Archives de catégorie : Subprime

Fragilité de la cote FICO

La fragilité que l’on découvre aujourd’hui à la cote FICO utilisée pour définir le risque de crédit que représente un consommateur américain pour son prêteur éventuel, est de n’intégrer que des données reflétant son comportement passé et présent (emprunts remboursés, paiements réguliers des mensualités dans les ventes à tempérament, etc.), d’une manière entièrement déconnectée du contexte économique ambiant.

La localisation de l’instant présent au sein des cycles économiques (taux de chômage, inflation, profil actuel de la courbe des taux d’intérêt, etc.) n’est absolument pas prise en compte – elle le sera à l’avenir puisque le comportement du consommateur dans ces circonstances nouvelles sera enregistré comme nouvelles données, mais ce sera bien sûr a posteriori et bien souvent trop tard du point de vue du prêteur.

Les organismes de financement américains découvrent cette vérité de base avec retard : ils ont en effet été nombreux au cours des semaines récentes à relever le niveau de la cote FICO qui marque le seuil entre les marchés sous–prime et prime de 620 à 660. Rien ne leur a cependant permis de fixer ce relèvement de manière objective. Les mois qui viennent révéleront si 660 était trop haut ou encore trop bas ?

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Une semaine plus tard

Alors où en est-on une semaine plus tard ? Était–ce bien ou mal vu d’annoncer une crise imminente de la finance américaine le 22 février au vu de la dégringolade de l’indice ABX qui reflète la santé des obligations rassemblant les prêts fonciers du secteur « sous–prime » ?
Une semaine plus tard, l’indice prédit 26 % de défaillances dans le secteur – contre 21 % le 22 février quand j’avais lancé mon courriel, les bourses mondiales ont perdu de 4 % à 8 % de leur valeur et la crise du secteur immobilier américain est – après un moment d’hésitation – mentionnée en première ligne des causes de cette chute par les commentateurs, deux organismes prêteurs du secteur sous–prime ont annoncé hier être l’objet d’une investigation criminelle tandis que la presse ne discute plus que d’un seul sujet : la crise du secteur immobilier sous–prime est–elle en train de contaminer le secteur prime (2 articles dans le Wall Street Journal d’hier, 2 en ce moment–même sur le site internet de l’Agence Reuters, un aujourd’hui dans le Los Angeles Times, etc.) ?
Alors ? Pas si mal vu !

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La chute des marchés boursiers mardi

Y a–t–il un rapport entre la chute des marchés boursiers mardi et la crise des Asset–Backed Securities mentionnée dans la lettre que j’adressais vendredi aux membres du MAUSS (le Mouvement Anti–Utilitariste dans les Sciences Sociales qui publie mon « Vers la crise du capitalisme américain ? »), le Wall Street Journal d’aujourd’hui semble le penser (sous la plume de Serena Ng) :

« Une confluence d’événements semblent avoir déclenché le mouvement, en particulier la chute des prix de 9% sur le marché de Shanghai qui fit craindre une crise de l’ensemble des marchés émergents. Un autre facteur est constitué de l’industrie américaine des prêts hypothécaires « sous-prime ». Ces prêts sont offerts aux propriétaires les moins fortunés. Un indice appelé ABX, dérivé des obligations adossées à ces prêts, a chu de plus de 30% au cours des semaines récentes, suggérant que ces obligations sous–prime pourraient perdre de leur valeur dans les mois à venir en raison de la défaillance croissante constatée parmi leurs emprunteurs.
Jusqu’à hier, l’agitation sur le marché des capitaux était essentiellement confinée au marché sous–prime. Mais ceci pourrait changer. »

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Le déclenchement de la crise du capitalisme américain

A posteriori, on considèrera peut-être que le début de la crise du capitalisme américain fut marqué par les 8,8% de baisse à la bourse de Shanghai dans la journée d’hier. Ceci dit, plusieurs facteurs contribuèrent au fait que la bourse de New York emboita le pas et je suis d’accord avec Jacques Attali que la chute dramatique jeudi de l’indice ABX, exprimant la confiance – ou la défiance – vis–à–vis des Asset–Backed Securities (ABS) était non seulement un signe calamiteux mais contribua aussi de manière décisive à la déprime des investisseurs aujourd’hui. C’est cette crise dans l’assurance contre les risques que présentent les ABS (*) qui m’avait conduit à rédiger vendredi un courriel destiné à un petit groupe d’amis – accompagné du diagramme montrant la chute libre de l’indice.

Dans mon livre (« Vers la crise du capitalisme américain ? », 2007), je ne mentionne les Asset–Backed Securities, qui rassemblent des paquets de prêts hypothécaires « sous–prime », que comme l’un des facteurs qui précipiteront une crise. J’attribue à la bourse à peu près un tiers des responsabilités et à l’immobilier, les deux autres tiers ; un peu à l’image des 40% de plus–value dans la fortune des ménages américains qui reviennent à la bourse, et les 60% qui proviennent de l’immobilier. Je n’attribue cependant pas aux obligations sous–prime un rôle privilégié : il s’agit pour moi de l’un des multiples facteurs imbriqués de l’immobilier américain qui se sont retrouvés au cours des années récentes, combinés dans un brouet délétère.

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(*) Les « credit-default swaps » sont en fait une forme d’assurance.

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