Archives de catégorie : collapsologie

Débattons-en : L’effondrement, parlons-en. Les limites de la collapsologie, par Jérémie Cravatte

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L’effondrement, parlons-en. Les limites de la collapsologie, par Jérémie Cravatte

Extrait :

Les discours de l’effondrement s’inquiètent avant tout du devenir de « notre » civilisation et ils assimilent la fin de celle-ci à la fin du monde. Pour être plus précis, ils s’inquiètent avant tout de l’avenir des classes moyennes des pays industrialisés – c’est-à-dire de moins d’une personne sur cinq dans le monde. C’est l’effondrement de « nos » modes de vie qui est mis au centre des préoccupations par les discours collapsos. Nous sommes en pleine « complainte de l’homme blanc » comme le fait remarquer Émilie Hache. Cette réaction ethnocentrée est compréhensible, mais il faut l’assumer et situer ce récit. Or, les collapsos (avec certaines exceptions, comme Renaud Duterme) préfèrent le présenter comme une analyse totalisante, globalisante.

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De la médecine du défaitisme, par Cédric Chevalier

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Le défaitisme est humain, trop humain. Mais prolongé et diffusé, il est un poison mortel pour tout ce qui est beau dans l’Humanité, pour la Vie elle-même. A petite dose il inspire et éduque, à forte dose, il tue par défaut d’action. Il doit être dépassé, surmonté, pour ne pas devenir le cynisme et le nihilisme du dernier homme.

La question que pose Paul Jorion ici, en passant, est d’importance existentielle, à la fois pour l’individu, pour le groupe et pour l’espèce humaine. J’ai déjà traité ici de cette question et je maintiens cette première ébauche de réponse : il y a certes un absurde indépassable dans le Cosmos (beaucoup de gens sont-ils à même d’en parler ouvertement ?), l’être humain a le malheur d’en avoir conscience, l’espèce humaine est la conscience réflexive du Cosmos de lui-même (Paul Jorion l’a déjà dit). Continuer la lecture de De la médecine du défaitisme, par Cédric Chevalier

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Trans-Mutation – Paul Jorion : A quoi bon penser à l’heure du grand collapse ?

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Vive Greta ! par Jacques Seignan

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Greta Thunberg est une immense personne. Il arrive ainsi que dans l’Histoire de telles personnalités exceptionnelles surgissent, avec un charisme fédérateur, un courage indomptable.

Paul Jorion l’a déjà dit dans un billet

« Il y a deux camps qui sont en train de se créer et ces deux camps, c’est clair : il y a ceux qui sont pour Greta Thunberg et il y a ceux qui sont contre, et ce sont des camps qui sont véritablement dressés l’un contre l’autre. Il y a d’un côté ceux qui disent du bien de Greta Thunberg, c’est-à-dire de la survie de l’espèce – appelons ça par son nom – et ceux qui en disent du mal et ceux-là, ce sont des ennemis de l’humanité, ce sont des gens qui ont toujours été pour l’obscurantisme, contre la pensée, contre l’humain ».

Greta est donc un marqueur qui au-delà des postures de tel ou tel montre à quel camp on appartient.

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Trends-Tendances, Pour l’humanité, le temps presse, le 22 août 2019

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Pour l’humanité, le temps presse

Steven Pinker, professeur à Harvard, affirme que nous n’avons jamais été aussi riches, nous n’avons jamais été en meilleure santé, jamais la violence dans nos sociétés n’a été aussi faible qu’aujourd’hui.

Tout ce qu’il dit là est absolument vrai.

Mais une fois nous être réjouis de ce constat réconfortant, notons que le fait que nous soyons plus riche qu’autrefois, en meilleure santé, que la violence soit réduite, est sans rapport avec le fait de savoir si nous maîtrisons ou non le risque d’une extinction de l’humanité, à moyenne ou à brève échéance.

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Courrier reçu : Prendre les gens pour des cloches ou « Les Amish et moi »

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De : LW

Sujet : Votre article sur la bourse et Greta Thunberg

Bonjour,

Je suis bien d’accord avec vous en ce qui concerne l’urgence climatique et le combat de Greta Thunberg. Mais on apprend qu’après son voyage à bord du voilier pour rejoindre New York,  l’équipage de 5 personnes reviendra par avion tandis que cinq autres iront rechercher le bateau, également par les airs. Au total, il y aura 10 trajets aériens pour le convoyage d’une seule personne. C’est interpelant. La conscientisation et la communication justifient-elles ces excès qui peuvent s’avérer contre-productifs?

Ne serait-il pas possible et grand temps de mettre son comportement en accord avec sa philosophie et ses objectifs?

LW

Paul Jorion à LW :

« Ne serait-il pas possible et grand temps de mettre son comportement en accord avec sa philosophie et ses objectifs ? »

Non, le temps presse : je vais continuer à vous répondre par un mail sur un ordinateur, et pas en vous envoyant une lettre manuscrite par la poste.

Les ennemis du genre humain utiliseraient l’IA, et j’essaierais de les contrer en devenant Amish ? Non merci, le combat est déjà assez inégal comme ça !

PJ

Suite :

Peut-être mais j’ai quelques soucis avec l’idée qui consiste à demander aux gens d’être plus respectueux de l’environnement sans l’être soi-même. Cela ressemble au traditionnel “faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais”, une recommandation que j’ai du mal a admettre même s’il elle vient de Jésus-Christ ou de saint Mathieu.

Paul Jorion à LW :

Vous vous souvenez de la fable du colibri ? « Je fais ma part ! » Et tous les autres animaux pris de fou-rire quand il meurt d’épuisement : « Il n’a rien compris à l’action collective ! Il croit qu’il va sauver le monde en ne prenant une douche qu’un jour sur deux, alors qu’il a en face des gens qui vont à Dubaï pour le weekend ? »

Ils nous prennent pour des cons de baba-cools, ne soyons pas cons : ça leur ferait trop plaisir, et ils ne méritent pas qu’on leur fasse plaisir !

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The Guardian, « L’effet Greta » fait exploser les livres pour enfants sur l’environnement, le 11 août 2019

Merci à Patrick Meulnet pour la traduction. Ouvert aux commentaires.

The Guardian, ‘Greta effect’ leads to boom in children’s environmental books, par Donna Ferguson, le 11 août 2019

Greta Thunberg : Cette jeune militante de 16 ans incite les jeunes à lire davantage en faveur de la sauvegarde de la planète.
La militante du changement climatique Greta Thunberg : les éditeurs de livres pour enfants pensent qu’elle est responsable de l’augmentation considérable du nombre de jeunes qui lisent sur les questions environnementales.
 
Certains cherchent à faire comprendre la merveille que sont les animaux en voie de disparition tandis que d’autres donnent des conseils sur la façon de s’en prendre au gaspillage ou racontent des histoires de militants environnementaux sources d’inspirations.
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Été particulièrement chaud ou début de l’apocalypse ?

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Le débat fait rage sur le blog depuis pas mal de temps, et en particulier depuis la canicule de juin : sommes-nous dans un réchauffement effectif avec une tendance longue vers l’irréversible, ou notre monde est-il en train de littéralement cramer sous nos yeux ?

Les canicules ça fait réfléchir. Je suppose tout particulèrement ceux qui imaginaient avoir pris toutes leurs précautions pour un effondrement programmé, et qui doivent se demander quel effet ça fait de se réveiller demain matin et de voir (comme certains viticulteurs récemment), leurs 7 ha passés au lance-flamme.

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« Espèce de collapsologue(s) ! », par Cédric Chevalier

« Il faut « politiser » l’effondrement comme une menace et un risque, et pas le dépolitiser comme une certitude monolithique abstraite. » Ouvert aux commentaires.

Au commencement était le verbe. Les idées gouvernent le monde, c’est assez admis. Donc ceux qui gouvernent les idées gouvernent le monde. Les idées sont des instruments de pouvoir, de la puissance d’agir spinozienne qui témoigne de l’émancipation vertueuse d’un individu, à la propagande totalitaire qui aliène et fait s’entretuer les masses, en passant par le fonctionnement de la science. 

L’histoire de l’Eglise catholique est une mine d’or pour nous instruire sur le phénomène de lutte pour l’hégémonie d’un courant d’idées -une idéologie- qui est toujours instrumental pour asseoir le pouvoir d’une certaine faction au sein de la population, qu’elle soit majoritaire ou minoritaire. Du « vote sur le sexe des anges » des Pères de l’Eglise à la Sainte Inquisition en passant par la vertu de la Vierge Marie, des homosexuels, des femmes et des enfants, les croisades et la pilule contraceptive, on trouve tout le vocabulaire de la lutte pour l’hégémonie des idées : hérésie, schisme, apostasie, hétérodoxie, secte, blasphème, excommunication, torture, bûcher, repentir, abjuration et autres joyeusetés civiles et urbaines de droit canon, urbi et orbi

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Le coup de Jarnac de l’Institut Momentum

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Vous me direz qu’il y a mieux à faire que se disputer avec des gens qui sont très proches de vous, voire même avec qui l’opinion publique vous confond éventuellement, et je suis tout à fait d’accord avec vous, mais à certains moments, des amis peuvent prendre un virage à 180°, et là, il faut dire : « Non ! ». Et fermement !

Le Monde a commencé à publier il y a quelques heures une série d’articles intitulés « Face à l’effondrement, il faut mettre en œuvre une nouvelle organisation sociale et culturelle ». Le titre peut sembler optimiste, mais le ton est donné par un paragraphe que je cite en entier :

Ainsi, l’effondrement est inévitable non parce que la connaissance scientifique de son advenue est trop incertaine, mais parce que la psychologie sociale qui habite les humains ne leur permettra probablement pas de prendre les bonnes décisions, au bon moment. Il existe souvent plusieurs manières de résoudre un problème local ou circonscrit, mais affronter tous les problèmes ensemble et globalement rend le coût d’éventuelles solutions si élevé que seul le déni s’avère être la réponse adaptée. C’est ce déni de masse qui garantit que l’effondrement est certain.

Vous aurez relevé la transition inexpliquée entre le « probablement pas » en milieu du paragraphe et le « certain » qui le termine.

« Vive le déni de masse ! » qui nous permet ensuite de vendre du survivalisme « à la Mad Max ». Si on vous évoque tout de suite les petites communautés de « braves gens comme nous » qui survivront sur un mode Amish, coupées du reste du monde, on vous épargne pudiquement les raids sanglants qui auront lieu autour du dernier poids lourd bourré de diesel, ce qui fera qu’on passera rapidement dans la pratique de « Mad Max » à « La route ».

Pourquoi est-ce un coup de Jarnac ? Parce que les jeunes sont en train de se lever en masse pour sauver la mise du genre humain dans son ensemble. Ils échoueront peut-être, je n’en sais rien, mais notre rôle à nous, les aînés, n’est certainement pas de théoriser le fait que nous ayons nous, à titre individuel, fait notre deuil du genre humain.

Décider de jeter l’éponge, et prôner les petits Fort-Chabrol du futur, c’est un choix personnel. En faire une règle de vie pour tout le monde, c’est une fois de plus faire passer les intérêts particuliers avant l’intérêt général. Et ce genre de mentalité – merci beaucoup ! – on a déjà donné. Beaucoup trop donné !

Allez les jeunes, on est avec vous ! Et pas dans un combat perdu d’avance !

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Cecilia Malmström, commissaire européenne chargée du commerce : « On ne va pas s’attaquer au défi climatique en refusant de faire du commerce »

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Sciences Critiques, « Que sont la technologie et la critique de la technologie ? », le 29 mai 2019 – Retranscription

Retranscription de « Que sont la technologie et la critique de la technologie ? » le 29 mai 2019. Ouvert aux commentaires.

Merci. Vous m’avez coupé l’herbe sous le pied car j’allais dire comme les autres : « Je vais vous parler d’autre chose que celles qui m’ennuient parce que je les répète tout le temps. » Non, si je vais dire autre chose que d’habitude, c’est parce que j’ai ce sentiment de l’urgence, qu’il faut aller vite et que, d’un exposé à l’autre, il faut tenter de faire un progrès – un mot que personnellement j’adore – c’est-à-dire qu’il faut essentiellement que nous épurions de plus en plus la représentation de dans quoi nous sommes plongés parce que le temps manque et je ne plaisante pas en disant qu’entre deux de mes exposés, j’ai effectivement ce sentiment qu’il faut aller de plus en plus vite parce que nous n’avançons pas dans la solution des problèmes qui peuvent conduire à notre extinction.

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