Catégorie : Economie

  • L’immobilier américain sous–prime et la crise des marchés financiers

    J’ai voulu faire le point sur la question et j’ai adressé le texte suivant à un quotidien qui m’a assuré vouloir le publier dans les jours qui viennent (L’immobilier américain et ses nouvelles courroies de transmission,
    Les Échos, le 18 juin 2007 : 15).

    « La dégringolade des marchés boursiers le 28 février avait été attribuée à la chute de la bourse de Chang-Hai le jour précédent. Or, l’événement ne touchait qu’un marché périphérique et dans les jours qui suivirent, les commentateurs découvrirent deux nouveaux suspects : le discours prononcé par Alan Greenspan le 26 février où il n’excluait pas l’éventualité d’une récession fin 2007, ensuite, couronnant son érosion progressive au cours des mois précédents, la chute brutale de l’indice ABX, chute résultant d’une prise de conscience par les milieux financiers américains du taux croissant de bénéficiaires de prêts au logement incapables désormais de faire face à leurs échéances.… Lire la suite…

  • On n’a encore rien vu !

    Jacques Attali me demande « Ça s’aggrave, non? Ça aura des
    conséquences? » et je lui réponds la chose suivante :
    « Oui, il y a un effet boule de neige. C’est vrai qu’au départ le secteur le plus touché aux États–Unis est le « sous–prime » (60 % « Hispanique »)… mais certains prêts sous–prime ont été « glissés » dans les Collateralized Debt Obligations (CDO), des paquets d’instruments de dette, où ils servent de réserve, et qui ont été achetées par l’ensemble des investisseurs, aux États–Unis comme à l’étranger et qui comprennent, en particulier, comme le révèle aujourd’hui le Wall Street Journal, des ventes à répétition de taudis dont le titre de propriété n’est transmis à l’acheteur qu’au bout de six mois, vu que le taux de défaillance durant cette période initiale atteint les 30 % !…… Lire la suite…

  • Esprit du New Deal, es–tu là ?

    Dans « Vers la crise du capitalisme américain ? » j’évoque longuement Fannie Mae et Freddie Mac, les Government Sponsored Entities (*) américaines (GSE). J’explique comment ces organismes de promotion du prêt au logement furent créés par l’État fédéral, pour être ensuite privatisés – du moins partiellement. Au fil des années, elles se sont constitué chacune un portefeuille gigantesque de Mortgage–Backed Securities (MBS), des titres constitués en agrégeant sous forme d’une obligation unique quelques milliers de prêts au logement individuels. Le marché des MBS représente désormais des sommes considérables (5,2 mille milliards de dollars), dépassant celui des Treasuries, les obligations d’état américaines (4,9 mille milliards de dollars).… Lire la suite…

  • Deux semaines plus tard…

    New Century, le numéro 2 du secteur sous-prime de l’immobilier américain, celui qui, je le rappelle, accorde (je devrais plutôt écrire « accordait ») des prêts au logement à des particuliers incapables sur le long terme d’effectuer le remboursement des sommes avancées, s’est déclaré hier dans l’incapacité d’accorder de nouveaux prêts. La compagnie annonce sur le formulaire officiel 8–K qu’« elle a choisi de cesser d’accepter les candidatures de nouveaux emprunteurs éventuels ». Elle ajoute qu’« elle acceptera à nouveau les dossiers aussitôt que possible, sans pouvoir cependant assurer qu’elle sera à nouveau à même de reprendre ses opérations ».… Lire la suite…

  • Le cambouis

    Vous trouverez le compte rendu que Denis Clerc a consacré à Vers la crise du capitalisme américain ? sur la page internet d’Alternatives Economiques. Il a aussi eu la gentillesse de me communiquer la version longue de son texte que voici :

    « Quand un anthropologue (même frotté d’économie et vivant aux Etats-Unis) dissèque les raisons pour lesquelles la Bourse et le prix de logements flambent aux Etats-Unis, on craint le pire. Et l’on a le meilleur. Car notre homme a vraiment plongé les mains dans le cambouis, disséquant les scandales boursiers, les trucages de comptes, les mécanismes spéculatifs, les réactions des autorités mais aussi le comportement des agents.… Lire la suite…

  • Fragilité de la cote FICO

    La fragilité que l’on découvre aujourd’hui à la cote FICO utilisée pour définir le risque de crédit que représente un consommateur américain pour son prêteur éventuel, est de n’intégrer que des données reflétant son comportement passé et présent (emprunts remboursés, paiements réguliers des mensualités dans les ventes à tempérament, etc.), d’une manière entièrement déconnectée du contexte économique ambiant.

    La localisation de l’instant présent au sein des cycles économiques (taux de chômage, inflation, profil actuel de la courbe des taux d’intérêt, etc.) n’est absolument pas prise en compte – elle le sera à l’avenir puisque le comportement du consommateur dans ces circonstances nouvelles sera enregistré comme nouvelles données, mais ce sera bien sûr a posteriori et bien souvent trop tard du point de vue du prêteur.… Lire la suite…

  • Une semaine plus tard

    Alors où en est-on une semaine plus tard ? Était–ce bien ou mal vu d’annoncer une crise imminente de la finance américaine le 22 février au vu de la dégringolade de l’indice ABX qui reflète la santé des obligations rassemblant les prêts fonciers du secteur « sous–prime » ?
    Une semaine plus tard, l’indice prédit 26 % de défaillances dans le secteur – contre 21 % le 22 février quand j’avais lancé mon courriel, les bourses mondiales ont perdu de 4 % à 8 % de leur valeur et la crise du secteur immobilier américain est – après un moment d’hésitation – mentionnée en première ligne des causes de cette chute par les commentateurs, deux organismes prêteurs du secteur sous–prime ont annoncé hier être l’objet d’une investigation criminelle tandis que la presse ne discute plus que d’un seul sujet : la crise du secteur immobilier sous–prime est–elle en train de contaminer le secteur prime (2 articles dans le Wall Street Journal d’hier, 2 en ce moment–même sur le site internet de l’Agence Reuters, un aujourd’hui dans le Los Angeles Times, etc.)… Lire la suite…

  • La chute des marchés boursiers mardi

    Y a–t–il un rapport entre la chute des marchés boursiers mardi et la crise des Asset–Backed Securities mentionnée dans la lettre que j’adressais vendredi aux membres du MAUSS (le Mouvement Anti–Utilitariste dans les Sciences Sociales qui publie mon « Vers la crise du capitalisme américain ? »), le Wall Street Journal d’aujourd’hui semble le penser (sous la plume de Serena Ng) :

    « Une confluence d’événements semblent avoir déclenché le mouvement, en particulier la chute des prix de 9% sur le marché de Shanghai qui fit craindre une crise de l’ensemble des marchés émergents. Un autre facteur est constitué de l’industrie américaine des prêts hypothécaires « sous-prime ».… Lire la suite…

  • Le déclenchement de la crise du capitalisme américain

    A posteriori, on considèrera peut-être que le début de la crise du capitalisme américain fut marqué par les 8,8% de baisse à la bourse de Shanghai dans la journée d’hier. Ceci dit, plusieurs facteurs contribuèrent au fait que la bourse de New York emboita le pas et je suis d’accord avec Jacques Attali que la chute dramatique jeudi de l’indice ABX, exprimant la confiance – ou la défiance – vis–à–vis des Asset–Backed Securities (ABS) était non seulement un signe calamiteux mais contribua aussi de manière décisive à la déprime des investisseurs aujourd’hui. C’est cette crise dans l’assurance contre les risques que présentent les ABS (*) qui m’avait conduit à rédiger vendredi un courriel destiné à un petit groupe d’amis – accompagné du diagramme montrant la chute libre de l’indice.… Lire la suite…