Archives de catégorie : anthropologie

« Paul Jorion est un homme raisonnable (il n’est pas fou) », le 9 août 2019 – Retranscription

Retranscription de « Paul Jorion est un homme raisonnable (il n’est pas fou) », le 9 août 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le vendredi 9 août 2019 et aujourd’hui, ma petite vidéo s’intitulera « Paul Jorion est un homme raisonnable (il n’est pas fou) ».

Qu’est-ce qui m’a fait penser à vous faire un petit exposé de ce type-là ? C’est un ensemble de choses. J’ai en particulier réfléchi hier. Il s’est fait que j’ai appris la mort, comme nous tous, de Jean-Pierre Mocky quelques minutes avant de devoir sortir. Et donc, j’ai mis deux lignes, je suis revenu un peu plus tard et j’ai complété avec les idées qui m’étaient venues par la suite. Et, Jean-Pierre Mocky, vous le savez, c’est quelqu’un qui a fait de l’excellent cinéma. On a dit souvent à propos de ses films que c’était fait par un fou et, à ce moment-là, tout le monde pouvait dire : « Non, regardez, c’est Jean-Pierre Mocky. Regardez ce qu’il a déjà fait. Ce n’est pas un fou ! C’est quelqu’un de très raisonnable mais qui choisit, à certains moments, de parler de certaines choses de telle et telle manière ». Parce que, vous le savez, il y a toujours un message. C’est un message toujours d’une grande humanité. Il emploie tous les moyens qui sont à la disposition des gens qui n’ont pas beaucoup de pouvoir, c’est-à-dire la dérision, l’ironie, se moquer des imbéciles comme ce monsieur, vous avez dû le voir, qui est devenu viral. C’est-à-dire qu’il y a 2 cinglés de partisans de Trump dans une réunion et ce monsieur habillé en vert ne peut pas s’empêcher d’éclater d’un fou-rire qu’il n’arrive pas à arrêter. On voit bien que c’est de bon cœur. Il se dit : « J’ai affaire à des cinglés », mais là, de vrais cinglés. Il suffit de les voir avec leur casquette « Make America Great Again ». Manifestement, des suprémacistes blancs qui n’osent pas s’appeler de cette manière-là, en particulier.

Continuer la lecture de « Paul Jorion est un homme raisonnable (il n’est pas fou) », le 9 août 2019 – Retranscription
Partager :

Académie Royale de Belgique, « Comment la réalité fut inventée par les astronomes de la Renaissance », le 1er avril 2015

À partir de mon livre Comment la vérité et la réalité furent inventées, Gallimard 2009

Seconde partie – « Comment la réalité fut inventée par les astronomes de la Renaissance ». Le podcast :

Rappel : Première partie – « Comment la vérité fut inventée par les philosophes grecs », le 12 mars 2015

Partager :

Macron et les Gilets Jaunes – I. L’Autre et le Tiers, par Dominique Temple

Ouvert aux commentaires.

I. L’Autre et le Tiers

Lors du “Grand débat” réservé aux intellectuels[1] qu’il avait invités, Emmanuel Macron, Président de la République, estimait que dans une société libérale la question du choix individuel est oblitérée du fait de la tension entre la liberté de chaque individu et la liberté de l’autre lorsqu’il n’y a pas de contrainte collective qui en limite l’arbitraire car dès lors on ne peut juger les choix d’autrui que comme attentatoires à l’idée du commun que l’on se fait de ce qui doit être partagé.  À moins que ces intérêts soient identiques, les définitions du commun sont l’enjeu de forces divergentes en fonction de la différence de ces intérêts. Il veut, assure-t-il, l’épanouissement de la liberté de chacun, normé par la vérité objective. Son projet est la coordination des efforts des uns et des autres, aussi différents soient-ils, pourvu qu’ils contribuent au destin commun en raison de leur complémentarité pour réaliser des objectifs identifiés collectivement. Le commun doit assurer le développement d’un destin individuel dans un destin collectif. Admettons ! Mais se pose la question de savoir qui peut s’approprier légitimement la définition du commun pour pouvoir lui imposer des limites collectives ?

Continuer la lecture de Macron et les Gilets Jaunes – I. L’Autre et le Tiers, par Dominique Temple
Partager :

L’humanité à l’heure du choix : grande bifurcation ou grande liquidation ?, par Roberto Boulant

Ouvert aux commentaires.

Bernard Stiegler dans un tout récent entretien avec Aude Lancelin (Éviter l’apocalypse) défend l’idée que face au nihilisme d’un capitalisme nous conduisant directement à l’extinction, il faut que l’humanité construise de toute urgence (et c’est le GIEC qui le dit) une vision alternative à même de nous redonner espoir. Il ne s’agit plus de résister, de tenter de limiter les ravages humains, sociaux et écologiques du Moloch mondialisé et financiarisé, mais de renverser la domination, c’est-à-dire de faire la révolution (bifurcation) qui nous permettra de survivre. Pour cela le philosophe défend l’idée que nous devons passer du système fermé du néolibéralisme – incapable par construction d’évoluer (TINA) – à un système dynamique ouvert qui bien qu’utilisant le calcul, admet que tout ne peut pas être calculé.

Continuer la lecture de L’humanité à l’heure du choix : grande bifurcation ou grande liquidation ?, par Roberto Boulant

Partager :

Et si…

Ouvert aux commentaires.

Je suppose que comme moi vous vous posez parfois de ces questions hypothétiques, dont on est surtout friand quand on est une jeune personne : « Et si … nous étions en mai 40, aurais-je sauté, comme le frère de ma mère, sur mon vélo au coeur de Bruxelles et pédalé sans quasiment m’arrêter les 74 km me séparant de Quiévrain ? »

Ce sont des fictions bien entendu mais il me semble que les réponses qu’on y donne contribuent quand même à forger la personne que l’on deviendra, à travers l’image qui se compose petit à petit à partir de la mosaïque des réponses que l’on se donne à ces questions hypothétiques.

Continuer la lecture de Et si…

Partager :

« Nice chap! »

Le Monde : Mariage du prince Harry et de Meghan Markle.

… en l’absence de son père […] « Mlle Meghan Markle a demandé à Son Altesse royale le prince Charles de la conduire à l’autel » de la chapelle Saint-George au château de Windsor, a indiqué un communiqué. « Le prince de Galles est ravi de pouvoir accueillir Mlle Markle de cette façon dans la famille royale.

Mon mentor à Cambridge, et directeur de thèse à une époque, Sir Edmund Leach, était par ailleurs provost de King’s College, un poste prestigieux qui lui valut d’être le « professeur d’anthropologie » du prince Charles. Il m’expliqua un jour qu’être « le professeur » de quelqu’un d’aussi haut placé dans la succession au trône consistait essentiellement en quelques conversations en tête-à-tête et à bâtons rompus.

Malgré la très haute estime en laquelle le tenait l’establishment britannique, Leach était essentiellement un iconoclaste qui n’avait pas, en particulier, une très haute opinion de l’aristocratie et, me rapportant un jour les conversations qu’il avait eues avec le prince Charles, il me dit, comme s’il s’agissait là de quelque chose d’assez surprenant : « Il fait preuve d’un très grand bon sens ! « , et de conclure : « Nice chap! », un brave type !

Ce dont nous aurons donc, une fois de plus, la preuve demain.

Partager :

Les découvertes (inventions) mathématiques des mathématiciens amateurs

Une discussion a lieu en ce moment au sein du petit groupe (auquel j’appartiens) que constituent les chercheurs attachés à la chaire Éthique et transhumanisme à l’Université catholique de Lille, à propos du fait que le transhumaniste Aubrey de Grey vient de faire une découverte mathématique très intéressante et très importante.

Wired : An Anti-Aging Pundit Solves a Decades-Old Math Problem

Continuer la lecture de Les découvertes (inventions) mathématiques des mathématiciens amateurs

Partager :

Content que ma tribune fasse la une du Monde en ligne

Mon billet ici, du 11 janvier : Le genre humain est bisexué, qui a paru aujourd’hui dans la version imprimée du Monde, fait en ce moment la une du Monde en ligne et cela me fait très plaisir. Je suis particulièrement affligé que les craquements du monde en effondrement laissent indemnes ceux qui en sont responsables pendant que ceux qui n’y sont pour rien s’entre-déchirent, symptômes innocents de la catastrophe en cours.

Partager :

Le genre humain est bisexué

Repris dans Le Monde : Paul Jorion : « Le genre humain est bisexué, cela implique des comportements distincts », le 30 janvier 2018

Le genre humain est une espèce bisexuée. Dans les espèces bisexuées supérieures (au sens biologique), des rôles reproductifs différents sont attribués aux deux sexes. Dans le genre humain, les femmes portent les enfants, les hommes, non. Ces rôles reproductifs différents impliquent des comportements différents. Chez les autres mammifères, la différence de ces comportements en fonction du sexe connaît très peu de variété. Dans le genre humain, les différentes cultures ont introduit, à partir de la différence biologique, une variété considérable dans les comportements recommandés et prescrits. De manière générale, les cultures ont exagéré la différence exigée dans les comportements à partir du donné de la différence biologique.

Continuer la lecture de Le genre humain est bisexué

Partager :

LE TEMPS QU’IL FAIT LE 20 OCTOBRE 2017 – Retranscription

Retranscription de Le temps qu’il fait le 20 octobre 2017. Merci à Marianne Oppitz et Pascale Duclaud.

Bonjour, nous sommes le vendredi 20 octobre 2017 et j’avais commencé ma vidéo (rires) et c’était… comment dire ? c’était un tel gâchis que je la recommence ! Qu’est-ce qui m’est arrivé ? Il m’est arrivé des choses qui m’arrivent parfois quand je commence ma vidéo : j’ai plein de choses à dire et elles interfèrent un peu trop dans ma pensée. Je pense à Lucien Tesnière, le linguiste, qui disait que nous avons beaucoup de mal déjà à faire des phrases parce qu’il y a plusieurs idées : il y a des petits ballons, il appelait ça des « stemma » qui se bousculent dans notre tête et nous essayons de passer ça sous le rouleau compresseur pour en tirer une phrase qui sorte à l’arrivée. Voilà ! Continuer la lecture de LE TEMPS QU’IL FAIT LE 20 OCTOBRE 2017 – Retranscription

Partager :

Le temps qu’il fait le 20 octobre 2017

Lucien Tesnière (1893 – 1954)
La Ronde (1950) de Max Ophüls
Arthur Schnitzler (1862 – 1931)
Emmanuel Todd : Où en sommes-nous ?
Yuval Noah Harari : Sapiens / Homo Deus
Paul Jorion : À quoi bon encore penser à l’heure du grand collapse ?
Annie Le Brun
Richard Thaler, « prix Nobel » d’économie 2017
Anthropocène / capitalocène

Positive Economy Forum : Le monde en 2517, Attali, de Rosnay, Jorion

Partager :