Archives de catégorie : anthropologie

Reprendre à zéro (1986)

Reprendre à zéro

A paru dans L’Homme 97-98, 1986, XXVI : 299-308

Comme mon programme n’intéressait pas grand monde, je l’ai réalisé moi-même dans Comment la vérité et la réalité furent inventées (2009).

– Sous couvert de « scientificité », l’anthropologie s’est enfermée dans un discours objectiviste qui ne laisse aucune place à ce que Sauvages, Barbares et Paysans savent et que nous ne savons pas. En conséquence, l’anthropologie n’apporte plus rien de neuf, et la classe des intellectuels s’en désintéresse. Or un domaine qui n’intéresse plus que ses praticiens va vers une fin certaine.

On indique, à titre d’exemples, deux voies qui pourraient contribuer à replacer l’anthropologie au centre de la scène intellectuelle : premièrement, l’éclairage qu’elle peut apporter à l’histoire et à la philosophie des sciences à partir de sa fréquentation des mentalités autres ; deuxièmement, le renfort qu’elle apporterait aux autres sciences humaines en mettant au point une approche authentiquement anthropologique, au-delà des hésitations éclectiques entre « psychologisme » et « sociologisme ».

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« La transmission des savoirs »

Conférence donnée à la fête du livre de Bécherel, le 19 avril 2014, à propos de La transmission des savoirs par Geneviève Delbos et Paul Jorion (Maison des Sciences de l’Homme, 1984).

Ça me fait extrêmement plaisir qu’on me demande de reparler de la transmission parce que cela renvoie donc à ce livre que j’ai écrit avec Geneviève Delbos et qui a paru en 1984. Il m’est arrivé une seule fois qu’on m’ait demandé de reparler de ça. C’était inattendu et c’était loin. C’était l’Unesco qui m’avait demandé d’en parler, de venir en parler à Nagoya au Japon. C’était en avril 2005. Et depuis, non, on me demande essentiellement de parler de la crise financière de 2008, et aujourd’hui de l’actualité financière. Et cela me fait donc extrêmement plaisir que l’on m’ait demandé aujourd’hui de reparler de cette transmission des savoirs à laquelle nous nous étions intéressés à la fin des années 70 et le début des années 80.

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Castaneda et Newton (1985)

Castaneda et Newton

A paru dans L’Âne Le magazine freudien, 1985, 22 : 23

Pourquoi l’anthropologie ne nous dit rien des Sauvages que nous ne sachions déjà.

La longue expérience de l’enseignement qu’eut Hegel transparaît dans des remarques telle celle-ci : « … les auteurs, les prédicateurs et les orateurs sont considérés tout particulièrement intelligibles quand ils parlent de choses que leurs lecteurs ou auditeurs connaissent déjà par cœur ». Continuer la lecture de Castaneda et Newton (1985)

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Rousseau et Lévi-Strauss – Texte sauvé des eaux…

Je vais le relire et je verrai si cela mérite d’apparaître ici en feuilleton.

Voici en tout cas le début.

L’HOMME, L’ESPÈCE, LA NATURE et L’HISTOIRE

Une étude structurale de la pensée de Jean-Jacques ROUSSEAU

« Tu chercheras l’âge auquel tu désirois que ton Espèce se fût arrêtée. » J. J. Rousseau III 133

C’est de Rousseau aujourd’hui qu’il fallait parler. Le grand psychosomatique s’éloigne et ses interrogations où nous reconnaissons cependant les nôtres nous paraissent fort âgées.

Tant il est moins simple de vivre en 1972.

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Un non-billet pour m’aider à rédiger une leçon de mon cours d’anthropologie interculturelle

J’annonce la couleur franchement : « Un non-billet pour m’aider à rédiger une leçon de mon cours d’anthropologie interculturelle ». Je ne me prononce pas (encore…) personnellement. Je voudrais d’abord vous entendre vous.

Le Monde : Emmanuel Macron présente son plan contre « le séparatisme islamiste », le 2 octobre 2020

Le chef de l’Etat a assuré avoir écarté l’idée, un temps envisagée, de retenir une « approche concordataire » pour parvenir à « construire un “islam des Lumières” dans notre pays, en paix avec la République ».

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David Graeber (1961-2020)

J’ai rencontré David Graeber une seule fois, lors d’un colloque à Paris en 2011 intitulé Anthropologie de la crise du capitalisme contemporain.

Jonathan Friedman, une connaissance alors déjà de longue date, ne m’en voudra pas de dire qu’il avait ramé pour réunir quatre intervenants, dont l’un a parlé de tout autre chose. Les anthropologues de la finance se comptaient sur les doigts d’une seule main et … difficilement.

Le décès de David Graeber avant-hier est triste, il est mort à 59 ans, il aurait pu vivre bien davantage. J’ignore comme la plupart des gens la raison de son décès mais la façon dont il dit dans une vidéo, quelques jours avant que nous n’apprenions sa mort, qu’il est patraque mais que ça s’arrange, est particulièrement déchirante.
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Piqûre de rappel : « La transmission des savoirs », à Bécherel, le 19 avril 2014

Comme on a l’amabilité de me demander ce matin de reparler bientôt de ces questions là : une piqûre de rappel.

Si vous ne m’avez jamais entendu parler d’éducation, de la difficulté qu’il y a à transmettre un savoir empirique sur les bancs d’une école et même de la difficulté qu’il y a à transmettre le savoir scientifique, de la raison pour laquelle le pèse-sel n’est pas d’une aussi grande utilité sur un marais salant que pourrait l’imaginer un scientifique, ou de ce qui distingue un pêcheur de homards grottiers d’un pêcheur de homards coureurs, eh bien, une occasion vous est offerte de le faire.

N.B. Les problèmes de son s’arrangent assez rapidement.

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Comment nos comportements européens traditionnels se retournent contre nous, par Jean-Baptiste Auxiètre

Nous, Européens (vivant aujourd’hui en Europe ou aux États-Unis), nous sommes toujours comportés en colonisateurs ou tout au moins dans un souci permanent d’expansion. Nous avons envahi le monde et certains de nos comportements nous y ont aidés. On peut évoquer anecdotiquement la bise ou trinquer à la bonne santé. Ce sont ces comportements et nos autres façons de vivre qui nous sont propres, qui nous ont permis d’envahir le monde en rendant malades les habitants indigènes des pays dans lesquels nous arrivions avec de veilles pratiques moyenâgeuse de partage des poisons. Si tu es mon ami, partage mes maladies, et tant mieux, tant pis, si tu en meurs… Ce sont ces habitudes qui nous trahissent aujourd’hui. Continuer la lecture de Comment nos comportements européens traditionnels se retournent contre nous, par Jean-Baptiste Auxiètre

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