Archives de catégorie : Politique

Comment François Ruffin, notre Michael Moore national, pourrait devenir Président, par Thomas Jeanson

La période actuelle se caractérise plus par le vide que par un trop plein de candidatures et de projets différents, et c’est dans ce vide que prospèrent les idées mortes du RN qui gagnent comme une lèpre, tout l’échiquier politique.

Bien sûr, la bonne vieille France réac, droite dans ses bottes existe, elle qui aime les généraux, souffre du racisme anti-blanc, exècre les chômeurs paresseux, vit au XVIe (arrondissement) et au XIXe (siècle), mais ne nous laissons pas écraser par le rouleau compresseur médiatique :

Après des décennies passées sans que le pouvoir soit capable de donner une seule réponse politique aux questions que la société lui pose, ce qui prédomine dans l’opinion aujourd’hui, c’est avant tout le vide et la confusion.

Cela ouvre bien sûr des boulevards aux solutions simplistes du RN, mais aussi beaucoup d’espace potentiel pour un candidat capable de remettre l’intérêt général au centre de façon intelligible par tous. François Ruffin est parfaitement capable de cela, il fait ses gammes depuis longtemps, exactement dans ce domaine.
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François Ruffin : Seul capable de parler à l’électorat populaire toute tendance, par Guy Leboutte

François Ruffin me paraît le seul à gauche qui pourrait remporter le second tour soit contre Macron, soit contre Le Pen. J’avais deviné il y a quelque temps déjà que Paul Jorion allait rompre des lances en faveur du député reporter, et j’espère qu’il active ses réseaux en-dehors de son blog aussi. Sans doute le fait-il, et quoi qu’il en soit je l’y encourage de toute mon immodestie. Les intellectuels doivent jouer une carte, et il n’est pas utile que cela soit sur la place publique déjà en ce moment.

En vrac :

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François Ruffin : « Vous venez avec vos questions, et moi je viens avec mes réponses », par Dalla Vecchia Luigi

Voilà qui est bien délicat, que dire de François Ruffin, dont j’ai une certaine méconnaissance… Il m’intéresse à cause de son positionnement qui remet sous les projecteurs les agissements des entreprises et de ceux qui les dirigent en n’étant plus des capitaines d’industrie, mais des comptables-évaluateurs de productivité en totale méconnaissance de la pertinence de ce qu’ils produisent. La pertinence du produit est laissée à l’appréciation des actionnaires, qui se comportent comme des acheteurs de production, misant sur une ligne d’assemblage comme on mise sur un numéro à la roulette, et l’abandonnant sans remords pour une autre dans un mépris total de ce qui pourrait être développé ou créé, dans un mépris total des bureaux d’études et des ingénieurs…

Ce mépris se caractérise dans les doctrines du haut management français par d’incompréhensibles volontés d’abandonner les noms historiques des entreprises pour en dévaluer le potentiel de sympathie, pour détruire les identités au travail en leur sein, pour désaffilier l’outil industriel de l’attachement suscité auprès de ses citoyens nationaux.
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Faire parler ceux qu’on ne voit jamais, François Ruffin sait le faire, par Khanard

J’apprécie depuis fort longtemps François Ruffin au travers de ses productions (Fakir, productions cinématographiques, en tant qu’écrivain ) et bien sûr que son annonce de se présenter aux présidentielles serait plutôt un ouf de la soulagement pour beaucoup d’entre nous. Après les effets délétères de la participation de certains partis politiques en soutien aux syndicats de police beaucoup de candidats sont désormais hors jeu.

Je pense qu’il faudrait tout d’abord faire une longue interview de François (style Thinkerview) et connaître ses positions sur les problèmes sociétaux, le régalien, ses rapports avec JLM et la FI et comment il envisage son parti.

Pour des raisons privées, j’ai suivi l’ascension de Pablo Iglesias. Ce fut pour moi un grand moment lorsque sur la place de la Puerta del Sol, j’ai pu suivre le susnommé en train de parcourir la foule avec son micro pour le média internet La Tuerka, c’était en 2010 (ou 2011) .

Cette analogie avec Pablo Iglesias veut dire qu’il faut concomitamment redescendre dans la rue et faire parler le peuple, ceux qu’on ne voit jamais. Alain Badiou l’a très bien théorisé.

François Ruffin sait le faire .

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François Ruffin : il a le collectif vissé au corps, par Eloi Batard

Une gauche divisée ne peut gagner ; Ruffin peut parler à une gauche large. Peut même être écouté au »centre » indécis, et plaire à la jeunesse par sa manière de parler, sa franchise, son humour. Il a un profil intéressant (et pas que pour son beau nez). Sa vision du monde, son positionnement politique est à la fois clair sur les principes et reste ouvert et à l’écoute, dynamique. Venant de la « société civile », sur un malentendu, une aubaine, il peut même ratisser très large.

Reste que parfois il peut se faire (encore) piéger dans l’emballement d’une conversation, il parle avec le cœur, les tripes, mais son débit de paroles, sa pointe d’agacement peut montrer de temps en temps une posture éloignée du présidentiable calme et rassurant (quoique Sarkozy…). Même s’il commence à en prendre conscience, il s’améliore. Il lui manque encore à mon goût le phrasé d’un Cédric Hérrou, qui par sa capacité d’allier la sérénité, une voix posée, des mots et des arguments limpides tout en conservant une colère intérieure (je ne sais pas comment il arrive à faire ça !), une forme de détachement dans l’action, a d’emblée une stature, un charisme envoûtant.
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Pourquoi Ruffin me semble une bonne idée, par Viv

Je suis un électeur traditionnel de la gauche depuis toujours, j’ai 40 ans. Je compte voter pour les Verts aux prochaines élections, comme je le fais depuis les législatives.

  • La candidature de Ruffin serait souhaitable pour remplacer celle de Mélenchon, qui suscite trop de rejet sur son nom, clairement.
  • Beaucoup de gens issus de milieux populaires dans mon entourage (« potentiellement » électeurs de gauche) que je connais vont voter RN, par xénophobie primaire, peur des migrants, peur de l’insécurité, rejet de Macron.
  • Les électeurs traditionnels LR, vont voter RN, par xénophobie, peur de l’insécurité, et comme personne à droite ne monte réellement.
  • J’ai posé la question aux gauchistes de mon entourage, ils ont TOUS répondu que si c’était Macron/Le Pen au deuxième tour, ils s’abstiendraient.

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Pour François Ruffin, il faut « prendre figure » : se faire connaître davantage, par Alexis Toulet

Quelques points peut-être utiles :

– François Ruffin a refusé le 1er mai de se prononcer sur la candidature de Jean-Luc Mélenchon, annonçant ne prévoir de prendre position qu’ « à partir de l’été » et confirmant « non je ne serai pas (candidat)« .

Cela dit, en politique, les changements de position ne sont pas rares…

– Il peut arriver que l’affiche de second tour annoncée un an avant une présidentielle soit confirmée (1981, 2007) mais ce n’est pas le cas le plus courant : en 1988 Chirac remplaça Barre comme adversaire de second tour de Mitterrand, en 1995 Chirac supplanta Balladur, en 2002 Jospin fut mangé tout cru par Le Pen, en 2012 Hollande remplaça Strauss-Kahn et en 2017 Macron supplanta Juppé.
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Quatre idées à propos de « Ruffin à la présidentielle ? », par Chabian

L’intérêt de cette question est de regarder autrement le jeu politique. Ne la regardons pas avec les lunettes habituelles.

1/ La 5e République a réduit la compétition politique à un jeu de personnes. Le candidat a besoin d’un « mouvement du président » plutôt qu’un arrangement entre partis. Il doit paraître « émancipé » plutôt que « otage ». Cette réduction voulue par De Gaulle est devenue désastreuse pour la vie politique et le respect des citoyens. Aucun président n’a été élu sur un programme précis qu’il réaliserait : « la France Tranquille », « la fracture sociale », « le Karsher », un ou deux bons mots parlent mieux et font impression, sans dire plus d’une politique. En ce sens, Mélenchon entretient un « personnage » et un « mouvement » tout à fait adapté à la 5e République. Mais le risque est que les trois derniers présidents de la République soient parvenus à user la corde sans retrouver plus aucune « superbe » et qu’elle se brise, notamment par l’abstention. La candidate alternative contre Macron apparaîtra comme le choix de cette lassitude : passons à l’aventure d’extrême-droite.
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Politique pour la Cité vs politique politicienne, par Terence

On ne se rend pas toujours compte à quel point les politiciens sont préoccupés par des questions personnelles très éloignées des enjeux de fond, et pourtant paradoxalement ces questions personnelles et ces enjeux de fonds sont, in fine, totalement liés.

A quoi peuvent et doivent penser nos dirigeants pendant que la planète brûle ? Souvent à sauver leur peau politique, à augmenter leur pouvoir, à se défendre contre les attaques, à neutraliser la concurrence. On pourrait le leur reprocher mais in fine, ils sont esclaves des nécessités du pouvoir et du système…

Ainsi le politicien doit faire de la politique petit « p », de la politique politicienne, y compris et peut-être surtout au sein de son propre parti, dont il doit garder, si pas la maîtrise, au moins le soutien. Pourquoi ? Tout simplement pour « accéder et se maintenir au pouvoir ». Le plus grand concurrent d’un politicien par rapport à un poste de pouvoir qu’il convoite n’est pas toujours quelqu’un issu du parti le plus éloigné. Souvent il s’agit d’abord du collègue du même parti qui convoite le même poste. Ensuite il s’agit de celui du parti le plus proche (en poids électoral ou en positionnement idéologique) qui convoite le même poste. Pour accéder et se maintenir au pouvoir intermédiaire, on doit recueillir le soutien de sa base, de la base du parti et l’adoubement du top du parti. Pour accéder et se maintenir au sommet du parti (ou de l’exécutif), il faut aussi le soutien de sa base, de la base du parti et … faire le vide autour de soi, constamment.
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Les « efforts sur la dépense publique » de Xavier Bertrand, par Alexis Toulet

Je note la volonté exprimée par Xavier Bertrand de « baisser de moitié les impôts de production pour améliorer la compétitivité de la France ». Ce qui appelle au moins deux remarques :

1. Payer moins d’impôts, qui serait contre sur le principe ? Seulement voilà, les maths sont une discipline implacable : sauf à vouloir faire du déficit – ce que Bertrand refuse – ou à augmenter d’autres impôts – ça n’a pas l’air d’être son idée non plus – il va bien falloir tailler dans les dépenses. Monsieur Bertrand veut « des efforts sur la dépense publique », ce qui est une jolie formule, mais pour trouver 33 milliards d’ « efforts » parmi des charges au budget général de l’Etat qui se montaient à 344 milliards pour 2020 voté avant covid (voir page 5), soit une réduction de quasi 10%… il va falloir en réduire de l’Education, de la Santé, de la Défense, de la Recherche, de la Justice etc.

J’aimerais bien entendre monsieur Bertrand sur les moyens précis par lesquels il compte réduire de 10% les dépenses de l’Etat. Qui veut quelque chose en veut les conséquences… à moins que monsieur Bertrand préfère se taire sur le sujet ?
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La twittosphère politique en France

(Pour agrandir, ouvrir dans un nouvel onglet – click droit de la souris).

En rapport avec ma vidéo de ce matin : la twittosphère politique en France. Il y a beaucoup de terrain à reconquérir sur l’extrême-droite, avis aux journaux qui me confiaient des chroniques, aux émissions de radio et de télévision qui m’invitaient autrefois et qui sont tombés dans un ronron qu’ils imaginent sans doute consensuel (à moins qu’ils ne soient carrément muselés par l’un ou par plusieurs de leurs bailleurs de fonds lorgnant vers l’extrême-droite) : il y a péril en la demeure !

Projet Politoscope, CNRS Institut des Systèmes Complexes Paris Ile-de-France (ISC-PIF), Chavalarias D, Panahi M., Chomel V, 2021.

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Quinzaines – Orwell Socialiste malgré lui, le 15 mars 2021

Quinzaines me fait l’honneur de titrer sur mon Orwell Socialiste malgré lui.

Orwell publiait en 1946 un article intitulé « Politics and the English Language », la politique et la langue anglaise, une dénonciation de la manière dont les intellectuels britanniques écrivent leur langue, qui se terminait par une liste de recommandations visant à éviter leurs travers.

L’année suivante, en 1947, « loin de la foule déchaînée » sur l’Île de Jura en Écosse, Orwell entreprendrait la rédaction de Nineteen Eighty-Four (1984), qui paraîtrait en juin 1949.

La fameuse dystopie est complétée d’un appendice intitulé « The principles of newspeak », les principes de la novlangue, cette forme abâtardie et corrompue de l’anglais qu’un régime totalitaire a su imposer en Oceania avec pour objectif l’élimination du crimemental (« thoughtcrime »).

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