Archives de catégorie : Subprime

Le krach boursier, c’est pour quand ? Épisode 1 : les prophètes

J’ai remis en ligne tout à l’heure la vidéo de mon passage à France Info le 5 juin 2009. J’en ai extrait le passage où je dis : « Ne dites pas du mal de la Chine : la Chine nous sauvera tous dans dix ans. C’est grâce à la Chine qu’on sortira de cette crise, alors soyez gentils vis-à-vis de la Chine, il ne faut pas la critiquer : c’est l’avenir du monde. »

Je ne craignais donc pas à l’époque d’émettre de nouvelles prophéties.

Nous sommes dix ans plus tard, même onze, et vous avez peut-être vu ça, il y a dix jours exactement, se tenait un colloque intitulé « Crises et nouveaux prophètes ».
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Le krach boursier, c’est pour quand ? Épisode 0 : France Info, le 5 juin 2009

La préhistoire d’abord : Paul Jorion – Parlons Net – France Info – 5 juin 2009

 
À 33m45s :

« Ne dites pas du mal de la Chine : la Chine nous sauvera tous dans dix ans. C’est grâce à la Chine qu’on sortira de cette crise [des subprimes], alors soyez gentils vis-à-vis de la Chine : il ne faut pas la critiquer, c’est l’avenir du monde. »

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IEA, Colloque « Crises et nouveaux prophètes », aujourd’hui et demain 10 et 11 décembre 2020

Aujourd’hui 10 décembre de 14h-16h15 

RETOUR SUR EXPÉRIENCE : « S’ÊTRE TROMPÉ » ET « AVOIR EU RAISON » EN 2008 

Discutants : Éric Monnet (EHESS, Paris School of Economics) et Isabelle Strauss-Kahn (économiste, ex- Banque de France et Banque Mondiale

Steve Keen (économiste, University College London) « Predicting the GFC: not prophecy, but removing blinkers » 

Paul Jorion (anthropologue et sociologue, Université catholique de Lille) « Les 100 obstacles à sauter pour une prévision correcte » 

Ann Pettifor (économiste, Political Economy Research Centre at City, university of London) « Cutting the diamond: how both ‘innocence’ and prolonged, deep and incisive analysis of a problem provides predictive power » 

Marc Faber (analyste financier, éditeur de « The Gloom, Boom & Doom Report ») « The Art of Contrary Thinking » 

Le programme complet, c’est ici.  

Evénement en ligne, pour s’inscrire, c’est ici (tout en bas).

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Domination par une élite économique : Pour illustrer ma vidéo d’hier

J’ai dit un certain nombre de choses dans ma vidéo d’hier à propos de notre système politico-économique et de la crise des subprimes, et ceci m’a fait repenser à un billet intitulé « La crise des subprimes pouvait être évitée » publié ici le 10 mai 2008, c’est-à-dire, notez le bien, plus de quatre mois avant ce que le public appellerait lui « la crise des subprimes », à savoir l’effondrement de la mi-septembre.

Je reprenais hier pour désigner notre système politico-économique, « domination par une élite économique« , l’expression utilisée par Martin Gilens and Benjamin I. Page dans leur fameux article de 2014 intitulé « Testing Theories of American Politics: Elites, Interest Groups, and Average Citizens » (auquel j’avais consacré en 2016 le chapitre intitulé « Nos voix ont cessé d’être entendues » dans Le dernier qui s’en va éteint la lumière). Je vous rappelle qu’au moment de débuter leur étude, les deux chercheurs avaient retenu quatre hypothèses à tester comme caractérisant le mieux notre système économico-politique : démocratie électorale majoritaire, domination par une élite économique, pluralisme majoritaire et pluralisme biaisé.

Dans ma vidéo d’hier, je partais de la thèse de Johann Chapoutot d’un lien entre théorie du management et nazisme, j’évoquais ensuite un colloque à venir au début du mois de décembre où je suis invité en tant que « prophète » ayant annoncé la crise des subprimes, m’interrogeant sur le terme, et je terminais en évoquant une émission que je suis en train de préparer avec  Hervé Brusini à propos de la crise de 2008.

Ma conclusion en gros hier était que nous vivons bien dans un système de domination par une élite économique – avec une alternance à venir, comme en Allemagne et aux États-Unis, entre  gouvernements libéraux et populistes de droite – où la domination est exercée en arrière-plan contre vents et marées et de manière constante, par des syndicats patronaux.

Dans le billet ci-dessous, datant donc de mai 2008, vous verrez que le syndicat patronal responsable de la crise des subprimes s’appelle Mortgage Bankers Association. Je notais il y a quelques jours – c’était dans une autre vidéo je crois – que quand on m’interrogeait à l’époque, en me demandant : « Qui est responsable de la crise des subprimes ? », et que je répondais « La Mortgage Bankers Association ! », la personne concluait invariablement l’entretien en disant : « Donc on ne sait pas qui est responsable de la crise des subprimes ». Quand je rappelais cela l’autre jour, je le mentionnais comme une simple curiosité, or, à y bien réfléchir, la raison pour laquelle on m’appelait « prophète » plutôt qu’« expert » ou « complotiste », elle était bien là :

Vous connaissez manifestement trop bien le dossier pour que j’ose vous qualifier de « complotiste », mais comme je suis quand même obligé de tenter de vous décrédibiliser vu le caractère sulfureux de votre affirmation, je vous appellerai « prophète ».

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Allocution ce soir du Président de la République française

J’ai déjà dû raconter cela à l’époque. Dans les années qui précédèrent la crise des subprimes, un économiste faisant partie de l’équipe d’Alan Greenspan à la Federal Reserve, la banque centrale américaine, s’était rendu célèbre en expliquant qu’il n’y avait pas de bulle immobilière, que les bulles financières d’ailleurs n’existaient pas, et que rien donc n’aurait pu aller mieux.

Quelques années plus tard, au sortir immédiat de la crise, je suis invité à un événement et on me dit pour me convaincre d’y participer : « Vous verrez, nous aurons un invité de marque, un keynote speaker prestigieux ! », et quand je m’enquiers du nom, vous l’avez deviné, il s’agit de nul autre que cet économiste dont la réputation aurait dû être à terre, à ramasser à la petite cuiller.

Quelqu’un dira : « Oh ! Monsieur Jorion, tout le monde aura compris pourquoi vous rappelez cette histoire : c’est parce que cela vous chagrine qu’on ne vous écoute pas davantage ! » Eh bien oui, parfaitement, je l’admets : cela me chagrine qu’on ne m’écoute pas davantage, le monde ne s’en porterait-il pas tellement mieux ?

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La presse : « Axel Miller, ancien PdG de Dexia devient chef de cabinet du MR »

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La nouvelle m’a envahi de nostalgie. J’ai voulu me replonger dans l’atmosphère de cette époque où la population (toujours mal avisée) exprimait une amertume (très déplacée) envers certains banquiers prétendument « responsables » de la crise financière.

Voici ce que j’écrivais par exemple ici, le 26 février 2012, à propos de Dexia  :

À part quelques errements dus à l’hubris personnelle, ces dirigeants ont mené Dexia à sa perte retentissante avec l’aval de tous ceux autour d’eux dont l’avis pouvait compter. Disons-le autrement : le Titanic a sombré dans l’enthousiasme général, non seulement de la classe financière mais aussi de la classe politique dans son ensemble ! Ce qui s’est passé, c’est en effet exactement ce qu’ils voulaient : privatisation à tout crin, dérégulation à toute pompe, pour faire place à une autorégulation dont on a découvert au grand regret de tout le monde qu’elle était morte à un moment difficile à préciser entre l’époque d’Adam Smith et la nôtre, sans qu’on s’en soit malheureusement aperçu en temps utile.

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Namur, Conférences du Samedi, Vers un nouveau monde – Questions de la salle, le 23 mars 2019

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Sylvain Laurens, Les courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles, Agone, 2015

François Quesnay, Tableau économique de la France, 1759

La vidéo de mon exposé – avant les questions de la salle – se trouve ici.

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Réforme ou révolution ?

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Pourquoi le Medef invite-t-il Marion Maréchal plutôt que Paul Jorion ?
Quelle influence peut-on avoir sur le cours des choses ?

Blog de Paul Jorion : Le nazisme était-il un anticapitalisme ? le 6 mai 2017
Blog de Paul Jorion : Grande tragédie et petit drame, le 10 octobre 2007
Blog de Paul Jorion : Sémiotique de la crise, par Jean Maxence Granier, le 18 février 2009

Le nom que j’oublie, l’élève de Keynes : Joan Robinson (1903 – 1983)

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Trends-Tendances, Amnésie ou bon calcul ? le 30 mai 2019

Amnésie ou bon calcul ?

« Des titres complexes jugés coupables lors de la crise sont de retour », « La popularité des prêts ‘intérêts-seuls’ alimente la crainte de défaillances en hausse », « Les banques prêteuses semblent condamnées à refaire les erreurs du passé ». Voilà les titres de trois articles récents du Wall Street Journal et du Financial Times.

Et tous de s’interroger : capacité stupéfiante des hommes à l’oubli ? Incapacité à tirer les leçons du passé ? Inébranlable stupidité de nos semblables ? 

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