Lycée d’État Jean Zay à Paris, « Comment la vérité et la réalité furent inventées », le mardi 24 mars à 20h

Au Lycée d’État Jean Zay
10, rue du Docteur Blanche 75016 Paris
métro : Ranelagh

mardi 24 mars 2015 — Grand salon 20h

Comment la vérité et la réalité furent inventées

par Paul Jorion

Titulaire de la chaire « Stewardship of Finance » à la Vrije Universiteit Brussel, Docteur en Sciences Sociales de l’Université Libre de Bruxelles. A enseigné aux universités de Cambridge, Paris VIII et de Californie (Irvine).

 

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VentsContraires.net, Paul Jorion : L’argent est-il notre Dieu et le marché sa religion ?

Sur le site VentsContraires.net, c’est ici.

L’hyperdiffusionnisme britannnique : Grafton Elliot Smith.

Comment faire pour oublier qu’on va mourir ? Sigmund Freud : L’avenir d’une illusion (1927), Malaise dans la civilisation (1930).

Je mentionne que dans un de mes livres j’ai voulu expliquer ce qu’était « la confiance des marchés » en la programmant. C’est dans La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard 2008). Cela avait d’abord paru ici comme billet : La crise des subprimes et la « confiance des marchés ».

La retranscription se trouve ici (merci à Olivier Brouwer !) :

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L’Humanité, vendredi 12 décembre – « L’inapprivoisable finance », par Cynthia Fleury

Extrait de la chronique de Cynthia Fleury publiée aujourd’hui dans L’Humanité

Ce qu’il y a de bien avec les économistes, c’est qu’ils peuvent être aussi anthropologues. Et nous rappeler que des mesures (que certains osent dire utopiques), non seulement ont été historiquement possibles, mais plus que nécessaires aujourd’hui. Dans Penser l’économie autrement (Fayard, 2014), Paul Jorion (ledit anthropologue) et Bruno Colmant pensent, dans leurs différences, des alternatives au monde économique actuel. Ces deux-là s’entendent, malgré tout, sur la radicalité des transformations à commettre.

Prenons la spéculation. L’économiste belge préconise une interdiction pure et simple de la spéculation ; mesure qui ferait revenir entre 40 et 80 % de la richesse vers l’économie. Faut-il le rappeler – oui, visiblement – la spéculation était interdite en Suisse jusqu’en 1860, en Belgique jusqu’en 1867, et en France jusqu’en 1885. Si l’on dément ainsi le caractère non utopique de la chose, on n’en justifie pas cependant la nécessité. Une stricte séparation des activités bancaires pourrait-elle suffire, sur le modèle de la règle Volcker ? Et de l’historique Glass-Steagall Act, créé en 1933, abrogé en 1999 ? Jorion répond par la négative. Car les techniques bancaires permettent aujourd’hui de contourner aisément la loi par la création – notamment – de positions synthétiques. « Une pratique est interdite par la loi ? Ce n’est pas gênant : on la recrée synthétiquement en combinant des éléments qui ne sont pas, eux, spécifiquement interdits. (…) L’esprit de la loi n’est bien entendu pas respecté, mais la lettre n’est pas enfreinte. »

La suite ici.

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Si vous êtes en terminale et que vous envisagez de faire anthropologie…

Si vous êtes en terminale (« rhétorique » en Belgique) et que vous envisagez de faire anthropologie comme Margot qui vient de m’écrire :

Bonjour/Bonsoir, Je ne sais pas trop à quel heure vous lirez ceci Mon papa m’a parlé de vous, il s’appelle X, je ne sais pas si vous le connaissez mais je suis sûre que vous connaissez un de ses amis et ses fameux spaghettis, Philippe du Vicomte (non non, du Vicomte n’est pas son nom de famille :p), j’ai aussi été voir votre blog. Voilà, j’ai fini ma rhéto cette année et je fais une année d’étude à l’étranger. (voilà pourquoi j’ai un petit problème avec l’heure… soit :p) Je me pose beaucoup de questions sur mon futur et le plus proche est bien évidemment : le choix de mes études. Et j’ai beaucoup pensé à étudier l’anthropologie. Ça à l’air de me ressembler. Mais… c’est bien beau de voir le « bon » côté, celui que vous dépeint les universités. Seulement moi j’aimerais avoir un véritable avis, connaître le pour et le contre (les pour’s et les contre’s peut être…) que peuvent m’apporter ces études. Si je peux envisager un futur « stable ». Je serais heureuse de lire une réponse de votre part qui pourrait me faire avancer dans mes tentatives de recherches

Bien à vous, Margot X.

… je vous répondrais ceci (comme je l’ai fait pour elle – et en espérant que cela puisse vous rendre service) :

Margot, on est dans un monde de plus en plus compliqué. Ce qui va compter de plus en plus, plutôt que les études qu’on fait, c’est la capacité qu’on a à retomber sur ses pattes, et ça, c’est plutôt une question de caractère. Fais anthropologie mais INTERESSE TOI A TOUT, c’est le meilleur moyen de survivre et… va voir Interstellar si tu ne l’as pas déjà vu : voilà exactement comment il faut être, comme eux !

Paul

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Audencia – Les rencontres du Louvre : Comment la vérité et la réalité furent inventées, le lundi 13 octobre 2014 à 9h

Vérité et réalité

Pour étoffer le dépliant des Rencontres du Louvre, il m’est demandé un bref résumé de Comment la vérité et la vérité furent inventées (Gallimard 2009). Le voici :

Aux yeux de l’anthropologue qu’est Paul Jorion, familier de la variabilité des institutions humaines, toute production culturelle mérite une explication, y compris celles de la culture qui est la nôtre.

Rien qui ne soit plus évident pour nous que les notions de « vérité » et de « réalité ». Pourtant nous savons quand et comment elles furent inventées. Alors voyons de quelle manière ! Rien qui n’aille davantage de soi que la logique ou les mathématiques. Elles ont cependant une histoire, pleine de bruit et de fureur. Examinons donc celles-ci !

John Maynard Keynes avait qualifié Newton-alchimiste de « dernier des magiciens », Paul Jorion rapproche lui la démarche de Kurt Gödel démontrant l’incomplétude de l’arithmétique, de celle de Quesalid, le chamane kwakiutl.

 

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Le temps qu’il fait le 15 août 2014 : Le Grand Décentrement (retranscription)

Olivier Brouwer a eu l’amabilité de retranscrire ma vidéo produite hier.

Bonjour, nous sommes le vendredi 15 août 2014, et dans le pays où j’habite, eh bien ça s’appelle l’Assomption, c’est une fête : c’est la montée au ciel de la vierge Marie qui est la mère de Jésus-Christ. C’est le genre de choses qu’il faut répéter à des époques comme la nôtre où les religions font à nouveau énormément de dégâts… J’y faisais allusion hier dans une petite note à propos de robots : c’est qu’à partir du moment où nous nous rendons compte que nous allons mourir comme individus, quand nous nous en rendons compte au niveau de notre espèce, sans doute parce que nous commençons à parler et que nous échangeons des propos [comme quoi] nous allons mourir individuellement, on invente cette chose merveilleuse qui est de dire « non ce n’est pas vrai, nous allons vivre éternellement », et alors, dès qu’il y a des voisins qui présentent la même histoire, la même fadaise, sous une forme un tout petit peu différente, nous commençons à nous taper sur la figure. Donc voilà, il fallait dire ça.

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« La transmission des savoirs », à Bécherel, le 19 avril 2014

Si vous ne m’avez jamais entendu parler d’éducation, de la difficulté qu’il y a à transmettre un savoir empirique sur les bancs d’une école et même de la difficulté qu’il y a à transmettre le savoir scientifique, de la raison pour laquelle le pèse-sel n’est pas d’une aussi grande utilité sur un marais salant que pourrait l’imaginer un scientifique, ou de ce qui distingue un pêcheur de homards grottiers d’un pêcheur de homards coureurs, eh bien, une occasion vous est offerte de le faire.

Car si on me demande souvent de parler d’économie – ce qui n’est pas mon métier – on ne me demande pratiquement jamais de parler d’anthropologie – ce qui l’est pourtant. Mais c’était le cas à La fête du livre à Bécherel le 19 avril, où j’ai parlé de La transmission des savoirs, le livre que j’ai co-rédigé avec Geneviève Delbos, publié aux éditions de la Maison des Sciences de l’Homme en 1984, et toujours disponible.

Ceci dit, je parlerai cette fois de Comment la vérité et la réalité furent inventées (Gallimard 2009), aux Rencontres du Louvre le 13 octobre. Je vous en dirai plus à ce sujet en temps utile.

Le son est un peu faible au début mais ça s’arrange par la suite.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 18 JUILLET 2014

Sur Dailymotion, c’est ici.

La bulle boursière : Le temps qu’il fait le 11 juillet 2014

Les Kalmouks : La république de Kalmoukie est le seul pays européen dont la religion officielle est la bouddhisme tibétain.

Henry Sumner Maine (1822 – 1888) : Ancient Law: Its Connection With the Early History of Society, and Its Relation to Modern Ideas (1861)
Edward Tylor (1832 – 1917) : Primitive Culture: Researches into the Development of Mythology, Philosophy, Religion, Language, Art, and Custom (1871)

Systèmes de pensée totémique et non-totémique : Comment la vérité et la réalité furent inventées (2009)

Le Monde : Entre amis, une ressemblance génétique étonnante, le 14 juillet 2014

La sociobiologie

Keynes vs. von Hayek : Le raisonnement vs. la spontanéité

La logique de la marge de profit, obstacle à la survie de l’espèce

Ventscontraires.net : C’est pas du boulot #1 : « Nous nous débarrassons du travail de manière massive », C’est pas du boulot #2 : « La personne remplacée par une machine n’en profite absolument pas »

Les systèmes monétaires sont-ils viables ?
– Reprendre le problème là où Keynes l’a laissé
– Contourner la question monétaire

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PIQÛRE DE RAPPEL : ANTHROPOLOGUE INCLASSABLE, Journal des Anthropologues, N°126-127 : 335-339

Un entretien avec Laura Ferré. Je suis depuis quelques semaines en dialogue avec une personne qui veut s’initier à l’anthropologie pour comprendre son environnement de travail. J’allais lui signaler ce texte ce matin et, le relisant, je me suis dit que cela pouvait intéresser certains d’entre vous qui ne l’auraient pas lu.

Comment définissez-vous un anthropologue ?

            Je dirais que c’est simplement quelqu’un qui a obtenu un diplôme en anthropologie délivré par une université. Comme l’enseignement est très différent d’un endroit à l’autre, un anthropologue peut être beaucoup de choses différentes. Dans mon expérience, en Belgique et en France, les professeurs d’anthropologie enseignent un peu ce qu’ils connaissent et ce n’est pas très structuré, donc ça peut très bien être une mosaïque de différentes choses. Donc ça laisse une énorme liberté pour se définir comme étant anthropologue. Dans le monde anglo-saxon, que j’ai connu en particulier à Cambridge, c’est beaucoup plus précis. Les choses sont très claires : il y a une discipline extrêmement délimitée avec une histoire, une épistémologie, des écoles qui se succèdent de manière très tranchée etc. Ça c’est différent, être anthropologue britannique c’est une chose très précise, être anthropologue français ou belge c’est une chose beaucoup plus difficile à définir. Je ne sais pas si je serais devenu anthropologue si j’avais été étudiant de première année en faculté en Angleterre. En fait, mon choix de l’anthropologie « sur le continent », c’était lié au fait que ça vous permettait un peu de lire tout ce qui vous plaisait : de la philosophie, de la linguistique, de la psychanalyse, tout ce qui vous passait par la tête. On vous disait: « Oui, oui, c’est de l’anthropologie! ». Plus tard, je me suis fort identifié, à partir du moment où je me suis intéressé à la théorie des prix, à l’anthropologie économique en tant que telle. Mais par ailleurs j’avais toujours un intérêt pour ce que j’appelais l’anthropologie des savoirs parce qu’il n’y avait pas véritablement un champ ou une sous-discipline qui correspondait à ça. En Angleterre, c’était plus clair : il y avait des gens qui faisaient des recherches dans un domaine qu’on appelait « rationality ». En France, c’était plus flou parce qu’on avait dans ce domaine, deux maîtres essentiellement: il y avait Lévy-Bruhl avec ce qu’il avait fait sur La mentalité primitive et d’autre part il y avait par contraste, son opposé, avec Lévi-Strauss et La pensée sauvage. C’était en fait deux tentatives dans des directions tout à fait opposées. Ceci dit on n’est pas laissé à soi-même puisqu’il y existe tout un champ qu’on appelle « l’histoire et la philosophie des sciences » qui donne le cadre dans lequel ces réflexions peuvent s’inscrire. Par exemple quand j’ai écrit Comment la vérité et la réalité furent inventées (2009), j’ai pris les maîtres que sont Lévy-Bruhl et Lévi-Strauss, mais j’ai complété ça avec tout ce qui existait dans l’histoire et la philosophie des sciences. D’ailleurs à Cambridge, les deux bâtiments étaient contigus entre anthropologie sociale et histoire et philosophie des sciences. Et je participais à tous les séminaires d’anthropologie mais aussi à tous ceux de philosophie des sciences. Je m’étais conçu une sorte de boîte à outils où les deux se trouvaient. Quand on fait de l’anthropologie des savoirs, les données viennent surtout d’Amérique du Sud, d’Océanie, d’endroits assez reculés d’Asie, d’Afrique etc. Alors qu’évidemment si on fait de l’histoire et de la philosophie des sciences on peut faire comme je l’ai fait, c’est-à-dire entrer carrément dans l’histoire, l’histoire des mathématiques, de la physique etc., des choses qui ne relèvent pas normalement du monde de l’anthropologie. Dans mon bouquin, j’ai tout traité ensemble. J’ai fait un parcours autour de deux notions, vérité et réalité, et j’ai utilisé tout le matériel dont on peut disposer.

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LA SURVIE DE L’ESPÈCE SELON FRANÇOIS RODDIER

Vendredi dernier, à Lausanne, j’ai eu l’occasion de discuter avec Oil Man qui, comme son nom l’indique, est un super-héros.

Son alter ego dans la société civile (non, ce n’est pas Peter Parker), Matthieu Auzanneau m’a recommandé de m’intéresser, toutes affaires cessantes, à l’oeuvre du physicien et astronome François Roddier.

Je viens de visionner la vidéo ci-dessous, que je vous recommande ; cela dure une heure et demie, mais je vous assure qu’à l’arrivée, on n’a pas le sentiment d’avoir perdu son temps.

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Le petit fouineur : parlers kurdes et bretons

Repensant ce soir à mon billet Comment se font les grandes découvertes historiques, je me posais la question si l’étonnante ressemblance entre les danses traditionnelles kurdes et bretonnes, se retrouvait dans un rapprochement possible entre les parlers kurdes et bretons.

Wikipedia m’apprend qu’il existe trois « dialectes » kurdes, appelés « dialectes » parce que ce sont ceux qui se déclarent Kurdes aujourd’hui qui les parlent mais que s’il fallait en juger à partir des simples traits linguistiques, ces parlers sont à ce point différents qu’on parlerait plutôt de « langues » (ceci n’est pas dit dans l’article en français de Wikipedia mais dans celui en anglais).

La question que je me pose, vous l’avez deviné, c’est si l’un de ces dialectes / langues s’apparente aux quatre grands parlers bretons.

Si quelqu’un a une idée là-dessus, qu’il m’en dise un mot. Je vous tiendrai bien entendu au courant.

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