LE COUP D’ARRÊT ALLEMAND, par François Leclerc

Billet invité.

Les supputations vont bon train outre-Rhin, reflétant les profondes incertitudes qui dominent désormais la vie politique. Les mauvais résultats électoraux enregistrés par le SPD, la CDU et la CSU ont été sous-estimés. L’échec des négociations en vue de former la coalition Jamaïque n’a pas été anticipé. Et Angela Merkel semblait pour tous être destinée à accomplir son quatrième mandat.

Seul le SPD a tiré la conclusion de la situation en décidant d’entamer une cure d’opposition. Le FDP a pris la responsabilité de reconnaître dimanche soir l’échec des négociations, considérant qu’il ne pouvait plus en résulter qu’un gouvernement chaotique. Les Verts ont essayé de jouer le jeu, salués par Angela Merkel, mais ils étaient les seuls à s’y appliquer.

Le SPD confirmant hier son refus de participer à une grande coalition, Angela Merkel ne voulant pas prendre la tête d’un gouvernement minoritaire au risque de devoir se compromettre avec l’AfD, de nouvelles élections semblent inévitables, une fois que le président de la République Frank-Walter Steinmeier aura terminé ses consultations, le préalable à la dissolution du Bundestag. Certains, en particulier en France, cultivent déjà l’espoir que le SPD puisse revenir sur son refus après les élections, sinon l’option d’une coalition Jamaïque resurgira. Selon de premiers sondages, de grands changements ne doivent pas en être attendus.

La paralysie allemande induisant celle de l’Europe, Emmanuel Macron ne peut qu’attendre une clarification du paysage pour tenter d’avancer ses pions. Mais le FDP, qui est le plus opposé à ses plans, a marqué un sérieux point. La fenêtre de tir du président n’a jamais été grande ouverte, mais elle est en train de se refermer. Matteo Renzi aura l’occasion de l’évaluer en venant le rencontrer, bien que n’étant pas son homologue. La constitution d’une liste pan-européenne représentera dans ce nouveau contexte un symbole dont les deux dirigeants ont bien besoin pour meubler ! Des noms circulent, impliquant les grands pays européens, mais les élections sont dans dix-huit mois, c’est loin…

Partager :

Contact

Contactez Paul Jorion

Commentaires récents

  1. Le capitalisme est un malentendu. Tu l’exprimes parfaitement Hadrien :  » Total a donc intérêt à des consommateurs riches et…

  2. @ ilicitano (30/06 19 h 51) Les météorologues américains (modèle GFS) nous prévoient aussi 43° le 14 juillet en Bretagne…

  3. « Anastasiia Berezovska » Clin d’oeil de l’actualité comme Harvey Oswald n’a pas longtemps survécu à l’attentat de Monaco qui aura ainsi…

  4. Les fouilles paléontologiques et les cours de récré démontrent que homo « sapiens » n’ attend pas les discours d « intellectuels » pour…

  5. Parce que l’histoire humaine n’est pas qu’une histoire d’idéologie, c’est aussi une histoire de puissance. Pétrole, histoire d’une malédiction https://www.youtube.com/watch?v=ZilE9Lj6DAI

  6. A Ruiz: Il faudrait définir ce que nous entendons par capitalisme. Pour moi: c’est un système qui enrichit (trop?) ceux…

  7. Quand comprendrez vous Hadrien, que les idéologies ne naissent pas spontanément dans la tête des gens « du peuple » , du…

  8. @Hadrien La contrainte écologique mets en évidence les limites de la démocratie consumériste, qui n’est pas l’organisation la plus adaptée…

Articles récents

Catégories

Archives

Tags

Allemagne Aristote BCE Bourse Brexit capitalisme ChatGPT Chine Coronavirus Covid-19 dette dette publique Donald Trump Emmanuel Macron Espagne Etats-Unis Europe extinction du genre humain FMI France Grands Modèles de Langage Grèce intelligence artificielle interdiction des paris sur les fluctuations de prix Italie Japon Joe Biden John Maynard Keynes Karl Marx LLM pandémie Portugal psychanalyse robotisation Royaume-Uni Russie réchauffement climatique Réfugiés Singularité spéculation Thomas Piketty Ukraine Vladimir Poutine zone euro « Le dernier qui s'en va éteint la lumière »

Meta