Qu’est-ce que la zemmourisation et comment lutter contre elle ? par Alexis Toulet

S’agissant de la “zemmourisation”, je la décrirais personnellement comme :
  • D’une part la focalisation sur un problème d’insécurité croissante certes réel mais petit à côté des principaux problèmes se posant à la France – et à l’Humanité en général
  • D’autre part un discours d’un pessimisme radical sur la capacité du pays à forger et maintenir son unité – historiquement pourtant maintes fois vérifiée, et face à des perturbations autrement plus grandes que ce que peut être la prégnance réelle de l’idéologie islamiste en France
Je verrais en ce qui me concerne trois angles possibles de contribution :
  • Lister quelques-uns des problèmes objectivement incomparablement plus menaçants et dont on parle pourtant si peu : épuisement prévisible des ressources en énergie fossile, réchauffement climatique et toutes ses conséquences, baisse continue du niveau éducatif, désindustrialisation, contrôle d’intérêts privés sur les principaux moyens d’information, taux de profit exagéré et optimisation fiscale des grandes entreprises, etc. Et les comparer avec le problème d’insécurité : quelle est l’échelle des dégâts de chacun d’eux ?
  • Tenter de développer l’idée que la focalisation d’une grande partie du public sur la question de l’insécurité pourrait résulter en partie du fait que la sécurité physique est la “base” des fonctions de l’État – celle qui l’a historiquement fait apparaître – donc que toute défaillance, réelle ou apparente, sur cette fonction peut sembler remettre en cause la capacité de cet État à résoudre quelque problème que ce soit. Bref que résoudre ce qui a une base réelle dans le sentiment d’insécurité, tout en démontant visiblement et de manière convaincante ce qui n’en a pas, pourrait être un passage obligé pour crédibiliser la capacité de l’État à s’attaquer et à résoudre des problèmes plus difficiles que cette “fonction de base”
  • Replacer les difficultés de l’unité nationale française à leur véritable dimension par des comparaisons historiques simples. Par exemple, les envahisseurs sectateurs de Odinn qui ont donné leur nom à ma Normandie natale étaient bien autre chose que les djihadistes d’aujourd’hui – des guerriers fanatiques, croyant eux aussi en un dieu qui accorderait le paradis à qui tomberait les armes à la main, mais eux gagnaient les batailles – et ils ont pourtant été absorbés par le pays. Ou encore le soutien apporté par plus de 20% des Français après 1945 à un parti à visée totalitaire aux ordres d’un dictateur étranger et qui s’est progressivement adouci en un parti de gens qui voulaient simplement “plus de social”, non des goulags, et n’obéissaient plus à un tyran lointain – en somme l’histoire du PCF entre 1945 et les années 1970. Bref : la France en a vu – et intégré ou réintégré – bien d’autres. En revanche bien sûr, réchauffement climatique accéléré, impact majeur sur la nature y compris les cultures, montée des océans, épuisement de ressources non renouvelables indispensables à l’activité économique, voilà du nouveau et de l’autrement plus sérieux !
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52 réflexions sur « Qu’est-ce que la zemmourisation et comment lutter contre elle ? par Alexis Toulet »

  1. J’adhère complètement à ce que vous dites Alexis mais les canaux de communication actuels permettent ils une diffusion de cet “autre programme” (qui est plutôt un contre programme).
    Pour le dire autrement est ce que Ruffin chez Hanouna ça passe ?
    Si Biden aux US oui edt passé c’est parce qu’il avait un électorat cœur (les Noirs de Caroline du Nord et les modérés), mais ensuite qu’il a créé l’unité (Trump était un facteur d’unité de la mobilisation democrate, et la Covid19 est passée par la).
    Vous avez propose un excellent programme,
    il manque une machine électorale puissante et une personne sérieuse, (homme ou femme) rassembleuse, et aussi décentrée -un peu hors Système (Ruffin, Boulo, Batho).
    Cette machine électorale n’existe pas encore (mais c’est surtout en septembre qu’elle devra rapidement se constituer) et trop de prétendants se croient dotés des bonnes qualités. Espérons que les régionales aident à décanter pour ne pas déchanter.

    1. Toute la presse, tous les partis politiques, toutes les “élites “intellectuelles,
      tous les media, toutes les grandes entreprises, tous les GAFAM sont effrayés
      par un électron libre, un petit mec d’à peine 65 kg ??? Zemmour…

      Tous ces pouvoirs seraient-ils si faibles et si peu confiants dans la solidité de leurs “VALEURS”…

        1. ça s’appelle botter en touche…
          Ne pas répondre à la question

          Mais comme dirait Georges… C’est ma réponse !

            1. Bien vu…
              Je ne suis pas un fanatique des compétitions sportives…
              par contre en langue française…
              “Botter en touche”:
              Ne pas répondre à ou éviter une question dérangeante, esquiver une situation.
              Cette expression est issue du rugby où botter en touche est recommandé pour se sortir d’une situation dangereuse ou gagner du terrain.
              Botter en touche permet d’éviter, ou de ne pas répondre à une question gênante.

          1. Il ne faut pas sous-estimer l’effet de marée d’une candidature au-delà de la popularité propre de la personne ; en 2007 une candidate à qui personne ne donnait d’avenir a brûlé la politesse à DSK et aux éléphants du PS (dont on croyait qu’ils allaient être élus dans un fauteuil) pour se présenter et contre les sondages qui la garantissaient de perdre, elle a gagné le vote des militants….

        1. Une seule chaîne contre l’ensemble des media et des “intellectuels “…
          Le problème est que Cnews a de plus en plus de succès car il y a un dégoût de la propagande dégoulinante de bons sentiments du reste des media aux mains des “élites ” économiques et intellectuelles …
          Presse radios TV qui censurent une réalité dérangeante mais évidente au petit peuple qui a le mauvais goût de voir ce qu’il voit …

  2. Le PCF à visées totalitaires en 45 ? Ce parti qui a rendu les armes à la Libération et accepté de prendre ses responsabilité au gouvernement. Après avoir fait la preuve de 36 à 45 de son dévouement national, alors que des sociaux démocrates, à la droite traditionnelle, la trahison était à l’ordre du jour. Vous réécrivez l’histoire en piétinant l’honneur et la mémoire de millions de militants communistes à qui la France doit tant.

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    1. “Connais ton ennemi et connais-toi toi-même ; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux. Si tu ignores ton ennemi et que tu te connais toi-même, tes chances de perdre et de gagner seront égales. Si tu ignores à la fois ton ennemi et toi-même, tu ne compteras tes combats que par tes défaites.” ― Sun Tzu, L’art de la guerre

      Exemple fameux de publicité faite aux ennemis.

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      1. Et ne livre que des combats que tu peux gagner…

        Je sais pas si c’est dans le bouquin mais pour rejoindre Baloo tout-à-l’heure, il me semble que l’électorat FN et les fans de Zemmour sont immunisés à la pensée rationnelle. Tout glisse… sur fond de gloubi boulga. C’est d’un autre ordre. Affects ? Justification d’un fond qui ne peut être exprimé. Racisme. Vous vous y casseriez les dents. Le public est acquis et hermétique. C’est comme avec les conspis. Et ce, même si vous défaisiez le leader sur le plateau. Y’a pas une histoire de terrain chez Sun Tsu aussi ?!

        Je ne sais pas trop s’il faut prendre l’hypothèse “personnalité F” au sérieux mais cela me semble répondre aussi à la question de Juan sur le Nord et le Paca et le problème serait alors bien plus en amont dans le système éducatif et l’éducation parentale. Comment faire dès lors pour ne plus produire de bons petits soldats avec un goût pour l’ordre et la hiérarchie (surtout si l’on considère que les familles populaires sont les plus conservatrices et les plus autoritaires dans les modes d’éducation d’où tropisme PC/FN, pyramidal, culte du chef et de la discipline de parti, etc) ? Et à quelle échéance ?

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        1. En parlant de terrain : chez Taddéi ? C’est pas possible ça s’il faut vraiment organiser un débat ? Le format est bien, les questions pertinentes et il laisse causer les invités… Ou alors Zemmour a un contrat d’exclue avec sa chaîne ?

          Deuxième chose : est-ce que Cniouzes ne participerait pas un peu de la dédiabiolisation du FN ? En jouant le rôle autrefois dévolu à BFN – qui se “normalise” pour le coup – ou des saillies de Le Pen père, d’où les condamnations… et BFN devient “fréquentable”, son discours générant la nouvelle norme acceptable ?

  3. @ M. Jorion

    Certes, je sais bien que vous avez parfaitement raison et je ne peux qu’accepter votre délicate remontrance en citant Sun Tzu.

    Mais disons qu’en voyant à nouveau la tête-d’oiseau-de-mauvaise-augure en rapprochement d’un article où les généalogies politiques sont vite expédiées façon reader’s digest tandis que celle du monsieur en question sont parfaitement tues, j’ai pensé que cela faisait un peu beaucoup en une semaine pour la voiture balai du clan des millionnaires Le Pen.

    Je n’oublie pas pour autant que vous êtes ici chez vous et que vous préconisez la discussion sans faux semblants. Oui, c’est tout à votre honneur. Je me permets seulement de faire de temps en temps quelques piqures de rappel et je vous remercie de me le permettre :

    Je rappelle à qui voudrait l’entendre que ce type – au delà de son apologie du marquis de La Piconnerie, l’exterminateur de la rue Transnonin et des populations algériennes – préconise de déporter huit millions de compatriotes français de confession musulmane. Où ? On ne sait pas mais cela est une autre histoire…

    Eric Zemmour et CNEWS ce sont déjà à eux deux « Radio Télévision La Mort » versus ” Radio Mille Collines” :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Radio_t%C3%A9l%C3%A9vision_libre_des_Mille_Collines

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    1. Je crois que vous faites allusion aux propos d’Eric Zemmour en 2016 – pour lesquels il a été condamné en justice – selon lesquels il faudrait donner aux Français musulmans “le choix entre l’islam et la France” (1)

      Ces propos me semblent la conséquence du pessimisme si radical de l’intéressé – alors que comme je le rappelais “la France en a vu bien d’autres”. Ainsi que d’un certain esprit de système exacerbé qui en devient tout à fait hors sol : Zemmour raisonne comme si une seule pratique de l’islam était possible et comme si une seule interprétation était correcte, celle des islamistes. Sur le plan du pur principe et de la cohérence des textes il est intellectuellement possible de soutenir que c’est vrai (2)

      Seulement voilà, il faut vraiment ne connaître aucune personne musulmane pour ne pas voir que cette rigueur logique n’est partagée que par peu de musulmans concrets, du moins en France. En somme qu’entre d’une part le modèle que dessinent la charia et le fiqh dans l’interprétation des rigoristes et d’autre part les pratiques et croyances concrètes de la grande majorité des Français musulmans, il y a un gouffre, pour ne pas dire un abîme !

      Et il faut connaître assez peu l’histoire des pays musulmans – c’est dommage pour un féru d’histoire comme Zemmour – pour ne pas savoir que le mouvement islamiste, s’il a certes des précurseurs comme les Almohades qui épurèrent le Maghreb de ses chrétiens au XIIème siècle, est historiquement daté. Abdelwahhab fondateur du wahhabisme a vécu au XVIIIème siècle en Arabie, le déobandisme date du XIXème siècle en Inde, les Frères musulmans ont été fondés dans l’entre-deux-guerres en Egypte, et tout ce petit monde ne commence vraiment à prendre un ascendant qu’à partir des années 1970-80. Preuve pour qui en douterait qu’il est loin d’être le tout de l’islam, dont l’histoire s’étale sur presque quatorze siècles.

      Les puritains de l’islam sont certes particulièrement dangereux puisque portés à la guerre sainte, mais l’histoire musulmane ne se réduit pas plus à ses puritains que l’histoire chrétienne aux siens. Et en France aujourd’hui, ces puritains sont peu nombreux – alors même que certes ils sont ascendants dans beaucoup de pays majoritairement musulmans.

      Je ne crois absolument pas pour ma part que Zemmour soit un “sinistre individu”. Il me semble une personne sincère, et motivée avant tout par l’inquiétude pour le pays. Le problème est que pessimisme radical et esprit de système hors-sol l’ont amené à l’idée non seulement fausse, mais véritablement dangereuse que les personnes musulmanes et l’islamisme seraient inséparables. Et que son talent lui permet de répandre fort et loin cette idée.

      Idée dangereuse à au moins deux titres, parce que couper symboliquement les musulmans de leur pays risque de les déboussoler et de rendre certains d’entre eux perméables à l’islamisme, et parce que faire croire aux Français non musulmans que leurs compatriotes musulmans seraient en quelque sorte des djihadistes en puissance risque de répandre et renforcer une peur irraisonnée. Dans les deux cas : risques de graves violences.

      A ce sujet, la vidéo de Ugo Gil Jimenez (dit “Papacito”) dans laquelle il met en scène l’exécution d’un militant LFI est tout à fait claire (3) La visionner en entier permet de se convaincre qu’il dit bien la vérité en affirmant n’avoir jamais appelé à la violence contre les militants LFI – il est clair que son message est tout à fait différent. Mais à la vérité… il est encore pire que s’il avait appelé à tuer un militant de gauche, parce que dans ce cas il n’aurait eu que très peu d’audience, tandis que son véritable message risque d’en avoir davantage.

      Ce que disent Jimenez et son compère “Code Reinho”, c’est que chacun doit s’armer en préparation de la guerre civile que vont commencer les djihadistes contre les Français non musulmans. L’objectif de leur vidéo est de “réveiller” les gauchistes sur le thème vos idées c’est bien gentil mais ça ne vous protégera pas des terroristes, conservez vos idées si vous voulez mais bon Dieu les mecs achetez des armes et apprenez à vous en servir ! Les mots ne sont que légèrement voilés : il s’agit de “Jean Djihadiste” qui affrontera bientôt “Jean Chasseur”, car certes les troupes terroristes se préparent oh là là il faut être bien naïf pour ne pas le voir. Et de longs conseils suivent sur l’art et la manière d’acheter légalement des armes de chasse… pour se protéger des “sangliers”, qui se multiplient n’est-ce pas, et que ferez-vous si un “sanglier” déboule dans votre salon et attaque votre famille ? Tout cela dit avec une petite distance dans la voix, un petit œil en coin, qui aide à rapidement comprendre que ce n’est pas de sangliers qu’il s’agit.

      Autre vidéo tout aussi claire de ce féru d’histoire médiévale (4) qui expliquant ce que fut la croisade contre les Albigeois déclare que ce serait bien de faire la même chose aujourd’hui “à Chanteloup-les-Vignes”. Puisque les Albigeois étaient “des mecs qui commencent à avoir une religion qui f… le bordel”, et qu’à notre époque n’est-ce pas…

      Jimenez est jeune, campagnard, amateur d’armes et de l’esthétique de la violence, tandis que Zemmour est âgé, urbain et n’est pas un dandy des armes. D’autre part, l’audience de Ugo Jimenez, certes non négligeable, est beaucoup plus réduite que celle d’Eric Zemmour.

      Un point commun tout de même entre eux deux, c’est l’idée fondamentale qu’ils répandent. Idée basée sur une peur qui est un véritable fantasme cauchemardesque. Eric Zemmour affirmait d’ailleurs récemment “J’aime beaucoup Papacito, c’est un garçon sympathique et intelligent”. Surtout, au-delà de proximités personnelles, c’est la même grande idée, la même grande peur qu’ils servent.

      (1) https://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/propos-anti-musulmans-eric-zemmour-definitivement-condamne_2098508.html
      (2) Voir par exemple “Il était une foi, l’islam” le livre de Majid Oukacha, Français élevé dans l’islam et qui a abandonné cette religion après s’être convaincu par l’étude approfondie des textes canoniques que l’interprétation des islamistes correspondait bien à l’intention du fondateur et que du point de vue de ce que voulait Mahomet c’étaient les islamistes qui étaient dans le vrai et les autres musulmans qui étaient dans l’erreur
      (3) Je ne donne pas le lien, d’une part parce que je ne suis pas sûr que ce serait une bonne idée, d’autre part parce qu’elle est assez difficile à trouver maintenant. Mais si vous tenez à la visualiser à titre documentaire, cherchez un peu et vous y arriverez je pense
      (4) https://www.youtube.com/watch?v=AC0V7xArjNI&t=16s

      1. Toulet Alexis 18 juin 2021 à 2 h 44 min « Il me semble une personne sincère, et motivée avant tout par l’inquiétude pour le pays ».

        Les délirants et les éveillés post-hypnose sont aussi des personnes sincères !
        Les mystiques aussi !
        « Que je m’adresse à vous en tant qu’ami n’est pas une simple formalité. Je n’ai pas d’ennemi. Depuis ces trente-trois dernières années, mon entreprise dans l’existence a été d’obtenir l’amitié de toute l’humanité en me liant avec le genre humain, quelle que soit sa race, sa couleur ou sa croyance… Nous ne croyons pas non plus que vous êtes le monstre décrit par vos opposants. » Lettre de Gandhi à Hitler en 1940

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      2. Je suis un admirateur de Zemmour. Je pense que vous oubliez ses liens avec l’Algérie et ses tragédies, les lectures de Boualem Sansal….

        Il a très très bien compris l’Islam, ce qui n’est pas le cas de 99% des gens.

        Et avant tout c’est un BOSSEUR !

  4. La Zemmourisation des esprits, ce n’est pas simplement du populisme se nourrissant uniquement d’un sentiment d’insécurité paranoïaque, superposé à une réalité sociale catastrophique, devenue invisible pour ceux-là même qui la subissent.
    C’est plus profond. Il en va de ce racisme atavique jamais guéri, ressuscité par la peur du futur et la réaction conservatrice qu’elle engendre. La France révolutionnaire, bonapartiste, colonialiste se crispe autour de sa grandeur passée (encore une projection délirante) et ne veut rien lâcher. Égoïstement, elle refuse de regarder son passé avec l’objectivité qui lui permettrait d’en guérir, et envisage l’avenir avec peur : pour les zemmouriens, le temps doit s’arrêter, la créolisation de l’Europe est un mal en soi. La décadence a pour origine l’élément allogène et il n’y aura de répit seulement lorsque la France aura retrouvé sa pureté culturelle (ou raciale). On voit bien de quoi il s’agit, n’est-ce pas ? Un fascisme décomplexé, un conservatisme d’un autre temps. Les zemmouriens n’ont pas compris que la mondialisation culturelle ne peut être stoppée, qu’elle est même souhaitable et que l’avenir du monde est… mondial. Ils accusent les écolos d’être des gauchistes socialistes internationalistes (et ils ont bien raison 🙂 car ils n’ont pas compris, ne veulent pas comprendre que l’humanité est parvenue à la croisée des chemins : soit elle refuse d’en finir avec le capitalisme et ses scories nationalistes et racistes, et en crève, soit elle opte pour un avenir commun, global, multiculturel, réparateur des injustices du passé, seul avenir possible si l’on veut limiter les dégâts des crises écologiques qui font peser sur l’existence même de nos civilisations et de notre espèce un danger mortel.
    Je rajoute que ce mouvement ultra-conservateur et raciste n’est pas une particularité française : on l’a vu à l’œuvre aux USA, il est très vivace dans le pays d’Asie où je vis depuis 30 ans, et dans de nombreux autres pays où la droite joue cette carte désespérée pour sauver les meubles de la bourgeoisie internationale.
    Et ce n’est pas nouveau : cf Dylan, The Times, They Are A Changin’…

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      1. J’en sais rien. Je ne suis pas ce genre d’actualité. Et ça change quelque chose à mon propos ?

  5. c’est curieux cette façon de minorer (de le faire disparaître) un problème en le relativisant par un autre, et cette incapacité à faire fonctionner ensemble le micro et le macro. La zemmourisation des esprits peu se voir comme un état de dégradation intellectuelle d’une société et de son incapacité à traiter sérieusement les questions d’environnement.

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  6. Désolé, je ne suis pas d’accord, ni sur l’origine ni sur la réponse à la Zemmourisation d’Alexis.

    Comme Macron, Zemmour est un mercenaire, il ne se serait rien ni personne si sa présence n’était pas utile à d’autres. Il defends des intérêts, et c’est la seule raison de son accès aux médias.

    Quand à lui répondre, je ne pense pas qu’aller chercher une crise plus grave que son “grand remplacement” soit d’un quelconque intérêt. Il faut revenir aux fondamentaux :

    Renoncer au projet de VIVRE ENSEMBLE, investir dans les prisons et la militarisation des banlieues, et nous saouler de sécurité c’est tellement à côté de la plaque que ça mérite d’être développé :

    Entre le nombre de personnes issues de l’immigration qui sont dans les forces de l’ordre ou l’armée ou encore ceux qui font tourner le pays, ça va être un b…el sans nom. Et pour rien.

    Au lieu de ça, vraiment investir dans la justice pour que les peines encourrues servent à accéder à l’emploi, la formation, le lien social, pour les 75 000 prisonniers français, ce serait pas mal.

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  7. Sérieusement, vous croyez que les communistes Ambroise Croizat et Pierre Laroque avaient pour leur pays des visées totalitaire en 45-47 ?
    ça en dit long sur votre impuissance, à moins que cela soit carrément du révisionnisme historique.

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    1. Rappelons pour l’histoire que le PCF approuvait le pacte germano -soviétique en 1939 et qu’il a fallu le déclenchement de l’opération Barbarossa des allemands contre l’URSS de Staline en 1941 , pour que son pacifisme serviteur du grand frère , vire à la lutte acharnée contre le nazisme . Le PCF a alors fourni les résistants de l’intérieur les plus motivés et disciplinés.

      Rappelons aussi que le PCF s’est honoré par le courage et l’abnégation de ses militants , et que c’est un de ses meilleurs proches qui a su dire le vrai à sa famille parce qu’il l’aimait et partageait son idéal :

      https://www.youtube.com/watch?v=vWwf2F8vgT8

      1. Rappelons pour l’histoire que c’est un peu plus compliqué que votre présentation main stream du fameux pacte.
        J’avais signalé cette excellente production d’Arte mettant en valeur Maxim Litvinov
        https://www.youtube.com/watch?v=Sj7v_NWr66s et le refus d’une alliance “contre-nature” de la France et de UK avec l’URSS.

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          1. Un levier de pouvoir peu à peu confisqué aux salariés par Bernard Friot & Christine Jakse
            Une autre histoire de la Sécurité sociale
            Depuis sa création en 1945, le régime général de la Sécurité sociale subit le feu des « réformateurs » de tout poil. Comment expliquer cet acharnement contre un système que l’on réduit souvent à une simple couverture des risques de la vie ? C’est qu’au-delà de l’assurance sociale, les pionniers de la « Sécu » forgeaient un outil d’émancipation du salariat géré par les travailleurs.
            Dans son roman Les Lilas de Saint-Lazare, paru en 1951, l’écrivain Pierre Gamarra met en scène Mme Récompense, gardienne d’un immeuble parisien. « Porte-moi cette lettre à la petite dame du troisième, et tu auras une récompense », dit-elle souvent aux gamins, qui raffolent de ses bonbons. La politique, la lutte des classes, ça n’est pas son affaire. Pourtant, en ce jour de février 1951, elle se joint au formidable cortège qui, sous une pluie battante, rend un dernier hommage à Ambroise Croizat.
            Le peuple de Paris s’est reconnu dans celui qui a mis en œuvre la Sécurité sociale… et qui, depuis, a disparu de la photographie. Ouvrier d’usine à 13 ans, militant syndical et communiste, Croizat est nommé en 1928 secrétaire de la fédération des métaux de la Confédération générale du travail unitaire (CGTU) et négocie en juin 1936 les accords de Matignon. Quel danger présente son action en tant que ministre du travail et de la sécurité sociale, du 21 novembre 1945 au 4 mai 1947, pour que l’histoire officielle ait décidé de l’ignorer ?
            La réponse tient en quelques mots : la mise en place d’un régime général de couverture sociale qui non seulement mutualise une part importante de la valeur produite par le travail, mais qui en confie aussi la gestion aux travailleurs eux-mêmes. Croizat n’invente pas la sécurité sociale, dont les éléments existent déjà ; il rassemble en une seule caisse toutes les formes antérieures d’assurance sociale et finance l’ensemble par une cotisation interprofessionnelle à taux unique.
            Les allocations familiales, l’assurance-maladie, les retraites et la couverture des accidents du travail du régime général ont ceci de renversant que la collecte des cotisations ne dépend ni de l’Etat ni du patronat, mais d’une caisse gérée par des représentants syndicaux. La puissance du régime général est redoutable : selon l’estimation de l’Assemblée consultative provisoire en août 1945 (1), il socialise dès le départ le tiers de la masse totale des salaires. Ce système unique sera effectif de 1946 jusqu’au milieu des années 1960. Entre-temps, il aura fait l’objet d’un travail de sape systématique.
            Pour l’histoire officielle, tout paraît simple. L’affaiblissement de la droite et des patrons, les cinq millions d’adhérents de la CGT, le « plan complet de sécurité sociale » prévu par le Conseil national de la Résistance et l’ordonnance du 4 octobre 1945 qui l’institue auraient ouvert un boulevard aux architectes du régime général. C’est une fable. La mise en œuvre concrète s’avère herculéenne. Avec Pierre Laroque, directeur de la sécurité sociale au ministère, Croizat supervise l’installation du nouveau système en lieu et place du méli-mélo préexistant : un millefeuille de couvertures par profession, par branche, par catégorie de salariés, par type de risque, auxquelles s’ajoutent les mutuelles et les caisses syndicales et patronales (2). L’unification repose sur les seuls militants de la CGT, la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) s’étant déclarée hostile à la caisse unique. Les crocs-en-jambe ne manquent pas. Quand les militants dénichent un local vide pour héberger une nouvelle caisse, il arrive qu’une administration le préempte (3).
            Des résistances inouïes
            Pourtant, fin août 1946, les hussards rouges ont mis sur pied 123 caisses primaires de sécurité sociale et 113 caisses d’allocations familiales (CAF). Leurs administrateurs, d’abord désignés par le syndicat, seront bientôt élus par les salariés. Parallèlement se négocie, sous l’arbitrage de Croizat, une convention collective pour les personnels des deux instances nationales employeuses : la Fédération nationale des organismes de sécurité sociale et l’Union nationale des caisses d’allocations familiales, ce qui permettra de reclasser plus de 70 000 agents issus des anciennes caisses.
            Pourquoi cette séparation entre caisses primaires et CAF, alors que le projet initial prévoyait une caisse unique ? C’est que l’idée d’un seul organisme concentrant un tel pouvoir aux mains d’ouvriers se heurte à une résistance inouïe. Les membres de la commission réunie en juin 1945 pour préparer les ordonnances sur la Sécurité sociale ne parviennent pas à se mettre d’accord. A l’Assemblée consultative provisoire, une majorité obtient qu’on sépare les allocations familiales des assurances sociales (maladie et vieillesse) et des accidents du travail. La démocratie sociale en ressort affaiblie, car les allocations familiales forment alors la composante la plus puissante du régime (plus de la moitié des prestations), et leurs conseils d’administration ne comptent qu’une moitié d’élus salariés contre trois quarts dans les autres caisses.
            Au sein même de la CGT, les appréciations divergent. La direction confédérale pousse à l’extension maximale du régime général. Mais les logiques professionnelles portées par les cadres, les fonctionnaires et les branches comme l’énergie, les mines et les chemins de fer résistent. Ces dissensions pèsent d’autant plus que plane sur la CGT la menace d’une scission. Celle-ci intervient en 1947, au début de la guerre froide, et donne naissance à Force ouvrière (FO). Faisant allusion aux « sérieuses polémiques » internes, un document confédéral publié en avril 1946 explique qu’en vue de la « réalisation de l’unité des assurances ouvrières », « il convient de ne pas créer de nouvelles cloisons financières entre les cadres et le personnel d’exécution, ni entre les professions à taux de salaire relativement élevé et celles dont le taux de salaire ne dépasse pas le minimum vital (4) ». La direction confédérale sera battue ; l’Association générale des institutions de retraite des cadres (Agirc) est créée en mars 1947.
            Quant aux fonctionnaires, si la confédération obtient la même année leur intégration dans le régime général pour la maladie, leurs mutuelles en sont exfiltrées dès 1947 — les mutuelles, rendues obligatoires à partir de 2016 par le gouvernement actuel, sont un adversaire majeur du régime général en matière de santé. La création en 1958 de l’Union nationale interprofessionnelle pour l’emploi dans l’industrie et le commerce (Unedic), puis, en 1961, d’un régime complémentaire de retraite réclamé par le patronat allié à FO et à la CFTC, l’Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés (Arrco), s’effectue contre le régime général. Or la maîtrise de cette institution par les salariés reposait sur le taux unique de cotisation interprofessionnelle et sur la caisse unique, qui unifient le salariat et réduisent le pouvoir d’initiative des employeurs.
            Promoteur de la division des caisses qui fissure l’autonomie ouvrière, le patronat s’appuie également sur le gouvernement, qui, en dernière instance, fixe les taux de cotisation et le montant des prestations. Une telle prérogative n’allait pas de soi, puisqu’il fut question en 1945 que le taux de cotisation soit décidé par les salariés eux-mêmes. Sensibles aux arguments des employeurs, les gouvernements successifs gèlent le taux de cotisation au régime général durant toute la décennie 1950. Ce sabotage de l’institution attise le mécontentement des assurés, qui perçoivent des remboursements très inférieurs à leurs dépenses de santé réelles.
            Des campagnes de presse imputent aux gestionnaires ouvriers les conséquences d’une pénurie organisée par le gouvernement. Par exemple, ce dernier maintient les pensions à un niveau extrêmement faible en refusant au régime général la reconstitution de carrière pratiquée à l’Agirc. L’assurance-vieillesse affiche donc un excédent considérable, que l’Etat ponctionne goulûment. Henri Raynaud, secrétaire de la CGT chargé du dossier, montre en avril 1950 que les neuf seizièmes de la cotisation ne sont pas affectés aux pensions, mais autoritairement versés à la Caisse des dépôts pour couvrir des dépenses courantes de l’Etat. Leur cumul représente à ce moment 155 milliards de francs (5), soit plus de 20 % du produit intérieur brut (PIB).
            Depuis la fin de la guerre, l’administration fiscale rêve de mettre la main sur la collecte des cotisations. En 1945, la CGT avait réclamé — en vain — un statut mutualiste pour une caisse nationale afin de garantir sur le long terme le contrôle de l’institution par les intéressés. Coupant la poire en deux, les ordonnances d’octobre 1945 dotent la caisse nationale du statut d’établissement public à caractère administratif, tandis que les caisses locales ressortissent du droit privé. Les relais du ministère des finances bataillent au cours des années 1950 pour obtenir le transfert des cotisations (gérées par les travailleurs) vers l’impôt (géré par l’Etat). Cette offensive fera long feu jusqu’à la création de la contribution sociale généralisée (CSG), un impôt affecté au régime général institué en 1990 par le gouvernement de M. Michel Rocard.
            Une autre bataille, mobilisant les mêmes acteurs, fait rage pour restreindre l’emprise de la CGT. Des cinq élections organisées au sein des caisses primaires entre 1947 et 1962 la confédération sort majoritaire, recueillant d’abord 60 % des suffrages (puis 50 % après la création de FO), devant la CFTC (20 %), ainsi que divers acteurs, dont la mutualité (20 %). Le patronat s’attache à évincer cet adversaire encombrant de la présidence des caisses en apportant systématiquement ses voix aux candidats de la CFTC, de FO et de la Confédération générale des cadres (CGC), avant de se heurter au rapprochement entre la CGT et la minorité progressiste de la CFTC. La centrale chrétienne entame en effet une déconfessionnalisation qui aboutit en 1964 à la création de la Confédération française démocratique du travail (CFDT). C’est d’ailleurs l’élection de présidents de caisse issus de l’unité CGT-CFDT qui précipitera la reprise en main gouvernementale et patronale de cette expérience d’autonomie ouvrière.
            Au demeurant, l’intervention de l’Etat ne fut jamais absente. D’abord légère, elle s’accentue au fil des ans : contrôle financier (1948), mise sous tutelle des caisses déficitaires (1950), création de l’Inspection générale de la Sécurité sociale (6) (1960), réduction des pouvoirs des conseils et professionnalisation des dirigeants des caisses (1960). Le coup de grâce est porté en août 1967 par les ordonnances Jeanneney, qui imposent le paritarisme. Auparavant, les syndicats élisaient deux fois plus de représentants que le patronat dans les caisses primaires ; chacun en désignera désormais un nombre égal. Cette réforme, portée par le Conseil national du patronat français et par FO — son secrétaire général André Bergeron revendiquera la copaternité du dispositif —, s’accompagne de la suppression des élections des conseils, amputant ainsi les administrateurs de leur légitimité auprès des salariés (7). Le patronat cogérera ainsi la plus symbolique des institutions ouvrières. Alors, comme par enchantement, l’assiette et le taux de cotisation au régime général progresseront de nouveau…
            Soixante-dix ans plus tard, on saisit mieux l’acharnement de la sainte alliance réformatrice contre le régime général géré par les travailleurs et contre ses architectes. Des textes syndicaux publiés à l’époque ressort la fierté des ouvriers qui prouvent leur capacité à gérer un budget équivalant à celui de l’Etat. Même appauvri et mutilé de son caractère autogestionnaire, ce régime a posé les bases d’une toute nouvelle pratique du salaire, contraire à la pratique capitaliste courante. En 1946, le revenu salarié d’une famille de trois enfants (la moyenne dans les familles populaires) est constitué pour plus de la moitié par des allocations familiales, dont le montant se calcule comme un multiple du salaire de l’ouvrier non qualifié de la région parisienne.
            Le travail parental est ainsi reconnu par du salaire : on peut être producteur de valeur sans aller sur le marché de l’emploi. De la même manière, l’assurance-maladie paie le salaire à vie des soignants et subventionne l’équipement hospitalier, préservant ainsi le domaine de la santé du chantage à l’emploi et du recours au crédit, deux institutions vitales pour le capital. Contre les comptes individuels de l’Arrco-Agirc qui organisent la retraite comme un revenu différé, le régime général instaure le droit au salaire continué des retraités, eux aussi reconnus comme producteurs de richesse. Cette dimension subversive de la cotisation reste farouchement combattue. Une mobilisation non seulement pour sa défense, mais aussi pour sa généralisation à l’ensemble de la production raviverait le souffle qui fit sortir Mme Récompense de sa loge et changea profondément la société d’après-guerre.

            Croizat ? https://www.youtube.com/watch?v=GmA5x5YfUtM&t=10s

            3
  8. @Alexis Toulet
    “la focalisation sur un problème d’insécurité croissante certes réel ”

    Le premier succès de la famille intellectuelle à laquelle appartient Zemmour est justement d’avoir réussi à faire advenir un consensus sur cette soi-disant réalité de l’insécurité croissante.

    Si l’on parle de l’insécurité des personnes, à quelque échelle de temps que l’on se réfère, non, l’insécurité n’est pas croissante, c’est le contraire. Dans les pays développés, nous naissons avec une espérance de vie jamais égalée dans l’histoire, et la probabilité qu’un individu quelconque soit jamais confronté à une décision engageant sa vie, ou bien à un acte de violence engageant sa vie, est infime, alors qu’elle était encore très significative pour nos arrière-grands-parents, qui connaissaient, eux, la réalité de la mort inopinée ou violente. Nous, non. Nous sommes, statistiquement et globalement, plus en sécurité qu’il y a dix ans, encore plus qu’il y a trente ans, encore encore plus qu’il y a cent ans, etc…

    C’est d’ailleurs un fait de civilisation : nous ne pouvons plus comprendre vraiment les moralistes latins, pour qui l’espérance de vie était de 23 ans. Nous (je veux dire, dans les pays développés), nous sommes les premiers “Homo Sapiens Securus”. Ca n’a rien à voir.

    Notre véritable insécurité est d’un tout autre ordre, et elle ne s’est pas encore manifestée : lors d’un “Soliton”, de plus en plus probable et imminent, la majeure partie des “Homo Sapiens Securus” pourrait disparaitre…

    5
    1. La Zemmourisation est une maladie de civilisation, qui n’atteint que les homo sapiens securus.

      1
  9. Bonjour

    Zemmour C News : en moyenne 700.000 téléspectateurs soit 1% des français.

    Le dernier sondage Ifop juin 2021
    https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2021/06/118251-Rapport.pdf

    L’intention de vote au premier tour de l’élection présidentielle

    Question :
    Si dimanche prochain devait se dérouler le premier tour de l’élection présidentielle, pour lequel des candidats suivants y aurait-il le plus de chances que vous votiez ?

    1-
    Nathalie Arthaud : 0,5
    Philippe Poutou : 1
    Fabien Roussel : 2
    Jean Luc Mélenchon : 9
    Anne Hidalgo : 5
    Yannick Jadot : 5,5

    soit : 23%

    2- Emmanuel Macron : 26

    3-
    Jean-Christophe Lagarde: –
    Xavier Bertrand : 13,5

    4-
    Nicolas Dupont Aignan: 3,5
    Marine Le Pen : 28
    Éric Zemmour 5,5
    soit 37%

    5-
    Jean Lassalle : 0,5
    Jean-Frédéric Poisson -:

    TOTAL : 100

  10. En complément de cet intéressant commentaire de @illicitano ,

    me semble-t-il d’utilité publique , le contenu du “Matinaute” de SCHNEIDERMAN :

    ” ” ” Liberté de la presse : le front Europe 1

    Fut une époque, ô jeune public, où Bolloré s’appelait Hersant. Hersant, prénommé Robert, ancien collabo, racheta à tour de bras des journaux, dans les années 70, pour en faire des machines de guerre au service de la droite de l’époque, accrochant enfin un beau jour “Le Figaro” à son palmarès.
    Le “papivore” était si puissant que même Simone Veil fut forcée, en 1984, d’accepter sa présence sur la liste qu’elle menait, lors d’une élection au Parlement européen. “”Pour la première fois de ma vie, j’avais accepté, pour de basses raisons d’opportunité, un compromis qui avait à mes yeux l’allure d’une compromission” “s’en expliqua-t-elle plus tard.

    Vu des rédactions, et même des rédactions de droite, Hersant était le loup-garou, réputation qu’il s’employa à conforter, tant il avait compris qu’inspirer une saine terreur épargne bien des efforts ultérieurs. On lui prête ainsi, à propos des journalistes des rédactions rachetées, la citation suivante : “”La première fois, je leur demande l’autorisation d’aller pisser. La deuxième fois, je vais pisser sans autorisation. La troisième fois, je leur pisse dessus””. Vraie ou fausse ? Peu importe. Elle définissait une procédure, une marche à suivre, en même temps qu’une philosophie.

    Dans sa prise de pouvoir larvée à Europe 1, dont il possède 27% via Vivendi, Vincent Bolloré a-t-il sauté une page du mode d’emploi ?
    Passe encore de virer, d’embaucher, d’établir des “passerelles” avec sa chaîne -“”parfois d’extrême droite””, selon les prudents journalistes d’Europe 1 eux-mêmes- CNews, avec la complicité des dirigeants-pontonniers d’Europe 1, Constance Benqué, vice-présidente, et Donat Vidal-Revel, directeur de l’information, nommés par Lagardère, mais tremblant eux-mêmes pour leurs postes.
    Mais on a appris dans la journée d’hier qu’un journaliste de la station, Victor Dhollande-Monnier, était convoqué à un entretien préalable à un licenciement.
    Sa faute ? Avoir vivement pris à partie une employée de la DRH de la station, qui enregistrait clandestinement une assemblée générale de journalistes, procédé évoquant forcément la chasse aux opposants, à laquelle se livrent les dirigeants de Canal+ bollorisé. Les journalistes ont donné à la direction jusqu’à 13 heures, aujourd’hui, pour annuler cette convocation, faute de quoi ce sera la grève.
    Europe 1, sous Lagardère, n’était certes pas la station de cœur de tous. Mais il s’y livre aujourd’hui une bataille essentielle, pour cette pauvre chose en lambeaux que l’on appelle la liberté de la presse.
    ” ” “.

    4
    1. Pas trop de souci, Bolloré rate à peu près tout ce qu’il entreprend en journalistique.
      Mais je n’ai pas d’infos sérieuses sur ses succès en Afrique.

    2. https://www.lalibre.be/culture/medias-tele/la-redaction-d-europe-1-se-met-en-greve-jusqu-a-lundi-60ccbc6e9978e26ce1aaf29a

      ” ” ”
      …(…)…
      La tension est montée crescendo au sein d’Europe 1 dès avril, avec d’abord l’annonce d’un projet de rupture conventionnelle collective visant à supprimer une quarantaine de postes au sein de la radio qui peine depuis plusieurs années à faire remonter ses audiences.

      Un nouveau coup de pression est survenu mi-mai lorsque la direction a annoncé aux salariés vouloir renforcer ses liens avec la chaîne d’info CNews, avec qui la radio partage le même actionnaire principal, Vincent Bolloré, qui contrôle Vivendi et sa filiale Canal+.

      Depuis des mois les salariés de la station craignaient de voir Europe 1 passer sous le contrôle du milliardaire, en raison non seulement de la ligne éditoriale jugée très à droite de CNews, mais aussi des méthodes de management en vigueur à Canal+, où des journalistes en désaccord avec la direction ont été poussés vers la sortie ou licenciés.

      Le traditionnel “mercato” des médias au mois de juin a pris une tournure plus amère chez Europe 1: non-reconduction de la journaliste Pascale Clarke, vivement opposée à une reprise de la radio par Vincent Bolloré, et d’Anne Roumanoff; départ de Julian Bugier et celui pressenti de Matthieu Belliard qui pourrait être remplacé à la matinale par Dimitri Pavlenko, intervenant de “Face à l’info” aux côtés d’Eric Zemmour sur CNews , selon Le Parisien.
      …(…)…
      “C’est pas courage fuyons, c’est +il faut partir pour se sauver+”, estime une autre source auprès de l’AFP.
      Ce qu’a fait vendredi l’humoriste Christine Berrou, annonçant sur Twitter sa démission, après avoir refusé de retirer une allusion à Eric Zemmour dans sa chronique du week-end.

        1. Pour les puristes…relever la violence des propos censurés : (origine Médiapart)

          ” Elle(Ch. BERROU) a, dans sa chronique sur la fête des pères, imaginé une conversation entre un enseignant et ses élèves :

          On va faire des colliers de nouilles !

          – Non, mon papa il est allergique au gluten !

          – Bon alors on va faire des porte-clefs en cuir !

          – Non mon papa il est vegan, il ne porte pas de cuir !

          Bon alors on va dessiner des bonhommes qui sourient !

          – Non mon papa c’est Eric Zemmour, il aime pas les gens heureux.

          1
  11. Merci Alexis Toulet
    Voilà un post très bien fait auquel je souscris pleinement et peut-être bien plus qu’à mes propres commentaires, produits au fil de l’eau.
    J’aurais toutefois une légère critique, mais qui n’enlève rien aux affirmations du texte ; elles se veulent surtout une précaution par rapport à l’usage des “priorités” que pourrait en faire un gouvernement qui cherche à échapper à ses responsabilités:
    En termes de gestion, “hiérarchiser en fonction des urgences ou des importances”, amène à toujours remettre le même dossier en dessous de la pile, lorsqu’il commence à émerger du tas.
    Résultat, il se crée des injustices de traitements qui deviennent vite inadmissibles, qui créent des trous dans la raquette , des ostracismes difficiles à rattraper, occasionnant des angles morts dans la politique publique, et au final la petite piqûre qu’on n’a pas choisi de soigner, devient une septicémie envahissante dont la remédiation va coûter très cher au regard de ce qu’elle représente réellement.
    Nous en avons un exemple, dans les quartiers défavorisés, mais aussi et plus globalement dans l’emploi où les phénomènes de standardisation du recrutement, couplés aux idées reçues soigneusement labourées par le , amènent à éjecter du marché toutes les “altérités”. Malheur aux profils atypiques , pour aussi excellents soient-ils. (et aujourd’hui même dans le social)
    Le paradoxe est que le discours ambiant de l’état, c’est d’inciter les gens, sous prétexte de dynamisation, à sortir de leur champ de compétence pour s’essayer à ce qui s’offre à eux ; mais si par hasard, cela marche au début, nous savons que cela devient pour les intéressés des impasses durables (études du marché de l’emploi de Philippe Askenazy sur l’exclusion des altérités)…On ne reconnaît plus leur profil, signe que la société et l’économique n’intègre plus, même des Français de souche parfaitement formés (du fait des mentalités,plus que du fait d’un manque de disponibilités économiques). Et il en va d’un enjeu économique majeur.
    Un bon gestionnaire impose parfois à ses équipes de traiter impérativement , un dossier mineur qu’on a trop longtemps laissé choir. Et à mon avis, aujourd’hui on ne peut plus remettre la question des banlieues, des institutions publiques, et du capitalisme à la française, sous la pile des dossiers à traiter.

  12. Je pense, que dans le cadre actuel et français pour le coup, l’insécurité est le faux-nez de la peur qu’engendre la perte de marge de manoeuvre dans ses projets personnels, la perte de visibilité dans l’avenir, la perte de confiance dans ses dirigeants, etc.
    Il n’y a pas de Zemmourisation, mais l’agrégation de citoyen qui font peur autour d’une “Reine” nommée Zemmour qui leur promet la lumière et faisant de l’ordre.

  13. “D’une part la focalisation sur un problème d’insécurité croissante certes réel mais petit”

    Il me semble qu’au contraire en moyenne, c’est décroissant, du moins sur 40 ans.

    Et qu’en fait de zemmourisation, jospinisation serait plus juste : les législatives gagnées, sur le triptyque “emploi, éducation et santé”, jospin annonce lors du discours d’orientation : “deux priorités, l’emploi et la sécurité”. Le colloque de Villepintes est svt cité comme moment du tournant ( https://www.vie-publique.fr/discours/193415-declaration-de-m-lionel-jospin-premier-ministre-sur-les-principes-et ), parfois est évoqué le refus allemand de changer le cadre européen (et à sa suite, pour citer le programme électoral de jospin, la “maîtrise des dépenses”). Quoiqu’il en soit, dès lors la sécurité n’est plus une thématique de droite, et quiconque s’en fait l’écho n’est plus partisan, et les médias enchaînent. De priorité pour qq 9% des sondés la sécurité en 96, elle grimpe à 35% en 2001 dépassant alors le chômage ( https://www.alternatives-economiques.fr/evolution-principales-preoccupations-francais-0110200958791.html ). La tête du 2d tour des présidentielles de 2002 a peut être à voir avec cette tendance installée.

    Qui? Où? Dixit jospin, 80% des faits incriminés se situent dans 27 départements : c’est urbain, et en très gros, parisien. Les banlieues et les “cités”. Certes, jospin ce sont les polices de proximités et pas le karsher, mais le doigt est pointé dans la même direction (les lois sarkozy sont dans la suite de la loi vaillant). D’ailleurs le passage du discours de jospin (“mais ils connaissent trop peu de suites judiciaires (79 % des affaires transmises aux parquets n’ont pas de suites judiciaires)”) fait écho, ou l’inverse, à une récente manifestation de policiers, à laquelle ont participé des figures de “gauche”, jugée d’extrême droite y compris sur ce blog.

    La tendance du politique ne pouvant gérer la cause à s’en prendre à certains symptômes, même imaginaires, n’est pas nouvelle (cf par ex Chevalier L. Classes laborieuses et Classes dangereuses à Paris pendant la première moitié du XIXe siècle). Si cela vaut pour les “racailles” de sarkozy, cela pourrait valoir pour les “racailles de droite” d’une certaine gauche. Et cet affrontement est très énergivore.

    “D’autre part un discours d’un pessimisme radical”
    Pour zemmour, “la france est empire ou n’est pas” : il est voué au pessimisme 99,999% du tps…

    1
  14. L’entreprise en cours où l’on voit le gouvernement Castex & Macron courir après le programme du FN-RN – dont la dernière mesure votée à ce jour qui voit l’interdiction de l’implantation des éoliennes sur le territoire national est une énième preuve en acte – doit nous faire réfléchir plus profondément sur ce qui se trame en coulisses.

    Ce que l’on désigne par “zemourisation” ” menardisation ” ou lépénisation des esprits trouve sa cohérence politique dans un texte de la Deutsche Bank à l’origine uniquement destiné à des clients fortunés et parcimonieusement publié en 2020 :

    ” Face à « l’agressivité » des mesures environnementalistes conduisant selon elle à un accroissement des inégalités, la banque compte sur le refus des classes populaires déjà affectées par le COVID, pour réduire la portée des politiques écologiques. Bref, ce que propose le rapport, c’est une alliance populiste (que l’on a déjà pu observer avec Trump, Bolsonaro mais aussi en Europe) autour de l’idéologie de croissance entre les intérêts du capital et ceux des couches populaires. S’oppose ainsi, en termes presque gramsciens, une stratégie du capital financier à ce qui pourrait être une autre stratégie alliant écologie et conquête de l’égalité. ”

    Il est évident que l’Empire médiatique Bolloréen coïncide parfaitement avec ce programme politique ” trumpiste ” qui tente une alliance idéologique entre les deux pôles opposés du spectre social pour garantir dans le futur proche une rentabilité croissante du capital ; bernant en cela les plus déshérités qu’il aura fallu attraper avec des fantasmes réactionnaires nostalgiques d’un temps impérial que la plupart n’ont pas connu pour assurer la votation appropriée.

    Et pour celles et ceux qui n’arriverait pas encore à franchir le rubicon, une ” joint-venture intellectuelle ” peut amplement souder l’affaire pour finaliser le vote à l’Extrême droite et perpétuer les intérêts du capital financier international. Amadouer les intellectuels médiatiques organiques au système tels que M.Onfray, , P.Bruckner, A. Finkielkraut et consorts n’est pas chose impossible et le sillon est amplement travaillé depuis trente ans.

    Raphaël Enthoven vient cette semaine de nous en faire l’horrible démonstration où il affirmait face à E.Zemmour pouvoir voter pour la candidate Le Pen plutôt que de voter pour la France Insoumise . Le “macrono-lepénisme” quasiment en acte dans toute son officialité philosophique BCBG.

    Pour mieux appréhender la phase politique en cours dont E.Zemmour n’est qu’un épiphénomène parmi d’autres, il est intéressant de lire les extraits du rapport de la Deutsch Bank dont le site “Terrestres” rend compte :

    ” La fin du monde vue par le capital financier ” : https://www.terrestres.org/2021/05/17/la-fin-du-monde-vue-par-le-capital-financier/

    3
  15. Pour appuyer les propos d’Alexis Toulet (dix fois plutôt qu’une) et avancer une façon de répondre à Zémour (ou à Adrien dans son commentaire sur le mien)
    Je dirais qu’il faut arrêter de nous bassiner avec le coran…Si l’on faisait une lecture du judaïsme, ou du christianisme à l’unique source de la bible, on en sortirait les mêmes effrois et on mettrait tout ce joli monde dans le même sac. On ne verrait pas la différence entre juif, chrétien,protestant, et toutes les sectes bizarres gravitant autour.
    Cela ne veut pas dire que certains textes ne posent pas problème (perso je suis pour un concordat plus ferme, et des obligations de commentaire dans les éditions du Coran). Mais la pratique de l’islam, comme des autres religions, n’est pas la même partout. Ce qui pose un problème ce sont ces islams récents et déculturés, prosélytes et promus par les pétrodollars (avec la passivité complice des politiques et partis de gouvernement).
    Tous les islams ne font pas une lecture littérale du texte et surtout n’en font pas une application bébête, à la lettre. Renseignons-nous.
    Pour ceux qui ont visité les pays musulmans dans les années 60, avant que la volonté de puissance des pétromonarchies, ne se serve de la religion “du retour à la littéralité” comme son vecteur d’influence, vous y auriez vu des mini-jupes et aucune burqa. Ce fut aussi pour les Wahhabites, un enjeu de déstabilisation des pays maghrébins qu’elles considéraient comme ses concurrents (eut égard à leur très ancienne et reconnue civilisation islamique)
    Je suis chrétien, et ma femme est musulmane, elle lit le coran et ne s’est toujours pas transformée en terroriste. …De plus je l’ai connue alors qu’elle faisait du bénévolat pour “nos pauvres” au secours catholique.
    Et si vous voulez savoir, les musulmans de sa famille et des connaissances de quelques pays du Maghreb, , ont une méfiance et même une défiance totale (et pour certains même une trouille bleue) de l’islam wahhabite et de ses dérivés, comme moi-même d’ailleurs.
    Le wahhabisme comme le dit Alexis Toulet, à la base c’est l’alliance d’une secte très récente menée par un gourou pas du tout reconnu par le monde islamique (et même combattu) avec un chef de tribu qui a fait un coup de force en s’emparant des lieux saints de l’islam. Une première fois la Turquie de l’époque (Soufi et garante autrefois des diversités de l’islam_gardienne à l’époque des lieux saints) a fait prisonnier l’autoproclamé khalife , l’a rapatrié en Turquie, et lui a coupé la tête. Une deuxième fois avec son successeur, même schéma d’envahissement des lieux saints, mais cette fois, les Américains l’adoubent à cause du pétrole! Et de plus, le découpage des territoires arabes, avant cela, n’était pas le même qu’aujourd’hui et il n’y avait pas de “pays” centralisé. C’est dire si en tant que nation, ils sont récents. (en tant que tribus, certaines sont très anciennes)
    Et l’on devrait s’interroger sur le “comment” un islam récent et réinventé (par rapport à l’ancien), pas très futé et qui n’a pas de vrai fondement civilisationnel (les berceaux de civilisation c’était, en Iran, en Irak, en Syrie, en Turquie avec l’Algérie// au Maroc//l’Égypte//…le sud de l’Espagne) peut ainsi se répandre dans des territoires de vieilles civilisations (Français et étrangers) en profitant de la moindre crise .
    Or, pour ce que je connais du Maroc, ou de la Tunisie, la principale information que j’en retire, c’est qu’il y a tout un tas d’activistes qui passent leur temps à mettre la pression sur la société sans travailler , en semblant vivre d’amour et d’eau fraîche (ce qui n’est pas passé inaperçu de leur population qui essaie de résister). Comme certains sont passablement “gras”, il faut bien que l’argent vienne de quelque part si ce n’est de leur travail ; de plus au milieu de certains nécessiteux, ils apparaissent comme ayant du prestige…L’influence financière wahhabite doit faire l’objet d’un contrôle partout, car leur finance occulte est un poison prosélyte !
    Et c’est dans tous ces aspects-là que Zemmour a à la fois vraiment tort et tout à fait raison. Et c’est sur ces nuances qu’il faut lui réclamer raison, au-delà de sa peur de la religion qui, elle, est parfaitement légitime. Une religion , cela peut faire peur, puisque ses adeptes en parlant depuis leurs certitudes , plutôt que depuis leurs interrogations ou leurs vécus, se coupent des approches rationnelles qui permettent d’échanger.
    Personnellement je ne suis pas pour que les religions se cachent ; C’est le dernier endroit où l’on peut voir s’exprimer de l’artisanat d’art, à travers les décors et l’architecture des bâtiments, l’envie de faire “beau” pour dédier une création à quelque chose de plus grand que soi (ce qui incite au dépassement et à l’effort). Par opposition à l’art moderne, trop facile, souvent assez laid [du genre de plug anal géant de la place Vendôme] , en somme du préfabriqué très dispendieux, mondialiste et spéculatif, dont nos maires (et notre État) nous affublent partout . C’est une vaste esbroufe . Mais je ne suis pas non plus pour que les religions envahissent les rues, ou sortent du cadre de l’intime, sauf sous forme d’une philosophie, ou d’un art de vivre qui permet d’échanger (ce qui est une autre forme d’art ) ; certainement pas sous la forme de l’affirmation des dogmes.
    NB/ ceux qui parlent à l’unisson “d’un” Islam unique pour le dénoncer, rejoignent le camp des Wahhabistes qui ne considère comme islam que leur façon unique de pratiquer et qui veulent annihiler non seulement tous les autres islams, mais veulent de plus convertir de force s’il le faut tous les autres cultes.
    Toutefois, il ne faut pas non plus “sataniser” un peuple pour en produire une exclusion du monde aux effets sans doute plus délétères encore. Ce que m’a appris le travail social, c’est qu’il faut être ce genre d’ami subtilement “collant” , contre lequel vous n’arrêtez pas de râler (pour son plus grand amusement, et votre agacement le plus urticant) , mais qui vous manque dès qu’il a disparu…Et à ce titre, lorsque ces pétromonarchies s’essaient au softpower (en remplacement de l’envahissement religieux) en s’investissant dans la science (qui est une des grandes traditions de l’islam) pour assouvir leur désir de reconnaissance et de puissance, je pense qu’il faut savoir être dithyrambique sur leurs réalisations (un grand collisionneur et la sonde en route pour Mars). Et il y a une faute des médias à ce sujet, qui passe sous silence tout ce qui est beau. D’ailleurs, il me semble que c’est Attali qui les conseille, en ce sens, et il faut l’aider…La dernière fois que les civilisations islamiques se sont occupées de sciences, on y a gagné en occident plusieurs siècles de savoir (et retrouvé celui des Grecs)….
    Et N’oublions pas que la problématique de l’immigration est différente de la problématique sur les prosélytismes religieux et la subversion des sectes qui nécessitent des moyens au pénal de riposte (police + justice + prison + accompagnement de désintox + service secret + démantèlement des filières de financement des trafics d’influence étrangère ).
    L’immigration c’est un autre problème, c’est celui du mauvais accueil souhaité par le MEDEF qui ne veut pas de qualitatif en la matière puisqu’il en espère des “affolés” qui courent ventre à terre derrière toute opportunité de tâches quelles qu’en soient les conditions de réalisations, de rétributions, d’ergonomie ou d’équipement des postes de travail. Le patronat le plus décadent d’Europe cherche la déflation salariale (par la concurrence entre pauvres), et il pense toujours, que plus les conditions pour le travailleur sont favorables, moins il travaille . La qualité n’a jamais été la préoccupation de ce syndicat de décadents, uniquement obnubilé par la quantité. D’où les difficultés de la France à monter en gamme, d’où sa difficulté à résister à la concurrence de pays moins-disant, d’où le fait que les montées en gamme passent par des normes étatiques plutôt que par l’agilité des dirigeants. Cela provoque nombre de frustrations chez les petits patrons qui ne peuvent pas suivre, et dont l’activité ne justifiait pas cette montée en gamme_ elle n’y est pas justifiée, car la proximité oblige le patron à se confronter à ses salariés tous les jours, et à en concevoir un attachement pour sédentariser des savoir-faire ; à l’inverse des grands groupes qui veulent inciter à la conception d’un salariat “kleenex”, remplaçable à volonté sur le marché du travail (externalisant au passage les besoins en formation, et l’apprentissage des savoir-faire dont ils ont besoin, vers l’école et l’état contraints ainsi de multiplier à l’infini les filières pour répondre aux besoins les plus anecdotiques ou pointus).
    Il y a donc à mener non pas une réflexion sociétale sur l’immigration, mais une réflexion budgétaire et économique:
    Si l’on fait le choix de l’immigration (en dehors de la question du droit d’asile qui doit uniquement concerner la protection des démocrates persécutés), il faut penser et financer lourdement le logement , les écoles, les infrastructures de vie sociale.
    Si l’on ne fait pas le choix de l’immigration il va falloir repenser les politiques de coopération et miser lourd sur l’investissement afin que les pays en difficulté face aux changements climatiques puissent gérer leurs déboires. Si on ne le fait pas , les gens continueront de se jeter à la mer.

    Je vous laisse deux liens comme source d’illustration (je désespérais en vérité d’en trouver tant la mode médiatique a renvoyé dans les limbes , les liens très intéressants):
    L’histoire du whhabisme commence à la minute 22 (avec en préambule sa compétition avec l’Egypte)
    https://www.youtube.com/watch?v=y-RQDmAjZhE
    je pense qu’après ce documentaire, la plupart des Zémouriens ne peuvent plus penser pareil (s’ils sont honnêtes)
    et je vous laisse les références d’un ouvrage d’architecture française qui est fabuleux de par son iconographie et nous fait réfléchir sur les influences qu’on n’a pas toujours rejetées dans l’histoire, pour notre plus grand bonheur visuel:
    “La France cosmopolite & extraordinaire”_ Arnaud Goumand_Editions “Belles Ballades”_2017
    Auteur spécialiste du patrimoine architectural sous toutes ses formes dont il affectionne les plus insolites…

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    1. Je dirais qu’il faut arrêter de nous bassiner avec le coran… Si l’on faisait une lecture du judaïsme, ou du christianisme à l’unique source de la bible, on en sortirait les mêmes effrois et on mettrait tout ce joli monde dans le même sac.

      C’est faux. En écrivant cela, vous révélez simplement que vous n’avez pas lu le Coran, ou au moins un bon compte-rendu, genre article Wikipédia, et vous vous disqualifiez malheureusement du débat.

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      1. Bonjour Paul,
        C’est exact, je n’ai pas lu tout le coran, juste certains passages que je trouve beaux, sachant qu’il y a aussi beaucoup de laideur dedans (parfaitement décrites par Michel Onfray).
        Je ne le considère que comme un texte historique qui s’adresse à des chefs de tribus querelleurs…
        Mais je sais aussi qu’une bonne part de sa facture l’a été à la suite de joutes poétiques qui servaient à régler certains conflits entre tribus à la façon de l’académie des Jeux floraux en Occitanie au haut moyen âge. (d’où un style parfois assez enlevé)
        Je n’ai pas lu non plus toute la Bible, mais ce qu’il y a dedans, pour ce que j’en connais est parfois discutable ; bien sûr hormis les évangiles qui sont plutôt plus sympas…(quoique je n’ai pas connaissance des textes apocryphes qui font sans doute moins consensus)
        Mais si vous avez bien lu ce que j’ai dit, j’ai précisé que je désirais un concordat (pour obliger justement les pratiquants à afficher leur adhésion à ce qui fait “humanité” et licité ) et surtout je désirais des éditions du texte annotées , pour justement faire la part des choses entre ce qui est acceptable , de ce qui ne l’est pas, mais en gardant l’authenticité historique d’un texte historique comme un autre. Il en est ainsi pour tous les textes historiques, des passages font problème, mais jusqu’à présent au regard d’une nécessité de compréhension de l’histoire, on ne les censure pas, on les commente en les recontextualisant et en précisant en plus l’illicéité de ce qui y est prôné.
        Si vous ressentez que j’ai un biais inadmissible, je m’interroge moi sur le votre, ou alors, il y a quelque chose d’incompréhension dans nos échanges.
        Bien sûr que l’apostasie et un certain nombre d’autre intolérances (je n’ai pas trouvé de mot pire) doivent être dénoncées, mais pas servir de prétexte à se fermer aux gens dont les modes de vie “spirituels” nous sont étrangers . Et auxquels d’ailleurs, la question d’y céder, de les adopter ou pas, est inepte . Normalement, on est libre de s’y intéresser, ou non , ou d’en dialoguer, et même de vivre avec sans les partager…Où est le problème? Dans le texte? Certes, mais chez les hommes ou les femmes , je ne crois pas.
        Personnellement je vis avec une femme merveilleuse qui pratique une religion à laquelle je veux bien admettre que je ne comprends pas tout (ce qui nous fait parfois certaines rigolades) et le coran posé sur la bibliothèque, et parfois sur le chevet ne me semble pas m’avoir causé le moindre souci. Nous avons le même âge (elle 4 ans de moins) et on se connaît depuis que j’étais fort jeune adhérent à la MJC…Notre mariage est très solide depuis très, très longtemps, sa famille m’a tout de suite accepté, à part sa mère avec qui je garde mes distances.
        Franchement, il suffit d’imposer dans les éditions du coran distribuées en France, les annotations que l’on imposerait à n’importe quel autre texte historique. La vie des gens est ailleurs.

    2. @ Dalla Vecchia Luigi

      Un livre que tout le monde devrait lire :

      Gilles Kepel : ” Sortir du chaos. Les crises en Méditerranée et au Moyen-Orient ” – ed : Collection Folio Actuel.

      Un ouvrage clairement exprimé, sans faux semblants, pertinent, édifiant, glaçant.

      1. Bonjour Hervé,
        Oui j’avais entendu parler, mais sans y prêter attention…je vais y jeter un oeil, merci.
        Personnellement, j’aimais bien les approches d’Antoine Sfeir ,et j’ai lu son récit des antagonismes entre Sunnites et Chiites (la guerre des oncles contre le petit fils…)

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  16. Ajouter un suffixe au nom de ce cuistre est un bien trop grand honneur; n’allons pas bouffir d’orgueil ce triste énergumène!
    Hier bouffon, épouvantail à c.ns et portefaix de Ruquier,
    aujourd’hui porte-dais du baron Bolloré (comme le fut naguère Sarkozy).
    Zemmour est le nom d’un fielleux qui applique au monde son talent pour la critique ignominieuse.
    On l’imagine sans difficulté emperruqué et poudreux, servile et médisant dans une quelconque (basse) cour; tandis qu’aux beaux jours de disgrâce c’est le goudron et les plumes qui pourraient bien être son lot.

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