LES PIÈGES DANS LESQUELS ILS SE SONT FOURRÉS, par François Leclerc

Billet invité.

Que vont-ils encore nous inventer ? Pour contenir les réfugiés aux portes de l’Europe, les autorités européennes ont pactisé avec un autocrate et ne savent pas comment sortir du piège dans lequel elles se sont fourrées. Ce sont elles qui ont le plus à perdre et elles n’ont pas de plan B. Simultanément, les créanciers européens de la Grèce – sur qui la charge des réfugiés risque de retomber si le gouvernement turc en décide ainsi – continuent d’exiger de son gouvernement des performances économiques hors de portée, tandis que le FMI appuie où cela fait mal en mettant en évidence que la dette grecque est hors de contrôle sur sa trajectoire actuelle.

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EN RÉPONSE À L’EFFILOCHAGE EUROPÉEN, par François Leclerc

Billet invité.

Que faire quand on ne peut plus ni avancer ni reculer ? Tel est le dilemme qui paralyse une Commission sérieusement divisée, que naturellement elle résout en ne faisant rien ! Ce qui l’a conduite hier à repousser toute décision sur les situations budgétaires et fiscales espagnole et portugaise chancelantes, en attendant d’autres actes de bravoure. Comme l’a fait valoir le commissaire Pierre Moscovici, « ce n’est pas le moment adéquat, économiquement et politiquement ». Le sera-ce jamais ?

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OÙ MÈNE LA MISE EN CAUSE ALLEMANDE DE LA BCE ? par François Leclerc

Billet invité.

Tout fout le camp, la BCE est descendue de son piédestal et n’y remontera pas ! Ce ne sont pas ses résultats mitigés qui en sont la cause, mais les attaques provenant d’Allemagne qui se répètent et s’amplifient. L’inconcevable est arrivé : sa politique y est publiquement critiquée, écornant le sacro-saint dogme de son indépendance dont elle portait haut le drapeau.

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COMMENT RÉSORBER LA CACOPHONIE EUROPÉENNE ? par François Leclerc

Billet invité.

Les dirigeants allemands vont-ils avoir toujours raison ? L’occasion va prochainement être donnée de le tester, les sujets de discorde avec la Commission et le gouvernement italien se multipliant. Que ce soit à propos du financement de l’accueil des réfugiés, de la présence des titres de la dette publique dans les bilans bancaires, ou des négociations avec la Grèce, d’autres musiques que la leur se font entendre.

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LES DESSOUS DE LA DEUTSCHE BANK, par François Leclerc

Billet invité.

Les journaux allemands parlaient hier de « tremblement de terre bancaire », bien placés pour observer l’ébranlement de la Deutsche Bank, ce colosse qui a trempé dans toutes les manipulations des marchés et dont il se révèle qu’il a des pieds d’argile. Son avenir n’est pas assuré et son renflouement serait problématique vu sa taille : 1.626 milliards d’euros d’actifs sont inscrits à son bilan. La crainte que cette perspective se réalise est à l’origine de la chute brutale des valeurs bancaires, car elle conduirait les banques droit dans l’inconnu, et pas seulement en Europe, car elles sont contreparties entre elles à l’échelle mondiale. Elle mettrait également à mal la politique européenne de l’union bancaire.

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TOUT FAIRE POUR STOPPER L’EXODE, par François Leclerc

Billet invité.

Angela Merkel et le premier ministre turc Ahmet Davutoglu ont annoncé vouloir faire appel aux moyens de l’OTAN pour intervenir en mer Égée aux côtés de l’agence européenne Frontex et des garde-côtes turcs. Il serait question de « surveillance en mer », mais cela pourrait prendre l’allure non plus du sauvetage des réfugiés mais d’une campagne de dissuasion appuyée, tout du moins tant qu’ils seraient encore dans les eaux territoriales du pays.

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CE N’EST PAS L’ENVIE QUI MANQUE ! par François Leclerc

Billet invité.

Matteo Renzi, le président du conseil italien, remettra-t-il en cadeau à François Hollande, à l’occasion de leur rencontre parisienne de demain, un exemplaire de la Constitution de son pays ? Celui-ci pourrait y lire que « l’Italie répudie la guerre » et ce serait un manquement à la courtoisie. Un sujet de conversation pourrait par contre s’imposer, le président français ayant été son incontestable source d’inspiration dans un autre domaine, comme il l’a implicitement reconnu en présentant à Rome un plan d’investissement dans la culture et la sécurité.

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La célèbre efficacité allemande n’est pas une légende !, par Roberto Boulant

Billet invité.

La célèbre efficacité allemande n’est pas une légende, pour preuve : combien de temps a-t-il fallu aux Américains et à la commission Rogers pour rendre le rapport d’enquête sur l’accident de la navette Challenger ? Près de 18 semaines. Pire même ! En 2001 (11ème législature, dossier 3386, tome 1 et 2), il fallut 26 semaines à une commission parlementaire pour enquêter –avec le succès que l’on sait- sur les causes, les conséquences et la prévention des inondations.

Amateurisme que tout cela !

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L’affaire Volkswagen et le modèle allemand, par Michel Leis

Billet invité.

Dans le discours qui nous est tenu quotidiennement, la puissance économique est à la fois la garantie du bien-être matériel des citoyens et de la capacité du pays à imposer ses choix sur la scène internationale. L’Allemagne serait le parfait modèle, entre son taux de chômage très bas et sa capacité à faire entendre son point de vue dans l’Union européenne. Cette réussite se résumerait tout entière en un mot : « compétitivité ».

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L’HUMANITÉ QUI LEUR FAIT DÉFAUT, par François Leclerc

Billet invité.

Devant le spectacle offert par « la marche de l’espoir » de plus d’un millier de réfugiés, le verrou mis en place par le gouvernement hongrois a sauté, la situation devenant intenable pour lui. Derrière un drapeau de l’Europe et brandissant des portraits d’Angela Merkel, ceux-ci avaient entamé hier en famille une longue marche de 175 kilomètres, quelques uns en chaise roulante, pour rejoindre la frontière au départ de Budapest où ils étaient bloqués, mais 123 bus affrétés par le gouvernement hongrois les y ont finalement conduits.

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SOINS PALLIATIFS POUR UNE EUROPE EN FIN DE VIE, par François Leclerc

Billet invité.

La discipline fait la force des armées. C’est tout le sens des toutes nouvelles recommandations du Conseil des experts économiques allemands, qui bénéficient du statut de « sages », c’est-à-dire au-dessus de la mêlée. D’où l’importance de leur conclusion : un pays – « non coopératif en permanence » et incapable de faire face à ses dettes – doit quitter l’euro en dernier ressort. Nous n’en sommes plus à la suspension de quelques années proposée à la Grèce par Wolfgang Schäuble.

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L’Allemagne est incapable de jouer le rôle de puissance hégémonique bienveillante

L’Allemagne nous a offert deux désastres de dimension historique au XXe siècle. Elle est hélas en train de nous en concocter un troisième, qui sera le premier du XXIe siècle.

La raison d’une telle malédiction est son incapacité à jouer le rôle de puissance hégémonique bienveillante. Devenue hégémonique dans un domaine ou un autre, l’Allemagne ne peut s’empêcher d’abuser alors de son pouvoir. Son peuple malheureusement l’y encourage : si l’on en croit les sondages, Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, faucon brutal, est désormais plus populaire en Allemagne que la Chancelière Angela Merkel.

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Wolfgang Schäuble : « Si quelqu’un exigeait ma démission, je demanderais l’arbitrage du Président allemand »

Il y a une semaine exactement, le 11 juillet, j’écrivais dans mon billet L’Occident uni contre Wolfgang Schäuble :

Il faut ajouter qu’Hollande et Valls n’ont pu se placer aux côtés des Grecs comme ils l’ont fait, sans l’aval d’Angela Merkel. Face à eux tous, c’est Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, qui fait maintenant figure d’isolé.

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L’Occident uni contre Wolfgang Schäuble (post-scriptum)

Certains d’entre vous ne comprennent pas ce que je dis quand j’écrivais hier :

Il faut ajouter qu’Hollande et Valls n’ont pu se placer aux côtés des Grecs comme ils l’ont fait, sans l’aval d’Angela Merkel. Face à eux tous, c’est Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand, qui fait maintenant figure d’isolé.

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La paille grecque et la poutre allemande, par Cédric Chevalier

Billet invité

Dans la crise grecque et européenne de la dette publique, le retour du phénomène politique est saisissant. Non pas qu’il ait jamais déserté la réalité, comme le souligne avec raison Frédéric Lordon (1), mais bien qu’il fasse un retour fracassant dans la conscience des élites dirigeantes, horrifiées par le référendum de Tsipras.

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Grèce : ENCORE DEUX SEMAINES AU PLUS… par François Leclerc

Billet invité.

Le gouvernement grec a encore deux semaines de trésorerie devant lui au plus selon Yanis Varoufakis qui ne veut pas « tourner autour du pot ». Mais en dépit d’un ton accommodant, une sorte de supplice chinois est poursuivi. Réunion après réunion des « progrès » sont constatés par les dirigeants européens, mais il reste toujours « un effort à faire ». Les fameuses lignes rouges qu’ils se gardent d’identifier font toujours obstacle à l’accord qu’ils veulent imposer et qui porterait un nom : capitulation. Traçant au contraire ses lignes de défense, le ministre grec des finances a formulé deux principes de base : « mettre fin au cycle déflationniste » et « mieux répartir le fardeau des plus faibles sur les autres ».

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La victoire de David Cameron, par Michel Leis

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

La victoire de David Cameron aux élections en Grande Bretagne est un très mauvais signal adressé au monde politique. Avec la réélection de Merkel en 2013, elle tendrait à servir d’exemple à un personnel politique européen tout entier tourné vers l’accomplissement d’une carrière dans les sphères du pouvoir (je parle ici des partis traditionnels). Il suffirait d’une relative prospérité économique mesurée essentiellement par le taux de croissance (1,6 % en Allemagne et 2,6 % au Royaume-Uni pour une moyenne européenne à 0,9 %) et un taux de chômage (4,8 % en Allemagne et 5,5 % au Royaume-Uni contre 9,9 en moyenne européenne) un peu plus bas que dans le reste de l’Union Européenne pour emporter sinon l’adhésion, du moins le consentement de la majorité de la population et des classes moyennes en particulier. Dans ces conditions, on comprend l’importance de marteler ce discours sur le retour de la croissance en Europe.

Étrange illusion en vérité. Les conditions dans lesquelles ces résultats sont obtenus traduisent le renforcement d’un darwinisme social exacerbé.  Le Royaume-Uni compte près de 5.2 millions de travailleurs pauvres, c’est l’un des pays les plus inégalitaires du monde occidental, tandis que l’Allemagne compte près de 15 % de sa population en dessous du seuil de pauvreté.  Tout se passe pourtant comme si la croissance retrouvée et un chômage bas redonnaient une vigueur apparente à quelques messages pourtant démentis par les faits : cela ira mieux demain, celui qui a envie peut s’en sortir, l’ascenseur social est toujours présent. Ce message de la réussite des individus est entre parenthèses le message de toutes ces émissions de télé qui envahissent nos écrans où l’élimination progressive des candidats donne l’illusion qu’un talent quelconque permet de s’imposer aux autres.

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Enseignements, par Michel Leis

Billet invité

Dans un futur dictionnaire de novlangue Eurocrate-Français (qui reste à écrire), l’expression « passer sous les fourches caudines » pourra se traduire indifféremment par « respecter un certain nombre d’exigences » ou « pas de mesure unilatérale ». En des termes moins policés, quelle que soit la volonté du pouvoir politique grec et des électeurs qui lui ont accordé leur confiance, il n’est d’autre plan d’action possible que celui qui est approuvé par les instances européennes. Autant dire que dans les quatre mois qui viennent, les marges de manœuvre vont être plus que réduites et le gouvernement d’Alexis Tsipras aura besoin de tout son talent pour faire passer quelques mesures sociales dans le chas d’une aiguille.

Cette négociation est en réalité une simple confirmation. Une petite technocratie s’est octroyée la conduite effective des affaires sans tenir compte de la démocratie, ce qui est la définition même d’une oligarchie de fait. Il est pourtant probable que les individus qui la composent se perçoivent comme les éléments avancés d’un combat de la démocratie libérale contre le « totalitarisme » d’une économie en partie administrée. Curieuse déformation de la pensée qui voit la loi du plus fort comme un aboutissement de la démocratie et qui assimile la nomination de hauts fonctionnaires par des gouvernements à une onction démocratique.

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