Grèce : ENCORE DEUX SEMAINES AU PLUS… par François Leclerc

Billet invité.

Le gouvernement grec a encore deux semaines de trésorerie devant lui au plus selon Yanis Varoufakis qui ne veut pas « tourner autour du pot ». Mais en dépit d’un ton accommodant, une sorte de supplice chinois est poursuivi. Réunion après réunion des « progrès » sont constatés par les dirigeants européens, mais il reste toujours « un effort à faire ». Les fameuses lignes rouges qu’ils se gardent d’identifier font toujours obstacle à l’accord qu’ils veulent imposer et qui porterait un nom : capitulation. Traçant au contraire ses lignes de défense, le ministre grec des finances a formulé deux principes de base : « mettre fin au cycle déflationniste » et « mieux répartir le fardeau des plus faibles sur les autres ».

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La victoire de David Cameron, par Michel Leis

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

La victoire de David Cameron aux élections en Grande Bretagne est un très mauvais signal adressé au monde politique. Avec la réélection de Merkel en 2013, elle tendrait à servir d’exemple à un personnel politique européen tout entier tourné vers l’accomplissement d’une carrière dans les sphères du pouvoir (je parle ici des partis traditionnels). Il suffirait d’une relative prospérité économique mesurée essentiellement par le taux de croissance (1,6 % en Allemagne et 2,6 % au Royaume-Uni pour une moyenne européenne à 0,9 %) et un taux de chômage (4,8 % en Allemagne et 5,5 % au Royaume-Uni contre 9,9 en moyenne européenne) un peu plus bas que dans le reste de l’Union Européenne pour emporter sinon l’adhésion, du moins le consentement de la majorité de la population et des classes moyennes en particulier. Dans ces conditions, on comprend l’importance de marteler ce discours sur le retour de la croissance en Europe.

Étrange illusion en vérité. Les conditions dans lesquelles ces résultats sont obtenus traduisent le renforcement d’un darwinisme social exacerbé.  Le Royaume-Uni compte près de 5.2 millions de travailleurs pauvres, c’est l’un des pays les plus inégalitaires du monde occidental, tandis que l’Allemagne compte près de 15 % de sa population en dessous du seuil de pauvreté.  Tout se passe pourtant comme si la croissance retrouvée et un chômage bas redonnaient une vigueur apparente à quelques messages pourtant démentis par les faits : cela ira mieux demain, celui qui a envie peut s’en sortir, l’ascenseur social est toujours présent. Ce message de la réussite des individus est entre parenthèses le message de toutes ces émissions de télé qui envahissent nos écrans où l’élimination progressive des candidats donne l’illusion qu’un talent quelconque permet de s’imposer aux autres.

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Enseignements, par Michel Leis

Billet invité

Dans un futur dictionnaire de novlangue Eurocrate-Français (qui reste à écrire), l’expression « passer sous les fourches caudines » pourra se traduire indifféremment par « respecter un certain nombre d’exigences » ou « pas de mesure unilatérale ». En des termes moins policés, quelle que soit la volonté du pouvoir politique grec et des électeurs qui lui ont accordé leur confiance, il n’est d’autre plan d’action possible que celui qui est approuvé par les instances européennes. Autant dire que dans les quatre mois qui viennent, les marges de manœuvre vont être plus que réduites et le gouvernement d’Alexis Tsipras aura besoin de tout son talent pour faire passer quelques mesures sociales dans le chas d’une aiguille.

Cette négociation est en réalité une simple confirmation. Une petite technocratie s’est octroyée la conduite effective des affaires sans tenir compte de la démocratie, ce qui est la définition même d’une oligarchie de fait. Il est pourtant probable que les individus qui la composent se perçoivent comme les éléments avancés d’un combat de la démocratie libérale contre le « totalitarisme » d’une économie en partie administrée. Curieuse déformation de la pensée qui voit la loi du plus fort comme un aboutissement de la démocratie et qui assimile la nomination de hauts fonctionnaires par des gouvernements à une onction démocratique.

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Les responsables et les irresponsables, par Stéphane-Samuel Pourtalès

Billet invité.

Le peuple allemand se suicide lentement, depuis quelques décennies, accumulant un passif bien plus insoutenable à terme qu’une dette bancaire : un déficit des naissances. Le système des retraites, encore à 90% par répartition malgré les incitations récentes à la capitalisation, n’y survivra pas. L’exigence de croissance portée par les taux d’intérêt ne pourra pas non plus s’en satisfaire. Sur le papier, l’État pourrait toujours faire appel à une immigration massive de jeunes pour combler le manque, mais cela ne semble pas compatible avec le pacte social allemand basé sur l’identité « dem deutschen Volke ». L’apparition d’un « droit du sol » pour l’acquisition de la nationalité n’a fait son apparition, timide, qu’en 2000. La montée de mouvements anti-musulmans, mais aussi l’apparition d’une certaine « fraîcheur » à l’égard de communautés étrangères comme l’importante communauté française de Berlin, par exemple, ne semblent pas suggérer une issue paisible du problème dans ce sens.

Les citoyens allemands sont bien les victimes de la situation actuelle : comme encore endeuillés et honteux du régime nazi et de la défaite de 45, ils ont accepté la précarisation de leurs conditions de vie sous les réformes des années 1990/2000. Ils ont bu la potion amère vendue sous l’étiquette étrange de patriotisme économique. Quelque chose qui ressemble à un héroïsme sacrificiel pour leur permettre, peut-être, de leur point de vue, de relever la tête collectivement et de restaurer leur présence au monde. En oubliant, au passage, ce qui fonde les règles de toutes les sociétés, sans exception : les enfants. C’est à dire, les dépenses.

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Mme Merkel, il y a une alternative, et elle s’appelle « écouter » !

Mme Merkel, Alexis Tsipras, en Grèce, vous dit qu’il faut faire l’Europe autrement. Vous lui répondez, en compagnie de M. Wolfgang Schäuble, votre ministre des Finances, que l’Allemagne n’est plus opposée à ce que la Grèce quitte la zone euro.

Mme Merkel, vous êtes une femme intelligente, et penser que vous ne comprenez pas ce que dit M. Tsipras serait vous insulter : il dit qu’il faut faire l’Europe autrement. Personnellement je comprends très bien ce que dit M. Tsipras : cela me paraît très clair, et il se fait par ailleurs que je suis d’accord avec lui.

En répondant, comme vous le faites, que la Grèce peut quitter la zone euro, vous dites que l’Europe se fera de la manière dont VOUS l’entendez et pas autrement.

C’est George Soros qui a affirmé il y a quelques années que si l’Allemagne n’aimait pas la zone euro, elle pouvait la quitter. « Love it or leave it! », comme disent les Américains. Comme vous faites semblant de ne pas comprendre, le moment est peut-être venu de vous le rappeler.

Il y a une alternative cependant, Mme Merkel, à faire semblant de ne pas comprendre, cela s’appelle « écouter », et cela vaut non seulement pour vous mais également pour M. Schäuble.

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La dynamique européenne : À bon entendeur, salut !, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

C’est le poids, la quantité de mouvement en cours qui rompt l’équilibre, cet équilibre si instable et si difficilement acquis que l’on observe dans ce « no man’s land » politique et économique que nous connaissons actuellement.

« Il faut parler aux Allemands » a pu dire Paul Jorion à la télé. Car si Angela Merkel semble vivre une apogée sans déclin ces derniers temps, avec une réélection massive à la tête de son parti, cela ne peut masquer ce qui pourrait bien être le début d’un chant du cygne dans un de ces moments où tout semble redevenir possible. Car la position politique de la CDU/CSU se fragilise en Allemagne. En premier lieu, ce fut le FPD qui disparut, laissant place à la ‘grande coalition’ avec le SPD des sociaux-démocrates. Et en second lieu, c’est l’émergence d’un nouveau parti, europhobe, l’AfD, qui tend à tailler des croupières tant au SPD qu’à la CDU, sans oublier les manifestations de rues des islamophobes dont tous ne sont pas d’extrême-droite ou de partis nazis. Le vote conservateur de droite a cependant bien davantage à perdre que le vote conservateur de gauche en la matière.

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MIRACLE, ILS CHANGENT L’OR EN PLOMB ! par François Leclerc

Billet invité.

Il est arrivé à la BCE ce que la Commission de Bruxelles venait de subir : à peine un mirifique projet est-il énoncé qu’il est sans plus tarder démonté et considéré comme ne pouvant atteindre ses objectifs. Et il est proposé que la BCE achète les tranches les plus risquées des CDO du plan d’investissement Juncker, au prétexte qu’elles seront garanties par la Commission. Dans cette histoire, qui est l’aveugle, qui est le paralytique ?

La BCE est désormais suspectée de préparer un assouplissement quantitatif de gagne-petit, additionnant la portée présumée de ses différents programmes, dont celui-ci quand il sera décidé, pour aboutir à l’augmentation annoncée de 1.000 milliards d’euros de la taille de son bilan. Mais des calculs sur un coin de nappe d’analystes réputés, comme ceux de l’institut Bruegel, aboutissent à des estimations du double si l’on veut que la création monétaire en question remplisse son office présumé. Parallèlement, il est tenu pour acquis que la BCE organisera ses achats au prorata de la participation des banques centrales nationales à son capital, afin d’éviter toute accusation de financement de la dette publique d’un pays en particulier.

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TENTATIVE D’ÉPUISEMENT DE L’ACTUALITÉ, par François Leclerc

Billet invité.

Les jours se suivent… toujours aussi tumultueux !

A noter aujourd’hui que l’Allemagne a échappé à la récession technique (deux trimestres consécutifs de PIB négatif), provisoirement créditée d’une croissance de 0,1% au grand soulagement de tous, comme si ce 0,1% changeait quelque chose. L’Italie a pour sa part connu à la fin septembre son treizième trimestre consécutif sans croissance, période où la moyenne de celle des pays de la zone euro a été de 0,2%. Après celle de la Chine et du Brésil, la croissance russe continue de plonger, pour ne pas parler du rouble qui a perdu le quart de sa valeur et de la fuite de Russie des capitaux qui s’amplifie. Les BRICS ne prennent pas le relais de pays occidentaux qui tendent le témoin dans le vide. C’est le moment choisi par Jacob Lew, le secrétaire d’État au Trésor américain, pour déclarer encourageant « le monde ne peut pas se permettre une décennie perdue en Europe ».

A la cuisine, cela ne tourne pas rond. Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, admet que dans des « circonstances extrêmes » la BCE pourrait acheter de la dette publique. William Dudley, le président de la Fed de New York, prévient que la hausse des taux de la Fed pourrait susciter « un ou deux soubresauts sur les marchés », mais Larry Fink, le Pdg de BlackRock (la plus importante société d’investissement) va plus loin et alerte à propos de la crise à venir en raison de la « crise de liquidités » actuelle, (la liquidité permet d’exécuter une transaction sans impact significatif sur le marché).

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Les propositions de Paul Jorion et Bruno Colmant dans « Penser l’économie autrement » (III) Le défaut sur la dette est-il inévitable dans la zone euro ?

Couverture choisie

Il est paradoxal de constater qu’aujourd’hui, avec une dette de 92,6 %, la zone euro ne pourrait pas intégrer… la zone euro. Nous sommes en effet très éloignés des 60 % requis par le Traité de Maastricht. Aujourd’hui, la zone euro devrait consacrer un an de sa production pour rembourser sa dette. Est-ce tenable ?

Bruno Colmant : Et les chiffres qui sont cités ne tiennent même pas compte du surcoût des pensions lié à une espérance de vie plus longue !

Toute dette doit être mesurée de manière prospective. Il s’agit d’évaluer sa soutenabilité ou supportabilité dans le futur et de mesurer la prospérité qu’elle est censée avoir créée. Si un pays affiche une dette de 200 % du PIB mais que l’on y découvre par exemple un important gisement de pétrole, le problème est évidemment moins aigu. Mais si la soutenabilité n’est pas assurée, cette dette peut être remise en cause et disqualifiée. Dans la zone euro, je pense que l’on ne pourra pas imposer cette soutenabilité aux générations futures.

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Les propositions de Paul Jorion et Bruno Colmant dans « Penser l’économie autrement » (II) Que penser du « modèle allemand » ?

Couverture choisie

Si vous deviez choisir l’un des modèles économiques ? Serait-ce le modèle allemand, le modèle scandinave ou alors un autre modèle ?

Paul Jorion : Pour moi, la solution passe par un modèle de sortie de crise par le haut : par la restauration d’un système monétaire international. Celui que nous avions est mort, on le sait, en 1971, quand Nixon a dénoncé les accords de Bretton Woods de 1944, accords qui avaient entériné la position défendue à l’époque par les États-Unis, à savoir avec le dollar comme monnaie de référence : la seule ayant une parité or, les autres se définissant par leur taux de change par rapport au dollar, celui-ci pouvant être ajusté par la dévaluation ou la réévaluation.

Il a fallu attendre les années 1960 pour que Robert Triffin (1911-1993) explique pourquoi ce système ne pouvait en réalité pas marcher : le dollar servait à la fois de monnaie domestique aux États-Unis et de devise d’échange sur les marchés internationaux. Or une monnaie doit être le reflet d’une certaine richesse définissable avec précision : il ne peut pas en refléter deux comme on le lui demandait.

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LES ALLEMANDS N’ONT PAS TOUJOURS TORT ! par François Leclerc

Billet invité

Membres du gouvernement ou de la Bundesbank, les autorités allemandes nous ont habitués à des jugements à l’emporte-pièce, ainsi qu’à la défense inflexible d’une ligne invariable en raison de ses promesses futures, en dépit de ses effets désastreux et des tentatives de l’infléchir qui s’accentuent. Pas question de faire marcher la planche à billets pour soulager le poids de la dette, de la mutualiser en grand ou trop ouvertement, ou de ralentir le désendettement pour financer l’investissement et la relance qui le faciliterait !

La tentation est grande de n’y voir, au choix, que l’expression d’un égoïsme national – même s’il est à courte vue – ou d’une pensée économique dogmatique à laquelle la Bundesbank nous avait accoutumés lors d’épisodes précédents. D’autant qu’en Allemagne même l’affaiblissement de la croissance économique inquiète les milieux d’affaire, qui le font savoir par la bouche des quatre principaux instituts de recherche du pays – IFO, DIW, RWI et IWH – en dépit d’orientations divergentes.

Mais une autre approche peut être avancée, qui consiste à ne pas rejeter en bloc l’argumentation des autorités allemandes, tout du moins lorsqu’elle évacue des solutions qui n’en sont pas, sans autant avaliser les leurs. Lorsque par exemple elle s’oppose à l’appel lancé à la BCE d’escamoter la dette publique en l’achetant, ce qui évite de statuer sur le rôle de celle-ci comme substitut au développement des inégalités. Ou à la croyance que la croissance résoudra tout, afin d’éluder l’interrogation qui s’impose sur sa nature, son moteur et ses objectifs. En se réfugiant dans les deux cas derrière un tour de passe-passe.

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L’EXPORT ET LA DETTE TOMBENT A L’EAU, QUE RESTE-T-IL DANS LE BATEAU ? par François Leclerc

Billet invité.

La cause était entendue, au lendemain de l’épisode aigu de la crise : le salut viendrait par l’export que l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) avait brillamment contribué à développer. Les Chinois étaient sommés de valoriser leur monnaie pour freiner leurs exportations inondant les marchés occidentaux, et les Européens d’accroitre leur compétitivité pour augmenter les leurs. Mais le résultat n’est pas au rendez-vous, il y a quelque chose qui cloche là-dedans ! Le FMI vient de rendre publiques ses dernières prévisions mondiales et manifeste à nouveau son inquiétude. Il y a de quoi : ce sera la neuvième fois en trois ans qu’il révisera celles-ci à la baisse…

De puissants facteurs s’additionnent pour créer une spirale descendante, aux effets plus ou moins prononcés suivant les régions du monde et les pays ; la contagion se répand au sein d’une économie devenue mondialisée au sein de laquelle les pays exportateurs se révèlent très dépendants de la santé de leurs clients. La baisse de la production industrielle allemande vient de frapper les esprits, elle que l’on croyait intouchable en raison de son excellence. Le Japon connait un gros trou d’air en raison d’une augmentation de la TVA destinée à modestement limiter un déficit budgétaire et une dette gigantesques. Le Brésil est rudement touché, son modèle de développement reposant sur les exportations agricoles et le développement de son marché intérieur sur le crédit aux classes moyennes.

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COMPTE À REBOURS DU SOMMET DES 23 ET 24 OCTOBRE, par François Leclerc

Billet invité.

Jour après jour, les nouvelles tombent et vont dans le même sens :, celui de la détérioration de la situation en Europe. Selon l’Office fédéral de statistiques, la production industrielle allemande enregistre une chute de 5,7% en août, et il est difficile de la résumer au contrecoup de la forte progression de juillet dernier afin de ne pas y voir un signe de faiblesse n’ayant rien de conjoncturel. La croissance s’était déjà contractée en Allemagne au second trimestre, va-t-il en être de même au troisième, ce qui signifierait techniquement une récession ? La baisse enregistrée est principalement à attribuer aux exportations, en premier lieu en-dehors de la zone euro (là où sont placés tous les espoirs), mais le ralentissement des exportations est général, au sein de la zone comme vers les pays de l’Est européen et les pays émergents. Le modèle du salut par l’exportation n’en sort pas confirmé.

Pour la zone euro, les prévisions d’inflation à cinq ans continuent de diminuer, tandis que celles à deux ans le font encore plus fortement. Elles s’établissent à 1,094% aujourd’hui, pour un objectif d’inflation de la BCE « proche de 2% », rappelons-le. L’Istat, l’institut italien de statistiques, ne décèle aucune amélioration à ce sujet à l’horizon qui est le sien. Il prévoit par ailleurs une progression du PIB de la zone euro de 0,2% aussi bien au 3ème que 4ème trimestre, et de 0,3% au premier trimestre de l’année prochaine (et il s’agit de moyennes !). Cette très faible croissance profiterait avant tout de l’effet d’entrainement des nouvelles liquidités déversées par la BCE, selon l’institut. Continuer la lecture de COMPTE À REBOURS DU SOMMET DES 23 ET 24 OCTOBRE, par François Leclerc

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Europe : DEUX PÉTARDS DONT LES MÈCHES SONT ALLUMÉES POUR DE VRAI, par François Leclerc

Billet invité.

Nul besoin d’emphase pour prédire que la période à venir va être un peu mouvementée en Europe. Inutile également de fouiller en tous sens les grands dossiers qui restent désespérément ouverts et sans solution pour le montrer.

On en saura plus dès demain sur le programme d’achat d’Asset-backed securities (ABS) de la BCE, de plus en plus présenté comme sa dernière carte à jouer avant l’utilisation de l’arme atomique : un programme massif de création monétaire reposant sur l’achat de titres souverains. Il ne s’agit pas encore de cela, il s’en faut, mais cela coince déjà fortement entre la majorité des gouverneurs de la BCE d’un côté, et la Bundesbank dont le président est l’un d’entre eux ainsi que le gouvernement allemand de l’autre. Sans même éclairer tous les ténébreux recoins de cette tentative de l’avant-dernière chance, il est clair que les obstacles rencontrés par le président de la BCE sont nombreux et que ses chances de réussite ne le sont pas.

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L’ÉCHEC DU MODÈLE ALLEMAND QUI SE PROFILE, par François Leclerc

Billet invité.

Sigmar Gabriel, le ministre allemand de l’économie, le confirme : la croissance de l’économie allemande continue de fléchir. Il l’attribue aux conséquences du conflit en Ukraine, après avoir incriminé l’hiver la fois d’avant. De son côté, Mario Draghi constate que « la reprise en zone euro perd de l’allure », comme si elle en avait. Les deux phénomènes ne seraient-ils pas étroitement liés par hasard ?

Aveuglement présenté comme l’exemple à suivre, le modèle de l’Allemagne s’effrite. Deux économistes allemands publient coup sur coup des ouvrages dont la traduction française de leurs titres dit tout : Olaf Gersemann, le chef du service économique de Die Welt, signe « La bulle Allemagne : le chant du cygne d’une grande nation économique » et Marcel Fratzscher en fait autant de « Allemagne, l’illusion : pourquoi nous surestimons notre économie et les besoins de l’Europe ».

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Europe : LE JEU DEVIENT SERRÉ ! par François Leclerc

Billet invité.

Cela ne se passera pas comme ça ! Il ne sera pas donné à la BCE toute liberté pour calibrer à sa guise son programme d’achat d’Asset-Backed Securities (ABS), ces produits financiers de titrisation. D’après le Suddeutsche Zeitung, les ministres des finances allemand et français ont rédigé un « non paper » (selon la terminologie officielle française, une « note libre » qui ne peut être attribuée). Destinée à être discutée lors du prochain Ecofin informel de samedi – la réunion des ministres des finances de l’Union européenne – elle porte sur la revitalisation régulée… du marché des ABS. Une vraie pierre dans le jardin de la BCE !

L’objectif revendiqué respire l’innocence, puisqu’il s’agit de dynamiser ce marché anémique en incitant les banques à titriser leurs actifs, tout en les dissuadant de le faire avec des actifs de mauvaise qualité (des prêts douteux), afin de produire des ABS de bonne qualité. Il est explicitement fait référence à l’émergence de « phénomènes de pré-crise aux États-Unis », allusion à la bulle financière qui s’est développée.

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Angela Merkel verrouille les postes-clés à Bruxelles, par Jean-Michel Naulot

Billet invité. Également publié sur son blog.

La vérité oblige à dire que la chancelière allemande est sur le point de réaliser le grand chelem dans le jeu des nominations à Bruxelles. Rappelons les faits. En début d’année, Angela Merkel est allée chercher Jean-Claude Juncker comme candidat à la présidence de la Commission alors qu’il était quasiment retiré de la vie politique. Afin d’assurer la victoire de ce dernier face à Michel Barnier lors de l’élection primaire de Dublin, une compétition plus serrée que prévu, Angela Merkel a promis aux parlementaires espagnols du PPE, en échange de leur vote, qu’elle soutiendrait le moment venu la candidature du ministre de l’économie espagnol à la présidence de l’eurogroupe. La nomination de Luis de Guindos s’est ainsi jouée dès le mois de mars, pas ces jours-ci. Jean-Claude Juncker est devenu Président de la Commission après la victoire du PPE aux élections européennes et Luis de Guindos prendra la présidence de l’eurogroupe au début de l’année 2015.

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Les technocrates non-élus ont-ils désormais le droit d’aliéner la souveraineté nationale sans consultation populaire préalable ?, par Jean-Paul Vignal

Billet invité.

Faisant preuve d’une belle constance dans la promotion de ses convictions néolibérales, la Commission européenne persiste et signe dans sa volonté d’imposer la clause dite ISDS (Investor-State Settlement Dispute) dans le traité CETA avec le Canada et, partant avec les États-Unis. Le projet « confidentiel » de traité diffusé en interne par la Commission Européenne intitulé Consolidated CETA Text (Version of 1 August 2014) et « fuité » par le site allemand Tagesshau.de montre en effet clairement que ce traité de libre-échange avec le Canada qui doit être signé cet automne contient une telle clause.

Pour mémoire, la procédure ISDS permet aux sociétés privées qui s’estiment financièrement lésées par une décision gouvernementale de contester cette décision devant une instance arbitrale privée, et d’obtenir une réparation financière pour ce préjudice si cette instance extra-judiciaire, dont les décisions ne sont pas susceptibles d’appel, en décide ainsi. Elle permet donc à des entités de droit privé de prévaloir sur les décisions prises par un État souverain. Le concept n’est pas nouveau : de nombreux accords bilatéraux entre États contiennent déjà des dispositions similaires. La nouveauté consiste dans la possibilité d’en faire la règle pour l’ensemble de l’Amérique du Nord et de l’Union Européenne.

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Croissance zéro : il faut parler avec l’Allemagne, par Jean-Michel Naulot

Billet invité. Paraît simultanément sur le blog de Jean-Michel Naulot.

Les chiffres qui sont publiés en zone euro depuis plusieurs mois et tout particulièrement ces jours-ci, en France comme en Allemagne, démontrent que, contrairement à ce que croyaient les dirigeants de la zone euro, la croissance ne va pas revenir comme à l’orée d’un cycle. Elle semble pour le moment condamnée à l’encéphalogramme plat, de manière durable. Quand on s’est à ce point trompé, il devient difficile d’adapter son discours. Mario Draghi cherche des explications du côté de la situation géopolitique, le gouvernement français du côté des critères de convergence, des excédents courants de l’Allemagne et de la BCE, accusée de ne pas faire davantage marcher la planche à billets, les chefs d’entreprises du côté du rythme insuffisant des réformes de structure, toujours évoquées, rarement réalisées.

Les risques géopolitiques ? Ils ne jouent qu’à la marge. Les critères de convergence ? L’Allemagne a beau jeu de rappeler que nous avons signé le Traité de stabilité budgétaire. Les excédents courants allemands ? Le problème est évident, considérable, mais la solidarité qu’exigerait le fonctionnement normal d’une monnaie unique n’est pas au rendez-vous. Dès que l’idée d’une action correctrice est évoquée, l’Allemagne oppose une fin de non-recevoir. Keynes avait pourtant démontré que la correction des déséquilibres appartient autant aux pays excédentaires qu’aux pays déficitaires. La rigueur de la BCE ? Ses statuts lui interdisent de prendre certaines initiatives et son rôle de toute façon n’est pas de se transformer en pompier pyromane. Le ministre des finances le sait bien, lui qui faisait partie du Conseil de Politique Monétaire en pleine bataille pour le franc fort. Si la BCE apportait de nouvelles liquidités aux banques, elles s’investiraient une fois de plus dans la dette souveraine domestique. Les réformes de structures ? Leurs effets bénéfiques ne se font sentir qu’après de longues années et surtout elles deviennent quasiment impossibles à mettre en œuvre lorsqu’il n’y a plus de croissance. Le pacte de responsabilité est de ce point de vue déjà mort, avant même d’avoir été rédigé dans le détail. Le désarroi est général et « les chemins semblent fermés de toutes parts ».

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