Décadence et illustration du syndicalisme français, par Michel Leis

Billet invité.

Comment recevoir un bon accueil de la part des syndicats qui entendent défendre les conditions de travail des salariés quand on prophétise soi-même la fin du travail ? Ils peuvent à juste titre se poser la question : quelles propositions pour combattre cette disparition ? Le point de vue donné par un syndicaliste est tout à fait représentatif de la position centrale du travail dans la vision syndicale (après tout, c’est leur raison d’être) : « c’est par son travail qu’un humain accède à la dignité sociale ». Le rôle social du travail reste l’une des dimensions essentielles de notre mode d’organisation, et le changement de paradigme souhaité par certains nécessite de prendre en compte cette dimension.

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Vibrations amplifiées à l’approche d’un point critique, par Timiota

Billet invité.

L’analyse de Todd au lance flamme socio-anthropologique continue de faire controverse dans les médias « mainstream » … et même chez les lecteurs de Paul Jorion et autres Amis du Blog de Paul Jorion. Le sociologue en Todd est-il amok ?

À défaut d’un raisonnement simple pour en sortir par le haut, cette agitation induite donne à réfléchir, car des vibrations similaires semblent se rapprocher.

Dans un jeu de vibration comparable, il y a eu feu Bernard Maris écrivant sur Houellebecq « comme symptôme » (de quoi son livre précédent « La Carte et le Territoire » est-il le nom ? ). On peut prolonger dans ces controverses dont les acteurs semblent se préoccuper de données hors de leur sphère jusqu’au Royaume Uni sens dessus-dessous politiquement via une jeune glasgwegienne, ou jusqu’à Paris Match interviewant Varoufakis, et d’autres. Bref tout cela, ce sont des « vibrations amplifiées à l’approche d’un point critique », ainsi que les appellent les physiciens comme François Roddier.

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Emmanuel Todd est le Freddy de notre mauvaise conscience, par Zébu

Billet invité.

Emmanuel Todd, qui vient de publier un livre consacré aux manifestants du 11 janvier : Qui est Charlie ? (Le Seuil) et que l’on entend et voit beaucoup dans la presse à l’occasion de la sortie de cet ouvrage, est convaincu par sa thèse sur les deux France, dont l’une, issue de son ‘catholicisme zombi’, aurait manifesté (et bien plus massivement) inconsciemment contre les valeurs républicaines à travers la défense d’un laïcisme excluant de fait les ‘opprimés’ que sont les Musulmans en France.

C’est évidemment un raccourci très réducteur, mais Todd tient là son fil rouge, qui le mène in fine à l’antisémitisme, par rejet du religieux à travers toutes ses formes : dans le vide du catholicisme zombi, la figure du musulman viendrait s’inscrire en négatif pour tenter de combler ce qui peut l’être. Et d’évoquer pour la première fois son identité juive comme étant menacée par ce ‘néo-républicanisme’ portant en lui l’orage comme les nuées.

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Leur mettre la honte ?, par Luc Baudoux

Billet invité.

Généralement, les puissants ne rejettent pas la satire ou la caricature dont ils sont l’objet, car cela constitue aussi une mesure de leur popularité, surtout quand ils font de la politique. Par contre, ils supportent nettement moins bien de faire l’objet de moqueries qui les ridiculisent. En son temps, Saul Alinsky (Rules for Radicals, A Pragmatic Primer for Realistic Radicals, 1971) avait bien compris que le ridicule pouvait aussi constituer une arme de lutte. Activiste américain des années 40 à 70, il est peut-être un peu moins connu aujourd’hui. Pourtant, il a été le mentor d’Obama au début des années ‘80, ce dernier ayant travaillé pendant trois ans dans une des organisations qui se réclamaient de lui à Chicago. Il risque d’être cité à nouveau dans les prochains mois, ne serait-que parce qu’il a été le sujet du mémoire de fin d’étude d’Hillary Clinton (There is only the fight. An analysis of Alinsky Model, 1969), ce que les adversaires républicains de la probable future candidate démocrate ne lui pardonnent toujours pas. En effet, Alinsky, sociologue de combat, était aussi un homme de gauche authentique, sans avoir pourtant jamais adhéré à une quelconque organisation politique.

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« Rebâtir, à partir de Keynes » : Les riches transfèrent aux pauvres le risque lié aux incertitudes de l’avenir

La date de parution aux éditions Odile Jacob de mon livre intitulé « Rebâtir, à partir de Keynes » a été fixée à septembre. Ici, quelques autres pages à venir.

Les riches transfèrent aux pauvres le risque lié aux incertitudes de l’avenir

Les membres en surnombre d’un groupe issu de la division sociale du travail sont dans un rapport de force défavorable vis-à-vis des membres des autres groupes. Y aurait-il à cela en arrière-plan une objectivité fondant cela ? Une telle objectivité existe : c’est celle qu’impose la problématique du risque imprégnant la totalité des activités humaines en raison de l’imprévisibilité des événements contingents de notre monde en devenir, facteur sur lequel Keynes insista dans l’entièreté de son œuvre et dès son Treatise on Probability de 1921.

Le membre surreprésenté d’une classe sera en général rémunéré à un niveau déprécié et sa loyauté sera dès lors restreinte à l’égard de son employeur, faiblesse intrinsèque qui trouvera à s’exprimer si une meilleure offre devait lui être faite. L’employeur devra alors remplacer le travailleur démissionnaire ou défaillant. Ce risque de reconduction de l’emploi offert pour l’employeur est équivalent à ce qu’on désigne en finance du nom de risque de réinvestissement : le risque de celui qui, prêtant à court terme, se retrouve périodiquement et à brève échéance devant la nécessité de replacer son argent dans des conditions qui risquent de ne pas être aussi favorables que celles qui avaient prévalu lors du placement qui vient d’arriver à échéance (cf. pour un traitement plus étendu de cette question, mon Le prix 2010 : 222-224).

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Ars Industrialis, Travail, emploi et automatisation, Paul Jorion, Dominique Méda, Samuel Churin, Evelyne Serverin, à Saint-Denis, samedi 31 janvier de 14h à 18h30

Stiegler 1

Stiegler 2

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Ils cherchent le paradis, ils ont trouvé l’enfer (II), par Jeanne-Favret-Saada

Billet invité.

Le 11 octobre dernier, un billet portant ce titre m’a valu un courrier abondant. Au bout de quelques jours, j’ai interrompu ma participation au débat en annonçant que j’allais m’instruire un peu plus avant de continuer à émettre des opinions. Nous étions partis d’un livre, et la discussion cahotait d’une manière qui me paraissait périlleuse entre des considérations sur les jeunes Français qui partent faire le jihad en Syrie et un contenu supposément essentiel du Coran.

Voici ce que m’a conduite à penser la lecture des livres de Dounia Bouzar et, accessoirement, du dernier livre d’Olivier Roy (En quête de l’Orient perdu, 2014) : mon appréciation de Ils cherchent le paradis, ils ont trouvé l’enfer (2014) reste ce qu’elle était, mais je peux l’inscrire dans une perspective plus large (car les premiers travaux de Bouzar méritent d’être lus et travaillés), et avancer quelques propositions sur nos jeunes concitoyens partant au jihad.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 10 OCTOBRE 2014 (retranscription)

La retranscription de Le temps qu’il fait le 10 octobre 2014. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi 10 octobre 2014. Et si vous habitez Bruxelles, vous pouvez m’entendre ce soir discuter, débattre, avec Vincent Decroly. Ça se passera au Botanique, ce sera après la projection d’un film que je n’ai pas vu, d’Henri Storck, mais Henri Storck, c’est le grand documentariste belge des années 40, des années 50, et ça doit être très intéressant. Il a fait un film très caustique sur les débuts de l’Europe : de l’Europe unie, Marché Commun et compagnie. Ça doit être très amusant, alors venez, et après, on débattra, Decroly et moi, sur ce sujet-là.

Et demain et après-demain, vous me verrez aux Rendez-vous de l’histoire à Blois. Je parle samedi, c’est à 17h30. Là je parle tout seul du bouquin que nous avons fait, Bruno Colmant, Marc Lambrechts et moi, et qui s’appelle : « Penser l’économie autrement », et qui provoque un grand débat en Belgique en ce moment. Et le lendemain, je ferai partie d’une table-ronde avec entre autres Jacques Mistral, Jean-Marc Daniel, Nicolas Baverez, sur ce qui ressemble et ce qui ne ressemble pas, maintenant, à ce qui se passait en 1914 : bruits de bottes et compagnie, situation économique, financière etc. Et en fait, il s’agit de deux invitations indépendantes, il n’y avait pas de coordination, j’étais invité à faire un exposé en solo demain, et j’ai été invité à participer à cette table-ronde, et les gens qui m’invitaient, eh bien, se sont rendus compte par la suite qu’il y avait deux invitations, voilà.

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Le temps qu’il fait le 10 octobre 2014

Sur DailyMotion, c’est ici.

L’appel au boycott des Rendez-vous de l’histoire de Blois par Edouard Louis et Geoffroy de Lagasnerie en raison de l’exposé de Marcel Gauchet sur les rebelles.

Mes propres interventions à Blois

Geneviève Delbos et Paul Jorion, La transmission des savoirs (1984)

Pierre Bourdieu

Michel Foucault, Georges Canguilhem, Louis Althusser

Michel Foucault, Naissance de la clinique : une archéologie du regard médical (1963)

Steve Keen

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Lettre à Alain Caillé, par Jeanne Favret-Saada

Billet invité.

J’avais écrit un mot de félicitations aux auteurs du « Manifeste convivialiste », sans savoir sur qui je tomberais. Alain Caillé m’a immédiatement écrit en proposant que nous nous téléphonions. Ce que je n’ai pas fait, mais j’ai écrit ceci.

Cher Alain Caillé,

Pardonnez-moi de ne pas vous avoir appelé hier en fin d’après-midi comme nous l’avions envisagé. Je ne savais pas comment vous dire au téléphone, en quelques minutes, d’une part la joie que me donne votre effort pour susciter une autre anthropologie et un autre monde, depuis si longtemps, avec tant d’obstination, et le fait qu’il rencontre nombre d’expériences passionnantes ; et d’autre part l’angoisse où me met l’inaptitude du même mouvement (dans lequel vous me permettrez de me ranger aussi) à se confronter aux enjeux proprement politiques.

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Quel amont à l’anomie discursive de la classe médiane ?, par Timiota

Billet invité.

Dans une récente interview dans La Tribune, Dani Rodrik analyse des enquêtes qui montrent comment les classes moyennes soutiennent des mesures qui leur sont désavantageuses, et ne profitent qu’au 10% ou 1% les plus riches, (1% qui sait faire des 10% son porte-parole). L’incapacité de la classe moyenne à distinguer ce qui lui est défavorable lui pose question.

Rodrik suggère que la mise en avant de valeurs autour de la famille et de la religion est l’écran de fumée qui sert à l’élu pour faire adhérer l’électeur à sa réélection, malgré des choix économiques contraires.

C’est un fétiche commode, même si le facteur de l’attachement à la religion est en effet important aux Etats-Unis. L’explication selon moi ne va pas très loin.

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Sexisme !

Le mot « sexisme » est un mot que j’emploie avec parcimonie, la preuve en est qu’en sept ans de blog et en 4.822 billets (je viens d’aller voir !), je ne l’ai jamais utilisé.

Il existe entre les êtres humains des rapports de force, des abus de pouvoir, des chantages, des harcèlements et des viols. Le fort les exerce sur le faible. Ma propre carrière dans la recherche scientifique (je ne dis pas dans l’enseignement supérieur, ce qui est une autre histoire) s’est interrompue parce que j’ai refusé un chantage sexuel à la titularisation de mon poste. Pourquoi je ne l’ai jamais mentionné jusqu’ici, préférant laisser un blanc bizarre dans mon curieux parcours de carrière ? Pour la même raison que toutes celles et tous ceux qui ont préféré se taire après avoir été victime d’un tel abus : parce qu’alors que l’on sort en réalité grandie ou grandi d’avoir fait prévaloir son refus d’être un objet pour un détenteur de pouvoir, on n’en sort pas moins « sale » et « crasseux » : « sale » et « crasseux », comme je l’ai dit l’autre jour, de devoir porter soi-même la honte du puissant ou de la puissante, à sa place, parce que lui ou elle, tout à sa morgue et à son ivresse, n’en a pas.

Le sexisme, c’est la justification, à ses propres yeux, d’une légitimité du rapport de force, de l’abus de pouvoir, du chantage, du harcèlement, du viol, exercé sur une autre ou sur un autre parce qu’elle ou lui est d’un autre sexe, considéré comme inférieur et à ce titre, objet naturel et légitime de l’abus.

Pourquoi parler de cela aujourd’hui ? Parce que l’on me reproche dans des courriers de parler en bien (et ce n’est pas fini, je vous l’assure !) des livres de Cécile Duflot : De l’intérieur. Voyage au pays de la désillusion et de Valérie Trierweiler : Merci pour ce moment et que dans les propos qui sont tenus, sous un très mince vernis de « respect pour la vie privée » et de « respect pour la fonction présidentielle », c’est en réalité le visage hideux du sexisme qui grimace.

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La symbiose société/économie, par Jean-Paul Vignal

Billet invité.

Il est opportun de considérer les rapports société/économie sous un angle biologique, comme une symbiose obligatoire : elles ne peuvent vivre l’une sans l’autre, mais si l’une d’entre elles essaie de trop augmenter les bénéfices qu’elle en retire, elle devient parasitique pour l’autre et peut menacer sa survie et partant le sienne propre, en la replaçant dans le cadre du projet de constitution économique de Paul Jorion.

L’évolution « impériale » du monde des affaires et de la finance est telle que les sociétés humaines ne peuvent plus supporter qu’elles soient socialement irresponsables, s’arrogeant de plus en plus de droits grâce au chantage que leur permet leur mobilité géographique, et sans aucun devoir : il leur suffit pour y échapper en toute légalité de déclarer faillite en la préparant soigneusement pour se donner le temps de siphonner les actifs utiles vers des cieux plus accueillants, et le tour est joué. C’est socialement intolérable et explosif.

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La concurrence et l’au-delà de l’individualisme, par Baptiste Carré

Billet invité. Comme l’auteur du billet espère bénéficier d’un dialogue avec ses lecteurs, les commentaires sont ouverts.

Pour l’obtention du Master de Science politique spécialité Théorie politique de Sciences Po Paris, j’ai travaillé sur la concurrence et rédigé un mémoire consacré à la théorie concurrentielle de la démocratie qui conçoit la démocratie d’abord sous l’angle de la compétition politique, là où d’autres théories de la démocratie mettent l’accent sur le bien commun et la délibération.

Ce mémoire se veut plus large et cherche à relier cette théorie politique à la théorie économique de la concurrence, mais surtout s’efforce de poser la question de l’individu en concurrence, du point de vue de l’anthropologie sociale de Louis Dumont : si nos sociétés sont d’idéologie individualiste, dans le sens où elles ont pour valeur fondamentale l’individu, comment acceptent-elles que l’individu puisse être si malmené par la concurrence, par exemple lorsque son emploi est délocalisé ou que la sécurité sociale doit être « réformée » pour éviter d’autres délocalisations ?

En cherchant une « idéologie de la concurrence », il m’est apparu qu’elle était double, que se distinguaient deux théories de la concurrence, une théorie « néo-classique », issue de Léon Walras et perpétuée par les auteurs marginalistes, et une théorie « néo-libérale », que j’appelle aussi « théorie diffuse » de la concurrence, née des critiques schumpétérienne et néo-libérales de la théorie néo-classique. Je détaille cette opposition et montre comment elle se retrouve dans la théorie concurrentielle de la démocratie, qui est, de ce fait, elle aussi double.

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LES PIIGS ET NOUS, par AncestraL

Billet invité.

P.ortugal, I.talie, I.rlande, G.rèce, eS.pagne – les PIIGS. Ces « cochons » de l’Europe – cette prétendue Europe en 2008 qui était forte, influente, économiquement bonne, politiquement « équilibrée  et  démocratique » – sont ces pays proches, nos voisins, sous le coup de l’austérité et qui connaissent encore mille remous dans leurs rues, sans qu’en France l’on n’en parle plus car la presse a déclaré cela inintéressant, anxiogène et devenu désormais quotidien. Comme nous qui encore sommes chanceux (si si), ils vivaient il y a fort longtemps dans le confort et l’aise. Mais les vrais cochons, qui décident, en ont décidé autrement (cela me rappelle soudain La Ferme des Animaux…)

En effet, l’horreur économique de la sacro-sainte « austérité » (qui ne concernera jamais directement ceux qui la commanditent) fait ses dégâts en pagaille chez les PIIGS et chacun, là-bas, la fuit du mieux qu’il le peut : en bossant au noir, en vendant des bricoles sur le bord du trottoir ou en s’y prostituant, en vendant ou consommant des stupéfiants, en braquant une supérette, et même en s’inoculant le VIH pour percevoir une allocation – voire en quittant le pays pour un autre. Etc, etc. La liste est longue et cruelle. Ces « petites gens » perdent tout, mais ils s’y risquent justement pour cette même raison. Il n’y a plus rien à perdre, sauf la vie, sauf l’espoir que cela s’arrange, un jour.

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