Archives de catégorie : Finance

Compte-rendu du livre de Patrick Artus Discipliner la finance, par Vincent Burnand-Galpin

À propos de Patrick Artus, Discipliner la finance, Paris : Odile Jacob, 2019. Ouvert aux commentaires.

L’idée centrale de ce livre est que l’accroissement du poids de la finance par rapport à l’économie réelle accroît fortement le risque de crise. Alors que dans le passé, c’étaient les chocs de l’économie réelle qui influençaient la sphère financière, ce sont aujourd’hui les chocs financiers qui conduisent au dérèglement de l’économie réelle. 

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Trends-Tendances : La « bonne » et la « mauvaise » volonté de Deutsche Bank et de Commerzbank, le 25 avril 2019

Le danger de publier des articles dans des magazines, quand le texte doit être déposé une semaine avant sa publication : que le projet soit abandonné le jour où l’hebdomadaire paraît. Un communiqué vient en effet de signaler que la fusion de Deutsche Bank et de Commerzbank, qui devait être annoncée demain, n’aura pas lieu. La question purement comptable que j’évoque dans mon article, reste bien entendu pertinente.

La « bonne » et la « mauvaise » volonté de Deutsche Bank et de Commerzbank

La fusion en Allemagne de Deutsche Bank et de Commerzbank va impliquer pour qu’elle apparaisse faisable sur le papier, une astuce comptable appelée en français « goodwill négatif », ou en anglais « badwill », ce qui traduit littéralement donne « mauvaise volonté ».

Le goodwill, la « bonne volonté », est une catégorie comptable qui entérine le fait que la vie économique de tous les jours n’a aucun respect pour un des principes fondamentaux de la « science » économique, à savoir l’objectivité du prix, et qu’il a bien fallu créer un poste pour des sommes qui ne devraient pas exister selon la théorie mais qui existent pourtant.

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L’Écho – Comment légitimer la politique de l’offre et la théorie du ruissellement ? le 12 mars 2019

Le ruissellement suppose le pouvoir d’achat

La « politique de l’offre » – que l’offre créera automatiquement sa demande, puisque la production engendrera les salaires de ceux qui produiront – tout comme la « théorie du ruissellement » – qui veut que les plus riches, par leurs achats, subventionnent automatiquement les moins riches qui produiront – négligent cependant chacune un élément essentiel, la première, que les salaires générés devront être d’un niveau suffisamment élevé pour que les salariés achètent la totalité des biens et des services qui seront offerts, et la seconde, celle du ruissellement, qu’il faut pour qu’elle soit valide, que l’économie puisse absorber en tant qu’investissement rentable toute la richesse que les détenteurs de capitaux ont la capacité de mettre à sa disposition.

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Trends-Tendances : Peut-on prévoir les crises financières ? le 7 mars 2019

Peut-on prévoir les crises financières ?

Didier Sornette, physicien français dirigeant un département à l’Institut polytechnique de Zürich, s’est fait une spécialité de prévoir quand les bulles financières éclatent.

Une bulle se développe quand une majorité d’intervenants sur un marché se convainquent à juste titre que le prochain prix sera supérieur au prix actuel. Alors un ask, un prix réclamé par un vendeur, plus élevé que le prix actuel, trouvera un bid, un prix offert par un acheteur, prêt à le suivre à la hausse. Et la bulle enflera aussi longtemps qu’il restera des acheteurs prêts à embrayer pour des prix plus élevés.

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Espace Éthique/Île-de-France, Prédire les crises financières, demain lundi 4 mars à 18h30

À partir de mon expérience d’avoir prédit la crise des subprimes (2004-05), et de chercheur en Intelligence Artificielle (1987-90), je tenterai de définir les principes d’une IA qui prédirait les crises financières qui ne soient pas de simples phénomènes de bulles (pour celles-là, voir les travaux de Didier Sornette).

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L’esprit d’équipe dans les milieux d’affaires

Ouvert aux commentaires.

Dans un article du Washington Post en date du 19 février, consacré à Dan Coats, Directeur du Renseignement national américain : Trump grows frustrated with Coats, leading some to fear he might be fired, de la plume de Shane Harris, Josh Dawsey et Ellen Nakashima, on pouvait lire ceci :

Un conseiller qui s’est entretenu avec le président durant le week-end a fait savoir que Trump est toujours « enragé » par le témoignage de M. Coats au Congrès le mois dernier sur les menaces à la sécurité nationale, estimant que le directeur du département avait sapé l’autorité du président lorsqu’il avait fait part des évaluations de la communauté du renseignement quant à l’Iran, la Corée du Nord et l’État islamique, évaluations qui sont en contradiction avec un grand nombre de déclarations publiques de M. Trump. […]
… en privé, le président ne décolérait pas, il a confié ce week-end à ce conseiller que Coats, un ancien sénateur républicain de l’Indiana, n’est « pas loyal », « il ne fait pas partie intégrante de l’équipe ».

J’écrivais en septembre 2010 dans un article de la revue Le Débat (aux pages 136 et 137 du N° 161) :

… de quel terme désigne-t-on, parmi les décideurs, cet esprit de tolérance à la fraude que je viens d’évoquer ? « Esprit d’équipe ». « L’individu en question ne fait pas preuve d’esprit d’équipe » est le langage codé utilisé dans ce monde des établissements financiers pour désigner celui qui fait preuve de probité et désapprouve les tentatives de fraude.

Repris dans À quoi bon penser à l’heure du grand collapse ? Fayard 2017 (à la page 84).

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Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (XII) La culture orale des milieux financiers

Je publie en feuilleton la retranscription (merci à Éric Muller !) de ma très longue conférence le 29 novembre 2018. Ouvert aux commentaires.

Question de la salle : Bonsoir, merci pour votre exposé. Dans le monde d’aujourd’hui, il y a des pouvoirs qui sont évidents, militaire, politique, médiatique, et financier naturellement. Alors sur le plan militaire, politique et médiatique, ça me paraît assez transparent – quoique ça dépende des régimes politiques, ça dépende les médias – mais sur le plan financier, ça me paraît très obscur. Je voulais savoir quelle était la place des banques centrales, quelle est la place de la Fed, du FMI, et surtout la place des richesses privées vis-à-vis de toutes ces institutions qui ont le pouvoir financier.

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Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (VIII) Comment se déterminent les taux d’intérêt ?

Je publie en feuilleton la retranscription (merci à Éric Muller !) de ma très longue conférence le 29 novembre 2018. Ouvert aux commentaires.

Question de la salle : Je ne suis pas une économiste mais, tout de même, sauf erreur, la rente avant 1914 rapportait entre deux et trois du cent. Est-ce que le marasme économique actuel ne vient pas, justement, des taux exorbitants que prélève le capital, et est-ce que ça n’est pas accentué par le fait qu’on a autorisé les banques à créer, en quelque sorte, de la monnaie virtuelle chaque fois qu’elles accordent un prêt ?

PJ : C’est vrai que les banques centrales ont pu fonctionner de manière correcte au fil des siècles parce qu’elles produisaient de l’argent supplémentaire à mettre dans le système au prorata de la richesse véritablement créée. Pourquoi est-ce qu’elles l’ont fait ? Et bien, c’est parce que leur rôle principal était un rôle de stabilité de la monnaie : il fallait, dans le monde du travail, le monde de la production, il fallait qu’il ne faille pas à tout moment augmenter les salaires ou les baisser pour que les choses fonctionnent. La stabilité des prix était très importante, et les banques sont arrivées à le faire, en faisant que les masses monétaires reflètent effectivement la richesse créée. 

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Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (I) La crise des subprimes

Je publie en feuilleton la retranscription (merci à Éric Muller !) de ma très longue conférence le 29 novembre 2018. Ouvert aux commentaires.

Bonsoir à tous.

Vous êtes nombreux ce soir à vouloir savoir comment se débarrasser du capitalisme. Nous remercions M. Paul Jorion d’avoir accepté l’invitation de l’association Aussitôt Dit, et M. Gérard Dubouchet de bien vouloir animer cette rencontre. Nous vous rappelons que ces conférences de l’hôtel de ville sont organisées par l’association de philosophie Aussitôt Dit, en partenariat avec le Centre Max Weber ainsi que La Rotonde École des mines, avec le soutien de la ville de Saint-Étienne et du département de la Loire.

GD : Bonjour à tous. Nous avons le plaisir d’accueillir Paul Jorion. Je serai donc relativement court pour ne pas empiéter sur le temps de Paul Jorion, sa présence qui est, quand même, relativement rare. Continuer la lecture de Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (I) La crise des subprimes

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Le Média, Comment les « Élites » nous mènent au désastre – Paul Jorion, le 8 janvier 2019 – Retranscription

INTERVIEW Paul JORION

Théophile KOUAMOUO

« La nature humaine est ainsi faite : nous voulons sonder l’avenir en début de l’année surtout. C’est le temps de la prospective, des prévisions et des prédictions. Au Média nous avons voulu donner la parole à Paul Jorion qui est entré dans l’histoire pour avoir prévu plusieurs années à l’avance la crise des subprimes de 2008 et la grosse crise financière qui a suivi. Nous n’allons pas solliciter de sa part des prophéties en exclusivité mais plutôt demander à cet ancien trader qui est aussi anthropologue, bon connaisseur de l’informatique et de l’Intelligence Artificielle, enseignant à l’Université Catholique de Lille, de nous dire quelles sont les thématiques ou plutôt les signaux faibles qu’il scrutera le plus attentivement dans les mois qui viennent.

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Le Média, COMMENT LES « ÉLITES » NOUS MÈNENT AU DÉSASTRE – PAUL JORION, le 8 janvier 2018

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