L’année 2009 : l’ère du semblant

Paraît dans L’ENA hors les murs No 397, janvier 2010.

L’année 2009 restera sans doute comme la plus extraordinaire dans les annales de la finance. Des règles fondamentales qui dictaient son organisation furent suspendues, de peur que la poursuite de leur application ne mette tout l’édifice économique en danger. Le caractère tout à fait exceptionnel des circonstances conduisit à la mise en place de l’équivalent d’un état d’urgence où les problèmes qui se posaient étaient réglés au cas par cas par les autorités en charge, donnant leurs directives hors des cadres convenus, autorités administratives, directeurs de banques commerciales et président de banque centrale prenant leurs décisions conjointement dans l’ignorance de tout protocole, et ceci en Europe aussi bien qu’aux États-Unis en raison de l’urgence et parce que les chiffres économiques calculés à l’abri des regards indiscrets mettaient en évidence une insolvabilité généralisée. Le monde était entré dans une période où le système capitaliste ne pouvait plus fonctionner que par le jeu de mesures ad hoc improvisées. Jamais sans doute on ne parla tant de transparence, jamais pourtant l’opacité ne fut davantage à l’ordre du jour.

La fin de l’année 2008 avait offert le spectacle de la déliquescence de la seconde administration Bush, naviguant à vue sur un océan de mauvaises nouvelles, incapable faute de temps, de mettre en place une politique innovatrice. Barack Obama avait été élu président des États-Unis et prendrait les rênes du pouvoir en janvier 2009. Il s’agissait d’un homme jeune et dynamique : le cauchemar, pensait-on s’achèverait bientôt !

Il n’en fut rien. Durant la campagne présidentielle, pressé par sa base populiste, John McCain, le candidat républicain avait adopté une attitude sans concession à l’égard de Wall Street, menant en particulier la fronde contre le « Plan Paulson » destiné à stopper la gangrène par une injection de fonds au montant jusqu’alors inouï de 700 milliards de dollars. Obama, prenant de la hauteur, tenait lui des propos modérés. Wall Street n’hésita pas un instant et vint se ranger comme un seul homme sous sa bannière. Le sort en était jeté : Wall Street apporterait son soutien au candidat démocrate, tandis que Goldman Sachs, son fleuron, devenait son principal soutien financier. Wall Street embrassait Obama et, c’en était fait de lui.

Le monde attendait du nouveau président un « New Deal » ambitieux à la hauteur de l’enthousiasme qui l’avait porté au pouvoir et ne se vit offrir à la place qu’une tentative dérisoire de reconstruire à l’identique le système dont l’irrémédiable effondrement avait été observé dans la stupeur l’année précédente.

La bulle du crédit avait été d’une dimension inédite et l’on découvrait rapidement que le trou creusé par son éclatement était si grand que les moyens pour le combler manquaient, et ce malgré un doublement du déficit budgétaire des États–Unis. La tentative de reconstruction tourna rapidement au fiasco et l’on décida alors d’instaurer un état d’urgence qui permettrait la mise entre parenthèses des règles prudentielles régnant d’ordinaire. Citons parmi les oukases les plus spectaculaires et les plus choquantes : l’obligation faite sous la menace au FASB, le Financial Accounting Standards Board, l’organisme américain chargé des règles comptables, de modifier dans un sens favorable le mode de calcul du prix des produits financiers dépréciés, ou la directive encourageant les organismes de crédit à s’abstenir d’enregistrer comme pertes la différence entre la somme encore due et la valeur du collatéral lorsque la seconde était devenue inférieure à la première. Le contexte d’un tel abandon des principes les plus élémentaires de gouvernance était celui d’un « tout est bon » généralisé où la Federal Reserve distribuait ses faveurs sans révéler ni à qui ni pour quel montant, prétextant que la divulgation de ces informations fausserait la logique concurrentielle.

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L’actualité de la crise: la crise sous son angle politique, par François Leclerc

Billet invité.

LA CRISE SOUS SON ANGLE POLITIQUE

Le 16 décembre dernier, deux sénateurs républicain et démocrate déposaient un projet de loi intitulé « Banking Integrity Act », qui n’a pas probablement pas fini de faire parler de lui. En une seule page et trois articles, John Mc Cain (R) et Maria Cantwell (D) ne proposent rien de moins que de rétablir la principale disposition du Glass-Steagall Act, qui avait instauré en 1933 une stricte séparation entre banques de dépôts et banques d’affaires. Un mur qui avait été ensuite abattu en 1999, par le Gramm-Leach-Bliley Act. Cela pourrait être courant janvier que Christopher Dodd, président de la Commission des Banques du Sénat, devrait annoncer le sort qui sera réservé à ce projet, qui suscite actuellement d’intenses discussions. Un projet similaire avait bien été déposé sur le bureau de la Chambre des représentants par Maurice Hinchey (D), mais il n’avait pas été retenu au sein du paquet de mesures de régulation financière adopté le 11 décembre dernier. Les dispositions votées prévoyant que les régulateurs pourraient seulement, si jugé nécessaire, instaurer au cas par cas un tel démantèlement.

Les opposants à ce nouveau projet de loi sénatorial, très mobilisés sous la bannière de la toute puissante American Bankers Association, ont beau jeu pour s’y opposer de faire valoir, examen des épisodes successifs de la crise bancaire à l’appui, qu’une telle séparation n’aurait pas empêché celle-ci de survenir. Lehman Brothers, pour ne prendre que cet exemple, n’ayant que des activités de banque d’affaire. Mais ils feignent d’oublier un événement majeur, alors intervenu dans la précipitation la plus totale : l’obtention par Goldman Sachs et Morgan Stanley du statut de compagnie bancaire, leur donnant accès aux liquidités de la Fed. Le retour à une séparation des activités bancaires aurait, en effet, comme conséquence la perte de ce soutien décisif pour celles qui ne conserveraient que le statut de banque d’affaires. Autant dire qu’elles auraient été condamnées dans le cours de la crise actuelle et le seraient tout aussi probablement si une nouvelle crise survenait. Si l’on veut réécrire l’histoire, il faut le faire pour tous ses épisodes.

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« Pourquoi les économistes n’ont-ils pas prévu la crise ? », par Vladimir Yefimov

Billet invité.

Cher Monsieur Jorion,

Votre question « Pourquoi les économistes n’ont-ils pas prévu la crise ? » est très pertinente. La réponse pourquoi vous l’avez prévue : « parce que j’étais employé au cœur-même de l’industrie où cette crise avait son origine : c’est-à-dire dans l’immobilier résidentiel américain » n’est bien sûr pas une réponse complète à la question posée.

Pour ma part, je répondrais à cette question de la façon suivante : les économistes n’ont pas prévu la crise parce qu’ils ne connaissaient pas la réalité économique du fait qu’ils se plongent soit dans les modèles abstraits mathématiques (orthodoxie), soit dans les raisonnements également abstraits (hétérodoxie). Comme Paul Krugman le faisait remarquer, « la profession de la discipline économique s’est égarée parce que les économistes, en tant que groupe, ont pris faussement pour vérité la beauté habillée dans des impressionnantes apparences mathématiques » (New York Times, le 6 septembre 2009, ma traduction). Pour prévoir la crise, il fallait connaitre – comme c’était votre cas – les détails du fonctionnement du système, mais la tradition établie de la discipline économique déteste les détails, parce qu’elle se fonde sur des simplifications. La vérité dans le domaine socio-économico-politique ne peut se révéler qu’à partir des études des détails que vous maitrisez parfaitement. Une partie importante des textes de vos ouvrages sont des descriptions. Les analyses que vous faites partent de ces descriptions assez détaillées des pratiques, c’est-à-dire des règles qui sont suivies par les acteurs et leurs croyances appuyant ces règles. Les économistes sont obsédés par l’utilisation des notions/concepts créés à l’intérieur de leur communauté. La plupart de ces notions sont des notions a priori dont la création n’était basée sur aucune recherche basée sur les faits. Par exemple, Schumpeter indiquait que les notions fondamentales introduites par Keynes « n’étaient établies sur aucune antécédent de recherche factuelle » (History of Economic Analysis, 1954, p.42). Dans votre analyse vous n’étiez pas gêné par la nécessité de vous baser sur des notions/concepts a priori ; votre analyse était ancrée dans vos descriptions. On peut dire que dans vos textes l’analyse accompagne les descriptions. Les économistes sont convaincus que, sans ce type de notions, aucune recherche n’est possible car ces notions servent de « lunettes » pour voir la réalité économique, mais en vérité elles créent des obstacles pour la compréhension de cette réalité. Les économistes détestent les descriptions, surtout lorsqu’elles sont détaillées, et ils les considèrent comme absolument inadmissibles dans les textes dits « scientifiques ». C’est pour cela que les économistes sont impuissants à comprendre et prévoir quoi que ce soit.

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L’actualité de la crise : quand on lève un coin du tapis, par François Leclerc

Billet invité.

QUAND ON LEVE UN COIN DU TAPIS

Il est rarissime que le très sélect Financial Times fasse référence à cette économie que l’on appelle de plein de noms différents – parallèle, souterraine, de l’ombre, fantôme, informelle, etc… – sans doute parce que l’on ne sait pas bien la décrire, que l’on préfère l’ignorer ou la cacher, ou bien encore parce qu’elle dérange. Au choix : les esprits, les convenances, ou l’analyse.

Cette activité est systématiquement présentée comme criminelle, ce qu’elle peut d’ailleurs être, bien que cela ne soit pas du tout toujours le cas. On la retrouve en haut comme en bas de la société, cela va de soi très dissemblable dans les deux cas, pour peu que l’on gratte un peu, fasse preuve de curiosité et qu’on la recherche. Exprimant une même réalité dans sa diversité : celle d’une emprise imparfaite ou contournée de l’Etat. Obéissant cependant à d’autres règles, car elle est souvent, elle aussi, très réglementée.

Pour une fois, le FT a choisi de ne plus couvrir la haute finance et la grande économie, pour rendre compte d’une étude consacrée à la « shadow economy » (l’économie de l’ombre). Il faut dire qu’elle provenait de la Deutsche Bank, ce qui lui donnait donc droit de cité dans ses colonnes. Toutefois, on n’apprendra pas beaucoup dans cette étude sur cette activité mystérieuse, sauf qu’elle est illégale, (à ce titre criminelle, ce qui ne nous surprend pas). Sont ainsi évoqués l’absence de facturation, le travail au noir, les payements discrets en liquide, l’évasion fiscale, ainsi que le trafic de drogue pour faire bonne mesure. Toute curiosité ayant ses limites, cette liste s’arrête là.

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A propos de « Comment la vérité et la réalité furent inventées » : les néo-pythagoriciens italiens, par Jaycib

Billet invité.

Cher Paul,

J’ai peiné à suivre le détail de Comment la vérité et la réalité furent inventées, mais cela tient surtout à mon ignorance crasse des sujets qui y sont traités. J’ai donc lu cet ouvrage à petites doses afin d’en assimiler le maximum. Au final, je crois en avoir plus ou moins correctement appréhendé les enjeux, surtout vers la fin, avec l’examen des travaux de Cantor et surtout du très regretté Turing. Et je me suis délecté de votre « démontage » de la logique de Gödel, sur laquelle je m’étais beaucoup interrogé intuitivement pendant des années au contact de collègues enseignants qui ne partageaient pas votre approche critique.

J’ai été interpellé par votre usage du terme « exaspération » pour caractériser le comportement de Galilée. Qu’est-ce qui pouvait bien l’exaspérer, sinon le refus des théologiens, et notamment des aristotéliciens de l’époque, de reconnaître la caducité de leur propre modèle géocentrique de l’univers, avec ses espaces « sublunaire » et « supra-lunaire » et ses sphères? Et s’il s’est rendu coupable de « provocations », comme vous dites, cela n’est-il pas dû au sentiment de supériorité qu’il éprouvait après avoir découvert, entre autres choses, les (quatre premiers) satellites de Jupiter et avoir pu insérer ces découvertes dans le contexte de son exploration des théories de Kepler? Si l’on additionne les coordonnées de Tycho Brahé (très fiables pour l’époque) et le résultat de ses propres investigations, Galilée ne peut pas, à mon sens, être accusé d’avoir négligé les données empiriques. C’est ce qui rend son incorporation dans les rangs des promoteurs univoques des modèles mathématiques de la physique d’autant plus surprenante. Sur ce plan, Galilée me paraît moins « coupable » que Kepler, qui, lui, n’a pas fait grand-chose d’autre, fût-ce avec un génie mathématique certain, que dériver un modèle de lois cosmologiques des constatations de Tycho.

Sur un tout autre plan, comme vous ne citez jamais le mot « Renaissance » dans votre ouvrage, il me semble qu’il faut quand même insister sur l’importance de ce moment de l’Histoire, marqué par un foisonnement désordonné des savoirs, et, parmi ce fouillis, par la fondation de l’académie néo-platonicienne de Florence en 1438 à l’instigation du banquier Cosme de Médicis (1389-1464). A la mort de Cosme, cette académie fut dirigée par Marsile Ficin (1433-1499), unanimement considéré comme le plus grand et le plus passionné des philosophes néo-platoniciens de la Renaissance, entraînant à sa suite le jeune érudit boulimique et erratique Jean Pic de la Mirandole (mort en 1494, à l’âge de 31 ans), dont le projet consistait à réunir toutes les religions (y compris les cultes de Zoroastre et de divers polythéistes) par la magie d’une sorte de concordia générale.

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BFM Radio, le lundi 28 décembre à 10h46

Effacer son nom

S’il y a bien une question que l’on me pose souvent, c’est « Pourquoi les économistes n’ont-ils pas prévu la crise ? » Et j’ai l’habitude de bâtir ma réponse en pensant a contrario aux raisons grâce auxquelles j’ai pu personnellement la voir venir : parce que j’étais employé au cœur-même de l’industrie où cette crise avait son origine : c’est-à-dire dans l’immobilier résidentiel américain.

J’ai cependant repensé à cette question en retombant par hasard sur un débat qui avait lieu dans les années 1980 : le débat relatif à ce qu’on appelait alors la « physique qualitative ». Qu’est-ce que cela veut dire ? La physique qualitative s’oppose à la physique ordinaire, qui est elle comme on le sait, essentiellement « quantitative ». Elle lui reproche de ne pas s’intéresser aux transitions, c’est-à-dire aux changements qui ont lieu dans les systèmes. Dans le cas d’une machine à vapeur par exemple, le modèle néglige le fait qu’elle pourrait exploser. Et du coup, selon la physique « quantitative » ordinaire, il n’est pas nécessaire qu’il y a ait une valve. Et c’est le même type de situation que l’on rencontre en économie : nous avons construit des modèles où rien n’indiquait que la machine économique pouvait exploser. Le cas est-il le même que celui de la physique ? Non, pas vraiment : parce que quelqu’un avait pensé à ces transitions qui peuvent déboucher sur une catastrophe. Mais, malheureusement pour la science économique, le fait que le système puisse exploser, faisait plutôt plaisir à cet économiste. Et du coup, personne ne voulait entendre parler de ce qu’il avait à dire.

Cet économiste, c’est Karl Marx évidemment. Mais comme il se conduisait en malotru qui ne s’intéressait au capitalisme que parce qu’il lui semblait condamné à terme, la « science » économique a préféré couler une dalle de béton sur le nom de Karl Marx et sur sa proposition sacrilège que le capitalisme pouvait avoir une fin.

Et tout s’arrangeait de cette manière. On était de nouveau entre soi, entre gens de bonne compagnie, à l’abri des malpolis qui interrompent les conversations. La fin possible du capitalisme avait été, comme disent les psychanalystes : « refoulée ». Malheureusement, et comme ils le savent très très bien, le refoulé revient toujours. Et quand il le fait, ce n’est pas indolore : il trouve toujours le moyen de faire payer chèrement son absence forcée. Et pour paraphraser une expression dont il fut lui-même l’auteur : « Un spectre hante la science économique et c’est le spectre de Karl Marx ».

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Retrouvailles !

Il vient un âge où l’on peut dire comme ça, sans sourciller : « Remontons trente-six ans en arrière ». En être arrivé là présente certains avantages, comme le fait d’avoir lu beaucoup de livres intéressants ou vu des pays qui ne ressemblent pas aux livres qui les décrivent, et certains inconvénients, comme des articulations qui font « crouï… crouï… », ou le fait d’avoir divers morceaux d’anatomie remplacés par des machins en plastique.

Ceci en guise d’introduction au fait que j’ai eu aujourd’hui le très grand plaisir de déjeuner en compagnie de Jo Le Hyaric, qui était maire de l’île de Houat dans le Morbihan en 1973 et 1974, à l’époque où j’y ai habité et m’y suis familiarisé avec le monde de la pêche artisanale. Avec Jo j’ai découvert en particulier les « métiers » de la crevette bouquet, du dragage des huîtres et des coquilles Saint-Jacques en eau profonde. Je conserve de la pêche avec lui le souvenir impérissable d’un congre kilométrique au sourire mauvais, échappé d’un casier à homards, ainsi que celui d’un énorme turbot dont j’ai bien cru qu’il allait me casser les doigts alors que je tentais de le maîtriser sur le pont du bateau.

Nous avons parlé des gens que nous connaissions. Trente-six ans, ça fait beaucoup de disparus, beaucoup de destins aussi ayant pris des tours invraisemblables.

C’est Françoise, la fille de Jo qui avait treize ans à l’époque, qui nous a permis de nous retrouver (l’internet facilite de telles occasions de renouer contact en un ou deux courriels). Jo m’a dit que les jeunes avaient abandonné la pêche : « C’est un dur métier ! ». Il ne m’avait fallu que deux ou trois sorties en mer pour m’en convaincre. Celles qui suivirent, ce fut pour approfondir : pour connaître les détails.

36 ans après

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Escroquerie à la Réserve fédérale : de Bernanke à Bernankoff ?, par Onubre Einz

Billet invité. Vous avez été plusieurs à me signaler ce billet. Je me suis adressé à son auteur, Onubre Einz, lui demandant le droit de le reproduire ici, ce qu’il m’a très aimablement autorisé de faire. Comme il le dit sans ambiguïté : il ne s’agit que d’une hypothèse.

Dans un post récent, nous émettions des doutes sur la politique financière des USA ; les achats de bon du Trésor des USA nous servaient à exprimer de lourdes interrogations sur les acheteurs des bons émis, la thèse de l’achat en sous-main des titres nous paraissait plausible. La démarche que nous avons initiée est poursuivie ici en prenant pour base un examen serré des comptes de la Réserve fédérale (Fed).

Ces comptes donnent lieu à de sérieuses interrogations sur la politique menée par la Fed. Ces doutes concernent deux éléments : d’une part la sincérité des émissions de titres de dette par le gouvernement américain – qui est sujette à caution -, d’autre part un possible soutien au secteur immobilier via les opérations de rachat de créances titrisées des GSE Fannie Mae et Freddie Mac. Si notre lecture est vraie, la Fed sortirait de ses domaines d’attribution depuis l’arrivée de l’administration Obama avec des risques colossaux pour l’économie mondiale.

L’examen qui suit ne doit surtout pas être pris pour « argent comptant ». Nous formulons des hypothèses de lecture en les étayant pas un examen précis des comptes de la Fed. Nous ne prétendons en aucune manière dire le fin du fin de la politique financière des USA. Il ne faut pas plus voir dans les suppositions que nous formulons une énième expression de la théorie du complot ; les USA sont au cœur d’une tourmente pouvant laisser libre cours à des collusions entre acteurs financiers – privés et publics – afin de mettre en place des opérations douteuses de sauvegarde de l’économie américaine. On formulera simplement les raisons pour lesquelles la politique de la Fed pourrait avoir pris une direction inusitée dans un contexte historique exceptionnel.

Pour construire notre argumentation, nous avons utilisé deux documents : Les “Flow of Funds account Z.1″ de la Fed, tableau F. 108 et L. 108, Monetary Authority et les “Factors Affecting Reserve Balances H 4.1″ de la Fed, December 17 2009. Les données du quatrième trimestre qui figurent plus haut dans les graphiques sont extraites et compilées à partir du document H 41 de la Fed. Tous les chiffres des tableaux sont en Md de $.

L’examen des comptes de la Fed peut se diviser en deux : le passif de la Fed correspondant à la couverture financière de ses opérations, ces opérations elles-mêmes qui constituent ses actifs. Le plan que nous suivrons est donc simple, l’examen des couvertures sera suivi de celui des actifs de la F.E.D. Ce sont les actifs qui constitueront la matière de nos investigations. Au final, nous replacerons notre lecture des comptes de la Fed dans le cadre de la politique générale de l’administration Obama.

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Appel de décembre

Pour mai : 2.374 €
Pour juin : 3.099 €
Pour juillet : 2.022 €
Pour août : 2.480 €
Pour septembre : 1.892 €
Pour octobre : 2.140 €
Pour novembre : 2.288 €

Merci pour vos donations en novembre : objectif atteint !

Somme (brute) reçue à ce jour (le 31) pour décembre : 2 263 €. OBJECTIF ATTEINT !

Un mois de novembre marqué pour moi par la sortie de Comment la vérité et la réalité furent inventées (chez Gallimard, le 5 novembre).

Un bon démarrage pour L’argent, mode d’emploi, paru chez Fayard le 28 octobre et pour lequel l’éditeur vient de procéder à son troisième tirage (chacun de 5.000 exemplaires).

Votre soutien m’a permis d’intervenir en novembre en de multiples endroits.

Ainsi, j’étais du 5 au 7 novembre aux Entretiens d’Auxerre 2009, dont le thème était « L’argent ». À cette occasion, j’étais l’invité le 6 novembre de France Bleu – Auxerre.

Le 10 novembre, j’étais l’un des huit experts appelés à témoigner à la Commission Spéciale sur la Crise Financière, Économique et Sociale (CRIS) du Parlement Européen.

Le 14 novembre, j’étais l’invité de Frédéric Taddéi sur Europe 1, dans « Regarde le monde changer » .

Le 14 novembre également, L’Écho, publiait un long portrait intitulé : « L’argent, mode d’emploi ».

Le 20 novembre, dans La Tribune, un compte rendu très flatteur de « L’argent, mode d’emploi » par Éric Benhamou, intitulé : Un voyage d’anthropologue dans le monde de l’argent.

Le 25 novembre, je participais avec Didier Sornette à l’IHEST à un débat intitulé : « Séismes et bulles financières : quelle prévision ? ».

Enfin, le 26, j’étais à Marseille et le 27, à Dijon. Les entretiens que j’ai eus là seront visibles sur l’Internet. Je vous les signalerai aussitôt qu’ils seront en ligne.

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