Cantique de Noël

Il n’y a pas que Noël blanc d’Irving Berlin, traduit de l’américain, ou Petit Papa Noël d’Henri Martinet et Raymond Vinci, nous avons quand même en français « Minuit, chrétiens » d’Adolphe Adam et Placide Cappeau – que le monde nous envie. Ça, c’est aut’chose, ma p’tite Dame !

Pour moi, c’est un souvenir. À l’hiver 1973, dans l’île de Houat, Christian – avec qui je partageais une petite maison sans eau et très froide – était un jour rentré en me disant : « Tu ne sais pas ce qui m’arrive, le recteur [le curé] vient de me demander de jouer de la guitare pour la messe de minuit ! » Nous avons bien ri. Je sors un peu plus tard, et je tombe à mon tour sur le recteur qui me dit : « Paul, j’ai besoin de toi pour chanter « Minuit, chrétiens » ». J’avais ma réponse toute prête :

– Monsieur le Recteur, je ne sais pas chanter !
– Ça ne fait rien, je t’apprendrai !

Ce qu’il a fait le bougre ! Y compris le « Noëëëël ! » final qui se perd dans les combles.

Joyeux Noël !

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22 réflexions sur « Cantique de Noël »

  1. Joli souvenir, comme quoi, quand le coeur y est !
    Il n’y a pas un enregistrement ? 😉

    Cela me fait penser à une expérience un peu du même genre que j’eus aussi un 25 décembre, mais à Pékin, en 1989.
    Alors en Chine donc, dans une des universités de Pékin où je me trouvais depuis déjà quelques mois je fus approché moi et quelques autres étudiants européens et américains par un couple d’américains à la retraite prof de leur état, pour former chorale devant un auditoire de chinois, à la cantine, le jour J ! Nous connaissions ces américains, très sympathiques au demeurant, mais tout de même, moi qui suis plutôt agnostique j’eus quelque scrupule à me voir soudain faire oeuvre de prosélytisme, même un jour de Noël.
    Finalement tout se passa très bien. Je dois ajouter tout de même que l’habitude de s’offrir des cartes de Noël — surtout musicales c’était alors la mode — commençait à se répandre dans la jeunesse collégienne ou étudiante. Sans pour autant bien entendu que Noël ne devienne une fête familiale encore moins religieuse. Comme quoi quand on parle de choc des civilisations, il faut relativiser.

  2. Paul,

    Il est facile d’imaginer dans la petite église de Houat, que ni le décorum, ni les grandes orgues ne puissent ternir une fraternité de marins; sur cet ilot déplumé aux rues étroites pour se proteger du vent et blanchies comme un village des Cyclades.

    Bonnes fetes marines!

  3. Cher Monsieur Jorion, cher Monsieur Leclerc, nous ne devons pas oublier de vous souhaiter un joyeux Noêl et une trés bonne année 2010. En vous remerciant grandement de vos analyses et commentaires éclairés. Nous relayerons vos idées partout, quand cela sera possible en espérant qu’elles s’imprègnent dans les esprits et fasse un peu bouger les choses.
    Bien amicalement à vous deux,

    PS; Appel: nous ne voyons plus apparaître « Moderato Cantabile » dans les commentaires. Quelqu’un aurait il de ses nouvelles?

    1. J’ai posé la même question au sujet de Moderato Cantabile il y a environ un mois, et d’autres habitués du blog se sont également enquis d’elle. Apparemment, il n’y a pas de nouvelles, hélas!

  4. Comment, Paul vous ne saviez pas chanter?! Mais c’est une absurdité! Il y a une très belle phrase de Cocteau (dans un registre parallèle): « Si vous savez écrire, vous savez dessiner! » Il y ajoutait quelque part que le dessin est le « prolongement lyrique de l’écriture dans l’espace ». Evidemment, l’académisme n’a que faire de telles déclarations, dont il devrait cependant s’inspirer. Heureusement, votre « recteur » (ça fait un peu protestant, ce terme, non?) de l’île de Houat, lui, était au courant.

    L’interprétation inattendue de Minuit Chétien par les choeurs de l’Armée Rouge m’en bouche un coin! A la réflexion, que l’Etre-donné soit commun au bolchevisme et au christianisme ne devrait pas vraiment nous surprendre.

    Joyeux Noël!

  5. Kis karàcsonyi ének = Petit chant de Noël
    à partir d’un très vieux chant traditionnel : elindult Mària(Marie se met en route(pour Bethléem), le poète national Adi Endre (1877-1919), compose un petit poème, dans lequel il évoque ses mauvais souvenirs de ce faux Noël de 1883, où, à l’âge de 6 ans, il n’avait pas le droit de sortir de la maison (maladie, punition ?)pour aller jouer avec les autres enfants en se rendant à la messe;
    le groupe Ghymes, des Slovaques de langue hongroise, met en musique ce poème (qu’il raccourcit), en terminant par la dernière strophe du chant traditionnel;
    (cette petite vidéo réalisée juste après la chute de mur, avec les moyens du bord, est très modeste; on remarquera la mauvaise synchronisation; mais on remarquera aussi les instruments traditionnels de la Renaissance, la présence et le rôle des enfants, la modestie des vêtements, tous les symboles)

    (je me tiens à votre disposition pour plus de renseignements, traduction ….)

  6. Personnellement je préfère les voeux de nouvel an pour me réjouir !
    Mais, je ne veux pas jeter un froid et je préfère encore voir les gens réjouis par les fêtes…

    A ce propos, en voilà qui vont avoir un joyeux Noël :

    « Les autorités américaines se sont vues forcées de relever les rémunérations de nombre de patrons d’entreprises renflouées à coup de milliards par l’Etat, par crainte de faire fuir les dirigeants les plus compétents. »
    (Lordondit « Mais qu’ils partent ! Ils ont fait assez de mal ! »)

    Ceux qui se gèlent dans la rue n’ont pas droit à un tel oxymore !

    Bonnes fêtes à tous !

  7. Soyons heureux, pour les grands hommes de ce monde………

    — Le PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, a été choisi comme «personne de l’année» par le quotidien Financial Times (FT) pour avoir fait traverser à la très controversée banque d’affaires américaine la crise financière avec un certain succès. |
    http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/services-financiers/200912/24/01-934026-le-pdg-de-goldman-sachs-nomme-personne-de-lannee.php

  8. Bonnes fêtes à tous, je ne résiste pas à vous coller mon Père Noël préféré dans vos chaussons. C’est Daniel
    Emilfork dans le rôle, extrait du film « La cité des enfants perdus » :

  9. Kézfogàs , poignée de main ;
    Un cantique moderne composé par les deux frères Szarka, ossature du groupe Ghymes, à l’occasion des 15 ans de la chaine culturelle DunaTV ;

    Cette fois-ci, je vais vous fournir quelques explications sans attendre qu’on me les demande ;
    Le chant commence par le mot Boldogasszony, qui signifie : le Femme Heureuse ; elle est heureuse d’avoir donné la vie à son enfant ;
    Les mots qui suivent sont : kincse kici még = son trésor est encore bien petit ; on parle bien de son enfant ;
    En fait, Boldogasszony est la Déesse Mère de l’ancestral peuple Hongrois nomade, celle qui le protège et lui permet de traverser les contrées hostiles et les siècles ;
    Boldogasszony a été absorbée par le christianisme à partir de l’an 1000 pour être transformée en Sainte Vierge, mais il ne faut pas s’y laisser tromper !
    Les deux bardes-chamans (tàltos) annoncent au monde entier, du haut de la Basilique d’Esztergom, la « résurrection » de la Hongrie( quand on voit la croix se relever, avec en superposition furtive, la place des Héros hongrois), par l’amitié entre les peuples et l’accueil chaleureux (poignée de main)de tous ceux qui veulent venir vivre en Hongrie !!!( y compris africains) ; on a donc, ici, un hymne à la diversité !!!
    Le refrain : a Magyarsàg sivbe menekul : la « magyaritude »( le fait d’être hongrois) est dans les cœurs ; l’identité hongroise est donc revendiquée comme le résultat d’un brassage,…….
    A côté des images représentant la Hongrie rurale éternelle et la danse, on voit des poignées de mains, des personnes enlacées, des ponts pour relier les gens ;
    On termine par le train de l’Histoire, dans sa marche vers cet avenir, dont la porte qui se referme empêche qu’on en redescende ;

  10. bonjour à tous.

    je souhaite à tous un excellent Noël 2009.

    en particulier à Paul et François, auquel je tiens à exprimer une fois encore ma gratitude pour la qualité de ce site.

  11. susciter un intérêt pour une culture différente n’est pas chose facile;
    par exemple,au dessert nous avons mangé des crêpes fourrées au pavot;

  12. je fais durer un peu cette atmosphère de fête, en m’excusant auprès de ceux qui doivent subir mes manies;

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