Archives de catégorie : Politique

L’Étatisme, par Vincent Burnand-Galpin

« L’État est un outil, très puissant, qui peut se mettre au service du meilleur comme du pire, selon la personnalité…

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Alice et le Maire, ce que j’en pense

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J’ai vu hier Alice et le Maire de Nicolas Pariser. C’est un film qui vous explique avec beaucoup de subtilité pourquoi on ne peut plus faire de politique en France aujourd’hui. La démonstration est implacable. Je vous encourage à aller le voir : c’est très bien fait. Fabrice Luchini est très convaincant en maire découvrant les limites de sa fonction. Anaïs Demoustier nous montre comment une personne ayant « des idées » – c’est tout ce qu’on lui demande – suffit à faire exploser la politique comme on la fait aujourd’hui. Quant à Thomas Chabrol, il incarne à la perfection un « grand intellectuel » creux comme un tambour, comme il se doit.

Mais en nous montrant comment écrire ce qui serait un vrai discours politique (dont les spectateurs constateront que j’aurais pu l’écrire moi-même), Nicolas Pariser nous explique mine de rien comment on peut faire de l’excellente politique aujourd’hui : en faisant un film comme le sien. M’offrant au passage la possibilité de faire moi-même de l’excellente politique en vous recommandant d’aller voir son splendide petit film (pas de course-poursuite) où l’on dit, comme je viens de le dire, ce que je n’arrête pas de vous dire.

Faites de la politique, comme Nicolas Pariser et moi : allez-voir Alice et le Maire ! Et parlez-en !

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150 citoyens ordinaires planchent sur le climat

Sur cette question, j’ai reproduit hier un de mes tweets : Comme les gens qui savent dérangent, demandons aux gens qui ne savent pas…, j’en ai parlé aussi dans ma vidéo : La démocratie en petite forme.

Comme le caractère grotesque de la proposition n’apparaît pas à tout le monde (vous m’écrivez), je vous ai fait un petit tableau à partir de ce que disait (déjà) Aristote (IVe siècle av. J-C) sur la question.

Aristote distinguait dans ce que nous appelons la « logique », trois domaines distincts, selon le public et les objectifs de ce qui est débattu : la rhétorique (conversation ordinaire), la dialectique (plaidoirie, discours politique), et l’analytique (technique, science).

Pertinence de tirer éventuellement au sort les participants au débat ? 

Domaine

Qui ?

Type d’argument

Le tirage au sort des participants a-t-il un sens ?

Rhétorique

Quiconque

Exemple isolé

Oui (question d’opinion)

Dialectique

Juristes, politiciens

Preuve par l’absurde

Oui (question d’opinion)

Analytique

Autorités reconnues

Démonstration scientifique

Non (question de savoir)

Je suis du même avis qu’Aristote.

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Le Monde – « Gilets jaunes » : Bordeaux la bourgeoise paie ses fractures, le 4 août 2019

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À propos de « Gilets jaunes » : Bordeaux la bourgeoise paie ses fractures, un commentaire que je viens de laisser sur le site du quotidien.

Excellent article mais, une fois de plus, les rédacteurs du Monde seront consternés par les réactions des lecteurs de leur journal, qui ont eux choisi leur camp : ils savent, et s’en irritent, que ceux qui se plaignent sont des envieux, des louseurs trop stupides pour comprendre comment on fait de l’argent, qui trouvent qu’« être tous ensemble dans la misère c’est quand même plus sympa ! » (sic), etc.

Comme aux États- Unis en ce moment, l’esprit « brioches de Marie-Antoinette » exprimé dans les commentaires du Monde signale une affaire qui risque de très mal finir.

P.S. Rédacteurs du Monde continuez de dire aux lecteurs de votre journal ce que vous pensez d’eux – ce n’est pas de l’éducation populaire mais de l’éducation élitaire. C’est aujourd’hui aussi utile, voire davantage.

Je n’avais même pas relevé que nous sommes le 4 août (230e anniversaire).

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Boris Johnson : le crime paie !

Boris Johnson, prochain Premier ministre britannique

De la même manière qu’être caractériel vous permet de gravir sans difficultés tous les échelons d’une entreprise jusqu’au sommet, l’arrogance de classe – à l’exception de toute véritable qualité – vous permet de devenir chef d’État.

Nous avons malheureusement perdu par la civilisation les mécanismes qui faisaient que de manière générale dans la famille des « grands singes » à laquelle nous appartenons, de tels individus étaient éliminés avant qu’ils ne fassent trop de dégâts.

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La presse française au crible de l’analyse automatique des données

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Il y a d’une part ce que les gens affirment d’eux-mêmes, et d’autre part ce qui transparaît de ce qu’ils racontent.

Les psychanalystes s’intéressent à cette différence. L’analyse automatique des données la fait apparaître par des méthodes statistiques.

Une étude vient de paraître, intitulée Unfolding the Multi-layered Structure of the French Mediascape, par Dominique Cardon, Jean-Philippe Cointet, Benjamin Ooghe, Guillaume Plique.

Elle fait apparaître, entre autres, un grand nombre de rapprochements qui vous intéresseront. [La question se pose toujours de comment nommer les familles « souterraines » qui émergent de cette manière ; dans certains cas, un nom s’impose, dans d’autres c’est un peu plus problématique.] Quoi qu’il en soit, quelques découvertes intéressantes.

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Macron et les Gilets Jaunes – I. L’Autre et le Tiers, par Dominique Temple

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I. L’Autre et le Tiers

Lors du “Grand débat” réservé aux intellectuels[1] qu’il avait invités, Emmanuel Macron, Président de la République, estimait que dans une société libérale la question du choix individuel est oblitérée du fait de la tension entre la liberté de chaque individu et la liberté de l’autre lorsqu’il n’y a pas de contrainte collective qui en limite l’arbitraire car dès lors on ne peut juger les choix d’autrui que comme attentatoires à l’idée du commun que l’on se fait de ce qui doit être partagé.  À moins que ces intérêts soient identiques, les définitions du commun sont l’enjeu de forces divergentes en fonction de la différence de ces intérêts. Il veut, assure-t-il, l’épanouissement de la liberté de chacun, normé par la vérité objective. Son projet est la coordination des efforts des uns et des autres, aussi différents soient-ils, pourvu qu’ils contribuent au destin commun en raison de leur complémentarité pour réaliser des objectifs identifiés collectivement. Le commun doit assurer le développement d’un destin individuel dans un destin collectif. Admettons ! Mais se pose la question de savoir qui peut s’approprier légitimement la définition du commun pour pouvoir lui imposer des limites collectives ?

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Freud : le narcissisme des petites différences

« L’intolérance des masses se manifeste curieusement à l’égard des petites différences plus fortement qu’à l’égard des différences fondamentales. »

Sigmund Freud, L’Homme Moïse et la religion monothéiste (1939)

Si vous connaissez mal la nature humaine, vous serez surpris d’apprendre que la totalité des messages agressifs que je reçois en ce moment (en nombre impressionnant) provient de personnes partageant mes vues à 99,999…% et non de gens qui pourraient apparaître comme des adversaires politiques.

« Pourquoi une si grande sensibilité devrait-elle s’être jetée justement sur ces différences de détail, nous ne le savons pas ; mais on ne saurait méconnaître que dans ce comportement des hommes se révèle une propension à la haine, une agressivité dont la provenance est inconnue et à laquelle on aimerait attribuer un caractère élémentaire. »

Sigmund Freud, Psychologie des masses et analyse du moi (1921)

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La Voix du Nord : Grand entretien Paul Jorion, anthropologue : « Nous sommes dans une dynamique de chaos », le 5 mars 2019

Ouvert aux commentaires. 80% de ce qui est écrit là a bien été dit par moi durant l’entretien. Dans les 20% il y a par exemple le fait que Jean-Jacques Rousseau a écrit dans Les confessions : « Enfin je me rappelai le pis-aller d’une grande princesse à qui l’on disait que les paysans n’avaient pas de pain, et qui répondit : ‘Qu’ils mangent de la brioche' », et qu’étant mort en 1778 il ne parlait pas de Marie-Antoinette en 1789. Etc. Critiqué par vous sur tel ou tel point, je me ferai un plaisir de vous dire s’il s’agit des 80% ou des 20%.

En marge du grand débat national, « La Voix du Nord » publie une série d’entretiens avec des experts et des témoins de tous horizons afin de nous éclairer sur les crises que traverse le pays. Aujourd’hui, rencontre avec Paul Jorion, anthropologue et psychanalyste.

Propos Recueillis Par Yannick Boucher | 05/03/2019

Paul Jorion est professeur associé à l’Université catholique de Lille. Photo Philippe Pauchet

Paul Jorion est professeur associé à l’Université catholique de Lille. Photo Philippe Pauchet – VDNPQR

– Vous avez été l’un des rares penseurs à avoir prévu l’effondrement de la planète financière aux États-Unis en 2008. Aviez-vous senti venir le mouvement des Gilets jaunes du 17 novembre ?

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Communiqué : Le Blog de Paul Jorion devient un courant du mouvement Place publique

Le Blog de Paul Jorion devient un courant du mouvement Place publique

En présence de Raphaël Glucksmann, Thomas Porcher, Claire Nouvian, et Vincent Burnand-Galpin. Paul Jorion a signé lundi 7 janvier à Paris, l’accord d’adhésion du « Blog de Paul Jorion » en tant que courant du mouvement « Place publique ».

A cette occasion, Paul Jorion a déclaré : « La reconstruction d’une gauche digne de ce nom est une cause de salubrité publique. Elle est heureusement en train de faire l’histoire. »

Raphael Glucksmann, Claire Nouvian et Thomas Porcher, se sont réjouis de ce ralliement, emblématique à leurs yeux de l’engouement dont bénéficie aujourd’hui l’initiative « Place Publique ».

Auteur prolifique de 22 ouvrages à ce jour, dont le dernier en date est intitulé « Défense et illustration du genre humain » (Fayard). Paul Jorion est actuellement Professeur associé à l’Université catholique de Lille et chroniqueur au quotidien Le Monde ainsi qu’au magazine La nouvelle quinzaine littéraire. Il a auparavant enseigné à l’Université de Cambridge, été fonctionnaire des Nations-Unies, chercheur en Intelligence Artificielle auprès de British Telecom, avant de travailler 18 ans dans la finance, dont 12 aux États-Unis. 

Après avoir suivi des études de sociologie et d’anthropologue, et acquis une formation de psychanalyste, Paul Jorion a obtenu son doctorat pour une thèse consacrée à une « Anthropologie économique de l’Ile de Houat ». 

« Le Blog de Paul Jorion »

Depuis le début de la crise financière – qu’il avait annoncée dès 2005 – Paul Jorion a quotidiennement animé son blog, suscitant une fréquentation très remarquée, afin de proposer les clés permettant de comprendre la crise du capitalisme et d’y trouver remède pour l’avenir. Le « Blog de Paul Jorion » a depuis élargi son propos, tentant de décrire le Nouveau Monde qui pourrait succéder à la chute du capitalisme, qu’il prédit, et à sonner l’alarme des échéances climatiques et de leurs conséquences dévastatrices, si rien n’y est opposé.

Contact  : Paul Jorion

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Le Média, COMMENT LES « ÉLITES » NOUS MÈNENT AU DÉSASTRE – PAUL JORION, le 8 janvier 2019

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Gilets jaunes : Le cauchemar d’un gouvernement

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Des manifestants qui affirment manifester pour la première fois.

    • Ce qui veut dire pas d’organisations qui les représentent et à réunir dans une table-ronde qui encommisionne celles-ci ad vitam aeternam dans un « groupe de travail ».

Pas de dirigeants.

    • Ce qui veut dire personne à amadouer par un futur poste de ceci ou cela, « en vue de résoudre les problèmes ».

C’est-à-dire une jacquerie : le cauchemar d’un gouvernement.

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L’humanité à l’heure du choix : grande bifurcation ou grande liquidation ?, par Roberto Boulant

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Bernard Stiegler dans un tout récent entretien avec Aude Lancelin (Éviter l’apocalypse) défend l’idée que face au nihilisme d’un capitalisme nous conduisant directement à l’extinction, il faut que l’humanité construise de toute urgence (et c’est le GIEC qui le dit) une vision alternative à même de nous redonner espoir. Il ne s’agit plus de résister, de tenter de limiter les ravages humains, sociaux et écologiques du Moloch mondialisé et financiarisé, mais de renverser la domination, c’est-à-dire de faire la révolution (bifurcation) qui nous permettra de survivre. Pour cela le philosophe défend l’idée que nous devons passer du système fermé du néolibéralisme – incapable par construction d’évoluer (TINA) – à un système dynamique ouvert qui bien qu’utilisant le calcul, admet que tout ne peut pas être calculé.

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Trends-Tendances – Élections communales en Belgique : L’électorat est clairvoyant, le 25 octobre 2018

L’électorat est clairvoyant

L’habitude a été prise de lire les chiffres d’un scrutin comme le résultat des courses : Untel arrive en-tête, Machin second, et Tartempion en dernier. Une autre manière, au-delà des sigles de parti et de la personnalité des différents ténors, est de prendre au sérieux ce que les différents partis révèlent par leur image de marque comme étant les questions de société qu’ils ont principalement à cœur.

Ainsi, l’un d’entre eux fait savoir que viennent au premier rang de ses priorités, les questions liées à l’environnement, tel autre met la question du travail au premier plan en plaçant celui-ci dans son nom même, tel autre encore affirme fièrement son identité nationale ou régionale, qu’il la définisse par une unité de langue, ou par les liens du sang. Continuer la lecture de Trends-Tendances – Élections communales en Belgique : L’électorat est clairvoyant, le 25 octobre 2018

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