« La mort frappe » de Woody Allen, une critique par Paul Jorion

Death Knocks, « La mort frappe », est une courte bouffonnerie de Woody Allen, parodie du Septième Sceau » (1957) d’Ingmar Bergman. Elle fut publiée dans le New Yorker, le 27 juillet 1968 (reprise ensuite en 1972 dans le recueil intitulé Getting Even).

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Le dernier qui s’en va éteint la lumière, de Paul Jorion, éd. Fayard, 2016. Une note de lecture (III) : Compte à rebours, par Roberto Boulant

le dernier qui s'en va...

Billet invité.

Le long chapitre, près d’une centaine de pages, que Paul Jorion consacre à un état des lieux planétaire, provoquera peut-être chez certain(e)s un fou-rire incontrôlable.

Mais de ceux qui vous saisissent lors d’un enterrement, lorsque submergé par la peine et l’absurdité des choses, votre corps décide sans vous demander votre avis de relâcher l’insupportable tension.

Car il faut bien admettre l’absurde de la chose : aurions-nous eu la volonté de nous suicider, que nous n’aurions guère fait mieux !
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Le dernier qui s’en va éteint la lumière, de Paul Jorion, éd. Fayard, 2016. Une note de lecture (II) : Commercialement, l’extinction de l’espèce est une bonne affaire, par Roberto Boulant

Dernier_JorionBillet invité.

Ce qu’il y a de plus paradoxal avec cette curieuse espèce qui se nomme elle-même avec arrogance homo sapiens, c’est qu’elle est suffisamment stupide pour détruire son seul et unique habitat, tout en étant suffisamment intelligente pour comprendre et analyser lucidement les enchainements menant à l’inéluctable catastrophe.

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Le dernier qui s’en va éteint la lumière, de Paul Jorion, éd. Fayard, 2016. Une note de lecture, par Roberto Boulant

Dernier_Jorion

Billet invité.

Est-il raisonnable de présenter un livre en disant que sa lecture est une rude épreuve ? Pire même, qu’il va à l’encontre de l’air du temps ! De celui qui ne cesse de nous susurrer à l’oreille que nous pouvons nous endormir tranquillement, que tout est sous contrôle. Ceux et celles qui ne veulent pas se poser de questions parce qu’ils ne veulent surtout pas avoir de réponses, ne liront pas ce livre de toute manière. Mais les autres, que sans une foi démesurée j’imagine les plus nombreux, risquent d’être pour le moins désarçonnés.
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Meyer Fortes (1906 – 1983)

MeyerJe me souviendrai toujours de ces regards qui se sont tournés vers moi – on devait être en 1998 à Pasadena – et qui voulaient dire : « C’est probablement toi qui connais la réponse ! », et je me disais moi : « Wo ! Wo ! Wo ! Wait a minute ! », attendez une seconde : je ne suis qu’un (pauvre) ethnologue (solitaire, et loin de chez moi !) appliquant la méthode de l’« observation-participante », je ne suis pas vraiment un… (gaspation !) banquier … (re-gaspation !) américain !

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Réciprocité simple et réciprocité complexe, par Dominique Temple

Billet invité.

Reconnaître les structures sociales de base – les relations de réciprocité qui sont les matrices des différentes valeurs éthiques – c’est évidemment distinguer la valeur spécifique dont chacune est la matrice de façon à ce qu’elles ne se confrontent pas arbitrairement mais se complètent. L’harmonie d’une organisation sociale complexe est à ce prix car la cité se crée lorsque les structures de réciprocité s’entrecroisent, se redoublent, s’articulent les unes avec les autres.

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Jack Goody (1919 – 2015)

24.1b Sir Jack GoodyJack Goody est mort. Il allait avoir 96 ans.

À Cambridge, mes relations avec Jack Goody, qui fut d’abord le directeur du département où j’étais étudiant thésard, ensuite mon patron durant les années où je fus enseignant, tournèrent sinon à la tragédie, du moins en tout cas, au drame. Rien n’y prédisposait. Il s’agit là d’une histoire triste, démontrant qu’il n’y a pas que les volontés des hommes et des femmes qui importent : les structures peuvent les broyer, ou pire encore, les monter les uns contre les autres.

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« Qui est Charlie ? » d’Emmanuel Todd, par Lazarillo de Tormes

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Je commencerai par une image un peu brute de décoffrage, celle que je visualise du travail de Todd et que j’utiliserais si je devais raconter le livre en quelques mots à ma nièce de 16 ans, elle qui n’en a entendu que la cacophonie que vous savez. Dans un laboratoire, un scientifique en blouse blanche observe un groupe de rats enfermés dans une cage. Au début de l’expérience, les rats reçoivent des rations adaptées à leurs besoins, ils sont dotés de personnalités inviduelles et s’articulent en groupe par des règles de vie en société. Progressivement les rations sont réduites, le scientifique observe les conséquences de la pénurie grandissante, et la réorganisation sociale qu’elle génère : la soumission des faibles, l’adoubement par les forts, les alliances de circonstance, les exclusions, l’agressivité de l’action suivie par celle de la réaction… L’expérience s’arrête, le scientifique constate, explique le déroulement et extrapole l’évolution de la situation en fonction de deux scénarios extrêmes.

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Lycée d’État Jean Zay à Paris, « Comment la vérité et la réalité furent inventées », le mardi 24 mars à 20h

Au Lycée d’État Jean Zay
10, rue du Docteur Blanche 75016 Paris
métro : Ranelagh

mardi 24 mars 2015 — Grand salon 20h

Comment la vérité et la réalité furent inventées

par Paul Jorion

Titulaire de la chaire « Stewardship of Finance » à la Vrije Universiteit Brussel, Docteur en Sciences Sociales de l’Université Libre de Bruxelles. A enseigné aux universités de Cambridge, Paris VIII et de Californie (Irvine).

 

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Université Rennes 2, Paul Jorion : Penser l’économie autrement, le 29 janvier 2015

Ouvert aux commentaires.

« Penser l’économie autrement » (2014), dans une perspective anthropologique.

Gary Becker a eu son Prix Nobel d’économie en 1992 et non en 1984 comme je le dis.

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VentsContraires.net, Paul Jorion : L’argent est-il notre Dieu et le marché sa religion ?

Sur le site VentsContraires.net, c’est ici.

L’hyperdiffusionnisme britannnique : Grafton Elliot Smith.

Comment faire pour oublier qu’on va mourir ? Sigmund Freud : L’avenir d’une illusion (1927), Malaise dans la civilisation (1930).

Je mentionne que dans un de mes livres j’ai voulu expliquer ce qu’était « la confiance des marchés » en la programmant. C’est dans La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard 2008). Cela avait d’abord paru ici comme billet : La crise des subprimes et la « confiance des marchés ».

La retranscription se trouve ici (merci à Olivier Brouwer !) :

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L’Humanité, vendredi 12 décembre – « L’inapprivoisable finance », par Cynthia Fleury

Extrait de la chronique de Cynthia Fleury publiée aujourd’hui dans L’Humanité

Ce qu’il y a de bien avec les économistes, c’est qu’ils peuvent être aussi anthropologues. Et nous rappeler que des mesures (que certains osent dire utopiques), non seulement ont été historiquement possibles, mais plus que nécessaires aujourd’hui. Dans Penser l’économie autrement (Fayard, 2014), Paul Jorion (ledit anthropologue) et Bruno Colmant pensent, dans leurs différences, des alternatives au monde économique actuel. Ces deux-là s’entendent, malgré tout, sur la radicalité des transformations à commettre.

Prenons la spéculation. L’économiste belge préconise une interdiction pure et simple de la spéculation ; mesure qui ferait revenir entre 40 et 80 % de la richesse vers l’économie. Faut-il le rappeler – oui, visiblement – la spéculation était interdite en Suisse jusqu’en 1860, en Belgique jusqu’en 1867, et en France jusqu’en 1885. Si l’on dément ainsi le caractère non utopique de la chose, on n’en justifie pas cependant la nécessité. Une stricte séparation des activités bancaires pourrait-elle suffire, sur le modèle de la règle Volcker ? Et de l’historique Glass-Steagall Act, créé en 1933, abrogé en 1999 ? Jorion répond par la négative. Car les techniques bancaires permettent aujourd’hui de contourner aisément la loi par la création – notamment – de positions synthétiques. « Une pratique est interdite par la loi ? Ce n’est pas gênant : on la recrée synthétiquement en combinant des éléments qui ne sont pas, eux, spécifiquement interdits. (…) L’esprit de la loi n’est bien entendu pas respecté, mais la lettre n’est pas enfreinte. »

La suite ici.

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Si vous êtes en terminale et que vous envisagez de faire anthropologie…

Si vous êtes en terminale (« rhétorique » en Belgique) et que vous envisagez de faire anthropologie comme Margot qui vient de m’écrire :

Bonjour/Bonsoir, Je ne sais pas trop à quel heure vous lirez ceci Mon papa m’a parlé de vous, il s’appelle X, je ne sais pas si vous le connaissez mais je suis sûre que vous connaissez un de ses amis et ses fameux spaghettis, Philippe du Vicomte (non non, du Vicomte n’est pas son nom de famille :p), j’ai aussi été voir votre blog. Voilà, j’ai fini ma rhéto cette année et je fais une année d’étude à l’étranger. (voilà pourquoi j’ai un petit problème avec l’heure… soit :p) Je me pose beaucoup de questions sur mon futur et le plus proche est bien évidemment : le choix de mes études. Et j’ai beaucoup pensé à étudier l’anthropologie. Ça à l’air de me ressembler. Mais… c’est bien beau de voir le « bon » côté, celui que vous dépeint les universités. Seulement moi j’aimerais avoir un véritable avis, connaître le pour et le contre (les pour’s et les contre’s peut être…) que peuvent m’apporter ces études. Si je peux envisager un futur « stable ». Je serais heureuse de lire une réponse de votre part qui pourrait me faire avancer dans mes tentatives de recherches

Bien à vous, Margot X.

… je vous répondrais ceci (comme je l’ai fait pour elle – et en espérant que cela puisse vous rendre service) :

Margot, on est dans un monde de plus en plus compliqué. Ce qui va compter de plus en plus, plutôt que les études qu’on fait, c’est la capacité qu’on a à retomber sur ses pattes, et ça, c’est plutôt une question de caractère. Fais anthropologie mais INTERESSE TOI A TOUT, c’est le meilleur moyen de survivre et… va voir Interstellar si tu ne l’as pas déjà vu : voilà exactement comment il faut être, comme eux !

Paul

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Audencia – Les rencontres du Louvre : Comment la vérité et la réalité furent inventées, le lundi 13 octobre 2014 à 9h

Vérité et réalité

Pour étoffer le dépliant des Rencontres du Louvre, il m’est demandé un bref résumé de Comment la vérité et la vérité furent inventées (Gallimard 2009). Le voici :

Aux yeux de l’anthropologue qu’est Paul Jorion, familier de la variabilité des institutions humaines, toute production culturelle mérite une explication, y compris celles de la culture qui est la nôtre.

Rien qui ne soit plus évident pour nous que les notions de « vérité » et de « réalité ». Pourtant nous savons quand et comment elles furent inventées. Alors voyons de quelle manière ! Rien qui n’aille davantage de soi que la logique ou les mathématiques. Elles ont cependant une histoire, pleine de bruit et de fureur. Examinons donc celles-ci !

John Maynard Keynes avait qualifié Newton-alchimiste de « dernier des magiciens », Paul Jorion rapproche lui la démarche de Kurt Gödel démontrant l’incomplétude de l’arithmétique, de celle de Quesalid, le chamane kwakiutl.

 

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