Archives de catégorie : anthropologie

Sujet de thèse pour anthropologue : archives + info, le tout clé en main

En 1977, la fondation Wiener-Anspach satisfaite du travail que j’ai accompli à l’Université de Cambridge en 1975 et 1976, m’accorde à nouveau une bourse. Cette fois je rédigerai sous la direction de Sir Edmund Leach (1910-1989), une thèse sur l’émergence de l’anthropologie sociale, une invention britannique, dans les années 1830 à 1950.

Deux éléments interviendront pour mettre fin à l’aventure : l’université met la pression pour que je me consacre plutôt à mon enseignement lorsque je suis nommé maître de conférence en 1979 et Leach – enthousiaste jusque-là – m’annonce un beau matin : « On laisse tomber : ce qu’on a rassemblé ferait trop de peine à trop de gens », traduisez : « On (lui directeur, moi thésard) ne pourrait pas honnêtement passer sous silence les coucheries de Bronislaw Malinowski, son mentor, dont certaines des bénéficiaires/victimes/complices font partie des personnes que nous côtoyons tous les jours ».
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Une interprétation iconoclaste d’un fait archéologique

Il s’agit d’un pendant d’oreille en ivoire de mammouth trouvé en Pologne et dont la datation au radiocarbone indique qu’il est vieux de 41.500 ans, ce qui le situe au paléolithique supérieur. Vous pourrez trouver toutes les explications ici.
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Jeanne Favret-Saada sur Les Possédés et leurs mondes

Je n’ai pas énormément d’amies et d’amis, mais la qualité y est. Je ne les vois pas non plus nécessairement souvent, mais quand on se voit, c’est une vraie fête. Tiens, à ce propos, je peux vous dire qu’Annie Le Brun se porte comme un charme car nous avons dignement célébré l’Armistice la semaine dernière à Paris.

Et à ce propos également, la chaîne YouTube Les Possédés et leurs mondes présente une série de huit vidéos d’entretiens avec Jeanne-Favret-Saada, dont la première se trouve ci-dessus mais qui peuvent aussi être vues à la suite.

La série d’entretiens que j’ai personnellement accordés à Les Possédés et leurs mondes commencera d’être mise en ligne dans une semaine ou deux m’a-t-on dit.

P. S. Les billets de Jeanne Favret-Saada sur le Blog de PJ, vous les trouverez ici. Ceux d’Annie Le Brun, vous les trouverez là.

Bonus :

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L’unité du genre humain

Emma Raducanu and Leylah Fernandez with their trophies at the end of the match. Photograph: Corey Sipkin/UPI/Shutterstock
L’un des premiers grands débats qui agitèrent l’anthropologie sociale fut celui qui opposa dans la seconde moitié du XIXe siècle les membres de deux sociétés savantes : ceux de l’Anthropological Society of London et ceux de l’Ethnological Society. Les « anthropologues » étaient polygénistes : pour eux les races humaines étaient autant d’espèces distinctes ; les « ethnologues » étaient eux monogénistes : les races humaines étaient les variétés inter-fécondes d’une seule espèce.

Le débat faisait rage *, les « anthropologues » avaient pris le parti des confédérés sécessionnistes dans la Guerre civile américaine, les « ethnologues » s’étaient rangés aux côtés des unionistes abolitionnistes. Le monogénisme l’emporta grâce à la victoire du modèle darwinien de l’évolution des espèces, renforcé ensuite par la génétique naissante. L’unité psychique du genre humain devint le mot d’ordre de l’anthropologie.

D’où la satisfaction d’un anthropologue devant la photo hier des finalistes féminines de l’US Open. À gauche sur la photo, Leylah de père Équatorien et de mère Philippine ; à droite sur la photo, Emma de mère Chinoise et de père Roumain.

* Voir ici Le dilettantisme comme art de vivre, un panorama de l’anthropologie britannique.

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Les anthropologues et le « New Age »

Sir Edward Burnett Tylor (1832 – 1917) est considéré à juste titre comme l’un des pères fondateurs de l’anthropologie sociale. Il considéra que la classification des êtres humains à partir de traits physiques – comme la forme de leur crâne – ne débouchait que sur des impasses et proposa de répertorier plutôt les cultures humaines à partir de leurs institutions. L’anthropologie sociale et culturelle était née.

Tylor n’en était pas moins un réformiste convaincu que les sciences humaines s’étaient vues confiée une mission dans le déroulement évolutionniste qu’il distinguait, de l’état sauvage à la barbarie pour parvenir ensuite à la civilisation. Le rôle de l’anthropologue affirmait-il est d’éradiquer la superstition.

Qu’est-ce que la superstition ? Les croyances irrationnelles reflétant la dimension de stupidité foncière difficile à éliminer de la nature humaine, lui faisant croire qu’il existe des raccourcis exploitables dans l’ordonnancement rationnel du monde, raccourcis auxquels des initiés auraient accès.
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La « querelle » ou « controverse » de Valladolid (1550-1551)

Trouvera sa place dans le panorama de l’anthropologie que je rédige en ce moment. Comme il s’agit d’un sujet que je découvre et où je ne peux me prévaloir d’aucune expertise, ayez la gentillesse de me signaler les erreurs factuelles que je commettrais. Merci d’avance ! [Initialement publié le 23 juin 2021].

Ugo Bardi a eu l’amabilité de traduire ce texte en anglais, en russe et en italien.

En 1550 et 1551 se déroula dans la ville de Valladolid en Espagne, ce qui resterait dans l’histoire comme la « querelle » ou « controverse » portant le nom de cette ville de la province de Castille et Léon. 

De quoi s’agissait-il ? De la civilisation européenne chrétienne se conduisant en envahisseur sans scrupule sur un continent dont elle ne savait rien, au sein de populations dont elle ignorait jusque-là l’existence même, qu’elle découvrit alors en temps réel au fur et à mesure de sa progression sur le territoire du Nouveau Monde et de la dévastation qui accompagna cette avancée. 
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Meurtre dans l’Université anglaise (1984)

J’ai republié ici récemment les chroniques consacrées à l’anthropologie que j’avais rédigées autrefois pour la revue L’Âne Le magazine freudien. Il en est une que j’avais publiée ici sous forme de facsimilé à l’occasion du décès de Margaret Thatcher. J’écrivais ceci :

Comme il n’est pas bienséant d’insulter les morts, je m’en abstiendrai. Mais rien ne m’interdit n’est-ce pas de republier un texte rédigé il y a vingt-neuf ans et consacré à l’anthropologie sociale ? Meurtre dans l’université anglaise a paru originellement en 1985 dans le numéro 21 de la revue L’Âne, à la page 22.

En voici le texte.
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L’importance du temps en recherche fondamentale – Retranscription

Retranscription de L’importance du temps en recherche fondamentale, le 29 mai 2021.

Bonjour, nous sommes le samedi 29 mai 2021 et vous avez peut-être remarqué que je fais souvent des vidéos en fin d’après-midi du samedi et ce pour une raison que je vous ai déjà signalée : c’est que depuis le mois de janvier, le samedi après-midi, de 16h à 17 – 18 h, je discute mathématiques avec une mathématicienne-informaticienne chinoise qui travaille à l’Université de Picardie à Amiens. Et, je vous l’ai déjà dit, c’est parce qu’elle m’a abordé il y a un peu plus d’un an en me disant : « Ecoutez, je crois qu’on pourrait faire des choses ensemble ». Je n’avais pas le temps à l’époque et on le fait maintenant, et donc, on avance très bien. 

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Qu’aurai-je accompli ?, le 16 mai 2021 – Retranscription

Retranscription de Qu’aurai-je accompli ?, le 16 mai 2021.

Bonjour, nous sommes le dimanche 16 mai 2021 et aujourd’hui, ça s’appellera : « Qu’aurai-je accompli ? ». 

Il faut entendre « Qu’aurai-je accompli sur le plan scientifique ? ». Je ferai peut-être un jour « Qu’aurai-je accompli sur le plan politique ? » mais c’est prématuré [sourire]. 

Qu’aurai-je accompli sur le plan scientifique ? Pourquoi ça ? Parce que demain, je fais un exposé à l’Université Catholique de Lille. Ça devait se faire au départ sur un thème assez restreint qui était un commentaire que je ferais sur les trois premiers chapitres de « Principes des systèmes intelligents » (Masson 1989) mais j’ai décidé d’étendre ça. Pourquoi est-ce que j’ai décidé d’étendre ça ? 

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