Le sens du sublime face à l’Écocide, la Bombe, l’autodestruction, par Cédric Chevalier

Illustration par Stable Diffusion (+PJ)

Parmi toutes les informations catastrophiques concernant l’habitabilité planétaire en sursis, une nouvelle a frappé mon attention : ”C’est comme se tenir devant un four ouvert” : quand les températures extrêmes attirent les touristes à la recherche d’expérience exceptionnelle

Ainsi, des touristes se déplacent pour « ressentir » – probablement avec délice – le possible nouveau record de température sur Terre aux Etats-Unis, dans la bien nommée Vallée de la Mort, en Californie. Une « expérience exceptionnelle » qui frôle déjà les 54°C, avec un possible record historique mondial à la clef.

Dans un ouvrage philosophique, Pierre-Henri Castel avait exploré le « mal qui vient » avec la destruction de l’habitabilité planétaire, et mis en évidence notre possible jouissance de ce mal : Le Mal qui vient.

Ainsi il existe depuis des milliers d’années une esthétique de la fin du monde, un plaisir face à l’immensité de la destruction, et un sentiment du sublime, décrit pour la première fois par le philosophe Emmanuel Kant lors du tremblement de terre de Lisbonne qui agita les philosophes des Lumières. Le « sub – limes », c’est ce qui est « au-delà du perceptible de nos sens et de notre raison », qui nous dépasse… par son énormité insaisissable, incommensurable, hors de toute proportion. Et cela procure une forme de plaisir, comme celui que nous ressentons devant un orage très violent ou les vagues qui se fracassent sur les côtes lors d’une tempête maritime historique. Evidemment, ce plaisir ne se ressent en général que lorsque l’on est soi-même bien à l’abri, dans un confortable « poste d’observation.

Au jour où sort le nouveau film de Christopher Nolan sur Oppenheimer, le père de la bombe atomique, on ne peut que se remémorer ses terribles mots lorsque fut déclenchée le 16 juillet 1945 la première explosion nucléaire dans le désert du Nouveau-Mexique aux Etats-Unis (l’essai Trinity) : « Maintenant, je suis devenu la Mort, le destructeur des mondes », un extrait du livre sacré hindou la Bhagavad Gita.

Après avoir interrogé l’un des pilotes des avions américains qui avaient largué une des deux bombes atomiques sur le Japon, le philosophe Günther Anders parlait du « décalage prométhéen » pour décrire l’immense fossé entre la puissance de nos créations, de notre société – en particulier la puissance destructive de l’arme nucléaire -, et la ridicule petitesse de notre sphère d’influence individuelle dans cette « Mégamachine ». Nous sommes tout petits et le monde est gigantesque, ainsi que nos créations technoscientifiques. De ces avions, très haut en altitude, des pilotes ont pu observer l’énorme champignon nucléaire qui mettait instantanément fin à la vie de dizaines de milliers d’êtres humains.

Il est clair que, comme la possibilité de l’apocalypse nucléaire, l’Ecocide planétaire fait partie de ces phénomènes « subliminaux », par son ampleur métaphysique hors norme. Il est clair qu’il nous faut constater un « décalage prométhéen » entre la Mégamachine – l’économie fossile mondialisée -, l’Ecocide planétaire, et notre capacité réelle d’action individuelle, même dans des collectifs. Nous nous sentons à juste titre parfaitement impuissants à influencer d’un iota la trajectoire de la désormais « Anthropobiosphère », le système désormais imbriqué entre l’Anthroposphère – la sphère des affaires humaines – et la Biosphère – la sphère du vivant sur Terre.

Il existe aussi un plaisir à la contemplation du Mal, à la contemplation de la mort, de la destruction, de la souffrance, à la contemplation de la fin du monde… Un plaisir lié à l’esthétique du sublime.

On a parlé dans les milieux collapsologues du « collapse-porn », cette frénésie de voyeurisme, d’obsession, pour la « fin du monde », les dystopies et autres scénarios post-apocalyptiques.

Autre témoignage de ce sentiment étrange : notre goût immodéré pour la fiction policière, d’horreur, les thrillers, les films de guerre, les films sur les psychopathes, etc.

Je me demande parfois si, d’un point de vue psychopathologique, l’humanité – du moins celle qui est confortablement installée dans un poste d’observation climatisé en Occident – ne jouit pas aujourd’hui imperceptiblement de la destruction du monde, d’autant plus qu’elle sait parfaitement qu’elle en est la cause… comme un petit enfant jouit de faire s’écrouler un château en blocs de bois ou de voir la marée montante faire s’effondrer son château de sable.

« Que le monde est agréablement effrayant par la terrible capacité de destruction des forces naturelles !

Que nous sommes agréablement effrayés par la terrible puissance destructrice de nos technologies et de nos armes !

Quelle toute puissance ! quel pouvoir ! Ne sommes nous pas devenus les égaux des forces telluriques et cosmiques les plus gigantesques ?

Ne sommes-nous pas devenus des dieux ? »

Illustration par DALL-E (+PJ)

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52 réponses à “Le sens du sublime face à l’Écocide, la Bombe, l’autodestruction, par Cédric Chevalier”

  1. Avatar de Thomas jeanson
    Thomas jeanson

    Bien vu !

    Le plaisir des petites choses, d’accompagner ce qui est vivant est réel, il prends son temps, il est subtil.

    Tandis que le feu, la vitesse ou l’explosion procurent des sensations fortes instantanées, addictives…

    C’est la lutte du pot de confiture maison, contre le pot de Nutella.

  2. Avatar de Lonylp
    Lonylp

    … oui tous ces gens qui allaient à Orly dans les années 1960 pour voir si un avion n’allait pas faire une culbute … mais l’effroi grandit comme les périls, de la pollution à Poutine, et si les grands événements arrivent sur des pattes de colombe pour citer Nietzsche, elle sont minuscules les pa-pattes car je ne vois rien venir pour que la misérable volupté du pire ne devienne pas une terreur épouvantable que personne n’entendra hurler dans l’immensité cosmique…

  3. Avatar de Khanard
    Khanard

    oui bien vu .

    j’y introduirait bien le notion de masochisme mais ça me semble bien trop scolaire . alors poussons un peu plus loin la réflexion . M. Cédric Chevallier en citant Günther Anders m’a immédiatement fait voltiger vers son professeur Martin Heidegger ainsi que Anna Harendt sa maitresse. Que disait Heidegger, je cite :
    «Le Dasein est à chaque fois essentiellement la possibilité que cet étant peut se «choisir» lui même en son être , se gagner , ou bien se perdre, ou ne gagner jamais, ou se gagner seulement «en apparence ». S’être perdu ou ne s’être pas encore gagné, il ne peut que pour autant que, en son essence , il est un Dasein authentique possible , c’est à dire peut être à lui-même en propre. Les deux modes de l’authenticité et de l’inauthenticité se fondent dans le fait que le Dasein est en général déterminé par la mienneté » (Martin Heidegger, Etre et temps ).
    J’avoue qu’il est difficile de trouver un lien entre cet extrait et le fait d’aller affronter le danger . Pas si sûr car en fait ce que prône Heidegger dans cet extrait et d’ailleurs tout au long de son existence c’est son attachement à la terre , à un conservatisme rural ce qui l’a rapproché du Blubo qui est le fondement du pétainisme, du nazisme et pour finir de l’antisémitisme . On sait ce que ça a donné . N’est ce pas ?
    Autre chose , Heidegger aimait bien il me semble soumettre l’étant aux sciences positives . Et toutes ces personnes qui vont affronter les chaleurs extrêmes ne tombent elles pas dans ce schéma ? Affronter la mort comme les gardiens affrontaient sardoniquement la mort de millions de Juifs ?

    J’espère très sincèrement me tromper .

    1. Avatar de Garorock
      Garorock

       » «Le Dasein est à chaque fois essentiellement la possibilité que cet étant peut se «choisir» lui même en son être , se gagner , ou bien se perdre, ou ne gagner jamais, ou se gagner seulement «en apparence ». S’être perdu ou ne s’être pas encore gagné, il ne peut que pour autant que, en son essence , il est un Dasein authentique possible , c’est à dire peut être à lui-même en propre. Les deux modes de l’authenticité et de l’inauthenticité se fondent dans le fait que le Dasein est en général déterminé par la mienneté »
      C’est clair (ou pas) que c’est pas Harari qui nous ferait un si joli dessin…
      Heidegger est un philosophe pour philosophes! Un penseur de l’entre-soi.
      Un faux monnayeur.

      1. Avatar de Khanard
        Khanard

        @Garorock
        j’ai bien senti que mon commentaire n’avait intéressé personne ! 😉🤣😉

        Et pourtant c’est avec des gugus tel que Heidegger (et d’autres) que des barjots sans nom ont modifié à tout jamais le cours de l’histoire . Alors il serait bien d’y apporter quelque attention quand je vois d’autres gugus non moins bas de plafond croire en un transhumanisme qui sauvera l’humanité .

        capito ?🤔

      2. Avatar de Pierre-Yves Dambrine
        Pierre-Yves Dambrine

        Garorock
        Tu sous-estimerais-tu pas l’influence des idées dans l’histoire du monde ?

        En apparence, la prose d’Heidegger est absconse, mais justement du fait qu’il puisse être compris, autrement dit pris au sérieux, par ses pairs, par les lecteurs de philosophie, en fait plus qu’un penseur de l’entre-soi.

        Heidegger ne s’est pas contenté de faire de la philosophie pour philosophes, il s’est rangé du coté des nazis en adhérant au parti nazi et a fait acte de foi lors de son fameux discours du rectoral à l’université d’Heidelberg en 1933. Ce n’est pas un discours d’allégeance, c’est pire, car il apportait à l’idéologie nazie une justification philosophique.

        https://www.la-philosophie.fr/article-17768771.html

        https://www.cairn.info/load_pdf.php?download=1&ID_ARTICLE=LEPH_102_0189

        https://www.lemonde.fr/idees/article/2013/08/02/le-nazisme-des-intellectuels_3456984_3232.html

        1. Avatar de Garorock
          Garorock

          Bien sûr Pierre-yves chacun est libre de lire Heidegger. D’ailleurs il n’est pas interdit à la vente. Si sa pensée peut aider à combattre l »effondrement en cours…
          Un philosophe nazi ou un nazi philosophe, dans les deux cas pour moi c »est un oxymore.
          Et pourtant Badiou l’adore!

  4. Avatar de Na, Dimitri et Endora
    Na, Dimitri et Endora

    L’impact de l’espèce humaine est visible sur les fossiles des animaux, une différence très nette entre les périodes des espèces animales sur des centaines de millions d’années de mort naturelle et de proie en coexistence entre les animaux, et dès le commencement des civilisations humaines avec un fort impact des fossiles animales comme l’ère de l’extinction de l’Holocène et l’actuelle ère de l’anthropocène, entre le cycle animal naturel et les extinctions massives des espèces animales par l’espèce humaine.

    1. Avatar de écodouble
      écodouble

      Na, DimDim et Cie
      L’herbe que vous fumez, sûr de sûr qu’elle est pas fossile ! Et qu’elle a un impact sur votre (vos ?) cerveau(x).
      C’est votre propre production ?
      Si oui, l’amendement du sol, c’est vos toilettes sèches ou du chimique de multinationale ?

      Autre possibilité : Vous êtes une IA ! Ce qui, finalement, me parait possible vu le creux de vos propos… sans fonds… ni fondements. 😀

    1. Avatar de gaston
      gaston

      Déjà Jules Verne faisait partir son « Voyage au Centre de la Terre » de l’Islande, plus précisément depuis le Snaefellsjökull.

      ( Stable Diffusion s’est inspirée des gravures d’Edouard Riou pour créer la première image, n’est-il-pas ?)

  5. Avatar de konrad
    konrad

    Il y a quelques années j’avais été fasciné par une photo de Dresde totalement détruite, ne laissant apparaitre que des ruines et des squelettes d’immeubles. J’imaginais le silence sépulcral, la vie éteinte dans les décombres absolues.
    De manière tout à fait incongrue et surprenante j’ai trouvé cette photo belle, envoutante. Je ne sais pourquoi mais j’ai été saisi dans mon être par cette beauté énigmatique.
    Des années plus tard, j’entends l’interview d’une dame, témoin de l’embrasement de la cathédrale de Paris, raconter son effroi et dire presque en s’excusant qu’elle trouvait de la beauté dans cette catastrophe. J’ai compris ce qu’elle voulait dire.
    Ce n’est pas du voyeurisme, ni vraiment du plaisir, c’est au-delà, je dirais présomptueusement, métaphysique.
    C’est être face à l’inéluctable qui vous dépasse, face à l’effroi qui vous tétanise, à la grandeur qui vous rend impuissant et minuscule. Il n’y a pas de plaisir morbide, d’envie de se mesurer aux éléments ou de désir mortifère.
    J’avais lu qu’une mystique décrivait le « diable » comme jeune et beau, séducteur.
    Il me semble que cette « beauté » c’est cela à quoi il ne faut pas céder.
    Ce pouvoir exorbitant de détruire et tuer est tout à fait singulier. C’est un véritable sortilège dont je ne comprends pas le sens.

  6. Avatar de l'arsène
    l’arsène

    L’une des explications de cette attirance de l’Homme vers ces spectacles de destruction pourrait venir d’un besoin d’exorciser sa propre mort en se prouvant que pour l’instant il est encore en vie, par exemple comme certains qui s’arrêtent en voiture pour regarder les dégâts causés par un accident de la route, et cela va au-delà du simple voyeurisme.
    Et c’est je crois pour cette raison que les pacifistes et les écologistes, dont je fais partie, ne sont pas prêts de gagner la partie, le côté obscur étant une caractéristique de l’espèce humaine, sauf peut-être après un événement majeur, l’événement Pearl Harbor comme disent certains.
    On en est loin, quoique.

  7. Avatar de Pascal
    Pascal

    Ainsi sommes nous dotés d’une énorme intelligence et d’une toute petite petite conscience.
    Un esprit génial fabrique la bombe nucléaire et une toute petite petite conscience dans une machine nommée Enola Gay, appuye, obéissant aux ordres, sur le bouton de la mort, de l’enfer sur Terre.
    Parce que le Paradis et l’Enfer ne sont pas aux cieux mais sur Terre et ceux qui en décident, dans la plus grande insouciance, s’appellent les êtres humains.
    Qu’est ce qui nous sépare du Paradis ou de l’Enfer ? Un seul mot, la conscience. Mais nous lui préférons l’intelligence, celle qui fait notre fierté et notre orgueil. Celle qui dessine les Grands Hommes même si leur grandeur repose sur des monceaux de cadavres. L’intelligence au service du désir jamais assouvi de puissance.
    La Vie nous a confié un peu d’intelligence afin que nous puissions échapper à la course à la survie qui anime tous les êtres vivants. Ainsi libérés, nous aurions pu nous consacrer à développer notre conscience, que dis-je, devenir et servir la conscience de l’univers. Mais le sentiment de toute puissance nous a enfermé dans la grande illusion de l’ego. Nous nous sommes crus plus fort que la mort, oubliant son corollaire, plus fort que la vie.
    Nous petite petite poussière dans l’univers, notre ambition était de devenir Dieu, la marionnette qui rêve de devenir le marionnettiste.
    La Vie ne disparaîtra pas. Saura t elle redonner un élan à la conscience ? Sans doute est-ce dans son essence. Elle trouvera sûrement une espèce moins intelligente qui saura développer à nouveau une conscience.

    1. Avatar de PHILGILL
      PHILGILL

      @Pascal
      En lisant ce nouveau billet de Cédric Chevalier, je ne sais pas bien pourquoi, mais j’ai repensé aussitôt à cette citation de Gaël Giraud : « Il y a urgence à quitter le monde du mâle blanc, urbain et privilégié ». Et puis, je suis tombé sur la dernière phrase du commentaire de Pascal : « Elle (la vie) trouvera sûrement une espèce moins intelligente qui saura développer à nouveau une conscience ». Alors, je me suis demandé avec quelle espèce moins intelligente que la nôtre (celle du mâle blanc urbain et privilégié, je suppose), la vie saura redonner un nouvel élan à la conscience … Hum, voyons, je sais pas … nos enfants, non ?

      1. Avatar de Pascal
        Pascal

        Malheureusement, mes enfants (18 et 21 ans) même s’ils ont abandonné le monde du mâle blanc, ils sont encore très imprégnés du monde urbain (même si c’est une préfecture de province), privilégié et technophile.
        Pour privilégier à nouveau la conscience, ce sera peut-être des sociétés peu technologique avec le risque qu’elles replongent, soit encore des « renonçants » (terme employé à dessein faisant référence à la culture indienne) peut-être issus des populations « alternatives ». Il se peut aussi, de manière plus radicale, qu’après l’effondrement jusqu’à l’éradication technologique (voire de l’espèce humaine), émerge une nouvelle espèce développant à la fois intelligence et conscience de manière plus équilibrée.
        Toujours centré sur notre petite existence fugace, nous oublions sans cesse que nos 6 millions d’années d’aventure hominidée ne représentent que 1/600 ème de l’histoire de la Vie sur Terre et les 6 000 ans d’humanité, 1/600 000 ème ! C’est la Vie qui a l’éternité devant elle (a notre échelle) pour recommencer encore et encore, après de nombreuses branches évolutives sans issues.
        Qu’avons nous compris de l’évolution ? Que nous étions en haut de la pyramide ! Mais de quelle pyramide ? Pour nous, c’était la pyramide de la « supériorité » qui, le croyons nous, nous permettait de tutoyer Dieu (ou la Création). Alors que ce n’était que la pyramide de la complexité, complexité dont nous n’avons pas voulu voir son corollaire, la fragilité. Cet « homo augmentus » n’a pas su voir qu’il devenait un « homo fragilus ». Un animal n’a besoin de rien pour vivre, tout est inscrit dans ses gènes qui s’expriment dès la naissance. Combien de temps, un « enfant sauvage » peut-il survivre dans la nature dépourvu de son environnement civilisationnel ?
        C’est de tout cela dont nous n’avons pas conscience à chaque instant et qui devrait rabattre notre orgueil de « mâle blanc, urbain, privilégié et technophile » et nous rendre à l’humilité de la Vie.

        1. Avatar de PHILGILL
          PHILGILL

          Jacques Attali :« A-t-on vu les mêmes jeunes, ou d’autres, en France ou ailleurs, manifester en masse pour dénoncer cet autre scandale (du réchauffement climatique) ? Pour accuser les générations précédentes de leur laisser la perspective de vivre un enfer ? A-t-on vu des jeunes, en masse, descendre dans la rue, pour demander plus de lois contre le gaspillage, contre l’usage des énergies fossiles, du sucre artificiel, de toutes les drogues, pour la protection de l’eau et de la biodiversité ? »
          Malheureusement, ajoute-t-il, « on ne voit pas encore se structurer un vrai mouvement en faveur d’un autre mode de développement. Nulle part. » Et, quitte à se contredire, il conclut en affirmant que « seule une colère saine de la jeunesse, qui risque vraiment de vivre ce cauchemar en ses années d’adulte, peut déclencher ce mouvement. Viendra-t-il à temps ? On n’en prend pas le chemin. »

          https://www.attali.com/societe/ne-pas-se-tromper-de-combat/

          On pourrait alors voir les choses autrement. Et si ceux parmi les adultes toujours enclins à décider pour les autres avaient, de façon subconsciente, déjà rejeté sur cette jeunesse particulièrement désorganisée la responsabilité de n’avoir pas pu les convaincre et/ou forcer à changer de comportements « à temps », pour continuer de faire comme s’ils ne savaient pas, comme si personne ne les avait prévenus …

          1. Avatar de Pascal
            Pascal

            Ouais, le petit Jacques se la joue facile. Il faudrait que les jeunes se bougent parce que les vieux ne savent pas changer ! Au delà du facétieux Attali, il est certain que nous avons tous intégré le discours des dominants et les rebels sont à la marge. Pandémie de COVID, on se jette sur les rouleaux de PQ, c’est dire notre niveau de conscience !
            Mais ce sont les vieux qui ont le pouvoir, qui ont les manettes alors que les jeunes sont sur la banquette arrière avec leur smartphone.
            Il n’y a pas de responsabilité collective. Les seuls coupables sont ceux qui savent et qui sont aux manettes.

  8. Avatar de Nikolaz
    Nikolaz

    Plusieurs réflexions à la lecture de ce texte :
    – il est bien écrit, mais je me demande si cette jolie écriture n’est pas elle-même induite chez l’auteur par cette même fascination morbide devant le sujet,
    – je suis souvent interrogatif par ces humains qui vont voir (en avion) les derniers gorilles. Que vont-il admirer si ce n’est un peu de nous qui mourrons ? Nous passons ici à l’expérimentation de notre mort complète,
    – Sommes-nous devenus des dieux ? Ici le Dieu est destructeur de son propre substrat. Le Dieu se suicide ainsi et n’a que la puissance de s’anéantir. À l’inverse, un vénérable géant cultivant son jardin, s’abaissant parfois humblement et bienveillant fin d’admirer l’herbe fleurie me semble être une image que je préfèrerais voir l’Humanité imiter.

    1. Avatar de Pascal
      Pascal

      Sommes nous devenus des Dieux ?
      Ben, justement, c’est parce qu’on se prend pour des Dieux qu’on est en train de tout foutre en l’air. Si on s’était contenté d’être des humains, une espèce parmi d’autres, on aurait pu comprendre que nous étions au même « niveau » que toutes les autres espèces : interdépendantes.
      Dieu ne se suicide pas car il n’a jamais existé que dans la tête des humains. On n’est même pas en train de nous suicider, car le malheureux qui fait ça, en est pleinement conscient.
      Ce qui est vrai, c’est que nous sommes devenus des adorateurs de la mort, comme vous le décrivez. Ne sommes nous pas devenu ainsi car incapable d’adorer la Vie pour ce qu’elle est. A l’image de notre économie qui se rêve dans une croissance infinie au milieu d’un monde fini, nous passons le temps de notre existence à rechercher l’éternité refusant d’accepter notre finitude.
      Aucune solution technique ne résoudra jamais ce dilemme car c’est notre représentation du monde et du réel qui devrait changer. Notre folie est là.

  9. Avatar de Emmanuel
    Emmanuel

    Bonjour, pour expérimenter la chaleur, voici un petit documentaire qui me tient à cœur, car moi-même je l’ai expérimenté dans ces mêmes contrées, avec un record mesuré à l’intérieur du véhicule que je conduisais tout seul (ce n’était du tourisme, c’était pour me rendre sur un des chantiers de construction d’un centre de santé dont je m’occupais), à exactement 62°C (pour être précis, c’était à 3h de l’après-midi sur la piste, entre les villes d’Akjoujt et Atar, dans la région de l’Adrar mauritanien) :

    https://youtu.be/rNGMOwV4skw.

    Bref, évidement à voir ce documentaire, j’avoue éprouver une certaine émotion. Mais encore un petit témoignage sur le sujet : l’être humain a une sacrée capacité d’adaptation….(p.s. : désolé pour le côté un peu décalé de ce commentaire).

  10. Avatar de Emmanuel
    Emmanuel

    Et aussi, dans le courant du documentaire, un petit clin d’oeil à Paul au sujet de la pêche artisanale Ouest Africaine….

  11. Avatar de Hervey

    Albert Einstein qui reconnaissait avoir eu une influence sur le démarrage du projet Manhattan disait que si c’était à refaire, il préfèrerait être plombier.

    La démonstration n’est plus à faire sur son sens de la formule.

    1. Avatar de Garorock
      Garorock

      C’est bien pour cela qu’un Einstein au carré, s’il a mangé les bonnes croquettes, devra s’occuper de la tuyauterie de cette planète. Là où circule le super sans plomp du capitalisme: le fric!
      Il faut beaucoup d’imagination pour trouver le moyen de tout stopper sans que thanatos l’emporte sur éros. C’est une affaire de flux. De vases communicants. Dans les banques et les cerveaux.
      De la délicate plomberie…

      1. Avatar de Hervey

        @Garorock
        Albert aimait le violon mais pas à ce point là.

        1. Avatar de Garorock
          Garorock

          Si ce bon vieil Albert était encore parmi nous, il aurait sans doute comme violon d’Ingres la lutte contre le réchauffement climatique. Il aurait peut être su trouver les mots pour nous convaincre…
          Ou il aurait refait les calculs du GIEC.
          Car il manque peut être une virgule quelque part.
          Il semblerait que de gros dégats surviennent durant la décennie en cours…
          Nous avons déja un « joli » dessin sous les yeux.
          Et toujours pas d’abris.

          1. Avatar de Nialoo
            Nialoo

            On connaît des points de bascules, mais il semble que ce qui est en train de se passer, par exemple la surchauffe de la température (et pas qu’un peu) de surface des océans (et particulièrement l’Atlantique Nord) ou de l’air, malgré le retour d’El Nino, semble surprendre tout le monde… pas très rassurant ! Si on est déjà sur un point de bascule ou le système climatique cherche un nouveau point stable, c’est vraiment la descente vers l’inconnu.

            Même le retour d’El Nino semble être un véritable OVNI cette année, d’habitude il inhibe la saison cyclonique sur l’Atlantique mais cette fois-ci ça ne sera pas le cas tellement son apparition est différente des autres années (l’atmosphère a plus une configuration de Nina que d’El Nino alors que c’est bien ce dernier qui apparaît)… manque de bol, l’Atlantique Nord surchauffe à fond…

            1. Avatar de Garorock
              Garorock

              El Nino va n’en faire qu’à sa tête! Personne ne le mettra dans une cage.
              Il n’a pas conscience des sublimes dégats qu’il va causer.
              Ce putain de plan A a du plomp dans l’aile et les chasseurs continuent d’écrire l’histoire des lapins qui se soulèvent.
              Si l’Orang-outang pouvait parler, il en dirait quoi de notre esthétisme?

  12. Avatar de Juillot Pierre
    Juillot Pierre

    « Que le monde est agréablement effrayant par la terrible capacité de destruction des forces naturelles !

    Que nous sommes agréablement effrayés par la terrible puissance destructrice de nos technologies et de nos armes !

    Quelle toute puissance ! quel pouvoir ! Ne sommes nous pas devenus les égaux des forces telluriques et cosmiques les plus gigantesques ?

    Ne sommes-nous pas devenus des dieux ? »

    Peut-on poser cette dernière question (« … Ne sommes-nous pas devenus des dieux ?) dans un contexte plus singulier et particulier…?

    Puisque pour des « civilisations occidentales » soit disant « idéalisées », « angélisées », « dédiabolisées » (pour celles flirtant avec les différentes versions « alternatives » d’extrêmes droites/droites extrêmes/mouvements apolitiques »)… se disputant combien d’elles ont « raison »… et donc peuvent siéger en « suprématiste… »; « observateurs privilégiés »…. sur une tête d’épingle se rétrécissant (les « opportunités » de l’espèce humaine d’échapper aux risques de son extinction en faisant les bons choix, radicaux, clivant… s’évanouissant avec les effondrements politiques, démocratiques, climatiques, « sociétaux », sanitaires….) en affirmant que de toute façon, la « fin du monde/fin du mois » étant aussi douteuse, incertaine, que pas assez suffisamment proche, sûre, pour en avoir peur dans l’immédiat… et puisque « dieu est mort »… lesquels des salariés au dessus de la médiane ayant bénéficié d’une hausse de 4,95% (voir lien 1) cette année d’énième exceptionnel record d’explosions d’inégalités, « d’injustice », de « discriminations systémiques »…. et distributions indécentes dividendes…. ont des comportements individualistes et intimistes se prenant pour la variété/diversité « d’exception »… des « divinités » des dites « civilisations occidentales » se concurrençant de façon soit disant loyale, pure et parfaite…?

    Lien 1 https://www.msn.com/fr-fr/finance/economie/face-%C3%A0-linflation-des-hausses-de-salaires-plus-cons%C3%A9quentes-ont-%C3%A9t%C3%A9-n%C3%A9goci%C3%A9es-cette-ann%C3%A9e/ar-AA1e461D

    Quant à « l’autre » coté, obscure, occulté, des salariés situé à l’opposé d’une médiane si abstraite, que même le « bon sens » peine à permettre de comprendre comment leur manque de « mérité », « d’excellence », « d’exemplarité », de « preuve d’assimilation » (« premiers de cordées/corvées », point d’indice de fonctionnaire, etc) puisse justifier et excuser qu’il ai à supporter seul, plus injustement et inégalitairement… les hausses des « dépenses contraintes », du tarif de l’énergie, des denrées alimentaires, des biens communs de première nécessité de subsistance… sanitaire… a quel « culte féroce » de la personnalisation/personnification du « pouvoir », de la toute puissance… doit-il consentir, être dans l’acceptabilité remettre ses doutes, incertitudes… de contribuables indirects…?

    A propos du « coté obscure » des forces de l’ombre que portent les pauvres, précaires, discriminé.e.s, sur les « anges »… : « Les prix de l’électricité et autres hausses inflationnistes de denrées alimentaires à base de blé risquent de bondir à nouveau (mais après avoir pris soin de ne pas le faire dans les « sans jours » décrétés, ordonnancés, par le « roi te touche dieu te guérit » et sa préférence nationaliste, pour la réconciliation avec les extrêmes droites/droites extrêmes)…?

    Est-ce que la com’ gouvernementale, et d’autres expertises communicantes de « cabinets de conseils » n’ont pas un arrière goût amère, un relent malsain quoi…. de :  » « Quand je me regarde, je me désole; quand je me compare, je me console »…?

    Sur fond de risque du « devoir » d’avoir « peur d’avoir peur » de subir un énième épisode caniculaire, une énième sécheresse, un énième stress hydrique et risques d’incendies, d’inondations en cas de pluviométries saisonnières dépassant les « normes » lors d’épisodes orageux…. sur la toile de fond du « devoir » de douter, d’être dans l’incertitude permanente…. dont est encore si peu accepté dans les temps de cervelles disponibles » ne vouant un « culte féroce », qu’à la seule DICTATURE des émotions ne sondant que leurs « consentement » au « ras le bol fiscal », « poujadisme »…. dans les « hautes sphères », et la « réalité alternative » des « réseaux sociaux » et médias mainstream…. la part de responsabilité « sans équivoque » possible de la nuisance, toxicité, des activités humaines, des « externalités négatives » du productivisme intensif, et du consumérisme « opportuniste » du capitalisme quoi – pour ne pas dire est niée (entretenues dans le négationnisme sont les grenouilles, juillettistes et aoutiennes) cette part… la part de responsabilité des guerres commerciales, monétaires, de « civilisations », de l’eau, cybernétiques… – ne voila t-il pas que la comparaison avec d’autres régimes néolibéraux/ultralibéraux devrait consoler la désolation portée sur les explosions des inégalités nouvelles et anciennes, des injustices… des d « discriminations systémiques » impunies, meurtrières, sauvages…. et autres misères de ce monde disrupté sciemment… « ailleurs »…?

    Mais est-ce « qu’ailleurs » est opposé à coup de 49 alinéas 3, 47 alinéas 1, etc, comme pour les « réformes structurelles néolibérales » du recul de l’âge de départ à la retraite, de l’assurance chômage, du RSA, des protections sociales, et services publics y étant dédiés… l’interdiction des paris nus, de la spéculation à découvert faite sur les prévisionnels incertains, douteux, en cours d’effondrement systémique (effondrement « économique », financier, politique, démocratique, social et sociétal, etc) de stocks qui allant rester géré à flux tendu, de denrées alimentaires, de biens communs de première nécessité de subsistance, sanitaire (en cas crises épidémiques, pandémiques…) de terres rares, matières premières, et autres productrices d’énergies… après transformation… ne seront pas plus soustraits de la « main invisible » des « marchés », que les distributions indécentes de dividendes aux « opportunistes » défiscalisés et désocialisés continueront de « ruisseler » et d’influencer sans régulation, ni réglementation, les prix inflationnistes de l’électricité, des produits de subsistance à base de blé, etc …?

    Est-ce que si « ailleurs » il ne se trouve aucun point commun, « intérêt général »…. de comparer pareillement les niveaux de vie, de protections sociales (ou seule l’inflation des tarifs de l’énergie et autres produits alimentaires de subsistance quoi, plus élevée qu’ici, devrait suffire à rassurer, à réconcilier, les doutes, incertitudes du « ras le bol fiscal », « poujadisme » de « temps de cervelle disponible » avec sa peur d’avoir peur de perdre son « pouvoir d’achat »)… est-il raisonnable d’avoir à essayer de consoler, ou laissé se désoler… l’illusion d’un « libre arbitre » du « vivre ensemble », d’une « dignité » qui soit disant « représentée » électoralement, n’assimile pas « l’ordre et la loi » du « nouveau monde/monde d’après »…. les « droits et devoirs »…. que risquent d’avoir de moins en moins les plus pauvres, précaires, discriminé.e.s du monde entier, au pays de la déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen, pour les premiers droits, et de plus en plus pour les seconds « devoirs » (« interdictions de manifester » « refus d’obtempérer » létal…)… lorsque par exemple, l’augmentation du coût de l’électricité, et autres hausses inflationnistes des « dépenses contraintes », pesant sur le coût de production énergétique et le dérèglement climatique… dans l’installation d’une clim à domicile… pour les classes moyennes sup et autres classes endogamiques (de reproduction de classe) est garanti, assuré, de recevoir un « assistanat sans contrepartie » du denier public, au nom du principe « républicain » du « mérite » de s’acquitter du « devoir du contribuable direct, imposable » ?

    Si le « bouclier tarifaire » du chèque carburant (aides publiques et privées) a bénéficié plus que prioritairement, injustement, inégalitairement aux classes les plus aisées, pensez vous vraiment que le maintien jusqu’à telle date…. du même bouclier fiscal, ayant perdu le titre de « niche fiscal », sous les bons auspices de la macronie, alors qu’il n’en a jamais été que la même chose déguisée avec une « novlangue » seulement disruptée… pensez vous vraiment qu’il ne va pas avantager les même classes privilégiées, « opportunistes », au détriment d’austérité, de politiques publiques de rigueurs allant pénaliser les dépenses sociales, protections sociales, services publics ? »

    1. Avatar de Jean-Yves
      Jean-Yves

      Au sujet du ruissellement et de la récupération par le privé des prestations sociales….
      https://www.blast-info.fr/articles/2023/info-blast-france-travail-ferracci-au-nom-du-pere-du-fils-et-du-business-ShHtp5kJTPG2yAvhI4V7Eg

      Concernant cette transcendance de la beauté par l’horreur, j’avoue avoir été fasciné par certaines photographies de Yann Arthus-Bertrand, l’écolo en hélico, montrant une lumière fascinante et rayonnant dans une immense décharge sur laquelle des enfants cherchent de quoi survivre….l’horreur dans toute sa splendeur.

      La représentation est devenue le réel, il y a plus de photos de lion que de lions alors, lorsqu’enfin le drame dépasse la fiction comme lors des attentats du 11 septembre 2001, les gens sont peut-être heureux de retrouver du vrai réel, c’est du moins un peu comme ça que je vois les choses.

      1. Avatar de Juillot Pierre
        Juillot Pierre

        Merci pour l’info, partagée.

  13. Avatar de Bertrand
    Bertrand

    Dans l’histoire de l’art, l’esthétisation de la catastrophe est le plus souvent religieux, c’est l’art et la manière d’assujettir le spectateur à la vengeance divine (ou la vengeance de Gaïa pour notre époque, ce qui revient un peu au même). C’est un très vieil outil de propagande qui a fait ses preuves, avec malheureusement ses effets pervers bien connus sur la jeunesse, comme à toutes les époques.

    1. Avatar de Paul Jorion

      L’Apocalypse, c’est la révélation que la parousie est proche : la seconde venue du Christ, la réconciliation en un seul royaume du Ciel et de la Terre, la fin de toute souffrance.

      Pas étonnant qu’on soit content à la nouvelle !

      1. Avatar de Garorock
        Garorock

        On est content que si on est à peu près convaincu qu’il est déja venu une fois.
        Si on pense que c’est Saint Popaul et ses collègues de bureau qui nous ont raconté une jolie histoire -avec plein de dessins- on se dit qu’il va encore une fois qu’on se débrouille sans l’aide de personne. Et là, ç’est moins rassurant!
        😎

      2. Avatar de Tout me hérisse
        Tout me hérisse

        @Paul Jorion
        Pas étonnant qu’on soit content à la nouvelle ! cette phrase n’aurait-elle pas mérité de se terminer par un émoji ?
        La parousie fait partie des croyances, en gros, d’un tiers de l’Humanité adhérant au monothéisme chrétien, quant au monothéisme musulman, il ne représente que 26 % et a quelques difficultés quant à reconnaître la parousie, le monothéisme judaïque ne représente quant à lui que 0,2 %; le reste de l’Humanité ne se préoccupe guère de ce genre de chose, à ceci près que le bouddhisme semble croire à une fin ?
        https://www.lhistoire.fr/quand-les-hommes-croyaient-%C3%A0-lapocalypse
        https://www.alajami.fr/index.php/2018/08/30/le-retour-de-jesus-selon-le-coran-et-en-islam-s43-v61-s4-v159/
        https://orbi.uliege.be/bitstream/2268/187022/1/Verpoorten_2002_Miedo-y-religion-135.pdf
        https://atlasocio.com/classements/religions/adherents/classement-religions-croyances-par-nombre-adherents-monde.php
        Dans le lot, ce sont les bouddhistes qui sembleraient les plus réalistes au vu de ce qui se passe actuellement, plutôt que la réalisation d’une théorie fumeuse..?. 🤔 🙄

        1. Avatar de Paul Jorion

          Pas étonnant qu’on soit content à la nouvelle ! cette phrase n’aurait-elle pas mérité de se terminer par un émoji ?

          Je suis parti en guerre contre les émojis. Dans l’ancien temps on vivait très bien sans émojis ! 😈

  14. Avatar de Romain Vitorge
    Romain Vitorge

    « Il est clair que, comme la possibilité de l’apocalypse nucléaire, l’Ecocide planétaire fait partie de ces phénomènes « subliminaux », par son ampleur métaphysique hors norme. »

    Sublime, subliminal ?

    Ce texte de Baldine Saint Girons : https://vep.lerobert.com/Pages_HTML/SUBLIME.HTM propose « surliminal » plutôt que subliminal.
    Pour ma part c’est la première fois que je rencontre ce mot !

    Dans l’usage courant subliminal est synonyme d’infraliminaire
    https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/subliminal/75057
    https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/infraliminaire/43019
    « Publicité subliminale, message publicitaire dont certains éléments, inférieurs au seuil perceptif, visent l’inconscient du consommateur. »

  15. Avatar de Chabian
    Chabian

    Ne pas abuser des généralisations. Ce matin à la radio, interview de touristes qui ont annulé leur voyage ou qui donnent les consignes : rester calfeutré de 12 h à 20h.
    Alors : sublime ?
    Il y a toujours une minorité de gens pour assumer des risques excessifs : saut à l’élastique, trek sur l’Everest, etc. Désir de mort, etc. Alors : sublime ?
    On parle de ces mystiques qui s’abîment dans une relation rêvée (et un peu maso) avec la divinité. Alors : sublime ?
    J’ai vu des films sublimes, lu des romans sublimes, parcouru des réflexions sublimes. Dont la luminosité (esthétique ou rationnelle) dépasse l’entendement.
    L’esthétique de la mort d’autrui n’est pas ma tasse de thé. Donc l’effondrement me rend plutôt furieux. Mais je connais un blog sublime par son optimisme…

    1. Avatar de écodouble
      écodouble

      Cher Chabian,
      l’optimisme relève de la croyance, et la croyance mène au chaos.
      On a donc trop cru et été trop optimistes pour voir ainsi débouler l’apocalypse climatique.

  16. Avatar de Pierre-Yves Dambrine
    Pierre-Yves Dambrine

    «Ainsi il existe depuis des milliers d’années une esthétique de la fin du monde, un plaisir face à l’immensité de la destruction, et un sentiment du sublime, décrit pour la première fois par le philosophe Emmanuel Kant lors du tremblement de terre de Lisbonne qui agita les philosophes des Lumières…. »

    Kant a réagi effectivement après le tremblement de terre de Lisbonne l’année suivante de cette catastrophe, mais pas dans le sens indiqué dans le billet.
    C’est un contresens de convoquer Kant pour dater le sentiment du sublime dans le sens d’un malin plaisir que serait la contemplation d’un monde en voie de destruction. Lors du tremblement de terre de Lisbonne le philosophe n’évoque d’ailleurs pas le sentiment du sublime car sa préoccupation immédiate c’est d’apporter des explications scientifiques comme le montrent ces deux petits textes de Kant datés de 1756 :

    https://atlante.univ-lille.fr/data/images/_articles/ATLANTE_1_14.pdf

    La première mention du sublime chez Kant n’intervient qu’en 1764
    dans ses Observations sur le sentiment du Beau et du Sublime ; il empruntait alors la notion de sublime au philosophe irlandais Edmund Burke dont le texte sur le sublime avait été traduit en allemand en 1758.

    Kant évoque le sublime principalement dans sa Critique du jugement en 1790, mais les exemples qu’il donne de sentiment du sublime ne concernent pas des catastrophes humaines dont on tirerait du plaisir, mais le sentiment qu’inspire la grandeur, l’effroi que provoque ce que la nature peut avoir d’informe ; Kant loin de toute esthétisation du malheur ou de la catastrophe insiste au contraire sur la dimension morale du beau et du sublime, ce qui est cohérent d’ailleurs avec l’ensemble de sa philosophie.

    Sur la genèse de la notion de sublime chez Kant : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5652520x/f75.item

    1. Avatar de écodouble
      écodouble

      Merci Pierre-Yves pour ce commentaire.
      Je veux te dire que, moi, j’ai la pétoche pour l’hiver qui vient.
      Sur la pointe bretonne, la météo est très agréable cette année : pas de canicule pour l’instant (il fait même frais le soir) et il pleut de temps en temps.
      Alors, le calme avant une belle tempête hivernale du type de celle de 1987 ? Voire plus intense ?
      Les arbres sont si beaux !

  17. Avatar de Sandor
    Sandor

    Si on doit cramer, à quoi sert de remporter une compet’ à coup de substances stimulantes, de travailler jusqu’à 64, d’aspirer à la sub-lime histoire d’amour, de procréer, de consulter ses messages et de faire des commentaires sur un blog ?

    1. Avatar de François Marenne
      François Marenne

      Je ne sais pas ce qui vous tient le plus à coeur mais pour moi la sublime histoire d’amour ce sera jusqu’à la dernière seconde

  18. Avatar de un lecteur
    un lecteur

    Pas de quoi encore cuire un œuf, mais John Kerry a qualifié le changement climatique de « menace pour l’humanité » lors d’une causerie avec son homologue chinois.

  19. Avatar de un lecteur
    un lecteur

    Rétrospectivement, nous avons tous rejoué une scène de notre vie, durant laquelle une infime variation d’une des pièces en mouvement, nous aurait conduit tout droit dans les bras de la Faucheuse. Nous ressentons simultanément, à cet instant, l’infini bonheur d’en être comme un gouffre de tristesse de tout quitter. Un vertige qui nous force à l’empathie.

  20. Avatar de Na, Dimitri et Endora
    Na, Dimitri et Endora

    La structure cosmique s’est développée dans l’espace vers une stabilité de vie de la planète puis enrichit par la vie animale et végétale sur les sols et sous-marines, l’apparition de l’espèce humaine a détruit ses milieux de vies dès son influence lors de la période de l’extinction de l’Holocène à de nos jours avec l’amplification de son impact sur le climat, les espèces animales et végétales ne peuvent plus perpétuer leurs cycles naturels durables depuis plus de centaines de millions d’années qui a été détruit par l’arrivée de l’espèce humaine.

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