdotique en était que le crâne dans sa collection qui lui semblait le plus représentatif des blancs était celui d’une femme caucasienne.

Continuer la lecture de Auto-domestication et transhumanisme

Partager

Les bases biologiques de la morale ou de l’intérêt de l’altruisme chez les primates sociaux, par Roberto boulant

Billet invité

Une théorie scientifique se doit d’être explicative mais également prédictive. Et comme toute construction intellectuelle organisée en système, elle doit pouvoir se confronter à de nouvelles observations afin d’être confortée, précisée, ou même à l’occasion… invalidée ! Ainsi en va-t-il des cathédrales intellectuelles, comme le modèle standard en physique des particules par exemple, que théoriciens et expérimentateurs partout sur la planète s’acharnent à vouloir dynamiter (las, en vain jusqu’à présent). Continuer la lecture de Les bases biologiques de la morale ou de l’intérêt de l’altruisme chez les primates sociaux, par Roberto boulant

Partager

Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 3, par Dominique Temple

Un essai invité en huit chapitres.

III – Ambivalence et Antagonisme

Résumons notre réserve : l’affect est Un, et s’il émergeait de la multitude par effet d’accumulation des affects individuels de peur, d’envie, de désir ou d’amour… pourquoi n’émergerait-il que de leur similitude et pourquoi pas de leur différenciation, plus précisément de la corrélation des différences (qui est une autre expression pour dire la divergence[1]) ou encore d’un juste milieu entre la divergence et la convergence, “Tiers” qui soit le produit de leur relativisation mutuelle au sein de la réciprocité ?

Continuer la lecture de Frédéric Lordon et l’Imperium. Chapitre 3, par Dominique Temple

Partager

Georges Balandier (1920 – 2016)

À l’époque où j’étais étudiant en anthropologie, j’ai lu Afrique ambigüe (1957) de Georges Balandier, paru quelques années auparavant. Je venais alors de lire Tristes tropiques (1955) de Claude Lévi-Strauss et le regard que je portais sur Afrique ambigüe était irrémédiablement teinté de l’expérience qu’avait été pour moi la lecture de Tristes tropiques.

Continuer la lecture de Georges Balandier (1920 – 2016)

Partager

Qu’est-ce qui fait de nous qui nous sommes ? Nos penchants ou les impondérables ?

D’un événement, on peut dire, quelle que soit sa nature, qu’il est possible ou impossible, nécessaire ou contingent. La certitude s’attache au nécessaire (ce qui arrivera toujours) et à l’impossible (ce qui ne peut pas arriver), l’incertitude, au contingent (ce qui arrivera ou non) et au possible (ce qui peut arriver).

Continuer la lecture de Qu’est-ce qui fait de nous qui nous sommes ? Nos penchants ou les impondérables ?

Partager

LE TEMPS QU’IL FAIT LE 19 AOÛT 2016 – Retranscription

Retranscription de Le temps qu’il fait le 19 août 2016. Merci à Marianne Oppitz !

Bonjour, nous sommes le vendredi 19 août 2016 et je voudrais vous parler aujourd’hui de cet entretien qui a été produit en feuilleton, en 19 épisodes sur le blog, je crois que c’est au cours des 10 derniers jours. C’est un entretien que j’ai eu le 21 mars de cette année avec Franck Cormerais de l’université Bordeaux-Montaigne et avec Jacques Athanase Gilbert de l’université de Nantes. Et le texte complet doit paraître dans la revue « Etudes Digitales ». Continuer la lecture de LE TEMPS QU’IL FAIT LE 19 AOÛT 2016 – Retranscription

Partager

De l’anthropologie à la guerre civile numérique, entretien réalisé le 21 mars 2016 (texte complet)

Ouvert aux commentaires.

I- La « mentalité primitive »

Jacques Athanase GILBERT

Votre parcours est particulièrement atypique, marqué en particulier par cette étonnante transition du chercheur au blogueur. Au-delà, votre pensée s’enracine dans le champ de la transdisciplinarité, empruntant à la fois à la philosophie, à l’anthropologie, à la sociologie et à l’économie. Comment appréhendez-vous cet itinéraire ?

Continuer la lecture de De l’anthropologie à la guerre civile numérique, entretien réalisé le 21 mars 2016 (texte complet)

Partager

De l’anthropologie à la guerre civile numérique (XVIII), La collapsologie, entretien réalisé le 21 mars 2016

Franck CORMERAIS

Comment envisagez-vous l’anthropologie des savoirs aujourd’hui ? Est-il nécessaire d’ouvrir un nouveau champ d’étude transdisciplinaire sur le modèle du savoir collectif que vous avez évoqué précédemment ?

Continuer la lecture de De l’anthropologie à la guerre civile numérique (XVIII), La collapsologie, entretien réalisé le 21 mars 2016

Partager

De l’anthropologie à la guerre civile numérique (VI), Pourquoi – selon nous – les jumeaux ne sont pas des oiseaux, entretien réalisé le 21 mars 2016

Jacques Athanase GILBERT

Vous soulevez la question de la réalité objective au sein de votre ouvrage Comment la vérité et la réalité furent inventées. Celle-ci engage, selon vous, un schéma des relations asymétriques qui se développe à travers le discours scientifique, une option qui apparaît en raison de la structure-même de la langue grecque mais est entièrement absent de la pensée ancienne chinoise, d’essence symétrique, comme sa langue. Continuer la lecture de De l’anthropologie à la guerre civile numérique (VI), Pourquoi – selon nous – les jumeaux ne sont pas des oiseaux, entretien réalisé le 21 mars 2016

Partager

De l’anthropologie à la guerre civile numérique (IV), La « vérité ordinaire », entretien réalisé le 21 mars 2016

Franck CORMERAIS

Vous évoquez, Geneviève Delbos et vous, dans La transmission des savoirs (1984), une « vérité ordinaire » placée entre savoir empirique et savoir scientifique. S’agit-il de cette dimension lacanienne ?

Continuer la lecture de De l’anthropologie à la guerre civile numérique (IV), La « vérité ordinaire », entretien réalisé le 21 mars 2016

Partager

De l’anthropologie à la guerre civile numérique (III), La transmission des savoirs, entretien réalisé le 21 mars 2016

Jacques Athanase GILBERT

L’approche anthropologique vous permet de développer un travail critique des catégories philosophiques et économiques. La taxinomie ne recoupe pas les formalisations abstraites aussi bien en termes de science du langage que de science économique.

Continuer la lecture de De l’anthropologie à la guerre civile numérique (III), La transmission des savoirs, entretien réalisé le 21 mars 2016

Partager

De l’anthropologie à la guerre civile numérique (II), Anthropologie de l’Île de Houat, entretien réalisé le 21 mars 2016

Franck CORMERAIS

Votre étude sur les pêcheurs d’Houat vous a amené à interroger les techniques, en particulier par le biais des techniques du corps. Vous reliez la technologie avec la topographie imaginaire, posant ainsi le paradigme de la mesure.

Continuer la lecture de De l’anthropologie à la guerre civile numérique (II), Anthropologie de l’Île de Houat, entretien réalisé le 21 mars 2016

Partager

De l’anthropologie à la guerre civile numérique (I) La « mentalité primitive », entretien réalisé le 21 mars 2016

Jacques Athanase GILBERT

Votre parcours est particulièrement atypique, marqué en particulier par cette étonnante transition du chercheur au blogueur. Au-delà, votre pensée s’enracine dans le champ de la transdisciplinarité, empruntant à la fois à la philosophie, à l’anthropologie, à la sociologie et à l’économie. Comment appréhendez-vous cet itinéraire ?

Continuer la lecture de De l’anthropologie à la guerre civile numérique (I) La « mentalité primitive », entretien réalisé le 21 mars 2016

Partager

Ars Industrialis reçoit Paul JORION et Geert LOVINK, le 21 mai 2016

Ars Industrialis et Bernard Stiegler invitent Paul Jorion et Geert Lovink, sur le thème : PENSER ET AGIR LA PUISSANCE EN FRANCE, EN EUROPE ET DANS L’INTERNATION au XXIè siècle

Dans la matinée, Bernard Stiegler interrogeait Frédéric Lordon.

Partager

Qui étions-nous ? Comment faire fonctionner une société ? (III) La « pensée chinoise » et la « pensée occidentale » sont bien radicalement différentes

Quant à l’attitude de Jean-François Billeter lui-même dans Contre François Jullien (2006), que peut-on en dire ?

Continuer la lecture de Qui étions-nous ? Comment faire fonctionner une société ? (III) La « pensée chinoise » et la « pensée occidentale » sont bien radicalement différentes

Partager