Le double effet Kiss Cool de la novlangue néolibérale, par Roberto Boulant

Billet invité

Comme l’a démontré Stéphane-Samuel Pourtalès dans son billet à propos de la dernière « saillie drolatique » de l’inénarrable M. Macron, « La vie d’un entrepreneur est bien souvent plus dure que celle d’un salarié », le néolibéralisme glorifie le nouveau chevalier des temps modernes : l’Entrepreneur ! Celui qui se bat avec courage contre l’adversité, qui n’a pas peur de retrousser ses manches pour innover, et qui non seulement crée de nouveaux produits et services, mais tel Dieu le père, est capable de faire apparaitre de nouveaux écosystèmes ! Continuer la lecture de Le double effet Kiss Cool de la novlangue néolibérale, par Roberto Boulant

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La classe moyenne disparaît : illustration, par Michel Leis

Billet invité. Ouvert aux commentaires

L’hebdomadaire Marianne a cru bon de dénoncer dans son édition électronique une possible fraude de la ministre Christiane Taubira qui aurait loué un appartement social de 96 m2 plus terrasse et parking dans le XVIIe arrondissement de Paris au prix extraordinairement avantageux de 2.196 € par mois, charges comprises, soit en dessous des prix réels du marché qui se situeraient aux alentours de 2.600 € par mois, charges comprises. Libération nous rappelle utilement que ce n’est pas un immeuble social, mais un immeuble à loyer plafonné compte tenu d’avantages fiscaux (loi Borloo), construit pour loger la « classe moyenne »… Et c’est bien là que le sujet devient vraiment intéressant. Continuer la lecture de La classe moyenne disparaît : illustration, par Michel Leis

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 27 NOVEMBRE 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 27 novembre 2015. Merci à Cyril Touboulic !

Bonjour, nous sommes le vendredi 27 novembre 2015, et avant de dire ce que j’ai envie de dire aujourd’hui, je vais faire une petite entrée en matière en parlant d’autre chose.

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Les classes moyennes, une supercherie politique, par André Fontaine

Billet invité.

Les « classes moyennes » sont actuellement la tarte à la crème des journalistes, des politiques et des sociologues. Les derniers, plus conséquents, s’efforcent d’en donner des définitions dont ils reconnaissent eux-mêmes l’équivoque. On se demande donc à quel objectif peut bien correspondre l’engouement présent.

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Attentats de Paris : Le moment est peut-être venu de poser une question qui fâche, par Anton Klimm

Billet invité.

Les individus ayant commis les attentats de Paris ont globalement le même âge que les personnes qu’ils ont visées et assassinées : tous appartiennent en effet essentiellement à la tranche des trentenaires. N’est-il pas légitime de se demander pourquoi certains se retrouvent du « bon » côté et d’autres, du « mauvais » ? Leur histoire personnelle est-elle sans lien aucun avec la tragédie qui a eu lieu ?

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Réciprocité simple et réciprocité complexe, par Dominique Temple

Billet invité.

Reconnaître les structures sociales de base – les relations de réciprocité qui sont les matrices des différentes valeurs éthiques – c’est évidemment distinguer la valeur spécifique dont chacune est la matrice de façon à ce qu’elles ne se confrontent pas arbitrairement mais se complètent. L’harmonie d’une organisation sociale complexe est à ce prix car la cité se crée lorsque les structures de réciprocité s’entrecroisent, se redoublent, s’articulent les unes avec les autres.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 14 AOÛT 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 14 août 2015. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi 14 août 2015. Et je fais souvent des vidéos dans des chambres d’hôtel, dans des conditions un peu difficiles, mais toujours avec un Wifi. Alors là, ici, on a une première : ce n’est même pas sur l’iPad, c’est sur mon téléphone et il n’y a pas de Wifi ! Alors, j’espère que vous allez voir ça un jour quand même. Je fais une tentative.

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Comptes futuristes, par Jacques Seignan

Billet invité.

Imaginons que la population d’une Belgique du futur atteigne 120 millions d’habitants. Est-ce possible ? Oui… sous certaines conditions.

Il faut d’abord construire des villes-silos comme les Chinois en produisent industriellement ; ou comme on le fit dans l’Europe de l’après-guerre, des ‘barres d’immeubles’, mais cela à bien plus grande échelle. Pour les villes d’Art & d’Histoire, il faudrait toutefois ériger ces nouvelles tours de logements en périphérie de leurs superbes centres historiques car ce sont évidemment des ressources touristiques précieuses pour la balance commerciale belge. Ah que les Parisiens seraient jaloux de contempler Bruges et ses canaux enchâssés au milieu de tours culminant à des hauteurs de plus de 300 m, comme celles d’Abou Dhabi, de Shanghai, de toutes les villes où la désirable modernité triomphe enfin ! Certains des gratte-ciel brugeois pourraient être de style néogothique, tels de nouveaux beffrois. Imaginez aussi le plaisir de contempler (avec une longue-vue) la Grand-Place de Bruxelles depuis le sommet d’une tour équivalente à la Burj Khalifa [828 m, à Dubaï] !

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Les monnaies locales peuvent-elles être un rempart contre le capitalisme financier ?, par Dominique Temple

Billet invité.

Il faut bien reconnaître que la monnaie dominante actuellement ne fonctionne que comme monnaie de libre-échange. Elle n’est comptable que des productions qui fournissent des profits.

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Pourquoi la théorie de la réciprocité est-elle ignorée de ceux qui se réfèrent à l’éthique ?, par Dominique Temple

Billet invité.

Pourquoi la théorie qui permettrait de construire l’alternative attendue à l’ère du post-capitalisme est-elle volontairement ignorée notamment de ceux qui convoquent l’éthique alors que manifestement chaque jour qui passe montre que l’éthique n’est pas capable d’endiguer l’idéologie du libre-échange qui subjugue toutes les activités économiques, productrices comme consommatrices au profit de l’accumulation du capital, de la croissance d’un pouvoir aveugle sur ses finalités et qui met de plus la planète en péril ?

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Quand les choses sont accidentellement tout un symbole

À propos du débat entre Sophie Wahnich et moi avant-hier soir au Lavoir moderne parisien à la Goutte d’Or, à l’initiative de La plateforme, François Corre m’envoie ceci.

François Béranger—A la Goutte d’Or d’Aristide Bruant.

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« Qui est Charlie ? » d’Emmanuel Todd, par Lazarillo de Tormes

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Je commencerai par une image un peu brute de décoffrage, celle que je visualise du travail de Todd et que j’utiliserais si je devais raconter le livre en quelques mots à ma nièce de 16 ans, elle qui n’en a entendu que la cacophonie que vous savez. Dans un laboratoire, un scientifique en blouse blanche observe un groupe de rats enfermés dans une cage. Au début de l’expérience, les rats reçoivent des rations adaptées à leurs besoins, ils sont dotés de personnalités inviduelles et s’articulent en groupe par des règles de vie en société. Progressivement les rations sont réduites, le scientifique observe les conséquences de la pénurie grandissante, et la réorganisation sociale qu’elle génère : la soumission des faibles, l’adoubement par les forts, les alliances de circonstance, les exclusions, l’agressivité de l’action suivie par celle de la réaction… L’expérience s’arrête, le scientifique constate, explique le déroulement et extrapole l’évolution de la situation en fonction de deux scénarios extrêmes.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 22 MAI 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 22 mai. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi 22 mai 2015, et ces jours derniers, j’ai été sur la route, comme ça m’arrive assez souvent ces jours-ci, enfin ces années récentes. Et avant-hier, j’ai participé à un débat avec deux économistes belges : Bruno Colmant, que vous connaissez déjà, avec qui j’ai écrit un livre qui s’appelle : « Penser l’économie autrement », et avec Étienne de Callataÿ, qui est l’économiste en chef de la banque Degroof. Et c’était la banque Degroof qui organisait ce débat, et nous parlions devant des investisseurs, des clients de cette banque d’affaires belge. Alors, je précise tout de suite à l’intention de ceux qui me posent toujours rapidement la question : « Est-ce que vous étiez payé pour le faire ? » Non, je n’étais pas payé pour le faire. Les soucis de ces gens-là, qui me posent la question, ce n’est pas qu’on oublierait de me payer, mais qu’au contraire ils s’inquiètent beaucoup du fait qu’on pourrait me payer dans un cadre comme celui-là. En général, ce sont des gens qui, eux, n’ont pas de soucis du même ordre : quand on les paye, ils ne sont pas aussi, comment dire, sourcilleux. J’ai été « payé » : j’ai reçu – comme on fait dans ces cas-là – une bouteille, et je peux vous dire que cette bouteille a été partagée hier soir avec des amis du blog de Paul Jorion de la bonne ville de Liège.

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Décadence et illustration du syndicalisme français, par Michel Leis

Billet invité.

Comment recevoir un bon accueil de la part des syndicats qui entendent défendre les conditions de travail des salariés quand on prophétise soi-même la fin du travail ? Ils peuvent à juste titre se poser la question : quelles propositions pour combattre cette disparition ? Le point de vue donné par un syndicaliste est tout à fait représentatif de la position centrale du travail dans la vision syndicale (après tout, c’est leur raison d’être) : « c’est par son travail qu’un humain accède à la dignité sociale ». Le rôle social du travail reste l’une des dimensions essentielles de notre mode d’organisation, et le changement de paradigme souhaité par certains nécessite de prendre en compte cette dimension.

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Vibrations amplifiées à l’approche d’un point critique, par Timiota

Billet invité.

L’analyse de Todd au lance flamme socio-anthropologique continue de faire controverse dans les médias « mainstream » … et même chez les lecteurs de Paul Jorion et autres Amis du Blog de Paul Jorion. Le sociologue en Todd est-il amok ?

À défaut d’un raisonnement simple pour en sortir par le haut, cette agitation induite donne à réfléchir, car des vibrations similaires semblent se rapprocher.

Dans un jeu de vibration comparable, il y a eu feu Bernard Maris écrivant sur Houellebecq « comme symptôme » (de quoi son livre précédent « La Carte et le Territoire » est-il le nom ? ). On peut prolonger dans ces controverses dont les acteurs semblent se préoccuper de données hors de leur sphère jusqu’au Royaume Uni sens dessus-dessous politiquement via une jeune glasgwegienne, ou jusqu’à Paris Match interviewant Varoufakis, et d’autres. Bref tout cela, ce sont des « vibrations amplifiées à l’approche d’un point critique », ainsi que les appellent les physiciens comme François Roddier.

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Emmanuel Todd est le Freddy de notre mauvaise conscience, par Zébu

Billet invité.

Emmanuel Todd, qui vient de publier un livre consacré aux manifestants du 11 janvier : Qui est Charlie ? (Le Seuil) et que l’on entend et voit beaucoup dans la presse à l’occasion de la sortie de cet ouvrage, est convaincu par sa thèse sur les deux France, dont l’une, issue de son ‘catholicisme zombi’, aurait manifesté (et bien plus massivement) inconsciemment contre les valeurs républicaines à travers la défense d’un laïcisme excluant de fait les ‘opprimés’ que sont les Musulmans en France.

C’est évidemment un raccourci très réducteur, mais Todd tient là son fil rouge, qui le mène in fine à l’antisémitisme, par rejet du religieux à travers toutes ses formes : dans le vide du catholicisme zombi, la figure du musulman viendrait s’inscrire en négatif pour tenter de combler ce qui peut l’être. Et d’évoquer pour la première fois son identité juive comme étant menacée par ce ‘néo-républicanisme’ portant en lui l’orage comme les nuées.

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Leur mettre la honte ?, par Luc Baudoux

Billet invité.

Généralement, les puissants ne rejettent pas la satire ou la caricature dont ils sont l’objet, car cela constitue aussi une mesure de leur popularité, surtout quand ils font de la politique. Par contre, ils supportent nettement moins bien de faire l’objet de moqueries qui les ridiculisent. En son temps, Saul Alinsky (Rules for Radicals, A Pragmatic Primer for Realistic Radicals, 1971) avait bien compris que le ridicule pouvait aussi constituer une arme de lutte. Activiste américain des années 40 à 70, il est peut-être un peu moins connu aujourd’hui. Pourtant, il a été le mentor d’Obama au début des années ‘80, ce dernier ayant travaillé pendant trois ans dans une des organisations qui se réclamaient de lui à Chicago. Il risque d’être cité à nouveau dans les prochains mois, ne serait-que parce qu’il a été le sujet du mémoire de fin d’étude d’Hillary Clinton (There is only the fight. An analysis of Alinsky Model, 1969), ce que les adversaires républicains de la probable future candidate démocrate ne lui pardonnent toujours pas. En effet, Alinsky, sociologue de combat, était aussi un homme de gauche authentique, sans avoir pourtant jamais adhéré à une quelconque organisation politique.

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