Archives de catégorie : Encyclopédie

LE PATAQUÈS EUROPÉEN (suite), par François Leclerc

Billet invité.

Est-il utile de revenir sur un plan Juncker d’investissement, soutenu « sur le principe » et du bout des doigts par Angela Merkel, et que le gouvernement français voudrait « améliorer ». Ces réactions toutes diplomatiques enregistrées, il est quasi-unanimement décrié. Que l’on considère la faiblesse de son montant, l’absence de fonds publics, ou son mécanisme d’appel à des fonds privés, il est peu crédible et il en va de même de ses résultats. Mais, il faut le concéder, ce plan ne fait qu’exprimer l’étroitesse des marges de manœuvre de ses concepteurs, que l’on connaissait déjà.

Vitor Constancio, le vice-président de la BCE, est-il mieux loti que Jean-Claude Juncker, qui vient d’être conforté par un confortable vote de confiance du Parlement européen, sociaux-démocrates compris, en dépit des LuxLeaks ? Présentant le rapport bi-annuel de stabilité financière de la banque centrale, il a annoncé que « tous les indicateurs de risque systémique en zone euro sont à un niveau très bas, et certains d’entre eux à des niveaux similaires à ceux d’avant la crise ». Toutefois, ayant évacué tout semblant d’interrogation sur la qualité de ces indicateurs, il s’inquiète que « le shadow banking représente 60% du total des actifs bancaires en Europe », avec comme leçon que « nous devons en savoir plus, et avoir une meilleure connaissance de l’exposition du secteur réglementé de la finance vis-à-vis de secteurs moins réglementés ».

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – BOMBARDEMENT, par Jacques Seignan

Billet invité.

L’avion fut inventé au tout début du XXe siècle et peu avant la Première Guerre Mondiale l’idée vint « naturellement » de lâcher des bombes depuis les avions : le bombardement aérien était né (1). Lors de la guerre civile en Espagne, des avions allemands au service de Franco bombardèrent Guernica, la capitale historique des Basques, le 26 avril 1936. C’est considéré comme le geste inaugural de l’extension de la guerre aérienne aux civils qui allait prendre une ampleur inégalée entre 1939 et 1945. Sans le chef-d’œuvre de Picasso ce sinistre épisode du XXe siècle serait certainement oublié dans le flot des malheurs qui ont suivi. Or la suite de ces nouveaux « Désastres de la guerre » selon la formule de Goya – un autre grand maître de la peinture, lui aussi témoin et accusateur par la force de son art – fut exponentielle dans son ampleur : après cette petite ville, d’immenses agglomérations sous les flammes…

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – Viande (vaches et vacheries), par Jacques Seignan

Billet invité

Dans son billet, «  La religion des boeufs »,Jean-Claude Balbot tire une belle leçon morale d’apparence paradoxale : « se comporter en buffle ». A sa suite, on pourrait ajouter : «… et respecter les vaches ». Mais faisons auparavant quelques détours.
Les humains, comme les primates, sont omnivores et donc en principe carnivores. Certains pour des raisons religieuses, morales ou autres sont végétariens ou végétaliens et ils se comptent par dizaines de millions si l’on considère simplement l’Inde. D’autres ne sont carnivores que rarement car manger de la viande reste très dépendant du niveau de vie. La maîtrise du feu en permettant la cuisson des aliments (et des viandes) a apporté divers avantages : sanitaires, digestifs,… dont un relève simplement du plaisir de manger, de la gourmandise. Ainsi en faisant griller de la viande, les réactions chimiques (de Maillard) développent-elles des saveurs et des arômes qui sont délicieux pour la plupart d’entre nous… Ces découvertes et avancées culturelles eurent des effets sur la croissance de la population. Donc, comme souvent pour l’espèce humaine, nous avons su joindre l’utile à l’agréable.

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – La double nature de la propriété, par Michel Leis

Billet invité

Selon l’article 544 du Code civil, « La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements ». Derrière cette définition se cache une ambiguïté fondamentale que l’on retrouve dans l’œuvre de Proudhon sous la forme d’une double formulation : « la propriété, c’est le vol » et la « la propriété, c’est la liberté », deux expressions qu’il n’hésite pas à juxtaposer dans son essai « La théorie de la propriété »[i]. L’histoire a surtout retenu la première formulation, symbole vivant de l’anarchie, pourtant le deuxième point de vue mérite d’être confronté au premier pour saisir toute l’ambivalence du concept de propriété, en particulier, parce que la crise incite aux remises en cause les plus radicales.

Ce qui fait la différence entre la propriété et le simple usage d’un bien, c’est la conjonction de l’usus (l’usage du bien) du fructus, c’est-à-dire la possibilité d’en tirer les fruits, et de l’abusus, c’est-à-dire la possibilité d’en disposer comme bon lui semble. Ces trois notions sont déjà présentes dans le droit romain, elles confèrent à la propriété un caractère absolu et perpétuel, qui peut être transmis par l’héritage ou bien cédé à tout moment à autrui au travers d’un acte de vente qui enregistre le transfert de propriété.

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – Transport, par Michel Leis

Billet invité.

Pour beaucoup d’entre nous, le transport est un élément de notre quotidien. Parfois synonyme de contraintes et de servitude, par exemple lorsqu’on prend les transports en commun pour se rendre sur notre lieu de travail, parfois associés à de beaux souvenirs, comme lors des départs en vacances, on peste contre leur omniprésence quand il faut doubler une file ininterrompue de camions sur la route. Le transport est pourtant un peu plus que le banal déplacement d’une personne ou d’un objet d’un point à un autre. Certains dénoncent l’empreinte écologique des transports, ils ont bien sûr raison, mais c’est comme regarder la partie émergée de l’iceberg, une vision partielle et réductrice, d’autant plus qu’une partie du transport se dématérialise. Ce que nous appelons communication n’est rien d’autre que le transport de données et d’informations d’un point à un autre. Les pièces jointes que nous envoyons aujourd’hui par mail ou par échange de fichier auraient transité par la poste il y a à peine cinquante ans. Il y a moins de deux cents ans, le transport de l’information reposait exclusivement sur des moyens physiques. Demain, l’impression 3D pourrait réduire encore cette part du transport physique. L’évidence que semble être le transport mérite qu’on s’y attarder quelques instants.

Le transport est l’un des enjeux majeurs du capitalisme, il est le système sanguin de la mondialisation, il a été et il reste une source de profit énorme. Ce n’est pas l’activité de transport en elle-même qui est très rentable, c’est la possibilité qui est offerte à l’investisseur de tirer parti des discontinuités sociales, fiscales ou simplement de profiter d’une opportunité de marché.

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – CLIENT, par Jacques Seignan

Billet invité

CLIENT

Un grand-père et son petit-fils sont dans le métro à Paris.

– Dis, grand-père, c’est vrai qu’il fallait payer pour prendre le métro, dans ta jeunesse ?

– Oui, je m’en souviens encore… j’avais presque ton âge…

– Mais comment ça marchait ?

– On achetait des tickets ou des carnets (pour payer un peu moins cher)… au début, car après on a eu des cartes à puce avec le système RFID pour paiements à distance… et encore après, quand on a presque rendu obligatoire la possession d’un smartphone, les gens étant toujours géolocalisés, ils payaient sans même s’en apercevoir ! Quand il y a eu ce projet d’implanter des puces électroniques sous la peau de tout le monde, ça a commencé à coincer… et puis il y a eu les grands changements, comme tu sais…

– Mais ton ticket, comment on pouvait savoir que tu en avais vraiment acheté un ?

– Eh bien, il y avait partout des portes, des tourniquets et bien sûr des contrôleurs.

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – Rationalité économique et politique, par Michel Leis

Billet invité

Arriva un temps où l’économie devint l’alpha et l’oméga de la vie de la cité. Dans la formulation « économie politique » qui associait la création de la richesse aux conditions de sa répartition, le mot politique s’effaça pour ne laisser place qu’à un monde centré sur le profit sans se soucier des conditions de sa répartition.

Comment avait-on pu se fourvoyer à ce point ?

Les thuriféraires d’une science économique libérale n’ont jamais ménagé leur peine pour faire croire que l’économie était une science dure dont l’on ne pouvait transgresser les règles, sauf à se mettre en marge du progrès. La classe aisée était acquise d’avance à des théories qui racontaient l’histoire qu’elle souhaitait entendre. La théorie justifiait sa position dominante dans le corps social par des qualités reconnues comme spécifiques. Le travail, l’esprit d’entreprise, la prise de risque, mais aussi la famille (la transmission) devenaient ainsi à la fois des valeurs morales et des vérités scientifiques qui ne pouvaient être remises en cause.

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GACCIO ET JORION (V) LE SOCIALISME ET LA GAUCHE : TOUTE UNE HISTOIRE

La cinquième vidéo dans une série de 5 :

1) Les modèles de sortie de crise – 2) Les banques – 3) Le travail et le revenu – 4) Les scénarios catastrophes – 5) Le socialisme et la gauche : toute une histoire

Pour en savoir plus sur les deux personnages, Bruno Gaccio et Paul Jorion, et sur La Parizienne à l’origine du projet, c’est ici.

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L’Encyclopédie au XXIème siècle :

APPEL À CONTRIBUTIONS

Les contributeurs des premiers projets d’articles de L’Encyclopédie au XXIème siècle se sont réunis à Paris le 23 novembre. Ils sont convenus de lancer un appel à contributions une fois qu’une charte éditoriale aurait été rédigée et aurait reçu l’approbation des participants à la réunion. Seul point encore ouvert à la discussion à l’heure qu’il est : le sens à donner à « sur ce regard ‘venu du futur’ (‘venu de Sirius’) ». Pour illustrer ce qui est entendu par là, je reproduis à la suite de la charte mon billet du 28 janvier 2009 intitulé « Une lettre persane ».

La correspondance relative à cet Appel à contributions peut être adressée ici : L’Encyclopédie au XXIème siècle ou en utilisant la fonction « Me contacter » en haut à droite de la page d’accueil du blog.

L’Encyclopédie au XXIème siècle : Charte éditoriale

Le projet d’Encyclopédie au XXIème siècle, fruit d’une réflexion collective menée au sein des Amis du Blog de Paul Jorion, se base sur l’étude des événements actuels liés à la Crise du capitalisme analysée par PJ et les contributeurs de son blog. L’idée essentielle est de concevoir dans une démarche similaire à celle des Encyclopédistes du XVIIIème siècle, les nouveaux paradigmes qui permettront de sortir « par le haut » de la crise actuelle, sur la base des idées véhiculées par le blog.

Il s’agit d’abord d’un projet d’essence politique au sens noble et premier du terme.

L’E21 devra aller au-delà de la simple description de l’effondrement de nos sociétés actuelles, confrontées à un soliton formé par la conjonction de trois crises, suivantes : la crise du capitalisme avec sa concentration des richesses, la crise de la complexité des systèmes mis en place par l’Homme, et la crise écologique causée par le comportement colonisateur opportuniste de l’espèce humaine. L’E21 se donne donc pour objectif de concevoir et présenter les solutions à ce soliton. Pour ce faire, les auteurs devront prendre délibérément le parti de se projeter dans le futur, par hypothèse à une époque où les solutions pensées dans l’E21 auront permis de sortir « par le haut » de la crise globale actuelle, offrant la possibilité d’un regard rétrospectif sur les erreurs passées et actuelles.

Ce qui importe dans ce travail est donc moins la manière dont ces solutions vont émerger que l’étude de ces solutions elles-mêmes. Une telle présentation permettra de convaincre le plus grand nombre que ce que beaucoup voient encore comme des utopies constituent en fait un futur non seulement désirable mais aussi vraisemblable.

L’Encyclopédie au XXIème siècle se présentera sous la forme d’entrées, couvrant les caractéristiques de l’homme, dans sa dimension collective, individuelle comme intellectuelle, inséparables de son environnement et de ses activités.

Chaque entrée consistera non pas en une simple critique ou une description « statique » de nos faillites actuelles mais en une présentation du ou des nouveaux paradigmes qui permettront de sortir de la crise globale que nous constatons tous, ce qui démontrera nécessairement l’obsolescence et l’incongruité de notre présent.

La forme de ces entrées est sans importance, tous les modes d’écriture étant par principe admis : article de fond ou portrait, aphorisme ou curiosité (poème, BD…). La taille ne sera pas un critère, la diversité des styles de chacun étant acceptée et même encouragée. Seule l’intelligibilité par le plus grand nombre devra être soignée, l’Encyclopédie cherchant à toucher le grand public.

En revanche, l’accent devra être mis sur ce regard « venu du futur » (« venu de Sirius »), totalement détaché des contingences à court terme du présent, et sur la cohérence de l’ensemble.

C’est ainsi que les entrées et les nouveaux paradigmes abordés dans E21 ne devront pas entrer en contradiction entre elles, ni avec les travaux précédents du blog PJ ou de ses publications.

Il sera possible que pour certains des nouveaux paradigmes proposés, des divergences de fond irréconciliables demeurent malgré le travail collectif. Dans ce cas très particulier et qui devra rester exceptionnel, plusieurs entrées pour la même notion pourront être envisagées.

Dans un souci d’organisation du travail, 5 pôles de travail pour la relecture ont été constitués. Chaque contributeur devra donc préciser dans quel(s) pôle(s) il entend intégrer son travail. Cette classification n’est qu’une organisation de travail et n’implique aucun choix quant à la forme définitive de E21.

Ces 5 pôles sont à ce jour :

Thématique

  • Écologie
  • Économie
  • Sciences et techniques
  • Politique
  • Humain et Humanité

C’est sur ces bases que toutes les contributions seront étudiées, et que le projet E21 sera mené jusqu’à son terme, pour une publication dont la forme n’est pas encore arrêtée (livre, site Web, etc.).

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L’Encyclopédie au XXIème siècle :

APPEL À CONTRIBUTIONS

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Les projets d’articles pour « L’Encyclopédie au XXIème siècle »

Si vous vous interrogez sur l’absence ces temps-ci de projets d’articles pour « L’Encyclopédie au XXIème siècle », ne vous étonnez pas : les contributeurs se réunissent en grande assemblée générale vendredi et samedi et nous avons établi un moratoire d’une quinzaine de jours dans la période conduisant à ce pow-wow / jamboree.

Les publications reprendront dès lundi.

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – MONDIALISATION, par Michel Leis

Billet invité.

Mondialisation

La mondialisation est indissociable de l’histoire du capitalisme, elle a toujours été porteuse de promesses de surprofit. Dès l’époque romaine s’ouvre la route de la soie, synonyme d’énormes profits pour l’audacieux voyageur qui osait s’y lancer. Nés à la fin du XIème siècle, les premiers contrats de Societatis Maris ou de Colleganza créés dans le cadre d’un unique voyage couvrent les frais engagés par l’expédition entre des apporteurs de capitaux et ceux qui prennent le risque physique de l’expédition. Ils entérinent aussi une forme de partage des énormes bénéfices réalisés en cas de succès, qui va d’une répartition plutôt favorable au marchand dans le cas des contrats vénitiens ou plutôt en faveur de l’apporteur de capitaux dans le cas des contrats génois. En cas de succès, le rendement peut atteindre plusieurs fois le montant du capital investi, à la nuance près qu’il faut parfois attendre très longtemps pour le retour sur la mise de fonds initiale et que la prime de risque est très élevée. Les progrès de la navigation vont non seulement ouvrir de nouvelles routes, mais ils vont ouvrir la voie à une nouvelle forme de mondialisation : la prédation. Pourquoi troquer ou payer des marchandises quand l’esclavage permet de limiter le coût de production au strict minimum? Pourquoi acheter des matières premières quand on peut simplement se les approprier ? La colonisation va être un des enjeux majeurs du capitalisme entre la fin du XVème et le milieu du XXème siècle.

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – JÉSUS, par Bertrand Rouziès-Léonardi

Billet invité

JÉSUS – Prédicateur de la Judée antique et partisan méconnu du denier du culte civique (quoique denier soit impropre, puisque la didrachme hellénistique, dans la Palestine néotestamentaire, était plus courante que le denier de César). Jésus fut exécuté sur ordre d’un préfet romain dont une des charges, en tant que procurator de la province de Judée, était… la levée des impôts.

L’irruption en Judée de la res publica et de son cortège de taxes explique pour une bonne part les nombreuses révoltes auxquelles les Romains durent faire face et auxquelles ils mirent chaque fois un terme sanglant, car sur le financement du bien commun, il n’y avait pas, selon eux, à transiger. Preuve que c’était la fiscalité à la romaine et non la fiscalité en elle-même qui posait problème, les Juifs s’acquittaient sans barguigner du mahatsit hasheqel, l’impôt religieux annuel d’un demi-sheqel – converti en didrachme – que la Torah affectait à l’entretien du Temple de Jérusalem et qui alimentait surtout la caisse du collège mafieux des prêtres. Tant que Rome déléguait la perception de certains impôts aux roitelets tributaires, les Hérode, Agrippa, Archélaos et autres, les Juifs feignaient d’en ignorer la destination, mais quand Rome s’avisa d’administrer elle-même la Judée, que la res publica s’incarna dans un préfet et dans ses multiples relais, dont les agents du fisc (publicains), recrutés parmi les collaborateurs autochtones[1], les plus extrémistes coururent aux armes.

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – ARGENT, par Cédric Mas

Billet invité

« L’argent a divisé les hommes et séparé les frères »

Il est intéressant de distinguer la monnaie, notion économique désignant l’instrument d’échange, de valeur et de compte d’une communauté économique, de l’argent, qui désigne le même instrument, mais pris dans ses rapports avec les êtres humains, en tant qu’individus conscients et sociaux.

Plusieurs observations préalables : si la question de la définition et de l’étude de la monnaie occupe une place importante dans l’économie, la philosophie (depuis Aristote) et même la politique, la question de l’argent n’intéresse en général que les moralistes, les poètes (1), et certains romanciers (comme Zola).

Et pourtant, il est difficile de ne pas être frappé par cette absence d’études pour quelque chose qui existe matériellement, et qui suscite autant de réprobations que de désirs insatiables, mobile des pires crimes, et sujet des plus violentes diatribes (en général émanant de personnes n’en disposant pas en quantité suffisante – mais peut-on disposer de « suffisamment d’argent » ?).

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – BANGLADESH, par Bertrand Rouziès-Léonardi

Billet invité

BANGLADESH – Gagnant provisoire de la compétitivité. Difficile de faire mieux ou pire. Ce pays émergent, comme Venise, est toujours à deux doigts de sombrer. Essentiellement limoneux, désespérément bas et plat, il est complètement désarmé face aux moussons violentes, aux débordements des deux fleuves monstres (le Brahmapoutre et le Gange) qui le traversent, s’y épanchent, s’y étalent (0,005 % de dénivelé entre leur entrée dans le pays et leur embouchure) et s’y rejoignent, et à la montée du niveau des océans due au bouleversement climatique [1]. Complètement désarmé ? Pas tout à fait. Il a pour défenseur historique le tigre, second prédateur de l’homme, après l’homme. Pas de chance, le repaire du tigre du Bengale est la mangrove des Sundarbans, qui subit la double pression de mâchoires des eaux et des hommes [2]. Il existe un prédateur plus redoutable que le tigre : le fabriquant de prêt-à-porter, qui piste la main d’oeuvre bon marché. Le Bangladesh est le deuxième exportateur de vêtements au monde. Le textile y est quasiment une monoculture d’exportation (80 % du total). Le salaire de base mensuel des trois millions d’ouvriers du secteur est de 3000 taka (38 dollars US), un des plus bas au monde, tellement bas que les patrons chinois s’avouent battus… à plate couture. En juin 2013, les syndicats du textile – on ne sait par quel miracle ils n’ont pas été dévorés -, dans le sillage de manifestations diluviennes, de grèves et d’incendies d’usines, ont demandé que le salaire minimum soit porté à 8114 taka (100 dollars US). Cris d’épouvante du patronat : la conjoncture est mauvaise, vous n’y pensez pas ! Et puis une hausse de salaire dans un pays comme le Bangladesh, ce serait comme le surgissement d’un volcan dans la Flandre Occidentale, une incongruité. Ce sera 20 % d’augmentation, pas davantage.

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