Dominique Temple et Mireille Chabal, La réciprocité et la naissance des valeurs humaines (III) L’échange contre le don

Billet invité. Troisième partie d’un résumé par Madeleine Théodore du livre de Dominique Temple et Mireille Chabal, La réciprocité et la naissance des valeurs humaines, Paris : L’Harmattan, 1995.

Karl Polanyi (1886 – 1964) définit trois formes d’intégration économique : la réciprocité, la redistribution et l’échange. Les deux premières sont caractérisées par une structure de symétrie, bilatérale pour l’une, centrée pour l’autre. Continuer la lecture de Dominique Temple et Mireille Chabal, La réciprocité et la naissance des valeurs humaines (III) L’échange contre le don

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique, entretien réalisé le 21 mars 2016 (texte complet)

Ouvert aux commentaires.

I- La « mentalité primitive »

Jacques Athanase GILBERT

Votre parcours est particulièrement atypique, marqué en particulier par cette étonnante transition du chercheur au blogueur. Au-delà, votre pensée s’enracine dans le champ de la transdisciplinarité, empruntant à la fois à la philosophie, à l’anthropologie, à la sociologie et à l’économie. Comment appréhendez-vous cet itinéraire ?

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De l’anthropologie à la guerre civile numérique (IX), La formation de l’ordre social suivant les prix, entretien réalisé le 21 mars 2016

Franck CORMERAIS

Depuis 2011, vous avez publié plusieurs ouvrages économiques dont Le capitalisme à l’agonie et Le prix. Les problématiques soulevées ne relèvent pas du seul secteur financier : elles engagent une anthropologie économique succédant à une anthropologie de la connaissance.

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LA THÉORIE ÉCONOMIQUE DU PAPE FRANÇOIS, par Jeanne Favret-Saada

Billet invité.

Depuis son élection, je suis les actes et les déclarations du pape François jour après jour. Je peux ainsi lire des déclarations fracassantes qu’il fait dans la presse italienne, dont on assure qu’il a revu le texte avant publication, mais… dont il corrige quelques jours plus tard l’aspect « révolutionnaire » sans que la presse en fasse état. Puis, il sort un texte très officiel (« Gaudium… »), sur lequel il n’aura aucun besoin de revenir parce qu’il est suffisamment équivoque. Force est donc de penser qu’on a affaire, avec Francis, à un Jésuite de la forme la plus aboutie, un pur génie de l’équivoque entre les mots, et entre les mots et les actes.

Encore aujourd’hui, les vaticanistes les plus sophistiqués sont incapables de lui attribuer une visée certaine sur la plupart des problèmes : on peut dire qu’il veut dissocier les finances de l’Eglise du Vatican ; mais il ne faut pas dire trop vite qu’il approuve « la-théologie-de-la-libération », car tout dépend laquelle, qui et quand ; en tout cas, il n’approuve nullement l’aspect « libération » de cette théologie (l’autonomisation des « pauvres » par rapport à toute hiérarchie), mais seulement le fait qu’elle a pour objet les « pauvres ».

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Le néolibéralisme est une anthropologie de la guerre, par Nadir (Nadj Popi)

Billet invité.

Walther Rathenau (1867 – 1922) joue un rôle essentiel parce qu’il influence à la fois Friedrich Hayek (1899 – 1992) et Carl Schmitt (1888 – 1985).

Ainsi Hayek mobilise Schmitt parce qu’il a aussi pour figure tutélaire Rathenau.

Rathenau appliqua les méthodes de l’économie en temps de guerre aux périodes de paix : il s’agit de transformer la société en mobilisant l’opinion et en forgeant cette dernière.

Je propose de qualifier le néolibéralisme comme un socialisme utopique visant à forger une anthropologie de la guerre (en temps de paix) : voila pourquoi le néolibéralisme planifie et organise la crise en contribuant à la formation d’une anthropologie de guerre et donc d’une citoyenneté sacrificielle en période d’austérité qui exige une situation d’état d’urgence permanent (coup d’État permanent) et des mesures d’exception qui contreviennent au fonctionnement de la démocratie.

La politique néolibérale d’austérité, en sus de transférer la richesse vers la classe des rentiers forge une citoyenneté sacrificielle (mobilisation de l’opinion, dramatisation des enjeux) et donc une anthropologie de la guerre.

Hayek a recours à Schmitt parce qu’Hayek comme Schmitt sont à l’école de Rathenau.

Rathenau est donc aux sources du néolibéralisme qui est indissociable de l’autoritarisme et de la culture de la guerre.

L’idée que le néolibéralisme façonne une véritable anthropologie de la guerre peut nous permettre d’appréhender l’idée de Karl Polanyi (1886 – 1964) selon laquelle le néolibéralisme parce qu’il génère une anthropologie agonistique nous amène au fascisme, au nazisme, et à la guerre.

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Deux économies ou une seule économie ? Un principe ou deux principes ?, par Dominique Temple

Billet invité

L’économie de réciprocité est une économie naturelle comme l’économie d’échange.

Les hommes comme le rappelle Aristote partout se sont réunis pour s’entraider mais ils ont observé ce phénomène singulier que l’entraide leur apportait un sentiment commun qu’ils ignoraient dans leur solitude et qu’ils apprécièrent d’autant plus qu’il s’accompagnait d’une raison qui lui donnait une forme : l’éthique. Celle-ci leur permettait de s’accomplir dans un autre domaine que celui de la vie, le domaine de l’esprit. L’éthique leur parut alors la motivation principale du vivre ensemble.

De l’actualisation de cette nouvelle puissance sont nés les sciences et les arts, et les biens d’un autre ordre que ceux pour lesquels les hommes s’étaient initialement secourus.

Les biens créés au nom de l’éthique s’ajoutèrent aux biens nécessaires à la vie. Les biens sont donc de deux sortes : ceux qui satisfont les besoins et qui sont créés dans le cadre de la réciprocité, et les biens créés à partir du sujet humain qui résulte de la réciprocité – le sujet non plus biologique mais la conscience qui se substitue au sujet biologique et qui semble par rapport à lui libre, souverain – autrement dit les biens qui correspondent au désir du bonheur (eudemonia).

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Dette, 5000 ans d’histoire, de David Graeber, par Vincent Présumey

Billet invité.

Dette, 5000 ans d’histoire, de David Graeber, paraît en français aux éditions Les liens qui libèrent, deux ans après sa parution aux États-Unis où le livre a connu un succès significatif, accompagnant le mouvement Occupy Wall Street. L’auteur est un universitaire londonien qui s’inscrit dans le courant de pensée anarchiste entendu au sens large. Une bonne partie de ce succès d’édition, sans aucun doute un signe des temps et certainement un bon signe, s’explique par la préconisation faite en conclusion : ne plus payer la « dette publique ». Il s’explique aussi par le fait que c’est un livre agréable à lire et fourmillant d’informations et d’anecdotes toujours signifiantes et bien placées. Malgré ses près de 500 pages on peut donc l’avaler assez vite, après quoi, passé le goût sucré et stimulant de ce plat, on se demande qu’est-ce que l’auteur a voulu formuler exactement, comme explications théoriques, historiques et sociales des problèmes majeurs auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés. Et l’on réalise qu’une certaine légèreté, pour ne pas dire une certaine inconsistance, est ici présente. Les mêmes caractères qui concourent au charme de l’ouvrage : le recours illimité à l’analogie comme méthode dans l’analyse et la description des sociétés humaines en tous lieux et toutes époques, fondé sur une tendance manifeste à considérer que tout se répète toujours et qu’il n’y a pas beaucoup de nouveautés sous le soleil, apparaissent alors comme ses points faibles.

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HORSCHAMP.org, Paul Jorion, un anthropologue au pays des subprimes

Horschamp.org

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FRANCE CULTURE, « La Nuit rêvée de… Paul Jorion », dimanche 6 novembre de 1h00 à 6h15

Pour les couche très tard ou les lève très très tôt. Je vous rassure, ce n’est pas du direct !

Ressusciter par la voie des ondes, la voix de quelques-uns de mes penseurs favoris.

01:00 « La Nuit rêvée de… Paul Jorion » : Entretien avec Paul Jorion – 1ère partie
par Marc Floriot

01:14 « Rencontre avec Fernand Braudel » – 1ère diffusion : 30/3/80
par Patrice Galbeau
Avec Fernand Braudel, Collège de France ; Étienne François, Université de Göttingen ; Georges Vallet, École Française de Rome ; Maurice Aymard, EHESS ; Jacques Thuillier, Collège de France ; Karl Ferdinand Werner,
Institut historique allemand ; Pierre Toubert, Sorbonne

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LA PRETENDUE « THEORIE DE LA VALEUR » D’ARISTOTE : DES SCOLASTIQUES A PAUL JORION, par Zébu

Billet invité

Dans ‘Le Prix’, Paul Jorion s’attache à démonter les mécanismes de la formation des prix en se basant sur l’analyse qu’en fait Aristote dans son ouvrage ‘Ethique à Nicomaque’ (Livre V Chapitre V).

Ceci appelle immédiatement plusieurs remarques. Le Stagirite a rarement écrit sur l’économie et quand il le fait, il en parle brièvement et toujours inséré dans des réflexions philosophiques importantes, notamment la justice dans cet ouvrage. Une grande partie de la pensée économique ‘classique’, de l’Ecole de Salamanque jusqu’à Marx en passant par Smith, remonte jusqu’à cette source, qui fut utilisée par les scolastiques à un moment spécifique et bien daté de l’Histoire de la pensée occidentale (13ème siècle), qui est à l’origine de la création du concept de valeur.

C’est dire toute l’importance qu’a ce texte, pour ces deux raisons mais aussi l’importance d’être certain de ce qu’avait voulu décrire Aristote dans ces quelques pages et ce d’autant plus qu’une grande part de la pensée économique ‘apocryphe’ fonde ses hypothèse, ses théories, ses concepts sur celui de la valeur.

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