Le temps qu’il fait le 8 mai 2015

Ouvert aux commentaires.

Envisager les choses « d’un point de vue purement commercial »

Alain Supiot présente Bossuet, De l’éminente dignité des pauvres, 2015

Alain Supiot, La gouvernance par les nombres, 2015

Isabelle Sorente, Addiction générale, 2011

Gary Becker (1930 – 2014), Prix Nobel d’économie 1992

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Du pouvoir ou de l’absence de pouvoir des comités consultatifs

Je n’entends pas interférer par des indiscrétions avec le bon fonctionnement du Haut comité pour l’avenir du secteur financier en Belgique. Je ne m’abstiendrai cependant pas d’en tirer des enseignements globaux et de vous en faire part.

Ainsi, une série d’échanges ce matin m’a fait penser à la chose suivante qui me semble intéressante et potentiellement importante : le ministre sera entièrement libre d’ignorer la liste entière de nos recommandations, et en ce sens, nos travaux pourraient s’avérer a posteriori comme une totale perte de temps et d’énergie, mais sera-t-il entièrement libre de prendre des mesures qui contrediraient nos recommandations ?

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À propos du billet de Bruno Colmant « Allumer les grands phares sur la crise », par Guy Weets

Billet invité, en réponse au dernier billet du blog de Bruno Colmant, « Allumer les grands phares sur la crise »

Monsieur Colmant, vous nous livrez là un excellent résumé des aspects financiers de la crise, mais la finance n’est-elle pas qu’une représentation de moins en moins fiable de l’activité économique réelle ?

Voici une piste de réflexion qui va dans le sens de votre billet, mais vu sous un angle différent.

La richesse produite par l’activité humaine chaque année varie peu, elle est partiellement corrélée à la démographie et à la productivité qui évoluent lentement.

Allumer les grands phares sur la crise, c’est aussi admettre que cette richesse doit servir trois objectifs :

1) entretenir et développer les infrastructures servant à produire des biens et services, ce qui comprend entre autres la formation, le transport, l’extraction de ressources non renouvelables et bien d’autres encore ;

2) restaurer les écosystèmes détruits par l’activité humaine et lutter contre le changement climatique ;

3) améliorer les biens et services aux personnes.

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Dans l’Écho, les coulisses de la rédaction, le 2 mai 2015

Les coulisses de la rédaction

Petit cours de langues.

Mercredi, le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, a présenté le groupe d’experts chargé de réfléchir à l’avenir du secteur financier belge. Un groupe composé de Belges francophones et néerlandophones, et même d’un Néerlandais. C’est donc sans doute cette parité que le ministre a souhaité mettre en avant dans son communiqué de presse en indiquant: « Le groupe d’experts est mis sur pied à l’initiative du Ministre des Finances, mais dispose….. « . On n’en saura pas plus dans la langue de Molière puisque le communiqué se poursuit en néerlandais. Et donc ce groupe « krijgt alle ruimte om onafhankelijk te functioneren« . Un petit « couac » dans le communiqué ou le ministre entend-il relancer les capsules d’apprentissage de la langue de Vondel « Spreek met ons mee »?

Le mercato est ouvert.

Ce groupe d’experts qui va plancher sur l’avenir de la place financière (un de plus, ricaneront certains) est composé de personnalités aussi diverses qu’André Sapir (ULB) qui en assure la présidence, Luc Coene (ex-gouveneur de la BNB) ou Paul Jorion (chaire Stewardship of Finance à la VUB) qui a des vues parfois très iconoclastes en matière de finance. Le groupe sera co-présidé par Geert Noels (Econopolis) qui n’a pas non plus sa langue en poche. C’est le même Geert Noels qui vient de réaliser un beau transfert en attirant dans sa société Bart Van Craeynest, l’économiste en chef de Petercam, ainsi que Maarten Geerdink, autre Petercam-boy.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 1er MAI 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 1er mai 2015. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi premier mai 2015. Et je vous ai déjà expliqué, en fait, ce qui a fait le plus gros de l’actualité de ma semaine. Enfin, je n’ai pas parlé de l’exposé à Louvain, je n’ai pas parlé de l’exposé pour les lycéens de Schaerbeek, mais enfin, bon, j’ai parlé de la convocation de ce comité de sages ou d’experts sur l’avenir financier de la Belgique. J’ai fait une petite vidéo à ce propos-là.

Et je vais continuer, évidemment, de me poser la question de savoir si ça sert à quelque chose, l’impact que ça peut avoir, mais en tout cas, sur la question de savoir si je me trouve immédiatement au cœur du réacteur, la réponse est claire : c’est oui ! Aussitôt la réunion terminée mercredi, eh bien, des mails du groupe de travail ont commencé à s’échanger, et je vais vous donner un exemple. C’est un cas hypothétique, mais ça nous permettra de réfléchir.

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Haut comité pour le futur du secteur financier en Belgique (retranscription)

Retranscription de Haut comité pour le futur du secteur financier en Belgique. Merci à Olivier Brouwer ! Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes mercredi 29 avril 2015. Et je vous avais annoncé, dans la dernière vidéo que j’avais faite : le Temps qu’il fait de vendredi dernier, que j’allais vous parler de quelque chose qui se passerait aujourd’hui. Et effectivement, il y a eu une conférence de presse à midi au Ministère des Finances, en Belgique.

Et vendredi, je devais être encore sous le coup d’une certaine stupéfaction, parce que, vous le savez, sur le blog – le blog existe depuis huit ans maintenant – je vous ai souvent fait part de ma légère frustration du fait que, eh bien, nous discutons entre nous, nous avons un blog avec pas mal de monde qui regarde, très bonne contribution des commentateurs, mais aussi, très bons billets qui sont écrits par certains d’entre vous. Il y a des gens qui sont apparus comme cela, à l’horizon, et qui ont commencé par écrire pour le blog et qui sont maintenant des gens dont on entend parler, dont on connaît le nom. De ce côté-là, ça marche, mais, je disais : ça ne percole pas, je veux dire ces idées, il y a des élites qui nous dirigent, et puis, eh bien ça ne passe pas. La communication, en réalité, n’a pas lieu, alors pourquoi le faire, faut-il changer de style dans la manière dont on fait les choses ?

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Armées : Un SPV quèsaco ?, par Jacques Seignan

Billet invité.

Que de talent ne faut-il pas pour gouverner de nos jours ! Tout ce qui paraissait acquis, se retrouve dépassé par les incroyables progrès que le néolibéralisme nous oblige à faire – et à marche forcée ! Prenons l’exemple de l’Etat et de ses fonctions régaliennes : « en économie, les fonctions régaliennes désignent des tâches que l’État ne doit pas ou ne peut pas déléguer à des sociétés privées ».

Le cas classique est celui de la guerre. Le pouvoir étatique implique ainsi l’usage exclusif de la force armée et on peut dire que c’est une de ses justifications : défendre la souveraineté nationale. On peut bien sûr rêver d’un monde futur où ce genre de question ne se pose plus. Mais il semble bien que l’on soit encore dans une situation dans laquelle des forces obscurantistes sont menaçantes et donc la légitime défense s’avère nécessaire. La France joue un rôle important en première ligne en particulier en Afrique. On peut évidemment discuter des causes et critiquer ces actions mais c’est un fait. L’Italie est aussi en première ligne dans les terribles drames des immigrants en Méditerranée. Or l’Union européenne se défausse de ces problèmes pourtant cruciaux mais maintient des exigences budgétaires « féroces » quel que soient les circonstances. Aucune circonstance d’intérêt européen supérieur ne semble, aux yeux des eurocrates, justifier un  laxisme budgétaire quelconque. C’est typique des systèmes à l’agonie que de se confronter à des apories. Il faut donc trouver des sous – par d’autres moyens, plus « créatifs ».

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Après le krach de septembre 2015, la paix ou la guerre, la fin de la civilisation ou la renaissance ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Il est tout à fait judicieux de nous alerter sur l’euphorie boursière depuis le début de l’année 2015. Le mécanisme par lequel la montée des indices boursiers précède et anticipe l’effondrement de la liquidité financière nominale est maintenant parfaitement connu. En fait les actions sont le dernier actif financier sur quoi sont placés les excédents de liquidité quand tous les autres ont amorcé leur retournement, c’est à dire leur dépréciation réelle.

Les perspectives mondiales de croissance réelle sont en déclin marqué depuis deux ans. Le surendettement général a mécaniquement obligé les banques à ne plus prêter qu’aux gros qui sont seuls capables de masquer leur situation économique réelle par de l’habillage comptable ou de l’ingénierie financière. Le maquillage financier de la réalité économique est à base d’effet de levier du crédit par des investissements microscopiques en capital réel humain et juridique.

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L’improbable transaction du fonds de soutien aux emprunts toxiques, par Marc Le Son

Billet invité.

Pour sortir les collectivités de difficultés financières insupportables, la loi de finances pour 2014 a instauré une aide qui implique de souscrire de nouveaux prêts pour éliminer ceux en cours, alors qu’elle aurait pu faire porter son effort sur un simple réaménagement qui aurait consisté à substituer un taux fixe à leur taux indexé.

Ce choix initial conduit à d’importantes indemnités de remboursement anticipé (IRA) et, si l’on peut s’étonner que le soin de les fixer ait été confié à la banque appelée à les recevoir, la perplexité vient aussi de ce que les dossiers à déposer doivent comprendre une « offre de transaction » destinée à « négocier avec les établissements financiers », alors qu’elle est adressée si tardivement qu’elle ne peut atteindre cet objectif dans le délai fixé au 30/04/2015.

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À QUOI TIENT PARFOIS LA BONNE SANTÉ DES BANQUES, par François Leclerc

Billet invité.

On s’en voudrait presque de revenir sur un sujet que l’on aurait pu croire épuisé : l’état réel des banques européennes. Pour tout dire, elles n’iraient pas aussi bien que prétendu, et la confirmation pourrait en être donnée – une fois n’est pas coutume – par la Commission de Bruxelles qui mène l’enquête et cherche à se faire sa religion, poussée par des députés européens qui veulent en avoir confirmation.

Ses investigations l’ont conduite sans coup férir en Italie, en Espagne, au Portugal et en Grèce, où un ingénieux dispositif comptable a permis aux banques d’afficher une fausse bonne santé. On feint aujourd’hui de s’émouvoir de cette sombre histoire « d’actifs de taxe différés », de cette cuisine douteuse dans laquelle les gouvernements ont trempé et sur laquelle personne n’a été très regardant quand ces expédients ont été utilisés pour consolider – faute de mieux – les fonds propres des banques, et plus précisément leur noyau : les « fonds propres durs » (dans le jargon, le « core tier one »). Ce qui leur a ensuite permis de passer les tests de l’Autorité bancaire européenne (EBA) et de la BCE à l’automne 2014.

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ULB, Paul Jorion et Bruno Colmant : La crise en Europe, fatalité ou opportunité ?, à Bruxelles le 19 mars 2015

Découverte Médicale : De petites doses de Piketty empêchent les crises de Gattaz (I/II), par Timiota

Découverte Médicale : De petites doses de Piketty empêchent les crises de Gattaz (II/II), par Timiota

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LA BCE DEVRAIT LA JOUER MODESTE ! par François Leclerc

Billet invité.

Une fois encore, la BCE est dans une posture de sauveur, se voyant créditée des prémices du redémarrage de la croissance dont les dirigeants européens font à nouveau leurs gorges chaudes, le coût du pétrole n’y étant pas également étranger. Mais la médaille a son revers, qui est superbement ignoré.

Disposant d’un excès de liquidités – faute de les employer pour accorder des crédits – les banques européennes n’ont pas attendues le lancement du programme d’achats de titres de la BCE pour accroître la part des obligations souveraines dans leurs portefeuilles d’actifs. En dépit du faible rendement de ces titres, elles y étaient incitées en raison du taux directeur quasi nul de la BCE, ainsi que de l’absence de charge en capital supplémentaire que ces achats impliquent : ces titres sont considérés sans risque, faisant exception avec tous les autres. Cherchant à limiter la baisse de leur rendement, les banques de la zone euro ont trouvé leur compte avec leurs opérations de carry trade sur le marché obligataire.

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VUB : Chaire « Stewardship of Finance », The downfall of the Enron corporation (La chute de la compagnie Enron), lundi 23 mars à 16h00

Post-Enron WorldLe cours se donne le lundi après-midi à seize heures dans la salle D0.03 du bâtiment D (bâtiment central) de la Vrije Universiteit Brussel, Boulevard de la Plaine 2, 1050 Bruxelles.

Le cours se donne en anglais ; il est ouvert au public.

Le 23 mars : The downfall of the Enron corporation (La chute de la compagnie Enron).
 
Piqûre de rappel : Les notes de travail de la conférence en français.

ENRON REVISITÉ (I) « IL Y A NOUS, D’UN CÔTÉ… ET PUIS TOUS LES AUTRES… »
ENRON REVISITÉ (II) L’ARROGANCE, MÈRE DE LA FRAGILITÉ
ENRON REVISITÉ (III) « TOUT IRA TOUJOURS POUR LE MIEUX ! »
ENRON REVISITÉ (IV) PIRATES DE LEUR PROPRE NAVIRE
ENRON REVISITÉ (V) UNE BONNE SANTÉ TRÈS TROMPEUSE

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Le Monde, La BCE dans le brouillard des marchés, mardi 17 mars 2015

La BCE dans le brouillard des marchés

John Maynard Keynes observait en 1923 dans son Tract on Monetary Reform que « la déflation implique un transfert de richesses du reste de la communauté vers la classe des rentiers et vers tous ceux qui détiennent des titres. Elle implique en particulier un transfert du groupe des emprunteurs, c’est-à-dire dire des commerçants, des industriels et des fermiers, vers le groupe des prêteurs, autrement dit un transfert de richesse de la population active à la population inactive ». En effet, les prix étant demain moins élevés qu’aujourd’hui, pourquoi ne pas attendre avant d’acheter ? Ceci débouche sur des carnets de vente moins fournis, des usines qui ferment, et des travailleurs à la recherche d’emploi.

La menace de déflation que connaît aujourd’hui la zone euro est encore plus compliquée par le fait que la dette souveraine nouvellement émise l’est a des taux très bas, voire même négatifs. En réponse à cette menace, la Banque centrale européenne (BCE) a mis en place le 9 mars une politique d’« ​assouplissement quantitatif  ». Elle achète des titres de dette souveraine ou privée sur le marché secondaire, c’est-à-dire non pas directement auprès de ceux qui émettent cette dette (qui empruntent), mais auprès de ceux qui sont disposés à la revendre après l’avoir achetée. Le prix des obligations émises précedemment augmentant du fait de leur rareté croissante, les nouveaux produits de dette, pour lesquels la demande est forte en raison des achats massifs de la BCE, peuvent être émis à des taux moins élevés. S’endetter devenant meilleur marché, les entreprises et les particuliers empruntent davantage. L’économie repart et les prix grimpent. La déflation est ainsi conjurée – du moins si l’on en croit ce scénario idéal.

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Le programme pour l’Europe de Yanis Varoufakis, le 14 mars 2015

Source : Presenting an agenda for Europe at AMBROSETTI sur le blog de Yanis Varoufakis. Merci à Fuu Hououji pour la traduction française ! Ouvert aux commentaires.

Présentation d’un programme pour l’Europe à AMBROSETTI (Lac de Côme, le 14 mars 2015)

Chers tous, mes devoirs ministériels m’ont empêché de poster des billets ces derniers temps. Je brise maintenant ce silence, puisque je viens de faire une présentation qui combine mes travaux précédents et mes efforts actuels. Voici le texte de la présentation que j’ai faite ce matin à la Conférence d’Ambrosetti sur le thème d’un « Programme pour l’Europe ». Les lecteurs réguliers de ce blog en reconnaîtront le thème principal – preuve d’une certaine continuité…

En mars 1971, alors que l’Europe se préparait à faire face au Choc Nixon et commençait à projeter une union monétaire européenne plus proche de l’étalon or que du système de Bretton Woods qui partait en lambeaux, l’économiste de Cambridge, Nicholas Kaldor, écrivit la chose suivante dans un article publié dans The New Statesman :

« …C’est une dangereuse erreur de croire qu’une union économique et monétaire peut précéder une union politique, ou qu’elle agira (selon les termes du rapport Werner) ‘comme un catalyseur pour l’évolution vers une union politique dont, à long terme, elle ne pourra se passer pour fonctionner.’ Car si la création d’une union monétaire et d’un contrôle communautaire sur les budgets nationaux engendre des pressions qui entraînent l’écroulement du système tout entier, il empêchera le développement d’une union politique, au lieu de la promouvoir. »

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