Le néolibéralisme est une anthropologie de la guerre, par Nadir (Nadj Popi)

Billet invité.

Walther Rathenau (1867 – 1922) joue un rôle essentiel parce qu’il influence à la fois Friedrich Hayek (1899 – 1992) et Carl Schmitt (1888 – 1985).

Ainsi Hayek mobilise Schmitt parce qu’il a aussi pour figure tutélaire Rathenau.

Rathenau appliqua les méthodes de l’économie en temps de guerre aux périodes de paix : il s’agit de transformer la société en mobilisant l’opinion et en forgeant cette dernière.

Je propose de qualifier le néolibéralisme comme un socialisme utopique visant à forger une anthropologie de la guerre (en temps de paix) : voila pourquoi le néolibéralisme planifie et organise la crise en contribuant à la formation d’une anthropologie de guerre et donc d’une citoyenneté sacrificielle en période d’austérité qui exige une situation d’état d’urgence permanent (coup d’État permanent) et des mesures d’exception qui contreviennent au fonctionnement de la démocratie.

La politique néolibérale d’austérité, en sus de transférer la richesse vers la classe des rentiers forge une citoyenneté sacrificielle (mobilisation de l’opinion, dramatisation des enjeux) et donc une anthropologie de la guerre.

Hayek a recours à Schmitt parce qu’Hayek comme Schmitt sont à l’école de Rathenau.

Rathenau est donc aux sources du néolibéralisme qui est indissociable de l’autoritarisme et de la culture de la guerre.

L’idée que le néolibéralisme façonne une véritable anthropologie de la guerre peut nous permettre d’appréhender l’idée de Karl Polanyi (1886 – 1964) selon laquelle le néolibéralisme parce qu’il génère une anthropologie agonistique nous amène au fascisme, au nazisme, et à la guerre.

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